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France Gall, elle change de tête mais ne débranche pas !

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France Gall, elle change de tête mais ne débranche pas !
France Gall, elle change de tête mais ne débranche pas !
France Gall, elle change de tête mais ne débranche pas !

Pour elle aussi c’est la rentrée … une rentrée musicale s’entend et qui la voit triompher depuis une semaine dans la nouvelle salle du Zénith.

France Gall toujours fidèle à son style d’apparente fragilité, à sa blondeur éclatante, a pourtant, au fil des années, bien changée. Elisabeth Chandet vous fait découvrir en image qu’il est possible de se transformer tout en restant fidèle à son image.

1967 – Sa coiffure la plus sage.

Comme beaucoup d’adolescentes, France refusait alors de se faire couper les cheveux. Une « coiffure-refuge » propre à masquer sa timidité, raie au milieu, lourde frange et long carré raidi par un brushing sans faille. Mais ça va changer …

1968 – Une recherche de sophistication.

France a laissé pousser sa frange et accepte de dévoiler un peu plus son joli visage. Une raie sur le côté et la mèche est lissée en bandeau sur le front et ramenée derrière l’oreille, ou disciplinée par une fine barrette.

1971 – La grande décision.

France s’est enfin décidée à sacrifier sa longue chevelure et à la blondir davantage : coiffure mi-longue avec frange nette et un carré dégradé sur les côtés tandis que la nuque, elle, reste droite. Quel changement ! Pas mal non plus, non ?

1972 – Une tentative vers le naturel.

Une tentative vers le naturel. Plutôt que de discipliner ses cheveux par un brushing rigoureux afin de les raidir, France s’essaie à la fantaisie. Elle laisse un peu repousser sa chevelure, ne redoute plus les ondulations naturelles et la frange est moins plaquée.

1974 – Son look le plus strict.

Elle est hyper-sage notre France Gall. La coupe est carrée avec quelques mèches plus courtes sur le devant. Plus de frange mais une épaisse mèche qui est balayée sur le côté. L’ensemble de la chevelure est à nouveau lissé, bien net.

1976 – Romantique à fond.

France a retrouvé sa longue chevelure de blés mûrs. Une raie au milieu, une frange légère qui s’éparpille sur le front en mèches plus longues et la masse des cheveux retombe sur les épaules et le dos en un volume souple et aérien. Superbe …

1982 – Retour en force vers la décontraction.

“La groupie” a trouvé son pianiste et se fait fort de lui offrir un look aussi simple que possible : long carré flou, à peine allégé par un dégradé et frange qui longe les sourcils. Et France laisse sécher ses cheveux à l’air …

1983 – La folie du court.

France surprend avec sa nouvelle tête … Longue frange toujours, mais effilée et qu’elle peut à loisir laisser jouer à masquer ou découvrir son front. Un balayage éclaircit la chevelure. Pour France, c’est le bonheur de se coiffer du bout des doigts.

1984 – Un nouveau look super-raffiné.

France a laissé pousser ses cheveux dans la nuque. Tout le sommet du crâne est dégradé et beaucoup plus court la frange est effilée. Les cheveux sont gonflés au séchoir puis placés à l’aide des doigts. Le look super star !

Magazine : OK !
Date : 17 au 23 Septembre 1984
Numéro : 234

France Gall, son rendez-vous d’amour

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France Gall, son rendez-vous d'amour
France Gall, son rendez-vous d'amour
France Gall, son rendez-vous d'amour

France Gall super branchée sera la reine du Zénith pendant un mois. Un show très attendu.

Depuis deux ans, France n’était pas montée sur une scène parisienne. Cette année, c’est au Zénith, le nouveau temple futuriste de la musique qu’elle revient pour un rendez-vous d’amour jusqu’au 7 octobre. Salut ! assiste aux derniers préaparatifs.

Alors, France, le Zénith c’est un pari ou était-ce la seule salle libre ?

Non. c’est simplement la première salle où je passe à Paris qui a été construite pour faire de la musique. Avant je me suis produite au théâtre des Champs-Elysées mais c’est plus possible, et au Palais des Sports, le Zénith est un endroit fantastique, c’est le futur. Je trouve génial d’être ici. Bercy est trop grandiose et mon public a besoin d’être près de moi dans le spectacle pour ne rien perdre des petits détails. Autrement, à quelques heures du premier jour, il y a des tas de problèmes (elle éclate de rire) mais je ne pense pas qu’il y ait de spectacles sans problèmes. Par contre je n’ai pas le trac, ça m’inquiète un peu quelque part.

Ce sera un nouveau concert par rapport à celui de 1982?

J’espère, je ne tiens pas à faire la même chose ! D’abord, il y a des gens différents, des chansons nouvelles et aussi des anciennes que je n’ai pas chantées depuis longtemps, l’ambiance sera tout autre par rapport à la salle, à la scène qui permet des décors importants. Deux parties : une première plus dure dans laquelle je serai là bien présente, entourée de mes musiciens. la deuxième partie sera peut-être plus poétique et j’espère que ce sera un grand voyage dans lequel le public me suivra. Beaucoup ,d’effets de lumières, des projections, ‘sept musiciens, quatre anciens et trois nouveaux dont un saxo anglais et trois choristes, le problème de la chorégraphie n’a pas été simple, j’ai changé quatre fois de chorégraphe. Je crois que l’on n’était pas sur la même longueur d’ondes. Ce que je demande aux danseurs, c’est d’oublier tout ce qu’ils ont appris pendant vingt ans, alors certains le supportent mal. Finalement, je travaille avec la même personne depuis sept ans, c’est très important pour moi les rapports harmonieux car pour collaborer pendant quatre mois avec quelqu’un, il faut vraiment s’adorer.

Dis-moi, je t’ai bien vue faire du karaté ?

Oui, parfaitement, ce sera l’innovation de ce spectacle. Je trouve que le karaté c’est du spectacle, c’est beau et puis ça me permet de me détendre. Je pense que je vais continuer à en faire car ca me sécurise. Dans la rue, je me sens plus sûre de moi, je me sens moins agressive depuis que je fais du karaté.

Cet été a été consacré au repos ou au travail ?

En juillet, je suis partie avec mes bébés à Saint-Tropez comme chaque année. En août, j’ai fait des allers-retours Paris-campagne, j’en ai profité pour faire venir le metteur en scène sur place pour travailler. Cette période de septembre est extraordinaire, préparer un spectacle en août c’est l’idéal alors que je pensais le contraire. Et puis j’ai besoin de calme, d’ailleurs, si c’était à refaire je choisirais à nouveau cette date.

Parle-nous un peu de ton look.

Moi, tu sais, je suis très souvent habillée à la scène comme à la ville. Il y aura bien sûr une idée mais mes vêtements pourraient se porter à la ville avec un petit détail différent qui fera que les gens découvriront un nouveau style qu’ils pourront adopter par la suite. Mes tenues de scène s’harmonisent avec les lumières, mon affiche est d’ailleurs très en accord avec moi-même. Je suis quelqu’un qui bouge beaucoup sur scène. ma tête, mon corps suivent la musique, alors je ne pouvais pas être figée sur mon affiche.

Tu débutes le 11 septembre, et après ?

Le spectacle s’arrête le 7 octobre, il n’y aura pas de prolongation possible car Téléphone enchaîne tout de suite derrière. Après, je m’arrête quinze jours et je pars en tournée un mois en France, Belgique et Suisse. Je suis très heureuse de partir en tournée. J’ai trois villes fétiches: Nice, Lille et Lyon. Après, eh bien, je décroche comme d’habitude.

Tu as eu le temps d’écouter un peu ce qui passe en radio ?

Non, parce qu’on déménage tout le temps (France éclate de rire) et je n’ai pas le temps d’installer la stéréo. En ce moment, je pense trop au spectacle alors je n’ai pas le temps d’écouter la radio. Il y a un morceau que j’adore mais le titre m’échappe complètement.

Veux-tu ajouter quelque chose à propos de ton spectacle?

Oui, bien sûr, la première chose c’est que je pense que je me suis entourée de personnes extraordinaires, c’est sûrement pour cela que mon trac a disparu. Sur scène, je suis portée par mes musiciens et ça aussi, c’est très important. La première fois que j’ai vu les lumières, j’ai été agréablement surprise. C’est vraiment ce que j’ai vu de plus beau et quand je pense que c’est dans mon show je suis encore plus confiante. Toute cette équipe de techniciens qui m’entoure est française et ils ont tous fait le maximum. Ces spectacles s’adressent à tous les gens qui achètent, qui aiment mes chansons et qui comprennent ce que je fais mais aussi, cette année, je le fais pour moi car j’attends depuis deux ans ce moment privilégié de monter sur scène. Le public a évolué grâce à ce que font des gens comme Daniel Balavoine, Gotainer, Jacques Higelin et Michel Berger, c’est-à-dire des choses de qualité qui incitent le public à se déplacer. à apprécier, à réagir intelligemment, c’est formidable de les voir chanter, danser, c’est un beau cadeau. Pour moi. cette série de concerts est avant tout un grand rendez-vous d’amour. Et j’en suis très heureuse.

Après plusieurs heures passées au Zénith en compagnie de France Gall, de toute son équipe et du maître d’œuvre, Michel Berger, qui resta très discret tout au long de cette répétition, nous étions certains que France allait une fois de plus remporter une victoire.

Magazine : Salut !
Propos recueillis par Daniel Moyne
Date : 12 au 25 Septembre 1984
Numéro : 234

France Gall n’en fait qu’à sa tête … et elle a raison

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Mardi 11 septembre 1984 : à partir de ce soir, la chanteuse de « Débranche » s'installe pour un mois au Zénith.
Mardi 11 septembre 1984 : à partir de ce soir, la chanteuse de « Débranche » s'installe pour un mois au Zénith.

Mardi 11 septembre 1984 : à partir de ce soir, la chanteuse de « Débranche » s’installe pour un mois au Zénith.

Jour « J » pour France Gall. Pas question d’entrevoir le bout de son museau rose.

Elle ne sera là pour personne avant ce soir, avant que l’immense salle du Zenith vibre de cette frénésie qui l’habite déjà depuis des semaines et qu’elle va décharger devant 6.000 personnes dès l’ancre du grand vaisseau levée au rythme des guitares, des flashes et d’une musique qui balance fort, comme tout ce que compose Michel Berger, son mari, le compositeur de ses chansons et son fan numéro un.

Hier encore la petite Gall venait de boucler une matinée marathon avec une émission de radio de trois heures avant d’attaquer un après-midi haute tension de répétition qui allait l’amener jusqu’à minuit et demi.

« Je bagarre »

14 heures. Pardessus noir sur les épaules, écharpe et tennis rouges, France Gall surgit tel un elfe, monte quatre à quatre l’escalier de sa loge en duplex, extirpe consciencieusement de son sac un sachet de plastique contenant deux pommes et deux bananes – son déjeuner -, et, d’un geste solennel fait admirer son pied-à-terre pour un mois : « Entièrement décoré France Gall ! » précise-t-elle fièrement. Pour ne pas être dépaysée j’ai amené de chez moi les tapis, les fauteuils, la plante verte et l’inévitable affiche de Mistinguett porte-bonheur.

Puis, telle une petite fille imitant sa maman – sous les spots on jurerait qu’elle va encore chanter « Bébé requin » – elle s’assied face au miroir : « Bon ! Qu’est-ce que je vais bien pouvoir mettre aujourd’hui, chantonne-t-elle ingénument. Tiens, pourquoi pas du violet ? … »

Son maquillage de scène, c’est elle qui en décide aux caprices de l’humeur.

France rit, se poudre le nez et commente, pince-sans-rire : « Heureusement que j’ai autour de moi des gens qui me connaissent. Le plus difficile c’est de préserver mon identité. Chacun me perçoit à sa manière et il faut toujours que je bagarre pour n’en faire qu’à ma tête.

« L’autre jour, je suis allée poser pour un magazine de mode. Quand j’ai vu ce qu’on voulait me faire enfiler, je suis tombée à la renverse. Des robes pailletées roses et noires, moi qui n’aime que les pantalons et les casquettes. C’est comme la danse dans mon spectacle. Personne ne voulait comprendre qu’il ne s’agissait pas de monter de vrais numéros classiques mais d’accompagner la musique avec des clins d’œil et du rythme. Résultat : en un mois j’ai changé quatre fois de chorégraphe : ce spectacle, c’est mon spectacle. »

Quand elle dit qu’elle aime les choses qui bougent, la petite Gall, elle ne badine pas ! C’est comme lorsqu’elle chante « Débranche » (sous-entendu les machines qu’elle déteste) : ce n’est pas une plaisanterie.

Infatigable, elle croque vaillamment dans une pomme et réembraie aussi sec : « Quand je pense que j’ai raté le poisson en papillote d’Annie. Annie, c’est ma cuisinière, I ‘ex-cuisinière de Coluche. Autant dire une championne. Mais elle est végétarienne car elle peut prendre un kilo rien qu’en regardant un carré de chocolat. Alors, pour compenser, elle cuisine sur patins à roulettes

Le suspense

Sur le divan des costumes, unis, à rayures, à damiers dans les tons gris et jaune ou rose shocking attendent en vrac l’heure fatidique. « Ce ne sont pas les miens », prévient-elle, mystérieuse.

Jusqu’au dernier moment elle gardera le suspense. Au grand dam des photographes venus à la répétition pour la surprendre dans son habit de lumière. La seule chose qu’elle daigne confier : « Ne vous attendez pas à me voir en robe, c’est pas mon genre. »

15 heures. France Gall monte sur l’immense scène du Zénith, l’arpente, vérifie les lumières, le micro, donne un conseil à un chanteur et se plante au centre, main en visière sur son regard pointé en direction de Michel Berger « OK ? Noir dans la salle ! »

C’est reparti jusqu’à minuit.

Un vrai festival des grands succès qui ont fait vibrer le Palais des Sports en 1982 comme « Résiste », « Si, maman si », « Tout pour la musique » et des nouveaux tubes de son dernier album « Débranche », avec le fameux « Hong Kong Star » ramené de leur voyage en Chine … mais pour en savoir plus, il faudra aller la voir au Zénith.

Journal : France-Soir
Par Monique Prévot
Photo Jean Laborie (France-Soir)
Date : Date : 11 septembre 1984

France Gall au Zénith

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Programme du concert France Gall au Zénith vendu pendant les spectacles au Zénith de Paris durant la tournée de France Gall du 11 septembre au 7 octobre 1984.
Programme du concert France Gall au Zénith vendu pendant les spectacles au Zénith de Paris durant la tournée de France Gall du 11 septembre au 7 octobre 1984.

Programme du concert France Gall au Zénith vendu pendant les spectacles au Zénith de Paris durant la tournée de France Gall du 11 septembre au 7 octobre 1984.

L’album live France Gall au Zénith a été enregistré au Zénith de Paris pendant la même période.

Le film France Gall au Zénith, édité le 4 février 1985, a été filmé par Guy Job en 1984 et l’enregistrement vidéo VHS, initialement paru en 1986, a été réédité en 1989 par Warner Home Video (94023 SVV).

Serge Perathoner : “… Je me souviens du premier soir où, tandis que le rideau noir allait s’ouvrir sur les premières notes de “J’ai besoin de vous”, elle disais : “Allez hop, on y va!


France Gall, tout pour la musique !

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France Gall, tout pour la musique
France Gall, tout pour la musique
France Gall, tout pour la musique

Footing dans les prés aux vaches garanties « made in Normandie». Balades le long de la mer.

France Gall s’est préparée dans le calme, avant la tempête du Zénith, la nouvelle salle de la porte de Pantin, où elle présente son show, à partir du 11 septembre.

L’occasion, pour elle, d’apparaître aussi dans plusieurs émissions de télé avec les chansons de son dernier disque : « Débranche».

“Ici, dit France, je débranche vraiment ! Je ne veille qu’à la bonne marche de la maisonnée”. Bref, elle se soucie du menu du dîner, de téléphoner au tapissier ou de préparer sa liste d’achats pour Je marché du lendemain …

Un emploi du temps sans trépidation dans cette maison exclusivement destinée à sa vie de famille et qui ne voisine qu’avec la mer. Aucune musique d’ambiance, pas le moindre trophée (disque d’or, photo) susceptible d’identifier les propriétaires des lieux. Même les deux pianos, de Michel Berger demeurent à l’écart. Pas de bruit mais les rires de leurs enfants : Pauline, six ans, et Raphaël, 3 ans, qui jouent dans le jardin. “Nous ne mêlons jamais nos enfants à notre vie professionnelle.”

Je déteste même qu’ils viennent me voir lorsque je chante sur scène. Ma fille n’est venue qu’une seule fois et je n’aime pas son regard sur moi quand je salue le public. Je veux être sa maman et c’est tout. Bien sûr, Pauline et Raphaël savent à quoi s’en tenir. « Mais, poursuit France, pour eux, tous les parents chantent puisque leurs parents chantent. »

A trente-sept ans, France comptabilise vingt ans de métier, presque autant de succès, et son souci de la perfection est devenu légendaire : “Je suis peut-être une emmerdeuse mais je ne veux pas que l’on m’entraîne n’importe où. J’ai eu trop à en souffrir à une époque”.

Référence aux « années Gainsbourg », lorsqu’elle n’était qu’une poupée de cire à qui l’on coupait vite le son : « J’ai longtemps fait ce métier inconsciemment. Je suis passée de l’enfance à l’âge adulte sans transition. Je suis restée « bébé ” très tard. J’adorais vivre chez mes parents en musique – (son père a écrit notamment « La Mamma » pour Charles Aznavour.) J’ai habité avec eux jusqu’à l’âge de vingt-cinq ans et, finalement, ce sont eux qui sont partis vivre ailleurs … Alors, il a bien fallu que je prenne ma vie en main». France, le « Bébé Requin », doit montrer les dents pour écarter les poissons pilotes : « Je ne savais pas ce que je voulais, mais je savais ce que je ne voulais plus. J’aurais pu être détruite à ce moment-là.

“Le spectacle c’est un métier qui peut vous laisser très mal en point”. De 1970 à 1974, France Gall traverse plus de bas que de hauts. li lui vient l’idée de tout abandonner. Résultat : une dépression nerveuse, mais sans drogue ni alcool qui ont, souvent, été les recours des idoles déchues.

“J’ai pu éviter le pire. Souvent, je pense à des gens comme Janis Joplin, la chanteuse de rock américaine morte d’une overdose. Moi, grâce à mon enfance choyée, je m’en suis bien sortie parce que j’étais mieux armée. Je suis vraiment douée pour le bonheur”.

La preuve ? Sa rencontre avec Michel Berger. Un hasard provoqué. “Trop timide pour lui téléphoner, je savais que je le croiserais un jour ou l’autre dans une émission de télé …”

Et elle ose lui demander : “Écrivez pour moi”. Berger se montre un peu réticent : “Michel est quelqu’un qui déteste l’échec. Il craignait de ne pas parvenir à me remettre en piste. Moi j’offrais un optimisme inébranlable”.

France a gagné. Dix ans de travail commun le confirment et… l’amour en plus. « Il n’existe aucun rapport de force entre nous. Cela peut s’expliquer parce que chacun réussit. Une année, et cela nous amusait beaucoup, nous avons été en alternance pendant des semaines numéro un et deux des ventes de disques, lui avec « Mademoiselle Chang » et moi avec “Il jouait du piano debout”. Mon public, c’est vrai, est plus étendu que le sien mais, si j’avais le choix, je préfèrerais être Michel Berger, c’est-à-dire écrire et composer ».

Créateur, Michel Berger l’est exclusivement pour sa femme : « S’il écrivait pour d’autres, cela m’ennuierait vraiment, et quel intérêt pour lui ? » dit France avec fermeté.

« Il me voit beaucoup mieux que je ne le fais, sans cesse il me révèle à moi-même. Je ne sais pas m’analyser et, sauf sur scène, je ne suis pas du tout sûre de moi”.

Cherchant soudain du regard Pauline et Raphaël, qui joue avec une petite camarade de leur âge, France ajoute : « Je serais, sans doute, une vedette beaucoup plus importante si je n’avais pas deux enfants mais j’ai choisi d’équilibrer ma vie ainsi. J’ai voulu, même si je travaille beaucoup, privilégier toujours ma vie de femme et je ne le regrette pas. Bien au contraire. Et, dans dix ans, j’arrête de chanter ».

Décision irrévocable qu’elle mûrit depuis un certain temps. « Je veux partir dignement. Tout le monde ne peut pas réaliser l’itinéraire d’une Barbara. Comme je ne veux chanter que la musique que j’aime, je ne me vois pas chanteuse de rock à cinquante ans ! Mais, le jour où je m’arrêterai sera très triste ».

Songeuse, elle reprend aussitôt : « Je ne quitterai jamais le monde de la musique. Je me lancerai dans la production, j’aiderai les jeunes et je chercherai de nouveaux talents et cela me passionnera ».

Une « Déclaration ” de celle qui se veut douée pour le bonheur et donnera toujours « Tout pour la musique» …

Magazine : Télé 7 Jours
Martine de RABAUDY – Photos Henri Tullio
Date : 8 au 14 Septembre 1984
Numéro : 1267

France Gall “Jour J -5 !”

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France Gall "Jour J -5 !"
France Gall "Jour J -5 !"

France Gall sera au Zénith du 11 septembre au 7 octobre prochain.

En attendant de se produire sur cette grande scène parisienne, elle a pris une partie de ses vacances dans une petite ville française qu’elle aime particulièrement : Honfleur.

On ne chôme pas chez les Berger ! Depuis la fructueuse association de France et Michel, il y a quelques années, les fruits n’ont cessé d’éclore.

Aujourd’hui, la popularité de l’un comme dans l’autre est confortablement assise et chacun de leurs spectacles respectifs est régulièrement triomphal.

Malgré l’assurance de réussir le prochain au Zénith, France connait actuellement l’angoisse familière à tout artiste à la vrille d’une grande première. Depuis le 20 aout dernier, elle a en effet, commencé les répétitions intensives de son nouveau show.

Nouveau est vraiment le mot puisqu’en plus d’une série de nouvelles chansons, la conception du spectacle lui-même sera très différente de ce qu’elle a fait jusqu’à présent. Michel a bien entendu participé à sa création, mais il avoue ne plus vouloir être associé professionnellement à sa femme. « Nous avons chanté ensemble, dit-il, mais c’était, selon moi, une erreur. Nous avons décidé de dissocier totalement, dorénavant, nos carrières ».

Il suffit à Michel Berger de mettre, en coulisses, la main à la pâte, et de trembler, avant la première représentation de France, plus encore que s’il était lui-même concerné. Qu’elle ne compte donc pas sur lui pour la seconder moralement … « Le spectacle, explique-t-elle, sera basé sur la communication, le contact, si difficile à établir, à notre époque, entre les gens. D’où la chanson que m’a écrite Michel à ce sujet. « Débranche », qui symbolise la difficulté de communiquer inhérente au monde moderne. Aucun doute qu’entre France et son public, le courant passera.

POUR DÉBRANCHER UN PEU …

Pour lui permettre de recharger ses accus et de faire le plein d’énergie, son mari a veillé à lui concocter des vacances tranquilles autant que familiales. Après avoir passé le mois de juillet à St-Tropez, France, Michel, Pauline, Raphaël, accompagnés de Chang et Annie, respectivement nounou et cuisinière attachées à la famille, se sont rendus du 1er au 20 août dans leur maison de Honfleur.

Entre les parties de tennis et les longues balades sur la plage, France a fait là-bas une cure d’air pur et de santé. Pour changer du rythme parisien. elle se levait tôt le matin et se couchait « presque » tôt chaque soir. Chang, jeune réfugié Cambodgienne à qui Michel a d’ailleurs consacré une chanson,« Mademoiselle Chang », était là, non plus pour s’occuper à plein temps des enfants, leur maman riant présente, mais pour seconder madame Berger et lui permettre de ne pas perdre en énergie qu’elle avait tellement besoin d’économiser. Même chose pour Annie, ex-cuisinière de Coluche, mélomane invétéré qui ne peut donner le maximum de son talent sans son walkman branché en permanence sur ses musiques préférées … (est-il besoin de préciser lesquelles ? … ) Là encore, Michel, dans un souci d’équité, a dédié à son cordon bleu une très jolie mélodie « Annie donne», meilleure façon de remercier sa muse de l’inspiration qu’elle lui avait procuré.

UN SHOW DE CHOC !

A quelques jours de sa grande rentrêe au Zénith, France passe plus de 10 heures par jour en répétition. Il ne s’agit pas uniquement de chanter, loin de là, mais de veiller à chaque détail des parties techniques et scéniques du spectacle. Elle prend par exemple des cours de karaté afin d’être au point pour la séance d’arts martiaux prévue au programme. De quoi, c’est certain, frapper encore un grand coup !

Magazine : Girls
Elisabeth Chamak
Date : 6 Septembre 1984
Numéro : Inconnu

S’il n’en reste qu’une … Sylvie, Françoise, France Gall, Sheila

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S'il n'en reste qu'une ... Sylvie, Françoise, France, Sheila
S'il n'en reste qu'une ... Sylvie, Françoise, France, Sheila
S'il n'en reste qu'une ... Sylvie, Françoise, France, Sheila

Avant elles, la chanson française au féminin, c’était Patachou, Gloria Lasso, Jacqueline François, Mick Michel, Line Renaud, et… Dalida !

Quatre filles ont changé, bousculé tout ça. Il y a un peu plus de vingt ans, déjà. Et aujourd’hui, en 1984, elles sont encore les têtes de file d’une variété française qui semble avoir du mal à se conjuguer au féminin.

Elles ont, à elles quatre, vendu tant de disques et exacerbé tant de passions qu’il n’est pas exagéré de dire que chacun d’entre nous a aimé au moins l’une d’entre elles. Sylvie, Françoise, Sheila, France … Et si en aimant l’une on aimait, les trois autres ?

Les années soixante, cela ne se passait pas qu’au pays “D’American Graffiti”. C’était les années De Gaulle, Kennedy, Kroutchev. C’était les premiers Monoprix, les scopitones dans les cafés, Marilyn Monroe, Liz Taylor, Jerry Lewis, Brigitte Bardot au cinéma, “Âge tendre et têtes de bois” à la télé, “Salut les copains” à la radio. Et toute une génération qui a envie d’une culture bien à elle, détachée des modèles imposés par les adultes.

Elles ont toutes les quatre à peu près le même âge. Françoise Hardy est née le 17 janvier 1944, Sylvie Vartan, le 15 août 1944, Sheila, le 16 août 1945, et France Gall le 9 octobre 1947.

Comme toutes les filles de leur génération, elles rêvaient bien sûr à “autre chose”. C’est Sylvie Vartan qui ouvrit le bal. La petite émigrée bulgare fut présentée par son frère Eddie à un jeune rocker qui cherchait une partenaire pour enregistrer un duo intitulé “Panne d’essence”. Depuis Frankie Jordan est devenu dentiste et Sylvie a fait son chemin. Très vite elle devient l’image même d’une nouvelle féminité : frange blonde, moue boudeuse, déhanchements lascifs. Sa façon de chanter déconcerte les amateurs de “chanteuses à voix” traditionnelles, mais tous les jeunes sont amoureux d’elle. A l’opposé de ‘Sylvie la twisteuse” apparaît en 1962 Françoise Hardy, la romantique. Universitaire, (elle était étudiante à La Sorbonne), et surtout auteur-compositeur, elle impose sa sensibilité et séduit les derniers irréductibles pour qui le terme de “yéyé” était synonyme de débile. C’est alors qu’arrive Sheila, petite marchande de bonbons sur les marchés de la banlieue parisienne, qui va réussir à réconcilier les générations et imposer le concept d’une “idole morale”, fraîche et gentille. France Gall suit quelques mois plus tard, épaulée par son père Robert Gall, auteur de nombreux succès (dont notamment “La Mamma” de Charles Aznavour). Son deuxième disque s’appelle, curieusement, “N’écoute pas les idoles” !

Tout au long des années soixante, nos quatre héroïnes enchaînent tube sur tube. Les thèmes de leurs chansons sont sensiblement les mêmes, elles racontent les grandes joies et les petits chagrins des amours de jeunesse. Elles se partagent les couvertures des magazines “Salut les Copains” et “Mademoiselle Âge tendre”, pour lesquels elles posent parfois ensemble. Sylvie, Françoise et Sheila font des tentatives de carrière au cinéma, dont les cinéphiles n’ont pas gardé la mémoire, malgré les succès publics de “Patate”, “Une balle au cœur” et de “Bang-Bang”. Sheila investit l’argent de ses premiers cachets dans la mode et lance avec succès les “Boutiques de Sheila”. Sylvie Vartan fait de même un an plus tard. France Gall et Françoise Hardy partagent le redoutable honneur d’avoir toutes deux participé au lamentable Concours Eurovision de la Chanson. Françoise y présente en 1963 “L’amour s’en va”, sans gloire. France Gall triomphe en 1965 avec “Poupée de cire, poupée de son”, signée Gainsbourg. Elle s’ouvre alors une carrière européenne. Françoise est, elle, devenue une star en Angleterre et dans les pays anglo-saxons. Elle pose avec Mick Jagger, inspire Bob Dylan, chante au prestigieux Savoy de Londres, roule en Rolls, donne la réplique à Woody Allen dans “What’s new Pussicet ?”, enregistre en anglais, fait le mannequin pour Courrèges et Paco Rabanne, et fait découvrir aux téléspectateurs français médusés les premières mini-jupes ! Elle correspond alors très exactement à ce qu’on appellerait de nos jours une “branchée”. Sylvie Vartan commence à donner d’elle-même une image plus calme et plus familiale, suite à son mariage avec Johnny Hallyday et à la naissance de David, et à son changement radical de répertoire. Sheila incarne à merveille, et avec beaucoup de conviction, la “Petite fille de français moyen” qui vante les vertus traditionnelles du travail, des joies de la vie familiale, et de l’amour conjugal. France Gall enregistre “L’Amérique” juste après “Le folklore américain” de Sheila. En 1968 elle chante “Mon p’tit soldat”, que lui écrit Jacques Monty qui, à la même époque donne à Sheila sa célèbre “Petite fille de français moyen”. Qui sait, si mai 68 avait réellement tourné à la révolution, France Gall aurait peut-être eu le tube de l’année ! Mais, pas de chance, la majorité silencieuse triomphe, et c’est Sheila qui devient alors le symbole d’une certaine France profonde …

Les amours gravés sur vinyl

Les amours des chanteuses passionnent leur public autant que leurs chansons. Est-ce innocemment qu’elles ont toutes les quatre chantés en duo avec leurs conjoints respectifs ? Françoise Hardy, longtemps fiancée à Jean-Marie Périer, le photographe vedette de “Salut les Copains”, épouse Jacques Dutronc et chante avec lui, quelques années plus tard il est vrai, le superbe “Brouillard sur la rue Corvisart”. France Gall n’a pas chanté avec Julien Clerc, qui composa pour elle “Chasse Neige “, et avec qui elle posa pour une mémorable première page de “Ici Paris “, qui titrait “Vive l’amour libre !”.

Mais en revanche elle enregistra avec Michel Berger “Ça balance pas mal à Paris”, et “Mon fils rira du Rock & Roll”. Sheila a battu des records de vente de 45 tours, et d’opportunisme, en chantant avec Bingo “Les gondoles à Venise” quelques jours à peine après leur mariage si largement répercuté par les médias. Et Sylvie Vartan les bat toutes en ayant gravé sur disque la troublante association de sa voix avec celle de Johnny Hallyday pas moins de quatre fois! “Les hommes qui n’ont plus rien à perdre”, “Toi et moi”, “J’ai un problème”, “Te tuer d’amour”.

Les chansons de l’une ont parfois été celles de l’autre. “Midnight” devient “Reviens je t’aime” par Sheila et “Kommst du zu mir” par France Gall en Allemagne.

Sylvie Vartan et Sheila chantent “Gloria”. Sheila en France et Sylvie sur son album “Live” de Las Vegas. “Bang bang” est le tube de l’été 1966 avec Sheila et Sylvie le reprend sur un album de 1974 réservé au public japonais, où elle reprenait également des succès d’Hallyday, de Polnareff et d’Édith Piaf !

Leur rêve : changer d’image

Dans les années 70, le monde change petit à petit, après le choc culturel et sociologique de mai 68. La “nouvelle chanson française” fait son apparition : Julien Clerc, Alain Souchon, et Véronique Sanson pour les filles. Il y avait eu aussi Mireille Mathieu, Michèle Torr, et il y aura Karen Chéryl, décalcomanie de Sheila lancée avec succès par celui qui fut son secrétaire treize ans durant. Sylvie et Sheila confortent alors leur image de vedettes familiales.

Sylvie dans le style “meneuse de revues”, grâce aux shows-télé des Carpentier, et à ses ambitieuses prestations scéniques. Sheila se contentant des succès par microsillons interposés, reproduisant fidèlement en chansons l’image qu’on attend d’elle. Françoise Hardy par contre tourne ostensiblement le dos à une gloire trop facile, refusant les impératifs promotionnels, n’enregistrant que ce qui lui plait de chanter, prenant ses distances avec une forme d’exhibitionnisme artistique, (scène, télé), trop éloignée de sa nature profonde. Elle se consacre principalement à sa vie familiale et à l’étude de l’astrologie. France Gall disparaît quelque peu des projecteurs du succès, sans pour autant, quoiqu’elle en dise aujourd’hui, cesser d’enregistrer. Elle s’essaie tour à tour à des auteurs-compositeurs aussi divers que Joe Dassin, Boris Bergman, Jean Schmitt, Jacques Lanzmann, Étienne Roda-Gill, Franck Thomas et à nouveau Serge Gainsbourg. France enregistre même avec “La Compagnie”, qui comprend entre autres son producteur Norbert Saada, Gill Paquet, son attaché de presse actuel, Gilles Dreu et Nicole Croisille, une adaptation française de la chanson de John Lennon “Give peace a chance” sous le titre “Donne-moi ma chance, je ne boirai plus” ! Si ça ne marche pas trop en France, par contre en Allemagne elle enregistre disque après disque, sur fond d’accordéon et d’orgue, ambiance “kermesse de la bière” garantie ! Jusqu’à sa rencontre avec Michel Berger en 1974 qui lui compose “La déclaration d’amour”.

C’est ainsi que France Gall aborde les années BO avec une image complètement moderne, puisqu’elle a la chance d’inspirer le meilleur auteur-compositeur français du moment, et le talent de savoir exprimer musicalement son univers avec conviction. Françoise Hardy inspire tour à ·tour Michel Berger également, (avant que ses talents ne soient confisqués et réservés à l’usage exclusif de son épouse), Tuca, Catherine Lara, Michel Jonasz, Alain Souchon, Louis Chédid. Mais au grand regret de ses fans, elle ne compose elle-même pratiquement plus, consacrant son écriture à la rédaction d’articles d’études astrologiques pour la grande presse. Sylvie et Sheila connaissent un destin de femme quelque peu semblable. Toutes deux divorcent, font une croix sur leurs illusions sentimentales, et vont regarder à l’étranger ce qui s’y passe. Aux États-Unis, Sylvie trouvera un mari, Tony Scotti, et l’assurance d’une carrière de “show-women” à la française. Sheila multipliera les tentatives d’évolution musicale, en travaillant avec Chic et Keith Olsen. “Specer” et “Little Derlin'” sont des gros succès partout à l’étranger, hélas un peu moins en France. Mais Sheila gagne enfin l’estime des professionnels du show-business, et récolte des articles élogieux dans la presse rock pour qui elle était jusqu’alors traditionnellement l’ennemie.

Pour la vie, pour le pire et le meilleur …

En fait, toutes les quatre cherchent à briser leur image stéréotypée. Devenues des idoles alors qu’elles étaient à peine adolescentes, elles tentent de devenir elles-mêmes.

Sylvie Vartan se cherche une respectabilité dans une image de bourgeoise à la réussite sociale évidente, qui s’habille Faubourg Saint-Honoré. Elle veut même aujourd’hui chanter comme les “chanteuses à voix” traditionnelles qu’elle avait démodées aussi efficacement vingt ans plus tôt.

Il est évident qu’elle a d’ores et déjà gagné sa place au Panthéon des gloires du music-hall français, aux côtés de Mistinguett, Zizi Jeanmaire et consœurs. Être moderne ne semble plus être son affaire, puisqu’elle est, enfin, respectée.

Françoise Hardy mène aujourd’hui sa carrière comme elle l’entend et enregistre un disque quand elle en a le temps, sans oublier de préciser à chaque fois que ce sera le dernier !

Accaparée par ses horoscopes quotidiens sur Radio Monte-Carlo et par ses articles dans les revues spécialisées, sans oublier quelques livres consacrés à l’astrologie dont la couverture s’orne de sa photo, Françoise ne donne presque plus d’interviews, mais on a quand même pu lire dans la presse des déclarations qui ne sont pas vraiment d’avant-garde, du genre “l’homosexualité est une névrose” ou “j’ai voté Chirac”.

Elle reste néanmoins une idole-culte, avec un public fidèle, et un nouveau public qui découvre avec émerveillement ses anciens disques. Françoise inspire aussi les meilleurs des jeunes artistes, comme Étienne Daho ou Eurythmies.

France Gall affirme dans “Numéro Un” qu’elle chante pour les jeunes, mais son “pari gagné” semble en fait un pari risqué. Condamnée à plaire à une génération, saura-t-elle séduire les suivantes ? Elle a fait ses preuves sur scène et paraît la plus “branchée”. Mais est-elle vraiment à l’écoute de tous ceux qui l’écoutent ?

Osera-t-elle un jour chanter à nouveau autre chose que du Berger ? France Gall est, malgré son triomphe évident, un point d’interrogation pour l’avenir.

Tout comme Sheila. Son répertoire neuf, la sincérité de sa démarche, l’évidence de son désir d’évoluer ont convaincu des créateurs parmi les plus excitants, de Jean-Paul Gaultier à Gérard Presgurvic, de Michel Cressole à Yves Martin. Mais a-t-elle vraiment défini son univers et assumé ses contradictions ?

Elle semble la plus paumée, la plus naufragée après cette fascinante traversée des sixties et des seventies.

C’est peut-être un atout, car une artiste qui se cherche et qui doute a le mérite de ne pas se reposer sur ses lauriers. Elle a aussi le courage et la lucidité de déclarer dans “Rock” : “Le fait d’avoir été Sheila, c’est merveilleux, mais ça ne correspond pas à la jeunesse actuelle”. Les trois autres oseraient-elles en dire autant ? Les premiers pas sur scène de Sheila à Paris l’an prochain seront peut-être, enfin, l’occasion de prouver, et de se prouver à elle-même, qu’elle peut toucher et se faire entendre d’un public qui reste, en grande partie, pour l’instant, figé sur son image du passé.

Après ce bref survol de quatre carrières hors du commun, la seule conclusion qui semble s’imposer, c’est que toutes les quatre, malgré leurs dénégations, chanteront encore dans vingt ans. (Oui, oui, Dalida aussi, bien sûr…)

Elles ne peuvent y échapper. Ceux qui les découvrent aujourd’hui trouvent en elles l’écho de sentiments éternels et d’une époque qu’ils auraient aimé connaître. Ceux qui les aiment depuis toujours ajoutent· à cette nostalgie des perspectives de surprises artistiques et de nouvelles métamorphoses bien excitantes.

En les aimant toutes les quatre, ou l’une ou l’autre à la fois, on ne fait après tout que s’aimer soi-même. Car le secret de leurs succès est qu’elles sont, finalement, le miroir de leur public.

Sylvie, Françoise, Sheila et France, pour la vie, pour le pire… et le meilleur !

Magazine : Numéros 1
Date : Septembre 1984
Numéro : 18

Alain DUBAR

France Gall : charmeuse, diplomate, féminine

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France Gall, charmeuse, diplomate, féminine
France Gall, charmeuse, diplomate, féminine

Retranscription impossible : le contraste du fond et des caractère est trop important, la reconnaissance visuelle est impossible.

Magazine : Cool !
Date : Septembre 1984
Numéro : Inconnu

France Gall, vedette de la rentrée

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France Gall, c'est le petit soldat de la chanson, le fantassin du 33 tours toujours prêt à entamer l'offensive et à gagner.
France Gall, c'est le petit soldat de la chanson, le fantassin du 33 tours toujours prêt à entamer l'offensive et à gagner.

France Gall, c’est le petit soldat de la chanson, le fantassin du 33 tours toujours prêt à entamer l’offensive et à gagner.

On ne compte plus le nom des batailles inscrites sur son drapeau : « La déclaration », « Viens je t’emmène », « Musique » …

Mais quand un soldat comme France Gall s’en va-t’en guerre, c’est pour participer au combat en première ligne, comme un général d’Empire. L’intendance doit suivre. C’est dans ces conditions que France Gall se prépare à être la vedette de la rentrée. Pour frapper fort, d’abord à la télévision et ensuite sur la scène du Zénith à la Porte de Pantin (pendant un mois à partir du 11 septembre), France a presque renoncé au farniente et aux vacances. Une semaine sur deux, elle remonte de Saint-Tropez à Paris, pour préparer son travail. Alors, il faut savoir se faire tout petit et très patient. Faire comme si l’on n’existait pas dans ce grand studio de la banlieue parisien ne où se déroulent pendant de longues heures d’interminables séances de répétition.

On découvre vite cependant, si l’on se montre sage et discret, que la rigueur n’empêche nullement le sourire et la gentillesse. Sept musiciens, trois choristes, une chanteuse et un auteur compositeur ne peuvent rester longtemps sérieux. Elle se fait des blagues l’armée Gall et se menace même à la première erreur d’un carton Jaune à 100 F et d’un autre, rose celui-là, à 200 F. Et pour ne pas être ruinée, elle s’accorde, de temps en temps, une pause.

C’est à l’occasion de l’une de ces pauses que France nous révèle une de ses passions : le flipper. Michel fournit les pièces ! « Lamentable, je ne suis vraiment pas douée. C’est comme avec les ordinateurs, j’ai beaucoup de leçons à prendre. Je ne suis pas fin prête pour la télématique. Je souffre déjà avec le fonctionnement du magnétoscope, alors !… Mais pour « débrancher », une partie de flipper, c’est ce qu’il y a de mieux ».

La pause est terminée. France se « rebranche » et nous découvrons que Michel l’appelle affectueusement « bébé ». Mais ce bébé n’est pas du tout requin, juste un peu trop rigolo et sans doute très espiègle. Sauf dans les moments d’émotion. Les moments où elle chante des chansons comme « La déclaration ». Ils sont privilégiés et presque magiques ces moment-là. Ils expriment une évidence : bébé France et papa Michel vont assurément très bien ensemble. Nouvelle pause et nouvelle surprise. France a fort bon appétit et adore le kir. Mais le vin blanc-cassis ne peut chasser son inquiétude. Elle a laissé les petits dans le Midi. Bien sûr, Pauline, cinq ans, nage comme une sirène… avec des bouées et Raphaël, trois ans, pousse tout le monde dans la piscine. « Oh, la, la, les angoisses de maman ! ». Michel rassure France, les petits vont bien. Tout va bien. « Mais oui, c’est chouette on a retrouvé l’ambiance des tournées », assure-t-elle avant de demander à son armée si « quelqu’un sait masser les pieds ».

« La scène, c’est du gâteau à côté des répétitions. Pour être en forme, je fais du karaté tous les jours. Je suis presque une pro. Le karaté, ça donne la pêche. Maintenant que j’ai appris à me battre, je sais que je suis profondément pacifique ». Michel, de son côté, assure, avec un certain sourire, qu’il se sent sécurisé depuis que France est karatéka !

La répétition reprend, jusqu’au petit matin, France n’aura pas à se confier aux journalistes de « Télé-Poche ». Ils l’ont regardée vivre. Elle aura livré un peu d’elle-même, le meilleur sans doute. Celui que l’on n’arrache jamais à coups de questions. Petite bonne femme énergique, volontaire et infatigable, France en veut toujours plus, elle veut toujours gagner le combat. Mais quand l’aube arrive le général Gall redevient femme et d’une petite voix demande : « Michel, s’il te plaît, ramène-moi. Emmène-moi ».

Magazine Télé Poche
Par Bérangère ETCHEVERRY / Photos : Marc SEGUIN, Sygma
11 août 1984
Numéro : 965

France Gall à la conquête du Zénith

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France Gall à la conquête du Zénith
France Gall à la conquête du Zénith

Dans une apothéose d’éclairs, de couleurs, de décibels, toute seule, toute petite sur la scène immense, France Gall répète, parmi les instruments abandonnés par les musiciens, le spectacle qu’elle va donner au Zénith, à la porte de la Villette, un mois à partir du 11 septembre.

Un spectacle de deux heures, avec entracte, avec France et encore France, du début à la fin. France sans Michel Berger sur la scène, à ses côtés, bien qu’il ait activement participé à la préparation du show, et qu’il soit toujours là, quelque part derrière un rideau.

Elle vous invite à chanter avec elle

Elle a toutefois demandé qu’on aménage devant elle un espace aussi grand que celui de la surface de la scène, de façon à ce que les spectateurs puissent descendre la rejoindre et l’entourer pour chanter avec elle. Sept musiciens, trois choristes, sept danseurs, et vingt-cinq personnes constituant l’équipe technique de France qui se produit à Paris tous les deux ans. Ce spectacle, comme le dernier au Palais des Sports, est mis en scène par Robert Fortune. Quatre-vingts costumes de scène de Cidalia Da Costa, une chorégraphie de l’Américaine Ceil Gruessing et les décors de Jeans Haas l’enrichissent. L’ingénieur du son, JeanPierre Janiaud, est considéré par l’équipe comme le huitième musicien du groupe. En prime, comme au cirque, des acrobates et des trapézistes, choisis par Annie Fratellini. Et tout cela dans la nouvelle salle-auditorium futuriste du Zénith : un « espace » immense et noir aux infrastructures d’acier tubulaire brut, aux sièges de plastique rouge vif. Tout ce qu’on aime – ou tout ce qu’on déteste – mais en tout cas le lieu idéal pour la valorisation d’un show à l’américaine.

Et France, là-dedans, toute petite, bermuda vague, chemise d’homme et casquette de marin, professionnelle qui s’anime au son du synthétiseur, qui se met à sourire aux techniciens, à plaisanter avec son guitariste.

Si le costume n’est pas prêt, elle est déjà dans sa tête au jour J de la Générale, avec les costumes, les lumières …

Alors, les lumières, parlons-en ! Six cents projecteurs, pas un de moins, pour un système d’éclairage tout à fait nouveau qu’on n’a jamais vu à Paris : les “vary lights “, (soit des projecteurs à lumière variable) qui ont soixante-quinze possibilités de changements de couleurs et qui peuvent bouger et s’orienter sur trois cent soixante degrés. Tout ça pour l’auréoler, la petite France !

800 places gratuites

France Gall et “Télé 7 Jours” vous invitent à assister au spectacle du mercredi 12 ou du jeudi 13 septembre, à 20 h 30 au Zénith, parc de la Villette. Pour retirer vos billets – deux par personne – il vous suffit de vous présenter, muni de ce bon à découper, parmi les 400 premiers au Multistore Hachette Opéra (6, boulevard des Capucines) – le rendez-vous des passionnés de son, d’image et de jeux vidéo – à partir de 10 heures jusqu’à 12 heures, le dimanche 9 septembre.

Magazine : Télé 7 Jours
Date : Septembre 1984
Numéro : Inconnu