Édition avant-première allemande hors-commerce en double 33 tours, parue en 1978, cette version de Starmania ou la passion de Johnny Rockfort selon les évangiles télévisés a été envoyée aux clients / revendeurs dans une sur-pochette crème promotionnelle. L’exemplaire présenté est numéroté 0196. Pochette ouvrante bleue, présentation identique à la version numérotée 0858 et à la 1ère version commerce de fin 1978 : un objet pensé pour faire découvrir l’opéra-rock avant la mise en vente large.
Sur les labels, la mention de gestion des droits n’est pas SACEM, mais GEMA/BIEM. En pratique, cela renvoie à la société allemande (GEMA) et au réseau BIEM, et se rencontre typiquement sur des pressages destinés à une fabrication ou une distribution hors France, notamment via des circuits européens. Ici, c’est un indice matériel cohérent avec une fabrication “export / Europe”, différente d’un pressage strictement français.
Le cœur du disque reste celui des premières versions 1978 : Paranoïa est bien présent, interprété par Michel Berger, titre réservé aux éditions originales 1978-1979, avant réenregistrement sur la version rouge de 1984. À ce stade, la pochette bleue ne mentionne pas encore Besoin d’amour (ajouté au double album commerce en 1979, en même temps que S.O.S. d’un terrien en détresse chanté par Daniel Balavoine, qui remplace L’air de l’extraterrestre de René Joly, le rôle ayant été transformé).
Particularité de cet exemplaire 0196 : sur le disque D, Besoin d’amour apparaît gravé et imprimé sur la rondelle, alors qu’il n’est pas annoncé sur la pochette. Ce décalage matériel suggère un ajout très tardif, intégré au dernier moment sur une partie du tirage, sans réimpression immédiate des pochettes avant l’arrivée de l’édition commerce 1979.
L’édition renforce son statut promo par les documents joints : une note Warner / Elektra / Atlantic recto-verso datée du 8 septembre 1978, adressée aux revendeurs, annonçant l’envoi en avant-première d’un double album en édition limitée numérotée et présentant Starmania comme l’événement majeur de rentrée, avec un dispositif complet de PLV. Le dossier inclut aussi un résumé de la genèse et un autocollant vitrophanie transparent, prévu pour les vitrines.
Côté œuvre, Starmania est le fruit d’une écriture longue, portée par la rencontre Berger-Plamondon et une ambition claire : un spectacle entièrement chanté, à la française, mais avec énergie rock et narration d’opéra. Monopolis, souterrains, gratte-ciel, médias, star-system et violence politique : l’intrigue déroule ses personnages (Johnny Rockfort, Sadia, Zéro Janvier, Marie-Jeanne, Ziggy, Stella Spotlight, le Gourou), jusqu’à une fin tragique qui assume le modèle de l’opéra.
Cet exemplaire numéroté 0196 se distingue par ses rondelles crème de fabrication allemande, référencées 66 086, avec sociétés de droits GEMA / BIEM. Les mentions circulaires indiquent Made in Germany by WEA Musik GmbH, confirmant un pressage allemand. Contrairement à la version numérotée 0858, la face D mentionne ici explicitement Besoin d’Amour. Ces différences confirment que les exemplaires promotionnels numérotés de Starmania n’ont pas tous été assemblés avec le même jeu de disques et existent en plusieurs variantes de fabrication.
Titres | Face A : 1. Ouverture 2’55 | 2. Quand on arrive en ville 3’40 | 3. Complainte de la serveuse automate 4’50 | 4. Le blues du businessman 4’25 | 5. Monopolis (Dans les villes de l’an 2000) 4’30 | Face B : 6. Un garçon pas comme les autres 3’05 | 7. La chanson de Ziggy 4’35 | 8. Travesti 3’55 | 9. Banlieue nord 3’35 | 10. Petite musique terrienne 1’30 | 11. Paranoïa 2’30 | Face C : 12. Ce soir on danse à Naziland 4’35 | 13. Les adieux d’un sex symbol 5’50 | 14. Ego Trip 2’30 | 15. Les uns contre les autres 3’00 | 16. Quand on n’a plus rien à perdre 3’50 | Face D : 17. Le monde est stone 5’30 | 18. Petite musique terrienne 0’45 | 19. Starmania (L’air de l’extra terrestre) 5’55 | 20. Le rêve de Stella Spotlight 2’10 | 21. Besoin d’amour 4’00 | 22. Monopolis (Reprise instrumentale) 2’00
Mentions légales & crédits | Album : Starmania ou la passion de Johnny Rockfort selon les évangiles télévisés | Présentation labels : WB Records présente Starmania | Artistes / interprètes crédités par ordre alphabétique : Daniel Balavoine, Johnny Rockfort, Michel Berger, Claude Dubois, Diane Dufresne, Éric Estève, France Gall, René Joly, Fabienne Thibeault, Nanette Workman | Rôles associés : Daniel Balavoine : Johnny Rockfort, le chef des Étoiles Noires | Michel Berger : le grand Gourou | Claude Dubois : Zéro Janvier, le businessman politicien | Diane Dufresne : Stella Spotlight, le sex symbol | Éric Estève : Ziggy, le disquaire mythomane | France Gall : Cristal, l’animatrice de télévision | René Joly : l’extra terrestre | Fabienne Thibeault : Marie-Jeanne, la serveuse automate | Nanette Workman : Sadia, le cerveau des Étoiles Noires | Musiques : Michel Berger | Textes : Luc Plamondon | Production : Prod. par P.E.M. Colline | Réalisation : Michel Berger et Luc Plamondon | Claviers : Michel Berger, Michel Bernholc, Francis Monkman | Guitares : Claude Engel, Mick Grabham | Basse : Paul Stallworth | Batterie : Jim Keltner | Percussions : Marc Chantereau | Saxophone : Michael Brecker | Trompette : Randy Brecker | Trombone : Tom Malone | Pour L’air de l’extraterrestre : Batterie Pierre-Alain Dahan | Guitare José Souc | Chœurs : Michel Georges Costa, Liliane et Graziella | Chorale : L’Ensemble Vocal Syrinx | Cordes : arrangements et direction Michel Bernholc | Lead : David Katz | Prise de son et mixage : Jean-Pierre Janiaud | Assisté de Patrick Foulon avec la collaboration de Jehol Van Bay | Studios : Studio Gang Paris | Cordes : Studio EMI Londres | Cuivres : Secret Sound Studio New York | Voix de Nanette Workman : Le Studio, Morin Heights, Québec | Photos : Olivier Dassault | Label / Distribution : WEA / Filipacchi Music | Référence générale : 66 086 | Références faces : 66 086 A / 66 086 B / 66 086 C / 66 086 D | Format : Double 33 tours | Stéréo | LC 0392 | Droits : (P) & (C) 1978 WEA Filipacchi Music | Adresse éditeur : 70 avenue des Champs-Élysées, 75008 Paris | Fabrication : « Made in Germany by WEA Musik GmbH » | Mention circulaire (labels) : « La duplication, la location, le prêt, l’utilisation de ce disque pour exécution publique et radiodiffusion sont interdits » / « Tous droits du producteur phonographique et du propriétaire de l’œuvre enregistrée réservés » / « Unauthorised copying, hiring, lending, public performance and broadcasting of this record prohibited » / « Keine unerlaubte vervielfältigung, vermietung, aufführung, sendung! » | Référence pochette : 66086 YX2.
Note
8 septembre 1978 / Courrier promotionnel WEA Filipacchi Music – lancement de Starmania
Destinataire | Disquaires / réseau commercial
Nous avons le plaisir de vous faire parvenir en avant-première le double-album de Starmania en édition limitée numérotée. Starmania, l’opéra-rock de Michel Berger et de Luc Plamondon, sera lancé dans les prochains jours du mois de septembre. La qualité de la production et les moyens mis en œuvre nous permettent d’affirmer que Starmania sera un énorme succès. Cette opération est le plus important événement depuis le lancement de Véronique Sanson. Tous les médias seront touchés par Starmania. Nous avons réalisé pour cette campagne un matériel de publicité sur le lieu de vente spécialement adapté à votre réseau :
- Auto-collants vitrauphanies pour les vitrines
- Présentoirs pochettes avec bandeau Starmania
- Présentoirs miroir en relief reprenant le thème de la pochette
- Présentoirs métalliques sur-pied 50 double-albums
La campagne-vitrine sera orchestrée par notre service Décoration-W.E.A. En ce qui concerne les mass-médias, l’accueil général de Starmania en fait un événement dans toutes les radios. Plusieurs titres de l’album passent déjà sur les ondes, notamment :
- Les uns contre les autres (Fabienne Thibeault / Claude Dubois)
- Le monde est stone (Fabienne Thibeault)
Écoutez ces deux titres, tous les programmateurs en sont fous… Nous aurons l’occasion d’assister à de nombreuses émissions de télévision sur Starmania et Michel Berger à partir du 6 octobre. Dès le 18 septembre, nous lancerons une campagne d’affichage sur le thème :
L’événement discographique de la rentrée : Starmania, un opéra-rock de Michel Berger et Luc Plamondon ; chez votre disquaire. La campagne-presse est déjà commencée dans Music Media, Rock and Folk, Best, Rock en Stock. Nous la poursuivrons à compter du 18 septembre dans France-Soir, Le Point, L’Express, Le Nouvel Observateur. Daniel Balavoine / Michel Berger / Eric Esteve / France Gall / René Joly et leurs amis québécois Claude Dubois / Diane Dufresne / Fabienne Thibeault / Nanette Workman, réunis dans Starmania, participeront au lancement de cette opération. Écoutez cet album, faites-le écouter, nous en ferons un succès tous ensemble.
Veuillez agréer, Cher Client, l’expression de notre considération distinguée.
La Promotion de Ventes
Starmania ou la passion de Johnny Rockfort selon les évangiles télévisés
Un opéra de Michel Berger sur un livret de Luc Plamondon
Avec la participation des artistes français : Daniel Balavoine, Eric Esteve, France Gall, René Joly et des artistes québécois : Claude Dubois, Diane Dufresne, Fabienne Thibeault, Nanette Workman
Starmania, le premier opéra-rock francophone, né d’une collaboration entre la France et le Québec autant sur le plan de l’interprétation que de la création, sera un spectacle de deux heures et demie, entièrement chanté (contrairement à une comédie musicale, où les dialogues sont parlés). Les neuf interprètes principaux seront entourés d’un groupe rock, d’un orchestre symphonique et d’une chorale.
En attendant cette première, nous vous présentons un double album contenant dix-huit extraits, qui vous permettront de faire connaissance avec les personnages de Starmania.
L’action se passe dans une grande métropole imaginaire, Monopolis, la ville unique, la ville pareille à toutes les autres. Les personnages sont des gens d’aujourd’hui, vivant déjà dans la réalité de demain. Le thème principal est le terrorisme dans le monde moderne : le terrorisme au pouvoir aussi bien que le terrorisme contre le pouvoir. Par l’entremise des masse-média, principalement de la télévision, ce monde moderne est devenu un grand Star System, où chacun se bat pour faire briller son étoile. C’est l’ère de la Starmania.
L’intrigue de Starmania se joue sur deux plans : l’univers des souterrains et celui des gratte-ciel. Les Zonards, une bande de jeunes banlieusards menés par Johnny Rockfort et téléguidés par Sadia, personnification de la Violence, terrorisent le centre-ville. Ils se réunissent à l’Underground Café, situé au sous-sol du building de Zéro Janvier, jeune businessman-politicien rêvant de refaire le monde et candidat du « Parti Pris Pour le Progrès » à la Mairie de Monopolis. Marie-Jeanne, la serveuse automate de l’Underground Café, prisonnière de sa vie souterraine, rêve de partir à la recherche du soleil. Elle vit un amour impossible avec Ziggy, disquaire androgyne et mythomane qui se prend pour David Bowie et qui veut devenir le premier danseur rock au monde. Il ne deviendra que le disc-Jockey du « Naziland », la super-discothèque tournante située au sommet du plus haut gratte-ciel de Monopolis. Chris, l’animatrice de « Starmania », émission de télévision pour les jeunes, réussit à interviewer les Zonards à l’Underground Café et, éblouie par Johnny Rockfort, s’enfuit avec lui, abandonnant le monde d’en haut pour le monde des souterrains. Stella Spotlight, sex symbol sur le déclin, deviendra la maîtresse et la mascotte politique de Zéro Janvier, tout en continuant de fréquenter les séances de « méditation collective » du Grand Gourou, prophète de l’écologie et principal adversaire politique de Zéro Janvier.
Dans la flambée de violence qui l’anime, l’histoire d’amour de Chris et Johnny finira par la mort des deux amants comme dans les vrais opéras ! Tout se termine comme une grande farce tragique, par la victoire électorale de Zéro Janvier, proclamée par Stella Spotlight devant le peuple réuni dans un stade, pendant que dans les souterrains Sadia et ses lieutenants préparent déjà la contre-attaque. L’apparition d’un extra-terrestre au-dessus du stade vient replacer toute cette Starmania dans sa petitesse dérisoire, alors que l’humanité chante son rêve d’être immortelle comme la lumière des étoiles.

