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France Gall en 1987

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Le 3 avril 1987, les bacs des disquaires affichent un portrait en contreplongée de France Gall. C'est l'album phare de la chanteuse, Babacar.
Le 3 avril 1987, les bacs des disquaires affichent un portrait en contreplongée de France Gall. C'est l'album phare de la chanteuse, Babacar.

Le 3 avril 1987, les bacs des disquaires affichent un portrait en contreplongée de France Gall.

Sous l’objectif noir et blanc de Bertrand Crouzat, la pénombre encadre les épaules nues, les longs cheveux négligemment décoiffés et le regard absent de la chanteuse. Quelque chose l’appelle, l’attire, peut-être ce nom, discret, en haut à droite de la pochette, « Babacar ».*

Note sur les crédits : Il arrive fréquemment que des œuvres soient diffusées sans que le nom de l’auteur soit mentionné. Ces pratiques sont illégales au sens de l’art. L.121-1 du CPI. Lorsque nous connaissons le nom de l’auteur de la photo, il est toujours mentionné. Si vous constatez une erreur, un manque, ou que vous souhaitez le retrait d’une photo dont vous êtes l’auteur : contactez-nous.

*Sources des textes : France Gall l’intégrale / L’histoire de tous ses disques par Norman Barreau-Gély aux Editions EPA avec les pochettes de France Gall Collection

Discographie de France Gall (spécial Salut les copains)

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Discographie de France Gall (spécial Salut les copains)
Discographie de France Gall (spécial Salut les copains)

La qualité générale de ce document original ne permet pas une reconnaissance visuelle automatisée et une retranscription en tant qu’article.

Magazine : Jukebox Magazine
Date : Janvier et Février 1987
Numéro : 11

France Gall : ce que j’ai vu au Mali

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Article retranscrit, signé France Gall :
Déléguée par l’organisation humanitaire Action École, France Gall s’est rendue au delta du Niger.

Elle raconte, dans le premier article de sa vie le bouleversant combat d’une population acharnée à survivre.

Ecrire un article, pour moi, c’est comme chanter sur scène pour un écrivain. Au départ, c’est pas mon truc ! Je suis plutôt quelqu’un qui regarde, qui sent les choses. Pas qui parle.

Souvent on me demande pourquoi je me suis engagée à fond dans Une opération humanitaire comme “Action École”.

Je ne peux pas répondre à cette question. Mais je me rends compte chaque jour, et plus encore au retour de ce voyage-mission au Mali, que la vraie question qui pourrait se poser est : « Comment aurais-je pu ne pas le faire ?»

Dans le premier journal “Action École” envoyé à 94 000 classes dans les écoles, les collèges et les lycées en janvier dernier, j’ai écrit que, lorsque j’étais adolescente, mon sentiment d’impuissance devant les souffrances des autres et l’injustice m’avait étouffée. J’aurais aimé pouvoir agir, et ainsi me sentir moins inutile devant l’absurdité du monde des adultes. J’aurais trouvé fantastique qu’il existe un mouvement comme Action École pour exprimer ma révolte. Aujourd’hui, cet engagement assouvit cette soif de justice qui ne m’a pas quittée et me permet, enfin, de faire quelque chose ; l’absurdité n’a d’ailleurs pas non plus quitté le monde des adultes.

Agir. Tout est là. Le fait d’écrire ce que je ressens est déjà en soi une action. Je ne l’ai jamais fait. Et, en mesurant la difficulté de la tâche, je sais que je ne le referai probablement jamais. Engagée oui, mais pas en littérature.

Pourtant, ce voyage jusqu’au cœur du delta du fleuve Niger, au Mali, là où va se dérouler l’opération Delta, j’ai envie d’en parler. Dire : j’ai vu des enfants rire et jouer ; au moins vingt sur cent n’atteindront pas l’âge de 5 ans. Dire : j’ai vu des femmes acharnées au travail ; elles n’auront plus de mil à piler demain. Dire : j’ai vu des hommes qui veulent construire l’avenir; ils sont obligés de survivre au jour le jour. Dire : j’ai vu le désert, sa force et sa beauté. Dire : tout a l’air perdu et tout est possible.

C’est étrange comme un voyage comme celui-ci remet les choses à leur place. Non pas que je tombe dans le piège absurde de la culpabilité. Au contraire. De constater à quel point je me sens si naturellement proche d’êtres qui semblent éloignés, si normalement concernée par des problèmes qui apparaissent complexes et réservés aux “spécialistes”, me conforte dans l’action.

Le contact est facile avec le Premier ministre du Mali exprimant la volonté de son gouvernement de voir cesser l’aide alimentaire massive et aveugle, ou les gigantesques projets de développement, véritables gouffres financiers aux résultats incertains. Et le courant passe aussi avec cet ancien : ce “vieux papa” qui, sous l’arbre à palabres d’un village à quatre heures de pirogue de la première piste, se révèle être le président des parents d’élèves d’une école désertée pour cause d’éloignement. Le discours, le souci, le jeu de la séduction et de la conviction me sont, malgré tout, familiers.

Et puis, il y a la beauté. Et la beauté, cet instant d’harmonie à l’intérieur de soi, qui s’impose, elle est partout au Mali. Dans les choses et dans les gens.

Dès la sortie de Bamako, la capitale rouge, affairée et bruyante, dans le sud, dont la production agricole suffira cette année à nourrir tout le pays et jusqu’à l’océan d’eau douce recouvrant la moitié du delta, on est stupéfait ! Quoi ! pas de désert ? Comment ? Il pousse du petit mil à profusion et du sorgho ? Et du maïs ? Et du riz ? Il y a même des baobabs tranquilles sous le soleil.

Et puis, la beauté change de couleurs et d’odeurs plus on avance au nord. C’est d’abord la brousse et sa mélancolie. Puis le désert, sa majesté et le danger qui plane. Son talon d’Achille : l’eau qui dort sous ses dunes et le fleuve Niger qui l’irrigue. Ses plus farouches ennemis : ces hommes et ces femmes décidés coûte que coûte à se battre. A le battre à coup de plaines irriguées et de rizières. A coup de motopompes et de canaux d’irrigation.

Cette lutte a sa beauté et sa noblesse comme celle que mènent les femmes qui travaillent sans relâche dans les champs, élèvent leurs enfants, s’occupent de leur maison, des repas et, toujours en retrait, soutiennent leurs hommes d’un sourire volontaire.

Ces luttes, on ne peut pas en être spectateur. On veut très fort la victoire des hommes, de l’eau et des rizières. On la veut cette victoire, car ainsi on pourrait se réconcilier avec la beauté du désert.

Parce que c’est aussi dans le désert du Mali que Daniel Balavoine a disparu. Daniel qui était le 13 juillet 1985 à Wembley au concert Live Aid, organisé par Bob Geldof. Je me souviens de sa colère comme la nôtre, à Michel Berger, Jean-Jacques Goldman et moi, parce que la France n’y participait pas. Et on trouvait ça minable. Je me rappelle encore Daniel qui nous demandait de participer à Action École et avec qui on se réjouissait d’en voir la réussite.

Et comment oublier cette nuit, près de Gourma Rharous, justement dans le nord du delta, quand un accident d’hélicoptère nous a séparés pour toujours … Mais ce n’est pas le souvenir de Daniel qui me pousse à continuer d’agir avec Action École. Ce n’est pas non plus que je sois quelqu’un de bonne volonté. A la limite, je me méfie de la bonne volonté. Mais plutôt le sentiment d’avoir à terminer une entreprise, une aventure ou une guerre, dont les motivations s’accordent avec ce que je pense et ce que je ressens.

L’enjeu est essentiel : la dignité dont je voudrais voir imprégné le monde dans lequel je vis et dans lequel vivront mes enfants. Égoïstement.

FRANCE GALL

ACTION ÉCOLE OPÉRATION DELTA – L’ÉCOLE EN GUERRE POUR LE DÉVELOPPEMENT

Le 6 octobre, Action École, sous l’impulsion de Lionel Rotcage, a lancé une nouvelle et massive opération Intitulée Opération Delta. Son objectif : faire en sorte que dans ce qu’on appelle la région du Delta, au Mali (30 000 km2), ses quelque 500 000 habitants reçoivent le soutien qu’ils demandent et puissent dire au plus vite : “Merci, on n’a plus besoin de votre aide”.

A la différence de la première opération (L’École en Guerre contre la Faim) – qui était ponctuelle, d’urgence et qui a vu 900 000 écoliers, collégiens et lycéens français, en trois mols, envoyer plus de 2 000 tonnes de produits alimentaires au Soudan et en Éthiopie, en faire transporter 25 000 autres bloquées à Port-Soudan, et acheter en Éthiopie pour plus de 10 millions de francs de semences, d’engrais et d’outils agricoles – !’Opération Delta est une première dans le domaine de l’aide au développement.

Les élèves français vont pouvoir choisir, sur Minitel, parmi plus d’une centaine de projets de développement, dans tous les domaines, celui qu’ils aideront à réaliser tout au long de l’année. Ils pourront en suivre l’évolution et entrer en contact avec d’autres comités Action École qui cofinanceront le même projet. A travers l’opération Delta, l’objectif d’Action École est de déclencher la guerre pour le développement. Développement sur le terrain, en Afrique plus spécifiquement. Développement des mentalités en France. Au Mali, Action École a conclu un accord avec des O.N.G. (Organisations Non Gouvernementales) qui travaillent déjà sur le terrain et bénéficient des accords cadres avec le gouvernement malien. Cet accord prévoit que les O.N.G. réaliseront les projets de développement qu’elles ont sélectionnés et proposés aux comités Action École.

Pour les organisateurs d’Action École, le propos n’est pas de faire exploser un potentiel de charité qui existe chez les jeunes gens, mais de développer à travers une aventure le besoin de comprendre et le désir d’agir.

Magazine : ELLE
Par France Gall
Photos : Thierry Boccon-Gibod
Date : 13 octobre 1986
Numéro : 2127

France Gall en 1986

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L’écriture de l’album « Babacar » débute en avril 1986. « Quand Michel compose, il n’est pas à prendre avec des pincettes, c’est un moment que je redoute.
L’écriture de l’album « Babacar » débute en avril 1986. « Quand Michel compose, il n’est pas à prendre avec des pincettes, c’est un moment que je redoute.

L’écriture de l’album « Babacar » débute en avril 1986.

“Quand Michel compose, il n’est pas à prendre avec des pincettes, c’est un moment que je redoute. Il rêve de partir deux mois loin, pour s’isoler, mais il a plein de choses à faire à Paris, alors il passe le plus clair de son temps dans son studio à la maison et nous ne sommes plus du tout branchés sur la même ligne.”*

Note sur les crédits : Il arrive fréquemment que des œuvres soient diffusées sans que le nom de l’auteur soit mentionné. Ces pratiques sont illégales au sens de l’art. L.121-1 du CPI. Lorsque nous connaissons le nom de l’auteur de la photo, il est toujours mentionné. Si vous constatez une erreur, un manque, ou que vous souhaitez le retrait d’une photo dont vous êtes l’auteur : contactez-nous.

*Sources des textes : France Gall l’intégrale / L’histoire de tous ses disques par Norman Barreau-Gély aux Editions EPA avec les pochettes de France Gall Collection

France gall : je suis douée pour le bonheur

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Je suis douée pour le bonheur
Je suis douée pour le bonheur

Retranscription impossible : L’orientation, le contraste du fond et des caractère sont trop importants, la reconnaissance visuelle est impossible.

Magazine : OK !
Date : 9 au 15 septembre 1985
Numéro : 504

France Gall : je suis au mieux avec mon époque

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J'aime France. Car derrière la femme sensuelle se devine encore la petite fille. Savoir rester une enfant est une source formidable d'énergie. Voilà son jardin secret
J'aime France. Car derrière la femme sensuelle se devine encore la petite fille. Savoir rester une enfant est une source formidable d'énergie. Voilà son jardin secret

“J’aime France Gall. Car derrière la femme sensuelle se devine encore la petite fille. Savoir rester une enfant est une source formidable d’énergie. Voilà son jardin secret”.

Elisabeth Depardieu : j’ai entendu à la télévision votre chanson « Cézanne peint ». C’était d’une grâce foudroyante. Je vous ai vue, épanouie et nous faisant parvenir une émotion d’une subtilité incroyable. Votre bonheur sensuel devant l’œuvre d’un artiste m’a gagnée. Est-ce dû à votre talent ou êtes-vous vraiment amoureuse de Cézanne ?

France Gall : pour chanter, je dois être complètement amoureuse. Quand Michel (Berger) m’a joué la première fois cette chanson au piano, j’ai pleuré. Et je l’ai immédiatement bien chantée car j’ai éprouvé instantanément une immense tendresse. Et ce n’était pas facile de parler d’un peintre comme Cézanne.

ED : Dans d’autres chansons, votre féminité est plus ou moins distillée ; dans « Cézanne peint », elle éclate littéralement.

FG : Peut-être parce que je parle de quelqu’un de connu, ce qui permet d’abandonner plus facilement sa pudeur que dans des chansons intimes. En général, j’ai envie de m’adresser à un public de seize à vingt-trois ans. Or, cette chanson touche tout le monde. Bernard-Henri Lévy m’a même demandé de la chanter dans son « Grand Échiquier » et Françoise Giroud a écrit un article tout à fait gentil sur moi.

ED : Ce qu’on reçoit en pleine gueule dans cette chanson, c’est votre côté femme-femme.

FG : Mis à part les bonheurs familiaux, je ne suis jamais plus heureuse que lorsque je chante. Alors, bien sûr, ce bonheur doit passer dans mes chansons.

ED : Comment vous sentez-vous dans votre vie de femme précisément ?

FG : Je pense être au mieux de ce qui peut être à notre époque. J’ai voulu moins travailler pour essayer de construire ce qui me semblait le plus important, c’est-à-dire un couple, une famille, une maison. Entre cela et mon métier, c’est la vie des femmes au quotidien, autrement dit cinquante mille choses par jour. Je suis constamment débordée. Il n’y a qu’un moment où je suis tranquille : la nuit, lorsque les enfants sont couchés et que je suis sous le même toit qu’eux, je sais qu’il ne peut rien leur arriver. Alors – mais alors seulement – je me décontracte un peu.

ED : Parlons de votre façon de vous habiller. Le décalage entre votre féminité et la façon « ironique » dont vous vous habillez est incroyable.

FG : Je suis pourtant très coquette, le summum de la coquetterie étant, pour moi, un gros pull-over. Je crois que c’est mon extrême pudeur qui m’empêche de dévoiler la moindre parcelle de mon corps.

ED : Je ne vous ai jamais vue habillée en « femme », comme je n’ai jamais vu une photo dévoilant votre corps.

FG : Je fais un métier où je me montre mais, en même temps, je déteste qu’on me regarde. De même lorsqu’on me photographie sans que j’y sois préparée. Je trouve que c’est un viol.

ED : Vous cherchez donc à vous protéger ? Alors que vous êtes la féminité et que votre façon de vous habiller est, au fond, érotique ?

FG : Il m’arrive de porter des talons et une jupe. Je change. De la même façon, je ne comprends pas qu’une femme utilise le même parfum toute sa vie.

ED : Nous sommes, vous et moi, des petites. Comment le vivez-vous ?

FG : D’en bas ! (Rire) La quarantaine pour une femme, c’est soit accepter de vieillir, soit lutter par la gymnastique et les soins esthétiques. Ce qu’il faudrait, c’est changer de métier. Ou prendre sa retraite.

ED : Vous avez peur de vieillir ?

FG : Atrocement.

ED : Quand vous travaillez, comment cela se passe avec vos enfants ?

FG : Pas bien. Quand je pars en tournée, Michel prend le relais …

ED : Il y arrive ?

FG : Je vais sans doute me mettre tous les hommes à dos, mais je n’ai aucun exemple d’homme qui réussisse à faire le travail de la mère. (Elle rit.)

ED : Est-ce bien d’être femme ?

FG : Je me pose souvent la question. Je crois que les hommes sont plus « peinards ». Et lorsque je me sens submergée, j’aurais tendance à vouloir en être un, mais c’est comme faire une prière à Dieu dans un cas désespéré.

Magazine : Elle
Par Elisabeth Depardieu
Photo de Jean-Claude Deutsch
Date : 1985
Numéro : Inconnu

L’univers de France Gall

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France Gall : le bilan
France Gall : le bilan
Pari gagné

Un des meilleurs albums de l’année, Débranche la chanson de l’été, le spectacle en septembre au Zénith font de France Gall, la chanteuse numéro un de la variété française pour 1984.

Ce n’est pas une mince performance d’avoir la une de Chanson 84 après Lalanne, Higelin, Couture et d’accueillir parmi son public un premier ministre un soir de première.

Elle est l’incarnation de toute une génération adolescente. Son personnage, sa musique, ses textes sont l’expression du moment. Peu d’artistes y parviennent. Pour essayer de mieux comprendre le formidable impact qu’elle a sur nous tous, un regard plus précis de ses textes explique tout à fait le phénomène. Les thèmes abordés sont les préoccupations et les centres d’intérêt de la jeunesse. « Je ne chante pas pour les gens de 40 ans » avait-elle confié à Numéros 1. Elle réussit dans sa démarche. Son message : résiste, prouve que tu existes, cherche ton bonheur partout …

LA MUSIQUE

Que reste-t-il quand la musique s’arrête ?

(LA CHANTEUSE QUI A TOUT DONNÉ)

Si c’est pas pour vivre avec la musique

à quoi ça sert d’être au générique

(SI SUPERFICIELLE)

On ne peut être plus clair. Il n’est pas besoin de regarder de près les textes que chante France Gall pour savoir que le thème de la musique revient constamment dans ses chansons. C’est sa référence permanente. « Je suis comme une note» dit-elle dans les moments où j’aime tout le monde. La musique, c’est pour tout effacer, tout oublier. Une fois l’oubli venu, elle devient la raison de vivre, d’exister. Car la musique est synonyme de feeling, c’est-à-dire ressentir les choses au fond de soi, se découvrir, être sincère, se débarrasser de ses préjugés, tout ceci opposé à la raison, la logique …

Ils en oublient même qui ils sont

Les inévitables questions

Et le feeling prime la raison Ils s’abandonnent à l’unisson

Ils donnent tout pour la musique Et ils répètent ces mots

Sans suite et sans logique

(TOUT POUR LA MUSIQUE)

La musique est la solution aux problèmes entres les per. sonnes que ce soit au niveau individuel, du couple ou plus largement de la société.

Comment faire pour s’en sortir

Ecoutons vite tous les disques qu’on aime

y’a des nuages noirs qui traînent

(PLUS D’ÉTÉ)

Dans musique et il jouait du piano debout, elle oppose la musique à la guerre et à l’armée, comme le moyen de régler ces situations.

Quand la musique parle

La vie devient belle

(SI SUPERFICIELLE)

L’AMOUR

Comme l’exprime clairement un de ses titres de chanson, elle a Besoin d’amour. La chanson Tu comprendras quand tu seras plus jeune ne dit pas autre chose :

J’ai besoin de sentir

Cette force immense qui sort de mes poings

D’être là pour quelqu’un.

La vie existe pour qu’un jour l’amour soit au rendez-vous (Dancing disco).

Un amour à deux, où les deux êtres en question seuls comptent vraiment : « Débranche tout, revenons à nous » car conclut-elle dans Ceux qui aiment : « Ceux qui aiment ne pensent plus qu’à aimer ».

LE PROJET DE VIE

J’ai pas le temps d’attendre

J’ai pas le temps de comprendre

Je veux le bonheur maintenant

(LES ACCIDENTS D’AMOUR)

Le projet est clair. Pour l’obtenir et vivre sa vie comme on la ressent, il faut refuser ce monde, cette morale et montrer que l’on est là avec ses propres désirs, ses propres envies. Elle parte de Vahiné à qui « Ils ont volé sa vie avec leur drôle de morale ». En réponse, elle chante :

Vahiné là où ton coeur t’appelle, va

Vahiné là où l’amour te cherche, va

(VAHINÉ)

Dans Il jouait du piano debout, elle ajoute : “Essaie de vivre, essaie d’être heureux, ça vaut le coup”.

Avec Résiste, une de ses chansons qu’elle revendique le plus, elle va plus loin. Dans cette course au bonheur, pour se faire respecter, le combat quotidien, la volonté farouche sont au rendez-vous.

Résiste prouve que tu existes

Cherche ton bonheur partout va

Refuse ce monde égoïste

Résiste suis ton cœur qui insiste

Ce monde n’est pas le tien, viens

Bats-toi, signe et persiste

(RESISTE)

L’EXISTENCE

France Gall raconte la vie avec ses questions, ses déboires, ses angoisses sans farder la réalité. Nous verrons plus loin qu’à cette vie difficile tant au niveau individuel qu’au niveau planétaire, elle propose des aménagements sinon des solutions. Dans Diego, libre dans sa tête, elle aborde les dictatures qui anéantissent l’individu, dans Hong-Kong star, les insatisfactions, les rêves enfouis, dans Si maman si France Gall dit Je et pose un regard triste sur sa vie.

Et le temps défile comme un train

Et moi je suis à la fenêtre

Je suis si peu habile que demain

Le bonheur passera peut-être

Sans que je sache le reconnaître

(SI MAMAN SI)

Dans Parler parler ou La prière des petits humains, elle associe les individus dans cette peur que donne la planète, dans ces questions que tout le monde se pose.

Un cri s’élève toujours le même

Qui fait le tour de la planète

Là où on se bat là où on s’aime

Le même cri un peu partout Dieu de là-haut

Venez nous sauver du chaos

Du malaise et du vertigo

(LA PRIÈRE DES PETITS HUMAINS)

LA VISION MONDIALISTE

Les mots planète, terre, monde, univers ou d’autres synonymes reviennent trop souvent pour qu’il puisse s’agir de hasard. Leur nombre est vraiement impressionnant. Dans d’autres chansons comme La fille de Shannon, Calypso, Diego, France Gall associe le genre humain :

Tout le monde chante, tout le monde a de la peine

(AMOR TAMBIEN}

Ou aussi :

Sur le pacifique à Guayakil

Chez les Incas de l’équateur

Loin dans les montagnes loin dans les îles

Là où c’est le soleil qui donne l’heure

Les chants, les chansons sont toutes les mêmes

(LA PRIÈRE DES PETITS HUMAINS}

L’être humain quelqu’il soit, d’où qu’il vienne est le même devant la vie, la mort, le pourquoi de l’existence.

Et les hommes cherchent leur destin

Dans leurs combats continuels

Dérisoires et cruels

(CEUX QUI AIMENT)

L’ARTISTE ET SON PUBLIC

France Gall aborde ce thème par l’intermédiaire de deux chansons dans son dernier album : Cézanne peint et J’ai besoin de vous. Dans la première, elle parle de l’artiste et de son rôle vital et premier pour les êtres humains.

Cézanne peint

Et il éclaire le monde pour nos yeux qui ne voient rien

Si le bonheur existe

C’est une épreuve d’artiste

(CÉZANNE PEINT)

Dans la deuxième, quoi de plus beau comme déclaration d’amour … elle nous confie que l’artiste n’a besoin que de son public :

J’ai besoin de vous

C’est à vous que je donne

Seuls les sages et les fous

N’ont besoin de personne …

… Je n’y suis pour personne

Quand je suis dans vos bras

Que la musique nous donne

La vie encore une fois

(J’AI BESOIN DE VOUS)

Magazine : Numéros 1
Christian PAGE
Date : Aout 1984 (à vérifier)
Numéro : 17 (à vérifier)

France Gall, toujours le même punch

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France Gall, toujours le même punch
France Gall, toujours le même punch
France Gall, toujours le même punch

France Gall, la baby-star acidulée des années soixante a prouvé depuis belle lurette qu’elle n’était plus une “poupée de cire” parfait cadeau juvénile ballotable à merci au gré des fantaisies des machos qui feignent de s’ignorer et de l’inspiration plus ou moins fumeuse de producteurs en niai de tubes pris dans le raz-de-marée du yéyé.

Elle vient, en septembre 1984, de “faire” le Zénith !

Assez nombreux sont les grands noms du show-biz qui s’y sont plantés pour qu’on reconnaisse à France Gall un triomphe qui a parfois pris des allures de pari insensé lorsque l’on repense à ses vingt ans de carrière!

“Tout pour la musique”, ca n’a pas traîné ! le virus l’a saisie en 1962. En classe de quatrième, au lycée d’Auxerre, elle monte son premier groupe avec ses deux frères. Un an plus tard, elle enregistre son premier 45 tours, “Ne sois pas si bête”. Tout un programme ! Qui a pu signer des paroles aussi profondément « nunuches » que redoutablement efficaces ? Je vous le donne en mille … Monsieur Pierre Delanoë ! Surtout, ne rangez pas ce tube dans la catégorie des plaisirs désuets. Ça vaut vraiment le coup d’être réécouté …

Rien d’étonnant à ce que France se tourne très tôt vers la musique ! Toute son enfance en a été nourrie. Son père écrivait des chansons, et non des moindres. « La mama », c’est lui. Sa mère, quant à elle, chantait à la cathédrale d’Auxerre. Son grand-père, cofondateur des “Petits chanteurs à la Croix de Bois” y jouait de l’orgue … A peine un an après son premier succès, elle enregistre un deuxième disque, “Poupée de cire, poupée de son”, lui vaut le prix de l’Eurovision en 1965.

« C’était une chanson très moderne et très révolutionnaire pour l’époque. A la répétition générale, je me suis fait huer et j’ai eu zéro »… le maître d’œuvre de ce couronnement inattendu n’est autre que Serge Gainsbourg. Il faut dire que, dans la série “J’ai rencontré les plus grands de la chanson française”, France Gall a toujours fait très fort. Elle a dix-sept ans, Gainsbourg a déjà pas mal de métier dans les pattes. Très vite, il subodore que, parmi ses fans, à peine un sur cent écoute les paroles particulièrement mièvres de ses tubes. Alors là, il s’en donne à cœur joie. France chante “les sucettes à l’anis” sans vraiment savoir de quoi il retourne. Plus de vingt ans après, la chanson reste un chef-d’œuvre d’innocence perverse qu’aucun autre mariage d’inspirations n’aurait pu permettre!

L’Eurovision sera pour France un cadeau empoisonné. Trois millions et demi de disques vendus, numéro un aux hit-parades du monde entier pendant deux ans … Et, très vite, le revers de la médaille : « J’ai commencé à faire absolument n’importe quoi, des choses qui n’avaient rien à voir avec la chanson. On me mettait des perruques bicolores, je posais avec des concombres sur la figure ! ». Dans la foulée, elle représente des produits de beauté, pose pour des photos de mode … En 1970, à force d’avoir été utilisée, elle arrête tout ! Dans l’ombre de Julien Clerc, dont elle partage la vie, elle remet ses pendules à l’heure. Ras le bol d’être manipulée, elle choisit de résister !

Le trou noir dure quatre ans, la dépression, elle n’a pas fait que la frôler. “Oui, j’ai fait une dépression. Quant tout a marché très fort et que ca ne marche plus … Certains se réfugient dans la drogue, d’autres se jettent par la fenêtre, quelques-uns font une dépression et s’en sortent. Je suis quelqu’un de très équilibré et je crois que je m’en suis tirée parce que j’ai eu une enfance très heureuse et choyée”.

Une enfance idyllique, ca vous donne la pêche pour toute la vie. Un jour, France entend à la radio une chanson de Michel Berger.

“Je me suis dit : ce sera lui ou personne d’autre. Ça a été dur de le convaincre mais il a essayé de comprendre. Après plusieurs mois de travail dans l’ombre, il a fini par m’écrire “la déclaration” qui relatait en trois minutes la vie que j’avais eue”. Elle vend 100.000 disques, mieux qu’un come-back banal. Mais il lui faudra des années pour imposer son style, son identité, pas la nouvelle, la vraie. Alors, elle s’accroche sur les musiques que compose amoureusement pour elle Michel Berger.

Sa chance, celle d’être enfin elle-même, elle la tient. Enfin, elle respire et ca crache. Autant que ca communique à grands coups d’angoisse et de tendresse dans ce couple rare. “Entre nous, pas de guerre, pas de rapport de force !

La seule différence, c’est que chacun de nous est dix fois plus angoissé lorsqu’il s’agit du spectacle de l’autre … ».

Magazine : Télé Magazine
Patrick LAVALLE
Date : 6 au 12 juillet 1985
Numéro : 1548

France Gall, un prodigieux souffle de vie

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France Gall, un prodigieux souffle de vie
France Gall, un prodigieux souffle de vie

En haut de l’affiche depuis plusieurs années, France Gall garde la vitalité et la fraîcheur de ses 20 ans quand elle chantait “poupée de cire, poupée de son”.

France Gall est une vedette qui ne “bouge” pas, comme si le temps s’était arrêté pour elle et pour elle seule.

Pourtant sa chanson, son style ont évolué. De la chansonnette qui lui donnait cet air de “poupée” fragile, elle est passée à la vitesse supérieure : rock et romance, sentimentale ou endiablée, mais toujours pleine de charme.

France Gall fait passer ce courant qui soulève les publics. Elle commença à collectionner ses premiers succès quand Gainsbourg fut son parolier compositeur. Qui n’a jamais fredonné “Annie aime les sucettes, les sucettes à l’anis” qu’elle chantait avec naturel et ingénuité ?

Et puis le grand saut en avant vers la renommée internationale s’effectue quand Michel Berger lui compose musiques et paroles: inutile de citer tous les succès que l’on a entendus sur toutes les radios, les chaînes de télévision ou dans les boites de nuit, il y en a trop!

Mariée et mère de deux enfants, France Gall n’en a pas pour autant “raccroché” avec sa vie de star de la chanson française. Un disque tous les ans et demi en moyenne, des concerts à la pelle, assurément elle a un emploi du temps chargé. Pour l’instant elle prend un repos mérité. Souffler pour mieux repartir.

Après le Zénith qu’elle a su remplir du 11 septembre au 7 octobre dernier, après une série de tournées en France, en Suisse et en Belgique, France Gall sait qu’elle peut faire déplacer des admirateurs aussi nombreux que variés, de Marseille à Bruxelles et de Caen à Lausanne. Son dernier album 33 tous, «Débranche», est au programme des Hits Parades : son succès a justifié la sortie de trois 45 tours tirés du disque.

France Gall sera l’invitée de l’émission “La belle vie” dimanche 10 février à 16h30 sur TF1.

A plus long terme, on espère une tournée à l’étranger, dont la date est encore inconnue.

Si vous écoutez votre autoradio, vous tomberez peut-être sur un de ses airs à la mode et il vous viendra l’envie de danser en pleine rue.

Haussez alors le son : les autres danseront avec vous. Et vous ne “débrancherez” plus.

Comme dans un film!

Magazine : Télé Guide
Renaud RICHEBE
Date : 6 au 12 juillet 1985
Numéro : 431

France Gall : “Vive les vacances sans musique !”

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Vive les vacances sans musique !
Vive les vacances sans musique !

Pour France Gall mais pas pour Michel Berger. Dans la villa qu’ils ont louée à Saint-Tropez il écrit en effet les chansons de son prochain disque.

Elle sera pourtant près de lui quand il l’enregistrera. Formant en France l’un des rares couples à mêler leurs carrières, ils se séparent seulement au moment de poser pour les photographes …

Midi. La maison paraît déserte, si ce n’est le son du piano qui s’échappe d’une fenêtre et couvre le chant des cigales dans le jardin. L’oreille avertie reconnaît le « son » Berger. Michel travaille, seul – « chanteur abandonné » -, comme il l’a écrit pour Johnny Hallyday tandis que France fait le marché à Saint-Tropez. Les enfants, Pauline (huit ans) et Raphaël (six ans) eux, sont encore sur la plage. Au programme : vacances pour tous sauf pour lui ; un nouveau 33 tours à écrire et enregistrer d’ici septembre, puis, en avril, dix jours au Zénith.

Pour France, le Zénith a rejoint les souvenirs « mais les plus beaux», dit-elle. Entre septembre et octobre 84, pendant un mois, chaque soir devant six mille personnes, France Gall a donné un spectacle conçu avec Michel Berger que Guy Job a filmé et qu’Antenne 2 diffuse le 10 juillet : un triomphe, tout comme la tournée qui a suivi, plus un record de vente avec son disque « Débranche » dont elle a vendu 700 000 exemplaires. Alors comme une élève prix d’excellence, elle peut maintenant profiter de ses vacances et vivre son année de relâche sans arrière-pensée. Après tout pour la musique, c’est maintenant tout pour la famille. Robe rose, teint hâlé, elle arrive, dépose rapidement les provisions dans la cuisine et vient faire admirer le tableau qu’elle a déniché chez un antiquaire et qu’elle destine à leur toute nouvelle maison.

Après quelques années vécues à Rueil, “une erreur” disent-ils, les Berger ont réintégré le cœur de Paris pour s’installer dans un “loft”. A la rentrée, France aura tout loisir de « chiner » et d’arranger sa maison. Mais avec son air décidé et sa voix haute, non sans rappeler une autre « grande » petite bonne femme de la chanson qui lui irait bien comme grand-mère, Mireille, France précise : “Je vais quand même mener la vie que j’aime puisque je vais suivre Michel partout. J’adore être derrière, dans les coulisses. Et quand il ira enregistrer son disque, je serai en studio avec les musiciens. C’est le travail que je préfère.”

Organisée, France conduira d’abord Raphaël et Pauline à Noirmoutier chez ses parents. Sauf en photo, car c’est leur volonté, il est difficile de voir France sans Michel, encordés ensemble dans l’escalade du succès depuis dix ans.

Aussi, lorsque Michel est allé à Montréal avec Johnny pour l’enregistrement du 33 tours qu’il lui a écrit, “Rock and roll attitude”, France bien sûr a suivi. “J’ai assisté à toutes leurs séances de travail. J’ai même participé aux chœurs. Nous sommes restés quinze jours. Johnny avait choisi Montréal parce que Nathalie y tournait. Et moi, j’en ai profité pour faire un show à la télévision canadienne.”

Avant de vivre dans l’ombre de Michel, comme lui le fit la saison passée, ils iront au soleil en août dans une grande maison louée, avec des amis, dans le Lubéron. “Chaque année, nous découvrons une région de France. Le choix de la maison détermine le lieu ; elle doit avoir un charme fou et être dans un espace très protégé”.

Vacances ne signifie pas pour eux désœuvrement : de Saint-Tropez, ils sont partis quelques jours visiter Florence accompagnés de leur ami, Luc Plamondon, l’auteur québécois de « Starmania » et des titres les plus célèbres de Diane Dufresne. Au retour, France s’est plongée dans la lecture d’une biographie de Michel Ange. Dans la maison, les livres aperçus un peu partout ont vraiment l’air d’être lus. France, passe l’été en fort bonne compagnie : « Michel Ange» d’lrving Stone, « Camille Claudel » d’Anne Delbée et « Tchekhov » d’Henri Troyat.

“Je suis passionnée par les biographies. J’ai retrouvé dans le Tchekhov que décrit Troyat des ressemblances inouïes avec Michel, un homme sans cesse débordé par le temps et ses activités, compliqué, angoissé. Comme Tchekhov, Michel n’arrête jamais et se plaint qu’on ne le laisse pas assez travailler en paix” dit-elle en riant, mais ajoute sérieusement : “Le pauvre, il ne peut jamais se reposer. A peine sorti du disque d’Hallyday, il doit écrire et composer le sien. Ensuite il recommencera pour moi et préparera mon prochain spectacle prévu au printemps 87”.

Après deux shows, l’un au Palais des Sports (quatre mille places), l’autre au Zénith (six mille places), France insatiable songe à Bercy (douze mille places). “En le visitant, j’ai pensé : ce n’est pas pour moi. Ensuite, j’ai vu le spectacle de Phil Collins et surtout j’ai beaucoup aimé celui de Julien (Clerc). Alors, nous réfléchissons, avec Michel ». Pour France, rien n’existe sans Michel et « avant » ressemble volontiers pour elle à un trou de mémoire. De ses vingt ans de succès, elle n’en déclare que dix de bonheur : les années Berger qui ont porté sa vie au Zénith.

Magazine : Télé 7 Jours
Martine de RABAUDY – Photos Henri Tullio
Date : Juillet 1985
Numéro : Inconnu