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Paroles Babacar

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Paroles de la chanson Babacar dans le magazine OK! N° 594 du 1er au 7 juin 1987
Paroles de la chanson Babacar dans le magazine OK! N° 594 du 1er au 7 juin 1987

Paroles de la chanson Babacar.

J’ai ton cœur qui tape qui cogne
Dans mon corps et dans ma tête
J’ai des images qui s’entêtent
J’ai des ondes de chaleur
Et comme des cris de douleur
Qui circulent dans mes veines

Quand je marche dans ma ville
J’ai des moments qui défilent
De ton pays d’ailleurs où tu meurs

Ba-ba-car
Où es tu où es tu ?
Ba-ba-car
Où es tu où es tu ?

Je vis avec ton regard
Depuis le jour de mon départ
Tu grandis dans ma mémoire
Ha ha, ha ha

Ba-ba-car
Où es tu où es tu ?
Ba-ba-car
Où es tu où es tu ?

J’ai des mots qui frappent qui sonnent
Et qui font mal comme personne
C’est comme la vie qui s’arrête
J’ai des mouv’ments de colère
Sur le troisième millénaire
Tout casser et tout refaire
J’ai pas manqué de courage
Mais c’était bien trop facile
Te laisser en héritage un exil

Ba-ba-car
Où es tu où es tu ?
Ba-ba-car
Où es tu où es tu ?

Ta princesse de hasard
Est passée comme une étoile
En emportant ton espoir
Ha ha, ha ha

Ba-ba-car
Où es tu, où es tu ?
Ba-ba-car
Où es tu, où es tu ?

Où es tu, où es tu ? {4x}

Ba-ba-car
Où es tu, où es tu ?
Ba-ba-car
Où es tu, où es tu ?

Ba-ba-car
J’ai ton cœur qui tape qui cogne
Dans mon corps et dans ma tête
Ba-ba-car
J’ai des mots qui frappent qui sonnent
C’est comme la vie qui s’arrête

Ba-ba-car
Où es tu, où es tu?
Ba-ba-car
Où es tu, où es tu?

Ba-ba-car
J’ai ton cœur qui tape qui cogne
J’ai des images qui s’entêtent
Ba-ba-car
J’ai des mots qui frappent qui sonnent
Dans mon corps et dans ma tête

Magazine : OK!
Date : 1er au 7 juin 1987
Numéro : 594

France Gall : mes chansons sont mes miroirs

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France vit, vaque, rit, s'indigne, s'émeut. Michel, écoute, observe et sur son piano, sur sa feuille blanche, renaissent soudain ces moments, transposés avec la magie des notes et des mots.
France vit, vaque, rit, s'indigne, s'émeut. Michel, écoute, observe et sur son piano, sur sa feuille blanche, renaissent soudain ces moments, transposés avec la magie des notes et des mots.

France Gall vit, vaque, rit, s’indigne, s’émeut. Michel, écoute, observe et sur son piano, sur sa feuille blanche, renaissent soudain ces moments, transposés avec la magie des notes et des mots.

Chansons miroirs que le talent et la complicité peuvent seuls engendrer. On en a la preuve avec le nouvel album de France, « Babacar ».

FM – Tu es contente de cet album ?

F. G. – De le voir terminé, oui, de l’avoir enregistré évidemment, de le vanter, c’est au public de le faire s’il l’aime. Ce que je peux dire, c’est que je me suis éclatée en chantant ces chansons.

FM – Comment Michel Berger travaille-t-il avec toi ?

F. G. – D’abord, il écrit tout seul. Il me regarde vivre il est la personne qui me connaît le mieux au monde, donc il s’inspire comme ça. Et quand il a terminé un couplet et un refrain, il me les montre. Et il ne continue que si ça me plaît.

FM – Si tu n’aimes pas ?

F. G. – Il la jette au panier en hurlant que je passe à côté d’un succès énorme, que ç’aurait été la chanson la plus forte de toutes. Et il me fait la tête pendant trois jours !

FM – Tu rejettes beaucoup de chansons ?

F. G. – Non, heureusement ! (Rire)

FM – Sur ce disque, « Babacar » il y a une histoire bouleversante que tu as vécue.

F. G. – Oui, c’est celle de « Babacar », justement. J’étais au Sénégal pour Action École que nous continuons depuis la mort de Daniel Balavoine et dans un petit village, une jeune fille m’a tendu son bébé âgé d’un mois, en me disant : « Je te le donne, je ne peux pas l’élever. Je dois retourner à Dakar finir mes études. Je suis seule. Son père m’a laissée » J’ai pensé que c’était dramatique car visiblement, elle adorait cet enfant et c’était par amour pour lui qu’elle me l’offrait, pour qu’il vive dans le confort. C’est assez courant dans ces pays que les riches prennent en charge des enfants pauvres. Même s’ils ne voient plus leurs vrais parents, il n’y a pas de drame. C’est une manière pour ceux qui n’ont rien d’éviter à leurs enfants de sombrer avec eux. Je n’ai pas répondu à cette demande et quand je suis rentrée en France, j’étais très perturbée. Même si j’avais l’intime conviction que je reverrais ce bébé ! J’étais si angoissée que j’ai confié mes soucis à plein de gens, à Michel en premier. De plus, je n’avais aucune possibilité de prendre des nouvelles là-bas. J’ai pensé avec horreur que peut-être l’enfant était mort bien que sa mère ait dit qu’elle l’allaiterait pendant deux mois encore. Il y a quelque temps, après que Michel ait écrit « Babacar », conscient qu’il devait le faire, on a décidé d’en faire un clip. Et je suis retournée au Sénégal, à Dakar. J’ai immédiatement demandé si on pouvait avoir des nouvelles de cette femme et de son enfant. Finalement, le soir même, ils débarquaient à l’hôtel, la mère était restée au village, Babacar était superbe. Quel soulagement ! Je les ai pris en charge et la mère va pouvoir élever son enfant et continuer ses études. J’ai risqué dans cette histoire de ne plus jamais être sereine.

FM – Ton appartement parisien est complètement aménagé maintenant ?

F. G … Oui, ç’a mis du temps mais c’est fini. J’ai adoré l’aménager, d’autant que Michel me laissait en plan, écrivant d’abord son propre album, puis celui de Johnny Hallyday. J’ai eu presque trois ans pour tout mettre au point. C’est un endroit calme, bien pratique. J’ai deux motifs de stress dans ma vie : la voiture et le téléphone. Celui de la voiture est presque résolu car je n’ai plus à venir de banlieue comme avant, pour le travail, les achats etc. En ce qui concerne le téléphone ! le cas n’est pas résolu ! (Rire). C’est curieux, Pauline et Raphaël, mes enfants, sont comme moi. Ils haïssent le téléphone. Quand il sonne, ça signifie que je dois les quitter, le temps de la communication, ou que je vais devoir m’absenter plus longtemps.

FM – Ils ont quel âge maintenant ?

F. G. – Six ans et huit ans. Raphaël, le cadet, est en dernière année de maternelle mais en rentrant de l’école, il apprend à lire, à écrire, à compter. Il prétend qu’à la maternelle il ne fait rien d’intéressant. Il est très à l’aise dans la vie, ce qui n’est pas le cas de Pauline. Elle a peur de tout, elle est sensible, émotive. Je crains qu’elle n’en prenne plein la figure si elle ne change pas. L’éduquer est délicat. Il faut qu’on l’arme. Mais, elle nous ressemble tellement, à Michel et à moi, que nous ne sommes peut-être pas les mieux placés pour la transformer !

FM – Quels sont tes projets ?

F. G … Un grand show sur la deuxième chaîne en juin, avec toutes les chansons de l’album. Les répétitions du spectacle du Zénith qui aura lieu en novembre et juillet pause vacances avec la famille avant de reprendre les préparatifs du Zénith, de rôder en province, en octobre.

Magazine : Foto Music
Interview de Claudine Sandford
Date : Juin 1987
Numéro : 15

France Gall – Les interviews politiques de Sophie Morceau

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FG - La politique, ce n’est pas pour moi. Je vais juste dans les réunions de François Mitterrand, parce que Johnny m'a dit que c'est super. Ou alors, pour Jack Lang, parce qu'il vient souvent dîner à la maison.
FG - La politique, ce n’est pas pour moi. Je vais juste dans les réunions de François Mitterrand, parce que Johnny m'a dit que c'est super. Ou alors, pour Jack Lang, parce qu'il vient souvent dîner à la maison.

SM – Bonjour madame, je peux vous appeler tu ?

FG – Oui, pourquoi pas !

SM – Parlons tout de suite de ton nouvel album « Babar », qui vient de sortir sur les écrans, je l’ai beaucoup aimé, surtout le passage des sucettes à l’anis.

FG – Babacar !

SM – Toi-même.

FG – Non, je dis le titre de l’album c’est Babacar, du nom d’un petit garçon que Michel et moi on vient d’adopter et que Jane Birkin va nourrir au sein.

SM – Bon, mais les sucettes à l’anis ?

FG – Ce n’est pas dans mon nouvel album !

SM – Est-ce que pour vous-toi, la politique heu ?

FG – On vote pour la SACEM, je n’ai pas à le cacher. Pour moi chanter et vendre des cassettes dans le Sahel est un apostolat social.

SM – Accepterais-tu de poser nue dans un journal ?

FG – Oui, mais il faut faire très attention que le support soit artistique et surtout pas pornographique comme tu l’as fait toi, et à condition qu’il soit vendu dans les pays du tiers monde.

SM – Sûrement (rires, gloussements). Une question qui me brûle les lèvres, France Gall c’est un surnom qui te vient des matches de rugby ?

FG – (Soupirs.)

SM – Est-ce que vous-tu es prête à gouverner au centre ou bien à une alliance avec le CDS ?

FG – Si Michel et Balavoine me le demandent et à condition qu’on me laisse jouer du piano debout.

SM – Et pour qui vas-tu voter ?

FG – La politique, ce n’est pas pour moi. Je vais juste dans les réunions de François Mitterrand, parce que Johnny m’a dit que c’est super. Ou alors, pour Jack Lang, parce qu’il vient souvent dîner à la maison.

SM – Quel est le message, s’il y en a un, de ton nouveau film publicitaire « Barbapapa » ?

FG – Je veux que tout le monde s’aime !

SM – Je crois que l’on va être obligé de recommencer parce que j’ai oublié de mettre en route mon magnétophone, c’est bête hein ? Bon, parlons tout de suite de ton nouvel album « Ben Barka », qui vient de sortir sur les écrans.

FG – Bonjour, vous êtes bien au domicile de France Gall, je suis absente pour le moment, mais vous pouvez me laisser votre message après le bip sonore, merci de votre appel.

Magazine : Le Monstre – Le mensuel satirique
Date : Juin 1987
Numéro : 15

Au centre un superbe poster de France Gall

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Après un très long silence, France Gall nous revient avec un superbe album écrit, composé et produit par Michel Berger, et il ne fait aucun doute qu'elle triomphera à nouveau dans le spectacle qu'elle prépare pour mois de novembre.
Après un très long silence, France Gall nous revient avec un superbe album écrit, composé et produit par Michel Berger, et il ne fait aucun doute qu'elle triomphera à nouveau dans le spectacle qu'elle prépare pour mois de novembre.

Après un très long silence, France Gall nous revient avec un superbe album écrit, composé et produit par Michel Berger, et il ne fait aucun doute qu’elle triomphera à nouveau dans le spectacle qu’elle prépare pour mois de novembre.

Magazine : Rock News
Date : Juin 1987
Numéro : 18

France Gall, albumscopie de Babacar

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France Gall, albumscopie de Babacar
France Gall, albumscopie de Babacar

S’arrêter sur la face A d’un 45 tours, c’est bien, mais se plonger dans l’univers d’un artiste à travers un album, c’est encore mieux !

“Babacar”, de France Gall, fruit de l’association artistico-conjugale Berger-Gall inaugure cette nouvelle rubrique “longue piste”.

N’était-ce pas justice car le retour d’une number one chanteuse bête de scène représente un évènement auquel on ne doit, ni ne peut échapper. “Babacar” est donc passé au crible de Graffiti. 9 titres signés paroles et musiques de Michel Berger, enregistrés à Lark recording. Recording studios (Carimate Italie) et au studio Gang (Paris) avec les participations exceptionnelles pour les choeurs de Laurent Voulzy et de Jean-Jacques Goldman. “Babacar”, un album conceptuel par essence dans la mesure où Berger l’auteur, ne peut s’empêcher d’aborder toujours et encore les mêmes chevaux de bataille.

Quelques joyaux : “Evidemment”, “Ella elle l’a”, “La chanson d’Azima”. Des tubes certainement, “Papillon de nuit” et “Babacar” qui déjà a recruté l’accueil populaire qu’on n’attendait pas forcément. Berger écrit, compose dans son coin, puis soumet à son interprète favorite, les notes et les mots qu’il lui fera chanter. Pour cet album, seule une chanson a été censurée par France Gall car le thème évoquait un passé sur lequel elle n’avait pas envie de s’étendre.

Ensuite, le duo pénètre le studio, Berger omniprésent, joue alors les grands “Manitous” arrangeur, producteur, instrumentiste et choriste.

9 nouveaux titres qu’on retrouvera à la rentrée au Zénith, alors en attendant Gall sur scène, retrouvons-là sur vinyle «qualité rythme» …

Un papillon de nuit

“Ce qui compte, c’est d’avoir envie”. Rythmée, cette chanson ouverture de l’album résume tout à lait la philosophie de l’inspiration selon Berger : il faut vivre nous dit-il au risque de brûler ses ailes, et tanpis pour la longévité, France et Michel optent pour l’intensité. Simple potentiel, ce titre dansant fera certainement le prochain 45 tours extrait du 30 cm. On y retrouve en effet toute la pêche et tout le feeling cuisinés à la sauce Berger. Le refrain insistant pénétra très avant notre mémoire, et parlons que ce titre «évident» déchaînera les énergies au Zénith.

Dancing Brave

«Vole», des invitations au combat dignes de «résiste» ou de «débranche» «Dancing brave» une formule anglosaxisonnisée afin de décrire le boyard des temps modernes, qui préfère «danser sa vie debout plutôt que couché !». Morceau mineur, ni raté, ni complètement réussi mais que l’on digère sans aigreurs d’oreilles. Au niveau du texte et de la musique, ça swingue et ça sonne mais ça ne décolle pas malgré les chœurs de l’ami Voulzy.

Babacar

Une chanson qui TAPE, qui cogne. Du coup de foudre d’une femme chanteuse pour un bébé sénégalais baptisé Babacar. Une tranche de vie, une page émotionnelle, que l’interprète France a racontée à son auteur de mari dès son retour à Paris. Lui a trouvé les notes et les mots justes pour mettre en chanson cet épisode. Pudique, sobre, le rythme évite l’écueil de la sensibilité gratuite : on devine, car rien n’est expliqué, l’art de suggérer signé Berger trouve sa force et sa raison d’être à travers ce titre. France pousse haut dans les aigus, les orchestrations sont chiadées comme «personne». «Babacar où es-tu ? Où es-tu ? Il est dans ce refrain.» «Je n’ai pas manqué de courage pour sortir en single, cette chanson pas «cousue tube» et qui en est devenue un. Comme quoi, l’originalité habillée de talent paye toujours. «Babacar» une des chansons fétiches de France l’humanitaire girl.

J’irais où tu iras

«Bonne chanson tendre», avec à l’appui des mots qui frappent pour toucher sans choquer. «Je suis peut-être celle qui te fermera les yeux». «Peut-être qu’on est seul même quand on est deux». L’adversité existe, le malheur aussi, Gall-Berger les ont croisés mois puisqu’il faut foire avec, soyons stoïques et rebelles face à la douleur ! Vivre à deux, quelle force nous disent-ils! Bien que la lucidité nous Invite à penser que c’est souvent une faiblesse. Les choeurs présents, (France, Michel, Coco et Jean-Jacques Goldman) car à deux, c’est bien mois à quatre c’est encore mieux! «J’irai où tu iras» une fort belle page musicale et poétique.

Ella, elle l’a

Sans aucun doute, la chanson la plus forte de l’album. Là, Berger a complètement peaufiné son style, il déborde, joue, jongle avec les sons musicaux et phonétiques. C’est un plaisir de l’ouïe, «avec ce petit supplément d’âme» qui donne des ailes à la chanteuse Gall. «Cet indéfinissable charme aux allures tubesques» cette chanson «Ella, elle l’a» ! Bonjour les prouesses des arrangements guidés par les soins experts de Berger, le musicien qui sait aussi être un super technicien !

Evidemment

«Y’a des silences qui disent beaucoup», peut-être est-ce la phrase clé de cette chanson hommage à Balavoine. On ne prononce ni le mot, ni le nom «mais évidemment» on devine, on pressent, on est ému par tant de pudeur contenue. France, nous l’a avoué, elle a eu un mal fou à enregistrer ce titre, elle s’y est reprise à neuf fois, tant les larmes coulaient spontanément. Un adverbe, des indices, pour exprimer une tristesse, sans le moindre signe de révolte : C’est comme une fatigue, un dégoût, «comme une éclaboussure de boue», la vie continue, «on danse encore sur les accords qu’on aimait tant», «on rit», «mais pas comme avant», «effectivement», «évidemment», «no comment» …

La chanson d’Azima

(Quand le désert avance). Les décibels remontent, le rythme revient, insidieux, persistant, «qui avance» et nous prend. Cette chanson plus coup de coeur que coup de poing évoque sons didoutisme aucun, Action Ecole, toute cette mobilisation à l’attention de ceux qui meurent de soif alors qu’en bons européens privilégiés que nous sommes, nous buvons égoïstement. «Le désert avance» loin de nous mais il nous rejoint. «Dis-leur que la nuit tombe sur cette affreuse urgence que c’est sur nos tombes, que le désert avance». Beau titre, émouvant, qui évite les clichés chocs et le risque de la démagogie. Tout est dit, le message est reçu 5 sur 5. Alors espérons que le désert reculera et que la générosité avancera à grands pas dans nos contrées sourdes et aveugles. «Berger-Gall» montrent le chemin, suivons-les …

Urgent d’attendre

Jeu de mot, histoire de constater que l’attente est inévitable mais qu’il s’agit de la meubler activement. Rapide, ce titre invite au mouvement, sûr que France, la bête de show se défoncera au Zénith avec «Urgence» sur ce morceau !

C’est bon que tu sois là

La dureté du monde rend la plume de Berger mélancolique, on imagine l’impact de cette chanson sur scène ! Déjà, on visualise les briquets allumés et la douceur de ce titre «Love story», très déclaration d’amour sur les bords du fleuve tendresse. Dons la continuité de «j’irais où tu iras», Berger se penche à nouveau sur la nécessité du couple rédempteur! «Je remercie ma chance», en répétant tout bas «C’est bon que tu sois là». Pudeur, discrétion, obligent, on ne s’étale pas sur le sujet, on murmure, on ne clame pas car ces choses-là ne se crient pas sur les toits. L’amour d’après Berger-Gall constitue un sentiment et il ne s’agit pas d’en faire un Nègre via la chanson.

Magazine : Graffiti
Date : Juin 1987
Numéro : 31

Paroles Babacar de France Gall

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Paroles de la chanson Babacar dans le magazine Top 50 du 25 au 31 mai 1987
Paroles de la chanson Babacar dans le magazine Top 50 du 25 au 31 mai 1987

Paroles de la chanson Babacar.

J’ai ton cœur qui tape qui cogne
Dans mon corps et dans ma tête
J’ai des images qui s’entêtent
J’ai des ondes de chaleur
Et comme des cris de douleur
Qui circulent dans mes veines

Quand je marche dans ma ville
J’ai des moments qui défilent
De ton pays d’ailleurs où tu meurs

Ba-ba-car
Où es tu où es tu ?
Ba-ba-car
Où es tu où es tu ?

Je vis avec ton regard
Depuis le jour de mon départ
Tu grandis dans ma mémoire
Ha ha, ha ha

Ba-ba-car
Où es tu où es tu ?
Ba-ba-car
Où es tu où es tu ?

J’ai des mots qui frappent qui sonnent
Et qui font mal comme personne
C’est comme la vie qui s’arrête
J’ai des mouv’ments de colère
Sur le troisième millénaire
Tout casser et tout refaire
J’ai pas manqué de courage
Mais c’était bien trop facile
Te laisser en héritage un exil

Ba-ba-car
Où es tu où es tu ?
Ba-ba-car
Où es tu où es tu ?

Ta princesse de hasard
Est passée comme une étoile
En emportant ton espoir
Ha ha, ha ha

Ba-ba-car
Où es tu, où es tu ?
Ba-ba-car
Où es tu, où es tu ?

Où es tu, où es tu ? {4x}

Ba-ba-car
Où es tu, où es tu ?
Ba-ba-car
Où es tu, où es tu ?

Ba-ba-car
J’ai ton cœur qui tape qui cogne
Dans mon corps et dans ma tête
Ba-ba-car
J’ai des mots qui frappent qui sonnent
C’est comme la vie qui s’arrête

Ba-ba-car
Où es tu, où es tu?
Ba-ba-car
Où es tu, où es tu?

Ba-ba-car
J’ai ton cœur qui tape qui cogne
J’ai des images qui s’entêtent
Ba-ba-car
J’ai des mots qui frappent qui sonnent
Dans mon corps et dans ma tête

Paroles.net dispose d’un accord de licence de paroles de chansons avec la Société des Editeurs et Auteurs de Musique (SEAM)

Magazine : Top 50
Date : 25 au 31 mai 1987
Numéro : 64

France Gall : “Mes enfants me protègent”

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France Gall : Elle parle comme elle chante, avec des intonations acidulées et charmeuses, femme-enfant en apparence, adulte dans ses émotions.
France Gall : Elle parle comme elle chante, avec des intonations acidulées et charmeuses, femme-enfant en apparence, adulte dans ses émotions.
France Gall : Elle parle comme elle chante, avec des intonations acidulées et charmeuses, femme-enfant en apparence, adulte dans ses émotions.

Elle parle comme elle chante, avec des intonations acidulées et charmeuses, femme-enfant en apparence, adulte dans ses émotions.

Michel Berger, son mari, vient de lui écrire un superbe album, à son image, tour à tour tendre et grave, qui reflète bien ses états d’âme d’aujourd’hui.

Claudine Sandford : Est-ce facile de travailler avec son mari ?

France Gall : Michel est la personne qui me connaît le mieux ou monde. Il me regarde vivre, il m’écoute, et il se met à écrire et à composer.

C.S. : Pratiquement, comment procède-t-il ?

F.G. : Il écrit un refrain et un couplet. Puis il m’appelle et me les chante, et si ça me plaît, il continue. Sinon, il jette au panier.

C.S. : De bonne grâce ?

F.G. : Oh, non ! (Rire.) Il hurle que je suis passée à côté d’un chef-d’œuvre ! Et il me fait la tête pendant trois jours. Heureusement, ça arrive très rarement.

C.S. : Il avait écrit Babacar après que vous lui aviez parlé de cette histoire ?

F.G. : Oui, en rentrant du Sénégal, où je me trouvais pour l’opération Action Écoles que, nous continuons depuis la mort de Daniel Balavoine, j’étais très bouleversée par cette histoire. Une jeune mère de dix-huit ans m’avait demandé de prendre son bébé, qui avait alors un mois, parce qu’elle ne pouvait pas l’élever. Elle avait été abandonnée par le père. Étudiante à Dakar, elle était revenue dans son village pour accoucher et elle voulait me confier cet enfant, qu’elle adorait. Je suis repartie sans lui donner de réponse et cela m’a tourmentée. Évidemment, j’en ai parlé à Michel, qui a écrit Babacar, et l’histoire se termine bien puisque en retournant au Sénégal pour le clip de cette chanson, j’ai retrouvé la mère et le bébé en bonne santé. Elle était restée dans son village pour l’élever. Maintenant, elle va continuer ses études, ça s’est arrangé.

C.S. : Sur cet album, vous avez des choristes célèbres : Laurent Voulzy et Jean-Jacques Goldman.

F.G. : Oui, pour Dancing Brave, qui raconte l’histoire d’un cheval de course exceptionnel, il nous a paru évident que la voix de Laurent Voulzy devait être présente. Il est adorable, il était très content. De la même façon, Jean-Jacques Goldman me semblait indispensable dans J’irai où tu iras. Lors de l’anniversaire de la mort de Daniel Balavoine, nous nous étions réunis, nombreux, et nous, avions chanté. Jean-Jacques était là. On se fait souvent des petits signes d’amitié comme ça, en apparaissant sur les disques des autres. Daniel chantait toujours sur les albums de Michel. Ce sont des voix de complicité.

C.S. : Vous êtes contente d’être de nouveau installée à Paris ?

F.G. : Oui. J’en avais assez de râler dans les embouteillages ! La voiture, c’est stressant. Dans notre appartement parisien, enfin installé et très central, c’est le bonheur. Souvent, je peux me rendre à pied à mes rendez-vous. Un stress de moins c’est bien, reste le téléphone ! Enfin, on ne peut pas vivre isolé en permanence.

C.S. : Vos enfants ont trouvé de nouvelles écoles ?

F.G. : Oui, Raphaël va entrer à la grande école en septembre. Il a appris à lire, à compter et à écrire après ses journées à la maternelle. Quant à Pauline, elle travaille assez bien. C’est surtout son caractère qui m’inquiète. Elle est très fragile, apeurée, contrairement à son frère. Elle n’est pas très armée pour la vie.

C.S. : Comment vous considèrent-ils, Michel et vous ?

F.G. : Comme leurs parents ! (Rire.) Nous les tenons très écartés de notre métier. Ils savent qui nous sommes, mais n’en parlent jamais. Parfois, ils nous protègent même. L’autre fois, une bande de copains de Raphaël l’avait enfermé dans un placard et avait décidé de le libérer à la seule condition qu’il dise mon nom. Très simplement, il a dit : « Ma mère s’appelle Isabelle Hamburger », ce qui est mon état civil exact ! Ils sont comme moi, ils détestent le téléphone. Ça signifie pour eux que je les quitte et que je vais m’absenter, souvent.

C.S. : Quels sont vos projets ?

F.G. : Je prépare un grand show sur la deuxième chaine, avec toutes les nouvelles chansons de l’album. Et je commence à répéter le spectacle du Zénith qui aura lieu en novembre. Je vais aussi prendre un mois de vacances en juillet avec Michel et les enfants, avant de reprendre les répétitions et, dès octobre, de rôder le show en province. Et je dois m’occuper également d’Action Écoles.

C.S. : Vous avez l’air ravie, contrairement à vos enfants, de beaucoup travailler maintenant ?

F.G. : A vrai dire, j’en avais un peu marre d’être à la maison. Même si j’ai pu aménager l’appartement, beaucoup m’occuper de Pauline et de Raphaël, je m’impatientais. Michel a d’abord fait son album, celui de Johnny – il va produire son spectacle, d’ailleurs – et j’étais en plan. L’entente avec Johnny a été merveilleuse. C’était drôle de les voir l’un à côté de l’autre, Johnny, grand, musclé, et Michel, tout fragile. Johnny a été d’une ponctualité parfaite et il nous a dit il y a peu de temps qu’il gardait ce souvenir de travail avec Michel comme l’un des meilleurs de sa carrière. Une belle amitié est née de ce jour !

Magazine : Intimité
Interview de Claudine Sandford
Date : 22 au 28 mai 1987
Numéro : 2167

France Gall : Babacar super top

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L'adolescente qui se classait au hit-parade de « Salut les copains » en mai 64 avec « N'écoute pas les idoles », composition de Serge Gainsbourg, a fait depuis un long et beau chemin, et mené sa carrière de façon exemplaire, évoluant musicalement sans pour cela faire de concessions.
L'adolescente qui se classait au hit-parade de « Salut les copains » en mai 64 avec « N'écoute pas les idoles », composition de Serge Gainsbourg, a fait depuis un long et beau chemin, et mené sa carrière de façon exemplaire, évoluant musicalement sans pour cela faire de concessions.

En bref … France Gall a derrière elle près de vingt-trois ans de carrière.

L’adolescente qui se classait au hit-parade de « Salut les copains » en mai 64 avec « N’écoute pas les idoles », composition de Serge Gainsbourg, a fait depuis un long et beau chemin, et mené sa carrière de façon exemplaire, évoluant musicalement sans pour cela faire de concessions.

Car derrière ses airs de femme-enfant se cache une femme de caractère. Les années passent, France continue son ascension, ses succès se · suivent, sa personnalité s’affirme. Dix ans après ses débuts, c’est sa rencontre avec Michel Berger et après une longue cassure France Gall revient dans l’actualité. On la retrouve alors dans « Salut les copains » d’août 74 où elle parle de cette évolution musicale, de sa rencontre avec Michel Berger qui auparavant avait déjà composé pour Françoise Hardy et Véronique Sanson.

C’est la rencontre entre un pianiste talentueux et une chanteuse à la recherche d’une nouvelle couleur musicale. De cette rencontre naîtra un tube « La déclaration ». Dix ans ont passé. Certaines idoles des années 60 ont disparu. D’autres vedettes se révèlent, nous découvrons un nouveau groupe Taï Phong, dont le chanteur n’est autre que Goldman. Arrive l’époque disco, mais il y a disco et disco !

Pour son album, France frappe fort en 77 pour la sortie de « Dancing disco », toujours signé Michel Berger. Un an plus tard, France donne un très bon spectacle à Paris, au théâtre des Champs-Élysées. Pour la chanteuse c’est la consécration : début 81, France étonne tout le métier en enregistrant un duo avec Elton John, il s’agit de « Donner pour donner », le tube de plusieurs mois. Les albums de France, espacés d’un an ou deux, reçoivent toujours un excellent accueil et sont à chaque fois disque d’or et de platine. Ses spectacles, que ce soit au palais des Sports ou au Zénith sont toujours d’énormes succès.

« Babacar », le dernier album de France, est-déjà en tête du Top 30, une place où il restera sûrement plusieurs semaines. Prochaine étape importante : novembre 87 pour un nouveau rendez-vous au Zénith.

5 questions à

Quelles sont tes chansons préférées du moment ?

« C’est comme ça » des Rita, j’aime leur folie, l’ambiance musicale. J’aime tout particulièrement le dernier Etienne Daho « Duel au soleil » et aussi les chansons de Phil Collins, d’Alain Chamfort, et de Francis Lalanne.

Tu as fait un duo avec Elton John, aimerais-tu renouveler cette expérience avec un Français ?

Je préfère me battre seule, mais je ne suis pas contre le fait de chanter avec quelqu’un qui a une belle voix, comme par exemple Francis Cabrel, le chanteur de Canada, Laurent Voulzy. Je préfère le faire lors d’une télé ou sur une scène plutôt que pour un enregistrement. Avec Elton c’était spécial, ça apportait beaucoup plus, c’était inattendu. J’aimerais bien faire un duo avec Phil Collins.

A quelques mois de ton deuxième Zénith, c’est déjà l’angoisse ?

Non pas du tout, je ne m’angoisse pas, au contraire je serais plutôt du genre impatiente. J’ai une idée globale de mon prochain spectacle. Je m’y suis prise assez longtemps à l’avance car parallèlement Michel s’occupe du spectacle de Johnny. Je passe au Zénith pour faire plaisir aux gens qui viennent me voir, je ne tiens pas à ce qu’ils me voient comme un petit pois (éclat de rire, il y a sûrement là une allusion au gigantisme de Bercy). J’aime beaucoup me produire dans une petite salle, mais il faudrait que j’y reste beaucoup plus longtemps et je n’aurais pas la force physique pour ça.

Si dans quelques années un de tes enfants te disait : « je veux chanter », quelle serait ta réaction ?

Je trouve que nous faisons un métier extraordinaire, mais également très dur. Si au départ on n’a pas tous les atouts, c’est difficile ! Je n’empêcherai jamais de faire quoi que ce soit à mes enfants. J’essaierai de les conseiller. J’ai grandi dans ce milieu un peu comme Elsa qui est d’une famille d’artistes.

Ça bouge à la télé, aimerais-tu y avoir un show ?

Un show occasionnel, pourquoi pas ! Il y a quelque temps j’avais été contactée, l’idée ne me déplaisait pas mais ça n’a pas abouti. La télé est un domaine amusant, intéressant sur lequel je travaille, donc un show devrait naître à la rentrée, sur quelle chaîne ? … Il y a l’embarras du choix !

Magazine : Top 50 magazine
Date : 18 au 24 mai 1987
Numéro : 63

France Gall Babastar

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France Gall Babastar
France Gall Babastar

Retranscription impossible : le contraste du fond et des caractère est trop important, la reconnaissance visuelle est impossible.

Magazine : Graffiti
Date : Mai 1987
Numéro : 30

France Gall de A à Z

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France Gall se livre généralement par bribes. Elle reconnait ne pas trop aimer les interviews. Mais pour OK ! elle a accepté d'ouvrir son coeur de A à Z, abordant tous les sujets, son métier, son adolescence, ses passions, ses enfants ... Un document rare qu'elle nous offre juste pour nous. A déguster comme un mets fin.
France Gall se livre généralement par bribes. Elle reconnait ne pas trop aimer les interviews. Mais pour OK ! elle a accepté d'ouvrir son coeur de A à Z, abordant tous les sujets, son métier, son adolescence, ses passions, ses enfants ... Un document rare qu'elle nous offre juste pour nous. A déguster comme un mets fin.
France Gall se livre généralement par bribes. Elle reconnait ne pas trop aimer les interviews. Mais pour OK ! elle a accepté d'ouvrir son coeur de A à Z, abordant tous les sujets, son métier, son adolescence, ses passions, ses enfants ... Un document rare qu'elle nous offre juste pour nous. A déguster comme un mets fin.

Elle qui se livre rarement, a accepté pour OK ! de répondre en toute franchise.

France Gall se livre généralement par bribes. Elle reconnait ne pas trop aimer les interviews. Mais pour OK ! elle a accepté d’ouvrir son coeur de A à Z, abordant tous les sujets, son métier, son adolescence, ses passions, ses enfants … Un document rare qu’elle nous offre juste pour nous. A déguster comme un mets fin.

A comme Action-Ecole et Afrique

Travailler pour Action-Ecole c’est ce que ï ai fait pendant ces deux dernières années. Cela faisait partie de mes préoccupations depuis longtemps et cette opération est arrivée à pic parce que c · était une façon plus sûre de s’occuper du problème de la famine qu’avec c les grands,. Action-Ecole ça se fait avec les enfants et c’est ce qui m’a vraiment convaincue. Le but principal n’est pas seulement d’envoyer de la nourriture en Afrique, encore que des choses extraordinaires aient été faites dans ce domaine, mais c’est surtout de faire prendre conscience aux jeunes de ce qu’il se passe puisqu’ils vont hériter de ce monde. Quand j’étais écolière, j’étais déjà troublée par les injustices dans le monde, parce que ça n’existe pas que depuis deux ans mais on en parlait moins et je ne savais pas comment agir. Je suis sûre que j’aurais adoré participer à une opération comme celle-ci. C’est vraiment une grande réussite.

A comme Adolescence

Je n’ai pas eu d’adolescence et il fallait être fichtrement équilibrée pour passer sans transition de la petite adolescence à une vie adulte. J’ai enregistré mon premier disque à 15 ans et demi et j’étais très très bébé à l’époque. Sur le moment, c’était vraiment très dur. Entre 16 et 20 ans ça a été la période la plus difficile de ma vie. Je travaillais beaucoup, je n’avais pas du tout la vie de tout le monde, pas de vacances, pas d’amis, pas de rapports simples avec les gens. Mais je me suis rattrapée après puisqu’entre 21 et 24 ans j’ai vécu à la campagne où les choses de la terre m’ont un peu ramenée à des valeurs plus essentielles.

B comme Babou

Ce sont mes parents qui m’ont très vite appelée ainsi. C’est le diminutif d’Isabelle, mon vrai prénom. Et c’est ce qui me reste de mon enfance avec l’équilibre que j’ai dans la vie qui me vient de mon éducation et de l’amour dans lequel j’ai été élevée. Babou, c’est tout ça et je suis toujours émue quand ma famille m’appelle comme ça. J’ai l’impression d’être encore une petite fille. Ça me rappelle des tas de souvenirs, quand ma mère m’envoyait faire les courses et que lés commerçants m’interpellaient en m’appelant Babou.

B comme la Bêtise

La Bêtise humaine, je crois que malheureusement on ne peut pas lutter contre, il n’y a rien à faire et c’est peut-être le pire des fléaux. J’ai participé récemment à un concert pour Action-Ecole et il y a eu des tas d’enfants qui n’ont pas pu venir parce que leurs professeurs étaient contre. Ça, pour moi, c’est la vraie bêtise. Mais je ne peux pas m’arrêter à ça. Je n’en tiens pas compte et j’avance quand même.

C comme Corps

Je crois que quand on est bien dans son corps, ça aide à être mieux ou bien dans sa tête. C’est important de s’occuper de son corps. Bien sûr, il faut de la volonté parce que ça n’est pas très rigolo de faire de la gym. Mais quand on s’occupe de son corps, qu’on se trouve donc plus belle, ça rend plus sûre de soi, ça nous donne de l’énergie. Mais je dois bien avouer que je n’ai pas beaucoup le temps de penser à moi.

E comme Enfants

C’est ce qui compte le plus pour moi. C’est la chose la plus importante de ma vie même si je suis très fière de la façon dont j’ai réussi mon métier, des rapports que j’entretiens avec les gens qui me suivent. Mais si je devais arrêter de chanter pour une raison ou pour une autre, je le ferais pour mes enfants, je n’ai jamais conçu la vie sans enfants et déjà vers 18 ans je rêvais d’en avoir.

E comme Emotion

C’est ce que j’aime le plus dans les spectacles. Cette émotion qui passe de part et d’autre, de la scène et de la salle et qui se rencontre. Je trouve que c’est quelque chose qu’on ne peut pas nous enlever. Je n’ai pas besoin d’être très émue pour pleurer, il me suffit d’un rien dans la joie comme dans la tristesse.

F comme France

Il y a des tas de qualités en France. Du nord au sud c’est extrêmement varié et l’été, ça nous arrive souvent de louer une maison dans une région différente de la France pour découvrir des paysages nouveaux et on pourrait le faire pendant vingt-cinq ans sans jamais retrouver la même chose. Avec je dois le dire une petite préférence de ma part pour le sud, j’aime dès que les maisons sont un peu roses, qu’il y a des places de villages où on joue à la pétanque, les marchés, le soleil plus fréquent … Et puis c’est le pays où l’on mange le mieux au monde et comme les repas sont très importants pour moi, je peux dire que j’ai beaucoup de chance de vivre ici ! Mais en même temps, je trouve que la France a des côtés insupportables. Il y a un esprit français qui me déplaît. Le côté un peu chauvin et mal élevé à l’étranger. Et puis les gens un peu grognons qui ne savent plus sourire spontanément. C’est un pays où on a honte de gagner de l’argent, où on n’aime pas ceux qui réussissent. C’est un pays qui vous freine. Si je débutais aujourd’hui ma carrière, je partirais ailleurs. Si je n’avais pas ma famille, mes enfants, c’est évident, j’irais vivre aux Etats-Unis. c· est un pays impitoyable et très dur mais en même temps on vous pousse, on vous encourage à faire des choses. Ici dès que quelqu’un réussit, dans n’importe quel domaine, il va être regardé d’un drôle d’œil, on va trouver ça suspect, les rumeurs vont aller bon train … Et ça c’est insupportable.

G comme Garçon

J’aime bien être habillée comme un garçon, tout en restant très féminine. J’ai toujours aimé les grands pulls, les grandes chemises … Pour chanter je ne pourrais jamais mettre une tenue très féminine et pourtant je trouve ça très joli, les robes fourreaux, les bras nus mais ça n’est pas pour moi. Je me sens beaucoup mieux avec une veste d’homme, une chemise d’homme, une cravate …

H comme Humour

J’aime beaucoup rire et c’est fou ce que j’aime les gens qui me font rire ! Je crois que, quand on a de l’humour, on se sort de toutes les situations. Si on se voit avec un peu de recul, pratiquement toutes les situations compliquées peuvent devenir dérisoires. Je pense que mes enfants n’en manqueront pas parce que je suis une mère qui les amuse beaucoup. Je fais parfois des choses qui les étonnent, je fais le clown mais je sais que lorsqu’ils s’en souviendront ça les fera rire. L’humour ne rend peut-être pas la vie plus belle mais cela la rend moins sordide. Le seul moment où je manque totalement d’humour c· est quand j’ai vraiment le trac.

I comme Interview

Autant j’adore parler dans la vie, autant je déteste lorsque ça passe à travers un micro. Moi, moi, moi je, je, je, ça n’est pas ce que j’aime. J’aime bien parler avec des gens, les interviewer à mon tour pour les connaître, pour entrer dans leur univers. Mais il ne s’agit pas forcément de gens connus. Des tas de gens différents ont des histoires tout à fait passionnantes à raconter.

I comme Inspiration

J’ai essayé une fois d”écrire une chanson mais je ne suis jamais parvenue à la finir. Ça ne suttit pas d’avoir une idée. Avant un album, on en parle un peu avec Michel mais il travaille seul. Je ne lui ai pas demandé par exemple d’écrire une chanson sur “Babacar” mais quand je suis rentrée, je lui ai raconté mon histoire avec ce bébé et ï ai été très étonnée qu’il en fasse une chanson quatre mois après.

J comme Jeu

J’ai la passion des jeux. J’adore jouer surtout aux cartes, au poker, à la canasta … J’adore passer des soirées à jouer jusqu’à quatre heures du matin. C’est drôle, beaucoup plus drôle que de regarder la télévision.

J comme Journal

J’en ai écrit un pendant huit ans, et puis j’ai arrêté une dizaine d’années. Il se trouve que j’ai recommencé à la mort de Daniel (Balavoine) parce que je ne voulais pas raconter ma vie au jour le jour, mais plutôt des faits, des émotions que j’ai partagés avec des gens formidables que j’ai eu l’occasion de rencontrer à la mort de Daniel, de celle de Coluche, j’ai réalisé que j’avais oublié des tas de choses, ce qu’on s’était dit, comment les choses s’étaient passées entre nous. Je fais ce journal pour me souvenir des moments forts de ma vie. J’y colle des photos et je le relis parfois, c’est émouvant.

L comme Livres

Il n’y a pas de plus grand plaisir que de lire un livre qui vous plaît et d’être complètement transporté dans un univers. Quand je finis un livre, ça me poursuit pendant des jours et des jours, je m’identifie aux personnages, à l’histoire. Si c’est drôle, ça me donne la pêche, si c’est triste, c’est affreux. Je pleure en lisant et en y repensant. Quand j’aime un livre, je l’offre ou je le conseille à ceux que j’aime et j’adore qu’on m’en offre surtout si la personne qui me le donne m’y a écrit une petite dédicace.

M comme Métier

Je n’ai pas tellement eu à réfléchir pour savoir ce que je ferais comme métier parce que ça a coulé de source. Dans ma famille tout le monde est musicien, mes grands-parents, mon père … A douze ans je me disais que je serais actrice parce que je voulais faire quelque chose qui ne soit pas conventionnel. On était dans une famille avec peu d’argent et j’avais envie d’aller dans de beaux hôtels, de m’acheter plein d’affaires, de ne pas avoir la vie de tout le monde. La musique c’était naturel, j’étais toujours première en chant, je chantais tout le temps mais c’est surtout mon entourage, mon père qui ont décidé pour moi. Mon premier disque a marché tout de suite. Ça a été très facile, très simple et j’ai été lancée du jour au lendemain. A un moment, à 21 ans quand je me suis arrêtée, j’ai vraiment cherché ce que je pourrais faire d’autre mais c’est très difficile parce que c’est le métier le plus extraordinaire que je connaisse. Je ne connais pas un seul métier où on soit autant en contact avec les gens et où il y a un tel échange et ça, c’est fantastique.

N comme Nostalgie

J’ai la nostalgie du bien vivre, du temps passé, de la place perdue dans les appartements. Il n’y a plus de choses inutiles et je le regrette. Pour la cuisine c’est pareil, on achète tout en boite … J’ai la nostalgie des bonnes choses du temps passé. En revanche la science-fiction ne me touche pas du tout. Plutôt que d’aller sur la lune, je trouve qu’on ferait mieux d’utiliser l’argent pour régler le problème du cancer, des maladies infanliles. ou de la faim dans le monde.

N comme Notoriété

Je l’ai voulue puisque j’ai choisi ce métier mais en même temps je voudrais redevenir anonyme quand je ne chante pas. Je voudrais pouvoir vivre comme tout le monde car à cause de ma notoriété il y a beaucoup de choses que je ne fais pas. Je suis très angoissée par la foule ou à l’idée de rentrer dans un café seule. Si j’étais inconnue, j’aimerais bien que les gens me regardent mais là ça me gêne tellement. Mais en même temps c’est extraordinaire quand les gens viennent vous dire un mot gentil, quand ils vous font un petit signe en voiture. D’ailleurs, moi-même, je le fais très souvent. Si je me trouve par exemple dans le même restaurant que quelqu’un que j’admire et que je ne connais pas, je lui envoie un petit mot ou je vais lui dire que je l’aime.

O comme Organisation

Je suis la reine de l’organisation ! Comme j’ai un très grand sens du confort, je m’organise en ce sens. J’aime prévoir un taxi quand j’arrive de voyages par exemple, toutes ces petites choses qui rendent la vie plus facile. Je suis très prévoyante et je déteste donc être prise au dépourvu. Quand je pars en promenade avec mes enfants par exemple, j’emporte tout ce qu’il faut au cas où il pleuvrait, ou qu’ils aient chaud, faim, soif … je n’aime pas l’improvisation. Evidemment ça laisse peu de place à la surprise mais tant pis …

P comme Photos

J’aime bien voir les photos mais je déteste poser. Et surtout ce dont j’ai horreur, c’est qu’on me prenne en photo sans me le demander. Ça me met complètement hors de moi et je suis même capable de me jeter sur la personne qui fait ça. Moi, si on me photographie sans mon accord, c’est comme si on entrait chez moi sans être invité.

P comme Pudeur

Je suis très pudique et ça doit être pour ça que je met toujours des choses qui me couvrent sur scène. Il me serait absolument impossible de m’habiller comme Cyndi Lauper par exemple même si, sur elle, ça me fait rire. Moi, je serais horriblement malheureuse et gênée de bouger. Je trouve ça déjà tellement incroyable d” être sur scène avec 5000 paires d”yeux qui vous regardent. C’est presque indécent, impudique en tout cas, alors si en plus je devais être presque nue …

Q comme Qualités

Les gens que je préfère sont ceux qui font attention aux autres et qui donnent. C’est fou ce que les gens peuvent être renfermés sur eux-mêmes, alors que plus on donne, plus on reçoit. Cette qualité-là, ça doit s’appeler la générosité du cœur ou bien l’amour des autres tout simplement. Je n’envie pas les qualités des autres mais parfois je regrette de ne pas avoir fait davantage d’études. En fait, je ne suis pas sûre de moi et parfois ça m’ennuie. En même temps, j’aime les gens fragiles surtout les artistes. J’aime les gens qui doutent, ceux qui se remettent en question pour avancer.

R comme Rêves

Je rêve énormément, toutes les nuits, des beaux, des rêves affreux. C’est merveilleux quand on se réveille d’un beau rêve. Mes rêves préférés c’est quand je fais du cheval sur la plage alors que dans la réalité c’est quelque chose qui me terrorise. Et puis c’est aussi quand j’entre par hasard dans un hangar rempli d’objets que j’aime à des prix vraiment dérisoires !

S comme Succès

C’est indispensable pour qu’un artiste soit épanoui. On ne peut pas faire ce métier sans être reconnu. Mais on ne peut pas en avoir tout le temps, c’est en dents de scie et les moments durs n’arrivent pas forcément quand on se sent le plus fort. J’ai eu la chance extraordinaire de retrouver le succès d’une façon plus intéressante puisque je refaisais mon métier comme j’en avais envie. Avant, ça ne marchait plus parce que je faisais des choses qui ne me plaisaient pas, donc que je défendais mal. Aujourd’hui je suis en parfait accord avec ce que je fais. J’enregistre une chanson parce que je l’aime, pas parce que je pense que ça va être un succès. Il se trouve que ça marche et tant mieux, mais ça n’est jamais calculé. Mais si ça s’arrêtait je sais que je le vivrais très mal

S comme Séduction

On ne fait pas ce métier sans vouloir séduire. Moi j’ai besoin de séduire parce que je veux qu’on m’aime. Mes critères de séduction ne sont pas les mêmes pour les hommes et les femmes. Un homme pour me séduire doit être drôle et surtout, surtout avoir du charme. A une femme, je demande la complicité, j’ai besoin qu’elle écoute, qu’elle soit attentive et aussi qu’elle ait de la fantaisie. Tout ce qu’on attend d’une amie. Mais en général, je prends facilement les gens comme ils sont avec leur personnalité, leurs défauts, leurs qualités.

T comme Téléphone

Je hais ça. Le téléphone qui sonne me rend dingue. A la maison ça n’arrête pas, et il m’est arrivé de le jeter contre le mur, tellement excédée. Le vrai repos pour moi, c’est quand je me trouve dans un endroit où personne ne m’appelle et où je n’appelle personne.

T comme Temps

Je cours toujours après le temps. Je n’ai plus le temps d’aller au cinéma, de flâner dans les rues et quand je prends du bon temps, je culpabilise tout de suite. il y a ma carrière mais il y a aussi ma maison, mes enfants, Michel et finalement c’est en tournée que j’ai le plus de temps à moi. Parce qu’on s’occupe de moi, que tout est parfaitement organisé, que c’est un rythme régulier.

T comme Timidité

Je ne suis pas timide. Pourtant je rougis facilement Ce ne sont pas des gens, mais plutôt certains sujets qui m’intimident. Je crois qu’à partir du moment où on fait de la scène, on n’a plus peur de rien, plus peur des autres en tout cas.

U comme Uniformité

Je déteste les uniformes, l’uniformité.

V comme Voix

C’est mon cauchemar parce que j’ai la gorge très fragile et que j’ai tout le temps des problèmes. Quand je fais de la scène longtemps, il m’arrive d’être malade comme lors de mon dernier Zénith. A la cinquième chanson, plus aucun son ne sortait de ma bouche et je me suis mise à pleurer devant tout le monde. Entre deux sanglots, j’ai expliqué ce qu’il m’arrivait, c’est-à-dire la pire des choses pour une chanteuse. Les gens m’ont encouragée et j’ai pu terminer le spectacle mais c’est un souvenir terrible.

W: C’est comme au Scrabble, on retire la lettre.

X comme Xénophobie

Le racisme sous toutes ses formes est intolérable.

Z comme Zénith

J”attends ce moment, je trépigne avant ce grand rendez-vous. J’y serai à partir du 12 novembre 1987. J’ai fait de la scène à peine un an après avoir commencé à chanter. C’est un très, très mauvais souvenir. J’ai détesté ça. Pourtant je l’ai fait pendant cinq ans et je n’y ai jamais trouvé aucun plaisir. Quand j’ai décidé d’arrêter, ça a été un véritable soulagement. Quand il a fallu que je remonte à nouveau sur scène quelques années plus tard, ça n’a pas été simple mais je voulais savoir si j’étais passée à côté de quelque chose ou pas. Et j’ai connu enfin la vraie révélation à l’époque je recevais ce que je donnais, c’est-à-dire peu. Car j’étais très détachée de tout ça. J’ai débuté dans ce métier dans une inconscience totale. Je ne voulais rien savoir, je ne m’occupais de rien, ni de la vente des disques, ni de la pochette, ni de savoir s’il y aurait du monde dans la salle. Je n’ai commencé à faire ce métier et à l’aimer qu’en rencontrant Michel en 1974.

Magazine : OK !
Véronick Dokan
Date : 13 au 19 avril 1987
Numéro : 587