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Débranche ! | CD | Avec OBI | Réédition série Japon 1998

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Édition japonaise CD avec OBI, avec une opération « Cadeaux France Gall », parue le 26 novembre 1998, pour l’album Débranche ! (original 6 avril 1984). L’objet remet en circulation, au format compact, le disque qui marquait le retour en studio après une année 1983 silencieuse.

En 1983, France Gall suspend la scène et le studio. 1984 rouvre le chapitre avec Débranche !, cri photographié par Bettina Rheims: tête entre les mains, lumière bleue. Au verso, une image “neige” laisse surnager neuf titres. Huit sortiront en 45 tours; seule Annie donne n’est pas exploitée en single.

Le son change nettement. Les arrangements feutrés cèdent la place aux programmations et aux synthétiseurs. Une part des sessions se tient à Los Angeles (Conway Studio), l’autre à Paris. On vient chercher des rythmiques et des textures; la voix est captée au Studio Gang. France Gall résume: travailler avec des machines, « une façon très différente de faire de la musique ».

Aux instruments et aux machines: Carlos Vega à la batterie, Michael Boddicker, Greg Mathieson et Bill Cuomo aux programmations. La basse solide de Jannick Top tient l’assise. Autour de France Gall, des proches prêtent voix: Alain Chamfort, Claude-Michel Schönberg, Liliane “Lili” Davis. Entre L.A. et Paris, le disque mêle âpreté électronique et chaleur humaine.

Débranche ! parle au public le plus jeune. France Gall dit recevoir des lettres de seize-vingt ans: elle s’adresse à eux directement. L’album formule des injonctions simples – “Débranche…” – qui deviennent des repères pour une génération qui tâtonne. Le matériau sonore de 1984 ancre cette adresse dans son temps sans effacer la clarté du chant. Le compact disc accompagne la sortie d’origine, aux côtés du 33 tours et de la cassette. Le pressage japonais de 1998 s’inscrit dans cette diffusion sur support numérique, avec la bande OBI qui identifie l’édition et un livret additionnel qui traduit les paroles en japonais. L’objet, lisible et précis, prolonge l’accès au répertoire.

Titres | 1. Débranche ! | 2. Calypso | 3. Tu comprendras quand tu seras plus jeune | 4. Hong Kong Star | 5. Cézanne peint | 6. Savoir vivre | 7. Si superficielle | 8. Annie donne | 9. J’ai besoin de vous

Mentions légales | Débranche ! | CD | Avec OBI | Série Japon 1998 | Enregistré à CONWAY STUDIO, Hollywood Californie et au STUDIO DU PALAIS DES CONGRES à Paris | Mixé au STUDIO GANG, Paris | Gravure TRANSLAB | Olivier do ESPERITO SANTO a enregistré toutes les voix chez GANG | MANU a assuré quelques séances au STUDIO DU PALAIS DES CONGRÈS | Enregistrement et mixage : Warren DEWEY — sauf “DEBRANCHE”, “ANNIE DONNE”, “HONG KONG STAR”, “CEZANNE PEINT”, “SAVOIR VIVRE” mixées par Jean-Pierre JANIAUD | Paroles et Musique, Production : Michel BERGER pour les DISQUES APACHE | Photos pochette : Bettina RHEIMS | Conception graphique : Stan LEVY | Merci spécial : Philippe RAULT ; Warren et Molly “thank you for your help, big kiss!” ; Greg SAGE ; Buddy BRUNDO, W.E.A. Los Angeles ; Frank de CARO ; Claude-Michel, Wanda, Alain ; V.D.l., P. VILARET, Stan, Bettina, C. ORSINI ; Olivier “T’as la Belette au téléphone sur la 2!” ; Jannick toujours au TOP niveau (“ça alors ! Qui? Qui 2”) ; Claude PUTERFLAM “Il est des rendez-vous qu’on ne doit pas manquer.” ; Jean-Pierre JANIAUD “Ça a avoiné aux taquets” ; et “à toi mon amour” | FRANCE GALL, Disques APACHE, 8, rue Marbeuf, 75008 Paris | 1984 APACHE

CRÉDITS — OBI : Débranche ! | CD | Avec OBI | Réédition série Japon 1998 | Japon | Réf. WPCR-2305 | Stéréo | Code-barres 4 943674 230525 | Prix conseillé ¥ 1 785 (HT ¥ 1 700) | Logos : WEA JapanDisques ApacheCompact Disc Digital Audio

Titres (traduction de la liste OBI) | 1. Débranche ! | 2. Calypso | 3. Ouvre ton cœur (traduction du titre japonais de « Tu comprendras quand tu seras plus jeune ») | 4. Hong-Kong Star | 5. Le peintre Cézanne | 6. Savoir vivre | 7. Monde de surface (« Si superficielle ») | 8. Annie donne | 9. J’ai besoin de vous

Mentions OBI (traduction) | WPCR-2305 | Série « French pops » • stéréo | Texte d’accroche : Singles à grand succès « Hong Kong Star », « Débranche ! », « Calypso » issus d’un album platine. Première parution japonaise. Œuvre de 1984. | Commentaire : Shinya Matsuyama | Paroles + traduction incluses | Campagne “Cadeaux France Gall” (coupon WPCR-2305) — détails au verso : A : tirage au sort 30 personnes → livret signé par France Gall, personnalisé au nom du gagnant ; B : tirage au sort 150 personnes → pin’s/badge France Gall | Produits éligibles : FRANCE GALL (WPCR-2301) • DANCING DISCO (WPCR-2302) • PARIS, FRANCE (WPCR-2303) • TOUT POUR LA MUSIQUE (WPCR-2304) • DEBRANCHE ! (WPCR-2305) • BABACAR (WPCR-2306) • PASSIONNEMENT (WPCR-2307) • DOUBLE JEU (WPCR-2308) | Adresse d’envoi : 107-8639, Tokyo, Minato-ku, Kita-Aoyama 3-1-2, Warner Music Japan K.K., Département international — “Cadeaux France Gall” | Date limite : 31 janvier 1999 (cachet de la poste faisant foi) | Annonce et envoi : les gagnants ne sont pas publiés ; les lots sont expédiés env. un mois après la clôture ; pas de réponses aux demandes individuelles | Mentions légales : Manufactured and distributed by Warner Music Japan Inc.Made in Japan.


Début juillet, lors de la première venue au Japon du groupe français d’avant-garde Magma, j’attendais le leader Christian Vander dans le hall de l’hôtel pour une interview. À ce moment-là, Stella Vander, ex-épouse de Christian et chanteuse toujours active dans le groupe, est passée devant moi. J’ai sorti de mon sac un double CD compilant ses anciens singles et lui ai montré. En le voyant, elle a esquissé un sourire un peu gêné et m’a dit : « Tu trimballes encore ça ? J’avais 13 ou 16 ans quand j’ai enregistré ça… ».

Stella avait été, dans les années 60, une chanteuse ye-ye populaire — un passé difficilement conciliable avec ses performances intenses et radicales au sein de Magma dans les années 70. Elle-même semble considérer cette époque comme un souvenir embarrassant, une période où elle chantait de la pop jugée trop commerciale. Pourtant, dans la France du début des années 60 jusqu’à environ 1966, cette musique légère a bel et bien dominé la scène pop. Et pour les auditeurs étrangers, cette vague ye-ye reste aujourd’hui encore une évocation douce, sucrée, typiquement française.

En France, les chanteuses populaires comme Piaf, Gréco ou Barbara ont longtemps été associées à des textes profonds et littéraires. Mais en parallèle à cette tradition, une autre lignée est apparue : celle des idoles pop, légères et pleines d’énergie. Le déclencheur de cette vague fut le mouvement ye-ye, un terme inspiré de l’expression anglaise “Yeah! Yeah!” qui désigne une forme de pop française influencée par le rock’n’roll anglo-saxon.

Ce courant s’est répandu à partir de la fin des années 50. Certains disent qu’il a commencé avec Boris Vian, dans un contexte expérimental. Mais dès le début des années 60, cette énergie a balayé la chanson traditionnelle et le 8-beat est devenu la norme. Johnny Hallyday, surnommé le Presley français, et Sylvie Vartan, d’origine bulgare, ont été les fers de lance de cette révolution. Puis sont arrivés Françoise Hardy, Sheila, Eddy Mitchell, Jacques Dutronc, Chantal Goya, Alice Dona, Jocelyne, Michèle Torr, Les Gam’s, Marjorie Noël, et bien sûr France Gall.

Sylvie Vartan, si populaire qu’elle assurait les premières parties des Beatles lors de leur venue à Paris, était alors une star immense. Mais France Gall, au sommet de sa popularité, n’était pas en reste. Elle a conquis l’Europe avec sa victoire à l’Eurovision 1965 et son titre « Poupée de cire, poupée de son », devenant ainsi une icône mondiale de la pop française et de l’image de la “French Lolita”. C’est elle qui a façonné ce stéréotype pour le public étranger, notamment japonais.

Depuis, cette tradition s’est poursuivie avec Jane Birkin, Danièle Vidal, Catherine Ferry, Patricia Lavila, Lio, Lætitia Sadier, Charlotte Gainsbourg, Atlantique, Cathy Claret, Vanessa Paradis, Sophie Marceau, et même Kahimi Karie au Japon. La France est restée un véritable vivier de chanteuses « lolita ».

France Gall est née à Paris le 9 octobre 1947. Son père, Robert Gall, a d’abord été chanteur avant de devenir un parolier à succès, écrivant pour Édith Piaf ou Charles Aznavour. Sa mère était violoncelliste, ses deux frères musiciens, et son grand-père le fondateur du chœur des Petits Chanteurs à la croix de bois : une véritable dynastie musicale. À 16 ans, elle signe chez Philips et débute avec Le Premier bonheur du jour, qui devient un hit. S’ensuivent une série de tubes : Sacré Charlemagne, Jazz à gogo, Les rubans et la fleur, Ne sois pas si bête, jusqu’au triomphe à l’Eurovision avec Poupée de cire, poupée de son, chanson signée Serge Gainsbourg.

Gainsbourg, à la demande du producteur Denis Bourgeois — ami de Robert Gall — compose pour France plusieurs titres dès 1964 : N’écoute pas les idoles, Laisse tomber les filles, puis Poupée de cire. Cette chanson devient un immense succès, installe Gall au sommet et propulse Gainsbourg comme auteur-compositeur phare de la pop française.

Mais leur relation n’était pas dénuée de tensions. Gainsbourg, artiste torturé, projetait souvent ses idées ironiques sur l’image candide de France Gall. Des titres comme Les sucettes en sont un exemple extrême. Pourtant, Gall n’a jamais été complice de ces provocations : elle refusait les chansons vulgaires, avait une exigence artistique dès le départ. Comme le rappelle Denis Bourgeois, elle veillait toujours au sens des paroles et refusait les chansons qu’elle jugeait idiotes ou datées. Lors de la sortie de Sacré Charlemagne, ses pairs la critiquaient, la traitant de chanteuse “pour enfants”. Elle a même songé à arrêter la commercialisation du disque.

Cette intégrité la distingue. Elle s’est éloignée du monde musical un temps, puis est revenue dans les années 70 avec une toute autre ambition.

Même si France Gall a continué à sortir des disques chez Philips à la fin des années 60, son image restait trop liée à celle d’une poupée du passé. En 1969, elle annonce son retrait de la scène. Elle vit alors une histoire d’amour avec Julien Clerc, mais cette relation prend fin. C’est à ce moment qu’elle rencontre Michel Berger, déjà compositeur reconnu (notamment pour Véronique Sanson ou Françoise Hardy). Berger comprend immédiatement la valeur artistique de Gall, au-delà de l’icône d’autrefois.

Il devient son mentor, son partenaire, son compositeur. Ensemble, ils signent un contrat avec WEA. En 1974 sort le titre La Déclaration d’amour, qui marque son retour. L’année suivante, l’album France Gall devient un succès et obtient un disque d’or. Cette collaboration durable s’étendra jusqu’à la mort de Berger en 1992, bâtissant une nouvelle image pour France Gall : celle d’une artiste complète, loin de la “lolita”.

Le premier album WEA, France Gall, fut une œuvre marquante, mêlant fraîcheur pop et profondeur mélancolique proche de Véronique Sanson. Pour beaucoup, ce fut une révélation. Elle enchaîne alors les albums 100 % Berger, reprend les concerts, et monte sur scène avec un groupe uniquement féminin : un choc artistique à la télévision française de l’époque. Mylène Farmer pourrait s’en inspirer plus tard. La production mettait en valeur son talent naturel.

Ses albums de la période WEA adoptent pleinement le son de leur époque, intégrant les tendances tout en restant personnels. France Gall devient l’une des figures majeures de la pop française.

Débranche !, sorti en 1984, est son cinquième disque chez WEA. C’est l’un de ses plus grands succès avec Babacar (1987) et Double Jeu (1992, en duo avec Berger). L’album entre dans le top 10 en France et obtient un double disque de platine. Il génère trois singles à succès, dont Hong Kong Star.

L’esthétique musicale, signée Berger, reste brillante. On remarque surtout l’introduction fine de sons digitaux (synthés, boîtes à rythmes) sans sacrifier la chaleur analogique. Le tout donne un son typique des années 80, mais équilibré, mettant en valeur la voix de France Gall.

Parmi les musiciens, on note la présence discrète mais notable de Jannick Top, bassiste virtuose. Et la photo de pochette est signée Bettina Rheims, future grande photographe reconnue pour ses nus. Elle capte ici une nouvelle facette de Gall, plus moderne et affirmée.

Shinya Matsuyama

Auteurs et compositeurs