Édition white label* hors-commerce destinée aux tests de pressage, ce disque édité en 1988 propose sur une des faces le titre Ella, elle l’a dans une version plus courte (4:03) et remixée par Dave Ford & Pete Waterman pour PWL et Dancing Brave sur l’autre face dans sa version album. Cette déclinaison accompagne l’exploitation internationale de Babacar fin 1987.
Par rapport à la version album (4:49), ce pressage propose un edit single conçu pour l’antenne : attaque plus franche, montage resserré, et mix PWL crédité à Dave Ford & Pete Waterman (équipe Hit Factory).
Le disque conserve l’esthétique Babacar : production synthétique maîtrisée, voix en avant, rythmique précise. Ici, la chanson ne « joue » pas le jazz ; elle en salue l’élan et l’appel, sur un battement droit. La basse de Jannick Top tient la ligne ; en fin de morceau, des « cuivres » surgissent… joués au clavier, puis doublés de chœurs comme une section. Sur une face : Ella, elle l’a, portrait d’une énergie qui remet debout et hommage à Ella Fitzgerald. Sur l’autre face : Dancing Brave, berceuse pop dédiée au pur-sang anglais, glissant sur un saxophone léger. L’ensemble A/B illustre l’équilibre Babacar : un hit à la pulsation ferme et un contrechamp plus tendre.
L’exemplaire présente un petit trou (≈ 0,25″) comme les 33 tours. Ce perçage est courant sur de nombreux 7″ canadiens des années 70-80. À l’inverse, le “grand trou” (≈ 1,5″) est une norme historique américaine liée aux changeurs/ju-ke-box et à la manipulation rapide, d’où l’usage d’adaptateurs.
Reconnue par deux Victoires de la Musique (Artiste féminine 1987 ; Artiste qui s’exporte le mieux 1988), Ella, elle l’a atteint la 2e place en France (certifiée argent) et s’impose à l’international : n°1 en Allemagne quatre semaines et 5e du bilan 1988. Les estimations de ventes en France tournent autour de 450 000 exemplaires ; aucun document sérieux ne valide 800 000 en Allemagne ni un 4e rang européen en 1987. (si vous avez la bonne source, contactez France Gall Collection)
*Qu’est ce qu’un White Label (ou Test Pressing) ?
Un white label vinyle est un disque avec une étiquette centrale blanche ou très simplifiée, souvent sans logo, nom d’artiste ou informations commerciales, contrairement aux éditions commerciales classiques. L’origine de l’expression remonte à l’usage de disques vinyles promotionnels dans l’industrie musicale. Dans les années 1960, les maisons de disques américaines et britanniques ont commencé à produire des pressages promotionnels avec une étiquette blanche afin d’envoyer des copies aux DJ, animateurs radio ou critiques avant la sortie commerciale d’un titre ou d’un album. Cette absence d’éléments visuels permettait de tester une chanson en club ou à l’antenne sans les préjugés liés à l’identité de l’artiste ou de la maison de disques.
Ces white labels se présentent souvent sous trois formes : des test pressings (premières copies produites pour vérifier la qualité de fabrication avant la production en série), des promos envoyés aux influenceurs du marché, et des émissions anonymes (plain white labels) pour dissimuler l’identité de l’artiste ou du label.
L’utilité des white labels est multiple : Promotion et anticipation du succès : les maisons de disques les envoient aux DJ et radios pour susciter de l’intérêt avant la sortie officielle, test de réaction du public dans les clubs, en particulier dans les genres comme la musique électronique ou le hip-hop ou encore anonymat volontaire pour éviter que le nom de l’artiste n’influence la réception d’un morceau.
La pratique a été particulièrement répandue dans les années 1970, 1980 et surtout 1990 avec l’essor des scènes house, techno et hip-hop, où des artistes ou petits labels produisaient des tirages très courts (souvent moins de quelques centaines d’exemplaires) destinés à des DJs spécialisés. Aujourd’hui, le principe des white labels a évolué, car la distribution numérique et les promos digitales ont remplacé en grande partie les pressages physiques, mais l’idée de copies avant-première utilisées pour promotion et test de marché demeure dans l’industrie.
Titre de France Gall | 1. Ella, elle l’a 4:03 (Remixed by Dave Ford & Pete Waterman for PWL) Face B | 1. Dancing Brave 3:06

