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France Gall, la seule chanteuse des années 80

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France Gall, la seule chanteuse des années 80
France Gall, la seule chanteuse des années 80
France Gall, la seule chanteuse des années 80

Classée troisième de votre référendum et première des chanteuses, NUMÉROS 1 avait raison de titrer l’été dernier, France Gall, pari gagné.

Elle est l’incarnation de toute une génération adolescente. Son personnage, sa musique, ses textes sont l’expression du moment. Peu d’artistes y parviennent.

France Gall : une révélation des années 60.

Petite bombe en pleine vague yéyé, elle explose. Partout. Un nom qui sonne haut et fort chez les pros, par son père (musicien). Parmi tous les « wouap dou wouap », la première Lolita de la chanson vient de naître.

Révélée par l’Eurovision en 65, Poupée de cire, poupée de son la stigmatise. Cette blonde adolescente aux yeux rieurs et à la voix encore enfantine suscite l’intérêt. France Gall épouse le succès.

Très vite, elle passe de la ritournelle facile et primaire, Sacré Charlemagne, à des chansons drôlement et tendrement perverses, Les sucettes, avec un rare bonheur. Elle ne semble pas trop savoir ce qu’elle chante mais elle plaît. Parfois, elle… excite !

France Gall, populaire au top niveau, voyage et trimballe ses rengaines de pays en pays. À seize ans, c’en est trop ! La cassure est imminente, d’autant qu’elle semble ne plus savoir trop comment maîtriser son répertoire. Et c’est le trou noir ! Le vide !

France se cherche et privilégie, pendant ce temps, sa vie de femme. Son idylle avec le Dieu Hair (Julien Clerc) alimente la chronique des Amours célèbres en France.

Il faut attendre 1974 pour voir ressurgir France Gall, qui a digéré les années 60, son succès, le label Gainsbourg et tutti quanti.

Que lui manque-t-il ?

Des chansons qui lui collent à la peau, de celles qui créent l’harmonie. Le compositeur ? Elle l’a trouvé et sait que d’ores et déjà ce sera lui ou personne : Michel Berger. Comme interprète, il est encore inconnu mais il est célèbre comme auteur-compositeur et comme producteur. Il vient de révéler Véronique Sanson.

L’association Gall-Berger semble impossible. Pourtant, elle se réalise.

Premier acte de cette association : La déclaration d’amour, gravée sur vinyle. Une mélodie superbe, des paroles gentillettes : premier 45 tours témoin de la naissance d’un son et d’un univers qui sera celui de Michel et de France. C’est aussi la transposition (disque en coulisse) d’une histoire d’amour…

L’année suivante, France enregistre un nouveau single, Aime-là. Le look s’affirme : cheveux plus courts, voix plus assurée. France s’attache de plus en plus à ne plus projeter l’image de « Lolita » femme-enfant qui fit son succès dans les années 60. Avec ce second 45 tours, sa voix est définitivement trouvée. Oh ! D’aucuns diront qu’elle n’est qu’une copie populaire de Véronique Sanson. Peut-être n’ont-ils pas encore saisi l’importance et l’originalité de son talent.

1976 ? L’année importante, capitale même.

Avec la sortie de son premier album nouvelle manière, elle touche un public très large et surtout émotionnellement très riche : les enfants, les ados, les fans du rock, du blues comme les amoureux du disco et les défenseurs de la chanson française, tous se retrouvent en elle. Certes, ce n’est pas l’unanimité totale, mais France brouille les cartes : non seulement elle se détache de la variété populaire ordinaire des années 70, mais elle brise aussi les étiquettes. France n’est pas une chanteuse à tiroirs.

Derrière elle, tout un consensus national !

À partir de là, son succès ne va qu’en grandissant. L’album est un franc succès et les critiques les plus enviables lui sont décernées.

Le temps d’un duo avec celui qui est devenu son mari, Ça balance pas mal à Paris, symbolise l’étroite collaboration qui la lie désormais à Berger. La télé les accueille pour un show exceptionnel.

Émilie ou la petite sirène (1976) les marginalise davantage encore dans la variété traditionnelle tout en accentuant leur vocation populaire : paradoxe rare !

Victoire en discothèque

En 77, France veut aller plus loin encore. La sortie de son nouvel album, Musique, la veille de l’été, est un véritable événement, salué par les critiques comme l’un des meilleurs disques des cinq dernières années. Il contient, il est vrai, de véritables petits chefs-d’œuvre.

Écoutez Maggie, Si maman si et vous serez séduit. Outre le succès foudroyant du disque, cet album marque la percée de France dans les discothèques. Eh oui, en plein ouragan disco, France conquiert le public des boîtes de nuit !

Depuis ? Elle n’a pas quitté la magie des spotlights. Depuis ? Elle a la réputation d’être le chef de file en France de la « dance-music ».

Pour la rentrée 77, elle fait le pari d’affronter le public en direct (elle que l’on dit être anti-star et surtout pas « bête de scène »…).

Un test déterminant pour la suite de sa carrière. Et pendant une semaine, au Théâtre des Champs-Élysées, France décide de tabler sur l’originalité.

Le spectacle made in France Gall est uniquement composé de filles. Une première et une réussite. C’est sur cette scène qu’elle impose, pour la première fois, son jeu très « modern-dance » en tournant résolument le dos aux paillettes et aux strass. Les échos, une fois de plus, sont unanimes. Désormais, France Gall jouit d’une presse inégalable pour une chanteuse dite de variété.

En 1979, France se mesure à un projet collectif : Starmania, un opéra-rock signé Berger-Plamondon.

Piège ? Peu de vedettes parvenues à son stade de popularité osent l’affronter. Elle, si ! Elle devient alors, dans Starmania, une parmi d’autres. Une, dans une distribution brillante où, dans le livret, les interprètes tiennent plus de place qu’elle.

1980 : un nouveau tournant.

Son album Paris-France, en l’espace de quelques semaines, est n° 1 des ventes et domine l’année entière avec sa chanson phare, Il jouait du piano debout.

Autre événement 80 : Michel Berger éclate pour la première fois en tant qu’interprète. Le couple ne quitte pas la tête des hits de tout l’été et même de l’automne. L’hégémonie est telle que, pour beaucoup d’observateurs, l’année 80 porte le label France Gall et Michel Berger.

Magazine : Numéros 1
Didier Varrod
Date : Mars 1985
Numéro : HS

France Gall, un prodigieux souffle de vie

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France Gall, un prodigieux souffle de vie
France Gall, un prodigieux souffle de vie
France Gall, un prodigieux souffle de vie

En haut de l’affiche depuis plusieurs années, France Gall garde la vitalité et la fraîcheur de ses 20 ans quand elle chantait “poupée de cire, poupée de son”.

France Gall est une vedette qui ne “bouge” pas, comme si le temps s’était arrêté pour elle et pour elle seule.

Pourtant sa chanson, son style ont évolué. De la chansonnette qui lui donnait cet air de “poupée” fragile, elle est passée à la vitesse supérieure : rock et romance, sentimentale ou endiablée, mais toujours pleine de charme.

France Gall fait passer ce courant qui soulève les publics. Elle commença à collectionner ses premiers succès quand Gainsbourg fut son parolier compositeur. Qui n’a jamais fredonné “Annie aime les sucettes, les sucettes à l’anis” qu’elle chantait avec naturel et ingénuité ?

Et puis le grand saut en avant vers la renommée internationale s’effectue quand Michel Berger lui compose musiques et paroles: inutile de citer tous les succès que l’on a entendus sur toutes les radios, les chaînes de télévision ou dans les boites de nuit, il y en a trop!

Mariée et mère de deux enfants, France Gall n’en a pas pour autant “raccroché” avec sa vie de star de la chanson française. Un disque tous les ans et demi en moyenne, des concerts à la pelle, assurément elle a un emploi du temps chargé. Pour l’instant elle prend un repos mérité. Souffler pour mieux repartir.

Après le Zénith qu’elle a su remplir du 11 septembre au 7 octobre dernier, après une série de tournées en France, en Suisse et en Belgique, France Gall sait qu’elle peut faire déplacer des admirateurs aussi nombreux que variés, de Marseille à Bruxelles et de Caen à Lausanne. Son dernier album 33 tous, «Débranche», est au programme des Hits Parades : son succès a justifié la sortie de trois 45 tours tirés du disque.

France Gall sera l’invitée de l’émission “La belle vie” dimanche 10 février à 16h30 sur TF1.

A plus long terme, on espère une tournée à l’étranger, dont la date est encore inconnue.

Si vous écoutez votre autoradio, vous tomberez peut-être sur un de ses airs à la mode et il vous viendra l’envie de danser en pleine rue.

Haussez alors le son : les autres danseront avec vous. Et vous ne “débrancherez” plus.

Comme dans un film!

Magazine : TV Couleur
Renaud RICHEBE
Date : 9 au 15 février 1985
Numéro : 91

France Gall en 1985

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Calypso de France Gall sort début 1985 et offre à l’hiver ses nuances chaloupées. C’est à une danse populaire que cette chanson emprunte son titre.
Calypso de France Gall sort début 1985 et offre à l’hiver ses nuances chaloupées. C’est à une danse populaire que cette chanson emprunte son titre.

Calypso sort début 1985 et offre à l’hiver ses nuances chaloupées. Plus qu’à la nymphe amoureuse d’Ulysse, c’est à une danse populaire que cette chanson emprunte son titre.

Créé au début du XXe siècle dans les îles de Trinité-et-Tobago, au large des côtes vénézuéliennes, le calypso est un lointain parent du reggae et trouve un large écho aux États-Unis dans les années 1950 : « Calypso » est le titre d’un album de Harry Belafonte, premier 33-tours à dépasser le million d’exemplaires vendus.*

Note sur les crédits : Il arrive fréquemment que des œuvres soient diffusées sans que le nom de l’auteur soit mentionné. Ces pratiques sont illégales au sens de l’art. L.121-1 du CPI. Lorsque nous connaissons le nom de l’auteur de la photo, il est toujours mentionné. Si vous constatez une erreur, un manque, ou que vous souhaitez le retrait d’une photo dont vous êtes l’auteur : contactez-nous.

*Sources des textes : France Gall l’intégrale / L’histoire de tous ses disques par Norman Barreau-Gély aux Editions EPA avec les pochettes de France Gall Collection

France Gall “super french star”

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France Gall "super french star"
France Gall "super french star"
France Gall "super french star"
France Gall “super french star”

Près de six mois après son triomphe au Zénith où elle a fait le plein tous les soirs pendant cinq semaines.

France, l’étoile de Berger est vraiment devenue la star de tous.

Ses disques se vendent comme des petits pains aussi bien aux petits qu’aux très grands. Il faut dire que si les amoureux de “Poupée de cire” ont pris de l’âge, leurs enfants ont toutes les raisons de craquer pour la “Poupée” des sons superbes et efficaces qu’on attend dans “Hong-Kong Star” ou “Débranche”. Cool a fait le point avec elle.

Avec le recul, qu’est ce qui t’es resté du Zénith ?

Je tiens tout d’abord à dire qu’il est merveilleux et fantastique que cette salle existe et qu’il y a bien longtemps que tout le monde l’attendait. Cela vaut aussi pour Bercy pour des concerts plus importants, mais moi je ne me sentirais pas capable d’y passer. Je ne supporterai pas que mon public m’aperçoive comme un petit point sur la scène … ce qui est arrivé quand je suis allé au concert de Phil Collins. Au Zénith c’était parfait. Ce fut pour moi une re-découverte de la scène et aussi des … coulisses car s’il est un endroit dont on parle rarement dans un concert ou plutôt dans l’après et l’avant concert, ce sont les loges. Et celles du Zénith sont très spacieuses et très agréables. Quand on est une équipe nombreuse, il est important que tout le monde puisse circuler sans se bousculer pendant les changements et ensuite se reposer et décompresser dans un endroit agréable.

Sur scène, tu ne t’extériorise pas tellement, on a l’impression que tu restes un peu froide à l’accueil du public ?

C’est ce qu’on me dit souvent, pourtant c’est absolument faux. Peut-être pense-t-on ça, parce-que j’ai horreur de parler sur scène, bien que je crève d’envie de dire aux gens que je les’ aime. Je ne le fais pas car je trouve ça démagos, d’où mon mutisme. A la dernière j’étais tellement émue de voir que j’allais les quitter et ne plus les revoir jusqu’au prochain spectacle, que je hoquetais… une incroyable envie de pleurer. Il est vraiment impossible pour un artiste de rester insensible à un public qui vient l’écouter, connait ses chansons par coeur, l’acclame et attend tellement de lui !

Ce public compte beaucoup pour toi ?

C’est presque une obsession chronique. Je me rends compte à la fin de mes concerts qu’il me manque énormément surtout quand je me retrouve après toute seule dans ma salle de bains.

Si le public te manque autant, pourquoi, malgré le succès as-tu voulu décrocher?

Parce que pour être heureuse, il faut que ce succès sanctionne ce qu’on aime. Tu fais allusion à une époque où les chansons qu’on me proposait ne me correspondaient pas. Je ressentais un vide, je ne me sentais pas concernée par ma carrière et je préférais aller vivre à la campagne avec mes bêtes. Tu sais, pendant les cinq années passées à chanter du Gainsbourg, je n’ai vu Serge que pour: lui dire au revoir et bonjour. Je ne l’ai jamais vraiment connu. Mon producteur décidait tout. En, cinq minutes, on réglait la tonalité du morceau et je n’avais plus qu’à enregistrer ma voix, une fois la bande musique terminée. Pas très motivant !

Qu’est ce qui t’a fait changer d’avis ?

Sans doute l’amour du métier qui, avant de partir, m’a poussée à me produire moi-même. Et puis bien sûr et surtout le fait que cette “ultime” production m’a fait rencontrer non seulement Michel Berger mais aussi sa superbe chanson “Ma Déclaration”. Et c’est là que tout a commencé vraiment !

Un titre symbolique pour une collaboration idéale sur tous les plans … c’est ce qu’on appelle un miracle ?

Peut-être. Mais alors un miracle c’est tout simple. Il suffit de rencontrer quelqu’un qui soit à ton écoute, qui comprenne ce que tu as envie d’exprimer, qui devine ce que tu ressens. J’avais des manques, Michel les a comblés car nous avons la même sensibilité. Et puis j’aime réellement ses musiques et ses textes autant que je l’aime. Dans ses chansons, il parle du quotidien sans niaiserie, en valorisant l’essentiel… c’est ce qui me touche.

Participes-tu a l’élaboration de tes disques ?

Oui, car de plus en plus j’apprends ce métier. Je n’ai pas la plume d’un auteur mais je suggère des idées, des thèmes et Michel les traduit avec son langage. Par exemple pour Diego, je lui avais demandé un texte sur les injustices dans le monde, les enfants qui meurent de faim. En fait, j’aiguille sa sensibilité sur des sujets où je me sens concernée.

Te permets-tu de dire à Michel “non, cette chanson ne me plait pas” ?

Tout à fait : Soyons francs, ça m’arrive une fois sur vingt, mais je lui donne mon avis sur un couplet ou un refrain, qu’il faudrait changer, un mot ou une phrase. Et puis, de faire des critiques sur son travail ça lui évite d’être paresseux et de ne pas se renouveler !

S’il n’y avait pas eu cette seule et unique personne qui écrive pour toi, qui d’autre ?

Je ne vois pas. J’ai de l’admiration pour beaucoup de compositeurs comme Randy Newman, Balavoine, Michel Jonasz mais je ne m’imagine pas du tout en train de chanter (et elle me le fredonne) “Je voulais te dire que je t’attends”.

Michel va produire le prochain album de Johnny Hallyday (paroles et musique). Est-ce une première trahison ?

Pas du tout, si Michel l’avait fait pour une jeune chanteuse, peut-être que cela aurait été difficile à accepter car il a sa patte, son style qui font que cela aurait pu être la mort de la carrière de l’une ou de l’autre. Mais pour en revenir à Johnny, c’est quelqu’un de très différent de lui. Michel s’investit en ce moment, totalement dans cet album. Pour lui, il va habiller de neuf le mythe Johnny et c’est une grande entreprise. D’ailleurs Michel a même repoussé son concert qu’il devait donner au Zénith en octobre. Je ne t’en dirai pas plus là-dessus car actuellement ils sont en studio et ni Nathalie Baye, ni moi-même n’allons les espionner.

Justement puisque nous parlons de Johnny, voilà une star du disque qui va jouer à l’écran notamment le dernier Godard. Est-ce que cela ne t’aurai pas tentée?

Ça ne me branche pas vraiment. Peut-être parce-que je pense être une lamentable comédienne. Ne parlons pas de rôle de composition. Mais d’un rôle de femme-enfant, ou de marrante. Pourquoi pas ? (elle réfléchit un instant) Oui, peut-être alors avec l’équipe du Splendid, ils sont branchés côté humour, et puis il y a Elie Chouraqui, j’ai vraiment bien aimé ses deux films. Un metteur en scène (ça y est la voilà partie) qui m’a beaucoup plu aussi Eric Rohmer dans “Les nuits de la pleine lune”.

Les preuves d’amour du public, tu t’en rends vraiment compte dans le courrier. Est-ce que tu en reçois beaucoup ?

Oh! là! là ! Ne m’en parle pas : je croule sous les lettres et j’ai beaucoup de retard. Je n’arrive pas à répondre à plus de dix lettres par jour. Et puis il y a des lettres très touchantes qui me prennent plus de temps que d’autres mais … malheureusement mon emploi du temps ne me permet pas d’en écrire plus.

Qu’est-ce qu’on te raconte dans ce courrier ?

En général ce sont les 17-18 qui m’écrivent. Ils me parlent de leur vie, de leurs problèmes, ils me considèrent un peu comme la grande sœur ou l’amie qu’ils n’ont pas et j’ai droit aux confidences les plus secrètes c’est-à-dire celles qu’on ne fait pas aux parents.

Notre France au Canada, belle la formule non ! Est-ce que tes succès franchissent enfin les frontières ?

Oui, ça commence par les pays francophones et notamment Montréal, un concert unique le 15 avril et tout ça suite à “Débranche” bien placé dans tous leurs hits !

Bon voyage France et reviens-nous vite !

Magazine : Numéros 1
Date : Septembre 1985
Numéro : 30

France Gall au Zénith

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France Gall au Zénith
France Gall au Zénith

Un bout de femme qui éclate, qui explose, qui implose aussi, c’est F. Gall au Zénith … de sa gloire et de sa maturité tant scénique que musicale.

Cette année, la mise en scène remarquable – de Robert Fortune – a cependant de grosses ressemblances avec celle d’il y a deux ans, laquelle, à l’époque, faisait figure de grande nouveauté. Ligne voguant entre le rétro BCBG années 50, le rock décadent et l’avant-gardisme. Et surgit la star, blondeur et moue de rockeuse angélique façon Kim Wilde, coiffure échevelée style Bonnie Tyler, une boule d’énergie démente qui vous insuffle des tonnes de décibels.

Outre les excellentes rythmiques (merci M. Samieri) et les basses de Jannick Top qui frappent sec l’estomac, elle sait aussi s’entourer de bons claviers. De même qu’elle a su travailler sa voix trop claire et nasillarde d’antan pour arriver à un timbre plus ténu. Et soulignons les lumières géniales, le gigantesque paquebot qui fait s’évader en l’espace de 10 secondes, tout comme l’horizon pyramidale égyptien ou l’arc-en-ciel du fond de scène. Tout y est ingénument fabriqué pour partir swinguer sur des accords aériens synthétisés et revenir pulser le temps d’un solo de batterie dans un univers froid et chaud à la fois. En attendant une prochaine tournée du tonnerre de Brest, vous ne couperez pas à 33 ; déhanche-toi en Calypso et voyage hard sur Hong-Kong Star, car “la” Gall est contagieuse !

A.M.

D’accord, c’était beau. Bravo Robert Fortune. Mais c’était plutôt glacé et glaçant… Rechercher l’émotion à coup d’esbrouffe, c’est sombrer dans un sentimentalisme d’épicier gentil… Un spectacle propre pourtant. Respirant le travail et la volonté d’étonner. Bonjour le visuel. Et bonjour le malaise. En chanteuse des années 80, France Gall a rempli son contrat. Maîtresse d’école de son public, dansant, courant, elle occupait réellement l’immense scène du Zénith. Un spectacle qui respirait le chic affecté. Rares surprises (passage tango). Rarement juste. Sans âme. Une simple consommation. Semblable à ces clips qu’on avale, un hamburger dans la main.

C.M.

Magazine : Chanson
Date : Décembre 1984 / Janvier 1985
Numéro : 13

France Gall gagne …

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France gagne ...
France gagne ...

Ils étaient tous là, ils ont aimé, France Gall a gagné. Devant près de 6 000 personnes enthousiasmées et charmées, France s’est battue comme une lionne au Zénith de Paris.

Reconnaissance des caractères impossible sur cet article (le contraste des caractère est trop faible)

Magazine : Salut !
Date : 10 au 23 octobre 1984
Numéro : 236

France Gall : je prends ma retraite dans 10 ans

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France Gall : Mon regret c'est d'être passé de l'enfance au monde adulte, dit-elle. Poupée de cire, poupée de son c'était il y a 20 ans déjà !France Gall : Mon regret c'est d'être passé de l'enfance au monde adulte, dit-elle. Poupée de cire, poupée de son c'était il y a 20 ans déjà !
France Gall : Mon regret c'est d'être passé de l'enfance au monde adulte, dit-elle. Poupée de cire, poupée de son c'était il y a 20 ans déjà !

Mon regret c’est d’être passé de l’enfance au monde adulte, dit-elle. Poupée de cire, poupée de son c’était il y a 20 ans déjà !

Si les années passent, France Gall reste toujours égale à elle-même. Le style de ses chansons a bien changé depuis les “sixties” mais le temps n’a pas laissé son empreinte sur le visage de la jeune chanteuse.

Jeune, toujours fraîche et dynamique, c’est ainsi qu’elle est apparue sur scène le 11 septembre dernier.

Pendant près d’un mois dans l’enceinte de ce palais de la musique qu’est le Zénith, France a pris le pari de rassembler chaque soir quelque dix mille fans. Tous les éléments sont réunis : une mise en scène gigantesque, des choristes et des musiciens “géants”, une musique gui déménage, et surtout l’énergie d’une chanteuse prête à tout donner. Depuis le palais des sports de la porte de Versailles en 1982, France n’était pas remontée sur les planches. Sur le thème de l’incommutabilité, son nouveau spectacle “Débranche” marque la rentrée de France Gall après deux ans d’absence. Elle nous présente son nouvel album dont les chansons écrites et composées par son mari Michel Berger, ont été inspirées d’un long voyage en Chine.

Quand Michel et moi écrivons un disque, explique-t-elle, c’est sur un thème, en prévision d’un spectacle. Quand nous avons fait “Tout pour la musique” en 82, nous avons choisi ce titre parce que c’est celui qui allait le mieux dans le contexte. Pourtant le titre fort était : Résiste. Aujourd’hui c’est “Débranche”, alors qu’on aurait pu choisir Calypso ou Hong-Kong star. Et puis l’incommunicabilité c’est vraiment le problème des jeunes.

Ces jeunes auxquels France s’adresse plus particulièrement ont entre 16 et 18 ans. Elle se sent proche d’eux et les comprend car cette période a été très difficile dans sa vie. Comme eux, à leur âge, j’étais paumée, sans but, déclare France. Je suis passée sans transition de l’enfance au monde des adultes et cela m’a posé de gros problèmes. C’est là mon plus grand regret. C’est pour cette raison que ceux des jeunes m’atteignent et que je suis plus à même de le comprendre. C’est le secret de ma jeunesse.

France reçoit un abondant courrier de la part de son jeune public. Elle répond aux lettres une par une. Chaque témoignage la touche au plus profond d’elle-même. Qu’elle en pleure ou qu’elle en rit, elle ne reste jamais indifférente. D’une nature hypersensible France goûte pleinement la vie et profite de chaque instant. Elle n’hésite pas à déclarer : “Je suis heureuse. Je vis depuis 10 ans avec l’homme que j’aime et qui est devenu mon mari, Michel Berger. Avec lui j’ai eu deux enfants : Pauline et Raphaël. Ils sont ma plus belle réussite.

De son avenir, France ne sait qu’une chose : dans 10 ans elle ne chantera plus. Si l’on peut sans crainte affirmer qu’elle est comblée par sa vie présente, il subsiste néanmoins son regret de ne pouvoir se consacrer davantage à ses enfants. Ils ont besoin de moi, déclare-t-elle, et je veux répondre à leur appel. Et puis dans 10 ans, je serais trop vieille pour continuer, alors autant être lucide et savoir s’arrêter !

Ce temps est encore loin et nous pouvons dans l’immédiat lui souhaiter de nombreux succès à la hauteur du triomphe qu’elle connaît aujourd’hui. Et qui oserait prétendre que dans 10 ans France aura perdu son éternelle jeunesse !

Magazine : Confidences
Date : 28 Septembre au 4 octobre 1984
Numéro : 1921

France Gall est amoureuse de son public

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France Gall est amoureuse de son public
France Gall est amoureuse de son public

Au pied du boulevard périphérique et au bout d’un terrain vague comme on en trouve encore dans Paris, se dresse une structure gris acier, sorte de gigantesque pouf cubique qu’aurait gonflé là un géant en mol de mobilier.

C’est le dernier temple de la musique, le Zénith, qui, depuis le 11 septembre, accueille dans ses flancs France Gall, ses musiciens, ses danseurs, ses éclairages et tout le bonheur que lui apporte chaque nouveau spectacle.

“C’est toujours un moment extraordinaire, le seul où je puisse rencontrer les gens qui me suivent, achètent mes disques et comprennent ce que je dis dans mes chansons. Je voudrais même pouvoir aller les accueillir à la porte.”

Et, ce moment, il ya plus d’un an qu’elle le prépare, ne serait-ce que pour réserver cet endroit. “Je n’ai pas hésité”, lance-t-elle enthousiaste, d’abord parce qu’il a été construit pour faire de la musique. Et puis, je m’y suis tout de suite sentie bien. J’ai suivi la construction de cette salle, j’ai été à son inauguration; j’y ai vu Renaud et, à chaque fois, j’ai adoré. Je trouve extraordinaire cet espace complètement vide qu’on doit traverser pour arriver au Zénith. Regardez, on se croirait en l’an 2000. »

Il a fallu ensuite choisir les musiciens (car son dernier album, “Débranche”, a été entièrement réalisé avec un synthétiseur qui remplaçait presque tous les instruments) et les collaborateurs. J’ai une certaine tendance à la fidélité, souligne-t-elle, mais pour apporter un sang neuf, il faut savoir renouveler . Délicate opération quand on affirme ne vouloir que les meilleurs et quand on se soucie également de leur bon caractère.

France, dans un éclat de rire, avoue : “Je ne peux être entourée que de gens qui sont des amours. sinon, il y a un malaise. J’ai besoin d’une harmonie complète. Il faut que je les aime et qu’ils m1aiment, qu’ils soient heureux. avec une très grande envie de faire ce spectacle.”

Tant d’efforts ne sont pas vains, puisqu’ils sont le cadeau offert à un public qui est, selon France, d’une qualité extraordinaire. “Très intelligent. Je n’ai jamais vu un public donner autant que celui qui vient me voir ou qui vient voir Michel Berger. Sur scène, je le ressens très très fort et, à la fin du spectacle, c’est à celui de nous deux qui donnera le plus …

Après la scène, une grande tournée et, début décembre, France ôtera sa casquette de femme de spectacle pour redevenir une maman et une maitresse de maison.

“J’allais dire une femme normale”, ajoute-t-elle en riant. Car elle n’aime pas mélanger les genres. Lorsqu’elle chante, elle fait en sorte que ses enfants soient très entourés, mais ils ne l’accompagnent pas.

En revanche, dès que c’est fini, je ne veux rien faire d’autre que d’être avec eux.

Avec Pauline, bientôt six ans, et Raphaël, trois ans, elle exerce le métier qu’elle préfère entre tous, celui de mère de famille.

“C’est ce qu’il y a de plus important pour mol, mais je crois que si je suis une maman très heureuse, c’est que justement, en contrepartie, j’ai réussi ce que j’aime”. Maman heureuse et très attentionnée, à la limite parfois de l’inquiétude systématique. A l’exception d’un séjour en Chine, “On ne peut malheureusement visiter ce pays en trois jours”, – elle ne part jamais en voyage pour ne pas les quitter : J’attends qu’ils soient grands pour pouvoir les emmener avec moi.” Car, pour l’instant, pas question de leur faire quitter les limites du territoire national (à part quelques incursions en Suisse pour des vacances de neige). Les avions, les décalages horaires, je ne veux pas, s’exclame-t-elle. Ça pourrait peut-être très bien se passer, mais je suis moi-même quelqu’un qui se fatigue vite et je m’en fais toute une montagne.»

Entre deux galas, France redevient maman

Pour l’instant, France prend la plus grosse part de la charge éducative. C’est moi qui les prends en main, c’est moi qui punis. Michel sera un papa merveilleux pour plus tard, pour l’éducation solide. Mais je les considère encore comme des bébés. Et qu’ils aillent à l’école n’y change rien. Raphaël vient d’y faire sa rentrée, en même temps que celle de maman au Zénith, tout comme Pauline avait commencé il y a deux ans et demi, le jour de sa première au Palais des Sports. (J’ai voulu qu’elle vive quelque chose en même temps que moi. Mais, même si finalement elle adore l’école et sa maitresse, ça a été un moment terrible. Ma fille est comme moi émotive et hypersensible. Elle était terrifiée. Et c’est moi qui pleurais dehors. Mon fils, lui, est très différent. Il va foncer, c’est un Bélier. Et l’activité de maitresse de maison la retient tout autant. J’ai une passion pour la maison. J’adore la mettre en fête, faire des diners, répondre de bonnes odeurs, fabriquer des bouquets, préparer plein de choses.»

L’année 1985, outre ce changement de casquette, va sonner également l’année Michel Berger. Car dans ce couple tout harmonie, c’est l’alternance qui règne. C’est formidable de pouvoir suivre l’autre. Moi, j’adore ce métier et ce n’est pas parce que ce n’est pas moi qui le fais que je l’aimerais moins. Je suis aussi passionnée à préparer un spectacle de Michel que l’un des miens.»

A son tour, comme Michel, dans son ombre, s’applique à régler tous les détails du spectacle de Fronce, elle va s’attacher à ses pas, à son service. Entre nous, conclut-elle sereine, pas de guerre, pas de rapports de force. La seule différence, c’est que chacun de nous est dix fois plus angoissé lorsqu’il s’agit du spectacle de l’autre : on devient impuissant, il y a un moment où l’on ne peut plus rien faire pour l’aider.

Magazine : Télé 7 Jours
MICHELE LANTERI – PHOTOS JACQUES BOURGUET
Date : 28 Septembre 1984
Numéro : Inconnu

France Gall : l’amour me fait gagner tous les combats

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France Gall fait sa rentrée au Zénith (jusqu’au 7 octobre). Ce nouveau récital a été entièrement écrit par son mari, Michel Berger. « Je suis son interprète idéale », a-t-elle affirmé à Michel Drucker qui l’a interviewée en exclusivité pour « Paris Match ».

Michel Drucker : Il me semble que depuis quelques années vous avez découvert le bonheur de communiquer avec le public. Comment expliquez-vous que vous ayez attendu si longtemps avant d’établir ces nouveaux rapports avec lui ?

France Gall : Cela s’est fait simplement. Parce que je chante des textes qui me ressemblent. Enfin ! qui racontent mes émotions, des choses auxquelles je suis sensible. Le public se retrouve dans mes chansons. C’est parce que nous parlons le même langage que nous sommes devenus si proches.

Michel Drucker : Vous n’étiez pas contente de ce que vous chantiez, avant ?

France Gall : Ce n’était pas moi. J’étais mal dans ma peau. Or, l’important c’est de garder son identité.

Michel Drucker : Vous avez dit récemment qu’entre 1970 et 1974 vous aviez eu envie d’abandonner ce métier, et que vous aviez frôlé la dépression …

France Gall : Frôlé ? J’ai fait une dépression ! Quand tout a marché très fort et que ça ne marche plus … certains se réfugient dans la drogue, d’autres se jettent par la fenêtre, quelques-uns font une dépression et s’en sortent. Je suis quelqu’un de très équilibré, et je crois que je m’en suis tirée parce que j’ai eu une enfance très heureuse et choyée.

Michel Drucker : La famille est un mot que vous employez souvent …

France Gall : C’est capital pour moi. Ma famille n’est d’ailleurs pas étrangère à ce que je fais, car on est dans la musique depuis des générations. Nous sommes vraiment sur la même longueur d’ondes.

Michel Drucker : Vous avez vécu très tard avec vos parents.

France Gall : Oui, jusqu’à 23 ou 24 ans. Ils ont fini par partir !

Michel Drucker : Pourquoi ?

France Gall : Ils estimaient qu’il n’était pas très normal qu’à mon âge je vive encore avec eux. Pour eux, il était temps que je vole de mes propres ailes. Ils sont donc partis. Je n’avais jamais appris à me battre et j’ai eu beaucoup de mal à me débrouiller seule. Ce fut ma période noire, dépressive …

Michel Drucker : Parce que vous vous retrouviez seule ?

France Gall : Je n’étais pas seule, car j’ai toujours été très entourée, mais je n’avais plus rien, après avoir été quelqu’un de très connu.

Michel Drucker : Si Michel Berger écrivait pour d’autres chanteuses que vous, cela vous poserait-il un problème ?

France Gall : D’emblée, j’ai envie de vous répondre oui. Mais en y réfléchissant, je me dis qu’il a déjà écrit pour d’autres chanteuses, et leur interprétation a beaucoup apporté à ses chansons. Je ne me fais aucun souci : je pense être pour lui l’interprète idéale. Je ne crains pas les autres.

Michel Drucker : Vous avez la réputation d’être une « enquiquineuse », parfois même de manquer de gentillesse. Cette réputation est-elle usurpée, injuste ? Vous gêne-t-elle ?

France Gall : Je découvre, avec votre question, que je manquerais donc parfois de gentillesse … Quant à ma réputation d’emmerdeuse, je l’assume. J’ai du caractère. A partir du moment où l’on n’accepte pas systématiquement de faire ce que l’on exige de vous, on vous traite d’enquiquineuse.

Michel Drucker : Si vous n’aviez pas eu d’enfants et si vous n’aviez pas de foyer, avez-vous l’impression que vous pourriez être une plus grande vedette encore ?

France Gall : Peut-être. Mais je ne peux imaginer un seul instant ne pas avoir de foyer, d’enfants … À 18 ans, je rêvais déjà d’en avoir. Or, quand j’ai eu vingt-huit ans j’ai appris que je ne pouvais pas être mère. Cela a été un choc terrible. Comme toutes les femmes qui ont ce genre de problème, j’ai fait le « parcours du combattant ». Pendant deux ou trois ans, j’ai vécu une période absolument atroce. J’ai été récompensée, puisqu’aujourd’hui je suis la maman de deux beaux enfants.

Michel Drucker : Dans un couple, et à plus forte raison un couple d’artistes, il y a parfois des rapports de force. Est-ce le cas dans le couple Gall Berger ?

France Gall : Il n’y a aucun rapport de force entre Michel et moi. Cela vient d’abord du fait que nous nous adorons et que nous nous respectons. Et puis, nous réussissons tous les deux dans notre métier. Si Michel n’avait pas percé en tant que chanteur, je suis sûre que nos rapports auraient été différents. Je vends beaucoup de disques. Lui a le don de l’écriture. L’équilibre entre nous est parfait.

Michel Drucker : Comment vous voyez vous dans dix ans ? Vieillir vous fait-il peur ?

France Gall : Oui, cela me fait assez peur … Pourtant, quand je prépare un spectacle comme celui du Zénith, je suis tout de même rassurée car les gens me disent : « C’est extraordinaire, le temps passe sur vous sans laisser de trace ». Je dois reconnaître qu’en ce moment j’ai vraiment la « pêche » ! Jusqu’à présent, j’ai réussi ma vie de femme. Ce que je veux, c’est ne pas rater ma sortie d’artiste !

Magazine : Paris Match
Par Michel Drucker
21 septembre 1984
Numéro : 1843

Michel Berger, France Gall : le même feeling

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La petite France Gall est particulièrement bien entourée pour son superbe show au Zénith.

Elle a en effet une colossale équipe de cent personnes, machinistes, costumiers, ingénieurs u son et de la lumière, huit musiciens, trois choristes sept danseurs, des clowns, des acrobates… sans oublier Michel Berger qui est l’œil du maitre « Michel, c’est mon regard sur scène ! » dit France.

« Moi, ce spectacle, je ne le verrai jamais, c’est lui qui le voit pour moi, et j’ai confiance en ses yeux, parce qu’on a les mêmes goûts, les mêmes idées, le même feeling … ». Quel accord !

Magazine : Girls
Date : 20 au 26 Septembre 1984
Numéro : 247