Retranscription impossible : L’orientation, le contraste du fond et des caractère sont trop importants, la reconnaissance visuelle est impossible.
Magazine : OK !
Date : 9 au 15 septembre 1985
Numéro : 504

Elisabeth Depardieu : j’ai entendu à la télévision votre chanson « Cézanne peint ». C’était d’une grâce foudroyante. Je vous ai vue, épanouie et nous faisant parvenir une émotion d’une subtilité incroyable. Votre bonheur sensuel devant l’œuvre d’un artiste m’a gagnée. Est-ce dû à votre talent ou êtes-vous vraiment amoureuse de Cézanne ?
France Gall : pour chanter, je dois être complètement amoureuse. Quand Michel (Berger) m’a joué la première fois cette chanson au piano, j’ai pleuré. Et je l’ai immédiatement bien chantée car j’ai éprouvé instantanément une immense tendresse. Et ce n’était pas facile de parler d’un peintre comme Cézanne.
ED : Dans d’autres chansons, votre féminité est plus ou moins distillée ; dans « Cézanne peint », elle éclate littéralement.
FG : Peut-être parce que je parle de quelqu’un de connu, ce qui permet d’abandonner plus facilement sa pudeur que dans des chansons intimes. En général, j’ai envie de m’adresser à un public de seize à vingt-trois ans. Or, cette chanson touche tout le monde. Bernard-Henri Lévy m’a même demandé de la chanter dans son « Grand Échiquier » et Françoise Giroud a écrit un article tout à fait gentil sur moi.
ED : Ce qu’on reçoit en pleine gueule dans cette chanson, c’est votre côté femme-femme.
FG : Mis à part les bonheurs familiaux, je ne suis jamais plus heureuse que lorsque je chante. Alors, bien sûr, ce bonheur doit passer dans mes chansons.
ED : Comment vous sentez-vous dans votre vie de femme précisément ?
FG : Je pense être au mieux de ce qui peut être à notre époque. J’ai voulu moins travailler pour essayer de construire ce qui me semblait le plus important, c’est-à-dire un couple, une famille, une maison. Entre cela et mon métier, c’est la vie des femmes au quotidien, autrement dit cinquante mille choses par jour. Je suis constamment débordée. Il n’y a qu’un moment où je suis tranquille : la nuit, lorsque les enfants sont couchés et que je suis sous le même toit qu’eux, je sais qu’il ne peut rien leur arriver. Alors – mais alors seulement – je me décontracte un peu.
ED : Parlons de votre façon de vous habiller. Le décalage entre votre féminité et la façon « ironique » dont vous vous habillez est incroyable.
FG : Je suis pourtant très coquette, le summum de la coquetterie étant, pour moi, un gros pull-over. Je crois que c’est mon extrême pudeur qui m’empêche de dévoiler la moindre parcelle de mon corps.
ED : Je ne vous ai jamais vue habillée en « femme », comme je n’ai jamais vu une photo dévoilant votre corps.
FG : Je fais un métier où je me montre mais, en même temps, je déteste qu’on me regarde. De même lorsqu’on me photographie sans que j’y sois préparée. Je trouve que c’est un viol.
ED : Vous cherchez donc à vous protéger ? Alors que vous êtes la féminité et que votre façon de vous habiller est, au fond, érotique ?
FG : Il m’arrive de porter des talons et une jupe. Je change. De la même façon, je ne comprends pas qu’une femme utilise le même parfum toute sa vie.
ED : Nous sommes, vous et moi, des petites. Comment le vivez-vous ?
FG : D’en bas ! (Rire) La quarantaine pour une femme, c’est soit accepter de vieillir, soit lutter par la gymnastique et les soins esthétiques. Ce qu’il faudrait, c’est changer de métier. Ou prendre sa retraite.
ED : Vous avez peur de vieillir ?
FG : Atrocement.
ED : Quand vous travaillez, comment cela se passe avec vos enfants ?
FG : Pas bien. Quand je pars en tournée, Michel prend le relais …
ED : Il y arrive ?
FG : Je vais sans doute me mettre tous les hommes à dos, mais je n’ai aucun exemple d’homme qui réussisse à faire le travail de la mère. (Elle rit.)
ED : Est-ce bien d’être femme ?
FG : Je me pose souvent la question. Je crois que les hommes sont plus « peinards ». Et lorsque je me sens submergée, j’aurais tendance à vouloir en être un, mais c’est comme faire une prière à Dieu dans un cas désespéré.
Magazine : Elle
Par Elisabeth Depardieu
Photo de Jean-Claude Deutsch
Date : 1985
Numéro : Inconnu
Elle est l’incarnation de toute une génération adolescente. Son personnage, sa musique, ses textes sont l’expression du moment. Peu d’artistes y parviennent. Pour essayer de mieux comprendre le formidable impact qu’elle a sur nous tous, un regard plus précis de ses textes explique tout à fait le phénomène. Les thèmes abordés sont les préoccupations et les centres d’intérêt de la jeunesse. « Je ne chante pas pour les gens de 40 ans » avait-elle confié à Numéros 1. Elle réussit dans sa démarche. Son message : résiste, prouve que tu existes, cherche ton bonheur partout …
Que reste-t-il quand la musique s’arrête ?
(LA CHANTEUSE QUI A TOUT DONNÉ)
Si c’est pas pour vivre avec la musique
à quoi ça sert d’être au générique
(SI SUPERFICIELLE)
On ne peut être plus clair. Il n’est pas besoin de regarder de près les textes que chante France Gall pour savoir que le thème de la musique revient constamment dans ses chansons. C’est sa référence permanente. « Je suis comme une note» dit-elle dans les moments où j’aime tout le monde. La musique, c’est pour tout effacer, tout oublier. Une fois l’oubli venu, elle devient la raison de vivre, d’exister. Car la musique est synonyme de feeling, c’est-à-dire ressentir les choses au fond de soi, se découvrir, être sincère, se débarrasser de ses préjugés, tout ceci opposé à la raison, la logique …
Ils en oublient même qui ils sont
Les inévitables questions
Et le feeling prime la raison Ils s’abandonnent à l’unisson
Ils donnent tout pour la musique Et ils répètent ces mots
Sans suite et sans logique
(TOUT POUR LA MUSIQUE)
La musique est la solution aux problèmes entres les per. sonnes que ce soit au niveau individuel, du couple ou plus largement de la société.
Comment faire pour s’en sortir
Ecoutons vite tous les disques qu’on aime
y’a des nuages noirs qui traînent
(PLUS D’ÉTÉ)
Dans musique et il jouait du piano debout, elle oppose la musique à la guerre et à l’armée, comme le moyen de régler ces situations.
Quand la musique parle
La vie devient belle
(SI SUPERFICIELLE)
Comme l’exprime clairement un de ses titres de chanson, elle a Besoin d’amour. La chanson Tu comprendras quand tu seras plus jeune ne dit pas autre chose :
J’ai besoin de sentir
Cette force immense qui sort de mes poings
D’être là pour quelqu’un.
La vie existe pour qu’un jour l’amour soit au rendez-vous (Dancing disco).
Un amour à deux, où les deux êtres en question seuls comptent vraiment : « Débranche tout, revenons à nous » car conclut-elle dans Ceux qui aiment : « Ceux qui aiment ne pensent plus qu’à aimer ».
J’ai pas le temps d’attendre
J’ai pas le temps de comprendre
Je veux le bonheur maintenant
(LES ACCIDENTS D’AMOUR)
Le projet est clair. Pour l’obtenir et vivre sa vie comme on la ressent, il faut refuser ce monde, cette morale et montrer que l’on est là avec ses propres désirs, ses propres envies. Elle parte de Vahiné à qui « Ils ont volé sa vie avec leur drôle de morale ». En réponse, elle chante :
Vahiné là où ton coeur t’appelle, va
Vahiné là où l’amour te cherche, va
(VAHINÉ)
Dans Il jouait du piano debout, elle ajoute : “Essaie de vivre, essaie d’être heureux, ça vaut le coup”.
Avec Résiste, une de ses chansons qu’elle revendique le plus, elle va plus loin. Dans cette course au bonheur, pour se faire respecter, le combat quotidien, la volonté farouche sont au rendez-vous.
Résiste prouve que tu existes
Cherche ton bonheur partout va
Refuse ce monde égoïste
Résiste suis ton cœur qui insiste
Ce monde n’est pas le tien, viens
Bats-toi, signe et persiste
(RESISTE)
France Gall raconte la vie avec ses questions, ses déboires, ses angoisses sans farder la réalité. Nous verrons plus loin qu’à cette vie difficile tant au niveau individuel qu’au niveau planétaire, elle propose des aménagements sinon des solutions. Dans Diego, libre dans sa tête, elle aborde les dictatures qui anéantissent l’individu, dans Hong-Kong star, les insatisfactions, les rêves enfouis, dans Si maman si France Gall dit Je et pose un regard triste sur sa vie.
Et le temps défile comme un train
Et moi je suis à la fenêtre
Je suis si peu habile que demain
Le bonheur passera peut-être
Sans que je sache le reconnaître
(SI MAMAN SI)
Dans Parler parler ou La prière des petits humains, elle associe les individus dans cette peur que donne la planète, dans ces questions que tout le monde se pose.
Un cri s’élève toujours le même
Qui fait le tour de la planète
Là où on se bat là où on s’aime
Le même cri un peu partout Dieu de là-haut
Venez nous sauver du chaos
Du malaise et du vertigo
(LA PRIÈRE DES PETITS HUMAINS)
Les mots planète, terre, monde, univers ou d’autres synonymes reviennent trop souvent pour qu’il puisse s’agir de hasard. Leur nombre est vraiement impressionnant. Dans d’autres chansons comme La fille de Shannon, Calypso, Diego, France Gall associe le genre humain :
Tout le monde chante, tout le monde a de la peine
(AMOR TAMBIEN}
Ou aussi :
Sur le pacifique à Guayakil
Chez les Incas de l’équateur
Loin dans les montagnes loin dans les îles
Là où c’est le soleil qui donne l’heure
Les chants, les chansons sont toutes les mêmes
(LA PRIÈRE DES PETITS HUMAINS}
L’être humain quelqu’il soit, d’où qu’il vienne est le même devant la vie, la mort, le pourquoi de l’existence.
Et les hommes cherchent leur destin
Dans leurs combats continuels
Dérisoires et cruels
(CEUX QUI AIMENT)
France Gall aborde ce thème par l’intermédiaire de deux chansons dans son dernier album : Cézanne peint et J’ai besoin de vous. Dans la première, elle parle de l’artiste et de son rôle vital et premier pour les êtres humains.
Cézanne peint
Et il éclaire le monde pour nos yeux qui ne voient rien
Si le bonheur existe
C’est une épreuve d’artiste
(CÉZANNE PEINT)
Dans la deuxième, quoi de plus beau comme déclaration d’amour … elle nous confie que l’artiste n’a besoin que de son public :
J’ai besoin de vous
C’est à vous que je donne
Seuls les sages et les fous
N’ont besoin de personne …
… Je n’y suis pour personne
Quand je suis dans vos bras
Que la musique nous donne
La vie encore une fois
(J’AI BESOIN DE VOUS)
Magazine : Numéros 1
Christian PAGE
Date : Aout 1984 (à vérifier)
Numéro : 17 (à vérifier)
Assez nombreux sont les grands noms du show-biz qui s’y sont plantés pour qu’on reconnaisse à France Gall un triomphe qui a parfois pris des allures de pari insensé lorsque l’on repense à ses vingt ans de carrière!
“Tout pour la musique”, ca n’a pas traîné ! le virus l’a saisie en 1962. En classe de quatrième, au lycée d’Auxerre, elle monte son premier groupe avec ses deux frères. Un an plus tard, elle enregistre son premier 45 tours, “Ne sois pas si bête”. Tout un programme ! Qui a pu signer des paroles aussi profondément « nunuches » que redoutablement efficaces ? Je vous le donne en mille … Monsieur Pierre Delanoë ! Surtout, ne rangez pas ce tube dans la catégorie des plaisirs désuets. Ça vaut vraiment le coup d’être réécouté …
Rien d’étonnant à ce que France se tourne très tôt vers la musique ! Toute son enfance en a été nourrie. Son père écrivait des chansons, et non des moindres. « La mama », c’est lui. Sa mère, quant à elle, chantait à la cathédrale d’Auxerre. Son grand-père, cofondateur des “Petits chanteurs à la Croix de Bois” y jouait de l’orgue … A peine un an après son premier succès, elle enregistre un deuxième disque, “Poupée de cire, poupée de son”, lui vaut le prix de l’Eurovision en 1965.
« C’était une chanson très moderne et très révolutionnaire pour l’époque. A la répétition générale, je me suis fait huer et j’ai eu zéro »… le maître d’œuvre de ce couronnement inattendu n’est autre que Serge Gainsbourg. Il faut dire que, dans la série “J’ai rencontré les plus grands de la chanson française”, France Gall a toujours fait très fort. Elle a dix-sept ans, Gainsbourg a déjà pas mal de métier dans les pattes. Très vite, il subodore que, parmi ses fans, à peine un sur cent écoute les paroles particulièrement mièvres de ses tubes. Alors là, il s’en donne à cœur joie. France chante “les sucettes à l’anis” sans vraiment savoir de quoi il retourne. Plus de vingt ans après, la chanson reste un chef-d’œuvre d’innocence perverse qu’aucun autre mariage d’inspirations n’aurait pu permettre!
L’Eurovision sera pour France un cadeau empoisonné. Trois millions et demi de disques vendus, numéro un aux hit-parades du monde entier pendant deux ans … Et, très vite, le revers de la médaille : « J’ai commencé à faire absolument n’importe quoi, des choses qui n’avaient rien à voir avec la chanson. On me mettait des perruques bicolores, je posais avec des concombres sur la figure ! ». Dans la foulée, elle représente des produits de beauté, pose pour des photos de mode … En 1970, à force d’avoir été utilisée, elle arrête tout ! Dans l’ombre de Julien Clerc, dont elle partage la vie, elle remet ses pendules à l’heure. Ras le bol d’être manipulée, elle choisit de résister !
Le trou noir dure quatre ans, la dépression, elle n’a pas fait que la frôler. “Oui, j’ai fait une dépression. Quant tout a marché très fort et que ca ne marche plus … Certains se réfugient dans la drogue, d’autres se jettent par la fenêtre, quelques-uns font une dépression et s’en sortent. Je suis quelqu’un de très équilibré et je crois que je m’en suis tirée parce que j’ai eu une enfance très heureuse et choyée”.
Une enfance idyllique, ca vous donne la pêche pour toute la vie. Un jour, France entend à la radio une chanson de Michel Berger.
“Je me suis dit : ce sera lui ou personne d’autre. Ça a été dur de le convaincre mais il a essayé de comprendre. Après plusieurs mois de travail dans l’ombre, il a fini par m’écrire “la déclaration” qui relatait en trois minutes la vie que j’avais eue”. Elle vend 100.000 disques, mieux qu’un come-back banal. Mais il lui faudra des années pour imposer son style, son identité, pas la nouvelle, la vraie. Alors, elle s’accroche sur les musiques que compose amoureusement pour elle Michel Berger.
Sa chance, celle d’être enfin elle-même, elle la tient. Enfin, elle respire et ca crache. Autant que ca communique à grands coups d’angoisse et de tendresse dans ce couple rare. “Entre nous, pas de guerre, pas de rapport de force !
La seule différence, c’est que chacun de nous est dix fois plus angoissé lorsqu’il s’agit du spectacle de l’autre … ».
Magazine : Télé Magazine
Patrick LAVALLE
Date : 6 au 12 juillet 1985
Numéro : 1548
Pourtant sa chanson, son style ont évolué. De la chansonnette qui lui donnait cet air de “poupée” fragile, elle est passée à la vitesse supérieure : rock et romance, sentimentale ou endiablée, mais toujours pleine de charme.
France Gall fait passer ce courant qui soulève les publics. Elle commença à collectionner ses premiers succès quand Gainsbourg fut son parolier compositeur. Qui n’a jamais fredonné “Annie aime les sucettes, les sucettes à l’anis” qu’elle chantait avec naturel et ingénuité ?
Et puis le grand saut en avant vers la renommée internationale s’effectue quand Michel Berger lui compose musiques et paroles: inutile de citer tous les succès que l’on a entendus sur toutes les radios, les chaînes de télévision ou dans les boites de nuit, il y en a trop!
Mariée et mère de deux enfants, France Gall n’en a pas pour autant “raccroché” avec sa vie de star de la chanson française. Un disque tous les ans et demi en moyenne, des concerts à la pelle, assurément elle a un emploi du temps chargé. Pour l’instant elle prend un repos mérité. Souffler pour mieux repartir.
Après le Zénith qu’elle a su remplir du 11 septembre au 7 octobre dernier, après une série de tournées en France, en Suisse et en Belgique, France Gall sait qu’elle peut faire déplacer des admirateurs aussi nombreux que variés, de Marseille à Bruxelles et de Caen à Lausanne. Son dernier album 33 tous, «Débranche», est au programme des Hits Parades : son succès a justifié la sortie de trois 45 tours tirés du disque.
France Gall sera l’invitée de l’émission “La belle vie” dimanche 10 février à 16h30 sur TF1.
A plus long terme, on espère une tournée à l’étranger, dont la date est encore inconnue.
Si vous écoutez votre autoradio, vous tomberez peut-être sur un de ses airs à la mode et il vous viendra l’envie de danser en pleine rue.
Haussez alors le son : les autres danseront avec vous. Et vous ne “débrancherez” plus.
Comme dans un film!
Magazine : Télé Guide
Renaud RICHEBE
Date : 6 au 12 juillet 1985
Numéro : 431
Midi. La maison paraît déserte, si ce n’est le son du piano qui s’échappe d’une fenêtre et couvre le chant des cigales dans le jardin. L’oreille avertie reconnaît le « son » Berger. Michel travaille, seul – « chanteur abandonné » -, comme il l’a écrit pour Johnny Hallyday tandis que France fait le marché à Saint-Tropez. Les enfants, Pauline (huit ans) et Raphaël (six ans) eux, sont encore sur la plage. Au programme : vacances pour tous sauf pour lui ; un nouveau 33 tours à écrire et enregistrer d’ici septembre, puis, en avril, dix jours au Zénith.
Pour France, le Zénith a rejoint les souvenirs « mais les plus beaux», dit-elle. Entre septembre et octobre 84, pendant un mois, chaque soir devant six mille personnes, France Gall a donné un spectacle conçu avec Michel Berger que Guy Job a filmé et qu’Antenne 2 diffuse le 10 juillet : un triomphe, tout comme la tournée qui a suivi, plus un record de vente avec son disque « Débranche » dont elle a vendu 700 000 exemplaires. Alors comme une élève prix d’excellence, elle peut maintenant profiter de ses vacances et vivre son année de relâche sans arrière-pensée. Après tout pour la musique, c’est maintenant tout pour la famille. Robe rose, teint hâlé, elle arrive, dépose rapidement les provisions dans la cuisine et vient faire admirer le tableau qu’elle a déniché chez un antiquaire et qu’elle destine à leur toute nouvelle maison.
Après quelques années vécues à Rueil, “une erreur” disent-ils, les Berger ont réintégré le cœur de Paris pour s’installer dans un “loft”. A la rentrée, France aura tout loisir de « chiner » et d’arranger sa maison. Mais avec son air décidé et sa voix haute, non sans rappeler une autre « grande » petite bonne femme de la chanson qui lui irait bien comme grand-mère, Mireille, France précise : “Je vais quand même mener la vie que j’aime puisque je vais suivre Michel partout. J’adore être derrière, dans les coulisses. Et quand il ira enregistrer son disque, je serai en studio avec les musiciens. C’est le travail que je préfère.”
Organisée, France conduira d’abord Raphaël et Pauline à Noirmoutier chez ses parents. Sauf en photo, car c’est leur volonté, il est difficile de voir France sans Michel, encordés ensemble dans l’escalade du succès depuis dix ans.
Aussi, lorsque Michel est allé à Montréal avec Johnny pour l’enregistrement du 33 tours qu’il lui a écrit, “Rock and roll attitude”, France bien sûr a suivi. “J’ai assisté à toutes leurs séances de travail. J’ai même participé aux chœurs. Nous sommes restés quinze jours. Johnny avait choisi Montréal parce que Nathalie y tournait. Et moi, j’en ai profité pour faire un show à la télévision canadienne.”
Avant de vivre dans l’ombre de Michel, comme lui le fit la saison passée, ils iront au soleil en août dans une grande maison louée, avec des amis, dans le Lubéron. “Chaque année, nous découvrons une région de France. Le choix de la maison détermine le lieu ; elle doit avoir un charme fou et être dans un espace très protégé”.
Vacances ne signifie pas pour eux désœuvrement : de Saint-Tropez, ils sont partis quelques jours visiter Florence accompagnés de leur ami, Luc Plamondon, l’auteur québécois de « Starmania » et des titres les plus célèbres de Diane Dufresne. Au retour, France s’est plongée dans la lecture d’une biographie de Michel Ange. Dans la maison, les livres aperçus un peu partout ont vraiment l’air d’être lus. France, passe l’été en fort bonne compagnie : « Michel Ange» d’lrving Stone, « Camille Claudel » d’Anne Delbée et « Tchekhov » d’Henri Troyat.
“Je suis passionnée par les biographies. J’ai retrouvé dans le Tchekhov que décrit Troyat des ressemblances inouïes avec Michel, un homme sans cesse débordé par le temps et ses activités, compliqué, angoissé. Comme Tchekhov, Michel n’arrête jamais et se plaint qu’on ne le laisse pas assez travailler en paix” dit-elle en riant, mais ajoute sérieusement : “Le pauvre, il ne peut jamais se reposer. A peine sorti du disque d’Hallyday, il doit écrire et composer le sien. Ensuite il recommencera pour moi et préparera mon prochain spectacle prévu au printemps 87”.
Après deux shows, l’un au Palais des Sports (quatre mille places), l’autre au Zénith (six mille places), France insatiable songe à Bercy (douze mille places). “En le visitant, j’ai pensé : ce n’est pas pour moi. Ensuite, j’ai vu le spectacle de Phil Collins et surtout j’ai beaucoup aimé celui de Julien (Clerc). Alors, nous réfléchissons, avec Michel ». Pour France, rien n’existe sans Michel et « avant » ressemble volontiers pour elle à un trou de mémoire. De ses vingt ans de succès, elle n’en déclare que dix de bonheur : les années Berger qui ont porté sa vie au Zénith.
Magazine : Télé 7 Jours
Martine de RABAUDY – Photos Henri Tullio
Date : Juillet 1985
Numéro : Inconnu
France Gall : une révélation des années 60.
Petite bombe en pleine vague yéyé, elle explose. Partout. Un nom qui sonne haut et fort chez les pros, par son père (musicien). Parmi tous les « wouap dou wouap », la première Lolita de la chanson vient de naître.
Révélée par l’Eurovision en 65, Poupée de cire, poupée de son la stigmatise. Cette blonde adolescente aux yeux rieurs et à la voix encore enfantine suscite l’intérêt. France Gall épouse le succès.
Très vite, elle passe de la ritournelle facile et primaire, Sacré Charlemagne, à des chansons drôlement et tendrement perverses, Les sucettes, avec un rare bonheur. Elle ne semble pas trop savoir ce qu’elle chante mais elle plaît. Parfois, elle… excite !
France Gall, populaire au top niveau, voyage et trimballe ses rengaines de pays en pays. À seize ans, c’en est trop ! La cassure est imminente, d’autant qu’elle semble ne plus savoir trop comment maîtriser son répertoire. Et c’est le trou noir ! Le vide !
France se cherche et privilégie, pendant ce temps, sa vie de femme. Son idylle avec le Dieu Hair (Julien Clerc) alimente la chronique des Amours célèbres en France.
Il faut attendre 1974 pour voir ressurgir France Gall, qui a digéré les années 60, son succès, le label Gainsbourg et tutti quanti.
Des chansons qui lui collent à la peau, de celles qui créent l’harmonie. Le compositeur ? Elle l’a trouvé et sait que d’ores et déjà ce sera lui ou personne : Michel Berger. Comme interprète, il est encore inconnu mais il est célèbre comme auteur-compositeur et comme producteur. Il vient de révéler Véronique Sanson.
L’association Gall-Berger semble impossible. Pourtant, elle se réalise.
Premier acte de cette association : La déclaration d’amour, gravée sur vinyle. Une mélodie superbe, des paroles gentillettes : premier 45 tours témoin de la naissance d’un son et d’un univers qui sera celui de Michel et de France. C’est aussi la transposition (disque en coulisse) d’une histoire d’amour…
L’année suivante, France enregistre un nouveau single, Aime-là. Le look s’affirme : cheveux plus courts, voix plus assurée. France s’attache de plus en plus à ne plus projeter l’image de « Lolita » femme-enfant qui fit son succès dans les années 60. Avec ce second 45 tours, sa voix est définitivement trouvée. Oh ! D’aucuns diront qu’elle n’est qu’une copie populaire de Véronique Sanson. Peut-être n’ont-ils pas encore saisi l’importance et l’originalité de son talent.
Avec la sortie de son premier album nouvelle manière, elle touche un public très large et surtout émotionnellement très riche : les enfants, les ados, les fans du rock, du blues comme les amoureux du disco et les défenseurs de la chanson française, tous se retrouvent en elle. Certes, ce n’est pas l’unanimité totale, mais France brouille les cartes : non seulement elle se détache de la variété populaire ordinaire des années 70, mais elle brise aussi les étiquettes. France n’est pas une chanteuse à tiroirs.
Derrière elle, tout un consensus national !
À partir de là, son succès ne va qu’en grandissant. L’album est un franc succès et les critiques les plus enviables lui sont décernées.
Le temps d’un duo avec celui qui est devenu son mari, Ça balance pas mal à Paris, symbolise l’étroite collaboration qui la lie désormais à Berger. La télé les accueille pour un show exceptionnel.
Émilie ou la petite sirène (1976) les marginalise davantage encore dans la variété traditionnelle tout en accentuant leur vocation populaire : paradoxe rare !
En 77, France veut aller plus loin encore. La sortie de son nouvel album, Musique, la veille de l’été, est un véritable événement, salué par les critiques comme l’un des meilleurs disques des cinq dernières années. Il contient, il est vrai, de véritables petits chefs-d’œuvre.
Écoutez Maggie, Si maman si et vous serez séduit. Outre le succès foudroyant du disque, cet album marque la percée de France dans les discothèques. Eh oui, en plein ouragan disco, France conquiert le public des boîtes de nuit !
Depuis ? Elle n’a pas quitté la magie des spotlights. Depuis ? Elle a la réputation d’être le chef de file en France de la « dance-music ».
Pour la rentrée 77, elle fait le pari d’affronter le public en direct (elle que l’on dit être anti-star et surtout pas « bête de scène »…).
Un test déterminant pour la suite de sa carrière. Et pendant une semaine, au Théâtre des Champs-Élysées, France décide de tabler sur l’originalité.
Le spectacle made in France Gall est uniquement composé de filles. Une première et une réussite. C’est sur cette scène qu’elle impose, pour la première fois, son jeu très « modern-dance » en tournant résolument le dos aux paillettes et aux strass. Les échos, une fois de plus, sont unanimes. Désormais, France Gall jouit d’une presse inégalable pour une chanteuse dite de variété.
En 1979, France se mesure à un projet collectif : Starmania, un opéra-rock signé Berger-Plamondon.
Piège ? Peu de vedettes parvenues à son stade de popularité osent l’affronter. Elle, si ! Elle devient alors, dans Starmania, une parmi d’autres. Une, dans une distribution brillante où, dans le livret, les interprètes tiennent plus de place qu’elle.
Son album Paris-France, en l’espace de quelques semaines, est n° 1 des ventes et domine l’année entière avec sa chanson phare, Il jouait du piano debout.
Autre événement 80 : Michel Berger éclate pour la première fois en tant qu’interprète. Le couple ne quitte pas la tête des hits de tout l’été et même de l’automne. L’hégémonie est telle que, pour beaucoup d’observateurs, l’année 80 porte le label France Gall et Michel Berger.
Magazine : Numéros 1
Didier Varrod
Date : Mars 1985
Numéro : HS
Pourtant sa chanson, son style ont évolué. De la chansonnette qui lui donnait cet air de “poupée” fragile, elle est passée à la vitesse supérieure : rock et romance, sentimentale ou endiablée, mais toujours pleine de charme.
France Gall fait passer ce courant qui soulève les publics. Elle commença à collectionner ses premiers succès quand Gainsbourg fut son parolier compositeur. Qui n’a jamais fredonné “Annie aime les sucettes, les sucettes à l’anis” qu’elle chantait avec naturel et ingénuité ?
Et puis le grand saut en avant vers la renommée internationale s’effectue quand Michel Berger lui compose musiques et paroles: inutile de citer tous les succès que l’on a entendus sur toutes les radios, les chaînes de télévision ou dans les boites de nuit, il y en a trop!
Mariée et mère de deux enfants, France Gall n’en a pas pour autant “raccroché” avec sa vie de star de la chanson française. Un disque tous les ans et demi en moyenne, des concerts à la pelle, assurément elle a un emploi du temps chargé. Pour l’instant elle prend un repos mérité. Souffler pour mieux repartir.
Après le Zénith qu’elle a su remplir du 11 septembre au 7 octobre dernier, après une série de tournées en France, en Suisse et en Belgique, France Gall sait qu’elle peut faire déplacer des admirateurs aussi nombreux que variés, de Marseille à Bruxelles et de Caen à Lausanne. Son dernier album 33 tous, «Débranche», est au programme des Hits Parades : son succès a justifié la sortie de trois 45 tours tirés du disque.
France Gall sera l’invitée de l’émission “La belle vie” dimanche 10 février à 16h30 sur TF1.
A plus long terme, on espère une tournée à l’étranger, dont la date est encore inconnue.
Si vous écoutez votre autoradio, vous tomberez peut-être sur un de ses airs à la mode et il vous viendra l’envie de danser en pleine rue.
Haussez alors le son : les autres danseront avec vous. Et vous ne “débrancherez” plus.
Comme dans un film!
Magazine : TV Couleur
Renaud RICHEBE
Date : 9 au 15 février 1985
Numéro : 91

Créé au début du XXe siècle dans les îles de Trinité-et-Tobago, au large des côtes vénézuéliennes, le calypso est un lointain parent du reggae et trouve un large écho aux États-Unis dans les années 1950 : « Calypso » est le titre d’un album de Harry Belafonte, premier 33-tours à dépasser le million d’exemplaires vendus.*
Note sur les crédits : Il arrive fréquemment que des œuvres soient diffusées sans que le nom de l’auteur soit mentionné. Ces pratiques sont illégales au sens de l’art. L.121-1 du CPI. Lorsque nous connaissons le nom de l’auteur de la photo, il est toujours mentionné. Si vous constatez une erreur, un manque, ou que vous souhaitez le retrait d’une photo dont vous êtes l’auteur : contactez-nous.
*Sources des textes : France Gall l’intégrale / L’histoire de tous ses disques par Norman Barreau-Gély aux Editions EPA avec les pochettes de France Gall Collection

Ses disques se vendent comme des petits pains aussi bien aux petits qu’aux très grands. Il faut dire que si les amoureux de “Poupée de cire” ont pris de l’âge, leurs enfants ont toutes les raisons de craquer pour la “Poupée” des sons superbes et efficaces qu’on attend dans “Hong-Kong Star” ou “Débranche”. Cool a fait le point avec elle.
Avec le recul, qu’est ce qui t’es resté du Zénith ?
Je tiens tout d’abord à dire qu’il est merveilleux et fantastique que cette salle existe et qu’il y a bien longtemps que tout le monde l’attendait. Cela vaut aussi pour Bercy pour des concerts plus importants, mais moi je ne me sentirais pas capable d’y passer. Je ne supporterai pas que mon public m’aperçoive comme un petit point sur la scène … ce qui est arrivé quand je suis allé au concert de Phil Collins. Au Zénith c’était parfait. Ce fut pour moi une re-découverte de la scène et aussi des … coulisses car s’il est un endroit dont on parle rarement dans un concert ou plutôt dans l’après et l’avant concert, ce sont les loges. Et celles du Zénith sont très spacieuses et très agréables. Quand on est une équipe nombreuse, il est important que tout le monde puisse circuler sans se bousculer pendant les changements et ensuite se reposer et décompresser dans un endroit agréable.
Sur scène, tu ne t’extériorise pas tellement, on a l’impression que tu restes un peu froide à l’accueil du public ?
C’est ce qu’on me dit souvent, pourtant c’est absolument faux. Peut-être pense-t-on ça, parce-que j’ai horreur de parler sur scène, bien que je crève d’envie de dire aux gens que je les’ aime. Je ne le fais pas car je trouve ça démagos, d’où mon mutisme. A la dernière j’étais tellement émue de voir que j’allais les quitter et ne plus les revoir jusqu’au prochain spectacle, que je hoquetais… une incroyable envie de pleurer. Il est vraiment impossible pour un artiste de rester insensible à un public qui vient l’écouter, connait ses chansons par coeur, l’acclame et attend tellement de lui !
Ce public compte beaucoup pour toi ?
C’est presque une obsession chronique. Je me rends compte à la fin de mes concerts qu’il me manque énormément surtout quand je me retrouve après toute seule dans ma salle de bains.
Si le public te manque autant, pourquoi, malgré le succès as-tu voulu décrocher?
Parce que pour être heureuse, il faut que ce succès sanctionne ce qu’on aime. Tu fais allusion à une époque où les chansons qu’on me proposait ne me correspondaient pas. Je ressentais un vide, je ne me sentais pas concernée par ma carrière et je préférais aller vivre à la campagne avec mes bêtes. Tu sais, pendant les cinq années passées à chanter du Gainsbourg, je n’ai vu Serge que pour: lui dire au revoir et bonjour. Je ne l’ai jamais vraiment connu. Mon producteur décidait tout. En, cinq minutes, on réglait la tonalité du morceau et je n’avais plus qu’à enregistrer ma voix, une fois la bande musique terminée. Pas très motivant !
Qu’est ce qui t’a fait changer d’avis ?
Sans doute l’amour du métier qui, avant de partir, m’a poussée à me produire moi-même. Et puis bien sûr et surtout le fait que cette “ultime” production m’a fait rencontrer non seulement Michel Berger mais aussi sa superbe chanson “Ma Déclaration”. Et c’est là que tout a commencé vraiment !
Un titre symbolique pour une collaboration idéale sur tous les plans … c’est ce qu’on appelle un miracle ?
Peut-être. Mais alors un miracle c’est tout simple. Il suffit de rencontrer quelqu’un qui soit à ton écoute, qui comprenne ce que tu as envie d’exprimer, qui devine ce que tu ressens. J’avais des manques, Michel les a comblés car nous avons la même sensibilité. Et puis j’aime réellement ses musiques et ses textes autant que je l’aime. Dans ses chansons, il parle du quotidien sans niaiserie, en valorisant l’essentiel… c’est ce qui me touche.
Participes-tu a l’élaboration de tes disques ?
Oui, car de plus en plus j’apprends ce métier. Je n’ai pas la plume d’un auteur mais je suggère des idées, des thèmes et Michel les traduit avec son langage. Par exemple pour Diego, je lui avais demandé un texte sur les injustices dans le monde, les enfants qui meurent de faim. En fait, j’aiguille sa sensibilité sur des sujets où je me sens concernée.
Te permets-tu de dire à Michel “non, cette chanson ne me plait pas” ?
Tout à fait : Soyons francs, ça m’arrive une fois sur vingt, mais je lui donne mon avis sur un couplet ou un refrain, qu’il faudrait changer, un mot ou une phrase. Et puis, de faire des critiques sur son travail ça lui évite d’être paresseux et de ne pas se renouveler !
S’il n’y avait pas eu cette seule et unique personne qui écrive pour toi, qui d’autre ?
Je ne vois pas. J’ai de l’admiration pour beaucoup de compositeurs comme Randy Newman, Balavoine, Michel Jonasz mais je ne m’imagine pas du tout en train de chanter (et elle me le fredonne) “Je voulais te dire que je t’attends”.
Michel va produire le prochain album de Johnny Hallyday (paroles et musique). Est-ce une première trahison ?
Pas du tout, si Michel l’avait fait pour une jeune chanteuse, peut-être que cela aurait été difficile à accepter car il a sa patte, son style qui font que cela aurait pu être la mort de la carrière de l’une ou de l’autre. Mais pour en revenir à Johnny, c’est quelqu’un de très différent de lui. Michel s’investit en ce moment, totalement dans cet album. Pour lui, il va habiller de neuf le mythe Johnny et c’est une grande entreprise. D’ailleurs Michel a même repoussé son concert qu’il devait donner au Zénith en octobre. Je ne t’en dirai pas plus là-dessus car actuellement ils sont en studio et ni Nathalie Baye, ni moi-même n’allons les espionner.
Justement puisque nous parlons de Johnny, voilà une star du disque qui va jouer à l’écran notamment le dernier Godard. Est-ce que cela ne t’aurai pas tentée?
Ça ne me branche pas vraiment. Peut-être parce-que je pense être une lamentable comédienne. Ne parlons pas de rôle de composition. Mais d’un rôle de femme-enfant, ou de marrante. Pourquoi pas ? (elle réfléchit un instant) Oui, peut-être alors avec l’équipe du Splendid, ils sont branchés côté humour, et puis il y a Elie Chouraqui, j’ai vraiment bien aimé ses deux films. Un metteur en scène (ça y est la voilà partie) qui m’a beaucoup plu aussi Eric Rohmer dans “Les nuits de la pleine lune”.
Les preuves d’amour du public, tu t’en rends vraiment compte dans le courrier. Est-ce que tu en reçois beaucoup ?
Oh! là! là ! Ne m’en parle pas : je croule sous les lettres et j’ai beaucoup de retard. Je n’arrive pas à répondre à plus de dix lettres par jour. Et puis il y a des lettres très touchantes qui me prennent plus de temps que d’autres mais … malheureusement mon emploi du temps ne me permet pas d’en écrire plus.
Qu’est-ce qu’on te raconte dans ce courrier ?
En général ce sont les 17-18 qui m’écrivent. Ils me parlent de leur vie, de leurs problèmes, ils me considèrent un peu comme la grande sœur ou l’amie qu’ils n’ont pas et j’ai droit aux confidences les plus secrètes c’est-à-dire celles qu’on ne fait pas aux parents.
Notre France au Canada, belle la formule non ! Est-ce que tes succès franchissent enfin les frontières ?
Oui, ça commence par les pays francophones et notamment Montréal, un concert unique le 15 avril et tout ça suite à “Débranche” bien placé dans tous leurs hits !
Bon voyage France et reviens-nous vite !
Magazine : Numéros 1
Date : Septembre 1985
Numéro : 30