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Le couple idéal : France Gall et Michel Berger

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Le couple idéal : France Gall et Michel Berger
Le couple idéal : France Gall et Michel Berger

Michel Berger et France Gall forment le couple idéal. Tous deux vivent à l’écart du show-biz, tout en ne parlant que de musique.

Se préserver ainsi, à l’inverse d’autres artistes, c’est peut-être là le secret de leur éternelle jeunesse.

Ils étaient faits pour se rencontrer et, depuis ce jour de 1974 où la Déclaration d’amour a été composée, France Gall et Michel Berger forment un couple idéal. Lorsque l’un se retrouve sur scène, l’autre ne le quitte pas des yeux dans les coulisses. Ainsi, Michel a-t-il composé, écrit et produit Babacar, la nouvelle chanson de France. Dans la foulée, il a tourné au Sénégal le clip de ce titre et se prépare à mettre en scène à partir du 12 novembre, au Zénith, le spectacle de son artiste préférée. Chacun prenant deux années sabbatiques lorsque l’autre travaille, ils n’ont aucun problème pour être totalement disponibles. Bien entendu, lorsque France passe à la télévision, Michel ne demeure pas pendu à ses basques. En revanche, lorsqu’il imagine une mélodie pour l’un ou l’autre, elle lui donne systématiquement un avis qu’il écoute.

Une merveilleuse histoire qui a commencé en 1973 lorsque France a, par hasard, entendu une chanson de Michel intitulée Attends-moi. Elle traversait alors une crise grave, ayant même interrompu sa carrière parce qu’elle ne voulait plus être la fillette de Sacré Charlemagne, de Poupée de cire, poupée de son ou Des sucettes à l’anis … Elle a immédiatement pensé: “Ce sera lui ou personne d’autre.”

Elle l’a rencontré, il lui a donné des conseils, il lui a défini son style et a mis des mois pour concrétiser son idée. L’amour n’est venu que deux ans plus tard; car, à les entendre, ils étaient faits l’un pour l’autre, même s’ils demeurent différents. Michel, beaucoup plus artiste, voire distrait, fait totalement confiance au sens du concret de France.

Il n’a jamais été capable d’installer quoi que ce soit dans un réfrigérateur. Elle se charge de remplir les placards, et de placer dans leur maison les bouquets de fleurs et les plantes vertes sans lesquels elle ne pourrait vivre. Elle s’occupe également de l’éducation des enfants, Pauline et Raphaël. N’ayant jamais accepté que la moindre photo de l’un ou de l’autre paraisse dans la presse, elle les préserve totalement du monde de show-business. Entre deux enregistrements ou deux apparitions à la scène, elle leur consacre chaque jour plusieurs heures de son temps. Lorsque, métier oblige, elle n’est pas là, elle ne cesse de prendre de leurs nouvelles.

Totalement unis, mais conservant un côté solitaire, France et Michel respectent de temps à autre, leurs libertés réciproques. Ce dernier rêve d’un tour du monde qu’il ne lui est pas possible de programmer pour l’instant ; et France approuve ce projet, même si cela doit les éloigner plusieurs semaines, voire des mois. Ils se complètent parce qu’ils ont vécu des destins parallèles. Tous deux ont commencé très jeunes, ont évolué dans les mêmes sphères. Ils figurent même sur une photo du magazine Salut les Copains au milieu d’une centaine d’artistes. Un document, puisque, au cours de la séance, ils ne se souviennent pas s’être adressé la parole.

Lorsqu’ils travaillent ensemble, ils prennent tous les risques, produisant leurs enregistrements et leurs spectacles. Malgré diverses pressions, ils ne comptent pas pour l’instant, se produire ensemble sur scène. Ce serait céder à la facilité.

Toutefois, ils ne rejettent pas complètement le projet. Ce sera sans doute pour plus tard, beaucoup plus tard …

L’héritage de Balavoine

Attentive à ce qui se passe dans le monde, France Gall a repris avec Michel Berger, à la mort de Daniel Balavoine, la direction d’Action Ecoles, un mouvement en faveur de l’Afrique, auquel elle consacre une partie de son temps. Outre le clip tourné l’an dernier, elle compte intervenir le plus possible et profiter de toutes les bonnes occasions de recueillir de l’argent. Ainsi va-t-elle bientôt donner à Amiens un spectacle dont les bénéfices iront à cet organisme.

Magazine : France Soir Magazine TV
Date : 10 au 16 avril 1987
Numéro : 13264

France Gall, Babacar et son clip

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France Gall, Babacar et son clip
France Gall, Babacar et son clip

France Gall sera l’invitée d’honneur de Grand Public le 10 avril.

Mais il faut croire qu’elle ne pouvait attendre jusque-là pour présenter son clip, Babacar (titre de son dernier tube) puisqu’elle viendra le faire dès le 3 dans cette même émission (après Champs-Elysées) dont l’invité principal est Sylvester Stallone. Promotion oblige !

  • Nom : GALL
  • Prénom : France
  • Née le : 9 Octobre 1947
  • A : Paris
  • Signe : Balance
  • PASSIONS : La décoration, le design de son appartement. Ses enfants, les voyages, l’Afrique, et désormais Babacar.
  • SIGNES PARTICULIERS : Courageuse, la poupée de son selon Gainsbourg des années 60, a réussi la performance rare de changer de style. Dynamique, tonique, volontaire, toujours jeune et fraîche, elle est à la pointe de la musique d’aujourd’hui avec toujours le même sourire, croqueur de vie.
  • PROJETS : Histoire de servir sur un plateau son nouvel album et de renouveler ses exploits scéniques de 84, France affrontera à nouveau le public parisien au Zénith à partir du mois de Novembre.
  • BLA BLA ! : Interprète idéale d’un pygmalion auteur et compositeur de confession, France Gall l’une de nos stars chanteuses a les mérites de sensibiliser les foules d’adolescents en manque d’amour. Humanitaire, cette fille de «bourgeois moyens» mène ses actions en chanson et en personne. Battante au delà des mots, elle défend les grandes cause avec son cœur et ses «jambes»
  • DISCOGRAPHIE : France Gall – Dancing Disco – Paris-France – Tout pour la musique – Débranche – Babacar

Magazine : Télé Journal – Plus cuisine
Date : 4 au 10 avril 1987
Numéro : 645

France Gall, un disque pour Babacar, son bébé Sénégalais

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France Gall, un disque pour Babacar, son bébé Sénégalais
France Gall, un disque pour Babacar, son bébé Sénégalais
France Gall, un disque pour Babacar, son bébé Sénégalais

Elle fait son grand retour, après trois années de silence.

Avec un nouvel album, intitulé “Babacar” : le nom d’un petit Sénégalais qu’elle a décidé de prendre en charge. France Gall n’a pas que du talent, elle a aussi du cœur.

Après trois années sabbatiques, France Gall a enregistré un nouvel album, et prépare le spectacle qu’elle donnera à la rentrée, au Zénith. “La scène me manque terriblement, et j’ai du mal à freiner mon impatience. J’aurais préféré retravailler plus tôt, mais Michel Berger était très occupé durant ces trois années : il a fait ses disques, puis il a écrit l’album de Johnny. C’était important pour lui. »

Et puis, un beau matin, le tour de France est arrivé.

« Quand il compose, il n’est pas à prendre avec des pincettes, c’est un moment que je redoute. Il rêve de partir deux mois loin, pour s’isoler, mais il a plein de choses à faire à Paris, alors il passe le plus clair de son temps dans son studio à la maison et nous ne sommes plus du tout branchés sur la même ligne. Si j’ai envie d’organiser un grand goûter pour les enfants, cela l’agace. Il lui faut un silence absolu. Il écrit un couplet, un refrain, et me les montre. Il me connaît tellement bien qu’en général cela correspond exactement à ce que j’ai envie de chanter. De temps en temps, je ne suis pas d’accord, alors il jette le texte au panier et me menace de trouver une autre interprète ! Elle rit à cette idée, forte de sa conviction que leur association est si solide que rien ne pourra jamais la troubler. Depuis “La déclaration”, la première chanson écrite pour France par Michel Berger il y a dix ans, chaque album composé par l’un, interprété par l’autre, est couronné de succès.

“Mon bébé, je te le donne”

Le dernier donc s’appelle « Babacar ». En hommage à ‘un petit Sénégalais que France a rencontré il y a un an. « J’étais déléguée par “Action Ecole” au Sénégal pour voir, sur place, ce que l’on pouvait faire pour aider les gens. Dans un village très pauvre, je suis entrée dans une case pour me reposer un instant. Il y avait là une jeune femme superbe, assise sur la terre battue. Elle tenait un tout petit enfant dans ses bras et, comme je lui faisais des compliments sur la beauté du bébé, elle m’a dit: “Je te le donne!” J’ai ri parce que je croyais qu’elle plaisantait. En fait, elle était très sérieuse.

«Elle avait dix-huit ans, elle était étudiante à Dakar, et elle était revenue pour accoucher, dans son village, de cet enfant dont le père avait disparu. Elle l’allaitait, mais elle savait que, bientôt, elle ne pourrait plus le nourrir, car elle était très pauvre. Elle voulait repartir à Dakar finir ses études et, plutôt que de laisser son fils mourir de faim dans son village, elle préférait me le donner. Tout naturellement j’avais envie d’accepter sa proposition, de partir avec le bébé, de l’élever au milieu de mes enfants. Il s’appelait Babacar, et il avait alors deux mois. J’ai pris des photos de lui, et j’ai beaucoup discuté avec Michel, qui m’a convaincue que je n’avais pas le droit de l’arracher à son pays, ses habitudes, sa famille. J’ai réalisé qu’il avait raison, et j’ai abandonné l’idée de l’adopter, mais j’en ai beaucoup souffert, j’avais des remords. J’avais déjà imaginé notre vie avec Babacar.

« Michel a écrit une chanson très triste, qui correspondait parfaitement à ce que j’ai ressenti à l’époque. Parmi les neuf titres de l’album, c’est celui que je voulais défendre en premier. Le mois dernier, nous sommes allés à Dakar pour tourner le clip de “Babacar”, dès le premier jour, j’ai confié à quelqu’un de l’hôtel le nom du village de l’enfant, et celui de sa mère. J’espérais, sans trop y croire, avoir de leurs nouvelles. Mais la distance de Dakar au village était grande, plus de cinq heures de route, et j’avais peu d’espoir. Le lendemain, nous avons tourné de sept heures du matin à huit heures du soir, mais lorsque je suis arrivée à l’hôtel, on m’a prévenue qu’ils étaient là!

“Toute la famille de Babacar m’attendait depuis quatre heures de l’après-midi. Ils étaient venus m’apporter l’enfant, et ce, malgré le conseil du village, qui avait décidé qu’il devait rester. Fatou, sa mère, s’est approchée de Michel et de moi et a dit à son fils : “Voilà ton père et ta mère”. J’ai appris que c’était chose courante, au Sénégal, de donner un enfant pauvre à une famille riche. Babacar est un petit garçon superbe. J’ai expliqué à la famille que je préférais assurer son avenir et celui de sa mère au Sénégal, et j’ai pris des dispositions pour leur acheter un appartement, des meubles, et leur fournir l’argent nécessaire à leur vie quotidienne. Fatou veut, après ses études de couture, ouvrir une boutique, et vendre ses propres modèles. Je l’y aiderai.”

De retour à Paris, France a parlé de Babacar à Pauline et Raphael, ses enfants qui le considèrent désormais comme leur petit frère.

“Dans quelques années il viendra faire ses études à Paris, ajoute France. J’ai reçu hier une lettre de son oncle, qui me dit : “Ton fils va bien”.

“Je suis très heureuse.”

Magazine : Télé Star
CHANTAL VAN TRI
Date : 4 au 10 avril 1987
Numéro : 548

L’année France Gall commence en Afrique

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L'année France Gall commence en Afrique
L'année France Gall commence en Afrique
L'année France Gall commence en Afrique

France Gall la battante revient ! Un album (avril), un spectacle (novembre), un combat (Action Ecole).

1987, c’est son année. Un bébé africain a transformé la poupée de son en femme d’action.

“Babacar … j’ai des moments de colère, sur le troisième millénaire, tout casser tout refaire, J’ai pas manqué de courage, Mais c’était bien trop facile, Te laisser en héritage, Un exil.”

France Gall appuie sur les mots. L’émotion s’installe. Demeure “Babacar”, c’est son histoire !

l y a un peu plus d’un an, France Gall et Michel Berger sont partis en Afrique pour « Action Ecole » ( quinze jours après la disparition de Daniel Balavoine). Ils sont allés dans la brousse, au Sénégal, pour mesurer l’étendue des besoins en puits, en écoles … Au terme d’un voyage épuisant, mais passionnant, ils s’arrêtent dans un petit village. « J’avais faim. Je suis entrée dans une case demander à manger à une femme. Elle avait un bébé dans les bras. Là, je me suis rendu compte du ridicule de ma requête. J’ai changé de conversation et je lui ai fait des compliments sur son bébé. Elle m’a alors dit : “Si tu le veux, je te Je donne”. Fatou était étudiante, sans mari et n’avait pas les moyens d’élever l’enfant. Elle devait repartir pour Dakar faire ses études en laissant Je bébé à la charge du village.

“J’ai pris des photos et j’ai demandé à réfléchir. J’étais bouleversée ! Nous sommes rentrés à Paris. Nous en avons discuté avec Michel. Finalement, j’ai décidé de ne pas le prendre. Je ne voulais pas Je déraciner. L’enlever à cette mère qui J’adore. C’était un acte d’amour de me Je donner. C’en était un aussi de Je refuser. Michel a écrit « Babacar » en y pensant. Je me culpabilisais. Il n’y a rien de pire qu’un enfant ‘lui meurt. J’avais si peur qu’il souffre”.

En Janvier dernier, Michel et France partent tourner leur clip. Un an après leur rencontre, Babacar et Fatou, sa mère, les attendent à leur hôtel.

Le cœur de France se met à battre ! Malgré la distance et le temps, elle s’est attachée au petit garçon. Pudique, elle ose à peine raconter la fin – heureuse – de l’histoire.

“Ils vont habiter Dakar dans un appartement avec une salle de bains pour lui inculquer les principes d’hygiène. En restant là-bas ils ne rompront pas avec leurs habitudes. C’est important”. France s’occupe également des études de Fatou et de l’avenir de Babacar. “Fatou étudie la couture. Elle a beaucoup de goût et de noblesse. C’est une très belle jeune femme. Elle a dix-huit ans”.

Un courant d’amitié est passé entre les deux femmes. Deux mères. A la maison, France en parle souvent. Pauline (8 ans) et Raphaël (6 ans), les enfants de France et Michel, attendent avec impatience leur petit copain qui, un jour, viendra étudier en France.

Si France porte une attention toute particulière à la chanson de Babacar, elle souhaite qu’on parle des autres titres. Cet album, elle l’adore ! Il balance entre l’Afrique ( “Babacar” ; “Quand le désert avance” … ) et l’Amérique (“Ella, Elle l’a”) une chanson tonique, gaie. Bref, dynamique ! Michel l’a écrite en l’honneur d’Ella Fitzgerald. “Nous lui avons demandé de figurer dans Je clip. Malheureusement, c’était impossible. Elle se remet très mal de son opération à cœur ouvert. Elle est en train de mourir de ne plus chanter”.

Chaque texte reflète un état d’âme. “Il y a une grande complicité entre Michel et moi. Notre expérience est unique. Si je ne l’avais pas rencontré il y a … douze ans, j’aurais tout arrêté. Il m’écrit des albums qui me ressemblent”. Chansons engagées ? “Non. Mais des chansons d’expression qui reflètent ce que l’on a en soi. Les chanteurs sont les peintres de leur époque et je n’ai pas envie de faire des disques de distraction”.

Signe des temps, les adolescents se retrouvent dans ses chansons. Chaque phrase, chaque mot réveillent en eux un écho. Le racisme, les droits de l’homme, la famine les préoccupent. Elle aussi. Sans démagogie.

Si elle n’avait pas été chanteuse, elle se serait tout autant investie dans des actions humanitaires. Question de tempérament. Belle déclaration !

Magazine : Télé Poche
Mirella LEPETIT
Date : 30 mars 1987
Numéro : 1103

France Gall va vous émouvoir avec Babacar

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France Gall : Son regard rieur s'assombrit, son visage d'enfant fragile se fige, sa gorge se noue quand elle évoque Babacar, ce bébé du Sénégal qu'une mère lui offrit en janvier 1986 dans un village de brousse.
France Gall : Son regard rieur s'assombrit, son visage d'enfant fragile se fige, sa gorge se noue quand elle évoque Babacar, ce bébé du Sénégal qu'une mère lui offrit en janvier 1986 dans un village de brousse.

Son regard rieur s’assombrit, son visage d’enfant fragile se fige, sa gorge se noue quand elle évoque Babacar, ce bébé du Sénégal qu’une mère lui offrit en janvier 1986 dans un village de brousse.

Un souvenir déchirant pour France Gall que Michel Berger a fait revivre par la magie de ses mots pastel et de ses notes qui vous mettent la tête à l’envers et vous vont droit au cœur.

Cette chanson pas comme les autres, que France Gall présentera ce soir à « Champs-Élysées » (A2, 20 h 35), marque son retour après deux années sabbatiques. Deux années pendant lesquelles elle s’est pleinement consacrée à sa vie de femme, de mère et d’épouse. Vingt-quatre mois qu’elle a mis à profit pour répondre à tout son courrier, pour s’occuper d’une manière active d’Action École, ce mouvement en faveur de l’Afrique qu’elle créa avec Berger et Daniel Balavoine, l’ami de toujours, et pour vivre en témoin attentif les nombreuses activités de son mari (disque pour Johnny Hallyday, disque pour lui, préparation du spectacle du Zénith puis tournée et enfin disque pour France).

Aujourd’hui la spectatrice qu’elle était se prépare à rentrer dans sa peau d’actrice. Avec au fond d’elle, une terrible envie de retrouver la scène du Zénith qu’elle occupera à l’automne prochain. Et une espèce de force incontrôlée et un enthousiasme tout neuf à l’idée de défendre les titres d’un nouvel album qui sortira début avril et le clip de Babacar réalisé par Berger, qu’elle présentera ce soir chez Drucker.

Un drame

Plus qu’une simple chanson, Babacar est une histoire bouleversante vécue au Sénégal voici maintenant plus d’un an. Une rencontre qui se transforme en drame, des instants de douleur, une décision arrachée par la réflexion et la curieuse impression d’avoir laissé là-bas un bout de son cœur, une partie d’elle-même.

« L’histoire de Babacar est triste reconnaît France Gall. Je revois cette mère me donner cet enfant. Pas pour s’en débarrasser mais pour qu’il soit élevé décemment. Une formidable preuve d’amour pour cette femme qui aimait son bébé, mais qui était prête à s’en séparer pour qu’il vive mieux. »

Ce geste plein d’espoir, ce cadeau de chair et de sang, le visage de cette mère, le regard de cet enfant restent autant d’images poignantes gravées à tout jamais dans la mémoire de France Gall. Immédiatement la surprise et l’embarras s’effacent devant d’innombrables questions qui reviennent dans sa tête comme des vagues de plus en plus fortes.

« Je n’ai pas voulu le mettre à table avec un couteau et une fourchette. Je n’ai pas pu envisager de l’habiller d’un costume, dit-elle. D’un autre côté, refuser c’était désavouer cette mère. Je ne m’imaginais pas le déraciner, le soustraire à sa terre, à son pays, à sa famille. A quinze ans que m’aurait-il dit ? »

Quand l’avion quitte la piste, France ne sait pas, ne sait plus si cette décision dictée par la sagesse et le bon sens est vraiment celle qui s’imposait. Soudain tout chavire. Ce qu’elle croyait bien devient mal et inversement.

« J’étais complètement perturbée, se souvient-elle. Tant que je n’ai pas eu de ses nouvelles, je ne savais pas si j’avais bien fait ou pas. »

Des moments très forts

Si aujourd’hui, il semble que France soit parvenue à y voir clair, je ne parierais pas que certains soirs elle ne s’interroge pas encore. Car sous ses dehors de femme heureuse, toujours prête à s’amuser de tout et de rien, sommeille une angoissée. Une hyper sensible qui subit son environnement, capable de joies intenses mais aussi de sérieux moments de déprime.

« J’aime la vie explique-t-elle. J’aime la bouffe et je me réjouis que ça m’arrive deux fois par jour. J’aime parler avec des gens, rentrer dans leur univers quand je vais faire mon marché dans le midi. Il y a dans la vie des moments très forts. Il suffit de les voir. Pour cela il faut se montrer attentif. »

Pudique, réservée, entière et authentique, France n’est prête à aucun compromis et à déroger à sa façon de vivre. Comme un « papillon de nuit » la lumière l’attire mais un solide instinct de conservation l’empêche de se brûler les ailes. Un papillon qui se transforme en cigale quand elle chante et en fourmi organisée quand elle se métamorphose en femme au foyer. Avec en prime un sens de l’organisation innée qui inspira son père qui n’hésita pas à lui attribuer le surnom de « Petit Caporal ».

Journal : France-Soir
Par Rodolph Hassold
Date : 21 mars 1987

La belle histoire de France Gall et Babacar

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La belle histoire de France Gall et Babacar
La belle histoire de France Gall et Babacar
La belle histoire de France Gall et Babacar

Babacar existe. La belle histoire France Gall l’a rencontré au fond d’une case de la brousse sénégalaise.

Une très jeune femme le nourrissait et France a fondu d’admiration devant Babacar.

« Tu le trouves beau, mon bébé, alors, prends-le. » France Gall a été bouleversée par l’offre. « Je voyais que cette femme adorait son enfant. Elle ne songeait à s’en séparer que pour assurer son avenir. »

Aujourd’hui, Babacar est devenu une chanson écrite par Michel Berger, et France présentera ce soir à Champs-Elysées le clip tourné à Dakar. L’histoire de Babacar finit bien : il est resté avec sa maman, France et Michel veillent sur lui de loin, financièrement. « Il va bien, dit France, et j’attends qu’il grandisse pour lui faire découvrir notre pays.»

En attendant, un nouvel album signé Michel Berger et chanté par France Gall sort en avril et tous deux préparent déjà un Zénith France Gall pour novembre prochain.

Magazine : France-Soir Magazine TV
Date : 21 mars 1987
Numéro : 13252

Allo … France Gall

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Allo ... France Gall
Allo ... France Gall
Allo ... France Gall

Le duo France Gall et Michel Berger est de retour.

« Babacar », leur nouveau-né, est déjà très présent en radio.

Ce 45 tours sera suivi dans quelques jours d’un album qui on l’imagine sera soigné tout comme ce premier extrait que nous aimons tous beaucoup à la rédaction de Top 50. France Gall parle de ce disque et de ses projets …

Depuis 84 tu n’avais rien enregistré. C’est un grand retour?

C’est un retour normal, deux ans après le temps que vive l’album « Débranche». Entre-temps il y a eu le Live du Zénith. Ce retour se fait tout d’abord avec un 45 tours « Babacar » qui sera suivi d’un album.

“Babacar” drôle de titre !

C’est pas simplement un titre, c’est avant tout une histoire vraie. En janvier 86, je partais au Sénégal avec Michel pour Action Ecole. Et alors que je me trouvais dans un petit village, j’entre dans une case où se trouve une jeune femme et son bébé. Tout simplement je lui dis “Il est beau ton bébé”, et là j’eus la stupéfaction de l’entendre me répondre “Il s’appelle Babacar, il te plaît, si tu veux je te le donne”.

En entendant ça, je fus étrangement surprise, et en même temps je me disais: est-ce qu’elle plaisante ? Pas du tout, par la suite elle m’explique un peu son histoire. “Mon bébé n’a pas de père, je suis jeune, je veux continuer mes études, je l’aime profondément mais il ne sera pas heureux. Emmène-le”. J’ai pris des photos, son adresse et de retour à Paris j’ai beaucoup réfléchi à ce problème. Je ne pouvais pas enlever cet enfant à sa mère, il aurait été toujours un déraciné.

Et le dénouement de cette histoire ?

Les problèmes de cette fille se sont bien arrangés et puis au lieu de m’occuper d’un seul enfant, je préfère me lancer dans une action plus large car là-bas il y a de très nombreux cas de ce genre.

Que devient Action Ecole ?

Même si Daniel Balavoine n’est plus là pour s’en occuper avec nous, Action Ecole continue. Avec Michel et moi, il y a aussi Richard Berry et de très nombreux étudiants sensibilisés par tout ce qu’il y a à faire dans ces pays démunis.

Et la naissance de cette chanson ?

Michel, qui était avec moi, a très bien compris ce que je ressentais et dès notre retour à Paris il s’est mis au piano et a écrit « Babacar » avec tous ces mots qui expliquent bien ce que j’ai vécu.

Vous êtes retournés en Afrique pour tourner le clip dont le réalisateur est Michel Berger …

Oui, Michel avait très envie de faire ce clip et avec l’aide de bons techniciens nous avons réalisé un très beau clip vidéo, enfin je l’espère.

Y aura-t-il bientôt un album ?

Oui, dans les semaines à venir il y aura un album, une nouvelle aventure débute … mais je suis déjà très heureuse de l’accueil fait à « Babacar ».

Aurons-nous la chance de te voir bientôt sur scène ?

C’est prévu pour la mi-novembre, en principe trois semaines au Zénith. Michel et moi pensons déjà bien sûr beaucoup à cette nouvelle série de concerts. Je garde un tellement bon souvenir de mon dernier passage au Zénith !

Beaucoup de promotion dans les semaines à venir ?

Je débute le 21 mars sur Antenne 2 chez Michel Drucker où je présenterai mon clip-vidéo. Ensuite le 3 avril je serai à « Grand public » toujours avec mon clip et à nouveau le 10 avril mais en vedette cette fois à « Grand public » de Patrick Sabatier. Donc tu vois ce n’est pas un marathon mais une cadence qui me plaît bien.

France Gall est heureuse de revenir dans l’actualité, de retrouver le public?

C’est toujours bien de retrouver les gens qu’on aime. Un nouveau disque c’est à chaque fois un bonheur, une belle aventure de promotion, de scène, et puis après je me fais un peu oublier, je retrouve ma famille, mes habitudes, on ne peut pas être toujours présent car il y aurait vite saturation.

Magazine : Top 50
Date : 16 au 22 mars 1987
Numéro : 54

France Gall a choisi Michel Berger comme réalisateur

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France Gall a choisi Michel Berger comme réalisateur
France Gall a choisi Michel Berger comme réalisateur
France Gall a choisi Michel Berger comme réalisateur

Depuis « Débranche », sorti en 84, nous attendions avec une certaine impatience sa nouvelle production.

Hé bien la voilà, le nouveau France Gall, « Babacar », est en radio. Ce 45 tours qui sera suivi en avril d’un album, est accompagné d’un très beau clip vidéo réalisé par son auteur-compositeur préféré, son mari, Michel Berger.

C’est en exclusivité que Salut ! vous propose ces émouvantes premières photos prises au Sénégal lors du tournage de « Babacar », un titre qui peut paraître étrange mais qui retrace une jolie histoire d’amour vécue entre France et un bébé sénégalais.

Janvier 1986, France et Michel partent au Sénégal pour Action Ecoles. Ils visitent plusieurs villages où ils dressent la liste de ce qu’il manque aux habitants : outils, semences, eau… France, Michel et Daniel Balavoine s’étaient intéressés de très près à ce problème humanitaire. Si Daniel n’est plus là pour défendre cette cause, France, Michel, Richard Berry et des étudiants continuent ce combat. Alors qu’ils sont dans un village, France entre dans une case où se trouvent une jeune femme et son bébé. France, émerveillée par la beauté de l’enfant, dit à la maman : “Il est beau ton bébé”. Et la mère de répondre sans attendre : “c’est vrai, si tu veux, je te le donne, prends-le et emmène-le avec toi, il s’appelle Babacar.”

En entendant ça, France est, on l’imagine, très surprise. Sa première réaction est de penser que la jeune Sénégalaise plaisante, mais très vite elle s’aperçoit qu’il ne s’agit pas du tout d’un gag, bien au contraire. France lui demande alors des explications.

“Mon bébé n’a pas de père, je suis très jeune, je veux vivre, partir à Dakar pour continuer mes études et je ne pourrai pas continuer à l’élever. Je l’aime, c’est mon enfant, mais emmène-le avec toi”.

France reste sans voix devant de tels propos. Son cœur de mère est attiré vers ce bébé, mais en même temps elle pense à cette fille qui, par la suite, risque de regretter son geste. France prend plusieurs photos de Babacar et de sa maman, puis note son adresse. Cette rencontre la perturbe beaucoup. De retour à Paris, elle demande conseil autour d’elle. En réfléchissant bien au problème, France s’aperçoit très vite qu’elle ne pourra pas enlever l’enfant à sa mère et à son pays, qu’il sera toujours un déraciné.

Sa conclusion : “Je n’ai pas le droit de l’enlever aux siens.” Et puis elle pense aussi aux autres enfants dans le même cas, par milliers en Afrique, et préfère s’engager dans une action plus large. Michel Berger qui partage toutes ses émotions, se met au piano et compose cette très belle chanson qui reflète bien les sentiments d’amour de France pour Babacar. L’album qui sortira en avril nous promet d’autres belles surprises.

Que ses fidèles admirateurs se rassurent, France sera de retour sur scène au Zénith à partir de la mi-novembre pour trois sernaines. Une série de concerts de qualité, supervisés comme d’habitude par Michel Berger qui fait avec ce clip vidéo ses débuts de réalisateur, mais qui pouvait mieux que lui mettre en images « Babacar » ? Une émouvante histoire qui est aujourd’hui une excellente chanson.

Magazine : Salut !
Daniel Moyne
Date : 11 au 24 mars 1987
Numéro : 299

La Chine au Zénith avec France Gall, Jean-Jacques Goldman, Michel Berger

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La Chine au Zénith avec France, Jean-Jacques, Michel
La Chine au Zénith avec France, Jean-Jacques, Michel
La Chine au Zénith avec France, Jean-Jacques, Michel

Première mondiale. Michel Denisot est allé enregistrer son émission “Zénith” sur Canal+, en Chine.

Carrément. Et histoire de vraiment nous jeter par terre, il a emmené avec lui France Gall, Jean-Jacques Goldman et Michel Berger ! Salut ! vous raconte !

La Chine ! De ce côté-ci, en Occident, on n’en parle pas souvent de ce pays atteint de gigantisme. 9 550 000 kilomètres carrés ! Un milliard et quarante millions d’habitants ! (« et moi, et moi, comme chantait Jacques D.). La Chine, c’est le berceau de l’une des plus anciennes civilisations du globe. Au début de ce siècle, les Occidentaux ont essayé de mettre le grappin sur ses trésors. Mais finalement après la Seconde guerre mondiale, Mao TséToung (ou Mao Tsô-Tong selon votre prononciation) et ses communistes ont jeté les blancs-becs dehors, et fermé, les frontières, histoire de se faire une grosse révolution tranquillement. La Chine avait toujours été jusque-là un pays plutôt mystérieux mais, à partir des années 50, on aurait presque pu croire qu’on l’avait effacé de la mappemonde. Motus et bouche cousue (un supplice chinois particulièrement raffiné). Et puis, depuis quelques années, une certaine détente vis-à-vis de l’Occident a commencé à s’amorcer. Echanges commerciaux et culturels. Voyages organisés sur la fameuse Muraille ! Plus doucement, on a même commencé à voir des images de Chine. Des photos, des reportages et même des films de fiction ! Ouais ! Des Occidentaux qui tournent des films en Chine ! lncrédible ? Et pourtant en ce moment même à Shangaï, Jacques Dorfmann tourne “Le palanquin des larmes”, tiré du livre de Chow-Ching-Lie, 35 millions de francs de budget, 20 000 figurants, tournage : interminable ! Une coproduction franco-chinoise. Un événement donc !

Et c’est bien ce que pense Michel Denizot, brillant responsable de l’émission « Zénith » sur Canal+, lorsque les gens de la production du film lui ont proposé de venir faire un reportage sur place pour son émission. C’était en septembre. Contacts sont pris avec les autorités chinoises. Et puis de fil en aiguille, Michel et ses comparses se demandent si, quitte à faire quarante heures de voyage (l’aller et retour), ça ne vaudrait pas le coup de mettre carrément une émission de “Zénith” en boîte.

De là à en faire plusieurs, il n’y avait qu’un pas. Vite franchi. Et, tant qu’à faire, pourquoi ne pas emmener quelques invités. Des chanteurs. Le choix s’est rapidement porté sur Jean-Jacques Goldman et le couple Berger-Gall (mais comme le précise Michel Denisot en rigolant : “si on avait pu emmener quinze chanteurs, on les aurait trouvés très rapidement !”). Vingt heures de trajet donc. Dans l’avion, vingt personnes, techniciens compris. Jean-Jacques en profite pour faire écouter l’album de Hallyday sur lequel il a travaillé. France Gall, au-dessus de New Delhi, branche la cassette avec ses nouveaux titres à sortir en mars. Voyage musical. A. Shanghaï, cinq jours de travail les attendent. Reportages, plateaux et play-backs. Tout en extérieurs évidemment, même les plateaux de présentation de Michel. Côté reportages, la caméra de « Zénith » a fait un gros plan sur la mode et le rock en Chine. Commentaire de Michel Denisot : “Le seul groupe rock intéressant étant jugé trop subversif, il est en prison. Les autres sont encore un peu sirupeux”. Mais les grands moments du tournage de- ces cinq émissions de “Zénith” furent sans aucun doute lorsque les trois chanteurs interprétèrent en public certaines de leurs chansons. Ebahissement général de la foule. Côté musique occidentale, les Chinois n’avaient eu droit officiellement jusqu’à maintenant qu’aux concerts de Jean-Michel Jarre et de Wham !

Là, ils ont pu faire connaissance avec la chanson française. Goldman, Berger, Gall, ambassadeurs de la musique. Imaginez un peu Jean-Jacques chantant « Je marche seul » au milieu de milliers de Chinois dans les rues de Shanghaï. Ou encore l’étonnement et la curiosité légitime des foules en voyant une femme, blonde de surcroit, chanter parmi eux ! Ces cinq émissions de “Zénith”, vous les avez peut-être déjà vues sur Canal +.

Espérons-le car vous aurez assisté â la première émission de télé occidentale tournée en Chine. Et puis comme Michel Denisot n’est plus â un record près, sachez que ces cinq éditions de son émission vont être diffusées deux fois sur les réseaux télé chinois. Un milliard et des brouettes de téléspectateurs ! Quel est l’animateur du petit écran ou le chanteur qui n’en a jamais rêvé ?

Magazine : Salut !
J.P. Festin
Date : 14 au 27 janvier 1987
Numéro : 295

France Gall, voyage au bout du Monde

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France Gall, Michel Berger et Jean-Jacques Goldman : voyage au bout du Monde
France Gall, Michel Berger et Jean-Jacques Goldman : voyage au bout du Monde

Retranscription impossible : L’orientation, le contraste du fond et des caractère sont trop importants, la reconnaissance visuelle est impossible.

Magazine : OK !
Date : 12 janvier 1987
Numéro : Inconnu