Babacar | CD | Avec OBI | Réédition série Japon 1998

Babacar paraît au Japon en novembre 1998, en CD, sous la référence WPCR-2306 chez WEA Japan. L’album d’origine, lui, date d’avril 1987 : c’est le disque du grand retour de France Gall, après trois ans d’absence, et l’un de ses plus gros succès. Michel Berger en signe la réalisation. La photo de pochette, un portrait en noir et blanc, est de Bertrand Crouzat.

Cette édition japonaise se reconnaît tout de suite à son OBI, la bande de papier verticale qui entoure le boîtier et porte le titre en japonais. À l’intérieur, un livret plié en quatre reprend les paroles des neuf chansons, avec leur traduction en japonais, et un long texte de présentation signé par un journaliste local. Le Japon avait déjà édité l’album en CD à la fin des années 1980 : cette version de 1998 en est une réédition, vendue 1 785 yens (10€) d’après l’OBI.

Le titre Babacar vient d’un voyage de France Gall au Sénégal, en 1986, pour une association humanitaire. Dans un village pauvre, une jeune mère lui propose son bébé, prénommé Babacar. La chanteuse choisit plutôt d’aider l’enfant et sa mère à construire leur avenir sur place. Michel Berger en tire une chanson directe et puissante, loin de tout misérabilisme.

L’album ne s’arrête pas là. Ella, elle l’a rend hommage à la chanteuse de jazz Ella Fitzgerald, tandis qu’Évidemment évoque la disparition de Daniel Balavoine, ami du couple, mort au début de l’année 1986. Dancing brave raconte l’histoire d’un cheval de course, avec Laurent Voulzy aux chœurs, et Jean-Jacques Goldman prête sa voix sur J’irai où tu iras.

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Titres | 1. Papillon de nuit | 2. Dancing Brave | 3. Babacar | 4. J’irai où tu iras | 5. Ella, elle l’a | 6. Évidemment | 7. La chanson d’Azima | 8. Urgent d’attendre | 9. C’est bon que tu sois là

Crédits auteurs et compositeurs | Paroles et musique : Michel Berger | s’applique à l’ensemble des titres de l’album

Mentions légales & crédits | France Gall | Babacar | CD album | Japon | Label : Apache (sous-label WEA) | Distribution : Manufactured and Distributed by Warner Music Japan Inc. | Référence catalogue : WPCR-2306 | Société de droits : JASRAC | Code-barres : 4 943674 230624 | Droits : (P) 1987 WEA International Inc. | Guitares : Claude Engel | Basse, synthés et programmations : Jannick Top | Batterie et programmations : Claude Salmieri | Piano et synthé Midy, Michel Berger | Synthés et programmations : Serge Perathoner | Sax : Patrick Bourgoin | Claviers additionnels : Georges Rodi et Jannick Top | Chœurs : France Gall, Michel Berger et Jean-Pierre Janiaud, sauf sur Dancing Brave (Laurent Voulzy, avec l’aimable autorisation des disques RCA/Ariola) et J’irai où tu iras (Jean-Jacques Goldman, avec l’aimable autorisation de CBS Disques), Coco, Jean-Pierre, France et Michel | Enregistrement : bases rythmiques de Babacar, Ella elle l’a, Urgent d’attendre, C’est bon que tu sois là et Papillon de nuit enregistrées à Lark Recording Studios (Carimate, Italie) par Jean-Pierre Janiaud, assisté de Nick Lovallo ; La chanson d’Azima, J’irai où tu iras, Dancing Brave et Évidemment enregistrées au Studio Gang (Paris) par Jean-Pierre Janiaud, assisté d’Olivier Do Espirito Santo, ainsi que toutes les voix et les mixages | Gravure : Translab | Photos (page de garde du livret) : Thierry Boccon-Gibod, Selwin Photos, J-P Leloir… et Pauline pour le dessin | Photos (crédits techniques) : Bertrand Crouzat | Conception pochette : Paul Antonietti | Réalisation : Michel Berger | Mention circulaire (rondelle CD) : All rights of the manufacturer and of the owner of the recorded work reserved. Unauthorized duplication is a violation of applicable laws. Made in Japan. | Mention boîtier : All Rights Reserved. Unauthorized duplication is a violation of applicable laws. UPC #2292-42096-2 | Fabrication : Made in Japan | Liner notes (japonais) : Hideyo Itoh | Mention obi : paroles et traduction incluses, prix de vente ¥1,785 (hors taxe ¥1,700) | Apache | WEA

Babacar | CD | Avec OBI (réédition série Japon 1998) | Japon | 9 titres | Référence WPCR-2306 | Stéréo | Code-barres 4 943674 230624 | Prix public ¥1,785 (hors taxe ¥1,700) | Logos : Disques Apache • wea japan • Compact Disc Digital Audio • JASRAC

Texte de l’obi | Sixième album né de la collaboration avec Michel Berger, entre pop et touches jazzy | Contient les singles numéro un Ella, elle l’a et Évidemment | Plus gros succès en album de France Gall | Œuvre de 1987 | Commentaire : Hideyo Itoh | Paroles et traduction japonaise incluses

Titres au dos de l’obi | 1. Le papillon de nuit (Papillon de nuit) | 2. Dancing Brave, le cheval de légende (Dancing brave) | 3. Babacar, le bébé du Sénégal (Babacar) | 4. Là où tu iras (J’irai où tu iras) | 5. Ella, elle l’a, dédiée à Ella Fitzgerald (Ella, elle l’a) | 6. Dédiée à Coco (Évidemment) | 7. Le chant d’Azima (La chanson d’Azima) | 8. Jusqu’à la folie (Urgent d’attendre) | 9. Toi, d’être là pour moi (C’est bon que tu sois là)

Mentions au dos de l’obi | Warner Music Japan K.K. | Sortie le 26 novembre 1998, première édition japonaise en décembre 1989 | Prix de revente imposé jusqu’au 25 novembre 2000 | Code additionnel : Ⓨ | Location interdite sans l’autorisation des ayants droit | Copie non autorisée interdite hors usage personnel | Made in Japan

Concours (triangle rouge et verso de l’obi) | Cadeaux exclusifs France Gall | Formule A : 30 livrets dédicacés à la main par France Gall, au nom du gagnant, contre 5 coupons | Formule B : 150 pin’s exclusifs France Gall, contre 2 coupons | Coupons à coller sur une carte postale officielle avec un questionnaire (magasin d’achat, coordonnées, âge, sexe, profession, découverte du CD, genres et artistes préférés, magazines lus) | Disques concernés : WPCR-2301 à WPCR-2308 | Envoi à Warner Music Japan, département musique étrangère, 3-1-2 Kita-Aoyama, Minato-ku, Tokyo 107-8639 | Clôture le 31 janvier 1999, cachet de la poste faisant foi | Lots envoyés environ un mois après la clôture

Quand on cherche à comprendre comment on a découvert la musique étrangère, et comment on s’y est plongé, on finit presque toujours par tomber sur un artiste ou une chanson inattendus. On entend rarement quelqu’un raconter qu’il a connu d’emblée Dylan ou les Stones, l’absolu dès le premier jour. Pour moi, c’est sans doute Poupée de cire, poupée de son de France Gall, ou plutôt sa reprise en japonais par Mieko Hirota, à moins que ce ne soit Mie Nakao. Une chanson qui rappelait un peu la comptine Akai kutsu (Les souliers rouges), et qui paraissait terriblement triste et mélancolique, même à un enfant.

Poupée de cire, poupée de son a marqué les auditeurs avec une force rare. Mais une chanteuse qui signe un tube aussi décisif dès ses débuts, comme France Gall, et se retrouve enfermée dans une image très forte, joue en un sens de malchance : tout le monde court après ce souvenir. Pourtant, depuis plus de dix ans, elle enchaîne les projets en France avec une vraie ambition, pour bâtir son propre univers, et connaît un succès remarquable, d’une tout autre nature que celui des années 60. J’aimerais que la sortie japonaise de France Gall (Babacar) soit une sorte de carte de visite après une longue absence, pour montrer qui elle est aujourd’hui et à quel point elle est en forme. Je ne peux pas m’empêcher de l’espérer.

Retraçons d’abord sa longue carrière, à partir de ses années d’idole, les plus connues. Née à Paris le 9 octobre 1947, elle est la fille de Robert Gall, parolier de chansons qui a notamment écrit La mamma pour Charles Aznavour. Très tôt, elle s’exerce seule à chanter devant le magnétophone familial, en attendant patiemment sa chance. Lors d’une véritable audition organisée pour ses 17 ans, elle est remarquée par Denis Bourgeois, un ami de son père, et sort directement un premier disque en novembre 1963 avec Mes premières vraies vacances. Ce titre, puis Jazz à gogo, Christiansen et Sacré Charlemagne jusqu’en 1964, se succèdent dans les hit-parades français. Débordée, elle doit quitter le lycée Paul-Valéry au bout de trois ans.

Le 20 mars 1965, à Naples, se tient le 10e Concours Eurovision de la chanson, diffusé par les télévisions de 18 pays d’Europe de l’Ouest. Ce festival prestigieux, qui compte parmi ses gagnants Gigliola Cinquetti, Lulu, Sandie Shaw ou ABBA, voit France Gall représenter le Luxembourg avec Poupée de cire, poupée de son, une chanson signée Serge Gainsbourg (oui, lui !). Elle remporte le grand prix et suscite un tel engouement qu’elle se fait une place entre Sylvie Vartan et Françoise Hardy.

Avec son visage adorable de poupée française et sa silhouette menue, sous 1,60 m, sa popularité gagne vite le Japon. À partir de l’été 1965, en à peine un an, elle y décroche des tubes propres au marché japonais : Soyons sages (Koi wa otonashiku), Attends ou va-t’en (Namida no chanson nikki), Nous ne sommes pas des anges (Tenshi no tameiki) et Un prince charmant (Suteki na ōji-sama). La plupart sont aussitôt adaptés en japonais par Mieko Hirota ou Mie Nakao, puis France Gall enregistre à son tour ces versions japonaises, ce qui les rend encore plus populaires. C’est à peu près là que s’arrête son parcours d’idole adolescente.

Au Japon du moins, son silence a semblé durer une éternité. Elle le rompt en 1975 en revenant dans les classements français. Avec La déclaration, le tube de son retour, elle devient tout naturellement une chanteuse adulte. Elle se lie aussi très étroitement au producteur Michel Berger, qui a travaillé pour Françoise Hardy et Véronique Sanson et dont un album solo est sorti au Japon sous le titre Karei naru koi no sekai. Ils partagent la même sensibilité et les mêmes valeurs, et se marient l’année suivante, en 1976. Depuis, leur collaboration solide donne une série d’albums ambitieux, publiés régulièrement chez WEA France : France Gall en 1976 (Atarashii ai no hajimari au Japon) et Dancing disco en 1977, tous deux disques d’or, Live Champs-Élysées en 1978, Paris, France en 1980 (disque de platine), Les plus belles chansons (disque d’or) et Tout pour la musique (disque de platine) en 1981, Live au Palais des sports en 1982 (disque d’or).

France Gall raconte : Quand je travaille avec Michel, il se passe des miracles. Lui seul sait transformer des émotions violentes en mots simples, jouer librement avec les images et exprimer le moindre mouvement de mon cœur. Je suis un poisson, et je peux nager dans la mer de ses chansons. C’est ce que je ressens, et c’est pour ça que je veux continuer à travailler avec lui. Bien sûr, j’aime Serge Gainsbourg. Mais il se faisait de moi une image qui ne correspondait pas à ce que je suis vraiment. Aujourd’hui, au contraire, je peux être moi-même, sans faux-semblant.

Débranche, en 1984, aurait été bouclé d’un seul élan, sous le choc d’une tournée en Chine. L’album obtient un double disque de platine et devient son plus gros succès. Il lui donne aussi une conscience claire de certains problèmes, et même une forme de mission.

France Gall raconte : J’ai été profondément frappée par la simplicité des Chinois, qui vivaient presque comme au XIe siècle, et par leur façon de vivre sans contrainte. Je sentais clairement chez eux quelque chose que nous avons malheureusement perdu. Plus la société progresse, plus nous devenons insensibles aux joies simples. Je reçois beaucoup de lettres de jeunes de 15 à 18 ans, et elles sont toutes froides, on n’y sent aucune chaleur humaine. Ils sont visiblement perdus. Alors j’ai commencé à faire tout ce que je pouvais pour les aider, à travers mes chansons.

À une époque où l’électronique envahit tout, où l’humain s’efface peu à peu et où même communiquer simplement devient difficile, elle remplit chaque soir ses spectacles de deux heures de ce qui manque le plus : la conversation, les sentiments, les rêves. Elle se lance dans la scène avec plus de détermination que jamais. Ces concerts sont fidèlement restitués dans trois albums live : Live au Zénith en 1985 (disque d’or), Live sur scènes en 1986 et Le tour de France 88 en 1988 (double disque d’or). Entre les deux, en 1987, sort son onzième album chez WEA, le plus récent en studio à ce jour : France Gall (Babacar), le présent disque.

Porté par la chanson-titre, qui a conquis jusqu’aux pistes de danse anglaises, et par quatre singles à succès, cet album décroche un double disque de platine, comme Débranche en 1984. Sur une production très moderne mais étonnamment humaine, sa voix éclatante, à la fois ingénue et mûre, s’envole librement. Selon une note accompagnant une photo de la pochette intérieure, la chanson-titre est née d’un choc indescriptible : en 1986, dans un village du Sénégal, elle remarque un adorable bébé, et ses parents lui proposent de l’emmener si elle le veut. Dans cette chanson comme dans Ella, elle l’a, dédiée à Ella Fitzgerald qu’elle admire, son univers reste exigeant. On y voit un regard lucide et sincère, posé sur tout ce qui l’entoure, et une grande finesse d’observation.

Elle élève deux enfants, Pauline et Raphaël, cherche sans cesse de nouvelles idées et trouve encore le temps de parcourir le monde avec son mari Michel. Des journées bien remplies. À 42 ans, quand elle parle d’être soi-même, on peut y voir l’assurance d’une femme qui rayonne. La Poupée de cire est enterrée depuis longtemps. Ce disque devrait jouer un rôle plus important qu’on ne le pense pour changer le regard qu’on porte sur elle.

France Gall conclut : Il existe un petit univers de sons et de lumières où une petite poupée blonde peut toucher d’innombrables cœurs. Pour y voyager, il faut un passeport : la musique et la danse. Il n’y a que ça.

Novembre 1989, Hideyo Itō

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