Les plus belles chansons de France Gall | Cassette | Corée

Les plus belles chansons de France Gall est une compilation proposée ici dans son édition coréenne au format cassette, référence WEA 2292-42154-4 (référence locale IC-091), distribuée par Warner Music Korea et fabriquée par Hwa Eum Records. Le pressage est daté de 1993, comme l’indiquent les mentions de fabrication imprimées sur la jaquette. La compilation d’origine avait été publiée en France en janvier 1982, au format 33 tours et cassette, sous le titre Les plus belles chansons de France Gall.

Cette édition coréenne présente deux particularités : chaque titre est doublé de sa traduction en coréen sur la jaquette, une adaptation destinée au public local qui rend l’objet immédiatement reconnaissable pour les collectionneurs. Le contenu musical, lui, reste fidèle à la version française d’origine. La seconde est que la pochette du livret se place par dessus le boitier et non pas à l’intérieur.

Le programme rassemble onze titres puisés dans les albums studio de France Gall de la fin des années 1970 et du début des années 1980, soit le cœur de sa collaboration avec Michel Berger. On y retrouve Musique, Ce soir je ne dors pas, Mais, aime-là (imprimée ici Aime-La), Bébé, comme la vie, Parler, parler et Besoin d’amour sur la première face, puis Il jouait du piano debout, Le meilleur de soi-même, Viens, je t’emmène, Samba-Mambo et Si, maman si sur la seconde.

Deux titres méritent qu’on s’y arrête. Mais, aime-là ne provient d’aucun album studio classique : elle est issue d’Angelina Dumas, un projet musical de Michel Berger resté sans suite, dont le premier rôle devait revenir à France Gall. Viens, je t’emmène, de son côté, n’était initialement disponible qu’en 45 tours, comme single accompagnant le concert France Gall Live de 1978, sans figurer sur un album studio.

Les plus belles chansons de France Gall | Cassette | Corée
Les plus belles chansons de France Gall | Cassette | Corée

Face A : 1. Musique (5’19) | 2. Ce soir je ne dors pas (3’07) | 3. Mais, aime-là (3’25) | 4. Bébé, comme la vie (3’15) | 5. Parler, parler (2’50) | 6. Besoin d’amour (4’50) | Face B : 1. Il jouait du piano debout (4’28) | 2. Le meilleur de soi-même (3’50) | 3. Viens, je t’emmène (4’16) | 4. Samba-Mambo (2’36) | 5. Si, maman si (2’57)

Mentions légales et crédits
Artiste : France Gall | Titre principal : Les plus belles chansons de France Gall | Format : Cassette (K7) | Territoire : Corée du Sud | Label : WEA | Distribution : Warner Music Korea Ltd., A Time Warner Company | Fabrication : Hwa Eum Records Ltd., enregistrement n° 275 auprès du ministère de la Culture, Made in Korea | Référence catalogue : 2292-42154-4 (WEA) | Référence interne : IC-091 | Année de sortie : compilation d’origine parue en France en janvier 1982, cette édition coréenne datée 1993 selon les mentions de fabrication | Mention pochette : jaquette recto avec titre calligraphié, portrait de France Gall, liste des titres des deux faces avec traduction coréenne et durées, mentions légales anglaises sur les droits de duplication, logos WEA et Warner Music Korea | Mention cassette : Hwa Eum Records Ltd. et le numéro d’enregistrement 275 | Encart coréen : livret inclus, voir description ci-dessous

Encart coréen
Livret joint comprenant un article biographique en coréen sur la carrière de France Gall, signé 전마리, ainsi qu’un feuillet reproduisant les paroles françaises de onze chansons de l’album avec leurs titres traduits en coréen.

Titres traduits, coréen

1. 뮤직, correspond à Musique | 2. 오늘밤은 잠을 이룰수 없어요, traduction proche de Ce soir je ne dors pas | 3. 사랑하세요, traduction proche de Mais, aime-là | 4. 베이비 인생처럼, traduction proche de Bébé, comme la vie | 5. 말하세요, traduction proche de Parler, parler | 6. 사랑이 필요합니다, traduction proche de Besoin d’amour | 7. 그는 서서 피아노를 쳤습니다, traduction proche de Il jouait du piano debout | 8. 최상의 것, traduction proche de Le meilleur de soi-même | 9. 나를 따라오세요, traduction proche de Viens, je t’emmène | 10. 삼바 맘보, correspond à Samba-Mambo | 11. 엄마 만약, traduction proche de Si, maman si


    Ces derniers temps, il n’est pas rare d’entendre à nouveau ses chansons. Et ce qui est vraiment étrange, c’est qu’elles réveillent la nostalgie de la vieille chanson française tout en apparaissant, pour les jeunes d’aujourd’hui, comme quelque chose de totalement neuf. C’est précisément là que réside le charme de France Gall. Débutant en 1963 à seize ans, elle a jusqu’à aujourd’hui gardé, sous les projecteurs, un parfum de chanson qui ne se fane pas.

    Elle est née en 1947 à Paris, dans une famille de musiciens. Son grand-père, Paul Berthier, fut l’un des membres fondateurs des Petits Chanteurs à la Croix de Bois ; son père, Robert Gall, était le parolier de La Mamma chantée par Charles Aznavour ; et ses deux frères jouaient respectivement de la guitare et de la batterie. Cet environnement a probablement constitué le terreau qui lui a permis de débuter comme chanteuse lycéenne.

    En 1963, quand elle débute comme chanteuse encore écolière, la chanson française traversait, après-guerre, l’époque de la musique dansante, celle qu’on appelait la chanson yéyé. Repérée par Serge Gainsbourg, ami de son père et compositeur de La Mamma, alors au sommet de sa notoriété, elle participe en 1965, à Naples en Italie, au dixième Concours Eurovision de la chanson, représentant le Luxembourg. La chanson présentée ce jour-là, Poupée de cire, poupée de son écrite par Serge Gainsbourg, remporte le grand prix et devient un succès mondial, propulsant soudainement la jeune fille au rang d’idole adolescente.

    Mais cette gloire soudaine fait peser sur la très jeune France Gall un poids difficile à porter, et elle traverse pendant un temps une période sombre, une sorte de dépression. Avec son joli minois et sa voix douce comme du sucre candi, un peu enfantine, elle se retrouve enfermée, comme le suggère le titre original de son immense succès Poupée de cire, poupée de son, dans le rôle d’une poupée qui chante inlassablement des chansons d’amour sans en ressentir vraiment les sentiments.

    Alors qu’elle enchaîne les programmes de variétés sans grand intérêt, la chance sourit à nouveau à France Gall lorsqu’elle rencontre Michel Berger en 1974. Pianiste et déjà auteur-compositeur-interprète reconnu, Michel Berger était à l’époque une véritable star, productrice à succès des albums de Françoise Hardy ou de Véronique Sanson.

    En le rencontrant, France Gall connaît une transformation profonde de son image, retrouvant rapidement une popularité importante. Elle n’est plus la poupée qui vend du sourire sur des scènes de music-hall bon marché, mais devient une artiste à part entière, dotée de sa propre personnalité et créant son propre style.

    Michel Berger entreprend de tirer le meilleur parti de la voix de France Gall, tout en donnant une expression subtile à une sensibilité jusque-là restée sèche et sans relief. Grâce à ce travail, les chansons qu’il compose pour elle, pleines de tendresse, comme La déclaration d’amour, Si, maman si ou Le meilleur de soi-même, conquièrent peu à peu le public, jusqu’à ce qu’elle retrouve pleinement sa popularité, au point d’être reprise par des chanteurs britanniques. Le nom de France Gall se retrouve désormais cité aux côtés de grands noms de la chanson française comme Véronique Sanson, Daniel Balavoine ou Alain Souchon, et elle contribue à faire tomber les frontières entre chanson française, pop et rock.

    Elle élargit alors son univers musical, gardant intact le charme propre à la chanson française tout en y intégrant des éléments pop, en phase avec l’internationalisation de la chanson, multipliant les métamorphoses. Portée par le mouvement de la nouvelle chanson française qui prend son essor à partir de 1979, ses nouveaux titres Dancing disco, Paris-France, Ce soir je ne dors pas, Samba-Mambo ou Débranche ! déclenchent un véritable engouement.

    France Gall s’impose désormais pleinement comme une vedette de la scène, enchaînant le succès de l’Olympia (Note : en 1993, France Gall ne s’était pas encore produite à l’Olympia, cette date étant survenue en 1996 – information erronée dans le texte d’origine.), salle rêvée de tous les chanteurs de variétés, puis une résidence de deux mois au Zénith, salle de cinq mille places surnommée la scène des stars, remportant un large succès public qui témoigne de sa force et de son assise auprès du public. Sa beauté et son talent l’amènent aussi à jouer au cinéma, et elle met également ses talents au service de l’animation de l’émission de variétés populaire France-Dimanche.

    Mais sa véritable vocation, son vrai talent, reste le chant, et aujourd’hui encore, alors qu’elle a dépassé la quarantaine, elle continue, avec une voix restée aussi pure que celle d’une jeune fille mais désormais chargée du poids de la vie, à offrir non pas les chansons d’une poupée mais celles d’un être humain bien vivant.

    À travers des titres récents comme Papillon de nuit, Ella, elle l’a ou Évidemment, elle continue de défendre solidement sa place, une force qui vient sans doute de sa propre endurance et de sa persévérance, ayant su se relever après un premier grand succès suivi d’une période de désillusion. C’est un conseil chargé de sens, à une époque où même dans le milieu musical actuel, la question des étoiles filantes qui brillent un instant avant de disparaître se pose avec gravité.

    En écoutant les chansons de France Gall, on perçoit d’un côté la fraîcheur pétillante de rythmes enjoués, et de l’autre une atmosphère très douce, parfois mélancolique. On y retrouve à la fois le charme exotique propre à la chanson française et des éléments de pop, de danse ou de rock qui nous sont devenus familiers.

    Cet album rassemble les grands succès qui ont marqué le retour de France Gall après son premier passage à vide, avec les chansons précieuses de Michel Berger, celui qui a su révéler le talent qui sommeillait en elle et qui, jusqu’à aujourd’hui, continue de faire vivre cette relation artistique qui l’a menée là où elle est. Pouvoir enfin, même tardivement, redécouvrir les chansons pleines de charme de l’âge d’or de France Gall, artiste qui occupe encore aujourd’hui les premières places des classements de popularité, est une chance à laquelle on ne peut que se réjouir.

    Tard le soir, une tasse de café bien serré posée devant soi, en écoutant Ce soir je ne dors pas, qui ne ressentirait pas l’envie d’écrire un poème empreint de douceur…

    전마리 (Jeon Ma-ri)

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