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France Gall, tout pour la musique

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France Gall Tout pour la musique Article dans le Parisien du 12 novembre 187 N° 13426 001
France Gall : Après Michel, le mari, et Johnny, l'ami, France retrouve, ce soir, au Zénith, son pain (béni) sur les planches : la musique !
France Gall Tout pour la musique Article dans le Parisien du 12 novembre 187 N° 13426 002

Après Michel, le mari, et Johnny, l’ami, France Gall retrouve, ce soir, au Zénith, son pain (béni) sur les planches : la musique !

Elle a d’abord mis son mari en scène (“Pas toute seule, bien sûr, mais avec cette complicité si incroyable que nos deux sensibilités n’en font souvent qu’une”). C’était l’année dernière au Zénith. Michel angoissait. France veillait.

Elle a ensuite consacré son printemps en studio : “C’était en Italie, on vivait en famille, on jouait au baby-foot et on mangeait des spaghettis … Cela restera un des meilleurs souvenirs de ma vie.

Elle a, peu après, publié “Babacar”.

Une façon comme une autre d’évoquer l’action humanitaire entamée avec Daniel Balavoine et pour laquelle il faut cent fois remettre son cœur à l’ouvrage.

Et puis elle a sorti son album et promu “Ella” qui, depuis “Tout pour la musique” et autres “Débranche”, s’ajoute à la série des tubes “façon Berger”, étant une fois pour toutes entendu que l’ex-fan et idole des sixties a définitivement renoncé à son passé …

Comme si la petite France d’hier s’identifiait désormais à la « gale » !

Elle a ensuite épaulé l’ami Johnny qui se « donnait » non sans mal (d’amour, de vivre et de tête) à Bercy. (« Lui, comme Michel, à cause de son éducation protestante, c’est un introverti. Alors, quand on l’aime, et c’est mon cas, il faut aller vers lui et on y apprend à la fois son métier et la sincérité. »)

Et puis elle a souri quand Michel lui a dit que le titre de son disque, qui aurait le mieux marché, était celui qu’elle avait refusé d’enregistrer. (« A chaque fois que je dis non – c’est rare – il devient furieux et me menace de donner sa chanson à une autre ! »)

Après quoi elle a mis ses enfants à l’école (« toutes les prochaines vacances leur seront consacrées »), astiqué ses cuivres (« en choisissant ceux d’Earth Wind and Fire, nous allons faire briller le Zénith mieux que jamais ») et peaufiné son show (« rien de spectaculaire mais un cadre chaleureux comme une place de village où, sous les lumières de Me Rouveyrollis, on fera tout pour la musique »).

Elle a aussi trouvé le temps de nous avouer qu’elle se sentait enfin une vraie « pro » et qu’elle s’imaginait volontiers dans la peau d’une future productrice.

Et puis elle a donné ses interviews en marchant, histoire de garder la ligne … Elle a dit oui à tous les vaccins, histoire de ne pas être malade en scène … Elle a acheté des chocolats contre le stress et du jus de carotte pour le teint… C’est sûr qu’elle a, qu’elle a … qu’elle a tout fait pour que ça aille !

Magazine : Le Parisien
Par Alain Morel
Photo Le Parisien par Gilles OUAKI
Date : du jeudi 12 novembre 1987
Numéro : 13426

France Gall, jour J-3

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Ce soir, c'est la toute première fois que France et ses musiciens (mi- français, mi- américains) vont présenter devant un public ce spectacle dont on vous parle depuis des mois déjà.
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20 heures dans les coulisses de l’Agora d’Évry.

Ce soir, c’est la toute première fois que France Gall et ses musiciens (mi- français, mi- américains) vont présenter devant un public ce spectacle dont on vous parle depuis des mois déjà.

Et pour tous, le trac est là ; pas de doute. Certains s’agitent beaucoup, on court dans les couloirs à la recherche d’une perruque, d’un technicien. D’autres fument nerveusement. France, enfermée dans sa loge, se fait maquiller et se concentre. Finalement, de tous, c’est elle qui a l’air le plus relax. En apparence. Car le défi est de taille. Surtout lorsqu’on a déjà prouvé par le passé que, sur scène, on est capable du meilleur. La barre est placée haut, il va falloir la franchir victorieusement.

Ce spectacle, elle y pense depuis des mois, et dans l’ombre avec Michel Berger et toute l’équipe, elle l’a fait évoluer point par point. Avant l’été déjà, elle est partie aux États-Unis auditionner musiciens et choristes puis, en août, tandis que vous bronziez sur les plages, elle s’est enfermée dans un sous-sol de Gentilly afin de commencer les répétitions. Quelles chansons choisir ? Pas facile dans un répertoire aussi prestigieux. Aussi, pour satisfaire tout le monde, a-t-elle inséré, au milieu du concert, un medley avec ces titres qu’on aime tant : « Si maman si », « La fille de Shannon » … qu’elle interprète seule au piano grand moment d’émotion.

Émotion aussi quand France chante « Ella elle l’a » face à une Ella Fitzgerald sur grand écran. Et puis énergie quand, dès le premier titre, « Urgent d’attendre », toute la salle danse debout au pied de la scène. France, si frêle, si menue, qui mène sa troupe et son public de main de maître, secouant ses longs cheveux blonds dans les faisceaux de lumière tantôt violets, tantôt bleus ou rouges. Si tout n’était pas encore en place à Évry, s’il manquait des projections de films, des effets spéciaux sortis tout droit de l’imagination de Michel Berger (dans l’ombre et pourtant si présent), si France n’était pas encore certaine de porter au Zénith son ensemble pantalon ocre et son T-shirt noir, il n’était pourtant pas difficile d’imaginer que, comme à son habitude, elle allait très bientôt récolter les bravos et les félicitations unanimes de tous ceux qui iront l’applaudir. Bien sûr, une fois les lumières rallumées, jusque tard dans la nuit, toute « l’équipe de France » a revu les détails, changé l’ordre de passage des chansons, perfectionné un mouvement de danse, s’est remise en question, mais tout cela n’avait qu’un seul objectif : faire mieux encore.

Et gageons que le 12 novembre, lorsque les projecteurs s’allumeront à nouveau, personne ne regrettera les nuits blanches passées à travailler. Elles seront alors, sans aucun doute, largement récompensées par votre enthousiasme à vous.

Magazine : OK ! Magazine
Par Véronick Dokan
Date : du 9 au 15 novembre 1987
Numéro : 617

France Gall : Livre de musique de Babacar

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Edition sous forme de livre de chansons, ou plus communément appelé livre de partitions, paru en novembre 1987 de Babacar.
Edition sous forme de livre de chansons, ou plus communément appelé livre de partitions, paru en novembre 1987 de Babacar.

Edition sous forme de livre de chansons, ou plus communément appelé livre de partition, paru en novembre 1987 de Babacar, le 6ème album studio que Michel Berger a produit pour France Gall. Ce livre est composé de 38 pages avec l’intégralité des partitions des chansons de l’album.

Babacar est encore un réservoir à tubes avec la chanson éponyme, avec aussi Ella, elle l’a et “son je ne sais quoi”, La chanson d’Azima et, surtout, bouleversante, magnifique, Évidemment, dédiée à Daniel Balavoine, l’ami précieux disparu dans les sables du désert.

Babacar est porté par cinq titres gravés successivement sur 45 tours, s’écoule durant plus de deux années et est certifié disque de diamant pour plus d’un million de copies vendues. La sortie originale de cet album date du 3 avril 1987. L’enregistrement s’est déroulé en grande partie au Lark Recording Studio, en Italie ainsi qu’au Studio Gang à Paris.

C’est le disque préféré de France. « On a enregistré ça à quatre musiciens, très concentrés, très concernés. On passe quand même à autre chose. C’est un disque plus grave. » La chanson J’irai où tu iras contient cette incroyable phrase prémonitoire : « Je suis peut-être celle qui te fermera les yeux. »


Paroles et musique Michel Berger / Réalisation Michel Berger / Guitares Claude Engel / Basse, synthés et programmations Jannick Top / Batterie et programmations Claude Salmieri / Piano et synthé Michel Berger / Synthés et programmations Serge Perathoner / Sax Patrick Bourgoin / Claviers additionnels Georges Rodi et Jannick Top / Chœurs France Gall, Michel Berger et Jean-Pierre Janiaud sauf Dancing Brave Laurent VouIzy (avec l’aimable autorisation des disques RCA/Ariola) et j’irai où tu iras Jean-Jacques Goldman (avec l’aimable autorisation de CBS Disques), Coco, Jean-Pierre, France et Michel / Les bases rythmiques de Babacar, Ella, elle l’a, Urgent d’attendre, C’est bon que tu sois là et Papillon de nuit ont été enregistrées à Lark Recording Studios (Carimate, Italie) par Jean-Pierre Janiaud, assisté de Nick Lovallo / La chanson d’Azima, J’irais où tu iras, Dancing Brave et Évidemment ont été enregistrées au Studio Gang (Paris) par Jean-Pierre Janiaud, assisté de Olivier Do Espirito Santo ainsi que toutes les voix et les mixages Gravure Translab / Un remerciement tout spécial à Jannick Top pour sa patience et ses idées d’acier, d’acier, d’acier, à Jean-Pierre Janiaud et Olivier Do Espirito Santo pour leur passion et leur humour, à Jean-Jacques Goldman et Laurent Voulzy pour leurs chœurs d’or, à Pauline pour son dessin de Papillon de nuit, à Gérard Holtz, à Annie, Lulu et Philippe pour notre seul moment de détente de la journée : le dîner / Photographie Bertrand Crouzat / Conception pochette Paul Antonietti.


Publication : Alain Pierson
Dépôt légal : novembre 1987
Edition Apache France (Collection MBM)
Editions musicales Colline
Photos : Bertrand Crouzat / Thierry Boccon-Gibod / Tony Frank
Conception couverture : Paul Antonietti (photo de Bertrand Crouzat)
Paroles, musique et réalisation : Michel Berger pour les P.E.M. Colline
Studios : Lark Recording Studio et Studio Gang
DISTRIBUTION EXCLUSIVE I.D. MUSIC

France Gall en jambes pour le Zénith

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1987 France Gall Presse En jambes pour le Zénith Foto Music Novembre 87 001
Michel Berger ne quitte plus France Gall pour qui il se montre le plus attentif et le plus exigeant des conseillers puisqu'il est également le réalisateur de ce nouveau spectacle au Zénith.
1987 France Gall Presse En jambes pour le Zénith Foto Music Novembre 87 006

Enfin, Michel Berger, son mari, lui est revenu ! Après s’être donné à Bercy … au super show de Johnny dont il a assuré la mise en scène, il ne quitte plus France Gall pour qui il se montre le plus attentif et le plus exigeant des conseillers puisqu’il est également le réalisateur de ce nouveau spectacle au Zénith.

Foto Music – La rentrée scolaire de tes enfants s’est bien passée, maintenant c’est la tienne, artistique ?

France Gall : – Oui. J’ai pleuré comme d’habitude, le premier jour de classe de Raphaël et de Pauline car je ne m’habitue pas à m’en séparer mais ça va maintenant et je suis tellement bousculée que les journées sans eux ne me pèsent pas. Je prépare le Zénith depuis mai parce que j’avais prévu l’absence de Michel à cause de Johnny et tout est au point ou presque. Heureusement tout de même !

FM – Pourquoi as-tu choisi cette salle et quel est le décor ?

F. G. -J’ai pris le Zénith parce que j’aime bien sa forme. La scène est un peu ronde, on l’a avancée pour se rapprocher du public. Il y aura des personnes assises à l’arrière, sur des gradins, et devant des gens debout car je sais qu’il y en a beaucoup qui aiment bouger, danser au rythme de la musique. Le décor est conçu dans l’esprit d’un concert en plein air, d’une fête sur une place de village.

FM – Tu auras des invités comme Jean-Jacques Goldman ou Laurent Voulzy qui ont participé à ton dernier album ?

F. G. – Peut-être un soir. Mais je ne peux pas le leur demander. Je sais que j’avais accepté d’être sur scène avec Daniel Balavoine parce qu’il avait écrit une chanson pour nous deux mais c’était pour lui témoigner mon immense amitié. Je crois que c’était bien, cependant, je n’ai pas le droit de réclamer ce genre de choses à quelqu’un. Et puis, Jean-Jacques est très occupé à ses propres projets, Laurent aussi je pense. En revanche, j’ai deux filles superbes pour les chœurs, les musiciens section cuivre de Earth Wind and Fire qui ont une pêche d’enfer. Même s’il n’y a pas de danseurs, on devrait s’en sortir ! (Rire)

FM – Comme d’habitude, tu as choisi des tas de tenues de scène que tu ne mettras pas ?

F. G. – Justement, (rire) ce n’est pas sûr ! Peut-être que pour la première fois depuis, voyons … (rire) disons X années, je vais chanter en jupe et montrer mes gambettes. Je l’ai fait pour le clip « Ella », je ne me suis pas sentie trop mal alors, on va voir. Mais c’est à l’ultime moment que je vais choisir. Pour chanter il faut que je me sente vraiment très à l’aise dans ce que je porte. On verra à l’instant crucial !

FM – Donc, il faut espérer une nouvelle France Gall ?  

F. G. – Euh, ce qui est déjà certain, c’est que j’ai laissé pousser mes cheveux – mais c’est vrai que c’est une habitude pour les concerts, parce que c’est beau dans les lumières, que ça m’habille le visage. J’ai envie de ne pas être la même qu’il y a trois ans, c’est sûr. En tout cas, le programme sera neuf puisqu’il s’agit des nouvelles chansons de mon dernier album. Même si je chante les quelques anciens succès que l’on me réclame et que j’aime autant que le public et aussi des morceaux moins connus qui plaisent à ceux qui ont mes disques !

FM – Tu as cartonné au Top 50 cette année.

F. G. – Oui et j’en suis encore étonnée car je suis plutôt une vendeuse d’albums que de simples. Le Top 30 m’a donc comblée mais moins surprise que le 50. J’aurais tort de m’en plaindre, non ?

FM – Tu fais une tournée après le Zénith ?

F. G. – Il y en aura eu trois en tout. Je viens déjà de « rôder » le Zénith. Après, en mars 88, on emporte la structure du spectacle en province et en Belgique et au début de l’été prochain, on part dans les îles Maurice, La Réunion, Madagascar avec le spectacle. Je me réserve, bien sûr, toutes les fêtes et les vacances scolaires pour les enfants et Michel.

FM – Tu aimes la vie de tournée ?

F. G. – Oui, c’est une grande famille qui part. C’est bien d’aller voir les gens chez eux. Mais la vie de tournée, c’est deux heures de spectacle le soir et le reste du temps, la route, les hôtels et le merveilleux loisir de songer à soi. Je n’ai pas les problèmes de la maison, des enfants, même s’ils me manquent atrocement. De toute façon, quand je fais de la scène je les vois mal, ce n’est pas très bien de revenir un jour, on n’est pas tout à fait la même dans ces moment-là. On a du mal à se replonger dans le quotidien. Et quand on revient d’une tournée, les musiciens et moi, nous avons du mal pendant plusieurs jours. Nous sommes déphasés, nous ne bougeons pas. C’est comme après un grand grand voyage, il faut ré apprivoiser notre univers quotidien. Il faut que je me remette en service, au service plutôt, des enfants, de Michel, de la maison. Les enfants sont heureux quand je rentre, surtout Pauline qui supporte mal mes absences de par sa nature anxieuse. Raphaël est plus extraverti, il va dormir chez des copains, il les reçoit. Heureusement, nous nous arrangeons, Michel et moi pour alterner nos contrats. C’est une chance dans ce métier et nous en sommes conscients. Cela étant, j’admire Michel qui sait très bien éduquer les enfants.

FM – Comment tiens-tu le coup physiquement ? Tu fais du sport pour te préparer aux concerts, aux tournées ?

F. G. – Franchement, j’ai honte de le dire, mais ça m’embête. Parfois, je me lance comme ça dans la gym, la danse à tout va et puis, j’en ai marre, j’abandonne. J’essaie de mener une vie saine, de marcher beaucoup et d’éviter les poisons pour l’organisme. Mais ça m’enlève des plaisirs, des habitudes et c’est agaçant. J’ai renoncé au café au lait du matin, que j’adorais, au profit du-malt. Finalement, avec Raphaël, on s’est mis à ce nouveau breuvage, on aime, mais, le café au lait même si c’est un poison, c’est si bon !

FM – Où en est Action école ?

F. G. – Ça fonctionne merveilleusement bien. Et les 14 et 15 novembre, nous organisons le Congrès antiblabla, interdit aux plus de 18 ans sous un chapiteau sur la pelouse de Reuilly. Nous allons procéder à une passation du flambeau à Médecins du Monde qui offre toutes les garanties que nous souhaitons. Et si nous agissons ainsi parce que chacun de ceux qui s’est occupé d’Action-école a repris sa vie, ‘ce n’est pas pour nous en désintéresser. Nous veillerons à ce que tout soit aussi limpide qu’avant et je crois que nous n’aurons aucun problème avec Médecins du Monde.

FM – Puisque tu es au courant de tous les projets de Michel Berger, sais-tu ce qu’il va préparer après avoir œuvré pour Johnny et toi ?

F. G. -Je pense qu’il va préparer un album, c’est le cycle normal. Les autres, lui, moi, etc. Mais peut-être qu’il songe à quelque chose qui se prolonge sur une scène et pas forcément sous forme de transposition directe d’album à concert. Pourquoi pas un spectacle du style Starmania ? Mais je ne me permets pas de dévoiler les secrets de mon mari !

Magazine : Foto Music
Interview : Claudine Clavery
Date : Novembre 1987
Numéro : 20

France Gall, musique plein coeur !

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1987 France Gall Presse France Gall musique plein coeurIntimité de novembre 87 001
Michel Berger, son mari lui a fait une scène ... Une belle, étincelante de lumière : celle du Zénith ! Et dans les coulisse il savoure le succès de ses effets, tandis qu'elle rythme Babacar et Ella de coups de tête qui envoient ses cheveux en vagues dans toutes les directions.
1987 France Gall Presse France Gall musique plein coeurIntimité de novembre 87 005

Michel Berger, son mari lui a fait une scène … Une belle, étincelante de lumière : celle du Zénith ! Et dans les coulisses il savoure le succès de ses effets, tandis qu’elle rythme Babacar et Ella de coups de tête qui envoient ses cheveux en vagues dans toutes les directions.

Claudine Sandford : Un nouveau spectacle, trois semaines au Zénith, mais toujours le même auteur compositeur, Michel Berger, qui signe à la fois les chansons et la mise en scène. Vous n’avez pas envie de changer de « partenaire » ?

France Gall : Pourquoi le ferais-je, alors que je suis servie à domicile ? Michel me connaît tellement bien qu’il sait exactement ce qui me convient, et ça évite des discussions et du temps perdu. Être l’épouse et l’interprète de quelqu’un qui compose et écrit des chansons présente effectivement un inconvénient : je ne suis pas la seule à le solliciter et je dois attendre mon tour. Cette fois, j’ai patienté trois ans, je suis passée après Johnny et Michel (pour lui-même). Mais ça valait le coup ! Ça m’a obligée aussi à répéter très tôt, dès mai dernier, pour que l’on puisse travailler la mise en scène. Puis j’ai dû laisser à Michel le temps de préparer le spectacle de Johnny à Bercy, avant de le « récupérer ».

C.S. : Vous sentez bien la structure du Zénith ?

F.G. : Oui, je trouve parfaite cette forme un peu ronde avec des spectateurs debout devant, qui dansent s’ils en ont envie, et d’autres sur les sièges, en fond de scène, qui ont une vision différente du spectacle. Il y en a pour tous les goûts, finalement.

C.S. : Vous ne voyez pas beaucoup Pauline et Raphaël, vos enfants, en ce moment ?

F.G. : Non, et je dois avouer que je ne suis pas tout à fait la même quand je suis sur scène. Je me concentre sur mon travail, je suis moins disponible. Je vois moins mes enfants.

C.S. : Ils en souffrent ?

F.G. : Pauline sûrement, car c’est une enfant très sensible, mais pas Raphaël. Il a retrouvé son copain de classe, pour lequel il a fait l’effort énorme de travailler toute l’année dernière et pendant les vacances, afin d’être dispensé du cours préparatoire et de passer directement en CE1, comme son camarade. C’est une belle histoire d’amitié ! Lui, il est vraiment à l’aise. Il va souvent dormir à droite ou à gauche, chez des amis. Il est plutôt autonome. Ce qui n’empêche qu’ils sont tous deux très heureux lorsque nous retrouvons une vie de famille normale, que je peux aller les chercher à l’école, les câliner comme ils aiment. J’ai des contacts très passionnels avec mes enfants. On s’embrasse, on se dorlote. J’en profite, car quand Raphaël aura dix-huit ans, il trouvera ces démonstrations un peu ridicules, même s’il prétend le contraire maintenant !

C.S. : Vous avez changé de look ?

F.G. : Je laisse toujours pousser mes cheveux pour les spectacles, mais là, j’ai eu envie de me mettre en jupe, de montrer mes jambes. Il faut bien se renouveler !

C.S. : Vous vous êtes préparée physiquement pour ce spectacle ?

F.G. : Si vous voulez parler de gym, la réponse est non. J’ai horreur de ça. En revanche, j’ai suivi les conseils du docteur Pallardy et j’ai fait des efforts sur le plan alimentaire. Plus de café au lait – un poison -, mais du malt au petit déjeuner, et un autre sacrifice : plus de kir à I’ apéritif ! Coup dur pour la Bourguignonne que je suis ! Il paraît que le mélange sucre-alcool est redoutable. La liqueur de cassis, c’est un souvenir d’enfance : on m’en versait une goutte dans un grand verre que l’on emplissait d’eau. Je n’aime pas perdre mes habitudes, et le petit kir du soir en était une. Enfin, ce n’est pas éternel ! Sinon, j’ai peu de tentations. Je ne suis pas vraiment gourmande, c’est une chance !

C.S. : Après le Zénith, vous partirez en tournée ?

F.G. : Je me reposerai un peu d’abord. Il va y avoir les fêtes de fin d’année, qui sont sacrées pour la famille, et les vacances de février à la neige avec les enfants. Et, en mars 1988, on démarrera. On ira même jusqu’à Madagascar et La Réunion, c’est dire !

C.S. : Quand vous êtes absente, Michel Berger sait s’occuper des enfants ?

F.G. : Très bien. Il joue avec eux, il est un excellent éducateur, très patient. Il tient beaucoup à ce que les enfants soient bien élevés. Exercer notre métier est une chance, car nous avons finalement la possibilité de nous mettre chacun à notre tour, ou presque, en « congé parental ».

C.S. : Vous n’êtes pas triste en tournée, loin des vôtres ?

F.G. : Si c’était le cas, je n’aurais qu’à exercer un autre métier ! (Rire.) Disons que partir de cette façon est une certaine forme de luxe. Je n’ai plus à m’occuper que de moi ! C’est agréable, même si je suis contente de rentrer et de retrouver mes petits.

C.S. : Après votre spectacle, c’est au tour de Michel Berger de penser à préparer le sien ?

F.G. : D’abord, son album ! Mais c’est vrai qu’il réserve des surprises. Il a peut-être envie de monter quelque chose dans le style comédie musicale. Mais il ne sait pas encore et il vous le dira lui-même, quand il sera prêt.

C.S. : L’opération Action école, que vous aviez montée au temps où Daniel Balavoine était encore en vie, fonctionne toujours bien ?

F.G. : Oui, et sans cesser de la cautionner et de veiller à la bonne marche des opérations, nous passons la main à Médecins du Monde. Ce sont des spécialistes des problèmes du tiers monde, et ils nous ont semblé parfaits pour assurer la relève. Les enfants des écoles sont toujours enthousiastes pour aider ceux qui sont plus défavorisés qu’eux, et c’est vraiment très réconfortant !

Magazine : Intimité
Interview : Claudine Sanford
Date : Novembre 1987
Numéro : 2192

France Gall, l’étoile du Berger

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1987 France Gall Presse France létoile du Berger Paroles Musique Novembre 1987 N°01 001
Un exploit : à l'approche de la quarantaine, l'ex-baby-star des sixties parle mieux que personne le langage de la jeunesse. Aujourd'hui, l'étoile du Berger est au Zénith.
1987 France Gall Presse France létoile du Berger Paroles Musique Novembre 1987 N°01 009

Jadis jaillie tout droit de la cour de récré, France Gall, en dépit des années, continue d’être chantée dans les écoles.

Un exploit : à l’approche de la quarantaine, l’ex-baby-star des sixties parle mieux que personne le langage de la jeunesse. Aujourd’hui, l’étoile du Berger est au Zénith.

C’était un temps déraisonnable … En cette orée des sixties, sur la France assoupie du général, déferlait la folie yéyé. C’était le temps des idoles et de Salut les copains, du Golf Drouot et des surboums. Teppaz et Coca-Cola, on dansait twist et madison lorsqu’une voix sucrée surgie des brumes entreprit un beau matin de chambrer ce « Sacré Charlemagne ».

En cette époque haletante des succès foudroyants et des stars météores, cet hymne jailli tout droit de la cour de récré fut entonné aussitôt par des armées de collégiens : France Gall entrait dans la carrière.

Vingt-trois ans ont passé, et France Gall est toujours là. Vingt-trois ans ont passé, comme un mirage : elle est intacte. Même s’il y a chez elle aujourd’hui une gravité nouvelle, même si dans son regard flotte par instants comme une absence, les désarrois d’une femme, d’une âme, elle garde en elle ce formidable appétit de vivre et cette envie du partage qui, seuls, font les vraies ·stars, et permettent de tenir.

Car qui aurait misé un penny, jadis, sur la rivale éthérée de Sheila, socquettes et mèches blondes, qui aurait seulement imaginé qu’elle prétendrait chanter un jour le vrai sens de la vie ou les malheurs du monde, qu’elle le ferait, et bien ? Avant son nouveau marathon du Zénith, où elle s’installe pour trois semaines à partir du 12 novembre, la douce France fait ici le point sur sa carrière, et sur sa vie. Un succès d’ensemble qui est une autre performance. Bravo l’artiste !

PM – Trois ans depuis votre dernier spectacle, c’est un peu long, non ?

France Gall – Oui, c’est long, mais c’est mon rythme pour pouvoir être bien dans mon travail – si l’on peut appeler cela un travail – et faire ma vie aussi. J’ai quand même deux enfants, que je tiens beaucoup à voir grandir. Je n’ai pas particulièrement de mérite, toutes les femmes, partout dans le monde, courent après les heures …

PM – Vous savez bien vous organiser ?

Je suis une très grande organisatrice, depuis la vie quotidienne jusqu’aux voyages ou aux vacances, en passant par le travail. D’ailleurs beaucoup de gens dans mon entourage en profitent.

PM – C’est un trait de caractère compatible avec un métier artistique ?

Je ne suis pas une artiste, moi. L’artiste, c’est celui qui crée, celui qui écrit. Ce que je chante ne sort pas de moi. La vérité est donc lourde à supporter, mais je ne suis pas une artiste …

PM – Il n’y a pas un sentiment de frustration, tout de même ?

Non. Écrire ne me tente pas. Je trouve que ce que je fais est ce qu’il y a de plus extraordinaire, parce que je le fais avec les gens. Je ne suis pas toute seule devant ma page blanche.

PM – Ce ne serait pas plus fort encore si vous communiquiez à ces gens des choses venant de vous ?

Certainement, si c’était réussi ! Il y a trop de gens qui communiquent des choses sortants d’eux-mêmes, et c’est nul. Ce qui compte, c’est de dire des choses qui vous correspondent, et qui vous ressemblent ; qu’importe, au fond, qui les écrit. Pour moi, il se trouve que ce que m’écrit Michel (Berger) colle littéralement à ce que je suis, et touche les jeunes d’aujourd’hui – et même les très jeunes !

PM – Cela ne vous surprend pas que des gamines de 16 ans s’identifient à vous ?

Je ne me pose pas trop la question. C’est ainsi …

PM – C’est tout de même un métier où les longues carrières sont rares, et plus encore chez les femmes …

Moi, je reçois beaucoup de courrier, et je prends le temps de tout lire. Toutes ces lettres prouvent une chose : ce qui les intéresse en moi, c’est ce que je dis, et pas forcément la musique, qui peut donner envie de bouger, de danser. Ce sont les mots ! Ce sont mes mots qui leur donnent envie de venir à mes spectacles, d’acheter mes disques, de m’aimer … Ces gosses, il reçoivent la cruauté du monde en pleine figure, toutes ces horreurs, et les textes de Michel répondent à certaines des questions qu’ils se posent, à leurs problèmes de solitude, à leur angoisse devant l’avenir …

PM – Quoi qu’on vous dise, tout le mérite revient toujours à Michel Berger !

Ça vous agace, n’est-ce pas ? Et pourtant, ça ne peut pas être autrement. Michel, c’est quelqu’un qui, outre les superbes chansons qu’il m’écrit, sait aussi m’encourager, me pousser ; il me galvanise. Je n’ai envie de travailler avec personne d’autre.

PM – Pour en revenir à la durée, ça vous étonne d’être restée si longtemps une vedette, ça vous paraît miraculeux, ou simplement logique ?

Ça m’étonne et, en même temps, je pense aussitôt « travail ». Je travaille énormément, et je crois que ce succès durable en est le résultat. Parce que je me donne beaucoup de mal, je suis profondément sincère, et j’aime ce que je fais : moi, je voudrais pouvoir embrasser tous ces gens qui viennent aux spectacles, qui sont contents d’être là, et qui vont me donner un moment de bonheur ! Mais, d’un autre côté, je n’ai pas l’impression d’avoir mené une très longue carrière : ça me semble complètement fou, tout comme le fait d’approcher de la quarantaine ! Non, je n’ai pas du tout l’impression de chanter depuis longtemps, notamment parce que tout cela s’est fait en deux temps : une première carrière suivie de plusieurs années de silence, puis un retour en 197 4. Que ça ait à nouveau marché est miraculeux, je le sais, et je ne suis pas la seule à le dire : c’est exceptionnel. Il n’y a guère que Tina Turner … Le miracle pour elle a été la séparation, pour moi, ce fut la rencontre … Une rencontre que j’ai voulue, moi qui n’étais pas habituée à décider, à vouloir. Ce n’était pas une question de flair, comme on a pu le dire, mais de sensibilité : j’ai rencontré une même sensibilité, et ça ne se discute pas. Je me suis dit : « Ce sera lui, sinon personne », et d’ailleurs je m’en serais tenue là ; s’il avait refusé, j’aurais tout arrêté.

PM – Vous suivez un peu ce qui sort, ce que font les autres ?

Pas trop, non. J’écoute la radio dans ma voiture, mais il m’arrive aussi de n’ouvrir ni la radio ni la télévision pendant quinze jours. Et je n’achète pas de journaux. Pour le reste, les jeunes qui percent maintenant, je les trouve marrants : ils sont toujours habillés en noir et ils ont l’air très méchants ! Ils ont dix-huit ans, pour moi ce sont presque des bébés, mais ils ne sourient pas. Je trouve ça touchant …

PM – Et chez vous, quels disques écoutez-vous ?

C’est très difficile d’écouter des disques dans une maison habitée par quelqu’un qui doit écrire des mélodies. Bien sûr, Michel ne compose pas 365 jours par an, mais on perd vite l’habitude de mettre de la musique. D’autant que nous n’avons pas de chaîne moderne, juste un vieux Teppaz d’il y a vingt-cinq ans, et puis un Braun qu’on m’avait offert pour mes 19 ans ; c’est celui-là dont nous nous servons. Nous avons aussi un lecteur laser, mais nous ne nous en sommes jamais servis parce qu’il nous manque le complément de la chaîne et que dès que Michel touche un appareil, il le dérègle … Quant aux enfants, ils ont un mange-disque avec lequel ils écoutent des 45 tours, comme « Viens boire un p’tit coup à la maison » …

PM – C’est un tube navrant, n’est-ce pas ?

Ça a toujours existé ! Il y a eu la « Danse des canards » par exemple. Il en faut pour tous les goûts, et si des gens aiment ça, s’ils éprouvent du plaisir à écouter ça, alors pourquoi pas ?

PM – Le métier a beaucoup changé en trois ans ?

Énormément : il y a le Top 50. Pour les artistes, c’est une révolution. Désormais, nous sommes devenus des numéros. Ainsi, quand j’ai sorti mon album, je savais que j’étais n° 2 des passages FM et n° 11 du Top 50. Je n’étais plus qu’un numéro. Mais le Top 50, c’est le sésame aujourd’hui. Ce sont les ventes de disques, et c’est donc incontestable. Ce qui peut se passer, tout au plus (mais sur une semaine, pas à long terme), c’est qu’une maison de disques achète massivement ses propres productions, au moins pour faire entrer son artiste dans la liste magique. Parce que, en dehors des cinq ou dix premiers, il ne faut pas vendre énormément pour figurer dans le Top 50.

PM – On vend moins de disques depuis quelques années ?

Je crois, oui, que le métier va très mal. Mais ce qui va mal, ce ne sont pas les gros calibres ; pour ceux-là, rien ne change. Non, c’est surtout dur pour les jeunes. Par exemple, on ne fait plus d’albums. C’est le mauvais côté du Top 50, tous ces gens qui montent des « coups» : ça marche du feu de Dieu, et puis derrière il n’y a plus rien ; un 45 tours et puis s’en vont…

PM – Et la chaîne musicale ?

C’est une affaire épouvantable. Je me suis battue pour elle. Pour une fois, nous nous sommes tous unis, et c’était formidable. Nous avons rencontré les politiques, pour leur dire que lorsqu’un pays possède une culture comme la nôtre, une telle chaîne est une nécessité si l’on veut résister à l’invasion anglo-saxonne. C’est une affaire qui n’est pas close, et nous continuerons à nous battre.

PM – Dans l’ensemble, vous jugez qu’on vous voit et qu’on vous entend suffisamment ?

Oui, absolument. Je ne souhaiterais pas qu’on me voie davantage. Déjà, lorsque je me vois sur les murs de Paris, ça me gêne. C’est curieux, mais je n’aime pas me montrer …

PM – C’est pourtant un métier d’exhibitionniste …

C’est vrai, mais je n’ai pas cette impression lorsque je fais de la scène. La scène, ce n’est pas quelque chose d’extraordinaire pour moi, qui ai commencé très jeune. Bien sûr, deux heures avant, on est mal, mais dès qu’on y va, c’est facile, simple, c’est presque naturel. Alors je n’ai pas peur … Je ne le disais pas autrefois, parce qu’il était d’usage d’affirmer que quand on n’éprouvait pas de trac, on n’avait pas de talent.

PM – Beaucoup de nouveautés pour ce spectacle 87 ?

Oui, il sera très différent des autres parce qu’il est conçu AVEC le public. On m’avait proposé de faire Bercy, et l’idée d’être la première fille à s’y produire m’amusait, d’autant que j’adore changer de salle. Puis je me suis dit que, pour agréable et valorisant que cela puisse être, je ne faisais pas un spectacle pour moi mais pour les autres. Je fais de la scène pour rencontrer tous ces gens qui m’aiment et que je ne connaîtrai jamais. C’est pour moi le seul moyen de les remercier. J’ai donc préféré retourner au Zénith, dans une nouvelle formule, pour être quand même plus près d’eux. Et j’ai bien fait : j’ai reçu beaucoup de lettres me remerciant de ce choix. Au Zénith, pour que ce soit plus amusant, nous avons conçu une scène circulaire, avec, pour la première fois, des gens qui, sans gêner les autres, pourront assister au spectacle debout. Ceux-là pourront même monter sur scène. En fait, ce sera l’esprit d’une place de village, d’un concert en plein air, la nuit, autour duquel les gens se retrouvent pour faire la fête et de la musique. La scène et la salle formeront un tout, sans réelle délimitation. J’ai envie de les avoir là, tout près, genre mère poule un peu …

PM – Aujourd’hui, un tour de chant ne se suffit plus par lui-même ?

Je n’ai jamais eu envie de faire un spectacle traditionnel où l’on se contente de chanter dans son micro. Désormais, cela ne se fait plus. Le public a tellement évolué ! Il participe, il chante, il danse, il bouge … Les gens viennent là pour se rencontrer, se parler, partager un plaisir, et ils sont sensibles au fait que l’on se donne du mal pour leur ‘proposer quelque chose de fort, et leur offrir deux heures d’évasion, deux heures d’oubli.

PM – Il y a aussi un côté escalade, défi, à vouloir faire toujours plus fort ?

Le spectacle va durer trois semaines, 6 000 personnes par jour. Ce n’est pas plus fort, c’est même très prudent. Mais ce métier, on ne peut pas le faire à la « pépère », il faut qu’il y ait un risque chaque fois.

PM – Pourtant, certains reviennent à des salles plus modestes, comme le Grand Rex.

Ça ne me tente pas du tout, car dans une petite salle c’est beaucoup moins magique. Et puis j’ai une musique sophistiquée qui nécessite une dizaine de musiciens. Enfin, j’ai envie de bouger, donc j’ai besoin d’espace. Et surtout, je n’ai pas la santé pour faire des semaines et des semaines dans un même lieu.

PM – Lorsque vous préparez un spectacle, vous vous dites que c’est peut-être le dernier ?

C’est le dernier, justement !!! (Elle rit.) : Non, mais je me dis que je n’en offrirai plus des quantités, ça c’est sûr … Mais ce n’est pas le dernier, parce que le dernier, ce sera Michel et moi. En attendant, vous n’imaginez pas combien je vais en profiter, de celui-là. Vous ne pouvez pas vous imaginer ! De chaque soir, de chaque seconde ; il faut que j’amasse un maximum, des émotions, des souvenirs, pour « après » … Parce que le jour où je m’arrêterai, ce sera quelque chose de très douloureux … Mais c’est une chose à laquelle je me prépare depuis des années déjà. Tant que je me sens proche de mon public, ça va. Mais un jour je m’arrêterai, c’est sûr. Je crois que ce qui sera plus fort que ma passion pour ce métier, c’est la crainte de tout gâcher. Parce que ce qui me fait peur surtout, c’est l’idée de ne pas me rendre compte que je vieillis, et que je ne parle plus le même langage. C’est ça qui me fera décrocher : lorsque je ne parlerai plus « leur » langage. Et je veux que ce soit par ma propre volonté, par-delà ma tristesse.

PM – Vous pensez qu’il restera quelque chose de tout ça après vous ? Qu’il restera quelque chose de France Gall ?

Non, de moi, rien. D’autant que dans la vie je ne suis pas quelqu’un de passionnant, je suis même très ordinaire … En fait, ce qu’il y a d’intéressant en moi, c’est ce que je dis, ce que je suis à travers mes chansons ; le reste n’a aucune importance, ça ne compte pas, et ça ne doit pas compter. Je crois qu’il restera éventuellement quelque chose des gens qui ont écrit, des auteurs, des compositeurs. Mais pas des interprètes. Et, pour moi, ce n’est pas très important. Qu’il reste quelque chose de moi m’indiffère. Je ne suis pas comme ces personnalités politiques qui éprouvent le besoin de faire bâtir un monument afin de laisser une trace tangible de leur passage ; moi, je ne construis que ma vie …

En concert du 12 au 29 novembre au Zénith. Contact scène : Gilles Paquet Organisation.

1981 – Tout pour la musique (50.857 WEA.) – Tout pour la musique – Les accidents d’amour – La fille de Shannon – La prière des petits humains – Résiste – Amor Tam Bien – Vahiné – Diego libre dans sa tête – Ceux qui aiment.

1984 – Débranche (240 367 WEA.) – Débranche – Calypso – Tu comprendras quand tu seras plus jeune – Hong-Kong star – Cézanne peint – Savoir vivre – Si superficielle – Annie donne – J’ai besoin de vous.

1987 – Babacar (242 096 1 WEA.) – Papillon de nuit – Dancing brave – Babacar – J’irai où tu iras – Elle elle l’a – Évidemment – La chanson d’ Azima – Urgent d’attendre – C’est bon que tu sois là.

Déprime

Daniel Balavoine était le meilleur ami de Michel (Berger), et, dans ce métier, les vrais amis sont rarissimes. C’était pour Daniel un grand frère. C’était un garçon extraordinaire et c’est pour nous une perte terrible, amicalement d’abord, professionnellement ensuite. Je n’avais jamais pu le voir sur scène parce que chaque fois qu’il donnait un spectacle, j’étais moi-même à l’affiche.

Coluche était un être d’une rare générosité qui décrochait son téléphone lorsqu’il avait envie de connaître quelqu’un. Il nous avait appelés ainsi, il y a neuf ans, parce qu’il était fou de Starmania. C’est probablement la personne la plus intéressante qu’il nous ait été donné de rencontrer en France. Il était très différent de l’image qu’il pouvait donner de lui-même. »

C’est vraiment malheureux. D’autant que l’un comme l’autre n’avaient pas terminé ce qu’ils avaient entrepris.

C’était justement l’année où Daniel allait éclater : il avait sorti son plus bel album et allait faire le palais des Sports. C’est affreux de disparaître ainsi, avant d’avoir donné ce que l’on portait en soi.

Pour Coluche, c’est différent : il avait extraordinairement bien réussi. Il n’avait raté qu’une chose : l’image qu’il avait donnée de lui aux gens était très éloignée de ce qu’il était en réalité. Or il commençait justement à y remédier, notamment à travers les Restaurants du cœur ; depuis quelques mois, il était beaucoup mieux dans sa peau, plus détendu. Il était bien. Et il allait enfin vivre bien … Oui, Coluche était enfin heureux …

Le plus terrible et le plus étonnant est que tous deux étaient de ces individus qui font bouger les choses : ils entraînaient dans leur sillage des centaines de milliers de personnes. » C’est la première fois que je parle d’eux depuis leur disparition ; avec Michel, nous étions tellement déprimés que nous en venions à penser qu’il ne faisait pas bon faire partie de nos amis ! Bien sûr, on se pose beaucoup de questions Moi, j’ai acheté une maison cinq minutes après avoir appris la mort de deux amis : j’hésitais, mais de tels événements changent beaucoup de choses. On se dit qu’il faut profiter de tout, et vivre le temps présent le mieux possible.

Magazine : Paroles Musique
Par Richard Cannavo
Date : Novembre 1987
Numéro : 1

Le tour de France

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Le programme du live Le tour de France était vendu pendant la tournée de France Gall du 12 novembre 1987 au 26 mars 1988 à travers toute la France. Ce programme comporte 14 pages.

Le programme Le tour de France était vendu pendant la tournée de France Gall du 12 novembre 1987 au 26 mars 1988 à travers toute la France. Ce programme comporte 14 pages.

Le Zénith de France (Le tour de France 88) a été filmé par Bernard Schmitt en 1987 et la vidéo Le Tour de France 88 est parue le 7 novembre 1988 en VHS et en Laserdics.

Grégoire Colard : “… Elle a décidé d’arrêter au Zénith. Le gens n’ont pas compris mais c’en était fini pour elle. Elle n’en avait pas parlé à Michel.”

France Gall : Partition de Papillon de nuit

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Édition dans la collection MBM de la partition musicale de la chanson Papillon de nuit. Ce dépliant est composé de 4 pages et d'un feuillet volant avec l'intégralité des partitions des chansons de l'album.
Édition dans la collection MBM de la partition musicale de la chanson Papillon de nuit. Ce dépliant est composé de 4 pages et d'un feuillet volant avec l'intégralité des partitions des chansons de l'album.

Édition dans la collection MBM de la partition musicale de la chanson Papillon de nuit. Ce dépliant est composé de 4 pages et d’un feuillet volant avec l’intégralité des partitions de la chanson Papillon de nuit.

Ce titre est extrait de Babacar, le 6ème album studio que Michel Berger a produit pour France Gall.

Papillon de nuit serait inspiré d’un insecte qui tournoie autour d’une lampe et qui symbolise l’Artiste qui est attiré par la lumière et qui peut se bruler les ailes.

Un petit papillon qui vole autour d’une lampe allumée posée sur le piano où Michel travaille peut être le départ d’une chanson pas bête du tout, la preuve !” France Gall

Édition dans la collection MBM de la partition musicale de la chanson Papillon de nuit. Ce dépliant est composé de 4 pages et d'un feuillet volant avec l'intégralité des partitions des chansons de l'album.

Extrait à partir du 45 tours original


Editions Apache France
Dépôt légal : 1987
Edition Apache France (Collection MBM)
Editions musicales Colline
Paroles, musique et réalisation : Michel Berger pour les P.E.M. Colline
Imprimeur : Labat Paris
Extrait de l’album Babacar 242 096-1

Pour France Gall, le petit Babacar est bien plus qu’une chanson … (presse)

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Quand France Gall, la belle blonde, est passée dans son village au fond de la brousse du Sénégal, cette maman lui a tendu son bébé de six mois, son petit Babacar.
Quand France Gall, la belle blonde, est passée dans son village au fond de la brousse du Sénégal, cette maman lui a tendu son bébé de six mois, son petit Babacar.

L’article retranscrit

Une Africaine famélique et désespérée, les seins déjà flétris par trop de misère et de faim.

Quand France Gall, la belle blonde, est passée dans son village au fond de la brousse du Sénégal, cette maman lui a tendu son bébé de six mois, son petit Babacar.

« Prends-le », lui a-t-elle dit. Un geste qui crucifiait cette mère mais sauvait son petit. Un geste que France Gall ne pourra jamais oublier.

La sécheresse, la désertification l’une partie de l’Afrique, s’incarnaient dans cette image insoutenable. « Je ne pouvais le lui enlever, raconte, pudique, la chanteuse. Mais j’ai choisi de veiller sur lui, de loin ».

Et le petit Babacar allait devenir à un fois déclic et symbole de l’engagement authentique de France Gall.

Babacar et sa maman, elle les a installés dans un deux pièces, à Dakar, la capitale. « J’ai aussi offert des cours de broderie à la maman », sourit France Gall.

Un toit et un métier, le comble du luxe là-bas !

À Pauline, huit ans, et Raphaël, six ans, ses enfants, France Gall raconte tout : « On a comparé avec leur vie. Ils ont compris. Ils sont heureux d’avoir un « petit frère » africain. Ils l’attendent avec impatience ».

A trente-neuf ans, France Gall, silhouette d’une adolescente dans un pull trop large, et son mari, Michel Berger, font partie de ces vedettes qui mettent leur talent au service des enfants défavorisés.

Il y a eu Band Aid, l’organisation humanitaire de Bob Geldorf. Le disque Do they know it’s Christmas et le concert du siècle « Live Aid » ont rapporté 800 millions de francs destinés à la lutte contre la faim.

Il y a eu l’action du regretté Daniel Balavoine, en 1986, pour sensibiliser les lycéens et offrir de l’eau au Sahel. Il voulait y installer des pompes.

L’homme au cœur d’or, mort dans l’hélicoptère du Paris-Dakar …

Pour France Gall, il y a eu surtout Babacar.

« Je ne supporte plus que mes enfants ne finissent pas leur assiette. La dernière fois, Raphaël ne voulait pas manger sa soupe. Je lui ai dit :

« Babacar ne serait pas content ». Avec un sourire aux lèvres, il a mangé. »

Michel Berger en a fait une rayonnante chanson d’espoir : Babacar.

Petit bébé noir promis à la malnutrition, peut-être à la mort, Babacar est devenu un symbole : « Quand on découvre les conditions de vie en Afrique, au Mali par exemple, dit France Gall, on est écrasé par tout ce qu’il faudrait faire. Prenez l’eau. Chaque goutte là-bas, c’est la vie. »

Star du show-biz, femme, mère de famille, elle puise dans l’amour son équilibre : « J’aime passionnément mon métier et mes enfants. Ce que je fais pour l’un et pour l’autre, je le fais avec plaisir. La tâche devient récompense. Seules les choses qu’on fait à contrecœur fatiguent. »

Tenace et discrète, France Gall poursuit l’œuvre de son ami Balavoine sans porter en bandoulière une charité exotique. Il s’agit de susciter des comités d’action dans les écoles, regroupant de 25 à 50 élèves. Deux objectifs : populariser la solidarité et procurer de la nourriture au Mali, Niger, Tchad, Soudan, Éthiopie.

Sœur Térésa, France Gall, même combat ?

« Restons lucides et décents, dit-elle, je ne peux me comparer à cette femme admirable »

Mais France Gall parle peu, modeste, de tout l’argent qu’elle donne aux pays du Sahel, par solidarité.

Militante au cœur d’or, la vedette se prépare pour deux événements : le sommet contre la faim qui aura lieu à Paris, dans trois semaines. Un sommet « anti bla bla», espère-t-elle, qui lui permettra de lancer de nouvelles actions pour les enfants défavorisés. Et puis son nouveau spectacle au Zénith à partir du 12 novembre. « La scène, avoue-t-elle, est une pièce de ma maison ».

Toute la famille sera là, y compris Babacar, invité d’honneur au premier rang pour écouter la chanson qui lui est dédiée.

Une chanson d’amour et de foi. Un cri d’espoir.

Magazine : Maxi
Article de Mohamed Bogart
Date : 19 au 25 octobre 1987
Numéro : 51

Les pages de l’article

France Gall, elle l’a, elle l’a pas ?

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1987 France Gall Presse France Gall elle la elle la pas Cool Hors Série N°08 001
Babacar, Ella, elle l'a, deux tubes déjà extraits du nouveau 30 cm et une chanteuse au mieux dans ses chaussures de scène et de ville.
1987 France Gall Presse France Gall elle la elle la pas Cool Hors Série N°08 006

Voilà la question que se posent les fans de la petite France.

De son côté, les reproches manquent puisqu’au cours de ces derniers mois, elle a retrouvé la lumière des projecteurs avec brio.

Babacar, Ella, elle l’a, deux tubes déjà extraits du nouveau 30 cm et une chanteuse au mieux dans ses chaussures de scène et de ville. Toujours fraîche, tellement douce, l’ex “poupée de son” possède des atouts charmes qui ne laisse pas indifférents les teenagers en manque de tendresse.

Elle n’a plus rien à prouver mais poursuit son “bonne femme” de chemin avec la foi d’une débutante. Alors, messieurs et mesdames les jurés, n’oubliez pas cette vétérante aux allures d’éternelle adolescente. Et puis d’une pierre deux coups, Michel Berger récoltera par la même occasion les lauriers qu’il mérite …

Magazine : Cool Hors-Série
Date : Octobre 1987
Numéro : 8