C’est cela l’amour paraît en juin 1971 sur ce 45 tours simple, premier disque de France Gall pour le label Atlantic, référence Atlantic 10023. La photo de pochette est signée Gary Granville qui signe également la photo de Frankenstein l’année suivante en 1972. En face B, on trouve L’été. Ces deux titres n’ont jamais été réédités sur aucun autre disque ni aucune compilation, ce qui en fait un objet rare dans la discographie de la chanteuse.
Le disque marque un vrai tournant. Après la faillite du label La Compagnie, France Gall décide de reprendre sa carrière en main et de constituer elle-même une nouvelle équipe. Pour la première fois, aucune des chansons de ce nouveau départ n’est écrite par son père Robert Gall. Elle frappe à la porte de Bernard de Bosson, qui dirige la toute jeune antenne française d’Atlantic, label américain dont le bureau parisien vient d’ouvrir le 2 juin 1971, en association avec l’éditeur Daniel Filipacchi.
Pour ce premier 45 tours Atlantic, un duo d’auteurs-compositeurs inédit se met au travail : Jacques Lanzmann, parolier attitré de Jacques Dutronc, et Paul-Jean Borowsky, ancien claviériste du groupe de rock humoristique Martin Circus. Ensemble, ils écrivent les deux faces du disque. La couleur de C’est cela l’amour est nettement “bluesy”, portée par un rythme jazz langoureux. La voix de France Gall s’y déploie avec un souffle qu’on ne lui connaissait pas encore, dans une veine plus adulte. C’est une chanson sur le bonheur que procure l’amour, servie par un arrangement élégant et une pointe d’humour glissée dans les mots de Lanzmann.
L’arrangement est confié à Christian Gaubert, qui vient tout juste de recevoir un Oscar pour son travail sur la musique du film Love Story, composée par Francis Lai. En face B, L’été adopte un ton plus grinçant. Loin de l’insouciance de Mes premières vraies vacances, la chanson dresse le portrait ironique d’un tourisme de masse où les plages et les cœurs à prendre sont déjà tous occupés, dans une atmosphère qui fait discrètement écho aux tensions de la fin des années 1960.
Ce nouveau départ chez Atlantic ne rencontrera pas le succès commercial espéré. Après ce single et un second disque pour le même label, les ventes restent modestes et la collaboration prend fin. France Gall rejoindra ensuite Pathé. Bernard de Bosson racontera plus tard qu’elle souhaitait travailler avec le tandem Jean-Michel Rivat et Frank Thomas, avec qui elle avait déjà collaboré, mais que ce projet n’a pas pu se faire car les deux hommes étaient déjà sous contrat chez Pathé. Il ajoutera qu’elle lui devait encore plusieurs années de contrat, mais qu’il a préféré la laisser partir. Personne ne se doute alors que cette histoire avec Atlantic, devenu WEA puis Warner, reprendra trois ans plus tard sous de tout autres auspices, quand France Gall y reviendra accompagnée d’un certain Michel Berger.
Titres | Face 1 : 1. C’est cela l’amour (3’15) | Face 2 : 1. L’été (2’30)
Crédits auteurs et compositeurs | Face 1 : 1. C’est cela l’amour | Paroles : Jacques Lanzmann | Musique : Paul-Jean Borowsky | Face 2 : 1. L’été | Paroles : Jacques Lanzmann | Musique : Paul-Jean Borowsky
Mentions légales & crédits | France Gall | C’est cela l’amour | 45 tours (SP 2 titres) | 45 tours par minute | Label : Atlantic | Distribution : Kinney Filippachi Music S.A. | Production : Kinney Filipacchi Music | Supervision : J.P. Orfino | Ingénieur du son : Marcel Girard | Assistant : Pierre Saint | Référence catalogue : 10 023 | Société de droits : SACEM, SDRM, SACD, SGDL | Année de sortie : juin 1971 | France Gall est accompagnée par l’orchestre sous la direction de Christian Gaubert, également arrangeur du disque | Photo recto : Gary Granville | Fabrication : Fabriqué en France (IDN) | Mention circulaire : All rights of the manufacturer and of the owner of the recorded work reserved. Unauthorized public performance and broadcasting prohibited. Made in France. | Languette : France Gall – Atlantic 10023 | Atlantic

