
En novembre 1987, France Gall retrouve le Zénith de Paris pour une série de concerts inédits, pensés comme une expérience de partage. Plutôt que de se produire à Bercy, elle préfère cette salle qu’elle connaît bien, plus intime, plus proche du public. Le Tour de France 88 devient rapidement un événement marquant, porté par le succès de l’album Babacar.
Lors du troisième morceau du spectacle, France Gall interprète Amor también (Tout le monde chante) avec générosité. Ce titre, sorti initialement en 1982 au format 45 tours, trouve ici un nouvel écho.
Amor también est une chanson emblématique d’un moment charnière dans la carrière de France Gall. Sortie à l’été 1982, peu après le triomphe de la chanteuse au Palais des Sports, elle connaît une belle diffusion, notamment grâce aux radios FM nouvellement autorisées à émettre en France. Après des décennies de monopole d’État, le paysage radiophonique s’ouvre, favorisant l’émergence de radios libres et d’antennes locales. Ces stations cherchent de nouveaux sons, et les maisons de disques multiplient les productions. Dans ce contexte, Amor también bénéficie de cette effervescence et s’impose sur les ondes avec son refrain entraînant.
Le spectacle du Tour de France 88, mis en scène par Michel Berger et co-dirigé artistiquement par France Gall, déploie une vision scénographique singulière. Projections lumineuses, décor circulaire, scène ouverte, tout est pensé pour abolir la frontière entre l’artiste et les spectateurs. À mi-parcours du concert, l’arrivée des Phenix Horns électrise la salle. Les arrangements, portés par une équipe musicale solide, donnent une dimension supplémentaire à chaque titre.
La captation originale de ce moment a été restaurée par France Gall Collection à partir d’un enregistrement vidéo d’époque, dont la qualité était initialement limitée. Le travail de restauration est un processus rigoureux qui combine plusieurs étapes techniques : nettoyage de l’image, stabilisation, correction colorimétrique, amélioration de la netteté, et parfois interpolation de mouvements pour fluidifier certains passages. Des outils d’intelligence artificielle sont aujourd’hui utilisés pour sublimer le rendu visuel, tout en respectant l’authenticité de la captation originale. Il ne s’agit pas de transformer l’esthétique du passé, mais bien de redonner à ces images leur éclat et leur force, afin de permettre à chacun de redécouvrir ce concert dans les meilleures conditions possibles. Certaines séquences peuvent encore présenter de légers artefacts ou déformations : c’est le prix à payer pour offrir une nouvelle vie à ces archives.
France Gall