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France Gall au Zénith

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France Gall au Zénith
France Gall au Zénith

Un bout de femme qui éclate, qui explose, qui implose aussi, c’est F. Gall au Zénith … de sa gloire et de sa maturité tant scénique que musicale.

Cette année, la mise en scène remarquable – de Robert Fortune – a cependant de grosses ressemblances avec celle d’il y a deux ans, laquelle, à l’époque, faisait figure de grande nouveauté. Ligne voguant entre le rétro BCBG années 50, le rock décadent et l’avant-gardisme. Et surgit la star, blondeur et moue de rockeuse angélique façon Kim Wilde, coiffure échevelée style Bonnie Tyler, une boule d’énergie démente qui vous insuffle des tonnes de décibels.

Outre les excellentes rythmiques (merci M. Samieri) et les basses de Jannick Top qui frappent sec l’estomac, elle sait aussi s’entourer de bons claviers. De même qu’elle a su travailler sa voix trop claire et nasillarde d’antan pour arriver à un timbre plus ténu. Et soulignons les lumières géniales, le gigantesque paquebot qui fait s’évader en l’espace de 10 secondes, tout comme l’horizon pyramidale égyptien ou l’arc-en-ciel du fond de scène. Tout y est ingénument fabriqué pour partir swinguer sur des accords aériens synthétisés et revenir pulser le temps d’un solo de batterie dans un univers froid et chaud à la fois. En attendant une prochaine tournée du tonnerre de Brest, vous ne couperez pas à 33 ; déhanche-toi en Calypso et voyage hard sur Hong-Kong Star, car “la” Gall est contagieuse !

A.M.

D’accord, c’était beau. Bravo Robert Fortune. Mais c’était plutôt glacé et glaçant… Rechercher l’émotion à coup d’esbrouffe, c’est sombrer dans un sentimentalisme d’épicier gentil… Un spectacle propre pourtant. Respirant le travail et la volonté d’étonner. Bonjour le visuel. Et bonjour le malaise. En chanteuse des années 80, France Gall a rempli son contrat. Maîtresse d’école de son public, dansant, courant, elle occupait réellement l’immense scène du Zénith. Un spectacle qui respirait le chic affecté. Rares surprises (passage tango). Rarement juste. Sans âme. Une simple consommation. Semblable à ces clips qu’on avale, un hamburger dans la main.

C.M.

Magazine : Chanson
Date : Décembre 1984 / Janvier 1985
Numéro : 13

France Gall gagne …

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France gagne ...
France gagne ...

Ils étaient tous là, ils ont aimé, France Gall a gagné. Devant près de 6 000 personnes enthousiasmées et charmées, France s’est battue comme une lionne au Zénith de Paris.

Reconnaissance des caractères impossible sur cet article (le contraste des caractère est trop faible)

Magazine : Salut !
Date : 10 au 23 octobre 1984
Numéro : 236

France Gall : je prends ma retraite dans 10 ans

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France Gall : Mon regret c'est d'être passé de l'enfance au monde adulte, dit-elle. Poupée de cire, poupée de son c'était il y a 20 ans déjà !France Gall : Mon regret c'est d'être passé de l'enfance au monde adulte, dit-elle. Poupée de cire, poupée de son c'était il y a 20 ans déjà !
France Gall : Mon regret c'est d'être passé de l'enfance au monde adulte, dit-elle. Poupée de cire, poupée de son c'était il y a 20 ans déjà !
France Gall : je prends ma retraite dans 10 ans

Mon regret c’est d’être passé de l’enfance au monde adulte, dit-elle. Poupée de cire, poupée de son c’était il y a 20 ans déjà !

Si les années passent, France Gall reste toujours égale à elle-même. Le style de ses chansons a bien changé depuis les “sixties” mais le temps n’a pas laissé son empreinte sur le visage de la jeune chanteuse.

Jeune, toujours fraîche et dynamique, c’est ainsi qu’elle est apparue sur scène le 11 septembre dernier.

Pendant près d’un mois dans l’enceinte de ce palais de la musique qu’est le Zénith, France a pris le pari de rassembler chaque soir quelque dix mille fans. Tous les éléments sont réunis : une mise en scène gigantesque, des choristes et des musiciens “géants”, une musique gui déménage, et surtout l’énergie d’une chanteuse prête à tout donner. Depuis le palais des sports de la porte de Versailles en 1982, France n’était pas remontée sur les planches. Sur le thème de l’incommutabilité, son nouveau spectacle “Débranche” marque la rentrée de France Gall après deux ans d’absence. Elle nous présente son nouvel album dont les chansons écrites et composées par son mari Michel Berger, ont été inspirées d’un long voyage en Chine.

Quand Michel et moi écrivons un disque, explique-t-elle, c’est sur un thème, en prévision d’un spectacle. Quand nous avons fait “Tout pour la musique” en 82, nous avons choisi ce titre parce que c’est celui qui allait le mieux dans le contexte. Pourtant le titre fort était : Résiste. Aujourd’hui c’est “Débranche”, alors qu’on aurait pu choisir Calypso ou Hong-Kong star. Et puis l’incommunicabilité c’est vraiment le problème des jeunes.

Ces jeunes auxquels France s’adresse plus particulièrement ont entre 16 et 18 ans. Elle se sent proche d’eux et les comprend car cette période a été très difficile dans sa vie. Comme eux, à leur âge, j’étais paumée, sans but, déclare France. Je suis passée sans transition de l’enfance au monde des adultes et cela m’a posé de gros problèmes. C’est là mon plus grand regret. C’est pour cette raison que ceux des jeunes m’atteignent et que je suis plus à même de le comprendre. C’est le secret de ma jeunesse.

France reçoit un abondant courrier de la part de son jeune public. Elle répond aux lettres une par une. Chaque témoignage la touche au plus profond d’elle-même. Qu’elle en pleure ou qu’elle en rit, elle ne reste jamais indifférente. D’une nature hypersensible France goûte pleinement la vie et profite de chaque instant. Elle n’hésite pas à déclarer : “Je suis heureuse. Je vis depuis 10 ans avec l’homme que j’aime et qui est devenu mon mari, Michel Berger. Avec lui j’ai eu deux enfants : Pauline et Raphaël. Ils sont ma plus belle réussite.

De son avenir, France ne sait qu’une chose : dans 10 ans elle ne chantera plus. Si l’on peut sans crainte affirmer qu’elle est comblée par sa vie présente, il subsiste néanmoins son regret de ne pouvoir se consacrer davantage à ses enfants. Ils ont besoin de moi, déclare-t-elle, et je veux répondre à leur appel. Et puis dans 10 ans, je serais trop vieille pour continuer, alors autant être lucide et savoir s’arrêter !

Ce temps est encore loin et nous pouvons dans l’immédiat lui souhaiter de nombreux succès à la hauteur du triomphe qu’elle connaît aujourd’hui. Et qui oserait prétendre que dans 10 ans France aura perdu son éternelle jeunesse !

Magazine : Confidences
Date : 28 Septembre au 4 octobre 1984
Numéro : 1921

France Gall est amoureuse de son public

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France Gall est amoureuse de son public
France Gall est amoureuse de son public

Au pied du boulevard périphérique et au bout d’un terrain vague comme on en trouve encore dans Paris, se dresse une structure gris acier, sorte de gigantesque pouf cubique qu’aurait gonflé là un géant en mol de mobilier.

C’est le dernier temple de la musique, le Zénith, qui, depuis le 11 septembre, accueille dans ses flancs France Gall, ses musiciens, ses danseurs, ses éclairages et tout le bonheur que lui apporte chaque nouveau spectacle.

“C’est toujours un moment extraordinaire, le seul où je puisse rencontrer les gens qui me suivent, achètent mes disques et comprennent ce que je dis dans mes chansons. Je voudrais même pouvoir aller les accueillir à la porte.”

Et, ce moment, il ya plus d’un an qu’elle le prépare, ne serait-ce que pour réserver cet endroit. “Je n’ai pas hésité”, lance-t-elle enthousiaste, d’abord parce qu’il a été construit pour faire de la musique. Et puis, je m’y suis tout de suite sentie bien. J’ai suivi la construction de cette salle, j’ai été à son inauguration; j’y ai vu Renaud et, à chaque fois, j’ai adoré. Je trouve extraordinaire cet espace complètement vide qu’on doit traverser pour arriver au Zénith. Regardez, on se croirait en l’an 2000. »

Il a fallu ensuite choisir les musiciens (car son dernier album, “Débranche”, a été entièrement réalisé avec un synthétiseur qui remplaçait presque tous les instruments) et les collaborateurs. J’ai une certaine tendance à la fidélité, souligne-t-elle, mais pour apporter un sang neuf, il faut savoir renouveler . Délicate opération quand on affirme ne vouloir que les meilleurs et quand on se soucie également de leur bon caractère.

France, dans un éclat de rire, avoue : “Je ne peux être entourée que de gens qui sont des amours. sinon, il y a un malaise. J’ai besoin d’une harmonie complète. Il faut que je les aime et qu’ils m1aiment, qu’ils soient heureux. avec une très grande envie de faire ce spectacle.”

Tant d’efforts ne sont pas vains, puisqu’ils sont le cadeau offert à un public qui est, selon France, d’une qualité extraordinaire. “Très intelligent. Je n’ai jamais vu un public donner autant que celui qui vient me voir ou qui vient voir Michel Berger. Sur scène, je le ressens très très fort et, à la fin du spectacle, c’est à celui de nous deux qui donnera le plus …

Après la scène, une grande tournée et, début décembre, France ôtera sa casquette de femme de spectacle pour redevenir une maman et une maitresse de maison.

“J’allais dire une femme normale”, ajoute-t-elle en riant. Car elle n’aime pas mélanger les genres. Lorsqu’elle chante, elle fait en sorte que ses enfants soient très entourés, mais ils ne l’accompagnent pas.

En revanche, dès que c’est fini, je ne veux rien faire d’autre que d’être avec eux.

Avec Pauline, bientôt six ans, et Raphaël, trois ans, elle exerce le métier qu’elle préfère entre tous, celui de mère de famille.

“C’est ce qu’il y a de plus important pour mol, mais je crois que si je suis une maman très heureuse, c’est que justement, en contrepartie, j’ai réussi ce que j’aime”. Maman heureuse et très attentionnée, à la limite parfois de l’inquiétude systématique. A l’exception d’un séjour en Chine, “On ne peut malheureusement visiter ce pays en trois jours”, – elle ne part jamais en voyage pour ne pas les quitter : J’attends qu’ils soient grands pour pouvoir les emmener avec moi.” Car, pour l’instant, pas question de leur faire quitter les limites du territoire national (à part quelques incursions en Suisse pour des vacances de neige). Les avions, les décalages horaires, je ne veux pas, s’exclame-t-elle. Ça pourrait peut-être très bien se passer, mais je suis moi-même quelqu’un qui se fatigue vite et je m’en fais toute une montagne.»

Entre deux galas, France redevient maman

Pour l’instant, France prend la plus grosse part de la charge éducative. C’est moi qui les prends en main, c’est moi qui punis. Michel sera un papa merveilleux pour plus tard, pour l’éducation solide. Mais je les considère encore comme des bébés. Et qu’ils aillent à l’école n’y change rien. Raphaël vient d’y faire sa rentrée, en même temps que celle de maman au Zénith, tout comme Pauline avait commencé il y a deux ans et demi, le jour de sa première au Palais des Sports. (J’ai voulu qu’elle vive quelque chose en même temps que moi. Mais, même si finalement elle adore l’école et sa maitresse, ça a été un moment terrible. Ma fille est comme moi émotive et hypersensible. Elle était terrifiée. Et c’est moi qui pleurais dehors. Mon fils, lui, est très différent. Il va foncer, c’est un Bélier. Et l’activité de maitresse de maison la retient tout autant. J’ai une passion pour la maison. J’adore la mettre en fête, faire des diners, répondre de bonnes odeurs, fabriquer des bouquets, préparer plein de choses.»

L’année 1985, outre ce changement de casquette, va sonner également l’année Michel Berger. Car dans ce couple tout harmonie, c’est l’alternance qui règne. C’est formidable de pouvoir suivre l’autre. Moi, j’adore ce métier et ce n’est pas parce que ce n’est pas moi qui le fais que je l’aimerais moins. Je suis aussi passionnée à préparer un spectacle de Michel que l’un des miens.»

A son tour, comme Michel, dans son ombre, s’applique à régler tous les détails du spectacle de Fronce, elle va s’attacher à ses pas, à son service. Entre nous, conclut-elle sereine, pas de guerre, pas de rapports de force. La seule différence, c’est que chacun de nous est dix fois plus angoissé lorsqu’il s’agit du spectacle de l’autre : on devient impuissant, il y a un moment où l’on ne peut plus rien faire pour l’aider.

Magazine : Télé 7 Jours
MICHELE LANTERI – PHOTOS JACQUES BOURGUET
Date : 28 Septembre 1984
Numéro : Inconnu

France Gall : l’amour me fait gagner tous les combats

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France Gall : l'amour me fait gagner tous les combats

France Gall fait sa rentrée au Zénith (jusqu’au 7 octobre). Ce nouveau récital a été entièrement écrit par son mari, Michel Berger. « Je suis son interprète idéale », a-t-elle affirmé à Michel Drucker qui l’a interviewée en exclusivité pour « Paris Match ».

Michel Drucker : Il me semble que depuis quelques années vous avez découvert le bonheur de communiquer avec le public. Comment expliquez-vous que vous ayez attendu si longtemps avant d’établir ces nouveaux rapports avec lui ?

France Gall : Cela s’est fait simplement. Parce que je chante des textes qui me ressemblent. Enfin ! qui racontent mes émotions, des choses auxquelles je suis sensible. Le public se retrouve dans mes chansons. C’est parce que nous parlons le même langage que nous sommes devenus si proches.

Michel Drucker : Vous n’étiez pas contente de ce que vous chantiez, avant ?

France Gall : Ce n’était pas moi. J’étais mal dans ma peau. Or, l’important c’est de garder son identité.

Michel Drucker : Vous avez dit récemment qu’entre 1970 et 1974 vous aviez eu envie d’abandonner ce métier, et que vous aviez frôlé la dépression …

France Gall : Frôlé ? J’ai fait une dépression ! Quand tout a marché très fort et que ça ne marche plus … certains se réfugient dans la drogue, d’autres se jettent par la fenêtre, quelques-uns font une dépression et s’en sortent. Je suis quelqu’un de très équilibré, et je crois que je m’en suis tirée parce que j’ai eu une enfance très heureuse et choyée.

Michel Drucker : La famille est un mot que vous employez souvent …

France Gall : C’est capital pour moi. Ma famille n’est d’ailleurs pas étrangère à ce que je fais, car on est dans la musique depuis des générations. Nous sommes vraiment sur la même longueur d’ondes.

Michel Drucker : Vous avez vécu très tard avec vos parents.

France Gall : Oui, jusqu’à 23 ou 24 ans. Ils ont fini par partir !

Michel Drucker : Pourquoi ?

France Gall : Ils estimaient qu’il n’était pas très normal qu’à mon âge je vive encore avec eux. Pour eux, il était temps que je vole de mes propres ailes. Ils sont donc partis. Je n’avais jamais appris à me battre et j’ai eu beaucoup de mal à me débrouiller seule. Ce fut ma période noire, dépressive …

Michel Drucker : Parce que vous vous retrouviez seule ?

France Gall : Je n’étais pas seule, car j’ai toujours été très entourée, mais je n’avais plus rien, après avoir été quelqu’un de très connu.

Michel Drucker : Si Michel Berger écrivait pour d’autres chanteuses que vous, cela vous poserait-il un problème ?

France Gall : D’emblée, j’ai envie de vous répondre oui. Mais en y réfléchissant, je me dis qu’il a déjà écrit pour d’autres chanteuses, et leur interprétation a beaucoup apporté à ses chansons. Je ne me fais aucun souci : je pense être pour lui l’interprète idéale. Je ne crains pas les autres.

Michel Drucker : Vous avez la réputation d’être une « enquiquineuse », parfois même de manquer de gentillesse. Cette réputation est-elle usurpée, injuste ? Vous gêne-t-elle ?

France Gall : Je découvre, avec votre question, que je manquerais donc parfois de gentillesse … Quant à ma réputation d’emmerdeuse, je l’assume. J’ai du caractère. A partir du moment où l’on n’accepte pas systématiquement de faire ce que l’on exige de vous, on vous traite d’enquiquineuse.

Michel Drucker : Si vous n’aviez pas eu d’enfants et si vous n’aviez pas de foyer, avez-vous l’impression que vous pourriez être une plus grande vedette encore ?

France Gall : Peut-être. Mais je ne peux imaginer un seul instant ne pas avoir de foyer, d’enfants … À 18 ans, je rêvais déjà d’en avoir. Or, quand j’ai eu vingt-huit ans j’ai appris que je ne pouvais pas être mère. Cela a été un choc terrible. Comme toutes les femmes qui ont ce genre de problème, j’ai fait le « parcours du combattant ». Pendant deux ou trois ans, j’ai vécu une période absolument atroce. J’ai été récompensée, puisqu’aujourd’hui je suis la maman de deux beaux enfants.

Michel Drucker : Dans un couple, et à plus forte raison un couple d’artistes, il y a parfois des rapports de force. Est-ce le cas dans le couple Gall Berger ?

France Gall : Il n’y a aucun rapport de force entre Michel et moi. Cela vient d’abord du fait que nous nous adorons et que nous nous respectons. Et puis, nous réussissons tous les deux dans notre métier. Si Michel n’avait pas percé en tant que chanteur, je suis sûre que nos rapports auraient été différents. Je vends beaucoup de disques. Lui a le don de l’écriture. L’équilibre entre nous est parfait.

Michel Drucker : Comment vous voyez vous dans dix ans ? Vieillir vous fait-il peur ?

France Gall : Oui, cela me fait assez peur … Pourtant, quand je prépare un spectacle comme celui du Zénith, je suis tout de même rassurée car les gens me disent : « C’est extraordinaire, le temps passe sur vous sans laisser de trace ». Je dois reconnaître qu’en ce moment j’ai vraiment la « pêche » ! Jusqu’à présent, j’ai réussi ma vie de femme. Ce que je veux, c’est ne pas rater ma sortie d’artiste !

Magazine : Paris Match
Par Michel Drucker
21 septembre 1984
Numéro : 1843

Michel Berger, France Gall : le même feeling

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La petite France Gall est particulièrement bien entourée pour son superbe show au Zénith.

Elle a en effet une colossale équipe de cent personnes, machinistes, costumiers, ingénieurs u son et de la lumière, huit musiciens, trois choristes sept danseurs, des clowns, des acrobates… sans oublier Michel Berger qui est l’œil du maitre « Michel, c’est mon regard sur scène ! » dit France.

« Moi, ce spectacle, je ne le verrai jamais, c’est lui qui le voit pour moi, et j’ai confiance en ses yeux, parce qu’on a les mêmes goûts, les mêmes idées, le même feeling … ». Quel accord !

Magazine : Girls
Date : 20 au 26 Septembre 1984
Numéro : 247

France Gall, elle change de tête mais ne débranche pas !

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France Gall, elle change de tête mais ne débranche pas !
France Gall, elle change de tête mais ne débranche pas !
France Gall, elle change de tête mais ne débranche pas !

Pour elle aussi c’est la rentrée … une rentrée musicale s’entend et qui la voit triompher depuis une semaine dans la nouvelle salle du Zénith.

France Gall toujours fidèle à son style d’apparente fragilité, à sa blondeur éclatante, a pourtant, au fil des années, bien changée. Elisabeth Chandet vous fait découvrir en image qu’il est possible de se transformer tout en restant fidèle à son image.

1967 – Sa coiffure la plus sage.

Comme beaucoup d’adolescentes, France refusait alors de se faire couper les cheveux. Une « coiffure-refuge » propre à masquer sa timidité, raie au milieu, lourde frange et long carré raidi par un brushing sans faille. Mais ça va changer …

1968 – Une recherche de sophistication.

France a laissé pousser sa frange et accepte de dévoiler un peu plus son joli visage. Une raie sur le côté et la mèche est lissée en bandeau sur le front et ramenée derrière l’oreille, ou disciplinée par une fine barrette.

1971 – La grande décision.

France s’est enfin décidée à sacrifier sa longue chevelure et à la blondir davantage : coiffure mi-longue avec frange nette et un carré dégradé sur les côtés tandis que la nuque, elle, reste droite. Quel changement ! Pas mal non plus, non ?

1972 – Une tentative vers le naturel.

Une tentative vers le naturel. Plutôt que de discipliner ses cheveux par un brushing rigoureux afin de les raidir, France s’essaie à la fantaisie. Elle laisse un peu repousser sa chevelure, ne redoute plus les ondulations naturelles et la frange est moins plaquée.

1974 – Son look le plus strict.

Elle est hyper-sage notre France Gall. La coupe est carrée avec quelques mèches plus courtes sur le devant. Plus de frange mais une épaisse mèche qui est balayée sur le côté. L’ensemble de la chevelure est à nouveau lissé, bien net.

1976 – Romantique à fond.

France a retrouvé sa longue chevelure de blés mûrs. Une raie au milieu, une frange légère qui s’éparpille sur le front en mèches plus longues et la masse des cheveux retombe sur les épaules et le dos en un volume souple et aérien. Superbe …

1982 – Retour en force vers la décontraction.

“La groupie” a trouvé son pianiste et se fait fort de lui offrir un look aussi simple que possible : long carré flou, à peine allégé par un dégradé et frange qui longe les sourcils. Et France laisse sécher ses cheveux à l’air …

1983 – La folie du court.

France surprend avec sa nouvelle tête … Longue frange toujours, mais effilée et qu’elle peut à loisir laisser jouer à masquer ou découvrir son front. Un balayage éclaircit la chevelure. Pour France, c’est le bonheur de se coiffer du bout des doigts.

1984 – Un nouveau look super-raffiné.

France a laissé pousser ses cheveux dans la nuque. Tout le sommet du crâne est dégradé et beaucoup plus court la frange est effilée. Les cheveux sont gonflés au séchoir puis placés à l’aide des doigts. Le look super star !

Magazine : OK !
Date : 17 au 23 Septembre 1984
Numéro : 234

France Gall, son rendez-vous d’amour

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France Gall, son rendez-vous d'amour
France Gall, son rendez-vous d'amour
France Gall, son rendez-vous d'amour

France Gall super branchée sera la reine du Zénith pendant un mois. Un show très attendu.

Depuis deux ans, France n’était pas montée sur une scène parisienne. Cette année, c’est au Zénith, le nouveau temple futuriste de la musique qu’elle revient pour un rendez-vous d’amour jusqu’au 7 octobre. Salut ! assiste aux derniers préaparatifs.

Alors, France, le Zénith c’est un pari ou était-ce la seule salle libre ?

Non. c’est simplement la première salle où je passe à Paris qui a été construite pour faire de la musique. Avant je me suis produite au théâtre des Champs-Elysées mais c’est plus possible, et au Palais des Sports, le Zénith est un endroit fantastique, c’est le futur. Je trouve génial d’être ici. Bercy est trop grandiose et mon public a besoin d’être près de moi dans le spectacle pour ne rien perdre des petits détails. Autrement, à quelques heures du premier jour, il y a des tas de problèmes (elle éclate de rire) mais je ne pense pas qu’il y ait de spectacles sans problèmes. Par contre je n’ai pas le trac, ça m’inquiète un peu quelque part.

Ce sera un nouveau concert par rapport à celui de 1982?

J’espère, je ne tiens pas à faire la même chose ! D’abord, il y a des gens différents, des chansons nouvelles et aussi des anciennes que je n’ai pas chantées depuis longtemps, l’ambiance sera tout autre par rapport à la salle, à la scène qui permet des décors importants. Deux parties : une première plus dure dans laquelle je serai là bien présente, entourée de mes musiciens. la deuxième partie sera peut-être plus poétique et j’espère que ce sera un grand voyage dans lequel le public me suivra. Beaucoup ,d’effets de lumières, des projections, ‘sept musiciens, quatre anciens et trois nouveaux dont un saxo anglais et trois choristes, le problème de la chorégraphie n’a pas été simple, j’ai changé quatre fois de chorégraphe. Je crois que l’on n’était pas sur la même longueur d’ondes. Ce que je demande aux danseurs, c’est d’oublier tout ce qu’ils ont appris pendant vingt ans, alors certains le supportent mal. Finalement, je travaille avec la même personne depuis sept ans, c’est très important pour moi les rapports harmonieux car pour collaborer pendant quatre mois avec quelqu’un, il faut vraiment s’adorer.

Dis-moi, je t’ai bien vue faire du karaté ?

Oui, parfaitement, ce sera l’innovation de ce spectacle. Je trouve que le karaté c’est du spectacle, c’est beau et puis ça me permet de me détendre. Je pense que je vais continuer à en faire car ca me sécurise. Dans la rue, je me sens plus sûre de moi, je me sens moins agressive depuis que je fais du karaté.

Cet été a été consacré au repos ou au travail ?

En juillet, je suis partie avec mes bébés à Saint-Tropez comme chaque année. En août, j’ai fait des allers-retours Paris-campagne, j’en ai profité pour faire venir le metteur en scène sur place pour travailler. Cette période de septembre est extraordinaire, préparer un spectacle en août c’est l’idéal alors que je pensais le contraire. Et puis j’ai besoin de calme, d’ailleurs, si c’était à refaire je choisirais à nouveau cette date.

Parle-nous un peu de ton look.

Moi, tu sais, je suis très souvent habillée à la scène comme à la ville. Il y aura bien sûr une idée mais mes vêtements pourraient se porter à la ville avec un petit détail différent qui fera que les gens découvriront un nouveau style qu’ils pourront adopter par la suite. Mes tenues de scène s’harmonisent avec les lumières, mon affiche est d’ailleurs très en accord avec moi-même. Je suis quelqu’un qui bouge beaucoup sur scène. ma tête, mon corps suivent la musique, alors je ne pouvais pas être figée sur mon affiche.

Tu débutes le 11 septembre, et après ?

Le spectacle s’arrête le 7 octobre, il n’y aura pas de prolongation possible car Téléphone enchaîne tout de suite derrière. Après, je m’arrête quinze jours et je pars en tournée un mois en France, Belgique et Suisse. Je suis très heureuse de partir en tournée. J’ai trois villes fétiches: Nice, Lille et Lyon. Après, eh bien, je décroche comme d’habitude.

Tu as eu le temps d’écouter un peu ce qui passe en radio ?

Non, parce qu’on déménage tout le temps (France éclate de rire) et je n’ai pas le temps d’installer la stéréo. En ce moment, je pense trop au spectacle alors je n’ai pas le temps d’écouter la radio. Il y a un morceau que j’adore mais le titre m’échappe complètement.

Veux-tu ajouter quelque chose à propos de ton spectacle?

Oui, bien sûr, la première chose c’est que je pense que je me suis entourée de personnes extraordinaires, c’est sûrement pour cela que mon trac a disparu. Sur scène, je suis portée par mes musiciens et ça aussi, c’est très important. La première fois que j’ai vu les lumières, j’ai été agréablement surprise. C’est vraiment ce que j’ai vu de plus beau et quand je pense que c’est dans mon show je suis encore plus confiante. Toute cette équipe de techniciens qui m’entoure est française et ils ont tous fait le maximum. Ces spectacles s’adressent à tous les gens qui achètent, qui aiment mes chansons et qui comprennent ce que je fais mais aussi, cette année, je le fais pour moi car j’attends depuis deux ans ce moment privilégié de monter sur scène. Le public a évolué grâce à ce que font des gens comme Daniel Balavoine, Gotainer, Jacques Higelin et Michel Berger, c’est-à-dire des choses de qualité qui incitent le public à se déplacer. à apprécier, à réagir intelligemment, c’est formidable de les voir chanter, danser, c’est un beau cadeau. Pour moi. cette série de concerts est avant tout un grand rendez-vous d’amour. Et j’en suis très heureuse.

Après plusieurs heures passées au Zénith en compagnie de France Gall, de toute son équipe et du maître d’œuvre, Michel Berger, qui resta très discret tout au long de cette répétition, nous étions certains que France allait une fois de plus remporter une victoire.

Magazine : Salut !
Propos recueillis par Daniel Moyne
Date : 12 au 25 Septembre 1984
Numéro : 234

France Gall n’en fait qu’à sa tête … et elle a raison

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Mardi 11 septembre 1984 : à partir de ce soir, la chanteuse de « Débranche » s'installe pour un mois au Zénith.
Mardi 11 septembre 1984 : à partir de ce soir, la chanteuse de « Débranche » s'installe pour un mois au Zénith.
France Gall n'en fait qu'à sa tête ... et elle a raison

Mardi 11 septembre 1984 : à partir de ce soir, la chanteuse de « Débranche » s’installe pour un mois au Zénith.

Jour « J » pour France Gall. Pas question d’entrevoir le bout de son museau rose.

Elle ne sera là pour personne avant ce soir, avant que l’immense salle du Zenith vibre de cette frénésie qui l’habite déjà depuis des semaines et qu’elle va décharger devant 6.000 personnes dès l’ancre du grand vaisseau levée au rythme des guitares, des flashes et d’une musique qui balance fort, comme tout ce que compose Michel Berger, son mari, le compositeur de ses chansons et son fan numéro un.

Hier encore la petite Gall venait de boucler une matinée marathon avec une émission de radio de trois heures avant d’attaquer un après-midi haute tension de répétition qui allait l’amener jusqu’à minuit et demi.

« Je bagarre »

14 heures. Pardessus noir sur les épaules, écharpe et tennis rouges, France Gall surgit tel un elfe, monte quatre à quatre l’escalier de sa loge en duplex, extirpe consciencieusement de son sac un sachet de plastique contenant deux pommes et deux bananes – son déjeuner -, et, d’un geste solennel fait admirer son pied-à-terre pour un mois : « Entièrement décoré France Gall ! » précise-t-elle fièrement. Pour ne pas être dépaysée j’ai amené de chez moi les tapis, les fauteuils, la plante verte et l’inévitable affiche de Mistinguett porte-bonheur.

Puis, telle une petite fille imitant sa maman – sous les spots on jurerait qu’elle va encore chanter « Bébé requin » – elle s’assied face au miroir : « Bon ! Qu’est-ce que je vais bien pouvoir mettre aujourd’hui, chantonne-t-elle ingénument. Tiens, pourquoi pas du violet ? … »

Son maquillage de scène, c’est elle qui en décide aux caprices de l’humeur.

France rit, se poudre le nez et commente, pince-sans-rire : « Heureusement que j’ai autour de moi des gens qui me connaissent. Le plus difficile c’est de préserver mon identité. Chacun me perçoit à sa manière et il faut toujours que je bagarre pour n’en faire qu’à ma tête.

« L’autre jour, je suis allée poser pour un magazine de mode. Quand j’ai vu ce qu’on voulait me faire enfiler, je suis tombée à la renverse. Des robes pailletées roses et noires, moi qui n’aime que les pantalons et les casquettes. C’est comme la danse dans mon spectacle. Personne ne voulait comprendre qu’il ne s’agissait pas de monter de vrais numéros classiques mais d’accompagner la musique avec des clins d’œil et du rythme. Résultat : en un mois j’ai changé quatre fois de chorégraphe : ce spectacle, c’est mon spectacle. »

Quand elle dit qu’elle aime les choses qui bougent, la petite Gall, elle ne badine pas ! C’est comme lorsqu’elle chante « Débranche » (sous-entendu les machines qu’elle déteste) : ce n’est pas une plaisanterie.

Infatigable, elle croque vaillamment dans une pomme et réembraie aussi sec : « Quand je pense que j’ai raté le poisson en papillote d’Annie. Annie, c’est ma cuisinière, I ‘ex-cuisinière de Coluche. Autant dire une championne. Mais elle est végétarienne car elle peut prendre un kilo rien qu’en regardant un carré de chocolat. Alors, pour compenser, elle cuisine sur patins à roulettes

Le suspense

Sur le divan des costumes, unis, à rayures, à damiers dans les tons gris et jaune ou rose shocking attendent en vrac l’heure fatidique. « Ce ne sont pas les miens », prévient-elle, mystérieuse.

Jusqu’au dernier moment elle gardera le suspense. Au grand dam des photographes venus à la répétition pour la surprendre dans son habit de lumière. La seule chose qu’elle daigne confier : « Ne vous attendez pas à me voir en robe, c’est pas mon genre. »

15 heures. France Gall monte sur l’immense scène du Zénith, l’arpente, vérifie les lumières, le micro, donne un conseil à un chanteur et se plante au centre, main en visière sur son regard pointé en direction de Michel Berger « OK ? Noir dans la salle ! »

C’est reparti jusqu’à minuit.

Un vrai festival des grands succès qui ont fait vibrer le Palais des Sports en 1982 comme « Résiste », « Si, maman si », « Tout pour la musique » et des nouveaux tubes de son dernier album « Débranche », avec le fameux « Hong Kong Star » ramené de leur voyage en Chine … mais pour en savoir plus, il faudra aller la voir au Zénith.

Journal : France-Soir
Par Monique Prévot
Photo Jean Laborie (France-Soir)
Date : Date : 11 septembre 1984

France Gall au Zénith

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Programme du concert France Gall au Zénith vendu pendant les spectacles au Zénith de Paris durant la tournée de France Gall du 11 septembre au 7 octobre 1984.
Programme du concert France Gall au Zénith vendu pendant les spectacles au Zénith de Paris durant la tournée de France Gall du 11 septembre au 7 octobre 1984.

Programme du concert France Gall au Zénith vendu pendant les spectacles au Zénith de Paris durant la tournée de France Gall du 11 septembre au 7 octobre 1984.

L’album live France Gall au Zénith a été enregistré au Zénith de Paris pendant la même période.

Le film France Gall au Zénith, édité le 4 février 1985, a été filmé par Guy Job en 1984 et l’enregistrement vidéo VHS, initialement paru en 1986, a été réédité en 1989 par Warner Home Video (94023 SVV).

Serge Perathoner : “… Je me souviens du premier soir où, tandis que le rideau noir allait s’ouvrir sur les premières notes de “J’ai besoin de vous”, elle disais : “Allez hop, on y va!