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Douce France Gall

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12 novembre 1987. Le Zénith à Paris : La salle est pleine à craquer : six mille personnes attendent dans le noir.
12 novembre 1987. Le Zénith à Paris : La salle est pleine à craquer : six mille personnes attendent dans le noir.
12 novembre 1987. Le Zénith à Paris : La salle est pleine à craquer : six mille personnes attendent dans le noir.

12 novembre 1987. Le Zénith à Paris : La salle est pleine à craquer : six mille personnes attendent France Gall dans le noir.

Tout à coup des centaines de briquets s’allument alors qu’un projecteur vient se braquer sur la silhouette blonde qui entre sur scène. France Gall est arrivée !

L’euphorie commence : le public se met à hurler et applaudit sans relâche. Une heure quarante-cinq plus tard, heureux, épuisés, les fans se dispersent aux alentours du Zénith. Complètement possédés par la magie de ce show exceptionnel ils continuent de fredonner leurs airs préférés …

Sous l’étoile du Berger …

Est-il bien nécessaire de vous rappeler que toutes les chansons de France Gall sont écrites par Michel Berger qui a également pris en charge la conception du spectacle. Son idée était simple : donner au public l’illusion que le concert se déroulait en plein air, un soir d’été. Habillement sélectionnées, de nombreuses diapositives, projetées sur écran géant tout au long du spectacle, ont vite fait de créer l’illusion. Le reste, seuls le charme, la bonne humeur, la voix et le dynamisme de France Gall pouvaient s’en charger.

Aujourd’hui France Gall a quitté le Zénith. Mais son spectacle n’est pas perdu pour autant puisqu’elle part se produire à travers de nombreuses villes de France. Et, pour la première fois depuis le début de sa carrière, elle va balader son show jusqu’à l’île Maurice, la Réunion et … Madagascar !

Premiers pas

On est loin de la jeune fille de seize ans qui enregistra son premier disque avec une chanson écrite par son papa. Cela se passait en 1962. Une intrusion timide dans le monde du showbiz qui, très vite, deviendra prometteuse. Un an s’est à peine écoulé depuis sa première apparition dans le marché du 45t, que France Gall enregistre « Sacré Charlemagne » pour voler les premières place du hit-parade. Également écrite par son papa, cette seconde chanson qui raconte les « martyrs » de l’école, fait écho au grand succès de Sheila « L’école est fini » dont la France entière fredonne le refrain. La voix juvénile de France Gall tout comme sa silhouette adolescente et timide ont vite fait de fasciner un parolier avide d’innocence : Serge Gainsbourg ! Les titres tombent les uns à la suite des autres. Cela commence avec « Annie aime les sucettes » (un titre repris par Jane Birkin quelques années plus tard …) pour enchainer sur « Poupée de cire poupée de son » qui remportera, en 1965, le grand prix de l’Eurovision !

Michel Berger se déclare

Mais c’est connu, le succès a ses bons et ses mauvais côtés, France Gall connait la gloire, mais aussi la solitude. La fin des années soixante sont pour elle la traversée d’un long désert. La voilà qui se retrouve seule sur les rives d’une plage oubliée par la tempête. Heureusement ce « cafard » ne va pas durer trop longtemps. Dans l’ombre, un jeune auteur-compositeur est en train d’écrire une « déclaration » qui va relancer la carrière de la petite France et lui ouvrir les portes du grand amour …

Ce jeune compositeur s’appelle Michel Berger. D’un simple coup de baguette magique il a su ouvrir le chemin des étoiles à celle qu’il aimait. Aujourd’hui le couple France Gall – Michel Berger a gravit, jusqu’au sommet, les marches du hit-parade français que l’on nomme à présent « Top 50 ». Que demander de plus à la vie. France Gall est à présent sereine, son public l’aime, il a confiance en elle et… elle le lui rend bien. Avec un mari pour allié et des enfants pour éclairer leur bonheur, notre chanteuse n’a décidemment rien à envier à personne.

« Babacar » ou l’Afrique au cœur

N’oublions pas non plus de citer une rencontre qui fut, elle aussi, déterminante dans la vie de France Gall : celle de Daniel Balavoine. C’est dans un opéra Rock signé Michel Berger que le jeune chanteur de « l’Aziza » a débuté sa carrière. L’opéra s’appelait « Starmania » et France Gall en était une des principales interprètes. Ça, c’est pour leurs points communs : la musique et la chanson. Mais Daniel nourrissait une autre passion qu’il sut très vite communiquer à ses deux amis ; l’Afrique. Il ne fallait pas longtemps à France Gall, pour qu’elle comprenne combien certains pays d’Afrique sont démunis et qu’il devient urgent de les aider. Elle s’engage aussitôt à combattre la sècheresse et la misère aux côtés d’actions humanitaires auxquels elle apporte son dynamisme et son soutien … Sincère, souriante, active et généreuse France Gall n’a l’intention de laisser tomber ni la chanson, ni son combat pour un monde meilleur …

Magazine : Spot Light
Date : Janvier 1988
Numéro : 7

France Gall

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Oubliés « Les sucettes à l’anis » et ce « Sacré Charlemagne », désormais c'est elle qui choisit ses chansons que lui compose son musicien de mari, Michel Berger.
Oubliés « Les sucettes à l’anis » et ce « Sacré Charlemagne », désormais c'est elle qui choisit ses chansons que lui compose son musicien de mari, Michel Berger.
France Gall

Depuis l’époque des yéyés, elle a fait un sacré bout de chemin France Gall !

Oubliés « Les sucettes à l’anis » et ce « Sacré Charlemagne », désormais c’est elle qui choisit ses chansons que lui compose son musicien de mari, Michel Berger.

En 1975, elle nous fait sa « Déclaration » et c’est à nouveau le succès. Forte sous son apparence de femme-enfant, elle sort un album tous les deux ans avec les superbes mélodies de Berger. Son premier concert, elle le donne au théâtre des Champs-Élysées. Succès total. Puis elle participe à l’opéra-rock de son mari, « Starmania », c’est là qu’elle fera la connaissance de Daniel Balavoine, un duo avec Elton John (« Donner pour donner ») la fera connaître en Angleterre.

Douce, fragile, France déborde pourtant d’énergie, tous ses concerts sont de véritables marathons et le public est de plus en plus nombreux à aller découvrir ce petit bout de femme qui dépense autant d’énergie et qui d’année en année nous semble plus jeune et plus belle.

Mais tout cela n’est rien à côté de sa générosité. Avec Balavoine et son mari, elle décide d’aider les peuples africains et lance l’opération « Action-École », elle part pour l’Afrique et découvre un petit Africain qui lui inspirera son 4 5 tours « Babacar ».

Après avoir chanté le peintre Cézanne, c’est avec un nouveau personnage de légende que France Gall est aujourd’hui dans les hit-parades : Ella Fitzgerald.

Conciliant sa vie de femme, de maman et sa carrière de chanteuse avec un rare bonheur, France Gall a su survoler les ans et les générations, en restant jeune et belle, avec peut-être dans le regard un petit quelque chose en plus …

Magazine : Cool Story
Date : Janvier 1988
Numéro : 92

France Gall en 1988

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Pour la chanson Evidemment, pour la première fois de ma vie, j’ai chanté en pensant à autre chose qu’au texte pour ne pas pleurer.
Pour la chanson Evidemment, pour la première fois de ma vie, j’ai chanté en pensant à autre chose qu’au texte pour ne pas pleurer.

“Pour la première fois de ma vie, j’ai chanté en pensant à autre chose qu’au texte pour ne pas pleurer.”

“J’étais encore dévastée par la mort de Daniel et je n’avais pas encore l’expérience du détachement comme aujourd’hui. »

C’est par ces mots que France Gall commente la chanson Évidemment pour son intégrale des années Warner publiée en 2004. « Daniel », c’est bien sûr Daniel Balavoine, ami du couple Berger/Gall depuis leur rencontre pour « Starmania » dès 1977.*

Note sur les crédits : Il arrive fréquemment que des œuvres soient diffusées sans que le nom de l’auteur soit mentionné. Ces pratiques sont illégales au sens de l’art. L.121-1 du CPI. Lorsque nous connaissons le nom de l’auteur de la photo, il est toujours mentionné. Si vous constatez une erreur, un manque, ou que vous souhaitez le retrait d’une photo dont vous êtes l’auteur : contactez-nous.

*Sources des textes : France Gall l’intégrale / L’histoire de tous ses disques par Norman Barreau-Gély aux Editions EPA avec les pochettes de France Gall Collection

Le Zénith de France Gall

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France Gall nous revient en ce moment pendant quatre semaines au Zénith.
France Gall nous revient en ce moment pendant quatre semaines au Zénith.
Le Zénith de France Gall

France Gall nous revient en ce moment pendant quatre semaines au Zénith. C’est la deuxième fois puisqu’elle avait déjà chanté dans cette salle en 84, et c’est une fois de plus un formidable succès puisqu’elle fait salle comble tous les soirs.

Dès huit heures, tout le monde était déjà là, assis sagement sur les gradins à attendre l’entrée de notre chanteuse nationale. Un public de tous les âges et déjà partiellement conquis. Une heure d’attente donc au départ, mais le déplacement en valait la peine.

La lumière s’éteint, noir total, puis sur un ilot de lumière, le rideau se déplace et France apparaît devant un des claviers, côté droit de la scène. Comme toujours, toute menue avec sa longue chevelure blonde et son petit air fragile …

Pas si fragile que ça en fait, puisque dès les premières notes de musique, elle attaque, bouge et se donne totalement. Des éclairages très travaillés avec un fond en demi-cercle où est projeté un ciel bleu et des nuages qui se déplacent lentement. Atmosphère de rêve, subtilement poétique, mais sans en faire trop non plus. L’esprit de ce nouveau spectacle c’est l’ambiance d’un concert en plein air un soir d’été (chant des grillons et des oiseaux).

Et puis, aussi, une orchestration parfaite avec de très bons musiciens et une équipe apparemment très soudée. France est entourée de quatorze musiciens, une rythmique et deux choristes américains. Il y a aussi bien sûr d’autres surprises, pluie de paillettes, etc. Parfois les paroles des chansons s’inscrivent sur la toile de fond. France enchaîne chanson douce sur chanson plus rythmée. (Certaines de ses anciennes chansons sont transformées avec des arrangements différents. Elle en chante aussi des moins connues du grand public, que seuls les fidèles (ceux qui écoutent ses albums) connaissent. En plein milieu du concert apparaît un groupe de jazz new-yorkais qui l’accompagne dans la fin de sa chanson les « Phœnix Horns », une section de cuivres époustouflante qu’elle présente ensuite chaleureusement au public. S’ensuit une chanson très jazz qui change un peu du répertoire habituel de France. De grandes nouveautés donc pour ce nouveau concert. On constate une fois encore que France a fait un effort remarquable concernant l’ambiance de son spectacle. Ce deuxième Zénith est une totale réussite et une très bonne chorégraphie et surtout des chansons (dont celles du dernier album) une fois de plus irréprochables. Ce spectacle mis en scène par son mari et compositeur attitré, Michel Berger, est impeccable, autant sur le plan visuel que musical. Après le Zénith, France fera une tournée de fin février à fin mars avec un spectacle qui sera le plus proche possible de celui de Paris, et en avril elle compte aller dans les îles, Réunion, Ile Maurice et Madagascar. Après tout ça, heureusement, ce sera les vacances et elle compte partir se reposer au Canada. En tout cas, ces quatre semaines de Zénith s’avèrent être une totale réussite et prouvent, une fois de plus, la rigueur professionnelle et le talent de France.

Magazine : Top 50
Date : du 7 au 13 décembre 1987
Numéro : 92

Déjà 25 ans de carrière pour France Gall !

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1987 France Gall Presse Déjà 25 ans de carrière Star Club magazine de décembre 1987 001
Déjà 25 ans de carrière, c'est vrai ! Pour celles d'entre nous qui n'ont jamais vu de photos de France à ses débuts, c'est le moment où jamais de la découvrir ! …
1987 France Gall Presse Déjà 25 ans de carrière Star Club magazine de décembre 1987 005

Déjà 25 ans de carrière, c’est vrai ! Pour celles d’entre nous qui n’ont jamais vu de photos de France Gall à ses débuts, c’est le moment où jamais de la découvrir ! …

1963

Le 9 octobre 1963, jour de son 16 anniversaire, France Gall sort son premier disque: « Ne sois pas si bête ». Un succès total et immédiat. « Je n’étais pas peu fière ! dit-elle. Papa non plus. Seule maman s’inquiétait un peu. Cela créait une atmosphère tendue à la maison. Jusqu’au jour où on a eu une longue et franche conversation toutes les deux. J’ai appris alors, qu’elle était, au fond, très fière de moi » …

1965 – 1966

Après son premier disque, les événements se précipitent. « Cela me faisait tout drôle de m’entendre de plus en plus souvent à la radio ». Il faut alors choisir entre la chanson et les études. « C’est à regret que j’ai abandonné celles-ci à la fin de ma troisième au lycée Paul Valéry. Mais mes amis de classe, convaincus de mon futur succès, m’aidèrent à faire ce choix ». Les deux titres qui suivent : « N’écoute pas les idoles » (signée Gainsbourg) et « Le ruban et la fleur » (écrite par le papa de France) atteignent à leur tour les sommets du hit-parade. Un soir, Gainsbourg téléphone à France : « J’ai une chanson formidable pour toi ! ». Il s’agit de « poupée de cire, poupée de son » qui fait de France, le 5 mars 1965, l’heureuse gagnante du grand prix de l’Eurovision !

1967

Les cheveux de France ont poussé. Elle a déjà, à son actif, une dizaine de trente centimètres. Lorsqu’elle ne chante pas, l’un de ses passe temps favoris consiste à jouer aux cartes. « Il y a une foule de jeux qui m’ont toujours amusée. Mais celui que je préfère est le poker. On n’est pas obligé d’y jouer de l’argent : on peut aussi se donner des gages, ce qui permet de continuer par un autre jeu … »

1969

La pleine période « Hyppy ». C’est aussi ce que France appelle « l’après 68 », « les années noires ». Elle commence à faire un peu n’importe quoi, se met des perruques bi-colores sur la tête, pose pour les magazines avec des concombres sur la figure pour le compte de produits de beauté, et les disques qu’elle enregistre ne marchent plus. A l’ombre de Julien Clerc avec qui elle vit à l’époque, France Gall s’étiole doucement…

1970

France Gall, mal dans sa tête et dans sa vie, décide de conduire seule sa carrière. Et c’est l’échec ! Elle se met à douter d’elle et affirme qu’elle ne s’aime plus ! « J’ai beaucoup souffert. J’étais désespérée et j’ai même songé à abandonner le métier ». Dépressive, elle se tourne un moment vers la peinture naïve …

1971

Il lui reste la campagne, la jolie maison familiale de Pourrain, dans l’Yonne, où elle passe ses week-ends en compagnie de ses deux frères, Patrice et Philippe, de ses parents et de quelques intimes. A 2 heures à peine de l’appartement familial, avenue Victor Hugo, à Paris, elle peut alors se détendre et respirer un peu d’air pur. Puis brusquement, en 1974, c’est le sursaut : elle téléphone un jour à Michel Berger pour lui demander de lui composer des chansons. Celui-ci refuse, d’abord, puis accepte. A ce moment, la traversée du désert, pour France Gall, prend fin !

1980

« La déclaration » écrit pour elle par Michel Berger, en 1975, n’est que le premier d’une longue série de tubes qui continue aujourd’hui. cette fois, France a trouvé grâce à son pygmalion de mari, bonheur et équilibre. ” Tout de suite, il a su concevoir pour moi, des textes et des musiques correspondant à ce que je ressentais mais que je ne savais pas écrire ». « Je n’ai commencé à faire ce métier et à l’aimer qu’en le rencontrant, en 1974 », déclare-t-elle aujourd’hui …

Quoi de neuf ? « Et une tournée, une ! »

Zénith 87 : du 12 novembre et pour trois semaines consécutives au Zénith, à Paris, France présente son tout nouveau spectacle dont Michel Berger a conçu la mise en scène. Le pus grand secret, à ce sujet, aura été gardé Jusqu’au bout.

Pour préserver l’effet de surprise. Seule l’idée de transformer la scène en une sorte de place de village en plein-air, avec un passage tout autour permettant aux fans d’approcher leur idole, a transpercé. L’équipe musicale et technique encadrant France, c’est à Los Angeles que le couple Berger l’a recrutée au mois de juin dernier. Parmi les musiciens, les oreilles averties reconnaîtront les cuivres du célèbre groupe américain Earth, Wind and Fire.

Peu de temps après son Zénith, au mols de mars 88, France entamera une tournée d’un mols à travers la France.

C’est la première fois. Maintenant les enfants sont assez grands pour le comprendre et Michel restera près d’eux.

Enfin, dernière nouvelle concernant la famille Berger : Ils quittent Rueil-Malmaison où ils étalent Installés depuis des années pour venir vivre à Paris. Définitivement, cette fois, puisque c’est dans cette nouvelle maison que France déclare vouloir terminer ses jours.

Magazine : Star Club
Date : Décembre 1987
Numéro : 2

France Gall est au Zénith

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1987 France Gall Presse France Gall au Zénith Salut magazine novembre 1987 001
Pour la deuxième fois, notre France nationale s'attaque à cet immense palais de la musique qu'est le Zénith.
1987 France Gall Presse France Gall au Zénith Salut magazine novembre 1987 007

Pour la deuxième fois, notre France nationale s’attaque à cet immense palais de la musique qu’est le Zénith.

Depuis le 12 novembre, chaque soir, six mille personnes s’éclatent au rythme de ses tubes. Quelques jours avant le début de ce marathon de décibels, Salut ! a rencontré la reine du Zénith.

Septembre 84, rencontre avec ma copine France Gall qui, morte de trouille, se paye le Zénith. C’est la première fois qu’une chanteuse française met les pieds dans cette salle aux dimensions impressionnantes pour une série de concerts.

Mis en scène par son mari et compositeur attitré, monsieur Michel Berger, le spectacle est parfaitement au point : musical, coloré, visuel, c’est gagné. Novembre 87, on prend les mêmes et on recommence. Fidèle à Salut !, France y retrouve ses amis pour blablater sur son nouveau show et comme elle a ses habitudes, c’est donc votre serviteur qui, entre deux répétitions de l’émission de télé « Sacrée soirée », va lui poser un max de questions. Rendez-vous pris, et là elle est là ! Nouveau look, les cheveux légèrement plus dégradés, elle n’a pas changé, même vivacité d’esprit, I’ œil toujours aussi pétillant, France semble parfaitement à l’aise dans ses baskets à quelques heures du premier concert.

Alors, France, quelle différence entre le Zénith de 84 et ce dernier ?

Il est complètement différent, l’esprit de ce nouveau spectacle est un concert en plein air un soir d’été, avec tout ce que cela comporte. Projection de diapos : un ciel, une place. Je suis entourée de quatorze musiciens, une rythmique, deux choristes américaines et une section de cuivres fantastique, des musiciens qui ont déjà accompagné Earth Wind & Fire ou Phil Collins. Certaines de mes anciennes chansons vont être transformées, elles auront des arrangements différents des passages musicaux et seront parfois beaucoup plus longues, comme « Résiste » ou « Débranche ». J’avoue que je ne suis pas très pour chanter mes anciennes chansons. Une autre nouveauté : un medley de chansons moins connues du grand public et beaucoup plus par ceux qui me suivent de très près, ceux qui écoutent vraiment mes albums en entier.

Tes vrais fans ?

Oui. A ce sujet, j’aimerais, par l’intermédiaire de Salut ! qu’ils sachent tous que je n’ai malheureusement pas le temps de lire toutes leurs lettres et surtout de répondre. Ils veulent me rencontrer pour me parler, ne serait-ce que quelques minutes, mais je ne pourrai jamais tous les satisfaire, alors j’espère qu’ils me comprendront.

Tu as chanté un peu partout : au théâtre des Champs-Élysées, au Palais des Sports, au Zénith. Et Bercy, alors ?

On m’a proposé de faire cette salle, j’ai été tentée mais j’ai changé d’avis. Bercy est trop grand et le public me verrait mal. J’ai vu des concerts à Bercy mais je pense que, pour moi, il faudrait revoir la salle. Et puis le Zénith est une salle faite pour la musique, j’adore cet endroit, alors pourquoi changer ? Après le Zénith, je pars en tournée de fin février il fin mars en province, un spectacle qui sera pratiquement le même qu’à Paris, c’est pour cela que je pense qu’il faut, dans la mesure du possible, venir au Zénith. En avril, je serai pour la première fois dans les îles : Réunion, île Maurice, Madagascar.

Et les vacances ?

Cet été, des vacances méritées au Canada. Uniquement vacances car je n’ai pas envie de chanter hors de France et encore moins dans une langue étrangère. Et puis il y aura de la promotion pendant plusieurs mois, donc une année bien remplie.

Quatre semaines au Zénith, six mille personnes chaque soir, un tout nouveau concert mis en scène par Michel Berger, une heure quarante-cinq d’un spectacle musclé à voir vite, vite.

Magazine : Salut ! Magazine
Daniel Moyne
Date : du 18 novembre au 1er décembre 1987
Numéro : 317

France Gall, tout pour la musique

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France Gall Tout pour la musique Article dans le Parisien du 12 novembre 187 N° 13426 001
France Gall : Après Michel, le mari, et Johnny, l'ami, France retrouve, ce soir, au Zénith, son pain (béni) sur les planches : la musique !
France Gall Tout pour la musique Article dans le Parisien du 12 novembre 187 N° 13426 002

Après Michel, le mari, et Johnny, l’ami, France Gall retrouve, ce soir, au Zénith, son pain (béni) sur les planches : la musique !

Elle a d’abord mis son mari en scène (“Pas toute seule, bien sûr, mais avec cette complicité si incroyable que nos deux sensibilités n’en font souvent qu’une”). C’était l’année dernière au Zénith. Michel angoissait. France veillait.

Elle a ensuite consacré son printemps en studio : “C’était en Italie, on vivait en famille, on jouait au baby-foot et on mangeait des spaghettis … Cela restera un des meilleurs souvenirs de ma vie.

Elle a, peu après, publié “Babacar”.

Une façon comme une autre d’évoquer l’action humanitaire entamée avec Daniel Balavoine et pour laquelle il faut cent fois remettre son cœur à l’ouvrage.

Et puis elle a sorti son album et promu “Ella” qui, depuis “Tout pour la musique” et autres “Débranche”, s’ajoute à la série des tubes “façon Berger”, étant une fois pour toutes entendu que l’ex-fan et idole des sixties a définitivement renoncé à son passé …

Comme si la petite France d’hier s’identifiait désormais à la « gale » !

Elle a ensuite épaulé l’ami Johnny qui se « donnait » non sans mal (d’amour, de vivre et de tête) à Bercy. (« Lui, comme Michel, à cause de son éducation protestante, c’est un introverti. Alors, quand on l’aime, et c’est mon cas, il faut aller vers lui et on y apprend à la fois son métier et la sincérité. »)

Et puis elle a souri quand Michel lui a dit que le titre de son disque, qui aurait le mieux marché, était celui qu’elle avait refusé d’enregistrer. (« A chaque fois que je dis non – c’est rare – il devient furieux et me menace de donner sa chanson à une autre ! »)

Après quoi elle a mis ses enfants à l’école (« toutes les prochaines vacances leur seront consacrées »), astiqué ses cuivres (« en choisissant ceux d’Earth Wind and Fire, nous allons faire briller le Zénith mieux que jamais ») et peaufiné son show (« rien de spectaculaire mais un cadre chaleureux comme une place de village où, sous les lumières de Me Rouveyrollis, on fera tout pour la musique »).

Elle a aussi trouvé le temps de nous avouer qu’elle se sentait enfin une vraie « pro » et qu’elle s’imaginait volontiers dans la peau d’une future productrice.

Et puis elle a donné ses interviews en marchant, histoire de garder la ligne … Elle a dit oui à tous les vaccins, histoire de ne pas être malade en scène … Elle a acheté des chocolats contre le stress et du jus de carotte pour le teint… C’est sûr qu’elle a, qu’elle a … qu’elle a tout fait pour que ça aille !

Magazine : Le Parisien
Par Alain Morel
Photo Le Parisien par Gilles OUAKI
Date : du jeudi 12 novembre 1987
Numéro : 13426

France Gall, jour J-3

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1987 France Gall Presse France Gall Jour J moins 3 OK Magazine 001
Ce soir, c'est la toute première fois que France et ses musiciens (mi- français, mi- américains) vont présenter devant un public ce spectacle dont on vous parle depuis des mois déjà.
1987 France Gall Presse France Gall Jour J moins 3 OK Magazine 002

20 heures dans les coulisses de l’Agora d’Évry.

Ce soir, c’est la toute première fois que France Gall et ses musiciens (mi- français, mi- américains) vont présenter devant un public ce spectacle dont on vous parle depuis des mois déjà.

Et pour tous, le trac est là ; pas de doute. Certains s’agitent beaucoup, on court dans les couloirs à la recherche d’une perruque, d’un technicien. D’autres fument nerveusement. France, enfermée dans sa loge, se fait maquiller et se concentre. Finalement, de tous, c’est elle qui a l’air le plus relax. En apparence. Car le défi est de taille. Surtout lorsqu’on a déjà prouvé par le passé que, sur scène, on est capable du meilleur. La barre est placée haut, il va falloir la franchir victorieusement.

Ce spectacle, elle y pense depuis des mois, et dans l’ombre avec Michel Berger et toute l’équipe, elle l’a fait évoluer point par point. Avant l’été déjà, elle est partie aux États-Unis auditionner musiciens et choristes puis, en août, tandis que vous bronziez sur les plages, elle s’est enfermée dans un sous-sol de Gentilly afin de commencer les répétitions. Quelles chansons choisir ? Pas facile dans un répertoire aussi prestigieux. Aussi, pour satisfaire tout le monde, a-t-elle inséré, au milieu du concert, un medley avec ces titres qu’on aime tant : « Si maman si », « La fille de Shannon » … qu’elle interprète seule au piano grand moment d’émotion.

Émotion aussi quand France chante « Ella elle l’a » face à une Ella Fitzgerald sur grand écran. Et puis énergie quand, dès le premier titre, « Urgent d’attendre », toute la salle danse debout au pied de la scène. France, si frêle, si menue, qui mène sa troupe et son public de main de maître, secouant ses longs cheveux blonds dans les faisceaux de lumière tantôt violets, tantôt bleus ou rouges. Si tout n’était pas encore en place à Évry, s’il manquait des projections de films, des effets spéciaux sortis tout droit de l’imagination de Michel Berger (dans l’ombre et pourtant si présent), si France n’était pas encore certaine de porter au Zénith son ensemble pantalon ocre et son T-shirt noir, il n’était pourtant pas difficile d’imaginer que, comme à son habitude, elle allait très bientôt récolter les bravos et les félicitations unanimes de tous ceux qui iront l’applaudir. Bien sûr, une fois les lumières rallumées, jusque tard dans la nuit, toute « l’équipe de France » a revu les détails, changé l’ordre de passage des chansons, perfectionné un mouvement de danse, s’est remise en question, mais tout cela n’avait qu’un seul objectif : faire mieux encore.

Et gageons que le 12 novembre, lorsque les projecteurs s’allumeront à nouveau, personne ne regrettera les nuits blanches passées à travailler. Elles seront alors, sans aucun doute, largement récompensées par votre enthousiasme à vous.

Magazine : OK ! Magazine
Par Véronick Dokan
Date : du 9 au 15 novembre 1987
Numéro : 617

France Gall : Livre de musique de Babacar

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Edition sous forme de livre de chansons, ou plus communément appelé livre de partitions, paru en novembre 1987 de Babacar.
Edition sous forme de livre de chansons, ou plus communément appelé livre de partitions, paru en novembre 1987 de Babacar.

Edition sous forme de livre de chansons, ou plus communément appelé livre de partition, paru en novembre 1987 de Babacar, le 6ème album studio que Michel Berger a produit pour France Gall. Ce livre est composé de 38 pages avec l’intégralité des partitions des chansons de l’album.

Babacar est encore un réservoir à tubes avec la chanson éponyme, avec aussi Ella, elle l’a et “son je ne sais quoi”, La chanson d’Azima et, surtout, bouleversante, magnifique, Évidemment, dédiée à Daniel Balavoine, l’ami précieux disparu dans les sables du désert.

Babacar est porté par cinq titres gravés successivement sur 45 tours, s’écoule durant plus de deux années et est certifié disque de diamant pour plus d’un million de copies vendues. La sortie originale de cet album date du 3 avril 1987. L’enregistrement s’est déroulé en grande partie au Lark Recording Studio, en Italie ainsi qu’au Studio Gang à Paris.

C’est le disque préféré de France. « On a enregistré ça à quatre musiciens, très concentrés, très concernés. On passe quand même à autre chose. C’est un disque plus grave. » La chanson J’irai où tu iras contient cette incroyable phrase prémonitoire : « Je suis peut-être celle qui te fermera les yeux. »


Paroles et musique Michel Berger / Réalisation Michel Berger / Guitares Claude Engel / Basse, synthés et programmations Jannick Top / Batterie et programmations Claude Salmieri / Piano et synthé Michel Berger / Synthés et programmations Serge Perathoner / Sax Patrick Bourgoin / Claviers additionnels Georges Rodi et Jannick Top / Chœurs France Gall, Michel Berger et Jean-Pierre Janiaud sauf Dancing Brave Laurent VouIzy (avec l’aimable autorisation des disques RCA/Ariola) et j’irai où tu iras Jean-Jacques Goldman (avec l’aimable autorisation de CBS Disques), Coco, Jean-Pierre, France et Michel / Les bases rythmiques de Babacar, Ella, elle l’a, Urgent d’attendre, C’est bon que tu sois là et Papillon de nuit ont été enregistrées à Lark Recording Studios (Carimate, Italie) par Jean-Pierre Janiaud, assisté de Nick Lovallo / La chanson d’Azima, J’irais où tu iras, Dancing Brave et Évidemment ont été enregistrées au Studio Gang (Paris) par Jean-Pierre Janiaud, assisté de Olivier Do Espirito Santo ainsi que toutes les voix et les mixages Gravure Translab / Un remerciement tout spécial à Jannick Top pour sa patience et ses idées d’acier, d’acier, d’acier, à Jean-Pierre Janiaud et Olivier Do Espirito Santo pour leur passion et leur humour, à Jean-Jacques Goldman et Laurent Voulzy pour leurs chœurs d’or, à Pauline pour son dessin de Papillon de nuit, à Gérard Holtz, à Annie, Lulu et Philippe pour notre seul moment de détente de la journée : le dîner / Photographie Bertrand Crouzat / Conception pochette Paul Antonietti.

France Gall : Livre de musique de Babacar


Publication : Alain Pierson
Dépôt légal : novembre 1987
Edition Apache France (Collection MBM)
Editions musicales Colline
Photos : Bertrand Crouzat / Thierry Boccon-Gibod / Tony Frank
Conception couverture : Paul Antonietti (photo de Bertrand Crouzat)
Paroles, musique et réalisation : Michel Berger pour les P.E.M. Colline
Studios : Lark Recording Studio et Studio Gang
DISTRIBUTION EXCLUSIVE I.D. MUSIC

France Gall en jambes pour le Zénith

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1987 France Gall Presse En jambes pour le Zénith Foto Music Novembre 87 001
Michel Berger ne quitte plus France Gall pour qui il se montre le plus attentif et le plus exigeant des conseillers puisqu'il est également le réalisateur de ce nouveau spectacle au Zénith.
1987 France Gall Presse En jambes pour le Zénith Foto Music Novembre 87 006

Enfin, Michel Berger, son mari, lui est revenu ! Après s’être donné à Bercy … au super show de Johnny dont il a assuré la mise en scène, il ne quitte plus France Gall pour qui il se montre le plus attentif et le plus exigeant des conseillers puisqu’il est également le réalisateur de ce nouveau spectacle au Zénith.

Foto Music – La rentrée scolaire de tes enfants s’est bien passée, maintenant c’est la tienne, artistique ?

France Gall : – Oui. J’ai pleuré comme d’habitude, le premier jour de classe de Raphaël et de Pauline car je ne m’habitue pas à m’en séparer mais ça va maintenant et je suis tellement bousculée que les journées sans eux ne me pèsent pas. Je prépare le Zénith depuis mai parce que j’avais prévu l’absence de Michel à cause de Johnny et tout est au point ou presque. Heureusement tout de même !

FM – Pourquoi as-tu choisi cette salle et quel est le décor ?

F. G. -J’ai pris le Zénith parce que j’aime bien sa forme. La scène est un peu ronde, on l’a avancée pour se rapprocher du public. Il y aura des personnes assises à l’arrière, sur des gradins, et devant des gens debout car je sais qu’il y en a beaucoup qui aiment bouger, danser au rythme de la musique. Le décor est conçu dans l’esprit d’un concert en plein air, d’une fête sur une place de village.

FM – Tu auras des invités comme Jean-Jacques Goldman ou Laurent Voulzy qui ont participé à ton dernier album ?

F. G. – Peut-être un soir. Mais je ne peux pas le leur demander. Je sais que j’avais accepté d’être sur scène avec Daniel Balavoine parce qu’il avait écrit une chanson pour nous deux mais c’était pour lui témoigner mon immense amitié. Je crois que c’était bien, cependant, je n’ai pas le droit de réclamer ce genre de choses à quelqu’un. Et puis, Jean-Jacques est très occupé à ses propres projets, Laurent aussi je pense. En revanche, j’ai deux filles superbes pour les chœurs, les musiciens section cuivre de Earth Wind and Fire qui ont une pêche d’enfer. Même s’il n’y a pas de danseurs, on devrait s’en sortir ! (Rire)

FM – Comme d’habitude, tu as choisi des tas de tenues de scène que tu ne mettras pas ?

F. G. – Justement, (rire) ce n’est pas sûr ! Peut-être que pour la première fois depuis, voyons … (rire) disons X années, je vais chanter en jupe et montrer mes gambettes. Je l’ai fait pour le clip « Ella », je ne me suis pas sentie trop mal alors, on va voir. Mais c’est à l’ultime moment que je vais choisir. Pour chanter il faut que je me sente vraiment très à l’aise dans ce que je porte. On verra à l’instant crucial !

FM – Donc, il faut espérer une nouvelle France Gall ?  

F. G. – Euh, ce qui est déjà certain, c’est que j’ai laissé pousser mes cheveux – mais c’est vrai que c’est une habitude pour les concerts, parce que c’est beau dans les lumières, que ça m’habille le visage. J’ai envie de ne pas être la même qu’il y a trois ans, c’est sûr. En tout cas, le programme sera neuf puisqu’il s’agit des nouvelles chansons de mon dernier album. Même si je chante les quelques anciens succès que l’on me réclame et que j’aime autant que le public et aussi des morceaux moins connus qui plaisent à ceux qui ont mes disques !

FM – Tu as cartonné au Top 50 cette année.

F. G. – Oui et j’en suis encore étonnée car je suis plutôt une vendeuse d’albums que de simples. Le Top 30 m’a donc comblée mais moins surprise que le 50. J’aurais tort de m’en plaindre, non ?

FM – Tu fais une tournée après le Zénith ?

F. G. – Il y en aura eu trois en tout. Je viens déjà de « rôder » le Zénith. Après, en mars 88, on emporte la structure du spectacle en province et en Belgique et au début de l’été prochain, on part dans les îles Maurice, La Réunion, Madagascar avec le spectacle. Je me réserve, bien sûr, toutes les fêtes et les vacances scolaires pour les enfants et Michel.

FM – Tu aimes la vie de tournée ?

F. G. – Oui, c’est une grande famille qui part. C’est bien d’aller voir les gens chez eux. Mais la vie de tournée, c’est deux heures de spectacle le soir et le reste du temps, la route, les hôtels et le merveilleux loisir de songer à soi. Je n’ai pas les problèmes de la maison, des enfants, même s’ils me manquent atrocement. De toute façon, quand je fais de la scène je les vois mal, ce n’est pas très bien de revenir un jour, on n’est pas tout à fait la même dans ces moment-là. On a du mal à se replonger dans le quotidien. Et quand on revient d’une tournée, les musiciens et moi, nous avons du mal pendant plusieurs jours. Nous sommes déphasés, nous ne bougeons pas. C’est comme après un grand grand voyage, il faut ré apprivoiser notre univers quotidien. Il faut que je me remette en service, au service plutôt, des enfants, de Michel, de la maison. Les enfants sont heureux quand je rentre, surtout Pauline qui supporte mal mes absences de par sa nature anxieuse. Raphaël est plus extraverti, il va dormir chez des copains, il les reçoit. Heureusement, nous nous arrangeons, Michel et moi pour alterner nos contrats. C’est une chance dans ce métier et nous en sommes conscients. Cela étant, j’admire Michel qui sait très bien éduquer les enfants.

FM – Comment tiens-tu le coup physiquement ? Tu fais du sport pour te préparer aux concerts, aux tournées ?

F. G. – Franchement, j’ai honte de le dire, mais ça m’embête. Parfois, je me lance comme ça dans la gym, la danse à tout va et puis, j’en ai marre, j’abandonne. J’essaie de mener une vie saine, de marcher beaucoup et d’éviter les poisons pour l’organisme. Mais ça m’enlève des plaisirs, des habitudes et c’est agaçant. J’ai renoncé au café au lait du matin, que j’adorais, au profit du-malt. Finalement, avec Raphaël, on s’est mis à ce nouveau breuvage, on aime, mais, le café au lait même si c’est un poison, c’est si bon !

FM – Où en est Action école ?

F. G. – Ça fonctionne merveilleusement bien. Et les 14 et 15 novembre, nous organisons le Congrès antiblabla, interdit aux plus de 18 ans sous un chapiteau sur la pelouse de Reuilly. Nous allons procéder à une passation du flambeau à Médecins du Monde qui offre toutes les garanties que nous souhaitons. Et si nous agissons ainsi parce que chacun de ceux qui s’est occupé d’Action-école a repris sa vie, ‘ce n’est pas pour nous en désintéresser. Nous veillerons à ce que tout soit aussi limpide qu’avant et je crois que nous n’aurons aucun problème avec Médecins du Monde.

FM – Puisque tu es au courant de tous les projets de Michel Berger, sais-tu ce qu’il va préparer après avoir œuvré pour Johnny et toi ?

F. G. -Je pense qu’il va préparer un album, c’est le cycle normal. Les autres, lui, moi, etc. Mais peut-être qu’il songe à quelque chose qui se prolonge sur une scène et pas forcément sous forme de transposition directe d’album à concert. Pourquoi pas un spectacle du style Starmania ? Mais je ne me permets pas de dévoiler les secrets de mon mari !

Magazine : Foto Music
Interview : Claudine Clavery
Date : Novembre 1987
Numéro : 20