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France Gall : un lourd et bouleversant secret !

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France Gall : un lourd et bouleversant secret !
France Gall : un lourd et bouleversant secret !
France Gall : un lourd et bouleversant secret !

Bien sûr, elle danse et chante encore sur les accords qu’elle aimait tant, mais ce n’est plus comme avant.

France Gall la courageuse, la femme femme, résiste. Sous des apparences fragiles, avec ses cheveux blonds et son regard candide, elle est bien plus forte que d’autres. Ni une poupée de cire, ni poupée de son, si vous pouviez voir sa vie et son cœur aussi, vous seriez étonnés. Etonnés par sa force et sa volonté.

Elle a perdu un ami qui s’appelait Daniel Balavoine. Elle est restée seule après la disparition de son amour, son mari, Michel Berger. Elle a vaincu un cancer. Elle est remontée sur la scène de Bercy, puis sur celle de Pleyel, chaque fois pour faire un triomphe. Chaque jour, en dépit d’un sort qui a semblé s’acharner sur elle, on a l’impression qu’elle réinvente sa vie.

Peu de femmes ou d’hommes sont doués d’un tel instinct de survie. Peut-être parce qu’elle a des enfants, sûrement parce que son tempérament est celui d’une battante qui veut croire qu’il faut continuer quoi qu’il arrive.

“Le bonheur est une suite de moments”, disait Michel Berger. Et pour en conserver des bribes, France lutte encore. Pas comme beaucoup d’autres pour respecter une mémoire, mais parce qu’elle est ainsi faite et qu’elle ne baissera jamais les bras, malgré les coups du sort.

Mais qu’est-ce qui fait encore courir France Gall ? Qu’est-ce qui lui donne cette incroyable force ? Quand bien même ferait-elle “tout pour la musique”, ce ne serait pas suffisant. Elle porte en elle un lourd et bouleversant secret : celui de l’amour. Comme une protection émanant de ceux qu’elle aimait tant et qui sont partis. Comme un renouveau fondé sur un passé tissé d’émotion. Comme une renaissance après avoir touché le fond.

A force d’épreuves, France Gall a trouvé une nouvelle façon d’aimer : donner pour donner. Elle se dépense sans compter, sans s’occuper d’elle.

“Le chagrin ne s’efface pas”, dit-elle, mais elle le cache au plus profond d’elle-même afin que l’existence reprenne le dessus, avec un peu plus de passion encore. Juste pour prouver qu’elle est une entêtée de la vie.

Et puis elle a quitté la France. Loin des souvenirs. même s’ils demeurent dans sa tête et dans son cœur. Loin des endroits qui lui font mal parce qu’ils lui rappellent trop de choses. Ce n’était pas une fuite, juste un éloignement. Pour se récupérer, parce qu’elle en avait besoin. La chanteuse n’est pas de celles qui disent : “Il faudrait que je fasse ceci ou cela.” Elle agit. Vite. Comme en urgence. pour rester elle-même et pouvoir continuer à se battre.

Et grâce à elle, ses enfants, qui ont aujourd’hui dix-sept et quatorze ans, découvrent le monde. Meurtris eux aussi par le décès de leur père, Raphaël et Pauline sont partis avec leur mère sur un nouveau chemin.

France respire mieux outre-Atlantique. Elle sent toujours la présence de Michel Berger, comme une ombre auprès d’elle. Dix-huit années d’amour ne s’effacent pas ainsi. Au-delà de la mort, il en reste forcément quelque chose de fort, d’indestructible. Michel avait entre autres, exprimé un désir. que ses enfants soient bilingues. Son rêve se réalise. France est plus proche que jamais de son fils et de sa fille. Son fils qu’elle a failli perdre durant l’été 94.

Il circulait sur un scooter avec un copain et a été victime d’un terrible accident, tout près de Ramatuelle. Elle était à Paris. On craignait le pire. Après une nuit d’angoisse durant laquelle elle a pu se rendre à son chevet, elle a fini par être rassurée. Trop, c’est trop. Le destin a fini tout de même par se montrer clément.

Aujourd’hui, France est une femme qui peut compter sur elle-même. Elle a prouvé qu’au-delà des épreuves, elle est capable de vivre, d’assurer, comme on dit. “Quand on a vécu le pire, on peut espérer le meilleur.” Selon ses propos, elle s’est “maquillée de silence” et a repris la route de la chanson, un micro dans la main comme d’autres s’appuient sur une canne. Certains, pourtant, pensaient qu’elle ne chanterait plus jamais. C’était mal la connaître.

Dotée d’une immense énergie, surmontant sa peine, elle a relevé vaillamment la tête et bravé la fatalité. Des amis ont fait cercle autour d’elle, le public l’a soutenue. Elle a fait l’admiration de tous. Elle n’a jamais accepté que quiconque s’apitoie sur son sort. Elle s’est toujours voulu forte et elle y est parvenue. Rebelle à la tristesse et a la dépression, elle a privilégié l’espoir auprès de ses enfants. Par fidélité à Michel Berger qui lui a donné la volonté de croire et qui la guide toujours.

Quel que soit le continent sur lequel elle vit, cette femme d’apparence fragile saura sans cesse montrer qu’elle possède une énergie et une volonté hors du commun. Après toutes les épreuves qu’elle a subies, on pourrait même penser que cela tient du miracle!

Magazine : Ici Paris Magazine
Paloma COURCELLES
Date : 3 au 9 janvier 1996
Numéro : 2635

France Gall en 1996

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Le 27 mars 1996 paraît « France », nouvel et dernier album de France Gall. Le choix des titres est la grande étape de ce nouveau projet.
Le 27 mars 1996 paraît « France », nouvel et dernier album de France Gall. Le choix des titres est la grande étape de ce nouveau projet.

Le 27 mars 1996 paraît « France », nouvel et dernier album de France Gall.

Depuis la fin de la tournée qui l’a vue chanter salle Pleyel, la chanteuse et ses deux enfants sont partis habiter à Los Angeles pendant quelques mois, dans une grande maison qu’avait occupée l’actrice et chanteuse Doris Day.

La cité californienne est le déclic de ce disque dont le projet mûrit dès 1994 : « Los Angeles est une ville ennuyeuse à long terme pour une Française et je me suis demandé ce que je pourrais faire pour ne pas flipper pendant que Pauline et Raphaël seraient à l’école. Et je me suis dit : pourquoi ne pas y enregistrer un album avec les chansons les plus importantes que Michel a écrites ? »*

Note sur les crédits : Il arrive fréquemment que des œuvres soient diffusées sans que le nom de l’auteur soit mentionné. Ces pratiques sont illégales au sens de l’art. L.121-1 du CPI. Lorsque nous connaissons le nom de l’auteur de la photo, il est toujours mentionné. Si vous constatez une erreur, un manque, ou que vous souhaitez le retrait d’une photo dont vous êtes l’auteur : contactez-nous.

*Sources des textes : France Gall l’intégrale / L’histoire de tous ses disques par Norman Barreau-Gély aux Editions EPA avec les pochettes de France Gall Collection

France Gall : trois ans après le drame

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France Gall : trois ans après le drame
France Gall : trois ans après le drame
France Gall : trois ans après le drame

Elle possédait tout ce dont une femme peut rêver : un mari pygmalion avec lequel elle formait, depuis dix-huit ans, un couple sans fausse note, deux beaux enfants, et une carrière qui l’avait menée au firmament.

Il y a trois ans, France Gall était pleinement heureuse.

Le matin du 2 août 92, elle souriait encore à l’avenir, qui s’annonçait radieux, tout comme cette belle journée d’été. Et puis, subitement, toute sa vie a basculé. Michel, à la fin d’une partie de tennis, s’en était allé, comme ça, sans prévenir, dans son “paradis blanc” … La “poupée de cire” avait alors vacillé, pantelante, désarticulée, puis elle s’était ressaisie et avait recommencé à chanter. Debout, toujours debout, pour elle, pour lui, pour Raphaël et Pauline … Comme aujourd’hui encore …

HOLLYWOOD, le lycée français, 14 h 30. Au milieu d’autres parents d’élèves, une fragile silhouette, vêtue d’une tenue toute simple, petite, anonyme. Soudain, deux adolescents, blonds comme elle, accourent joyeusement, et l’inconnue s’anime. Cette jeune femme, c’est France Gall, venue chercher, comme chaque jour depuis le mois de décembre dernier, Pauline, sa fille de seize ans, et Raphaël, son fils de quatorze, les enfants qu’elle a eus de Michel.

Michel… son “professeur Tournesol”, son rêveur génial, auteur de tant de textes et de musiques qu’il écrivait souvent pour les autres, mais avant tout pour elle. sa muse. sa femme depuis 76. Lorsqu’il est parti, lui qui l’avait révélée à elle-même, lui qui savait si bien exprimer les émotions qu’elle ressentait au plus profond de son être, une part d’elle-même s’était éteinte également.

Après cette tragédie. tout le monde pensait qu’elle allait sombrer dans une grave dépression, vivre désormais en recluse, murée dans son chagrin, tournant définitivement le dos à la chanson. C’était sans compter sur lirnmense volonté et sur la force de caractère de ce petit bout de femme, apparemment si vulnérable.

Surmontant le choc de cette disparition “maquillée de silence, mais d’une violence inouïe”, selon ses propres termes, surmontant l’indicible chagrin, elle avait relevé la tête, brave petit soldat. Soutenue par les amis de toujours, en particulier par Coco, la veuve de Daniel Balavoine, encouragée par les milliers de lettres, bouleversantes, de tous ceux qui partageaient son deuil, elle avait choisi de revenir. De rester fidèle à “son rendezvous d’amour” avec le public.

Et pour remonter sur scène, dix mois seulement après le drame, elle avait même décidé d’affronter Bercy. Elle devait y interpréter plusieurs chansons extraites de Double Jeu, l’album qu’elle avait enregistré avec Michel, quelques mois avant qu’ils ne se séparent pour toujours.

Mais contre toute attente, comme si le destin ne l’avait pas déjà frappée assez durement, France allait devoir franchir une autre terrible épreuve. A quelques semaines du spectacle, alors que l’on attendait déjà plus de cent mille spectateurs, un communiqué tombait, sec : “France Gall, opérée d’une tumeur maligne du sein, de bon pronostic, le 22 avril dernier, est obligée de reporter les dates de son spectacle à Bercy. En cours de traitement complémentaire par irradiation, l’état de France Gall est considéré comme suffisamment satisfaisant pour permettre de fixer de nouvelles dates en septembre.”

Sous ses allures volontairement rassurantes, la nouvelle provoquait la stupeur et l’émoi. Car nul n’était au courant, sauf une poignée de proches. Craignant que son public se détourne d’elle “comme si j’étais une pestiférée”, confiait-elle. Refusant aussi que l’on s’apitoie sur son sort – “Je ne fais pas Bercy pour rendre hommage à Michel, il détestait ce genre de choses, mais parce que j’en ai envie et je veux l’inscrire dans un contexte gai” -. France avait donc préféré dissimuler ce nouveau drame.

Pourtant, lorsqu’elle avait appris son cancer, pour la première fois, elle avait failli craquer. Elle qui affirmait, au lendemain de la mort de l’homme qu’elle aimait : “Je n’ai plus peur de rien, comme si, en partant, Michel m’avait légué sa force”, s’était laissée envahir par la panique et le doute. Car elle avait alors songé à ses enfants. “C’est affreux à dire, expliquait-elle, mais quand leur père est mort, je me suis dit : “Je suis là, moi.” Penser qu’ils risquaient de devenir orphelins, c’était insoutenable. Cette journée-là a été la plus douloureuse de toute mon existence.”

Fort heureusement, la tumeur a été retirée sans qu’il ait été besoin de recourir à une ablation, et France, qui se réfugiait alors, et plus que jamais, dans la foi et la spiritualité, comme elle l’avait fait au moment de la disparition de Michel, a complètement guéri.

En septembre 93, elle retrouvait donc son public à Bercy. Avec une ambiance fut des plus émouvantes. “Je savais que beaucoup de gens pleuraient, raconte-t-elle. Je fermais les yeux pour ne pas les voir … Sinon, j’étais foutue !”

Un an plus tard, elle “faisait” Pleyel, et fêtait son véritable retour à la vie. “Je me sens toute neuve, comme si j’avais deux ans, déclarait alors la chanteuse. Comme si, depuis la mort de Michel, la scène m’aidait enfin à renaître.”

Hélas, l’éclaircie allait être de courte durée. Car en novembre 94, alors qu’elle venait de rentrer à Paris pour des répétitions, son fils, Raphaël, était victime d’un grave accident. Renversé par un chauffard, l’adolescent souffrait d’une hémorragie et de multiples contusions. Accourant aussitôt à son chevet, France allait connaître à nouveau l’enfer, pendant trois jours et trois nuits. Finalement, touché à la rate, et non au pancréas comme on le craignait, Raphaël était rattrapé par la vie …

Quelque temps après, la jeune femme s’envolait avec ses enfants pour les Etats-Unis. A Los Angeles, très exactement, et pour plusieurs mois. Pour réaliser l’un des souhaits de Michel. Celui-ci désirait en effet que leurs enfants soient parfaitement bilingues.

Mais une autre raison, encore plus émouvante, a également motivé cet ex californien : Michel, comme l’a récemment confié France, aurait voulu tenter sa chance outre-Atlantique. Nul doute qu’il y aurait certainement réussi …

Alors, pour exaucer ce vœu ultime, elle a enregistré là-bas un nouvel album, composé des chansons les plus universelles de son mari, traduites en anglais. Et si elle reste définitivement “la groupie du pianiste”, elle est aussi, depuis sa renaissance, une étoile nouvelle, qui fait briller son “Berger”. Sans renoncer à ses propres feux …

Magazine : Ici Paris Magazine
Emmanuelle BACH
Date : 19 ai 25 juillet 1995
Numéro : 2611

Claude François : dans le chagrin de sa rupture avec France Gall il a écrit “Comme d’habitude”

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Ces mots, dans la chanson "Comme d'habitude", pleins de douleur et de révolte contenue, Claude les a écrits pour celle qui venait juste de le quitter : France Gall !
Ces mots, dans la chanson "Comme d'habitude", pleins de douleur et de révolte contenue, Claude les a écrits pour celle qui venait juste de le quitter : France Gall !

Des musiques à succès, Jacques Revaux en a écrit des centaines. Mais « Comme d’habitude », pour France Gall, restera sans doute à jamais son plus grand tube.

23 ans après, l’extraordinaire révélation de Jacques Revaux, le compositeur de la plus grande chanson du monde.

Qui n’a jamais fredonné « Comme d’habitude », ou « My way », en anglais ? Cette chanson a été reprise par plus de 1000 artistes, s’est vendue jusqu’ici à plus d’un milliard d’exemplaires, et continue de faire le tour du monde.

A tel point que les Américains sont persuadés que cette chanson est 100% made in USA. Mieux, sa popularité, vingt-huit ans après est toujours telle, qu’elle vient de passer numéro un des droits d’auteur, devant le sacro-saint Boléro de Ravel.

Et pourtant, si l’on en connaissait depuis longtemps les auteurs, Claude François pour les paroles, et Jacques Revaux pour la musique, il aura fallu presque trente ans pour que ce dernier révèle le secret qui planait dernière ce super tube. Eh oui, ce n’est que maintenant que le musicien nous apprend pourquoi ces mots bouleversants sont venus sous la plume de Claude François, en 1967. Pourquoi, avec pudeur et finesse, le chanteur, alors âgé de vingt-huit ans, a voulu évoquer le chagrin d’un homme face à une compagne qui s’éloigne de lui. Ces mots, pleins de douleur et de révolte contenue, Claude les a écrits pour celle qui venait juste de le quitter : France Gall !

« J’étais parti avec une bande de copains pour Megève, et un jour, cette mélodie est sortie de ma guitare, dit-il. Je l’ai proposée à Claude François, qui n’en a pas voulu. Mais quelques temps après, j’ai réussi à le convaincre. C’était un slow, il venait de se séparer de France Gall et il avait écrit un texte à cette occasion. Et brusquement, en réécoutant la chanson, il s’est rendu compte que son texte collait avec la musique. »

« Comme d’habitude » était né !

Comme « Ne me quitte pas » de Brel, cette superbe chanson était donc le fruit du désespoir qui sommeillait dans le cœur de Claude.

Il faut dire que sa rencontre avec France, trois ans plus tôt, avait été comme une renaissance pour lui. Elle seule avait réussi à lui redonner goût à l’amour, après l’échec de son mariage avec Janet.

Claude, conquis par la fraîcheur de France, lui avait donné son premier baiser, un soir, après un concert aux Saintes-Maries-de-la-Mer. Mais ce qui n’aurait pu être qu’une idylle sans lendemain, s’est très vite transformé en véritable passion.

A l’abri des regards, Claude et France se rejoignaient dans un petit café, juste pour le plaisir de pouvoir passer quelques moments ensemble. Et dès qu’ils se quittaient, elle rentrait chez elle et restait collée au téléphone, en attendant que Claude l’appelle.

Et puis, le 9 février, France apprend qu’elle est retenue pour représenter son pays à l’Eurovision, avec sa chanson « Poupée de cire, poupée de son ». C’est la chance de sa carrière. Elle gagne le concours, mais cela l’emmène loin de Claude. De plus en plus loin. De plus en plus souvent.

Claude doit se rendre à l’évidence, France lui échappe. Alors, désemparé, ne trouvant pas les mots pour lui dire à quel point il l’aime encore, il décide de les lui écrire. Avant de se « coucher, seul, dans ce grand lit froid, comme d’habitude » …

Magazine : France Dimanche
Lisette Demonceaux
Date : du 15 au 21 juillet 1995
Numéro : 2550

France Gall : les photos de sa nouvelle vie

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France Gall : les photos de sa nouvelle vie
France Gall : les photos de sa nouvelle vie

En souvenir de Michel Berger, elle s’exile avec ses enfants pour enregistrer les plus belles chansons de son mari.

Depuis le mois de décembre, France Gall a tout quitté pour s’installer à Westwood.

Un quartier de Los Angeles réservé aux stars, où le moindre loyer s’élève à plus de 50 000 F. Fidèle à sa réputation de mère de famille exemplaire, la chanteuse vit en ermite, cloîtrée dans sa grande maison de Crescent Drive, avec ses deux enfants. Depuis son arrivée, France ne sort quasiment jamais, sauf pour accompagner Pauline et Raphaël au lycée français de Hollywood. Pas de shopping non plus, ni de sorties à la plage. Apparemment, elle mène une vie bien moins agitée que ses célèbres voisins. Unique escapade familiale : une petite virée à Las Vegas, la capitale mondiale du jeu, au mois de février dernier.

La seule raison qui fait sortir France Gall de son “monastère”, est l’enregistrement d’un disque. Chaque jour, elle se rend au Record Plant, le fameux studio hollywoodien. En compagnie de Lionel Rotcage, son manager (et accessoirement le fils de Régine), elle prépare un album des plus belles chansons de Michel Berger. C’est une des raisons de son exil californien car France tient absolument à relancer les titres composés par le père de ses enfants, pour entretenir son souvenir.

Pour l’enregistrement, elle s’est entourée de noms prestigieux, comme Ricky Peterson, qui n’est autre que l’arrangeur de Prince et de Sting. Chaque midi, France et ses musiciens déjeunent au French Market, un restaurant de Santa Monica. Au menu, des plats diététiques et jamais de vin. C’est mauvais pour la forme. En sortant de table, elle passe prendre ses enfants à la sortie des cours. Ensemble, ils reviennent à la villa où France les aide à réviser leurs leçons. Chaque après-midi, le programme est identique. Entre deux plongeons dans la piscine, Pauline et Raphaël regardent des vidéos avec leur mère et jouent au Scrabble, en anglais bien sûr …

L’autre raison qui l’a poussée à partir vient d’un vœu que Michel Berger voulait exaucer : il rêvait que ses enfants parlent la langue de Shakespeare. Ce sera chose faite puisque France, Pauline et Raphaël ont établi leur quartiers chez l’Oncle Sam jusqu’en juillet. Until July, comme ils disent…

Magazine : Voici
VINCENT TISSOT
Date : 10 au 16 avril 1995
Numéro : 387

France Gall : au nom de l’amour !

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France Gall : au nom de l'amour !
France Gall : au nom de l'amour !

France Gall : elle se l’était promis, elle se l’était juré, dès que cela serait possible, elle le ferait.

Pour rien au monde elle n’aurait en effet manqué d’exaucer le vœu de Michel Berger.

Ce vœu qui lui tenait tant à cœur et qu’il lui avait si souvent confié : que Raphaël et Pauline, leurs enfants, soient bilingues. Qu’ils parlent la langue de Shakespeare couramment, et pas seulement approximativement comme le font le plus souvent les Français.

Alors France a tout quitté pour partir s’installer avec ses enfants à Westwood, un quartier de Los Angeles réservé aux stars. Elle y fait d’ailleurs là-bas figure d’ermite, restant fidèle à sa réputation de mère de famille modèle, partageant son temps entre ses enfants et l’enregistrement de son disque. Un disque où elle chante les chansons de Michel avec tout son cœur. Un disque qu’elle veut parfait, pour que l’Amérique découvre enfin l’immense talent d’auteur compositeur de ce mari qu’elle a perdu voici deux ans et demi.

Voici donc une de ses journées type:
  • 7 heures du matin. France se lève pour faire un peu de gymnastique et préparer le petit-déjeuner à ses enfants.
  • 8 h 15. France dépose Raphaël, treize ans, et Pauline, seize ans, au lycée français de Beverly Hills, puis file dans les studios d’enregistrement situés sur le fameux Sunset Boulevard.
  • 13h30 : “Breakfast” au “French Market” de Santa Monica, avec ses musiciens. Des plats diététiques, mais jamais de vin, histoire de garder la forme.
  • 14 h 30: il est temps d’aller rechercher les enfants à l’école, les petits Américains n’ont en effet presque jamais cours l’après-midi.

Dès lors, plus rien ne compte pour France à part ses enfants. Elle les aide à faire leurs devoirs, nage avec eux dans la piscine de la villa ou joue au Scrabble, mais version anglaise bien sûr !

Après le “dinner”, cinéma à domicile : Raphaël et Pauline choisissent un film, en V.O, qu’ils regardent avec leur mère.

Un emploi du temps strict et bien rempli, qui se répètera immuablement tous les jours.jusqu’à la sortie des classes, cet été. Avec bien évidemment interdiction de parler un mot de français, jusqu’à ce qu’ils posent le pied sur notre sol, et qu’ils arrivent à Ramatuelle où ils passeront tous trois les grandes vacances, dans la villa du souvenir.

Dans son “Paradis Blanc”; comme il le chantait, Michel doit être vraiment fier d’eux.

Magazine : France Dimanche
Date : 1er au 7 avril 1995
Numéro : 2535

Nombre de disques recensés au Japon de France Gall

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Nombre de disques recensés au Japon
Nombre de disques recensés au Japon
  • Nombre de disques recensés dans ce pays 15 à 20 SP + 3 EP + 7 LP + 3 à 5 CD.
  • Nombre de chansons interprétées en langue locale 2 en japonais.
  • Date de sortie locale 1968. Producteur d’origine Bagatelle/ Philips
  • Référence du pressage SFL-1181. Distributeur local Philips Japan.

Magazine : Platine Magazine
Date : Février 1995
Numéro : 18

France Gall mène la mode Mop’s

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France Gall mène la mode Mop's
France Gall mène la mode Mop's

Magazine : Jukebox Magazine
Date : Janvier 1995
Numéro : 88

France Gall : Michel m’aide à surmonter les épreuves

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France Gall : Michel m'aide à surmonter les épreuves
France Gall : Michel m'aide à surmonter les épreuves
France Gall : Michel m'aide à surmonter les épreuves

Revenue avec un show flambant neuf qui fait un malheur partout où elle passe, c’est une France Gall ressuscitée qui s’accorde une escale pour Ciné-Télé-Revue.

Rageuse, radieuse, tonique à souhait. Pourtant, elle vient encore de subir une terrible épreuve et a pris un nouveau départ qui en angoisserait plus d’une. Mais cette femme cache en elle des trésors de courage qui forcent l’admiration. Confession.

Vous êtes revenue à Paris, salle Pleyel. En souvenir de Michel ?

Oui, Michel et moi, nous en rêvions. On nous répondait toujours que “c’était fermé”. Là, je n’ai rien eu à demander. Tout s’est ouvert subitement. Je n’ai pas choisi cet endroit pour créer l’événement. Moi, dorénavant, je préfère monter mes spectacles en “loucedé” (ce qui veut dire “en douce” en verlan), ne pas m’atteler au remplissage des salles, ne pas me soucier du fait d’être jugée.

Ce “dorénavant”, c’est la preuve du profond renouveau en vous ?

Peut-être. C’est vrai que je me sens toute neuve. Comme si j’avais 2 ans. Comme si, depuis la mort de Michel, la scène m’aidait enfin à renaître.

A Bercy, ça n’avait pas été le cas ?

Bercy, c’étaient des retrouvailles trop émouvantes après l’horreur … La mort, le cancer. Il n’y avait aucune place pour la frivolité. L’état d’esprit était le blues. Je n’aurais d’ailleurs jamais pu surmonter cette épreuve sans toute l’équipe d’alors. Des gens attachés au même passé que moi. Soumis à la même lourdeur.

Cette “lourdeur”, comment s’est-elle dissipée ?

Quand on vient de perdre quelqu’un, on se sent lourd, accablé, plus du tout à l’aise dans ses gestes, dans sa peau. A un moment donné, sur scène comme dans les coulisses, même si le chagrin ne s’efface pas, on sent qu’on digère l’horreur. La vie reprend sa place d’une façon plus généreuse. Elle vous redonne une nouvelle conscience. On a l’impression d’ouvrir les cils, de retrouver un corps.

Aujourd’hui, la fameuse “équipe” dont vous parliez tout à l’heure n’est plus là ?

Les musiciens et pas mal de choses ont changé, c’est vrai. J’ai été amenée à m’investir beaucoup plus, à porter moi-même presque toutes les casquettes. Et, curieusement, cela m’a procuré une incroyable sensation de liberté. Une légèreté qui me permet de vibrer mieux, d’oser aller au-devant des gens, de danser comme une folle. Jamais je ne me suis sentie autant passionnée par ce métier, par la musique, par l’œuvre de Michel.

Une oeuvre que, en tant que son interprète favorite, vous avez « relookée » ?

Je n’aime pas trop ce mot-là. Les chansons de Michel ne vieillissent pas. C’est même insensé. On peut juste les actualiser un peu. C’est essentiellement une question de sons.

Il n’y a rien de démodé dans le répertoire Berger ?

Pratiquement rien. Mais est-ce qu’il y a du “démodé” chez Mozart ? Je sais que cela fait sourire. Moi, je les place au même niveau.

Chanterez-vous un jour quelqu’un d’autre que lui ?

Je me suis organisé un avenir basé sur lui. Au moins pour les trois prochaines années. Après la tournée, je vais commencer par réaliser avec des producteurs américains exceptionnels un album de ses chansons les plus universelles. Quelques-unes seront traduites en anglais. Ensuite, j’irai les interpréter partout où le disque sortira, en commençant par le Japon et la Corée. Bref, je vais faire ce que j’avais toujours refusé de faire.

Cela veut dire que vous allez quitter la France ?

Dès le début 95, je m’installe à Los Angeles. J’ai préféré cette ville à New York à cause de la douceur du climat. Mais ce n’est pas un adieu, même si cela risque de durer … Juste un truc que je sens devoir faire.

Avec anxiété ou excitation ?

Ni l’un ni l’autre. Il faut ? … Je fais ! (Rires.) Moi, maintenant, plus rien ne m’embête.

Qu’en disent vos enfants ?

Ils sont follement heureux de partir. A 16 et 13 ans et demi, cela va être une bonne occasion de leur faire découvrir le monde. Et puis, Michel voulait absolument qu’ils soient complètement bilingues. C’est le moment de vivre ce genre d’expérience avec eux. Ils grandissent et je ne sais pas trop comment m’y prendre avec les jeunes. Moi, j’étais plutôt “maman bébé”· Et “papa ado” n’est plus là pour me relayer.

Votre fils vient, paraît-il, de vous causer de gros soucis ?

C’est vrai. Maintenant je peux en parler. J’ai vécu notamment la pire nuit de mon existence. Epouvantable. Raphaël était sur le scooter d’un copain lorsqu’il a été renversé par une automobiliste qui, soit dit en passant, n’a jamais daigné, depuis, prendre de ses nouvelles. Cela s’est passé à la fin de l’été, à Ramatuelle, que j’avais quitté la veille pour rejoindre Paris. J’ai été prévenue tard le soir, à mon retour de répétition. Il avait une hémorragie et des contusions multiples. On le croyait gravement touché au pancréas. Il n’y avait plus d’avion. Mille kilomètres me séparaient de mon fils en réanimation. Il a été transféré de l’hôpital de Saint-Tropez à celui de Fréjus, puis à celui de Nice. Les médecins voulaient lui ouvrir le ventre et faisaient du forcing pour obtenir mon autorisation, sans pouvoir me donner de diagnostic précis. Je me liquéfiais littéralement. On lui a fait trois scanners. Quand j’ai pris le premier avion à l’aube, j’étais un zombie. J’ai passé trois jours sur un lit de camp à ses côtés. Finalement, c’est la rate qui avait tout pris. Un moindre mal.

Comment faites-vous pour assurer si vaillamment après une telle série d’épreuves ?

J’ai toujours dit que je me sentais incroyablement forte de ce que m’avait laissé Michel. Je m’en suis peut-être convaincue mais j’ai même cru le ressentir physiquement. Sans les dix-huit ans que nous avons vécus ensemble, je ne saurais pas “assurer”, comme vous dites. Mais c’est ainsi. Désormais, je ne suis plus la femme de personne. Je ne me repose plus sur personne. Je sais que la vie est faite de choses belles et affreuses. Je me convainc que tout est possible, qu’elle finira par m’emmener vers le meilleur et qu’elle mérite que je lui fasse encore confiance.

Vous reposer un peu sur une épaule toute neuve, cela vous paraît concevable ?

Je me le souhaite. Mais il faudrait que je trouve la place !

Magazine : Ciné Télé Revue
Propos recueillis par Alain HOUSTRAETE-MOREL
Date : 26 novembre au 2 décembre 1994
Numéro : 9447

France Gall en concert 94

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Le programme "France Gall en concert 94" était vendu pendant les concerts du 27 septembre au 1er octobre 1994 à la Salle Pleyel et pendant la tournée.
Le programme "France Gall en concert 94" était vendu pendant les concerts du 27 septembre au 1er octobre 1994 à la Salle Pleyel et pendant la tournée.

La petite histoire

Le programme “France Gall en concert 94” était vendu pendant les concerts du 27 septembre au 1er octobre 1994 à la Salle Pleyel et pendant la tournée.

Pleyel n’est, cependant, qu’une étape de la tournée de France Gall à travers la Belgique, la Suisse et la France. Après quoi, elle ira s’installer quelques mois à Los Angeles.

J’y vais avec mes enfants pour qu’ils apprennent l’anglais. Ils deviennent des adolescents et je me sens un peu perdue. J’ai été une excellence mère quand ils étaient bébés, mais devant l’adolescence, je suis beaucoup moins à l’aise. Avec Michel, nous étions convenus que ce serait lui qui les prendrait en charge à cette époque de leur vie. Il disait tout le temps qu’il fallait qu’ils parlent couramment anglais. Alors, je suis son conseil. Los Angeles est une ville ennuyeuse à long terme pour une Française et je me suis demandé ce que je pourrais faire pour ne pas flipper pendant que Pauline et Raphaël seront à l’école. Et je me suis dit : pourquoi ne pas y enregistrer un album avec les chansons les plus importantes que Michel a écrites ? Cet album devrait sortir dans de nombreux pays. Pour que la musique de Michel Berger continue de me donner de la force et, en même temps, du bonheur aux autres.

Le live de Pleyel est édité (seulement) en 2005 et contient 14 titres enregistrés pendant les représentations de France Gall du 27 septembre au 1er octobre 1994 à la Salle Pleyel. La première édition du 26 octobre 2004 est incluse dans l’anthologie Évidemment, intégrale en 13 CD et 1 DVD des années Warner.

Les photos de 1994