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France Gall, musique plein coeur !

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1987 France Gall Presse France Gall musique plein coeurIntimité de novembre 87 001
Michel Berger, son mari lui a fait une scène ... Une belle, étincelante de lumière : celle du Zénith ! Et dans les coulisse il savoure le succès de ses effets, tandis qu'elle rythme Babacar et Ella de coups de tête qui envoient ses cheveux en vagues dans toutes les directions.
1987 France Gall Presse France Gall musique plein coeurIntimité de novembre 87 005

Michel Berger, son mari lui a fait une scène … Une belle, étincelante de lumière : celle du Zénith ! Et dans les coulisses il savoure le succès de ses effets, tandis qu’elle rythme Babacar et Ella de coups de tête qui envoient ses cheveux en vagues dans toutes les directions.

Claudine Sandford : Un nouveau spectacle, trois semaines au Zénith, mais toujours le même auteur compositeur, Michel Berger, qui signe à la fois les chansons et la mise en scène. Vous n’avez pas envie de changer de « partenaire » ?

France Gall : Pourquoi le ferais-je, alors que je suis servie à domicile ? Michel me connaît tellement bien qu’il sait exactement ce qui me convient, et ça évite des discussions et du temps perdu. Être l’épouse et l’interprète de quelqu’un qui compose et écrit des chansons présente effectivement un inconvénient : je ne suis pas la seule à le solliciter et je dois attendre mon tour. Cette fois, j’ai patienté trois ans, je suis passée après Johnny et Michel (pour lui-même). Mais ça valait le coup ! Ça m’a obligée aussi à répéter très tôt, dès mai dernier, pour que l’on puisse travailler la mise en scène. Puis j’ai dû laisser à Michel le temps de préparer le spectacle de Johnny à Bercy, avant de le « récupérer ».

C.S. : Vous sentez bien la structure du Zénith ?

F.G. : Oui, je trouve parfaite cette forme un peu ronde avec des spectateurs debout devant, qui dansent s’ils en ont envie, et d’autres sur les sièges, en fond de scène, qui ont une vision différente du spectacle. Il y en a pour tous les goûts, finalement.

C.S. : Vous ne voyez pas beaucoup Pauline et Raphaël, vos enfants, en ce moment ?

F.G. : Non, et je dois avouer que je ne suis pas tout à fait la même quand je suis sur scène. Je me concentre sur mon travail, je suis moins disponible. Je vois moins mes enfants.

C.S. : Ils en souffrent ?

F.G. : Pauline sûrement, car c’est une enfant très sensible, mais pas Raphaël. Il a retrouvé son copain de classe, pour lequel il a fait l’effort énorme de travailler toute l’année dernière et pendant les vacances, afin d’être dispensé du cours préparatoire et de passer directement en CE1, comme son camarade. C’est une belle histoire d’amitié ! Lui, il est vraiment à l’aise. Il va souvent dormir à droite ou à gauche, chez des amis. Il est plutôt autonome. Ce qui n’empêche qu’ils sont tous deux très heureux lorsque nous retrouvons une vie de famille normale, que je peux aller les chercher à l’école, les câliner comme ils aiment. J’ai des contacts très passionnels avec mes enfants. On s’embrasse, on se dorlote. J’en profite, car quand Raphaël aura dix-huit ans, il trouvera ces démonstrations un peu ridicules, même s’il prétend le contraire maintenant !

C.S. : Vous avez changé de look ?

F.G. : Je laisse toujours pousser mes cheveux pour les spectacles, mais là, j’ai eu envie de me mettre en jupe, de montrer mes jambes. Il faut bien se renouveler !

C.S. : Vous vous êtes préparée physiquement pour ce spectacle ?

F.G. : Si vous voulez parler de gym, la réponse est non. J’ai horreur de ça. En revanche, j’ai suivi les conseils du docteur Pallardy et j’ai fait des efforts sur le plan alimentaire. Plus de café au lait – un poison -, mais du malt au petit déjeuner, et un autre sacrifice : plus de kir à I’ apéritif ! Coup dur pour la Bourguignonne que je suis ! Il paraît que le mélange sucre-alcool est redoutable. La liqueur de cassis, c’est un souvenir d’enfance : on m’en versait une goutte dans un grand verre que l’on emplissait d’eau. Je n’aime pas perdre mes habitudes, et le petit kir du soir en était une. Enfin, ce n’est pas éternel ! Sinon, j’ai peu de tentations. Je ne suis pas vraiment gourmande, c’est une chance !

C.S. : Après le Zénith, vous partirez en tournée ?

F.G. : Je me reposerai un peu d’abord. Il va y avoir les fêtes de fin d’année, qui sont sacrées pour la famille, et les vacances de février à la neige avec les enfants. Et, en mars 1988, on démarrera. On ira même jusqu’à Madagascar et La Réunion, c’est dire !

C.S. : Quand vous êtes absente, Michel Berger sait s’occuper des enfants ?

F.G. : Très bien. Il joue avec eux, il est un excellent éducateur, très patient. Il tient beaucoup à ce que les enfants soient bien élevés. Exercer notre métier est une chance, car nous avons finalement la possibilité de nous mettre chacun à notre tour, ou presque, en « congé parental ».

C.S. : Vous n’êtes pas triste en tournée, loin des vôtres ?

F.G. : Si c’était le cas, je n’aurais qu’à exercer un autre métier ! (Rire.) Disons que partir de cette façon est une certaine forme de luxe. Je n’ai plus à m’occuper que de moi ! C’est agréable, même si je suis contente de rentrer et de retrouver mes petits.

C.S. : Après votre spectacle, c’est au tour de Michel Berger de penser à préparer le sien ?

F.G. : D’abord, son album ! Mais c’est vrai qu’il réserve des surprises. Il a peut-être envie de monter quelque chose dans le style comédie musicale. Mais il ne sait pas encore et il vous le dira lui-même, quand il sera prêt.

C.S. : L’opération Action école, que vous aviez montée au temps où Daniel Balavoine était encore en vie, fonctionne toujours bien ?

F.G. : Oui, et sans cesser de la cautionner et de veiller à la bonne marche des opérations, nous passons la main à Médecins du Monde. Ce sont des spécialistes des problèmes du tiers monde, et ils nous ont semblé parfaits pour assurer la relève. Les enfants des écoles sont toujours enthousiastes pour aider ceux qui sont plus défavorisés qu’eux, et c’est vraiment très réconfortant !

Magazine : Intimité
Interview : Claudine Sanford
Date : Novembre 1987
Numéro : 2192

France Gall, l’étoile du Berger

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1987 France Gall Presse France létoile du Berger Paroles Musique Novembre 1987 N°01 001
Un exploit : à l'approche de la quarantaine, l'ex-baby-star des sixties parle mieux que personne le langage de la jeunesse. Aujourd'hui, l'étoile du Berger est au Zénith.
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Jadis jaillie tout droit de la cour de récré, France Gall, en dépit des années, continue d’être chantée dans les écoles.

Un exploit : à l’approche de la quarantaine, l’ex-baby-star des sixties parle mieux que personne le langage de la jeunesse. Aujourd’hui, l’étoile du Berger est au Zénith.

C’était un temps déraisonnable … En cette orée des sixties, sur la France assoupie du général, déferlait la folie yéyé. C’était le temps des idoles et de Salut les copains, du Golf Drouot et des surboums. Teppaz et Coca-Cola, on dansait twist et madison lorsqu’une voix sucrée surgie des brumes entreprit un beau matin de chambrer ce « Sacré Charlemagne ».

En cette époque haletante des succès foudroyants et des stars météores, cet hymne jailli tout droit de la cour de récré fut entonné aussitôt par des armées de collégiens : France Gall entrait dans la carrière.

Vingt-trois ans ont passé, et France Gall est toujours là. Vingt-trois ans ont passé, comme un mirage : elle est intacte. Même s’il y a chez elle aujourd’hui une gravité nouvelle, même si dans son regard flotte par instants comme une absence, les désarrois d’une femme, d’une âme, elle garde en elle ce formidable appétit de vivre et cette envie du partage qui, seuls, font les vraies ·stars, et permettent de tenir.

Car qui aurait misé un penny, jadis, sur la rivale éthérée de Sheila, socquettes et mèches blondes, qui aurait seulement imaginé qu’elle prétendrait chanter un jour le vrai sens de la vie ou les malheurs du monde, qu’elle le ferait, et bien ? Avant son nouveau marathon du Zénith, où elle s’installe pour trois semaines à partir du 12 novembre, la douce France fait ici le point sur sa carrière, et sur sa vie. Un succès d’ensemble qui est une autre performance. Bravo l’artiste !

PM – Trois ans depuis votre dernier spectacle, c’est un peu long, non ?

France Gall – Oui, c’est long, mais c’est mon rythme pour pouvoir être bien dans mon travail – si l’on peut appeler cela un travail – et faire ma vie aussi. J’ai quand même deux enfants, que je tiens beaucoup à voir grandir. Je n’ai pas particulièrement de mérite, toutes les femmes, partout dans le monde, courent après les heures …

PM – Vous savez bien vous organiser ?

Je suis une très grande organisatrice, depuis la vie quotidienne jusqu’aux voyages ou aux vacances, en passant par le travail. D’ailleurs beaucoup de gens dans mon entourage en profitent.

PM – C’est un trait de caractère compatible avec un métier artistique ?

Je ne suis pas une artiste, moi. L’artiste, c’est celui qui crée, celui qui écrit. Ce que je chante ne sort pas de moi. La vérité est donc lourde à supporter, mais je ne suis pas une artiste …

PM – Il n’y a pas un sentiment de frustration, tout de même ?

Non. Écrire ne me tente pas. Je trouve que ce que je fais est ce qu’il y a de plus extraordinaire, parce que je le fais avec les gens. Je ne suis pas toute seule devant ma page blanche.

PM – Ce ne serait pas plus fort encore si vous communiquiez à ces gens des choses venant de vous ?

Certainement, si c’était réussi ! Il y a trop de gens qui communiquent des choses sortants d’eux-mêmes, et c’est nul. Ce qui compte, c’est de dire des choses qui vous correspondent, et qui vous ressemblent ; qu’importe, au fond, qui les écrit. Pour moi, il se trouve que ce que m’écrit Michel (Berger) colle littéralement à ce que je suis, et touche les jeunes d’aujourd’hui – et même les très jeunes !

PM – Cela ne vous surprend pas que des gamines de 16 ans s’identifient à vous ?

Je ne me pose pas trop la question. C’est ainsi …

PM – C’est tout de même un métier où les longues carrières sont rares, et plus encore chez les femmes …

Moi, je reçois beaucoup de courrier, et je prends le temps de tout lire. Toutes ces lettres prouvent une chose : ce qui les intéresse en moi, c’est ce que je dis, et pas forcément la musique, qui peut donner envie de bouger, de danser. Ce sont les mots ! Ce sont mes mots qui leur donnent envie de venir à mes spectacles, d’acheter mes disques, de m’aimer … Ces gosses, il reçoivent la cruauté du monde en pleine figure, toutes ces horreurs, et les textes de Michel répondent à certaines des questions qu’ils se posent, à leurs problèmes de solitude, à leur angoisse devant l’avenir …

PM – Quoi qu’on vous dise, tout le mérite revient toujours à Michel Berger !

Ça vous agace, n’est-ce pas ? Et pourtant, ça ne peut pas être autrement. Michel, c’est quelqu’un qui, outre les superbes chansons qu’il m’écrit, sait aussi m’encourager, me pousser ; il me galvanise. Je n’ai envie de travailler avec personne d’autre.

PM – Pour en revenir à la durée, ça vous étonne d’être restée si longtemps une vedette, ça vous paraît miraculeux, ou simplement logique ?

Ça m’étonne et, en même temps, je pense aussitôt « travail ». Je travaille énormément, et je crois que ce succès durable en est le résultat. Parce que je me donne beaucoup de mal, je suis profondément sincère, et j’aime ce que je fais : moi, je voudrais pouvoir embrasser tous ces gens qui viennent aux spectacles, qui sont contents d’être là, et qui vont me donner un moment de bonheur ! Mais, d’un autre côté, je n’ai pas l’impression d’avoir mené une très longue carrière : ça me semble complètement fou, tout comme le fait d’approcher de la quarantaine ! Non, je n’ai pas du tout l’impression de chanter depuis longtemps, notamment parce que tout cela s’est fait en deux temps : une première carrière suivie de plusieurs années de silence, puis un retour en 197 4. Que ça ait à nouveau marché est miraculeux, je le sais, et je ne suis pas la seule à le dire : c’est exceptionnel. Il n’y a guère que Tina Turner … Le miracle pour elle a été la séparation, pour moi, ce fut la rencontre … Une rencontre que j’ai voulue, moi qui n’étais pas habituée à décider, à vouloir. Ce n’était pas une question de flair, comme on a pu le dire, mais de sensibilité : j’ai rencontré une même sensibilité, et ça ne se discute pas. Je me suis dit : « Ce sera lui, sinon personne », et d’ailleurs je m’en serais tenue là ; s’il avait refusé, j’aurais tout arrêté.

PM – Vous suivez un peu ce qui sort, ce que font les autres ?

Pas trop, non. J’écoute la radio dans ma voiture, mais il m’arrive aussi de n’ouvrir ni la radio ni la télévision pendant quinze jours. Et je n’achète pas de journaux. Pour le reste, les jeunes qui percent maintenant, je les trouve marrants : ils sont toujours habillés en noir et ils ont l’air très méchants ! Ils ont dix-huit ans, pour moi ce sont presque des bébés, mais ils ne sourient pas. Je trouve ça touchant …

PM – Et chez vous, quels disques écoutez-vous ?

C’est très difficile d’écouter des disques dans une maison habitée par quelqu’un qui doit écrire des mélodies. Bien sûr, Michel ne compose pas 365 jours par an, mais on perd vite l’habitude de mettre de la musique. D’autant que nous n’avons pas de chaîne moderne, juste un vieux Teppaz d’il y a vingt-cinq ans, et puis un Braun qu’on m’avait offert pour mes 19 ans ; c’est celui-là dont nous nous servons. Nous avons aussi un lecteur laser, mais nous ne nous en sommes jamais servis parce qu’il nous manque le complément de la chaîne et que dès que Michel touche un appareil, il le dérègle … Quant aux enfants, ils ont un mange-disque avec lequel ils écoutent des 45 tours, comme « Viens boire un p’tit coup à la maison » …

PM – C’est un tube navrant, n’est-ce pas ?

Ça a toujours existé ! Il y a eu la « Danse des canards » par exemple. Il en faut pour tous les goûts, et si des gens aiment ça, s’ils éprouvent du plaisir à écouter ça, alors pourquoi pas ?

PM – Le métier a beaucoup changé en trois ans ?

Énormément : il y a le Top 50. Pour les artistes, c’est une révolution. Désormais, nous sommes devenus des numéros. Ainsi, quand j’ai sorti mon album, je savais que j’étais n° 2 des passages FM et n° 11 du Top 50. Je n’étais plus qu’un numéro. Mais le Top 50, c’est le sésame aujourd’hui. Ce sont les ventes de disques, et c’est donc incontestable. Ce qui peut se passer, tout au plus (mais sur une semaine, pas à long terme), c’est qu’une maison de disques achète massivement ses propres productions, au moins pour faire entrer son artiste dans la liste magique. Parce que, en dehors des cinq ou dix premiers, il ne faut pas vendre énormément pour figurer dans le Top 50.

PM – On vend moins de disques depuis quelques années ?

Je crois, oui, que le métier va très mal. Mais ce qui va mal, ce ne sont pas les gros calibres ; pour ceux-là, rien ne change. Non, c’est surtout dur pour les jeunes. Par exemple, on ne fait plus d’albums. C’est le mauvais côté du Top 50, tous ces gens qui montent des « coups» : ça marche du feu de Dieu, et puis derrière il n’y a plus rien ; un 45 tours et puis s’en vont…

PM – Et la chaîne musicale ?

C’est une affaire épouvantable. Je me suis battue pour elle. Pour une fois, nous nous sommes tous unis, et c’était formidable. Nous avons rencontré les politiques, pour leur dire que lorsqu’un pays possède une culture comme la nôtre, une telle chaîne est une nécessité si l’on veut résister à l’invasion anglo-saxonne. C’est une affaire qui n’est pas close, et nous continuerons à nous battre.

PM – Dans l’ensemble, vous jugez qu’on vous voit et qu’on vous entend suffisamment ?

Oui, absolument. Je ne souhaiterais pas qu’on me voie davantage. Déjà, lorsque je me vois sur les murs de Paris, ça me gêne. C’est curieux, mais je n’aime pas me montrer …

PM – C’est pourtant un métier d’exhibitionniste …

C’est vrai, mais je n’ai pas cette impression lorsque je fais de la scène. La scène, ce n’est pas quelque chose d’extraordinaire pour moi, qui ai commencé très jeune. Bien sûr, deux heures avant, on est mal, mais dès qu’on y va, c’est facile, simple, c’est presque naturel. Alors je n’ai pas peur … Je ne le disais pas autrefois, parce qu’il était d’usage d’affirmer que quand on n’éprouvait pas de trac, on n’avait pas de talent.

PM – Beaucoup de nouveautés pour ce spectacle 87 ?

Oui, il sera très différent des autres parce qu’il est conçu AVEC le public. On m’avait proposé de faire Bercy, et l’idée d’être la première fille à s’y produire m’amusait, d’autant que j’adore changer de salle. Puis je me suis dit que, pour agréable et valorisant que cela puisse être, je ne faisais pas un spectacle pour moi mais pour les autres. Je fais de la scène pour rencontrer tous ces gens qui m’aiment et que je ne connaîtrai jamais. C’est pour moi le seul moyen de les remercier. J’ai donc préféré retourner au Zénith, dans une nouvelle formule, pour être quand même plus près d’eux. Et j’ai bien fait : j’ai reçu beaucoup de lettres me remerciant de ce choix. Au Zénith, pour que ce soit plus amusant, nous avons conçu une scène circulaire, avec, pour la première fois, des gens qui, sans gêner les autres, pourront assister au spectacle debout. Ceux-là pourront même monter sur scène. En fait, ce sera l’esprit d’une place de village, d’un concert en plein air, la nuit, autour duquel les gens se retrouvent pour faire la fête et de la musique. La scène et la salle formeront un tout, sans réelle délimitation. J’ai envie de les avoir là, tout près, genre mère poule un peu …

PM – Aujourd’hui, un tour de chant ne se suffit plus par lui-même ?

Je n’ai jamais eu envie de faire un spectacle traditionnel où l’on se contente de chanter dans son micro. Désormais, cela ne se fait plus. Le public a tellement évolué ! Il participe, il chante, il danse, il bouge … Les gens viennent là pour se rencontrer, se parler, partager un plaisir, et ils sont sensibles au fait que l’on se donne du mal pour leur ‘proposer quelque chose de fort, et leur offrir deux heures d’évasion, deux heures d’oubli.

PM – Il y a aussi un côté escalade, défi, à vouloir faire toujours plus fort ?

Le spectacle va durer trois semaines, 6 000 personnes par jour. Ce n’est pas plus fort, c’est même très prudent. Mais ce métier, on ne peut pas le faire à la « pépère », il faut qu’il y ait un risque chaque fois.

PM – Pourtant, certains reviennent à des salles plus modestes, comme le Grand Rex.

Ça ne me tente pas du tout, car dans une petite salle c’est beaucoup moins magique. Et puis j’ai une musique sophistiquée qui nécessite une dizaine de musiciens. Enfin, j’ai envie de bouger, donc j’ai besoin d’espace. Et surtout, je n’ai pas la santé pour faire des semaines et des semaines dans un même lieu.

PM – Lorsque vous préparez un spectacle, vous vous dites que c’est peut-être le dernier ?

C’est le dernier, justement !!! (Elle rit.) : Non, mais je me dis que je n’en offrirai plus des quantités, ça c’est sûr … Mais ce n’est pas le dernier, parce que le dernier, ce sera Michel et moi. En attendant, vous n’imaginez pas combien je vais en profiter, de celui-là. Vous ne pouvez pas vous imaginer ! De chaque soir, de chaque seconde ; il faut que j’amasse un maximum, des émotions, des souvenirs, pour « après » … Parce que le jour où je m’arrêterai, ce sera quelque chose de très douloureux … Mais c’est une chose à laquelle je me prépare depuis des années déjà. Tant que je me sens proche de mon public, ça va. Mais un jour je m’arrêterai, c’est sûr. Je crois que ce qui sera plus fort que ma passion pour ce métier, c’est la crainte de tout gâcher. Parce que ce qui me fait peur surtout, c’est l’idée de ne pas me rendre compte que je vieillis, et que je ne parle plus le même langage. C’est ça qui me fera décrocher : lorsque je ne parlerai plus « leur » langage. Et je veux que ce soit par ma propre volonté, par-delà ma tristesse.

PM – Vous pensez qu’il restera quelque chose de tout ça après vous ? Qu’il restera quelque chose de France Gall ?

Non, de moi, rien. D’autant que dans la vie je ne suis pas quelqu’un de passionnant, je suis même très ordinaire … En fait, ce qu’il y a d’intéressant en moi, c’est ce que je dis, ce que je suis à travers mes chansons ; le reste n’a aucune importance, ça ne compte pas, et ça ne doit pas compter. Je crois qu’il restera éventuellement quelque chose des gens qui ont écrit, des auteurs, des compositeurs. Mais pas des interprètes. Et, pour moi, ce n’est pas très important. Qu’il reste quelque chose de moi m’indiffère. Je ne suis pas comme ces personnalités politiques qui éprouvent le besoin de faire bâtir un monument afin de laisser une trace tangible de leur passage ; moi, je ne construis que ma vie …

En concert du 12 au 29 novembre au Zénith. Contact scène : Gilles Paquet Organisation.

1981 – Tout pour la musique (50.857 WEA.) – Tout pour la musique – Les accidents d’amour – La fille de Shannon – La prière des petits humains – Résiste – Amor Tam Bien – Vahiné – Diego libre dans sa tête – Ceux qui aiment.

1984 – Débranche (240 367 WEA.) – Débranche – Calypso – Tu comprendras quand tu seras plus jeune – Hong-Kong star – Cézanne peint – Savoir vivre – Si superficielle – Annie donne – J’ai besoin de vous.

1987 – Babacar (242 096 1 WEA.) – Papillon de nuit – Dancing brave – Babacar – J’irai où tu iras – Elle elle l’a – Évidemment – La chanson d’ Azima – Urgent d’attendre – C’est bon que tu sois là.

Déprime

Daniel Balavoine était le meilleur ami de Michel (Berger), et, dans ce métier, les vrais amis sont rarissimes. C’était pour Daniel un grand frère. C’était un garçon extraordinaire et c’est pour nous une perte terrible, amicalement d’abord, professionnellement ensuite. Je n’avais jamais pu le voir sur scène parce que chaque fois qu’il donnait un spectacle, j’étais moi-même à l’affiche.

Coluche était un être d’une rare générosité qui décrochait son téléphone lorsqu’il avait envie de connaître quelqu’un. Il nous avait appelés ainsi, il y a neuf ans, parce qu’il était fou de Starmania. C’est probablement la personne la plus intéressante qu’il nous ait été donné de rencontrer en France. Il était très différent de l’image qu’il pouvait donner de lui-même. »

C’est vraiment malheureux. D’autant que l’un comme l’autre n’avaient pas terminé ce qu’ils avaient entrepris.

C’était justement l’année où Daniel allait éclater : il avait sorti son plus bel album et allait faire le palais des Sports. C’est affreux de disparaître ainsi, avant d’avoir donné ce que l’on portait en soi.

Pour Coluche, c’est différent : il avait extraordinairement bien réussi. Il n’avait raté qu’une chose : l’image qu’il avait donnée de lui aux gens était très éloignée de ce qu’il était en réalité. Or il commençait justement à y remédier, notamment à travers les Restaurants du cœur ; depuis quelques mois, il était beaucoup mieux dans sa peau, plus détendu. Il était bien. Et il allait enfin vivre bien … Oui, Coluche était enfin heureux …

Le plus terrible et le plus étonnant est que tous deux étaient de ces individus qui font bouger les choses : ils entraînaient dans leur sillage des centaines de milliers de personnes. » C’est la première fois que je parle d’eux depuis leur disparition ; avec Michel, nous étions tellement déprimés que nous en venions à penser qu’il ne faisait pas bon faire partie de nos amis ! Bien sûr, on se pose beaucoup de questions Moi, j’ai acheté une maison cinq minutes après avoir appris la mort de deux amis : j’hésitais, mais de tels événements changent beaucoup de choses. On se dit qu’il faut profiter de tout, et vivre le temps présent le mieux possible.

Magazine : Paroles Musique
Par Richard Cannavo
Date : Novembre 1987
Numéro : 1

Le tour de France

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Le programme du live Le tour de France était vendu pendant la tournée de France Gall du 12 novembre 1987 au 26 mars 1988 à travers toute la France. Ce programme comporte 14 pages.
Le tour de France

Le programme Le tour de France était vendu pendant la tournée de France Gall du 12 novembre 1987 au 26 mars 1988 à travers toute la France. Ce programme comporte 14 pages.

Le Zénith de France (Le tour de France 88) a été filmé par Bernard Schmitt en 1987 et la vidéo Le Tour de France 88 est parue le 7 novembre 1988 en VHS et en Laserdics.

Grégoire Colard : “… Elle a décidé d’arrêter au Zénith. Le gens n’ont pas compris mais c’en était fini pour elle. Elle n’en avait pas parlé à Michel.”

France Gall : Partition de Papillon de nuit

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Édition dans la collection MBM de la partition musicale de la chanson Papillon de nuit. Ce dépliant est composé de 4 pages et d'un feuillet volant avec l'intégralité des partitions des chansons de l'album.
Édition dans la collection MBM de la partition musicale de la chanson Papillon de nuit. Ce dépliant est composé de 4 pages et d'un feuillet volant avec l'intégralité des partitions des chansons de l'album.

Édition dans la collection MBM de la partition musicale de la chanson Papillon de nuit. Ce dépliant est composé de 4 pages et d’un feuillet volant avec l’intégralité des partitions de la chanson Papillon de nuit.

Ce titre est extrait de Babacar, le 6ème album studio que Michel Berger a produit pour France Gall.

Papillon de nuit serait inspiré d’un insecte qui tournoie autour d’une lampe et qui symbolise l’Artiste qui est attiré par la lumière et qui peut se bruler les ailes.

Un petit papillon qui vole autour d’une lampe allumée posée sur le piano où Michel travaille peut être le départ d’une chanson pas bête du tout, la preuve !” France Gall

Édition dans la collection MBM de la partition musicale de la chanson Papillon de nuit. Ce dépliant est composé de 4 pages et d'un feuillet volant avec l'intégralité des partitions des chansons de l'album.

Extrait à partir du 45 tours original


Editions Apache France
Dépôt légal : 1987
Edition Apache France (Collection MBM)
Editions musicales Colline
Paroles, musique et réalisation : Michel Berger pour les P.E.M. Colline
Imprimeur : Labat Paris
Extrait de l’album Babacar 242 096-1

Pour France Gall, le petit Babacar est bien plus qu’une chanson … (presse)

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Quand France Gall, la belle blonde, est passée dans son village au fond de la brousse du Sénégal, cette maman lui a tendu son bébé de six mois, son petit Babacar.
Quand France Gall, la belle blonde, est passée dans son village au fond de la brousse du Sénégal, cette maman lui a tendu son bébé de six mois, son petit Babacar.

L’article retranscrit

Pour France Gall, le petit Babacar est bien plus qu'une chanson ... (presse)

Une Africaine famélique et désespérée, les seins déjà flétris par trop de misère et de faim.

Quand France Gall, la belle blonde, est passée dans son village au fond de la brousse du Sénégal, cette maman lui a tendu son bébé de six mois, son petit Babacar.

« Prends-le », lui a-t-elle dit. Un geste qui crucifiait cette mère mais sauvait son petit. Un geste que France Gall ne pourra jamais oublier.

La sécheresse, la désertification l’une partie de l’Afrique, s’incarnaient dans cette image insoutenable. « Je ne pouvais le lui enlever, raconte, pudique, la chanteuse. Mais j’ai choisi de veiller sur lui, de loin ».

Et le petit Babacar allait devenir à un fois déclic et symbole de l’engagement authentique de France Gall.

Babacar et sa maman, elle les a installés dans un deux pièces, à Dakar, la capitale. « J’ai aussi offert des cours de broderie à la maman », sourit France Gall.

Un toit et un métier, le comble du luxe là-bas !

À Pauline, huit ans, et Raphaël, six ans, ses enfants, France Gall raconte tout : « On a comparé avec leur vie. Ils ont compris. Ils sont heureux d’avoir un « petit frère » africain. Ils l’attendent avec impatience ».

A trente-neuf ans, France Gall, silhouette d’une adolescente dans un pull trop large, et son mari, Michel Berger, font partie de ces vedettes qui mettent leur talent au service des enfants défavorisés.

Il y a eu Band Aid, l’organisation humanitaire de Bob Geldorf. Le disque Do they know it’s Christmas et le concert du siècle « Live Aid » ont rapporté 800 millions de francs destinés à la lutte contre la faim.

Il y a eu l’action du regretté Daniel Balavoine, en 1986, pour sensibiliser les lycéens et offrir de l’eau au Sahel. Il voulait y installer des pompes.

L’homme au cœur d’or, mort dans l’hélicoptère du Paris-Dakar …

Pour France Gall, il y a eu surtout Babacar.

« Je ne supporte plus que mes enfants ne finissent pas leur assiette. La dernière fois, Raphaël ne voulait pas manger sa soupe. Je lui ai dit :

« Babacar ne serait pas content ». Avec un sourire aux lèvres, il a mangé. »

Michel Berger en a fait une rayonnante chanson d’espoir : Babacar.

Petit bébé noir promis à la malnutrition, peut-être à la mort, Babacar est devenu un symbole : « Quand on découvre les conditions de vie en Afrique, au Mali par exemple, dit France Gall, on est écrasé par tout ce qu’il faudrait faire. Prenez l’eau. Chaque goutte là-bas, c’est la vie. »

Star du show-biz, femme, mère de famille, elle puise dans l’amour son équilibre : « J’aime passionnément mon métier et mes enfants. Ce que je fais pour l’un et pour l’autre, je le fais avec plaisir. La tâche devient récompense. Seules les choses qu’on fait à contrecœur fatiguent. »

Tenace et discrète, France Gall poursuit l’œuvre de son ami Balavoine sans porter en bandoulière une charité exotique. Il s’agit de susciter des comités d’action dans les écoles, regroupant de 25 à 50 élèves. Deux objectifs : populariser la solidarité et procurer de la nourriture au Mali, Niger, Tchad, Soudan, Éthiopie.

Sœur Térésa, France Gall, même combat ?

« Restons lucides et décents, dit-elle, je ne peux me comparer à cette femme admirable »

Mais France Gall parle peu, modeste, de tout l’argent qu’elle donne aux pays du Sahel, par solidarité.

Militante au cœur d’or, la vedette se prépare pour deux événements : le sommet contre la faim qui aura lieu à Paris, dans trois semaines. Un sommet « anti bla bla», espère-t-elle, qui lui permettra de lancer de nouvelles actions pour les enfants défavorisés. Et puis son nouveau spectacle au Zénith à partir du 12 novembre. « La scène, avoue-t-elle, est une pièce de ma maison ».

Toute la famille sera là, y compris Babacar, invité d’honneur au premier rang pour écouter la chanson qui lui est dédiée.

Une chanson d’amour et de foi. Un cri d’espoir.

Magazine : Maxi
Article de Mohamed Bogart
Date : 19 au 25 octobre 1987
Numéro : 51

Les pages de l’article

France Gall, elle l’a, elle l’a pas ?

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1987 France Gall Presse France Gall elle la elle la pas Cool Hors Série N°08 001
Babacar, Ella, elle l'a, deux tubes déjà extraits du nouveau 30 cm et une chanteuse au mieux dans ses chaussures de scène et de ville.
1987 France Gall Presse France Gall elle la elle la pas Cool Hors Série N°08 006

Voilà la question que se posent les fans de la petite France.

De son côté, les reproches manquent puisqu’au cours de ces derniers mois, elle a retrouvé la lumière des projecteurs avec brio.

Babacar, Ella, elle l’a, deux tubes déjà extraits du nouveau 30 cm et une chanteuse au mieux dans ses chaussures de scène et de ville. Toujours fraîche, tellement douce, l’ex “poupée de son” possède des atouts charmes qui ne laisse pas indifférents les teenagers en manque de tendresse.

Elle n’a plus rien à prouver mais poursuit son “bonne femme” de chemin avec la foi d’une débutante. Alors, messieurs et mesdames les jurés, n’oubliez pas cette vétérante aux allures d’éternelle adolescente. Et puis d’une pierre deux coups, Michel Berger récoltera par la même occasion les lauriers qu’il mérite …

Magazine : Cool Hors-Série
Date : Octobre 1987
Numéro : 8

France Gall, une Balance en équilibre

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1987 France Gall Presse France Gall une Balance en équilibre Quel Avenir Madame N°17 001
France Gall est une star. Pas un personnage prestigieux, un animal fabuleux, simplement quelqu'un qui a bien réussi dans son métier. Le côté star n'est qu'une retombée, le coût de la réussite.
1987 France Gall Presse France Gall une Balance en équilibre Quel Avenir Madame N°17 006

France Gall est une star. Pas un personnage prestigieux, un animal fabuleux, simplement quelqu’un qui a bien réussi dans son métier. Le côté star n’est qu’une retombée, le coût de la réussite.

En vraie Balance, elle oscille entre deux comportements : elle aime séduire et commander, elle semble très sûre d’elle-même mais sans cesse elle s’interroge et s’inquiète.

Comme son signe, France veut échapper au classique, rejeter les contraintes et les limites trop rigides. Elle a aussi besoin de recharger son énergie tout autant que de se laisser aller à des accès de paresse.

“J’aime la liberté d’abord et pour moi, harmonie ne signifie pas routine.”

France Gall, mariée à Michel Berger, a deux enfants : Pauline 8 ans et Raphaël 6 ans. Ils vivent dans une maison pleine de livres, de plantes, de tableaux, de pianos et de musique. – “La famille c’est ce qui compte le plus pour moi. Si je devais m’arrêter de chanter, pour une raison ou pour une autre, je le ferais pour mes enfants.

Lorsqu’il n’y a pas de spectacle en préparation, France se lève tôt, fait le petit-déjeuner des enfants et les emmène à l’école, une habitude qu’elle aime bien “parce que c’est un des moments privilégiés que j’ai avec eux”.

Quand elle est libre, elle veut vivre comme fout le monde. “Je fais le marché, j’adore, je vais chercher les enfants à l’école, je les aide à faire leurs devoirs … Je cuisine aussi pour les amis et j’ai alors le sentiment de ressembler à toutes les femmes d’aujourd’hui qui exercent une profession, qui veulent réussir leur vie de couple et l’éducation de leurs enfants.

France ; rêveuse, impressionnable, a toujours besoin pour se réaliser d’un complément affectif. Elle ne conçoit pas la vie autrement qu’en couple. – “Tout ce que Michel écrit ou fait pour moi correspond exactement à ce que je ressens, mais que je ne sais pas écrire.”.

C’est Michel Berger qui a réalisé le clip de “Babacar”, le dernier tube de France Gall au Sénégal. Babacar a une histoire : c’est le nom d’un petit Sénégalais qu’elle a rencontré en Afrique l’année dernière et qu’elle a décidé de prendre en charge.

Ses chansons, ses disques ? Ils se portent bien, merci. Près d’un million de disques de “Débranche” ont été vendus et “Babacar” prend la même route … France se souvient de ses débuts. Ce n’était pas facile. Après avoir été propulsée dans le “show-biz” à 16 ans, son nom a disparu des hit-parade. Elle était seule, elle a douté, elle ne s’est plus aimée. Après, elle a eu sa “période-peinture”, un certain talent certes, mais sans doute pas assez de planètes amies dans son ciel astral pour lui permettre de s’affirmer totalement et de s’imposer.

C’est alors, en 1974, que Michel Berger est entré dans sa vie. Elle avait trouvé son Pygmalion. La Balance a besoin pour s’exprimer totalement, d’être associée, soutenue, influencée. Échanges, contacts, affections, jouent un rôle primordial pour une Balance.

Depuis, c’est une sorte de félicité dans laquelle elle est très à son aise.

– “Michel est un poète, un rêveur qui apprend la musique aux enfants et les inscrit au cours de danse. Il passe des heures avec eux. Moi je surveille les progrès en classe, je réprimande et j’organise. Ce n’est pas toujours un rôle avantageux”.

Son temps est bien organisé. Ça n’aurait pu être autrement (pour une Balance surtout).

France consacre une partie de son temps à une œuvre humanitaire : “Action-école”.

“C’est aussi une façon de s’occuper des problèmes de la famine. J’ai toujours été révoltée et troublée par les injustices dans le monde. “Action-école” ça se mène avec des enfants, pour des enfants. Je veux lutter près d’eux”.

Alors aujourd’hui ?

Bientôt, le 9 octobre exactement, France Gall aura 40 ans ! Elle trouvera un beau cadeau d’anniversaire à côté de son gâteau : ce sera le Zénith!

En novembre, pendant trois semaines France va occuper la scène du Zénith pour un nouveau spectacle qu’elle veut étonnant et détonnant.

– “J’aimerais retrouver au Zénith l’ambiance qu’on peut avoir dans un théâtre en plein air ou sur une place de village. De toute façon, ce show sera quelque chose de très différent de mon précédent passage sur scène. Pas de danseurs, mais une section de cuivres, celle de “Earth Wind and Fire” qui joue souvent avec Phil Collins. Quant à la mise en scène, elle restera une affaire de famille puisque c’est Michel et moi qui la signons.“.

Magazine : Quel Avenir Madame
Christian Dureau
Date : Octobre 1987
Numéro : 17

France Gall, elle l’a !

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Babastar et survivante rare du courant refroidi des « Peace and Love » fleuries. France Gall, la yéyé girl a grandi.
Babastar et survivante rare du courant refroidi des « Peace and Love » fleuries. France Gall, la yéyé girl a grandi.
France Gall, elle l'a !

Babastar et survivante rare du courant refroidi des « Peace and Love » fleuries. France Gall, la yéyé girl a grandi.

Acidulée, sa voix l’est restée, par contre les mots qu’elle chante désormais, ont su revêtir l’uniforme sur mesure d’une époque.

Branchée, sur les circuits du temps qui passe, militante des droits de l’Homme, cette femme-enfant, poupée de son incarnée, a pris le parti de dire en chansons, ses vérités. Pas révolutionnaire, elle prêche la bonne parole ! Idéaliste, elle pense qu’on peut agir encore sur les misères du monde. Associée à son compositeur de mari, Michel Berger, elle est la voix préférée d’un maître à rêver.

France Gall, égérie des lycéens de base se présente lueur verticale au pays sans merveille des marchands d’armes. « Elle l’a » ce tout petit supplément d’âme, elle possède aussi l’art d’être exclusivement originale. Elle chante ce que nous sommes et surtout ce que nous devrions être. Elle hantera trois semaines durant la scène du Zénith ! Alors, on ira où elle ira car la belle se situe sur la bonne voie ! N’est-ce pas ?

A comme AFRIQUE

C’est un continent que j’ai appris à connaître et à comprendre à travers « Action École ». Là-bas, les gens se battent pour survivre donc la moindre des choses pour nous, occidentaux, c’est d’essayer de leur venir en aide. El puis c’est la terre où est né Babacar l’enfant que j’ai adopté, tout simplement parce que Fatou, sa mère me l’a confié pour qu’il ne meure pas de faim.

B comme BEAUTE

L’apparence physique est importante surtout pour les artistes ! Évidemment, la perspective de vieillir, ne me réjouit pas ! Ça me terrifie même. C’est pourquoi je fais en sorte de me maintenir en forme, de me soucier de mon corps. C’est vrai que lorsqu’on se sent belle, ça rend plus sûr de soi. El quelque part moins vulnérable. Mais je ne suis pas du genre à passer des heures devant mon miroir car je n’en ai ni le temps, ni l’envie.

C comme COURRIER

J’adore me plonger dans le courrier de mon public. Ça me permet d’être plus proche de lui, d’ailleurs, les gens qui m’apprécient me ressemblent. Ils me parlent des thèmes qui me touchent, telles que l’injustice, la violence ou la misère. Très peu de lettres évoquent mon passé, une sur 10 se souvient seulement de mes débuts ! C’est rassurant, non ? (Rires).

D comme DEBUTS

Je les ai fort mal vécus car à l’époque, je manquais sérieusement de maturité. Je travaillais beaucoup et je n’avais pas beaucoup d’amis. J’étais en quelque sorte une poupée de cire et de son comme dans la chanson. J’ai voyagé, au Japon, notamment, mais je n’ai rien retenu de ce pays. Entre 16 et 20 ans, ce fut certainement la période de ma vie la plus difficile, en fait, je n’ai pas eu d’adolescence.

E comme ENFANTS

Depuis l’âge de 18 ans, je rêve d’avoir des enfants. Seulement, j’ai attendu de rencontrer le père pour les mettre au monde. Je n’aurais jamais imaginé une vie sans enfants. D’ailleurs, mes accouchements n’ont pas été faciles, mais pour moi c’était la condition absolue d’être heureuse.

F comme FRANCE

Je me perçois avant tout comme une européenne, parfois, l’esprit étroit du Français moyen me révolte. Ici, on n’aime pas la réussite ! On la montre du doigt comme une tare. Les gens sont aussi un peu trop chauvins, repliés sur leur suffisance. Si je démarrais ma carrière aujourd’hui, peut-être que j’irais vivre aux États-Unis. Mais la beauté de la Provence ainsi que les bons petits plats, me manqueraient terriblement.

G comme GOURMANDISE

Je privilégie l’art de bien vivre. J’aime la convivialité, par exemple, l’idée de recevoir des amis me met de bonne humeur. Ça surprend les gens lorsque je leur avoue que je porte souvent le tablier d’un cordon bleu, mais c’est vrai, j’aime cuisiner.

H comme HOMME

A la maison, je me rends compte, que c’est moi qui tiens le rôle de père traditionnel. Autoritaire, je surveille les devoirs de mes enfants. C’est moi aussi qui organise et punit, par contre, Michel lui, fait office de compagnon de jeu ! Il leur apprend la musique et fait en sorte de ne jamais les gronder.

I comme IDEES

Je n’appartiens à aucun parti politique. Mais je pense être une citoyenne consciente. Je vote, je m’informe. J’ai de l’admiration pour Mitterrand l’homme qui nous a réellement aidé à travers Action École. Je suis concernée par tous les problèmes dits humanitaires, « on s’en serait douté » ! (Rires) Ces dernières années, j’ai compris qu’il ne suffisait pas d’avoir des idées, mais que l’essentiel, c’était de les mettre en pratique. Je suis optimiste face à la nouvelle génération qui arrive, au moins, elle est généreuse en se donnant les moyens de l’être concrètement.

J comme JAZZ

« Ella elle l’a », ma dernière chanson est un hommage à la chanteuse de jazz, Ella Fitzgerald. J’admire son talent et je trouvais important de lui consacrer une chanson de son vivant, je ne la connais pas en chair et en os, mais ses disques ne sont jamais bien loin de ma platine.

K comme KIWI

C’est le fruit de ma passion (Rires).

L comme LOOK

Ma façon de m’habiller, c’est souvent n’importe quoi. Ma fille Pauline trouve que je ressemble davantage à un clown qu’à une femme. C’est évident, je ne possède pas le look d’une femme fatale, pourtant j’aime les belles tenues, les robes à fourreaux mais je ne m’imagine pas dedans. A la limite, je porte des vêtements de garçons, les vestes larges, les cravates et les chemises. Sur scène, j’apprécie d’être à l’aise jamais je ne pourrais chanter, hissée sur des talons de 10 cm de haut.

M comme MAMAN

C’est un rôle qui me va comme un gant. Au sein de ma famille, je suis la « fourmi » de service. J’organise tout et je suis une maniaque comme on n’en fait plus. Je range, je prévois, et je passe en revue tous les détails de la vie quotidienne.

N comme NOTORIETE

Je ne me lamenterai jamais sur mon sort de personne publique, ça me paraît bien trop déplacé. Par contre, souvent je regrette de ne pas devenir anonyme aussitôt après la scène et les télés. Être incognito, pouvoir se balader tranquillement dans les rues de Paris, sans être reconnue, ça me plairait, mais bon, je suis chanteuse, et la gentillesse des gens que je croise me chauffe plus qu’elle ne m’ennuie. Il faut assumer ! Alors, j’assume !

O comme ORGUEIL

Quelque part, je suis une mégalo de première mais pas dans le sens folie des grandeurs. Disons que j’ai un goût pour le perfectionnisme avancé. Je veux tout réussir, ma vie professionnelle, privée et familiale. C’est un challenge que je partage avec de nombreuses femmes de ma génération. Ce n’est pas de tout repos ! Ça oui !

P comme PAROLES

Je ne possède pas le talent des mots, heureusement que Michel l’a pour moi. Lui seul, sait trouver les phrases que j’ai envie de chanter. J’ai essayé d’écrire mais ça ne me satisfaisait pas. Par contre, je noircis les pages de mon journal intime. J’y inscris les moments tristes, ou faits de ma vie que j’alimente de photos repères. J’avais arrêté ce journal mais je l’ai souvent « rouvert » lorsque Daniel (Balavoine) est mort.

Q comme QUALITE

J’essaie de la mettre dans tout, y suis-je arrivée ? La réponse, je ne l’ai pas …

R comme RECUL

L’humour, voilà une thérapie saine ! Pourquoi dramatiser tout, ça ne résout pas les problèmes, ou contraire. Ça aurait tendance plutôt à les accentuer. Je prends du recul parce que c’est une façon de ne pas se prendre au sérieux. Je veux rire de tout pour ne pas « souffrir idiote ». L’humour, ne rend pas plus heureuse, ça c’est sûr, mais ça permet d’être moins terre à terre parfois.

S comme SOLITUDE

Même à 2, on est seul, c’est un sentiment, une donnée qu’on est obligé d’accepter !

T comme TOP 50

Je suis une vendeuse d’albums et le Top 50, lui ne se préoccupe que des ventes de 45 tours. C’est l’évolution de mon métier et je suis contrainte de faire avec. Avant, je ne sortais pas de singles, maintenant, oui ! Voilà, à part ça. Ma carrière se porte plutôt bien, merci !

U comme USINE

Je préfère chanter que d’aller pointer à l’usine. Je suis une privilégiée consciente de sa chance.

V comme VOIX

Je n’ai pas la voix de La Callas, ça c’est sûr !

W comme WHISKY

Certains mettent de l’eau dans leur vin, moi je mets du coca dans mon whisky. (Rires).

X comme CHANTEUSES X

Mes consœurs, se déshabillent de plus en plus ! Et je ne comprends pas pourquoi elles le font. Moi je serais incapable d’en faire autant, pudique comme je suis ! De montrer le bout de mon bras, c’est déjà un effort, alors le reste, vous imaginez.

Y comme YEUX

Le regard des autres, le mien, sont des miroirs qui ne trompent pas.

Z comme ZENITH

C’est une soue bénie des dieux et du public, j’y retourne avec la pêche et le trac d’une débutante. Mon prochain spectacle, sera différent du précédent, il n’y aura pas de danseurs, mais une section de cuivres. Celle de Earth Wind and Fire. Ce que j’aimerais, c’est retrouver l’ambiance qu’on peut avoir d’un théâtre en plein air ou une place de village. Quant à la mise en scène, elle sera signée bien sûr Michel Berger.

Magazine : Graffiti
Date : Octobre 1987
Numéro : 36

France Gall : Tellement d’amour à donner | Mag’ | Octobre 1987

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France Gall interview Mag’ octobre 1987 article presse.

Article presse de - Mag’ - octobre 1987. France Gall évoque l’amour, la scène, Michel Berger, Daniel Balavoine et l’album - Babacar -.

France Gall : Tellement d'amour à donner | Mag' | Octobre 1987
France Gall : Tellement d'amour à donner | Mag' | Octobre 1987

Spontanée et lucide, la femme-enfant aux boucles rebelles ne sait parler que d’amour. Son premier baiser, sa famille, les enfants qui meurent, son métier, les amis disparus. L’amour qui vibre et l’amour qui manque… Une déclaration, sa déclaration, qu’elle nous a confiée tout bas.

Aller-retour Zénith, France connaît bien le chemin depuis deux mois maintenant… Dans quelques jours, à Paris, ce sera pour de vrai et non plus pour les répétitions. Une année sur deux, France Gall nous revient ainsi avec son regard clair et cette voix… qui monte, qui monte, cristalline, pour en faire sortir, tantôt le romantisme, tantôt un cri. Et surtout avec une « sacrée pêche ». La scène, c’est vraiment son plaisir, comme elle le dit dans l’interview qu’elle a accordée à Mag’, le news des jeunes.

Mag’. Les lecteurs et lectrices de Mag’ ont 15, 17 ou 20 ans. Comment cela se passait quand vous aviez le même âge ?

France Gall. Très mal. Je n’ai pas eu d’adolescence. Il m’a fallu attendre 30 ans pour devenir quelqu’un d’épanoui, bien dans sa peau. J’ai réalisé mon premier disque à 15 ans et demi. Il a marché tout de suite. Je suis devenue quelqu’un de connu. Et j’ai eu une vie d’adulte à 16 ans !

Mag’. L’amour tenait déjà une place importante dans votre vie ?

France Gall. J’avais des flirts. J’ai embrassé mon premier garçon à 14 ans et demi, dans une boum (éclat de rire). C’est la première fois que j’en parle dans un journal… Et je me suis dit : alors c’est ça un baiser… Je ne devais pas aimer beaucoup le garçon !

Mag’. Qu’est-ce que vous aimiez alors à cette époque ?

France Gall. C’est simple, je n’ai rien aimé. Ni les neuf mois de tournée qu’on m’imposait chaque année, ni la vie du show-biz, ni le premier baiser. Ce que je voulais, c’était avoir un petit ami et marcher le long de la plage main dans la main, aller au cinéma, danser. Mais j’ai commencé à chanter et tout cela a été fini.

Mag’. À 20 ans, vous avez ouvert un journal intime…

France Gall. Oui, parce que justement je n’avais pas d’amis. Je me sentais très seule. Ce journal était important : je pouvais me confier, raconter des choses. Cela a duré une dizaine d’années. Et j’ai arrêté, changement d’amour, changement de vie, j’ai arrêté. Je l’ai recommencé l’année dernière. Quelques jours avant la mort de Daniel Balavoine… Et désormais, il contient tous les moments forts que je vis, les rencontres, les conversations, le souvenir des gens que je croise et avec qui je partage quelque chose : voilà de quoi est rempli ce journal. On peut y lire, par exemple, des passages sur Coluche.

Mag’. Balavoine, Coluche : ils ont beaucoup compté pour vous !

France Gall. Et ils comptent toujours. C’étaient les deux personnes que nous fréquentions le plus dans ce métier. Coluche est le parrain de mon fils, Daniel était le meilleur ami de Michel… (Michel Berger, son mari). Balavoine était proche des jeunes, il parlait, il écrivait, il chantait pour eux. Il suffit, pour s’en convaincre, de réécouter Angèle, dans son dernier album. Coluche nous manque atrocement : face à tel ou tel événement, on se dit : mais qu’aurait dit Coluche ? Son regard sur la vie nous fait vraiment défaut.

Mag’. Certains lecteurs pensent qu’avec le métier, vous êtes entrée comme dans un rêve.

France Gall. Sûrement parce que je passe à la télévision ! Mais faire une télévision, ça n’est pas simple. Il ne faut pas bafouiller, pas se tromper dans les paroles de la chanson, affronter le direct. C’est tout un travail et il n’est pas facile. Et si l’on n’est pas doué, cela doit être insupportable. Quand des jeunes m’écrivent et me demandent conseil pour faire de la chanson, je leur réponds souvent : attendez, laissez faire le temps.

Mag’. Avez-vous l’impression d’être une privilégiée ?

France Gall. Ah, oui alors ! Pour moi, ce n’est pas une épreuve de monter sur une scène, devant 5 000 personnes. C’est un plaisir. Quand on fait ce qu’on aime, on est privilégié.

Mag’. Vous avez deux enfants, Pauline, 8 ans, et Raphaël, 6 ans. Cela se passe bien avec eux ?

France Gall. C’est difficile d’avoir des parents connus. Je fais très peu de choses publiques avec eux… Peut-être vais-je pouvoir bientôt les emmener au cinéma. Mais je n’assiste jamais à une réunion de parents d’élèves. Je vais voir la maîtresse, la directrice. Quand on me demande de venir les chercher, je viens. Je ne le fais pas systématiquement matin et soir. La maison risquerait de devenir un défilé permanent. Certains amis des enfants ne viennent que pour me voir. Mais sur ce point, les enfants sont formidables, ils me protègent…

Mag’. Votre couple, avec Michel Berger, ça compte beaucoup pour vous ?

France Gall. C’est quelque chose que j’ai voulu profondément : créer une cellule familiale. Après tout, est-ce que c’est très original ? Toutes les jeunes femmes ont envie de créer une famille. Moi, je suis très attachée aux traditions. La vie qu’on a eue, avec mes parents, mes frères, pendant vingt ans, m’a énormément équilibrée. J’ai gardé la tête froide malgré les changements de vie que j’ai pu connaître. Ils m’ont beaucoup aidée. Aujourd’hui, j’essaie de retrouver ce que j’ai connu.

J’aurais pu ne jamais rencontrer l’homme de mes rêves : cela aussi, ce fut une sacrée chance. Ce bonheur a un secret pourtant : il faut savoir ne pas tout donner à son métier. Se dire : bon d’accord, je risque de vendre moins de disques, de gagner moins d’argent… tant pis ! Quand on veut créer une cellule familiale, on prend sur son temps artistique. Ce métier vous mange 24 heures sur 24, si on n’y prend garde. Si on ne s’impose pas un peu de recul, on se laisse bouffer et puis, on n’a plus rien… Ce qui est extraordinaire, c’est de pouvoir réussir à la fois sa vie de famille et sa vie professionnelle. C’est très rare. Il faut ne léser ni l’un, ni l’autre. La vie professionnelle, c’est comme une vie de famille : quand on voit moins les gens, qu’on passe moins de temps avec eux, ils vous oublient, vous aiment moins. Dans mon cas, les gens me suivent depuis longtemps et me pardonnent mes infidélités. Ils savent qu’une année, je travaille, et l’autre pas. Ils attendent. Dans le couple, ce qui est bien, c’est de pousser l’autre, de le porter. Quand Michel préparait le spectacle de Johnny, j’y allais aussi. Regarder, aider pour la chorégraphie, pour certains détails… Parce que je ne fais pas ce métier pour me mettre en avant. À la limite, me voir sur les murs de la ville, ça me gêne.

Mag’. C’est important quand même pour savoir où vous passez…

France Gall. Je suis obligée de le faire, je fais « briller les cuivres », comme disait Simone Signoret. Mais je fais ce métier d’abord parce que j’aime chanter, j’aime cette vie, être avec les musiciens. J’aime l’ambiance, travailler en studio, voilà ce que j’aime.

Mag’. Est-ce que vous diriez, comme Bruno Masure, que « notre époque est formidable » ?

France Gall. Je suis très mal dans notre société… C’est vrai qu’il y a des choses formidables. Mais le bruit, les voitures, tout cela me stresse. Je n’aime pas ce que font les hommes, ce qui se passe dans leur tête. C’est fou, comme si on vivait un cauchemar, constamment. Quand on reste chez soi, qu’on n’ouvre pas la télé, ni les journaux, ça se passe très bien. On peut se faire une vie aussi comme ça… Moi je n’achète aucun journal, je regarde juste les infos à la télé.

Le cauchemar, pour moi, ce sont toutes les atteintes aux droits de l’homme, et la liste est longue ! La famine, la sécheresse, tout cela nous vient par la bêtise des hommes, leur imprévoyance. Je ne peux pas supporter cela. Alors je me préserve.

J’aimerais bien que le rythme de notre monde soit un peu plus lent… Ça permettrait de souffler un peu. Quand on oublie tout cela, la vie est merveilleuse. La nature, les paysages, les gens… Tenez, on était en Irlande cet été. Et en Irlande, quand on se croise, on se salue, on prend le temps de se dire « bonjour » ! Comme c’est agréable ! En Afrique, c’est la même chose. En plein désert, à un carrefour, avant de demander sa direction, il est courant de s’informer sur la santé de chacun… même si on ne se connaît pas. « Alors ça va ? oui, ça va ! Et les parents, ça va ? oui, ça va ! Et les enfants ? oui, ça va ! »

Mag’. Au milieu de ce monde qui vous désole, y a-t-il des êtres positifs, qui font « avancer le schmilblic » ?

France Gall. Heureusement qu’il y en a. Et ils font la balance. Ce sont des gens qui se battent, qui passent leur vie à faire progresser cette société. Je pense à Harlem Désir qui a fait une émission importante à la fin de l’été. Voilà quelqu’un qui motive les autres, les encourage, leur fait comprendre certains événements. Harlem Désir, je ne peux que l’encourager, être à ses côtés.

Mag’. Et la jeunesse 1987, celle que vous rencontrez lors de vos concerts, comment est-elle ?

France Gall. Elle est désemparée, elle aussi, devant ce monde et son avenir. Et surtout, les jeunes éprouvent une grande solitude. En même temps, leur amour de la musique les porte et les aide à vivre. Des gens comme Balavoine, par sa musique, Coluche, qui les fait rire, Michel par ses textes les réconfortent. Vraiment. Ils se retrouvent dans les textes. Parce que ce monde leur pose des questions insolubles, leur propre vie les déroute. Ils sentent qu’ils sont malheureux mais ils ne comprennent pas pourquoi. Alors, un texte de chanson les aide à comprendre, à se retrouver. Dans une chanson comme Savoir vivre, qui figurait sur l’avant-dernier album, le texte leur parle, les renvoie à eux-mêmes et les soulage peut-être.

Mag’. Vous chantez dans le dernier album : « Il est urgent d’attendre que tout change, que l’amour vienne… »

France Gall. Oh oui, s’il y avait plus d’amour, tout ça n’arriverait pas. Si les hommes s’aimaient davantage… Ils ne se feraient pas tant de mal. Il n’y a pas assez d’amour. Et en même temps, tellement d’amour à donner.


Quinze jours après la mort de Daniel (Balavoine), fin janvier 86, on est partis en Afrique pour Action-École avec Lionel Rotcage et trois lycéens. Sur le chemin du retour, dans un village sénégalais, on a demandé si l’on pouvait manger quelque part. On nous a indiqué une case. Et là, une jeune femme portait un bébé dans les bras. Il était extraordinaire, ce bébé d’un mois.

Je fais des compliments à la maman. Elle me répond :

« Si tu veux, prends-le, je te le donne ! »

Ça m’a fait un choc. J’ai ri, pensant qu’elle se moquait de moi… Mais pas du tout ! Le père du bébé l’avait quittée. Et elle m’a dit : « Je nourris l’enfant encore deux mois, ensuite tu viens le prendre ».

Nous avons, au retour, longuement réfléchi avec Michel, pour finalement décider de ne pas le déraciner, de le laisser là-bas… Cette histoire nous avait beaucoup chamboulés. Et Michel a écrit Babacar, où es-tu ?

J’ai enregistré l’album et quand on a voulu réaliser le clip, on est partis à Dakar. Dans la poche, j’emportais l’adresse, la photo de Babacar et de sa mère. À l’hôtel, j’ai raconté l’histoire de ma rencontre avec le bébé. J’ai montré la photo et l’adresse au directeur, en lui disant que je ne restais que trois jours. Le lendemain, on est allés enregistrer toute la journée. Et en rentrant à l’hôtel, le directeur m’appelle :

« France, France, Babacar t’attend depuis 4 heures dans le hall… » Il l’avait retrouvé… Lui et sa mère, qui, par amour, n’avait pas abandonné Babacar.

Depuis, nous nous écrivons régulièrement.

Magazine : Mag’ – Le news des jeunes
Propos recueillis par René Lechon
Photos : Bernard Leguay / C. GASSIAN / TONY FRANK – SYGMA
Date : Octobre 1987
Numéro : 47

L’horoscope du mois avec France Gall, du signe de la Balance

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Gouverné par Vénus, la Balance, signe de l'équinoxe d'automne, représente l'équilibre dynamique dans le mouvement incessant de création des formes de l'univers.
Gouverné par Vénus, la Balance, signe de l'équinoxe d'automne, représente l'équilibre dynamique dans le mouvement incessant de création des formes de l'univers.
L'horoscope du mois avec France Gall, du signe de la Balance

France Gall du signe de la Balance : Charme et équilibre.

Gouverné par Vénus, la Balance, signe de l’équinoxe d’automne, représente l’équilibre dynamique dans le mouvement incessant de création des formes de l’univers. Signe de beauté, d’harmonie et de justice, vous envisagez une existence faite d’amour et d’amitié.

Votre charme, votre grâce, votre douceur, votre don de plaire, votre nature délicate et sensible vous font rechercher un entourage harmonieux où vous pourrez vous sentir apprécié et admiré. Franc, sincère, diplomate, ennemi des querelles et des luttes sous toutes ses formes. Vous cherchez toujours à créer autour de vous un climat d’entente et d’apaisement, sachant garder l’équilibre de la juste mesure qui fait votre grandeur morale.

Vous aimez la vie facile et tout ce qui rend l’existence joyeuse et confortable. Votre sens de l’esthétique, de ce qui est beau et élégant, vous font rechercher dans le confort un certain luxe et tout ce qui’ flatte agréablement le goût et le plaisir d’acheter vous fait parfois lutter avec votre sens de l’économie.

Votre intelligence fine et subtile, vos qualités de courtoisie et d’affabilité, votre sens de l’équité et de la justice, peuvent vous conduire vers des carrières de juge ou d’arbitre, d’avocat ou de conseiller juridique. Votre sens social et humain vous désigne pour toutes les carrières artistiques et culturelles : psychologie, sociologue, réadaptation des délinquants. Peinture, décoration, mode, styliste, parfumeur, commerce de fleurs, de mode, d’articles de luxe.

Diplomate, vous savez admirablement établir des contacts et réussir dans tous les métiers de relations publiques. Les femmes de la Balance, douées d’un charme et parfois d’une beauté extraordinaire, peuvent réussir brillamment comme cover-girl, comédienne, danseuse, hôtesse d’accueil.

En amour, vous répondez facilement à l’affection que l’on vous porte. Affectueux, sincère, fidèle, vous cherchez toujours à attirer l’admiration de votre entourage et votre vie est faite pour l’amour et pour être aimé ; Votre besoin constant de présence humaine, qui permet à votre sentimentalité de se manifester, vous porte très tôt vers le mariage et toutes les douceurs d’un foyer, et, bien que parfois jaloux, vous savez préserver votre vie de famille de tout heurt et querelle pour faire régner calme et bonheur autour de vous.

Journal : Le Parisien
Date : 29 septembre 1987
Numéro : Inconnu