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France Gall évidemment au top !

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Déjà, à seize ans, elle apparaît au hit-parade de l'époque avec « N'écoute pas les idoles », une chanson écrite par Serge Gainsbourg.
Déjà, à seize ans, elle apparaît au hit-parade de l'époque avec « N'écoute pas les idoles », une chanson écrite par Serge Gainsbourg.

Il était une fois … C’est sans doute une bonne fée du show-biz qui s’est penchée sur le berceau de la petite France, car à seize ans déjà elle apparaît au hit-parade de l’époque avec « N’écoute pas les idoles », une chanson écrite par Serge Gainsbourg.

C’était en 1964. France Gall depuis sa plus tendre enfance était bercée dans un milieu musical.

Son père, qui était auteur compositeur, écoutait des disques de jazz qui ont été la première culture musicale de la petite France. De plus il recevait dans la maison familiale de nombreux chanteurs, entre autres Charles Aznavour qui venait répéter.

Quoi d’étonnant alors qu’à la suite d’un essai de voix que son père lui fait passer au studio des Champs-Élysées elle enregistre son premier disque. Elle gagne le grand prix de l’Eurovision avec « Poupée de cire, poupée de son » du même Gainsbourg et, contrairement à la plupart des chanteurs qui ont gagné ce prix, elle ne sera pas une étoile filante. Elle devient l’idole de toute une génération, celle des années 60.

En 1974 c’est la rencontre avec le talentueux musicien pianiste Michel Berger qui va changer sa carrière musicale. De cette rencontre naîtra un premier tube. « La déclaration ». France réussit alors à mener de front ses deux carrières : celle de mère de famille, elle a deux petites filles qui vivent complètement protégées hors du monde du show-biz, et celle de star. Elle renoue avec le succès au rythme d’un album tous les deux ans, albums qui deviennent tous disques d’or ou de platine, avec des chansons et musiques concoctées par Michel Berger, son mari. Son premier concert, qui sera un succès, elle le donne au Théâtre des Champs-Élysées. Elle participe à l’opéra-rock de Michel, « Starmania » aux côtés de Balavoine qui deviendra le meilleur ami de la famille Berger. Avec Balavoine, elle partagera cette envie d’aider les peuples en difficulté, notamment en Afrique où elle rencontre Babacar, l’enfant noir dont Michel Berger a mis l’histoire en musique. En 87, c’est un nouveau personnage de légende, la chanteuse Ella Fitzgerald avec « Ella elle l’a » qui installe France aux meilleures places du Top 50. Sa fidélité en amitié est sans faille, elle aime se retrouver avec des amis pour raconter des souvenirs. La mort de Balavoine et de Coluche, elle l’a ressentie au plus profond d’elle-même et sa dernière chanson, « Évidemment », a été écrite en souvenir des amis qu’elle aime et qu’elle ne reverra jamais. Mais si France n’oublie pas l’absence, elle adore la vie et c’est pour ces trois passions qu’elle existe : ses enfants, Michel et la musique.


6 questions à …

« Évidemment », ta dernière chanson, est-elle dédiée à Daniel Balavoine ?

Oui, mais pas qu’à lui, elle est aussi dédiée à Coluche qui nous a quittés. C’est une chanson sur l’absence en général et sur le manque que l’on ressent quand quelqu’un qu’on aime disparaît.

Où a été tourné le clip ?

En Italie, au bord de la mer, à une heure de Rome, pour les extérieurs. Nous voulions trouver le soleil et à cette époque, en France, il pleuvait sans arrêt. Les scènes intérieures ont été tournées à Rome, à Cinecitta, les studios dans lesquels se sont fait les plus grands films italiens.

Aurais-tu envie de faire du cinéma ?

Non, ce n’est pas mon truc. Je m’ennuie entre les scènes car il faut attendre des heures dans sa loge. Et les tournages ont souvent lieu de très bonne heure le matin, ce qui était le cas pour le tournage du clip, et moi je ne suis pas une lève-tôt …

Pendant le tournage du clip, y a-t-il eu des aventures ?

Pas vraiment, mais une histoire drôle. La maison bleue que l’on voit dans le clip était la poste du village, il a fallu parlementer avec les PTT italiens. Il fallait que cette maison ait l’air d’être au bord de la mer, aussi nous avons déversé des tonnes de sable dans la rue. Seulement, ensuite, il a fallu balayer !

Des projets pour cet été ?

Vacances, vacances, vacances avec ma petite famille. Cette année avec mes tournées et mon spectacle je n’ai pas eu le temps de beaucoup voir mes deux filles.

Ensuite, un nouveau disque, un nouveau spectacle ?

Oui, mais pas tout de suite. Je ne pourrais pas vivre sans musique, rien ne remplace pour moi le bonheur d’être en studio, entourée de musiciens.

Discographie

Le premier 45 tours de France Gall « N’écoute pas les idoles » remonte à 1964.
Il serait trop long de vous citer tous ses disques entre 64 et 75.

Albums

  • 1975 : 1er album avec « La déclaration »
  • 1977 : « Dancing disco »
  • 1978 : « Live théâtre des Champs-Élysées »
  • 1980 : « Paris France »
  • 1980 : Album des compilations
  • 1981 : « Tout pour la musique »
  • 1982 : « Live » Palais des Sports
  • 1984 : « Débranche »
  • 1985 : « Live » Zénith
  • 1986 : Triple “Live”
  • 1987: « Babacar », (WEA et Apache)

Magazine : Top 50
Date : du 16 AU 22 mai 1988
Numéro : 115

France Gall, de la scène à la cuisine

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Bonbon acidulé, pastille de menthe, chocolat glacé, friandise à la fois poivrée et sucrée quand elle le veut, France Gall affiche à la ville sa volonté et son minois de fillette délurée.
Bonbon acidulé, pastille de menthe, chocolat glacé, friandise à la fois poivrée et sucrée quand elle le veut, France Gall affiche à la ville sa volonté et son minois de fillette délurée.

Bonbon acidulé, pastille de menthe, chocolat glacé, friandise à la fois poivrée et sucrée quand elle le veut, France Gall affiche à la ville sa volonté et son minois de fillette délurée. Qu’on ne s’y trompe pas, derrière l’apparence se cache un caractère d’acier trempé, chauffé à blanc par les spots et les fans.

Et son triomphe aux Victoires de la musique prouve qu’elle n’a pas eu tort d’emprunter la voie tracée par Michel Berger, en 1973, après quatre années de déprime et de (presque) oubli. Et eu bien raison de le suivre pour créer en chœur et en couple. « Aucune musique ne me tente plus que la sienne. Aucun texte ne traduit à ce point ma vraie nature ».

Effrayée à l’idée de vieillir

Lui et elle : question d’harmonie. Pour les grands événements, les petites choses de la vie. Ce qui permet à France Gall d’évoluer avec aisance : « Je passe sans transition de ma cuisine à la scène. De la même façon que je me rends de ma chambre à la salle de bain … » Idem pour son rôle de chanteuse ou de mère. Qui, cette fois, lui donne la possibilité de devenir, en alternance, grâce à un mari qui sait prendre la relève, vedette et femme au foyer, traditionnelle et débordée. « Face à un mari rêveur et poète », dit-elle, France Gall se charge de l’intendance, d’autant qu’elle entame cette semaine une année sabbatique : « J’achète des plantes vertes et remplis les placards, fais le marché et n’occupe réellement de Raphaël, neuf ans, et de Pauline, six ans. »

Enfants désirés avec passion et acharnement, « ayant rencontré des difficultés pour en avoir ». Aujourd’hui, elle va les chercher à l’école, s’entretient avec les maîtresses.

Mon caractère autoritaire ne pousse à surveiller leurs progrès en classe. A réprimander. »

Réussite totale, rêve de toutes les femmes, assure-t-elle. Mais qui ne la satisfait pas à cent pour cent, pour être en accord avec elle-même – autre désir profond -, l’ex-baby-star des sixties, à qui Serge Gainsbourg fit interpréter, à dix-sept ans, les désormais couplets scandaleux des « Sucettes à l’anis » – : Je ne comprenais pas ce que je chantais et j’ai ressenti la plus grande honte de ma vie lorsqu’on m’en a expliqué le sens » -, France Gall, à quarante ans, effrayée à l’idée de vieillir, part en guerre par soif de justice. Déléguée de l’organisation humanitaire, « Action école », elle est partie pour le Niger. Après Daniel Balavoine, son ami et partenaire dans « Starmania », spectacle musical qu’on demande à Michel Berger de remonter. « Les innocents emprisonnés, les enfants qui meurent de faim, me bouleversent. Ce monde injuste et cruel m’indigne. Me donne envie de pleurer. » Aussi, en public, elle chante « Babacar », né de sa rencontre avec un enfant africain que la mère lui demandait d’adopter.

En gros pull-over et baskets, l’un de ses costumes de ville qu’elle pourrait porter sur scène, France Gall n’établit pas de différence. Elle assure que, de toutes les carrières, celle qui aurait pu la tenter, si elle n’était pas France Gall, serait encore la peinture. Témoin de cet obscur désir refoulé, sa délicieuse chanson « Cézanne peint ».

Et pour se prouver que son succès n’appartient qu’à elle, Isabelle (son vrai prénom) conclut : « Chanter me rend heureuse. » Pour France, tout finit par des chansons.

Magazine : Télé Star
A.R.
Date : du 7 au 13 mai 1988
Numéro : 605

Evidemment, un clip souvenir de France Gall

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C'était un autre temps, une autre vie. Elle avait seize ans. Elle participait au fameux grand prix de l'Eurovision.
C'était un autre temps, une autre vie. Elle avait seize ans. Elle participait au fameux grand prix de l'Eurovision.

C’était un autre temps, une autre vie. Elle avait seize ans. Elle participait au fameux grand prix de l’Eurovision. Elle représentait la France, avec une chanson écrite par un Gainsbourg que l’on n’appelait pas encore “Gainsbarre”.

Sa blondeur ensoleillée, son regard candide et sa voix déjà unique avaient séduit le jury et le public. Elle rafla le premier prix. Sa chanson s’appelait « Poupée de cire, poupée de son ».

Du jour au lendemain, le nom de France Gall allait être sur toutes les bouches et sa voix dans toutes les oreilles. Seulement une poupée ? Pas dégonflée elle ne retombera pas dans les limbes maussades du show-biz. France Gall ne sera jamais une étoile filante. Et toujours elle brillera au firmament de la chanson française.

Même si « La petite fille qui rêvait de réaliser quelque chose d’extraordinaire a été mal dans sa peau pendant dix ans … Je n’aimais rien. Seulement en studio, le bonheur de chanter me faisait vibrer … Michel Berger est entré dans ma vie. J’ai été bouleversée. Il m’a offert ma mesure, mes démesures. Quand il m’écrit un texte, je suis toujours aussi émerveillée ! »

La petite fille est devenue femme. La chanteuse est devenue artiste. De « Il jouait du piano debout » à « Ella elle l’a » en passant par « Babacar » ou « La déclaration », sa discographie est ponctuée de ces joyaux musicaux qui ont marqué la production française de ces dernières années.

Salut ! : Mais pourquoi avoir écrit cette chanson ?

Michel, qui écrit toutes les paroles et les musiques de mes disques, éprouve toujours le besoin, dans ses albums, de refléter les émotions de la vie. Ces dernières années, nous avons perdu deux de nos amis, Daniel et Coluche. Avec cette chanson, Michel parle de l’absence et du vide que l’on ressent quand on perd des êtres que l’on aime.

Salut ! : Pourquoi avoir tourné ce clip en Italie ?

France Gall : Question de temps et de couleur, il nous fallait un endroit qui puisse à la fois représenter l’été et l’hiver car l’histoire se passe durant deux saisons. Nous avons tourné à une heure de Rome, dans un petit village proche de la Méditerranée. Une ravissante maison bleue plaisait particulièrement à Michel, seulement elle se trouvait au milieu du village et de plus c’était la poste ! S’il n’a pas été facile de convaincre les P.T.T. italiens de nous louer la maison, il a été encore plus difficile de faire croire que nous étions au bord de la mer. Des camions ont déversé des tonnes de sable. Seulement, ensuite, il a fallu le balayer et le ramener au bord de la mer, un vrai travail de titan, mais le résultat n’est pas mal car on a vraiment l’impression que la maison se trouve à quelques mètres de la mer. Le reste du tournage s’est fait à Rome à Cinecitta, nous avons joué dans les décors du film « Un homme amoureux ».

Salut ! : Pourquoi avoir choisi le comédien Etienne Chicot ?

France Gall : Avant tout parce qu’il est un excellent comédien et un ami. Il incarnait très bien avec toute sa sensibilité le rôle de celui qui disparaît. Je ne voulais tourner qu’avec des gens qui se connaissaient car je me sentais plus à l’aise. Le cinéma n’est pas mon métier et je n’arrive pas à m’y faire. J’aime la scène, je m’y sens bien car j’ai besoin d’évoluer dans un monde de musique. Pendant le tournage, j’avais l’impression de perdre mon temps. Moi qui ne suis pas une lève-tôt, je devais être debout à 7 h du matin, mais pour ne tourner qu’à 15h. Les comédiens, eux, ont une grande habitude et ils s’organisent, ils lisent ou écrivent. Moi je fulminais, ce n’est que le dernier jour que j’ai trouvé la solution. Je jouais aux cartes. Michel, par contre, lui, était ravi, il adore découvrir sans cesse de nouvelles choses. « Évidemment » était son deuxième clip en tant que réalisateur. Il est passionné par la mise en scène. Ses premières armes, il les avait faites avec la comédie musicale « Starmania » : Il a réalisé tous mes spectacles et aussi celui de Johnny Hallyday à Bercy. Je crois qu’il a très envie de faire du cinéma, moi ce n’est pas mon truc, je préfère et reste dans la musique. »

C’est vrai que France a bien prouvé cette année qu’elle ne vit que pour la musique. Après son spectacle au Zénith, elle a pris le chemin des tournées et a donné des galas dans la France entière, n’arrêtant que quelques jours le temps de tourner son clip. Malgré tout, elle a trouvé le temps de prendre quelques jours de repos pour passer les vacances de Pâques avec ses enfants car France est aussi une maman très célèbre et la vie familiale prend une grande place dans sa vie. Elle a réussi ce qui paraît souvent irréalisable : être un personnage public qui a su garder les valeurs de la vie privée.

Après la France, c’est la Réunion et l’île Maurice qui auront le plaisir de l’écouter en concerts. Qui mieux qu’elle peut représenter la chanson française outre-mer ?

Magazine : Salut ! Magazine
Date : du 13 au 26 avril 1988
Numéro : 11

France Gall, Face amère

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Le clip d’« Évidemment» n'exploite pas les doses missives de bons sentiments pleurnichards, ce n'est décidément pas le créneau du tandem Berger-Gall
Le clip d’« Évidemment» n'exploite pas les doses missives de bons sentiments pleurnichards, ce n'est décidément pas le créneau du tandem Berger-Gall

France Gall. Absente mais pas l’indifférence surtout pas l’indifférence.

Le temps, dit-on, corrige, répare, atténue les mesures de l’âme, « Évidemment », la route poursuit son linéaire et inaltérable parcours mais l’oubli ne peut et ne doit pas s’installer.

“Bala” n’est plus, mais Daniel demeure en nous, pour toujours sobre, pudique, émouvant, intimiste. Le clip d’« Évidemment» n’exploite pas les doses missives de bons sentiments pleurnichards, ce n’est décidément pas le créneau du tandem Berger-Gall ! Ici, tout n’est que grâce, suggestion et impressionnisme. Berger, le scénariste, auteur-compositeur et réalisateur, peint, dresse, portraitiste la mort d’un ami, le plus simplement possible … Il a calqué ses images aux mots, sans commentaires surannés, déplacés …

Tourné en Italie, en quatre jours, Berger, le perfectionniste s’est efforcé de reconstituer le puzzle de ses émotions.

Un ami, campé par Etienne Chicot (le comédien entre autres de « Garde à vue ») partage, l’essentiel ainsi que les détails d’un quotidien « soleil » auprès de sa famille de cœur, et puis il disparait, il s’estompe tout à coup du tableau en laissant bien évidemment derrière lui des traces, des moments, des empreintes, des souvenirs indélébiles d’un passé hélas sans lendemain.

Berger a donc revêtu une fois de plus, le costume du clippeur avec inscrit à son générique, son actrice favorite, France Gall, elle-même.

Pas toute seule sur sa liste, il a aussi recruté des apprentis comédiens pour les services d’une figuration des plus « intelligentes ». En ce qui concerne l’équipe technique, elle était de nationalité exclusivement italienne. Tout se serait déroulé dans le meilleur des climats possibles, si les lois d’un timing « serré » n’avaient composé une course contre l’horloge « infernale » et puis autant l’évoquer, le laxisme des techniciens, toujours en retard aux rendez-vous du travail, ça n’a guère arrangé les affaires de l’ami Berger. Des journées bien remplies, lever 7 heures du mat « j’ai des frissons », coucher à l’aube « j’ai des palpitations ». Une ambiance spartiate pas vraiment touristique. « Rome ville ouverte » affirme la légende, en l’occurrence, là il s’agissait d’un « tournage very fermé » et Michel Berger n’a pas lésiné sur les moyens de nous faire rêver …

C’est ainsi qu’il a squatté la poste du village de Sabadia, transformée pour la circonstance en « maisonnée de villégiature » ensuite. « Maniaco non dépressif », il n’a pas hésité à « importer » du sable afin d’illustrer les séquences ballades sur la plage. Une entreprise lourde de remue-ménage et de casse-têtes italiens que Berger le stratège a mené à bon port ! Tendu, le pianiste sans groupies, a quand même tenu le choc et a affiché durant ces quatre jours un self contrôl digne de nos voisins british … il grogna parfois, à l’encontre des lambineurs ritals !

Mais jamais, on ne le coince en flagrant délit de mauvaise humeur.

Une attitude qu’il fallait souligner, les non caractériels de ce métier se raréfiant, n’est-ce pas. France, quant à elle, donnait dans le créneau « concentration ». Maquillage, coiffage, habillage, on se serait cru sur le tournage d’une superproduction made in Hollywood.

Au détour des coulisses de Cinecitta, on croisa aussi des visages non inconnus à notre mémoire, Fellini en personne, Mastroianni, en chair et en charme … Manifestement, on vibrait en plein cœur d’une mythologie bel et bien vivante.

Côté bouffe, ce ne fut pas une partie de plaisir. On engloutissait plutôt qu’on dégustait. Un quart d’heure chrono pour le ravitaillement, pas de quoi noircir en effet les pages du guide Michelin. Extérieur-jour, intérieur-nuit, ou l’inverse. Un chef opérateur ponte dans son genre, collaborateur en titre de Luc Besson (Subway). Berger ne s’entoure jamais des plus mauvais. « Évidemment » que la qualité d’images est irréprochable … Touche à tout, pluridimensionnel, ce maître à chanter de sa génération, deviendra-t-il demain, un réalisateur notoirement recherché.

C’est le mal qu’on lui souhaite en attendant son prochain album … et ses créations, sûr qu’il se situera à proximité de Miss Gall, en tournée … elle promène son spectacle du Zénith en province.

Donc, si elle passe par chez vous, foncez-la voir et l’écouter, évidemment !

Magazine : Graffiti
Date : Mars 1988
Numéro : 41

Douce France Gall

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12 novembre 1987. Le Zénith à Paris : La salle est pleine à craquer : six mille personnes attendent dans le noir.
12 novembre 1987. Le Zénith à Paris : La salle est pleine à craquer : six mille personnes attendent dans le noir.
12 novembre 1987. Le Zénith à Paris : La salle est pleine à craquer : six mille personnes attendent dans le noir.

12 novembre 1987. Le Zénith à Paris : La salle est pleine à craquer : six mille personnes attendent France Gall dans le noir.

Tout à coup des centaines de briquets s’allument alors qu’un projecteur vient se braquer sur la silhouette blonde qui entre sur scène. France Gall est arrivée !

L’euphorie commence : le public se met à hurler et applaudit sans relâche. Une heure quarante-cinq plus tard, heureux, épuisés, les fans se dispersent aux alentours du Zénith. Complètement possédés par la magie de ce show exceptionnel ils continuent de fredonner leurs airs préférés …

Sous l’étoile du Berger …

Est-il bien nécessaire de vous rappeler que toutes les chansons de France Gall sont écrites par Michel Berger qui a également pris en charge la conception du spectacle. Son idée était simple : donner au public l’illusion que le concert se déroulait en plein air, un soir d’été. Habillement sélectionnées, de nombreuses diapositives, projetées sur écran géant tout au long du spectacle, ont vite fait de créer l’illusion. Le reste, seuls le charme, la bonne humeur, la voix et le dynamisme de France Gall pouvaient s’en charger.

Aujourd’hui France Gall a quitté le Zénith. Mais son spectacle n’est pas perdu pour autant puisqu’elle part se produire à travers de nombreuses villes de France. Et, pour la première fois depuis le début de sa carrière, elle va balader son show jusqu’à l’île Maurice, la Réunion et … Madagascar !

Premiers pas

On est loin de la jeune fille de seize ans qui enregistra son premier disque avec une chanson écrite par son papa. Cela se passait en 1962. Une intrusion timide dans le monde du showbiz qui, très vite, deviendra prometteuse. Un an s’est à peine écoulé depuis sa première apparition dans le marché du 45t, que France Gall enregistre « Sacré Charlemagne » pour voler les premières place du hit-parade. Également écrite par son papa, cette seconde chanson qui raconte les « martyrs » de l’école, fait écho au grand succès de Sheila « L’école est fini » dont la France entière fredonne le refrain. La voix juvénile de France Gall tout comme sa silhouette adolescente et timide ont vite fait de fasciner un parolier avide d’innocence : Serge Gainsbourg ! Les titres tombent les uns à la suite des autres. Cela commence avec « Annie aime les sucettes » (un titre repris par Jane Birkin quelques années plus tard …) pour enchainer sur « Poupée de cire poupée de son » qui remportera, en 1965, le grand prix de l’Eurovision !

Michel Berger se déclare

Mais c’est connu, le succès a ses bons et ses mauvais côtés, France Gall connait la gloire, mais aussi la solitude. La fin des années soixante sont pour elle la traversée d’un long désert. La voilà qui se retrouve seule sur les rives d’une plage oubliée par la tempête. Heureusement ce « cafard » ne va pas durer trop longtemps. Dans l’ombre, un jeune auteur-compositeur est en train d’écrire une « déclaration » qui va relancer la carrière de la petite France et lui ouvrir les portes du grand amour …

Ce jeune compositeur s’appelle Michel Berger. D’un simple coup de baguette magique il a su ouvrir le chemin des étoiles à celle qu’il aimait. Aujourd’hui le couple France Gall – Michel Berger a gravit, jusqu’au sommet, les marches du hit-parade français que l’on nomme à présent « Top 50 ». Que demander de plus à la vie. France Gall est à présent sereine, son public l’aime, il a confiance en elle et… elle le lui rend bien. Avec un mari pour allié et des enfants pour éclairer leur bonheur, notre chanteuse n’a décidemment rien à envier à personne.

« Babacar » ou l’Afrique au cœur

N’oublions pas non plus de citer une rencontre qui fut, elle aussi, déterminante dans la vie de France Gall : celle de Daniel Balavoine. C’est dans un opéra Rock signé Michel Berger que le jeune chanteur de « l’Aziza » a débuté sa carrière. L’opéra s’appelait « Starmania » et France Gall en était une des principales interprètes. Ça, c’est pour leurs points communs : la musique et la chanson. Mais Daniel nourrissait une autre passion qu’il sut très vite communiquer à ses deux amis ; l’Afrique. Il ne fallait pas longtemps à France Gall, pour qu’elle comprenne combien certains pays d’Afrique sont démunis et qu’il devient urgent de les aider. Elle s’engage aussitôt à combattre la sècheresse et la misère aux côtés d’actions humanitaires auxquels elle apporte son dynamisme et son soutien … Sincère, souriante, active et généreuse France Gall n’a l’intention de laisser tomber ni la chanson, ni son combat pour un monde meilleur …

Magazine : Spot Light
Date : Janvier 1988
Numéro : 7

France Gall

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Oubliés « Les sucettes à l’anis » et ce « Sacré Charlemagne », désormais c'est elle qui choisit ses chansons que lui compose son musicien de mari, Michel Berger.
Oubliés « Les sucettes à l’anis » et ce « Sacré Charlemagne », désormais c'est elle qui choisit ses chansons que lui compose son musicien de mari, Michel Berger.

Depuis l’époque des yéyés, elle a fait un sacré bout de chemin France Gall !

Oubliés « Les sucettes à l’anis » et ce « Sacré Charlemagne », désormais c’est elle qui choisit ses chansons que lui compose son musicien de mari, Michel Berger.

En 1975, elle nous fait sa « Déclaration » et c’est à nouveau le succès. Forte sous son apparence de femme-enfant, elle sort un album tous les deux ans avec les superbes mélodies de Berger. Son premier concert, elle le donne au théâtre des Champs-Élysées. Succès total. Puis elle participe à l’opéra-rock de son mari, « Starmania », c’est là qu’elle fera la connaissance de Daniel Balavoine, un duo avec Elton John (« Donner pour donner ») la fera connaître en Angleterre.

Douce, fragile, France déborde pourtant d’énergie, tous ses concerts sont de véritables marathons et le public est de plus en plus nombreux à aller découvrir ce petit bout de femme qui dépense autant d’énergie et qui d’année en année nous semble plus jeune et plus belle.

Mais tout cela n’est rien à côté de sa générosité. Avec Balavoine et son mari, elle décide d’aider les peuples africains et lance l’opération « Action-École », elle part pour l’Afrique et découvre un petit Africain qui lui inspirera son 4 5 tours « Babacar ».

Après avoir chanté le peintre Cézanne, c’est avec un nouveau personnage de légende que France Gall est aujourd’hui dans les hit-parades : Ella Fitzgerald.

Conciliant sa vie de femme, de maman et sa carrière de chanteuse avec un rare bonheur, France Gall a su survoler les ans et les générations, en restant jeune et belle, avec peut-être dans le regard un petit quelque chose en plus …

Magazine : Cool Story
Date : Janvier 1988
Numéro : 92

France Gall en 1988

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Pour la chanson Evidemment, pour la première fois de ma vie, j’ai chanté en pensant à autre chose qu’au texte pour ne pas pleurer.
Pour la chanson Evidemment, pour la première fois de ma vie, j’ai chanté en pensant à autre chose qu’au texte pour ne pas pleurer.

“Pour la première fois de ma vie, j’ai chanté en pensant à autre chose qu’au texte pour ne pas pleurer.”

“J’étais encore dévastée par la mort de Daniel et je n’avais pas encore l’expérience du détachement comme aujourd’hui. »

C’est par ces mots que France Gall commente la chanson Évidemment pour son intégrale des années Warner publiée en 2004. « Daniel », c’est bien sûr Daniel Balavoine, ami du couple Berger/Gall depuis leur rencontre pour « Starmania » dès 1977.*

Note sur les crédits : Il arrive fréquemment que des œuvres soient diffusées sans que le nom de l’auteur soit mentionné. Ces pratiques sont illégales au sens de l’art. L.121-1 du CPI. Lorsque nous connaissons le nom de l’auteur de la photo, il est toujours mentionné. Si vous constatez une erreur, un manque, ou que vous souhaitez le retrait d’une photo dont vous êtes l’auteur : contactez-nous.

*Sources des textes : France Gall l’intégrale / L’histoire de tous ses disques par Norman Barreau-Gély aux Editions EPA avec les pochettes de France Gall Collection

Le Zénith de France Gall

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France Gall nous revient en ce moment pendant quatre semaines au Zénith.
France Gall nous revient en ce moment pendant quatre semaines au Zénith.

France Gall nous revient en ce moment pendant quatre semaines au Zénith. C’est la deuxième fois puisqu’elle avait déjà chanté dans cette salle en 84, et c’est une fois de plus un formidable succès puisqu’elle fait salle comble tous les soirs.

Dès huit heures, tout le monde était déjà là, assis sagement sur les gradins à attendre l’entrée de notre chanteuse nationale. Un public de tous les âges et déjà partiellement conquis. Une heure d’attente donc au départ, mais le déplacement en valait la peine.

La lumière s’éteint, noir total, puis sur un ilot de lumière, le rideau se déplace et France apparaît devant un des claviers, côté droit de la scène. Comme toujours, toute menue avec sa longue chevelure blonde et son petit air fragile …

Pas si fragile que ça en fait, puisque dès les premières notes de musique, elle attaque, bouge et se donne totalement. Des éclairages très travaillés avec un fond en demi-cercle où est projeté un ciel bleu et des nuages qui se déplacent lentement. Atmosphère de rêve, subtilement poétique, mais sans en faire trop non plus. L’esprit de ce nouveau spectacle c’est l’ambiance d’un concert en plein air un soir d’été (chant des grillons et des oiseaux).

Et puis, aussi, une orchestration parfaite avec de très bons musiciens et une équipe apparemment très soudée. France est entourée de quatorze musiciens, une rythmique et deux choristes américains. Il y a aussi bien sûr d’autres surprises, pluie de paillettes, etc. Parfois les paroles des chansons s’inscrivent sur la toile de fond. France enchaîne chanson douce sur chanson plus rythmée. (Certaines de ses anciennes chansons sont transformées avec des arrangements différents. Elle en chante aussi des moins connues du grand public, que seuls les fidèles (ceux qui écoutent ses albums) connaissent. En plein milieu du concert apparaît un groupe de jazz new-yorkais qui l’accompagne dans la fin de sa chanson les « Phœnix Horns », une section de cuivres époustouflante qu’elle présente ensuite chaleureusement au public. S’ensuit une chanson très jazz qui change un peu du répertoire habituel de France. De grandes nouveautés donc pour ce nouveau concert. On constate une fois encore que France a fait un effort remarquable concernant l’ambiance de son spectacle. Ce deuxième Zénith est une totale réussite et une très bonne chorégraphie et surtout des chansons (dont celles du dernier album) une fois de plus irréprochables. Ce spectacle mis en scène par son mari et compositeur attitré, Michel Berger, est impeccable, autant sur le plan visuel que musical. Après le Zénith, France fera une tournée de fin février à fin mars avec un spectacle qui sera le plus proche possible de celui de Paris, et en avril elle compte aller dans les îles, Réunion, Ile Maurice et Madagascar. Après tout ça, heureusement, ce sera les vacances et elle compte partir se reposer au Canada. En tout cas, ces quatre semaines de Zénith s’avèrent être une totale réussite et prouvent, une fois de plus, la rigueur professionnelle et le talent de France.

Magazine : Top 50
Date : du 7 au 13 décembre 1987
Numéro : 92

Déjà 25 ans de carrière pour France Gall !

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1987 France Gall Presse Déjà 25 ans de carrière Star Club magazine de décembre 1987 001
Déjà 25 ans de carrière, c'est vrai ! Pour celles d'entre nous qui n'ont jamais vu de photos de France à ses débuts, c'est le moment où jamais de la découvrir ! …
1987 France Gall Presse Déjà 25 ans de carrière Star Club magazine de décembre 1987 005

Déjà 25 ans de carrière, c’est vrai ! Pour celles d’entre nous qui n’ont jamais vu de photos de France Gall à ses débuts, c’est le moment où jamais de la découvrir ! …

1963

Le 9 octobre 1963, jour de son 16 anniversaire, France Gall sort son premier disque: « Ne sois pas si bête ». Un succès total et immédiat. « Je n’étais pas peu fière ! dit-elle. Papa non plus. Seule maman s’inquiétait un peu. Cela créait une atmosphère tendue à la maison. Jusqu’au jour où on a eu une longue et franche conversation toutes les deux. J’ai appris alors, qu’elle était, au fond, très fière de moi » …

1965 – 1966

Après son premier disque, les événements se précipitent. « Cela me faisait tout drôle de m’entendre de plus en plus souvent à la radio ». Il faut alors choisir entre la chanson et les études. « C’est à regret que j’ai abandonné celles-ci à la fin de ma troisième au lycée Paul Valéry. Mais mes amis de classe, convaincus de mon futur succès, m’aidèrent à faire ce choix ». Les deux titres qui suivent : « N’écoute pas les idoles » (signée Gainsbourg) et « Le ruban et la fleur » (écrite par le papa de France) atteignent à leur tour les sommets du hit-parade. Un soir, Gainsbourg téléphone à France : « J’ai une chanson formidable pour toi ! ». Il s’agit de « poupée de cire, poupée de son » qui fait de France, le 5 mars 1965, l’heureuse gagnante du grand prix de l’Eurovision !

1967

Les cheveux de France ont poussé. Elle a déjà, à son actif, une dizaine de trente centimètres. Lorsqu’elle ne chante pas, l’un de ses passe temps favoris consiste à jouer aux cartes. « Il y a une foule de jeux qui m’ont toujours amusée. Mais celui que je préfère est le poker. On n’est pas obligé d’y jouer de l’argent : on peut aussi se donner des gages, ce qui permet de continuer par un autre jeu … »

1969

La pleine période « Hyppy ». C’est aussi ce que France appelle « l’après 68 », « les années noires ». Elle commence à faire un peu n’importe quoi, se met des perruques bi-colores sur la tête, pose pour les magazines avec des concombres sur la figure pour le compte de produits de beauté, et les disques qu’elle enregistre ne marchent plus. A l’ombre de Julien Clerc avec qui elle vit à l’époque, France Gall s’étiole doucement…

1970

France Gall, mal dans sa tête et dans sa vie, décide de conduire seule sa carrière. Et c’est l’échec ! Elle se met à douter d’elle et affirme qu’elle ne s’aime plus ! « J’ai beaucoup souffert. J’étais désespérée et j’ai même songé à abandonner le métier ». Dépressive, elle se tourne un moment vers la peinture naïve …

1971

Il lui reste la campagne, la jolie maison familiale de Pourrain, dans l’Yonne, où elle passe ses week-ends en compagnie de ses deux frères, Patrice et Philippe, de ses parents et de quelques intimes. A 2 heures à peine de l’appartement familial, avenue Victor Hugo, à Paris, elle peut alors se détendre et respirer un peu d’air pur. Puis brusquement, en 1974, c’est le sursaut : elle téléphone un jour à Michel Berger pour lui demander de lui composer des chansons. Celui-ci refuse, d’abord, puis accepte. A ce moment, la traversée du désert, pour France Gall, prend fin !

1980

« La déclaration » écrit pour elle par Michel Berger, en 1975, n’est que le premier d’une longue série de tubes qui continue aujourd’hui. cette fois, France a trouvé grâce à son pygmalion de mari, bonheur et équilibre. ” Tout de suite, il a su concevoir pour moi, des textes et des musiques correspondant à ce que je ressentais mais que je ne savais pas écrire ». « Je n’ai commencé à faire ce métier et à l’aimer qu’en le rencontrant, en 1974 », déclare-t-elle aujourd’hui …

Quoi de neuf ? « Et une tournée, une ! »

Zénith 87 : du 12 novembre et pour trois semaines consécutives au Zénith, à Paris, France présente son tout nouveau spectacle dont Michel Berger a conçu la mise en scène. Le pus grand secret, à ce sujet, aura été gardé Jusqu’au bout.

Pour préserver l’effet de surprise. Seule l’idée de transformer la scène en une sorte de place de village en plein-air, avec un passage tout autour permettant aux fans d’approcher leur idole, a transpercé. L’équipe musicale et technique encadrant France, c’est à Los Angeles que le couple Berger l’a recrutée au mois de juin dernier. Parmi les musiciens, les oreilles averties reconnaîtront les cuivres du célèbre groupe américain Earth, Wind and Fire.

Peu de temps après son Zénith, au mols de mars 88, France entamera une tournée d’un mols à travers la France.

C’est la première fois. Maintenant les enfants sont assez grands pour le comprendre et Michel restera près d’eux.

Enfin, dernière nouvelle concernant la famille Berger : Ils quittent Rueil-Malmaison où ils étalent Installés depuis des années pour venir vivre à Paris. Définitivement, cette fois, puisque c’est dans cette nouvelle maison que France déclare vouloir terminer ses jours.

Magazine : Star Club
Date : Décembre 1987
Numéro : 2

France Gall est au Zénith

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Pour la deuxième fois, notre France nationale s'attaque à cet immense palais de la musique qu'est le Zénith.
1987 France Gall Presse France Gall au Zénith Salut magazine novembre 1987 007

Pour la deuxième fois, notre France nationale s’attaque à cet immense palais de la musique qu’est le Zénith.

Depuis le 12 novembre, chaque soir, six mille personnes s’éclatent au rythme de ses tubes. Quelques jours avant le début de ce marathon de décibels, Salut ! a rencontré la reine du Zénith.

Septembre 84, rencontre avec ma copine France Gall qui, morte de trouille, se paye le Zénith. C’est la première fois qu’une chanteuse française met les pieds dans cette salle aux dimensions impressionnantes pour une série de concerts.

Mis en scène par son mari et compositeur attitré, monsieur Michel Berger, le spectacle est parfaitement au point : musical, coloré, visuel, c’est gagné. Novembre 87, on prend les mêmes et on recommence. Fidèle à Salut !, France y retrouve ses amis pour blablater sur son nouveau show et comme elle a ses habitudes, c’est donc votre serviteur qui, entre deux répétitions de l’émission de télé « Sacrée soirée », va lui poser un max de questions. Rendez-vous pris, et là elle est là ! Nouveau look, les cheveux légèrement plus dégradés, elle n’a pas changé, même vivacité d’esprit, I’ œil toujours aussi pétillant, France semble parfaitement à l’aise dans ses baskets à quelques heures du premier concert.

Alors, France, quelle différence entre le Zénith de 84 et ce dernier ?

Il est complètement différent, l’esprit de ce nouveau spectacle est un concert en plein air un soir d’été, avec tout ce que cela comporte. Projection de diapos : un ciel, une place. Je suis entourée de quatorze musiciens, une rythmique, deux choristes américaines et une section de cuivres fantastique, des musiciens qui ont déjà accompagné Earth Wind & Fire ou Phil Collins. Certaines de mes anciennes chansons vont être transformées, elles auront des arrangements différents des passages musicaux et seront parfois beaucoup plus longues, comme « Résiste » ou « Débranche ». J’avoue que je ne suis pas très pour chanter mes anciennes chansons. Une autre nouveauté : un medley de chansons moins connues du grand public et beaucoup plus par ceux qui me suivent de très près, ceux qui écoutent vraiment mes albums en entier.

Tes vrais fans ?

Oui. A ce sujet, j’aimerais, par l’intermédiaire de Salut ! qu’ils sachent tous que je n’ai malheureusement pas le temps de lire toutes leurs lettres et surtout de répondre. Ils veulent me rencontrer pour me parler, ne serait-ce que quelques minutes, mais je ne pourrai jamais tous les satisfaire, alors j’espère qu’ils me comprendront.

Tu as chanté un peu partout : au théâtre des Champs-Élysées, au Palais des Sports, au Zénith. Et Bercy, alors ?

On m’a proposé de faire cette salle, j’ai été tentée mais j’ai changé d’avis. Bercy est trop grand et le public me verrait mal. J’ai vu des concerts à Bercy mais je pense que, pour moi, il faudrait revoir la salle. Et puis le Zénith est une salle faite pour la musique, j’adore cet endroit, alors pourquoi changer ? Après le Zénith, je pars en tournée de fin février il fin mars en province, un spectacle qui sera pratiquement le même qu’à Paris, c’est pour cela que je pense qu’il faut, dans la mesure du possible, venir au Zénith. En avril, je serai pour la première fois dans les îles : Réunion, île Maurice, Madagascar.

Et les vacances ?

Cet été, des vacances méritées au Canada. Uniquement vacances car je n’ai pas envie de chanter hors de France et encore moins dans une langue étrangère. Et puis il y aura de la promotion pendant plusieurs mois, donc une année bien remplie.

Quatre semaines au Zénith, six mille personnes chaque soir, un tout nouveau concert mis en scène par Michel Berger, une heure quarante-cinq d’un spectacle musclé à voir vite, vite.

Magazine : Salut ! Magazine
Daniel Moyne
Date : du 18 novembre au 1er décembre 1987
Numéro : 317