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Stéphane Colaro sur la balançoire entre Rik et France Gall

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Télé Star du 12 au 18 septembre 1987 : Stéphane Colaro sur la balançoire entre Rik et France Gall (presse)
Télé Star du 12 au 18 septembre 1987 : Stéphane Colaro sur la balançoire entre Rik et France Gall (presse)

Magazine : Télé Star
Date : du 12 au 18 septembre 1987
Numéro : 571

France Gall : Retour vers le Zénith

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1987 France Gall Presse France Gall retour vers le Zénith Cool N° 35 001
Elle a décidé de faire rêver avec des mots simples, des sentiments vrais, parce que la chanson n'est pas forcément futile, elle trimballe, via la musique ses idées, ses coups de cœur et ses révoltes.
1987 France Gall Presse France Gall retour vers le Zénith Cool N° 35 005

Elle a décidé de faire rêver avec des mots simples, des sentiments vrais, parce que la chanson n’est pas forcément futile, elle trimballe, via la musique ses idées, ses coups de cœur et ses révoltes.

En fin psychologue, le couple Michel Berger / France Gall s’est calqué sur le langage d’une génération teenager.

Mêmes préoccupations, mêmes angoisses face à la vie, mêmes refus des intolérances, ils sont à l’unisson de leur public. Chansons Intelligentes plutôt qu’engagées, elles sont pour son interprète : « Des chansons d’expressions qui reflètent ce que l’on a en soi. Les chanteurs sont des peintres de leur époque et moi je n’ai pas envie de faire des disques de distractions. »

Le message est passé cinq sur cinq, et depuis quelques galettes vinyliques France fait coïncider ses disques avec ses états d’âme, ses expériences. La Plus belle preuve en est sans doute le titre « Babacar » et sa petite histoire que tout le monde, ou presque connait aujourd’hui : « J’ai connu Fatou en 1986 à /’occasion d’un voyage pour Action École qui lutte contre la sécheresse dans le Sahel. Je lui ai dit que son bébé était beau. Elle a voulu me le donner … » Face à cet acte émouvant France et Michel ont choisi de s’occuper à distance de Babacar et de sa mère. Sauvés des problèmes de pauvreté, ils sont aujourd’hui à Dakar dans un appartement décent. France réalise à présent que « me donner cet enfant était un acte d’amour. Ç’en était un aussi de le refuser. »

De ses voyages en Afrique, le couple d’artistes n’en a pas retiré que de l’inspiration. Autre regard sur une autre vie. Incroyable réalité. Envie de faire quelque chose. « La dignité et la beauté de ces gens qui chaque jour se demandent ce qu’ils vont manger sont une belle leçon pour nous autres privilégiés … Depuis mon retour je regarde l’eau qui coule d’un robinet avec une conscience différente. Chaque goutte est si précieuse là-bas. Et Je ne supporte plus que mes enfants ne finissent pas leur assiette !»

En gardant une oreille à l’écoute des autres, l’ex-« poupée de cire », qui a grandi s’est en quelque sorte enrichie. « Je suis plus agréable à vivre. On se fait beaucoup de bien à soi en s’occupant des outres. »

Les autres, c’est aussi la petite famille, Pauline et Raphael, sur qui France veille avec une troublante attention maternelle. Battante sur tous les fronts, elle a « le sentiment profond de ressembler à toutes les femmes d’aujourd’hui qui font un métier, veulent réussir leur vie de couple et l’éducation de leurs enfants. »

Un rien féministe, elle avoue. « Ce qui m’étonne chez les femmes, est qu’elles finissent par y parvenir. » Le planning grignoté par toutes ces occupations, France ne néglige pas pour autant son métier. Son nouvel album qui regarde plus loin que les précédents est tout aussi attachant.

« C’est un album qui a la pêche, même si les chansons sont plutôt graves. » A l’écouter chanter, on pourrait croire qu’elle est auteur compositeur interprète. Union parfaite des deux talents, Michel Berger a sans doute des dons de voyance, de télépathie et de dédoublement de personnalité. France en est pleinement convaincue : « Ce que Michel écrit pour moi est si totalement en accord avec ce que je suis, ce que je sens, que c’est presque incompréhensible. Lorsqu’il m’a écrit « Cézanne peint », par exemple, il me l’a chantée au piano pour la première fois et je me suis mise à pleurer. C’était une émotion esthétique mais aussi quelque chose que je vivais si intensément moi-même que ça tient du surnaturel.

Admirative elle atteste le talent de son compagnon de vie : « Avec Michel, notre travail tient pleinement du miracle. Lui seul sait retranscrire des émotions fortes avec des mots simples, faire swinguer la syntaxe et deviner la moindre de mes pensées. En fait c’est la seule personne avec laquelle j’ai toujours voulu travailler parce que je me sens comme un poisson dans l’eau au milieu de ses chansons. »

Serait-ce une déclaration ? Surement, d’autant que le nouveau spectacle au Zénith sera encore une affaire de famille, des lumières à la mise en scène. « Ce que j’aimerais, c’est retrouver l’ambiance qu’on peut avoir dans un théâtre en plein air ou sur une place de marché. »

En tout cas, ce sera quelque chose de très différent de mon précédent show. Pas de danseurs, mais une section de cuivre, celle d’Earth Wind and Fire, et des surprises … » Fraiche et naturelle, elle sera telle qu’on l’imagine. « Pour moi la scène n’est qu’une pièce de plus dans ma maison. Je passe sans transition de ma cuisine au plateau, comme je passe de ma chambre à ma salle de bains. Je suis la même. Par exemple, Je ne porte jamais de costume de scène … » Équilibrée, France est comme elle le dit aujourd’hui en harmonie avec elle-même. Rêveuse mais réaliste aussi, elle se détache du cliché classique de la gentille petite femme-enfant qui ne parle pas trop haut. « C’est vrai je parviens bien à sauvegarder mon oasis familiale et je collectionne les disques d’or. Mais je ne suis pas une « bienheureuse », pour autant. Qui peut l’être aujourd’hui ? A moins de fermer les yeux, la bouche, et les oreilles comme les trois petits singes … »

Magazine : Cool
Date : Octobre 1987
Numéro : 35

Dossier France Gall

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Dossier France Gall
Dossier France Gall
Dossier France Gall

France Gall est née le 9 octobre 1947 à Noirmoutier. Elle connaît une enfance heureuse, choyée au sein d’une famille qui fait dans la musique depuis des générations.

Entre père, mère, frères, sœurs, chien et chat, Babou (c’est alors, son surnom) évolue dans trois demeures. La première est la propriété de Pourrain, dans l’Yonne. La deuxième, comme un refuge, n’est qu’une vieille caravane ancrée dans un jardin, à Noirmoutier.

Mais France vit surtout dans l’appartement des études parisiennes, pas loin de Vincennes, et où son père aime recevoir des copains : Bécaud, Aznavour, Nougaro, Gainsbourg … Il faut dire que papa Gall écrit les textes que chantent ces messieurs ! A cinq ans, la fillette semble déjà plus intéressée par les coulisses de l’Olympia que par ce qu’on apprend à l’école !

Ainsi entourée d’oreilles attentives, elle est toute à la musique. Elle commence à chanter à 15 ans, et c’est l’année suivante, en 1964, que débute sa carrière avec « Sacré Charlemagne », qui lui vaut une ribambelle d’admirateurs convaincus, et le surnom de « La petite ».

Mais Monsieur Gall n’écrit pas que pour Aznavour (« La Mama »), il garde quelques textes pour sa star de fille, et l’orchestre est dirigé par un de ses amis : Alain Goraguer. Très vite, le second 45 tours, “Les rubans et la fleur”, atteint le treizième rang du palmarès des ventes.

Petite sœur d’Alice au pays des rythmes et des lumières, France n’a que 17 ans quand elle se retrouve cinquième au tableau d’honneur des cracks, derrière Johnny, Richard Antony, Sylvie Vartan, Eddy Mitchell…

Sa mère, elle, lui sert de secrétaire et ce n’est pas une sinécure : l’interprète de « Ne sois pas si bête » reçoit en moyenne cinq cents lettres chaque matin!

France est déjà une travailleuse d’un perfectionnisme devenu légendaire aujourd’hui. Gainsbourg lui écrit même deux textes : « Poupée de cire, poupée de son » et « Les sucettes à l’anis », qui font d’elle une véritable Lolita de la chanson.

En 1965, elle atteint son premier million de disques vendus, à 18 ans ! Mais quitter ainsi les vraies poupées de son enfance, passer à l’âge adulte sans transition, être un « Bébé requin » qui doit montrer les dents … France se sent mal dans la peau d’une poupée de cire à qui on rêverait de couper le son ! Jusqu’à 25 ans, France vit chez ses parents parce qu’elle y est bien, très bien. Ce sont eux qui l’encouragent à voler de ses propres ailes, et ce sont eux qui finissent par partir !

Au début, elle a du mal à se débrouiller seule. Elle ne produit rien depuis longtemps, rien qui corresponde vraiment à ce qu’elle a au fond d’elle-même. Quand on a connu un tel succès aussi jeune, il faut rester au niveau, et c’est loin d’être facile. Ainsi entre 23 et 26 ans, France traverse une grande période de doute et envisage d’abandonner le métier. En 1973, elle entend une chanson intitulée « Attends-moi», d’un certain Michel Berger, qui écrit alors pour Véronique Sanson, Françoise Hardy … Elle va à sa rencontre et lui demande de composer pour elle. « La déclaration » est le point de départ d’une collaboration ou plutôt d’une complicité entre l’auteur-compositeur et son interprète.

Alors qu’elle était à deux doigts de « décrocher » du monde de la musique. France entame une seconde carrière et sort, en 1975, son premier 33 tours, qui est presque aussitôt disque d’or. Un carton pour « La déclaration », et deux ans plus tard d’autres cartons, mais d’invitation à un mariage cette fois : celui de France et de Michel, discrètement, mais pas secrètement. Tous deux veulent vivre à l’écart du show-biz, tout en ne parlant que de musique.

1976 : à 29 ans. France est devenue une vraie star de la chanson française. Il y a un « style » France Gall, à la fois décontracté et tout à fait recherché. Les Berger se sont installés près de Paris dans une isba, maisonnette folklorique russe, édifiée pour l’Exposition universelle de 1889. A l’intérieur, tout est meublé par France qui adore dénicher, dans les brocantes ou aux puces, de beaux objets 1930. Ils s’achètent même une Lincoln de 7 mètres, avec bar et télé couleur … la même que celle du président Kennedy !

Pour France, 1977, est une année de consécration avec un nouvel album classé premier de l’année : « Dancing Disco » ; les paroles et la musique sont signées … Michel Berger ! Il n’y a entre Michel et France aucun rapport de force, mais une adoration et un respect mutuels. France vend beaucoup de disques, Michel, lui, écrit tout autant. L’équilibre entre eux est parfait.

En avril 1978, Michel monte le spectacle de France pour le Théâtre des Champs-Elysées. Dix-huit filles sur scène pendant une semaine : un vrai triomphe ! France enregistre sur un double qui sort en 1978 les meilleurs morceaux de ce spectacle. Sa voix est chaude et très haut perchée, mais le timbre est clair. En décembre de la même année, elle met au monde une petite fille, Pauline.

1979 : c’est l’année de « Starmania », l’opéra-rock géant qui réunit entre autres Daniel Balavoine, Fabienne Thibault et Diane Dufresne au Palais des Congrès. Encore un succès hors gabarit !

A partir de 1979, France sort un disque d’or par an. Dans “Paris France” (1979), on trouve de superbes chansons dont le tube « Aime-là ». L’année suivante, le couple s’amuse même à se placer en alternance, et pendant des semaines, numéros 1 et 2 des ventes de disques, avec « Mademoiselle Chang » pour Michel et « Il jouait du piano debout » pour France. Elle prépare alors un nouvel album qui sort en 1981 : « Tout pour la musique» est disque d’or … quinze jours après sa mise en vente !

1981 : année de consécration et de bonheur puisque France met au monde un petit garçon : Raphaël.

France et Michel, ensemble ou séparément, sont à ce moment sur toutes les ondes radio, télé, dans les journaux. France travaille dix heures par jour à la préparation du show qu’elle donne au Palais des Sports, en 1982 : cours de danse, répétitions, interviews. Ce sera un spectacle de musique avant tout : pas d’effets extraordinaires ni de multiples changements de costumes, mais douze musiciens et une première, France au saxophone ! Quatre semaines de triomphe desquelles elle sort complètement épuisée.

Pour l’instant, France veut des vacances, des vraies, au bout du monde, pour réaliser un vieux rêve : découvrir, s’enchanter, se reposer. En Chine, endroit miraculeux, où sa célébrité n’a pas de prise. Pendant trois semaines, Michel et France s’y “ressourcent”. De ce voyage, France rapporte un album live mixé au Japon, qui sort en octobre 1982, en même temps qu’un film sur son dernier passage au Palais des Sports. Elle a aussi, dans ses bagages, le fil conducteur d’un nouvel album et de son prochain spectacle au Zénith ! Mais elle se donne auparavant deux ans pour faire une foule de choses en attente depuis trop longtemps : répondre à ses fans, assister Michel dans son travail, s’occuper de Pauline et de Raphaël. Pour eux, elle choisit une nouvelle maison, dans les bois, loin des regards indiscrets, où elle aime recevoir des amis. L’album « Débranche» sort en 1984. Enregistrées à Los Angeles, les paroles et la musique sont, comme toujours, de Michel. Quelques « grosses pointures » des studios américains y ont apporté leur collaboration, et le disque fait un malheur !

Entre Paris et Honfleur, France prépare pour septembre son spectacle au Zénith. Elle était d’ailleurs à l’inauguration de ce temple de la musique, assise entre le président de la République et Coluche (parrain de son fils Raphaël). Le thème du spectacle : « L’incommunicabilité ». A travers des chansons comme «Résiste», «Débranche», France veut lutter aux côtés des jeunes qui souffrent d’un monde déshumanisé et froid.

« Je crois, dit-elle alors, que le progrès a fait de nous des êtres souvent insensibles, qui ont perdu le goût des joies simples. »

Sur scène, il y a dix musiciens, trois choristes, cinq danseurs, un acrobate, des clowns et d’autres personnages fantasmagoriques. Après quatre semaines de triomphe, France prend la route pour une grande tournée. Quand elle revient, elle a beaucoup donné et s’accorde à nouveau un répit tandis que Michel fait ses disques et prépare un album pour Johnny.

Ensemble, ils s’engagent aux côtés de Daniel Balavoine et de Richard Berry dans une lutte qui leur tient à cœur depuis longtemps. Bien plus qu’une œuvre de charité, l’enjeu d’Action Ecole est d’offrir des mains et des cerveaux pour résoudre les besoins en eau, en écoles et en hygiène des pays sous-développés.

Après la mort accidentelle de « Bala », France reprend la direction d’Action Ecole et s’y consacre le plus possible. L’opération nommée «Delta» (très organisée, sur réseau minitel) la conduit au Sénégal et au Mali. Là, dans un village très pauvre, elle rencontre la très jeune Fatou, qui lui offre son bébé ! Ici, un enfant sur cinq meurt, et Fatou, étudiante, n’a pas de ressources. Bouleversée, France décide, malgré son envie, de laisser le bébé à sa mère et de leur permettre à tous deux de vivre mieux ensemble : elle prend donc en charge les études de Fatou à Dakar et l’avenir de Babacar, qui viendra en France, s’il le veut, quand il sera grand. De cette aventure naît une bien jolie chanson écrite par Michel, qui fait aussi de « Babacar » un clip vidéo.

1987 : c’est l’année France. L’album « Babacar » est sorti en avril, et elle nous prépare un nouveau spectacle, au Zénith (à partir du 12 novembre). Entre Michel et France, déjà treize ans de travail commun, dans la réussite et l’épanouissement de soi. Le bonheur, quoi !

Et s’il arrive parfois à France de murmurer qu’elle envisage d’arrêter de chanter, elle sait qu’elle ne quittera jamais le monde de la musique. Il n’est pas impossible qu’elle se lance dans la production : aider les jeunes, chercher de nouveaux talents, cela fait partie de ses projets.

A 39 ans aujourd’hui, France nous offre l’image simple d’une femme à la fois pudique, exigeante et énergique.

« C’est peut-être parce que je suis physiquement fragile, alors il faut que je donne le change. »


“Le sport est la meilleure préparation à la scène : une carrière de chanteuse est aussi une course de fond.”

“Comme je ne veux chanter que la musique que j’aime, je ne me vois pas chanteuse de Rock à 50 ans.”

“Quand je marche dans la rue et que quelqu’un m’arrête ou me fait un signe, c’est merveilleux.”

“J’aime bien avoir de longues périodes de calme pour me préserver du danger de ce métier : se donner trop et passer à côté de la vie.”

“Je ne peux être entourée que de gens qui sont des amours, sinon il y a un malaise.”

“Je ne peux pas dire pourquoi je me suis engagée à fond dans ACTION ECOLE, mais comment aurais-je pu ne pas le faire ?”

France Gall

Magazine : Les grands de la Variété
Date : Juin 1987
Numéro : 5

Poster des années 60 avec France Gall

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France Gall est une des rares chanteuses à avoir survécu au premier prix de « l'Eurovision » avec la chanson « Poupée de cire, poupée de son ».
France Gall est une des rares chanteuses à avoir survécu au premier prix de « l'Eurovision » avec la chanson « Poupée de cire, poupée de son ».

France Gall est une des rares chanteuses à avoir survécu au premier prix de « l’Eurovision » avec la chanson « Poupée de cire, poupée de son ».

Il est vrai que Gainsbourg, sensible à son charme de femme-enfant, lui avait fait du « sur mesure » avec « Annie aime les sucettes». Que de chemin parcouru depuis cette époque !

Sa rencontre avec Michel Berger a fait d’elle une des premières chanteuses françaises. Sur cette photo, France était partie au Japon où elle était très connue et extrêmement appréciée.

Magazine : Salut !
Date : du 15 au 28 juillet 1987
Numéro : 308

France Gall : “Ma rencontre avec Babacar a bouleversé ma vie”

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France Gall vient de passer quelques jours à Los Angeles avec Michel Berger, pour choisir les musiciens de son prochain spectacle au Zénith.
France Gall vient de passer quelques jours à Los Angeles avec Michel Berger, pour choisir les musiciens de son prochain spectacle au Zénith.
France Gall : "Ma rencontre avec Babacar a bouleversé ma vie"

Elle vient de passer quelques jours à Los Angeles avec Michel Berger, pour choisir les musiciens de son prochain spectacle au Zénith.

Parmi ses nouvelles chansons, « Babacar », qui n’est pas seulement au sommet du Top 30 mais le prénom d’un enfant du Sénégal dont elle s’occupe à distance, en espérant le voir très souvent chez elle en France.

France Gall rêve face au Pacifique sur la plage de Malibu. Elle est venue sur la côte Ouest avec Michel Berger pour choisir les musiciens de son prochain spectacle, dans lequel elle chantera bien sûr « Babacar », qui fait d’elle la première Française du Top 30, le classement des meilleures ventes de 33 tours. Une chanson mais aussi une rencontre qui a changé sa vie, dans un village de brousse au Sénégal. France était là-bas pour perpétuer sur le terrain l’œuvre d’Action École, ce mouvement en faveur de l’Afrique, qu’avait créé Daniel Balavoine, leur ami :

« C’était en janvier. J’ai vu ce petit bébé de 6 mois dans les bras de sa mère. Je me suis approchée pour lui dire combien je le trouvais beau. « Alors prends-le, m’a-t-elle dit-bouleversée. Je te le donne ». Cette femme aimait son enfant. Elle ne voulait s’en séparer que pour lui épargner une existence misérable. Je ne pouvais le lui enlever. Aussi, j’ai choisi de veiller sur lui de loin. Nous l’avons installé dans un appartement à Dakar, avec sa mère qui suit des cours de broderie. Il viendra nous voir régulièrement. Les enfants l’attendent avec impatience, ils sont heureux d’avoir un petit frère africain ».

Celui-ci a inspiré à Michel l’une des plus belles chansons de France, qui semble plus rayonnante que jamais : « Je suis plus agréable à vivre. On se fait aussi beaucoup de bien à soi en s’occupant des autres. Lorsqu’on découvre les conditions de vie des gens du Mali, on est à la fois écrasé par tout ce qu’il faudrait faire et porté par l’action. Depuis mon retour, je regarde l’eau qui coule d’un robinet avec une conscience différente. Chaque goutte est si précieuse là-bas. Et je ne supporte plus que mes enfants ne finissent pas leur assiette ».

A son retour des États-Unis, Pauline, 8 ans, et Raphaël, 6 ans sont partis avec elle en vacances à Ramatuelle, où une maison toute neuve les attendait : « Avec encore les peintres dedans précise France. Michel, qui a trop de travail avec la préparation de mon spectacle et celui de Johnny dont il est le metteur en scène, ne nous rejoindra que quelques jours … ».

Après quelques années passées à Rueil-Malmaison, la famille Berger est revenue dans Paris : « Nous avons souvent déménagé mais, cette fois, j’aimerais terminer mes jours ici. Michel, lui, est indifférent aux lieux. Il n’est chez lui nulle part. A chaque déménagement, il ne s’inquiète que de la place réservée à son piano. Pour tout bagage, il emporte ses notes de musique et ses rimes … ».

Ils auraient pu vivre à Los Angeles : « A un moment, nous avions envisagé de nous y installer pendant un an. Seulement, avec les enfants petits, cela nous a semblé trop compliqué. Peut-être plus tard. Los Angeles est une ville formidable pour les gens qui font notre métier. Je n’ai jamais eu de rêve américain mais je reconnais que, là-bas, on trouve une énergie et une émulation bien plus fortes entre les musiciens ». France a engagé les « cuivres » du célèbre groupe américain Earth Wind and Fire.

1987, c’est l’année publique de France. Dans le couple qu’elle forme maintenant depuis douze ans avec Michel Berger, l’alternance musicale fonctionne avec la rigueur d’un métronome : si l’un est en scène, l’autre reste en coulisses : « Mais, cette fois, trois ans se sont écoulés depuis mon dernier spectacle au Zénith, en septembre 1984 ».

Dès le mois d’août, elle commencera les répétitions du spectacle qu’elle présentera, pendant trois semaines, à partir du 12 novembre, au Zénith, également. Ensuite, France partira pour une tournée d’un mois, en mars, dans toute la France. « C’est la première fois, maintenant les enfants sont assez grands pour le comprendre et Michel restera près d’eux. Finalement, c’est pendant la durée d’un spectacle que je me repose le plus. Je me concentre sur une seule activité, même si je suis à la tête d’une petite usine qui emploie presque deux cents personnes. Mais je n’ai plus à courir faire des courses, à rencontrer les directrices d’école ».

Oui, France est à la fois plus grave et plus sereine. Une impression que l’on retrouve dans les nouveaux textes que lui a écrits Michel Berger. Son album, en forme de carnet de voyage, ce sont ses rencontres avec ces oubliés lointains. « J’ai vécu au Mali dans les conditions physiques les plus dures de toute mon existence mais je me sentais en accord avec moi-même ».

France Gall n’a pas pour autant l’intention de porter en bandoulière une charité exotique : Restons lucides et décents, dit-elle.

Être artiste, c’est d’abord porter en soi une dose obligatoire d’égocentrisme et de narcissisme. On est si gâté quand la vie vous permet de réussir et de faire ce que l’on aime : ce que je préfère, c’est travailler avec les musiciens sur scène ou en studio ».

A 39 ans, elle compte déjà vingt-deux ans de carrière et, si on lui demande pourquoi elle chante, France n’a qu’une réponse : « C’est comme me demander pourquoi je mange ou pourquoi je dors. Chanter est mon élément naturel. La scène est une pièce supplémentaire dans ma maison. J’y vais comme on entre dans sa chambre … »

Magazine : Télé 7 Jours
Article de Martine de Rabaudy
Date : du 11 au 17 juillet 1987
Numéro : 1415

France Gall : “Dans ma tête, j’ai toujours dix-huit ans”

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« Babacar » est son dernier tube. Signé Michel Berger, bien sûr. Et le Zénith est prévu pour novembre.
« Babacar » est son dernier tube. Signé Michel Berger, bien sûr. Et le Zénith est prévu pour novembre.
France Gall : "Dans ma tête, j'ai toujours dix-huit ans"

« Babacar » est son dernier tube. Signé Michel Berger, bien sûr. Et le Zénith est prévu pour novembre.

La baby star des années soixante à aujourd’hui plus de vingt ans de carrière derrière elle.

Mais elle dit se sentir toujours une adolescente et aimer encore les Malabar.

Je pense qu’on reste un enfant jusqu’à la mort, dit France Gall. Dans ma tête, j’ai toujours dix-huit ans. J’ai gardé la fraîcheur, l’enthousiasme de cette époque. Bien sûr, j’ai vieilli, je suis physiquement assez fragile. Je souffre d’hypertension. Alors, je ne peux plus faire certaines choses comme danser toute une nuit ou me mettre la tête en bas. Je me fatigue plus vite. Mais j’aime toujours les Malabar.

Le plus terrible, dans le fait de vieillir, c’est justement qu’on ne vieillit pas tant que ça. On a beau apprendre, de la vie et des choses, tout se passe comme si l’Histoire, le temps qui s’écoule, les avatars de l’existence, en même temps qu’ils nous marquent de façon irrémédiable, ne laissaient en nous aucune trace, glissaient à la surface, sans nous pénétrer.

La fraîcheur subsiste, tant bien que mal, certes, mais indestructible. Une fraîcheur charmante et désolante à la fois. Charmante parce qu’elle nous permet un regard à chaque fois renouvelé sur le monde, nous préserve des rancœurs tenaces. Désolante car on se dit que jamais rien ne sera en mesure de nous mettre du plomb dans la tête.

On ne saura jamais être autre chose que l’incorrigible enfant qu’on était autrefois et qui n’avait d’univers que ses songes. Désolante aussi car c’est la preuve qu’on ne peut échapper, qu’on le veuille ou non et quels que soient les évènements extérieurs, a soi- même, à son passé, à l’essence même de son être.

En évoquant sa carrière, de « Poupée de cire » à « Débranche », la presse ne cesse de s’extasier sur le fait que le bébé requin du temps des yéyés a bien changé. Rien n’est moins sûr. Avec sa blondeur décoiffée, son jean et ses baskets, l’innocence de son sourire léger comme si les aspérités de la vie n’avaient pas de prise sur elle, France Gall n’est pas aujourd’hui si loin de la baby star des années soixante qui chantait avec candeur « Sacré Charlemagne ». Elle avait quelque chose comme seize ou dix-sept ans, sa voix sucre d’orge ravissait les élèves de Janson-de-Sailly ou de Molière. C’était les temps bénis, annonciateurs sans qu’on le sache de mai 1968, où les enfants gâtés préféraient les volutes enivrantes des cigarettes américaines aux relents explosifs de la guerre d’Algérie. Les Beatles se préparaient à déferler sur le monde. Richard Anthony allait pour toujours entendre siffler le train et les « ados » se mettre aux scoubidous et à la mode Vichy. Insouciance. Jusqu’au jour où le pervers Gainsbourg fait chanter à France Gall ses fameuses « Sucettes à l’anis d’Annie » qui « coulent dans la gorge d’Annie » et « l’emmènent au paradis ».

« A cette époque, dit-elle, j’étais un gros bébé. Je mettais des minijupes parce que je trouvais ça beau et j’ai chanté cette chanson parce que je la trouvais jolie. Je ne comprenais pas grand-chose. Et quand j’ai réalisé, j’ai eu honte. »

France Gall quitte alors son parolier chéri et tombe en dépression. C’est l’après 1968, les années noires. Elle commence à faire un peu n’importe quoi, se met des perruques bicolores, pose avec des concombres sur la figure pour le compte de produits de beauté et les disques qu’elle enregistre ne plaisent plus. A l’ombre de Julien Clerc avec qui elle vit à l’époque, France Gall s’éteint doucement. On la croit finie, « out ». C’est sans compter avec le talent qu’elle a de s’acoquiner avec les « bons » du showbiz. Après Gainsbourg, ce sera Michel Berger. Il naîtra de ce mariage deux enfants, Pauline et Raphaël, et plusieurs gros succès : « La Déclaration », « Musique », « Cézanne peint », « Débranche » (sept cent mille albums vendus) et aujourd’hui « Babacar ».

« Tout ce que Michel écrit pour moi dit-elle, me correspond parfaitement. » Et pour cause. Ils sont de la même génération, ont en commun la même vision soixante-huitarde du monde. Aux antipodes de l’idéologie Tapie, de la morale stressante de la réussite par l’argent, eux prônent, par des chansons comme « Résiste » ou « Débranche », une philosophie idéaliste de la vie basée sur le bonheur le bien-être, la réussite affective : « Je suis contente de ce que je suis aujourd’hui, dit France Gall, parce que j’ai fait le choix de privilégier ma vie de famille. »

Un choix qui n’empêche pas le couple de s’occuper aussi des autres, puisqu’ils participent activement tous deux, depuis quelque temps, à une œuvre humanitaire créée par des enfants pour aider l’Afrique (Action École). On n’est pas loin, décidément, du « Peace and Love » de cet humanisme clamé à l’époque de Woodstock.

France Gall a d’ailleurs gardé une certaine nostalgie du passé, de cette période où les sourires naissaient plus facilement sur les lèvres et où les fleurs poussaient sur les chapeaux. Et même si elle dit être mieux dans sa peau, on sent qu’elle n’a rien oublié des états fébriles de l’adolescence et du spleen qui la caractérise : « Quand on a quarante ans, dit-elle, on est autant touché par la solitude que quand on a dix-huit ans. On est seul même quand on est deux. Je me sens souvent seule. »

« Barques luttant contre un courant qui nous ramène sans cesse vers le passé », disait F. Scott Fitzgerald. Mais pouvons-nous réellement quelque chose contre ce courant-là … »

Magazine : Télé Loisirs
Article de Marlène Amar
Date : du 1er au 7 juin 1987
Numéro : 66

Paroles Babacar

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Paroles de la chanson Babacar dans le magazine OK! N° 594 du 1er au 7 juin 1987
Paroles de la chanson Babacar dans le magazine OK! N° 594 du 1er au 7 juin 1987
Paroles Babacar

Paroles de la chanson Babacar.

J’ai ton cœur qui tape qui cogne
Dans mon corps et dans ma tête
J’ai des images qui s’entêtent
J’ai des ondes de chaleur
Et comme des cris de douleur
Qui circulent dans mes veines

Quand je marche dans ma ville
J’ai des moments qui défilent
De ton pays d’ailleurs où tu meurs

Ba-ba-car
Où es tu où es tu ?
Ba-ba-car
Où es tu où es tu ?

Je vis avec ton regard
Depuis le jour de mon départ
Tu grandis dans ma mémoire
Ha ha, ha ha

Ba-ba-car
Où es tu où es tu ?
Ba-ba-car
Où es tu où es tu ?

J’ai des mots qui frappent qui sonnent
Et qui font mal comme personne
C’est comme la vie qui s’arrête
J’ai des mouv’ments de colère
Sur le troisième millénaire
Tout casser et tout refaire
J’ai pas manqué de courage
Mais c’était bien trop facile
Te laisser en héritage un exil

Ba-ba-car
Où es tu où es tu ?
Ba-ba-car
Où es tu où es tu ?

Ta princesse de hasard
Est passée comme une étoile
En emportant ton espoir
Ha ha, ha ha

Ba-ba-car
Où es tu, où es tu ?
Ba-ba-car
Où es tu, où es tu ?

Où es tu, où es tu ? {4x}

Ba-ba-car
Où es tu, où es tu ?
Ba-ba-car
Où es tu, où es tu ?

Ba-ba-car
J’ai ton cœur qui tape qui cogne
Dans mon corps et dans ma tête
Ba-ba-car
J’ai des mots qui frappent qui sonnent
C’est comme la vie qui s’arrête

Ba-ba-car
Où es tu, où es tu?
Ba-ba-car
Où es tu, où es tu?

Ba-ba-car
J’ai ton cœur qui tape qui cogne
J’ai des images qui s’entêtent
Ba-ba-car
J’ai des mots qui frappent qui sonnent
Dans mon corps et dans ma tête

Magazine : OK!
Date : 1er au 7 juin 1987
Numéro : 594

France Gall : mes chansons sont mes miroirs

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France vit, vaque, rit, s'indigne, s'émeut. Michel, écoute, observe et sur son piano, sur sa feuille blanche, renaissent soudain ces moments, transposés avec la magie des notes et des mots.
France vit, vaque, rit, s'indigne, s'émeut. Michel, écoute, observe et sur son piano, sur sa feuille blanche, renaissent soudain ces moments, transposés avec la magie des notes et des mots.
France Gall : mes chansons sont mes miroirs

France Gall vit, vaque, rit, s’indigne, s’émeut. Michel, écoute, observe et sur son piano, sur sa feuille blanche, renaissent soudain ces moments, transposés avec la magie des notes et des mots.

Chansons miroirs que le talent et la complicité peuvent seuls engendrer. On en a la preuve avec le nouvel album de France, « Babacar ».

FM – Tu es contente de cet album ?

F. G. – De le voir terminé, oui, de l’avoir enregistré évidemment, de le vanter, c’est au public de le faire s’il l’aime. Ce que je peux dire, c’est que je me suis éclatée en chantant ces chansons.

FM – Comment Michel Berger travaille-t-il avec toi ?

F. G. – D’abord, il écrit tout seul. Il me regarde vivre il est la personne qui me connaît le mieux au monde, donc il s’inspire comme ça. Et quand il a terminé un couplet et un refrain, il me les montre. Et il ne continue que si ça me plaît.

FM – Si tu n’aimes pas ?

F. G. – Il la jette au panier en hurlant que je passe à côté d’un succès énorme, que ç’aurait été la chanson la plus forte de toutes. Et il me fait la tête pendant trois jours !

FM – Tu rejettes beaucoup de chansons ?

F. G. – Non, heureusement ! (Rire)

FM – Sur ce disque, « Babacar » il y a une histoire bouleversante que tu as vécue.

F. G. – Oui, c’est celle de « Babacar », justement. J’étais au Sénégal pour Action École que nous continuons depuis la mort de Daniel Balavoine et dans un petit village, une jeune fille m’a tendu son bébé âgé d’un mois, en me disant : « Je te le donne, je ne peux pas l’élever. Je dois retourner à Dakar finir mes études. Je suis seule. Son père m’a laissée » J’ai pensé que c’était dramatique car visiblement, elle adorait cet enfant et c’était par amour pour lui qu’elle me l’offrait, pour qu’il vive dans le confort. C’est assez courant dans ces pays que les riches prennent en charge des enfants pauvres. Même s’ils ne voient plus leurs vrais parents, il n’y a pas de drame. C’est une manière pour ceux qui n’ont rien d’éviter à leurs enfants de sombrer avec eux. Je n’ai pas répondu à cette demande et quand je suis rentrée en France, j’étais très perturbée. Même si j’avais l’intime conviction que je reverrais ce bébé ! J’étais si angoissée que j’ai confié mes soucis à plein de gens, à Michel en premier. De plus, je n’avais aucune possibilité de prendre des nouvelles là-bas. J’ai pensé avec horreur que peut-être l’enfant était mort bien que sa mère ait dit qu’elle l’allaiterait pendant deux mois encore. Il y a quelque temps, après que Michel ait écrit « Babacar », conscient qu’il devait le faire, on a décidé d’en faire un clip. Et je suis retournée au Sénégal, à Dakar. J’ai immédiatement demandé si on pouvait avoir des nouvelles de cette femme et de son enfant. Finalement, le soir même, ils débarquaient à l’hôtel, la mère était restée au village, Babacar était superbe. Quel soulagement ! Je les ai pris en charge et la mère va pouvoir élever son enfant et continuer ses études. J’ai risqué dans cette histoire de ne plus jamais être sereine.

FM – Ton appartement parisien est complètement aménagé maintenant ?

F. G … Oui, ç’a mis du temps mais c’est fini. J’ai adoré l’aménager, d’autant que Michel me laissait en plan, écrivant d’abord son propre album, puis celui de Johnny Hallyday. J’ai eu presque trois ans pour tout mettre au point. C’est un endroit calme, bien pratique. J’ai deux motifs de stress dans ma vie : la voiture et le téléphone. Celui de la voiture est presque résolu car je n’ai plus à venir de banlieue comme avant, pour le travail, les achats etc. En ce qui concerne le téléphone ! le cas n’est pas résolu ! (Rire). C’est curieux, Pauline et Raphaël, mes enfants, sont comme moi. Ils haïssent le téléphone. Quand il sonne, ça signifie que je dois les quitter, le temps de la communication, ou que je vais devoir m’absenter plus longtemps.

FM – Ils ont quel âge maintenant ?

F. G. – Six ans et huit ans. Raphaël, le cadet, est en dernière année de maternelle mais en rentrant de l’école, il apprend à lire, à écrire, à compter. Il prétend qu’à la maternelle il ne fait rien d’intéressant. Il est très à l’aise dans la vie, ce qui n’est pas le cas de Pauline. Elle a peur de tout, elle est sensible, émotive. Je crains qu’elle n’en prenne plein la figure si elle ne change pas. L’éduquer est délicat. Il faut qu’on l’arme. Mais, elle nous ressemble tellement, à Michel et à moi, que nous ne sommes peut-être pas les mieux placés pour la transformer !

FM – Quels sont tes projets ?

F. G … Un grand show sur la deuxième chaîne en juin, avec toutes les chansons de l’album. Les répétitions du spectacle du Zénith qui aura lieu en novembre et juillet pause vacances avec la famille avant de reprendre les préparatifs du Zénith, de rôder en province, en octobre.

Magazine : Foto Music
Interview de Claudine Sandford
Date : Juin 1987
Numéro : 15

France Gall – Les interviews politiques de Sophie Morceau

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FG - La politique, ce n’est pas pour moi. Je vais juste dans les réunions de François Mitterrand, parce que Johnny m'a dit que c'est super. Ou alors, pour Jack Lang, parce qu'il vient souvent dîner à la maison.
FG - La politique, ce n’est pas pour moi. Je vais juste dans les réunions de François Mitterrand, parce que Johnny m'a dit que c'est super. Ou alors, pour Jack Lang, parce qu'il vient souvent dîner à la maison.
France Gall - Les interviews politiques de Sophie Morceau

SM – Bonjour madame, je peux vous appeler tu ?

FG – Oui, pourquoi pas !

SM – Parlons tout de suite de ton nouvel album « Babar », qui vient de sortir sur les écrans, je l’ai beaucoup aimé, surtout le passage des sucettes à l’anis.

FG – Babacar !

SM – Toi-même.

FG – Non, je dis le titre de l’album c’est Babacar, du nom d’un petit garçon que Michel et moi on vient d’adopter et que Jane Birkin va nourrir au sein.

SM – Bon, mais les sucettes à l’anis ?

FG – Ce n’est pas dans mon nouvel album !

SM – Est-ce que pour vous-toi, la politique heu ?

FG – On vote pour la SACEM, je n’ai pas à le cacher. Pour moi chanter et vendre des cassettes dans le Sahel est un apostolat social.

SM – Accepterais-tu de poser nue dans un journal ?

FG – Oui, mais il faut faire très attention que le support soit artistique et surtout pas pornographique comme tu l’as fait toi, et à condition qu’il soit vendu dans les pays du tiers monde.

SM – Sûrement (rires, gloussements). Une question qui me brûle les lèvres, France Gall c’est un surnom qui te vient des matches de rugby ?

FG – (Soupirs.)

SM – Est-ce que vous-tu es prête à gouverner au centre ou bien à une alliance avec le CDS ?

FG – Si Michel et Balavoine me le demandent et à condition qu’on me laisse jouer du piano debout.

SM – Et pour qui vas-tu voter ?

FG – La politique, ce n’est pas pour moi. Je vais juste dans les réunions de François Mitterrand, parce que Johnny m’a dit que c’est super. Ou alors, pour Jack Lang, parce qu’il vient souvent dîner à la maison.

SM – Quel est le message, s’il y en a un, de ton nouveau film publicitaire « Barbapapa » ?

FG – Je veux que tout le monde s’aime !

SM – Je crois que l’on va être obligé de recommencer parce que j’ai oublié de mettre en route mon magnétophone, c’est bête hein ? Bon, parlons tout de suite de ton nouvel album « Ben Barka », qui vient de sortir sur les écrans.

FG – Bonjour, vous êtes bien au domicile de France Gall, je suis absente pour le moment, mais vous pouvez me laisser votre message après le bip sonore, merci de votre appel.

Magazine : Le Monstre – Le mensuel satirique
Date : Juin 1987
Numéro : 15

Au centre un superbe poster de France Gall

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Après un très long silence, France Gall nous revient avec un superbe album écrit, composé et produit par Michel Berger, et il ne fait aucun doute qu'elle triomphera à nouveau dans le spectacle qu'elle prépare pour mois de novembre.
Après un très long silence, France Gall nous revient avec un superbe album écrit, composé et produit par Michel Berger, et il ne fait aucun doute qu'elle triomphera à nouveau dans le spectacle qu'elle prépare pour mois de novembre.

Après un très long silence, France Gall nous revient avec un superbe album écrit, composé et produit par Michel Berger, et il ne fait aucun doute qu’elle triomphera à nouveau dans le spectacle qu’elle prépare pour mois de novembre.

Magazine : Rock News
Date : Juin 1987
Numéro : 18