Paris, France est gravé sur ce 33 tours, premier pressage de l’album, référence Atlantic ATL 50707. L’exemplaire présenté ici offre une curiosité industrielle assez courante à l’époque pour les sorties WEA : une fabrication mixte. La pochette extérieure est imprimée par WEA Musik GmbH, tandis que la sous-pochette intérieure et la rondelle centrale du disque portent la mention imprimée en France par les Imprimeries Glory, à Asnières (92602). Autre particularité de jaquette : absence de la mention imprimée Il jouait du piano debout sous le nom France Gall (qui apparaîtra sur des tirages ultérieurs) mais avec un sticker Il jouait du piano debout dans l’attente des rééditions qui vont intégrer cette mention.
Autre singularité de cet exemplaire, qui ravira les collectionneurs attentifs : une divergence de chronométrage entre les deux supports d’information du disque. Sur l’étiquette centrale de la rondelle, le titre Parler, parler est crédité d’une durée de 2’42. Sur le verso de la pochette, la même chanson est annoncée à 2’52. Dix secondes d’écart, qui peuvent résulter d’une erreur de relevé entre les deux services de fabrication (étiquette imprimée en Allemagne, verso de pochette imprimé en France) ou d’un ajustement de la durée définitive entre les premières épreuves et le pressage final.
Paris, France paraît en mai 1980 chez Atlantic. Pour France Gall, ce nouveau disque signe un changement d’esthétique sonore. Adieu la soul feutrée et le disco lent qui caractérisaient ses albums précédents avec Michel Berger : place à un format plus resserré, à dominante rock, organisé autour d’un quatuor classique de claviers, guitare, basse et batterie. Le saxophone de Patrick Bourgoin, déjà entendu chez Supertramp et Ray Charles, ponctue ponctuellement les morceaux. Plus d’arrangeur-chef d’orchestre comme dans les opus précédents : la création est désormais collective, les musiciens arrivent en studio avec leurs idées et l’album se construit en réunion permanente. À la basse, Jannick Top, croisé sur Starmania ; à la guitare, Slim Pezin, dont la carrière éclectique passe par Manu Dibango, Cerrone, Sheila et Michel Sardou. La direction technique revient à Jean-Pierre Janiaud, ingénieur du son complice de la famille Berger-Gall, qui dirige les sessions au studio Gang à Paris.
L’album est porté par deux singles successifs. Le premier, Il jouait du piano debout, s’impose comme l’un des plus grands tubes de la décennie pour la chanteuse. Couplé en face B avec La chanteuse qui a tout donné, il sort en juin 1980 sous la référence Atlantic 11536. Le second single, Bébé, comme la vie, suit en octobre 1980 sous la référence Atlantic 11620, dans une veine plus intime, inspirée par la naissance de Pauline, premier enfant du couple, en novembre 1978.
Parmi les autres titres marquants, Plus haut cristallise la nouvelle dimension introspective de l’album. Le texte témoigne d’une prise de conscience d’un monde plus grand que soi et de la puissance spirituelle qui traverse les éléments. Cette quête se retrouve en filigrane sur plusieurs morceaux du disque, dans un registre que France Gall n’avait pas exploré jusque-là avec autant de constance. Le climat général de l’album reflète une étape personnelle pour la chanteuse, qui après cinq années de collaboration intense avec Michel Berger et un premier enfant, semble fixer sur disque un moment de recentrage.
Parler, parler, le morceau au centre de la singularité de durée de cet exemplaire, est un titre plus discret de la face B, sur lequel France Gall évoque le besoin de se confier et la difficulté à mettre en mots les choses qui comptent vraiment. Une chanson qui n’a pas connu les honneurs du 45 tours mais qui s’inscrit avec cohérence dans l’unité thématique de l’album.
L’album Paris, France a été certifié disque de platine en France pour 300 000 exemplaires vendus, selon les données SNEP au 17 octobre 2001. L’édition LP a été distribuée sous la référence Atlantic 50707 en France, en Allemagne et aux Pays-Bas, ce qui explique la présence de ces pressages mixtes à pochette française et à sous-pochette allemande sur le marché européen.
Titres | 1. Il jouait du piano debout 4:30 | 2. La chanteuse qui a tout donné 2:40 | 3. Trop grand pour moi 3:02 | 4. Plus d’été 3:08 | 5. Les moments où j’aime tout le monde 1:34 | 6. Bébé, comme la vie 3:15 | 7. La mort douce 3:25 | 8. Parler, parler 2:42 | 9. Plus haut 2:47 | 10. Ma vieille Europe 4:32
Mentions légales & crédits | Paroles, musique, photos & réalisation : Michel Berger (pour les Éditions COLLINE) | Piano : Michel Berger | Synthétiseurs, orgue Hammond, piano électrique : George Rodi (sauf Ma vieille Europe : Michel Berger) | Basse : Janick Top | Guitares : Slim Pezin | Percussions : Marc Chantereau | Batterie : Simon Philips | Sax/clarinette/flûte : Patrick Bourgoin | Chœurs : Bernard Ilous et France Gall | Enregistrement & mixage : Jean-Pierre Janiaud et Patrick Foulon (Studios Gang, Paris) | Gravure : Translab | Édition & production : P.E.M. Colline | Sticker pochette : « IL JOUAIT DU PIANO DEBOUT » (recto) | Atlantic, WEA, SACEM/SDRM | 50 707 (50 707 A / 50 707 B) – 33 tours – STEREO – Made in France ; Tous droits du producteur phonographique et du propriétaire de l’œuvre enregistrée réservés | Wea Filipacchi Music, 70 Champs-Élysées, 75008 Paris | Référence interne : WE 361 (étiquette jaune apposée au verso, coin supérieur droit) | Imprimé en France – Imp. Glory – 1980 – Aubervilliers » | (P) & (C) 1980 Wea Filipacchi Music.

