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La musique de Michel Berger va plaire aux Américains

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La musique de Michel va plaire aux Américains
La musique de Michel va plaire aux Américains
La musique de Michel va plaire aux Américains

Elle songe à faire interpréter les chansons de son mari Michel Berger par Mariah Carey ou Whitney Houston

TÉLÉ STAR : En novembre, on vous découvrira à l’Olympia pour la première fois.

FRANCE GALL : Au départ, mon passage sur scène était prévu pour plus tard. Mais je ne pouvais pas attendre trop longtemps pour faire mon métier. Et comme l’Olympia était libre … Je sais que mon public n’aime pas me voir de loin. Ce sera donc mieux qu’à Bercy où j’avais l’impression de manœuvrer un bateau trop gros pour moi !

Vous vous saviez capable de tout contrôler et même de produire votre dernier album enregistré aux Etats¬Unis?

J’ai appris par la force des choses. Je ne pensais pas pouvoir diriger une séance avec des Américains, en parlant très peu la langue et en n’ayant jamais produit un disque. Mais pour obtenir ce que je voulais, il fallait que je m’y mette.

Comment les Américains ont-ils réagi à la musique de Michel Berger ?

Ils ne la connaissaient pas et ils l’ont adorée.

Vous pourriez donc réussir aux Etats-Unis ?

Pour moi, c’est impossible. Mais je suis persuadée que la musique de Michel va plaire là-bas. Je songe à produire un disque de ses chansons interprétées par des artistes américaines comme Mariah Carey ou Whitney Houston.

Vous aimez ce qu’elles font ?

Toutes ces filles sont très bonnes au début puis elles se laissent écraser par leur technique vocale. Moi, je chante beaucoup moins bien, donc je ne suis pas écrasée !

N’avez-vous jamais songé à écrire vous-même des chansons ?

Savoir écrire est un don que je n’ai pas. Et comme j’aime faire les choses bien …

Est-ce que les chansons de Michel Berger ont permis de vous exprimer totalement ?

Il n’écrivait jamais sur le bonheur, il trouvait ça mièvre. Quand il parlait de moi dans une chanson, c’était sous un jour très sensible. Alors les gens ne le savent pas, mais je suis une fille tordante. Attention, je ne fais pas dans le comique troupier mais j’aime les gens drôles.

Pourquoi ne pas devenir comédienne ?

Je n’ai pas envie de jouer un personnage, être quelqu’un d’autre.

Avez-vous déjà pensé changer de métier ?

J’ai essayé à deux reprises, en vain. La première fois c’était au début des années 70, avant de rencontrer Michel Berger. Mais j’étais déjà connue et, vous savez, la célébrité vous empêche de changer de route. On vous reconnaît. Dans les années 80, j’ai failli ouvrir une galerie de peinture mais Michel m’a dissuadée. Il avait raison, j’ai plus d’expérience dans la musique ! Et puis la chanson, ce n’est pas la mine !

Il y a dix ans, vous affirmiez ressentir un malaise à entrer dans la seconde partie de votre vie. Quel sentiment éprouvez-vous désormais?

J’ai beaucoup changé. Aujourd’hui, je démarre une vie sans le poids écrasant du mariage et des enfants. C’était mon idéal comme celui de la plupart des femmes, je crois. Je l’ai fait, c’est une lourdeur en moins!

Ça vous est facile d’être maman ?

Je suis une mère formidable pour les enfants de moins de 10 ans. Les bébés, c’est mon truc. Après, ce devait être à Michel de prendre le relais … Je ne sais plus faire puisque je n’ai pas eu d’adolescence. Alors j’apprends peu à peu. Mais je crois que mes enfants sont contents de m’avoir pour mère.

Magazine : Télé Star
PROPOS RECUEILLIS PAR OLIVIER CABRÉRA
Date : Juin 1996
Numéro : 1030

Elles ne les oublieront jamais …

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Elles ne les oublieront jamais ...
Elles ne les oublieront jamais ...

Un homme disparait et le monde s’écroule … Surtout quand cet homme était un “grand monsieur”, un artiste de génie, un dieu de la F1, un virtuose de la musique.

Avec ce compagnon, elles formaient un couple de légende. Sous son regard attentif, elles ont évolué, se sont métamorphosées en splendides créatures, se sont réalisées dans leur vie et dans leur art.
Ces hommes avaient du charisme, elles en ont retiré une nouvelle force. Aujourd’hui, elles continuent. Sans eux.

France Gall & Michel Berger

“Dans ma vie, je n’ai que deux choses : l’amour et la musique. Quand j’ai perdu l’amour, il m’est resté la musique”.

Pour moi, il ne s’agit pas d’oublier. Mais quand Michel est mort, j’ai essayé de faire son deuil le plus vite possible, confie-t-elle au magazine Elle. Aujourd’hui, j’arrive à y penser sans avoir un coup de poignard dans le cœur. » Après un an d’exil à Los Angeles, où elle a enregistré un disque, France, composé de chansons du compositeur, elle revient. Cet été, elle s’installera dans leur maison de Ramatuelle, celle où Michel a été terrassé par une crise cardiaque, un après-midi d’août 1992.

“J’attends avec impatience le premier été où j’y serai bien”. Michel disait qu’elle était une “réaliste optimiste”. Il est temps pour elle de lui donner raison.

Jane Birkin & Serge Gainsbourg

“Je fais des concerts pour Serge, mais le plaisir d’être sur scène, c’est le mien”

“J’étais sa muse, sa Lolita, sa pute, sa libertine”, dit-elle. Pendant quinze ans, le couple insolent formé par l’Anglaise ingénue et le compositeur cynique a défrayé la chronique. Un duo de choc qui s’est défait au début des années 80. Sans se détruire complètement. Aujourd’hui,
Jane chante Gainsbourg pour toujours. “Je me sens un peu comme son héritière. Je ne pourrais pas chanter les chansons de qui que ce soit d’autre tant que je n’aurai pas épuisé les siennes.”

Elle a choisi quinze chansons de “l’homme à la tête de chou” et enregistré Versions Jane en hommage à celui qui, “par-delà” la mort, continue à me porter bonheur.

Magazine : Voici
Date : Juin 1996
Numéro : 449

Godard, de France Gall à Mozart

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Godard, de France Gall à Mozart
Godard, de France Gall à Mozart

Le clip réalisé par Jean-Luc Godard pour la chanson “Plus haut” de France Gall n’est pas un clip.

C’est un tableau qui bouge, une œuvre d’art qui parle, qui écrit “Oh !” quand elle chante “haut”.

C’est le cinéma de Jean-Luc Godard qui connaît sa musique. Du cinéma “alimentaire” – il n’a pas tourné ça bénévolement – mais qui ne se digère pas plus facilement que du Godard habituel. C’est élaboré, travaillé. C’est beau et ça met la barre très haut. Oh!

Godard n’en est pas à sa première chanteuse “yéyé”. Déjà Chantal Goya jouait dans « Masculin-Féminin» où passait Françoise Hardy. Godard n’en est pas à ses premières stars issues de la génération rock : il a filmé les Rolling Stones dans “One plus one” et fait jouer Johnny Hallyday dans “Détective”.

Godard aime la musique, et celle du « Mépris », la plus belle de l’un de ses plus beaux films, signée Georges Delerue, figure dans la bande originale du “Casino” de Martin Scorsese. Quant à son prochain film, qu’il termine actuellement et que l’on verra à la rentrée, Godard a décidé de l’intituler “Mozart for ever”. Godard pour toujours …

Magazine : Le Parisien
Date : Juin 1996
Numéro : 16097

France Gall : “je n’ai pas envie de me cacher si je peux connaitre à nouveau le bonheur”

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Je n'ai pas envie de me cacher si je peux connaitre à nouveau le bonheur
Je n'ai pas envie de me cacher si je peux connaitre à nouveau le bonheur
Je n'ai pas envie de me cacher si je peux connaitre à nouveau le bonheur

France Gall chante Michel Berger dans un disque émouvant et raconte sa vie avec ses enfants après un long exil aux Etats-Unis

France Gall : “Maintenant, je vais bien …”

Jean-Luc Godard tourne en Suisse, près de chez lui, au bord du lac Léman, le premier clip de sa carrière. C’est à France Gall, et à la chanson de Michel Berger « Plus haut », qu’il a dit oui. « Plus haut », que France a choisi pour premier extrait et pour titre phare de son nouvel album, entièrement enregistré aux Etats-Unis, commence par ces mots : “Celui que j’aime est dans un monde plus haut”. Une émotion à fleur de peau, pareille à celle qui ressort de l’interview qu’elle a donnée à « Spécial Télé », à son retour des Etats¬Unis, où elle s’est exilée depuis plus d’un an.

D’abord parce qu’on ne vous a pas vue depuis longtemps, ensuite parce qu’on se souvient de vos graves ennuis de santé, comment vous portez-vous ?

Maintenant, je vais bien.

Votre retour est lié à la sortie d’un nouvel album consacré aux chansons de Michel Berger. En exergue du disque, vous écrivez : « J’allais pas lâcher comme ça, même s’il était mort ». Lâcher quoi ?

Sa musique, son œuvre. C’est le patrimoine qu’il nous a légué, à moi, à ses enfants et au public. Dans les chansons de Michel, je me sens chez moi.

Vous m’avez dit un jour, qu’après la mort de Michel, faire de la scène vous avait permis de renaître. Comment, depuis un an et demi, avez-vous pu vous en passer ?

Après la renaissance, il reste à vivre. Et ma vie n’est pas sur scène. Même si, face au public, l’amour est là, réconfortant, comme un résultat immédiat.

N’avez-vous pas eu peur que ce soit, pour vos enfants, une rupture de plus ?

Je ne serais jamais partie s’ils ne l’avaient pas souhaité. Mais ils le désiraient comme des fous. Raphaël voulait être américain et Pauline, bilingue ! On partageait tous les trois une envie de changer de paysage.

Et alors ? Ils sont revenus bilingues?

Raphaël, c’est moyen. Mais Pauline, tout à fait.

Et la solitude, vous ne la redoutiez pas ?

Nous sommes partis sans peur, sans se poser de questions. Nous sommes arrivés un jour de décembre dans cette grande maison vide qu’avait habitée Doris Day, et l’aventure a commencé. Je mentirais si je vous disais que le réveillon a été le plus heureux de notre vie. Nous ne connaissions personne. Nous nous retrouvions à l’autre bout du monde et nous trouvions les Américains aussi différents que des Chinois. On savait qu’il nous faudrait un temps d’adaptation. On se sentait protégés par notre volonté commune.

A Los Angeles, comment s’organisait l’existence ?

D’une façon très régulière. Beaucoup plus qu’ici, où c’est toujours un peu le chantier ! Là-bas, tout est programmé. Il y a peu de place pour l’inattendu. Toute la semaine, les enfants allaient au lycée français et moi, au studio. Huit heures par jour … comme au bureau ! Le week-end, on allait à Venice, au bord de la mer. On faisait notre petit sport : patins, basket. On déjeunait toujours dans le même restaurant, puis je me faisais masser le dos sur la plage devant tout le monde. C’était nouveau pour moi de vivre comme ça, en liberté, protégée par l’anonymat.

Vous aviez amené là-bas vos affaires, vos meubles ?

Des malles entières, oui. Je voulais apporter un peu de mon décor. Des tonnes de vêtements, notamment. Totalement inutiles d’ailleurs, car nous n’avons porté que ceux achetés sur place (rires). Pour les meubles, nous avons tout loué là-bas. Chacun s’est créé son univers. La chambre de Raphaël était toute noire, celle de Paulin toute blanche.

En juillet, comment avez-vous vécu votre retour en France?

Nous étions plutôt contents de rentrer mais, une fois arrivés nous avons trouvé que tout était un peu … petit. L’espace, les arbres les couleurs pastel, la végétation somptueuse, avaient disparu. Heureusement, les vacances nous ont permis de retrouver tout ça.

Dans votre maison du Midi où vous avez connu l’horreur arrivez-vous à y vivre sereinement?

J’aime cette maison. Elle une âme. Une vraie. Mais il faut avouer que je n’y ai pas encore passé un été réussi. C’est la saison bannie, celle du pire souvenir. J’attends avec impatience le premier été où je m’y sentirai bien.

Aujourd’hui, vous êtes amoureuse?

Seul le temps répondra cette question. Il y a trois ans et demi que Michel est parti. Je n’ai pas envie de me cacher si je peux avoir du bonheur avec quelqu’un mais il faut de la patience pour savoir si cette personne est devenu essentielle.

Comment vos enfants réagiraient-ils face à un nouvel amour ?

Chaque enfant réagit différemment. Surtout s’il s’agit d’un garçon et d’une fille. L’important, c’est d’être la plus heureuse possible pour les aimer le mieux possible. Et puis, un nouvel amour ne chasse pas le précédent. A 20, 30 ans, on aime pour construire. Plus tard, quand tout est déjà construit, on aime pour retrouver une certaine … légèreté, se reposer un peu et vivre sa vie de femme.

Aujourd’hui, France, comment voyez-vous votre futur ?

Je ne sais pas ce que je vais faire dans l’avenir et je m’en vante. J’ai appris que s’y projeter ne servait à rien et que la vie se moquai bien de mes projets. Alors, et cela me change un peu, je me contente de vivre dans le présent.

Trois ans et demi après le départ de Michel, outre ses chansons, que vous reste-t-il de lui?

Tout ce qu’il m’a donné. Notamment la force qui m’anime.

Magazine : Spécial Télé (Belgique)
Propos recueillis par Alain Houstraete-Morel
Date : Juin 1996
Numéro : 73

Paroles de “Plus haut” et carnet intime

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Paroles de la chanson Plus haut de France Gall et carnet intime
Paroles de la chanson Plus haut de France Gall et carnet intime

Paroles de la chanson Plus haut de France Gall et carnet intime

Paroles et musique : Michel Berger. Copyright : 1980 by Editions Musicales Colline. Photo : Terrasson. Réalisation : Daniel Beaucourt.

Carnet intime :
• Pseudo : France Gall
• Balance ascendant Balance
• Situation de famille : deux enfants, Pauline (17 ans) et Raphaël (13 ans).
• Lieu de résidence : entre Paris, Dakar et Los Angeles.
• Elle déteste : le sectarisme.
• Sport préféré : le tennis.
• Chanteurs et musiciens préférés : Randy Newman et Stevie Wonder.

Projets : Une série de concerts au Zénith de Paris et une tournée en France vers le mois de mars 1997. Prépare également une émission spéciale pour TF1.

Derniers albums :
• « Le Tour de France » enregistré en public (WEA, 1988).
• « Double jeu » avec Michel Berger (WEA, 1992).
• « Simple je » double album enregistré à Bercy en 1993 (WEA, 1994).
• « France » (WEA, 1996).
• Plusieurs compilations dont « 1963/1968 » (Polygram distribution, 1992) et le double CD « Les années musique » (WEA, 1990).

Adresse : C/O WEA, 102, avenue du Président-Kennedy, 75016 Paris.

Magazine : Télé Poche
Date : Juin 1996
Numéro : 1581

1ère partie de la disco de France Gall 1963 – 1996

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Ex-yéyé girl Gainsbourienne, France Gall a passé ses années 60 aux côtés de Serge Gainsbourg, mais aussi de Claude François ou Julien Clerc.
Ex-yéyé girl Gainsbourienne, France Gall a passé ses années 60 aux côtés de Serge Gainsbourg, mais aussi de Claude François ou Julien Clerc.

Ex-yéyé girl Gainsbourienne, France Gall a passé ses années 60 aux côtés de Serge Gainsbourg, mais aussi de Claude François ou Julien Clerc.

Elle ne rencontrera Michel Berger qu’en été 1973.

Aujourd’hui elle rend hommage à ce dernier avec un nouvel album “France”, sur lequel elle reprend, entre autres, “Message Personnel”, de Françoise Hardy. A cette occasion, Platine vous offre sa discographie française en 45 tours, avec dans ce numéro, les années Philips.

Partie 1 / Partie 2 / Partie 3 de la discographie de France Gall par Platine magazine.

Magazine : Platine Magazine
Date : Mai 1996
Numéro : 31

France Gall, son premier album depuis la mort de Michel Berger

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Entourée de musiciens américains, la chanteuse a réenregistré des chansons signés Michel Berger. Le titre de ce disque : "France".
Entourée de musiciens américains, la chanteuse a réenregistré des chansons signés Michel Berger. Le titre de ce disque : "France".

Entourée de musiciens américains, la chanteuse a réenregistré des chansons signés Michel Berger. Le titre de ce disque : “France”.

Depuis plus de vingt ans, France Gall n’a jamais chanté que les mots et les mélodies de Michel Berger.

C’est ensemble qu’ils avaient enregistré l’album Double Jeu en 1992, quelques mois à peine avant la disparition de Michel. Depuis, elle n’était pas retournée en studio. Elle ne savait d’ailleurs pas si le goût lui en reviendrait un jour. Et puis, l’envie de flirter à nouveau avec la musique lui a donné l’énergie nécessaire pour reformer une équipe et rechanter. Aujourd’hui, voici donc un disque intitulé « France » et sur lequel elle a choisi, encore une fois, d’interpréter du Berger. Elle a puisé dans les chansons qu’il avait composées pour elle, comme « Plus haut », le premier extrait, et aussi dans ce qui fut son répertoire à lui comme « La minute de silence».

Los Angeles lui a bien réussi

Un choix totalement subjectif et une lourde tâche que France a dû accomplir seule, cette fois, elle qui disait s’en remettre totalement aux décisions professionnelles de Michel. Pour mener à bien cette nouvelle aventure avec des musiciens américains, elle est partie, l’an dernier, s’installer plusieurs mois à Los Angeles. Elle ne s’est pas pour autant séparée de ses deux grands enfants, inscrits pendant ce temps-là au lycée français. Un vrai déménagement pour toute la famille et, surtout, l’occasion de voir la vie sous un jour différent, avec cette agréable sensation de pouvoir se déplacer à son aise dans les rues de la ville sans craindre d’être reconnue. Une sorte de liberté retrouvée qui n’a pas été sans incidence sur la femme qu’elle est aujourd’hui. La Cité des anges lui a, semble-t-il, réussi. Depuis son expérience californienne, elle sourit à nouveau à l’avenir.

Magazine : Télé Loisirs
Franck Serba
Date : Avril 1996
Numéro : 530

France Gall : le bonheur enfin retrouvé

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Plus de trois ans et demi après sa disparition, elle a dépassé le cap de la solitude et du désespoir. Elle a aussi vaincu la maladie. Elle s'en explique avec les mots du cœur.
Plus de trois ans et demi après sa disparition, elle a dépassé le cap de la solitude et du désespoir. Elle a aussi vaincu la maladie. Elle s'en explique avec les mots du cœur.
Plus de trois ans et demi après sa disparition, elle a dépassé le cap de la solitude et du désespoir. Elle a aussi vaincu la maladie. Elle s'en explique avec les mots du cœur.

France Gall a puisé dans le trésor de chansons laissé par Michel Berger pour son nouvel album, “France”.

Plus de trois ans et demi après sa disparition, elle a dépassé le cap de la solitude et du désespoir. Elle a aussi vaincu la maladie. Elle s’en explique avec les mots du cœur.

Paris 7e. A mi-chemin entre le quartier très bourgeois de la Plaine Monceau et celui plus populaire des Batignolles, un vieux passage qu’on dirait sorti d’une photo de Doisneau ou d’un film de Carné. C’est là que Michel Berger avait installé son studio d’enregistrement. A deux pas de l’appartement où il habitait avec France Gall et leurs deux enfants, Pauline et Raphaël.

Télé 7 Jours: Vous paraissez en pleine forme. Votre cancer du sein est-il à ranger au rayon des mauvais souvenirs ?

France Gall : Tout à fait. La réponse tient en quatre mots : ça va très bien. Point.

T.7J.: Pas d’inquiétude quand surviennent une petite douleur, une légère fatigue ?

F. G. : Je n’y pense jamais. Cette maladie m’est sortie de l’esprit en même temps que du corps. Pour moi, la parenthèse est refermée, comme m’avaient dit dès le début les médecins. J’ai la chance de n’être absolument pas hypocondriaque. Je crois que la crainte de la souffrance est parfois pire que la souffrance elle-même.

F. G.: C’était une imprimerie. Pour la transformer en loft, Michel avait fait appel à l’architecte Jean-Louis Berthé à qui l’on doit le siège de la Banque Européenne, la BERD, à Londres. Pour la première fois, je ne m’étais occupée de rien, ni de l’aménagement ni de la décoration.

T.7J.: Comment était Michel au quotidien ?

F. G. : Je devais assumer l’intendance. Michel était dans la lune dès que ça ne concernait pas la musique. Je le surnommais parfois Professeur Tournesol. Avec sa tignasse qui se déplumait, il lui ressemblait de plus en plus.

T.7J.: Vous sentez-vous l’âme d’une décoratrice ?

F. G.: C’est comme un second mode d’expression. Choisir une maison, tracer des plans, chercher des meubles, des tissus, dessiner un jardin, d’en sélectionner les essences, rien ne me fait plus plaisir que de m’occuper de tout cela. Je crois même que je pourrais en faire mon métier.

T. 7J. : Avez-vous un style de prédilection ?

F. G. : En ce moment, je suis carrément zen, style jardin japonais. J’essaie de me détacher de plus en plus des objets.

T.7J.: Pourquoi ? Parce que les objets se rattachent souvent à des personnes qu’on aime ?

F. G.: Pas vraiment. C’est plutôt l’esthétique qui me guide.

T.7J.: Vous aviez tendance à accumuler ?

F. G. : Oh, oui ! Dans des proportions inimaginables. J’ai eu jusqu’à cinq chambres à coucher entreposées dans la cave. Je tiens cela de mon père qui me répétait : “Quand tu as 100 F en poche, achète un objet.” Il faut dire qu’il a été antiquaire !

T. 7J. : Surtout connu comme auteur de chansons pour Aznavour et Piaf, c’est lui qui vous a lancée en écrivant votre premier succès (“Sacré Charlemagne”), mais il a été aussi chanteur.

F. G. : J’ai un souvenir très étrange. J’étais au cinéma. Après les actualités, un monsieur est monté sur scène chanter trois chansons. J’ai eu du mal à reconnaître mon père. Son visage maquillé n’avait pas la même couleur que d’habitude. Le blues absolu, un moment épouvantable. J’ai compris à quoi servait la, bouteille de fond de teint qui traînait sur son lavabo.

T. 7J. : Savez-vous comment vos enfants ont réagi la première fois qu’ils vous ont vue sur scène ?

F. G.: C’était au Zénith en 1984. Après le spectacle, dans ma loge, Pauline (Raphaël était trop petit) m’a regardée comme quelqu’un qu’on ne connaît pas. J’en ai eu les larmes aux yeux.

T.7J. : Au moment des obsèques de Michel Berger, vous aviez dit : “Ce jour-là, mes enfants sont devenus des personnages publics.” Jusque-là, comment étiez-vous parvenue à les protéger ?

F. G. : C’était assez simple si on avait la volonté permanente de ne pas céder. Il y a quelques années, la presse comprenait ceux qui ne voulaient pas se faire de pub avec leur vie privée. Journalistes et photographes ont parfaitement respecté notre deuil le jour des obsèques. Je ne sais pas si cela serait encore possible aujourd’hui.

T.7J: Comment vos enfants vivent-ils cette pression ?

F. G.: D’une certaine manière, le fait d’être dans les journaux les a peut-être détournés un temps de leur chagrin.

T. 7J. : Est-ce dans cette optique que vous êtes partie, avec enfants et bagages, sept mois à Los Angeles enregistrer “France”, votre nouveau disque ?

F. G. : Oui, il y avait l’idée d’aller voir ailleurs. Autant éviter un endroit où l’hiver est rude, nous ne sommes pas masochistes ! Plutôt le soleil, la plage qu’une ville industrielle. Autant faire venir les producteurs de Prince dans la capitale de la musique que d’aller à Minneapolis où, sorti des studios, les agréments sont limités. Les enfants pouvaient poursuivre normalement leur scolarité au Lycée français.

T.7J.; Avez-vous envisagé de vous installer là-bas ?

F. G. : Je suis incapable de me déraciner longtemps. Rien ne pourrait me forcer à quitter définitivement la France. Nous nous sommes nettoyé la tête. L’énergie des Américains a déteint sur nous et nous voilà tous les trois ravis d’être revenus. En plus, il faut vous avouer que je suis froussarde.

T. 7J. : Que voulez-vous dire ?

F. G. : J’ai eu la crainte permanente des tremblements de terre. Une nuit, nous en avons vécu un petit 4,9 sur l’échelle de Richter. Pour eux qui sont habitués à 7 ou 8, ce n’était rien. J’ai pourtant trouvé cela très impressionnant.

T.7J.: Cet album est un peu, comme celui de Jane Birkin pour Gainsbourg, votre “Berger, version France”. Lui offrez-vous un ultime hommage avant de passer à d’autres auteurs ou allez-vous rester son interprète exclusive ?

F. G. : Je ne sais pas, mais le trésor qu’il m’a laissé est assez inépuisable et je pourrais très bien, pendant dix ans, ne faire des albums qu’avec ses chansons.

T.7J.: Il y a un côté gardienne de la flamme …

F. G. : Ah, ça, non ! Mais pour l’instant je n’ai rien trouvé de plus beau qui me corresponde et je n’ai eu ni le besoin ni l’envie d’aller voir ailleurs.

T.7J.: Considérez-vous toujours, bien que cela fasse sourire certains, Michel comme l’égal de Mozart ?

F. G.: Je persiste et je signe.

T.7J.: Pour le disque, vous vous offrez des musiciens qui ont joué avec Miles Davis, Frank Zappa ou Prince. Vous ne vous refusez rien !

F. G. : C’est à Michel que je ne refuse rien.

T. 7J. : Pour la photo de la pochette, on découvre le travail d’une inconnue célèbre, Kate Barry, la fille de Jane Birkin.

F. G. : Son regard est très direct et très tendre. Kate est une personne de très grande qualité, quelqu’un de rare.

T. 7J. : Ne regrettez-vous pas d’avoir attendu si longtemps pour enregistrer un disque à deux voix, “Double je”, avec Michel ?

F. G.: C’était un choix commun. Plus tôt, cela aurait été de la facilité, quelque chose de trop évident que tout le monde attendait. Vous savez qu’avant ce disque, nous n’avions jamais fait de séances de photos ensemble. Quand nous allions à Roland Garros, nous louions des places séparées pour ne pas apparaître côte à côte dans les journaux.

T.7J.: Quand avez-vous ressenti le besoin de vivre normalement à nouveau ?

F. G.: Très vite, mais c’est banal. Il y a quelque chose d’étrange quand on perd son compagnon : on ressent le besoin irrépressible que quelqu’un vous prenne dans ses bras, vous protège, en sachant que c’est impossible. Je ne supportais plus qu’on me dise: « Tu es forte », qu’on ne me regarde plus comme une femme.

T.7J.: Quand vous a-t-on à nouveau regardée comme une femme ?

F. G. : Vous êtes dans une bulle et enfin elle éclate. Un beau jour, je me suis dit : si je pense enfin à moi – ce que j’avais oublié -, si je suis heureuse, les miens le seront aussi.

T.7J: Ce bonheur, le cultivez-vous près de Dakar où vous avez une maison ?

Elle éclate de rire en faisant allusion à des photos en compagnie d’un musicien new-yorkais parues en janvier.

F. G. : Je vois que vous lisez la presse et que vous n’ignorez pas que je n’y ai pas passé seule les fêtes de fin d’année, mais vous n’en saurez pas plus !

Nouvel éclat de rire. On appelle cela l’art de l’esquive.

C’est une première pour le réalisateur. Quand on demande à France Gall comment elle a convaincu Jean-Luc Godard de mettre en clip “Plus haut”, elle reconnait qu’il y a là du mystère ou de la chance. “Je lui ai écrit une lettre très courte et lui ai envoyé une cassette de ma chanson. Pendant quinze jours, pas de réponse. Je me disais, c’est fichu. Je m’apprêtais même à chercher un autre réalisateur quand, un matin, sur mon répondeur, j’ai entendu sa voix inimitable. Quelques mots pour accepter.”

Seule condition, que France lui donne carte blanche. Pour elle, Godard est le cinéaste qui sait le mieux rendre belles les femmes. Elle est partie le rejoindre à la mi-mars, en Suisse, “un peu inquiète mais avide, curieuse, impatiente de voir le résultat.” Godard attendait à l’aéroport de Genève.

Caméra au poing ou sur l’épaule, un équipement léger pour s’assurer de la liberté de l’image, il ra filmée dans sa maison de Rolle. “Tout le tournage a ressemblé à une suite d’interviews à bâtons rompus.” Jamais un clip ne lui est apparu si “léger” à tourner. “Je suis prête à recommencer tous les jours.”. On connaissait le goût de Godard pour la musique, toutes les musiques, et ses collaborations avec Chantal Goya (comme actrice) ou Johnny. Dans ses films, la bande sonore est toujours très travaillée.

Des classiques parmi les classiques comme Bach, Chopin ou Schumann, avec une prédilection pour Mozart et les quatuors de Beethoven dans trois films. Des jazzmen, du be-bop au “free” le plus aventureux, de John Coltrane à Omette Coleman. Jean-Luc Godard a même tourné un film sur les Rolling Stones, à l’époque de l’enregistrement de leur album “Beggars Banquet”, le dernier auquel ait participé Brian Jones, et il avait envisagé de travailler avec les Beatles. Plus récemment, il a fait appel aux Rita Mitsouko mais, jusqu’à présent, l’auteur de “Pierrot le fou” et de “La Chinoise” avait toujours refusé de tourner des clips.

Magazine : Télé 7 jours
Interview Fabrice GUILLERMET – Photos M. MARIZY
Date : 20 au 26 avril 1996
Numéro : 1873

France Gall : Je n’ai pas envie de me cacher si je peux connaître le bonheur

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France Gall : Je n'ai pas envie de me cacher si je peux connaître le bonheur
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Elle chante Michel Berger dans un disque émouvant et raconte sa vie avec ses enfants après un long exil aux Etats-Unis.

Jean-Luc Godard tourne en Suisse, près de chez lui, au bord du lac Léman, le premier clip de sa carrière. C’est à France Gall, et à la chanson de Michel Berger “Plus haut”, qu’il a dit oui.

“Plus haut”, que France a choisi pour premier extrait et pour titre phare de son nouvel album, entièrement enregistré aux Etats-Unis, commence par ces mots : “Celui que j’aime est dans un monde plus haut”. Une émotion à fleur de peau, pareille à celle qui ressort de l’interview qu’elle a donnée à “Ciné Télé Revue”, à son retour des Etats-Unis, où elle s’est exilée depuis plus d’un an.

D’abord parce qu’on ne vous a pas vue depuis longtemps, ensuite parce qu’on se souvient de vos graves ennuis de santé, comment vous portez-vous?

Maintenant, je vais bien.

Votre retour est lié à la sortie d’un nouvel album consacré aux chansons de Michel Berger. En exergue du disque, vous écrivez : “J’allais pas lâcher comme ça, même s’il était mort”. Lâcher quoi ?

Sa musique, son œuvre. C’est le patrimoine qu’il nous a légué, à moi, à ses enfants et au public. Dans les chansons de Michel, je me sens chez moi.

Vous m’avez dit un jour, qu’après la mort de Michel, faire de la scène vous avait permis de renaître. Comment, depuis un an et demi, avez-vous pu vous en passer ?

Après la renaissance, il reste à vivre. Et ma vie n’est pas sur scène. Même si, face au public, l’amour est là, réconfortant, comme un résultat immédiat.

N’avez-vous pas eu peur que ce soit, pour vos enfants, une rupture de plus ?

Je ne serais jamais partie s’ils ne l’avaient pas souhaité. Mais ils le désiraient comme des fous. Raphaël voulait être américain et Pauline, bilingue ! On partageait tous les trois une envie de changer de paysage.

Et alors ? Ils sont revenus bilingues ?

Raphaël, c’est moyen. Mais Pauline, tout à fait.

Et la solitude, vous ne la redoutiez pas ?

Nous sommes partis sans peur, sans se poser de questions. Nous sommes arrivés un jour de décembre dans cette grande maison vide qu’avait habitée Doris Day, et l’aventure a commencé. Je mentirais si je vous disais que le réveillon a été le plus heureux de notre vie. Nous ne connaissions personne. Nous nous retrouvions à l’autre bout du monde et nous trouvions les Américains aussi différents que des Chinois. On savait qu’il nous faudrait un temps d’adaptation. On se sentait protégés par notre volonté commune.

A Los Angeles, comment s’organisait l’existence ?

D’une façon très régulière. Beaucoup plus qu’ici, où c’est toujours un peu le chantier ! Là-bas, tout est programmé. Il y a peu de place pour l’inattendu. Toute la semaine, les enfants allaient au lycée français et moi, au studio. Huit heures par jour … comme au bureau ! Le week-end, on allait à Venice, au bord de la mer. On faisait notre petit sport : patins, basket. On déjeunait toujours dans le même restaurant, puis je me faisais masser le dos sur la plage devant tout le monde. C’était nouveau pour moi de vivre comme ça, en liberté, protégée par l’anonymat.

Vous aviez amené là-bas vos affaires, vos meubles ?

Des malles entières, oui. Je voulais apporter un peu de mon décor. Des tonnes de vêtements, notamment. Totalement inutiles d’ailleurs, car nous n’avons porté que ceux achetés sur place (rires). Pour les meubles, nous avons tout loué là-bas. Chacun s’est créé son univers. La chambre de Raphaël était toute noire, celle de Pauline, toute blanche.

En juillet, comment avez vous vécu votre retour et France ?

Nous étions plutôt content de rentrer mais, une fois arrivés nous avons trouvé que tout était un peu … petit. L’espace, les arbres les couleurs pastel, la végétation somptueuse, avaient disparu. Heureusement, les vacances nous on permis de retrouver tout ça.

Dans votre maison du Midi où vous avez connu l’horreur arrivez-vous à y vivre sereinement ?

J’aime cette maison. Elle a une âme. Une vraie. Mais il faut avouer que je n’y ai pas encore passé un été réussi. C’est la saison bannie, celle du pire souvenir J’attends avec impatience le premier été où je m’y sentirai bien.

Aujourd’hui, vous êtes amoureuse ?

Seul le temps répondra à cette question. Il y a trois ans et demi que Michel est parti. Je n’a pas envie de me cacher si je peux avoir du bonheur avec quelqu’un mais il faut de la patience pour sa voir si cette personne est devenue essentielle.

Comment vos enfants réagiraient-ils face à un nouvel amour ?

Chaque enfant réagit différemment. Surtout s’il s’agit d’un garçon et d’une fille. L’important c’est d’être la plus heureuse possible pour les aimer le mieux possible. Et puis, un nouvel amour ne chasse pas le précédent. A 20, 30 ans, on aime pour construire. Plus tard, quand tout est déjà construit on aime pour retrouver une certaine … légèreté, se reposer un peu et vivre sa vie de femme.

Aujourd’hui, France, comment voyez-vous votre futur ?

Je ne sais pas ce que je vais faire dans l’avenir et je m’en vante. J’ai appris que s’y projeter ne servait à rien et que la vie se moquait bien de mes projets. Alors, et cela me change un peu, je me contente de vivre dans le présent.

Trois ans et demi après le départ de Michel, outre ses chansons, que vous reste-t-il de lui ?

Tout ce qu’il m’a donné. Notamment la force qui m’anime.

Magazine : Ciné Télé Revue
Propos recueillis par Alain HOUSTRAETE-MOREL
Date : 13 au 19 avril 1996
Numéro : 9615

France Gall parle à nouveau d’amour

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France Gall : à nouveau elle parle d'amour
France Gall : à nouveau elle parle d'amour
France Gall : à nouveau elle parle d'amour

Après plusieurs mois d’absence, France Gall est de retour.

Exilée depuis presque un an aux Etats-Unis et plus précisément à Westwood, un quartier résidentiel de Los Angeles où elle vivait avec ses enfants, la chanteuse préparait un nouvel album, simplement intitulé France.

Près de quatre ans après la disparition de son mari, un après-midi d’août 1992, elle nous offre une nouvelle version de treize des plus belles chansons de Michel Berger. Plus haut, le premier extrait de cet album magique, fait déjà un tabac sur toutes les ondes. Et c’est en Suisse, au bord du lac Léman, qu’elle a tourné le clip de cette chanson, sous la direction de Jean-Luc Godard.

A 49 ans, poupée de cire renaît à la vie ! Forte de ses convictions, endurcie par les terribles épreuves qu’elle a traversées, c’est une femme métamorphosée, prête à assumer sa nouvelle existence qui nous revient. Belle et radieuse, à nouveau elle parle d’amour.

Bien sûr, Michel n’est plus là. Bien sûr, elle n’oubliera jamais ces dix-huit années de bonheur passées au côté du compositeur de Comment te dire adieu, et Elisa. Malgré tout, la vie continue et aujourd’hui, France a enfin retrouvé le sourire.

Après des mois de chagrin, de détresse et d’amertume. Après de longues nuits blanches à refuser d’admettre cette mort injuste qui lui a arraché brutalement l’homme qu’elle aimait, France a fini par refaire surface. D’ailleurs, comment pourrait-il en être autrement ? Michel ne la surnommait-il pas “sa petite réaliste optimiste” ? Non, France n’est pas femme à s’apitoyer trop longtemps sur son sort. Avec cette rage de vivre qui la caractérise si bien, elle a su vaincre la mort et la maladie et se réconcilier avec le présent.

Un présent qui désormais se fera sans Michel, mais dont il ne sera jamais absent puisqu’il lui a légué le plus beau des témoignages d’amour : ses chansons, ses mots à lui, ses déclarations. Alors, France s’est donnée une tendre mission. Perpétuer sa mémoire en interprétant ses plus beaux morceaux. “Je le devais aussi à mes enfants, ajoute-t-elle, ils sont tellement fiers de leur père.”

En se consacrant à l’œuvre de celui qui – elle le sait – veille sur elle depuis l’au-delà, France ne veut pas oublier : “Je suis maintenant au service de l’œuvre de Michel a-t-elle déclaré. Lui qui m’a appris à vaincre mes peurs, à exister, à résister. Lui qui fut la première personne à m’écouter quand j’avais vingt-cinq ans. Entre nous, il y avait un équilibre magique. Michel est en moi, il le sera toujours.”

Mais attention, en aucune façon France ne veut vivre dans le passé, survivre dans le souvenir. Même si Michel reste toujours présent dans son cœur, poupée de son a tourné la page.

Pour ses enfants, Pauline, qui a dix-sept ans et Raphaël, qui en a quatorze, France ne veut plus jamais se laisser aller au désespoir et à la nostalgie.

Il n’y a plus de place pour la tristesse dans ses yeux. Elle n’a plus le temps de regarder en arrière. Maintenant, ce petit bout de femme au tempérament de fer va de l’avant, sans penser aux douloureuses épreuves d’hier.

Cet exil aux Etats-Unis, n’était-ce pas pour elle la meilleure façon de respirer et aussi de faire le point ? “Lorsque je me suis retrouvée seule, déclarait-elle au journal France Soir, j’ai été complètement déstabilisée. Avant, je m’étais toujours reposée sur Michel. Je me laissais porter, j’avais une confiance absolue et, ainsi, je pouvais m’occuper de toute la famille, vivre, recevoir, partir. Et puis, soudain, tout a été remis en question. Il a fallu que je grandisse, que je sorte de l’enfance, que je me replace dans la vie. Grâce à l’amour et à la musique, j’ai retrouvé une certaine forme de bonheur.”

Désormais, France Gall évoque une autre vie. Dépassée cette image de veuve inconsolable. Son existence a repris son cours, pleine de projets … “Je ne me réveille plus en pleurant, le matin. Je veux encore pouvoir me réjouir”, avoue-t-elle. Oui, elle veut rire, profiter de l’existence, aller de l’avant et, pourquoi pas, aimer ?

D’ailleurs, dans le magazine Elle, n’affirmait-elle pas récemment : “Je suis sûre que je vais vivre une histoire ou des histoires d’amour, je l’espère, je suis prête. Je ne vois pas pourquoi ma vie de femme devrait s’arrêter. Le jour où je serai sûre d’aimer, les gens qui me sont proches seront les premiers informés.”

Amoureuse, notre petite France Gall ? Un autre homme ferait-il déjà battre son cœur ? Il est sans doute encore trop tôt pour l’affirmer. En tout cas, sereine et épanouie, confiante en l’avenir, elle vient d’entamer un nouveau départ. Et avec quelle énergie !

Un micro dans la main et elle oublie les souvenirs douloureux. Un salle de concert entière qui l’acclame et la voilà qui se sent chavirer de plaisir. France n’a plus peur, elle ne redoute plus les caprices de ce destin qui lui a été si souvent fatal. Elle a la force d’exister par elle-même.

Elle a encore beaucoup de choses à prouver, bon nombre de bonheurs à découvrir. Surtout, elle a toute la vie devant elle ! Alors, laissons faire l’avenir. Le ciel lui sera clément puis qu’elle est faite pour aimer et être heureuse.

Magazine : Ici Paris Magazine
Stéphanie Lohr
Date : 10 au 16 avril 1996
Numéro : 2649