Accueil Blog Page 19

Brève rencontre avec France Gall – Tout par coeur …

0
Brève rencontre avec France Gall - Tout par coeur ...
Brève rencontre avec France Gall - Tout par coeur ...
Brève rencontre avec France Gall - Tout par coeur ...

Elle a de la persévérance, France. Elle a de l’or­gueil. Elle a ce supplément d’âme qui lui fait porter haut, plus haut, la musique de Michel Berger.

Elle a la flamme. Elle l’a ! Elle l’a ! France Gall ne joue pas de piano, mais elle sera debout, à !’Olympia, du 5 au 17 novembre.

Le Nouvel Observateur. – Reprendre le réper­toire de Michel Berger, c’est replonger dans le deuil ?

France Gall. – La beauté prend la place de la douleur. Je me suis mis la tête dans sa musique deux jours après sa mort. Avec les enfants, le soir, on écoutait, on chantait, on connaît tout par cœur. C’était important de ne pas se cacher les choses. On n’échappe pas à son destin. Il me reste cette musique, et je sais maintenant ce que je dois faire.

N. O. – Quand vous êtes partie pour Los Angeles, vous pensiez à enregistrer votre album, « France », ou vous vouliez fuir ?

F. Gall. – Fuir la fin d’une vie, fuir une fin de vie. J’avais l’impression de voir le deuil de Mi­chel dans le regard de tous, le deuil et ma mala­die. C’est vrai que je me suis dit aussi : “Qu’est-ce que je pourrais faire à Los Angeles pour ne pas me suicider pendant que les enfants sont à l’école ?”

N. O. – Vous avez débuté très jeune. 15 ans, c’est tôt pour quitter l’école …

F. Gall. – Je ne voulais pas avoir une vie nor­male. Et je ne voulais pas redoubler ma troi­sième. C’était facile, au temps des yé-yé : un essai de voix et le disque était fait.

N. O. – Vous avez de mauvais souvenirs de ces an­nées.

F. Gall. – J’ai été très très malheureuse. On chantait dehors, dans la boue, on entendait (A poil !), Et puis Gainsbourg qui arrive là-des­sus ! Il était adorable, Serge. Hyper bien élevé, très timide, très généreux déjà et doué ! Ça a été une période perturbée pour lui aussi. Il passait d’un coup du chanteur qui ne marchait pas fort à Poupée de cire poupée de son. Il a eu honte. En même temps, il a gagné tellement d’argent que ça lui a plu. Au bout de cinq ans, on s’est dit qu’on était allé au bout et on s’est sé­paré. Tout ça sans s’être jamais tutoyé, avec des rapports très … corrects. J’ai du mal à m’expri­mer parce qu’il reste quelque chose de pas réglé entre nous. J’ai souffert, j’ai dû lui en vouloir.

N. O. – C’est vrai que vous n’aviez pas compris les paroles des “Sucettes à l’anis” ?

F. Gall. – Évidemment et je m’en vanterai jus­qu’à la fin de mes jours. Je n’étais pas la petite salope que tout le monde imaginait. J’étais cette gamine, cette Annie. Je n’ai plus osé sortir de chez moi pendant des mois.

N. O. – Vous avez grandi, depuis.

F. Gall. – Jusqu’à la mort de Michel, j’étais une petite fille.

N. O. – Vous avez pensé à chanter d’autres chan­sons que celles de Michel Berger ?

F. Gall. – Jamais. A l’Olympia, je n’interprète que des tubes, mais ce sera du jamais entendu avec le démentiel groupe funky que j’ai là : le batteur et le bassiste de Prince, un choriste et le clavier de Stevie Wonder. Ah si ! On va rendre un hommage à James Brown avec “Sex Ma­chine”. Mais ce n’est pas moi qui le chanterai.

N. O. – Vous avez un autre homme dans votre vie ?

F. Gall. – Oh ! Je l’ai demandé (elle lève les yeux vers le ciel) très très fort. Je ne sais pas où ça va aller, mais oui ! je suis bien.

N. O. – La force que vous avez aujourd’hui, elle vous vient d’où ?

F. Gall. – C’est une force que je ressens physi­quement, vous comprenez. J’ai ressenti une force à l’intérieur de moi après la mort de Mi­chel. Elle ne m’a plus jamais quittée.

Magazine : Le Nouvel Observateur
C. D.
Date : 31 octobre – 6 novembre 1996
Numéro : 1669

France Gall : je suis dans une période faste, tout me réussit !

0
Une première : France Gall, qui sera du 5 au 17 novembre à l'Olympia, ouvre les portes de son appartement parisien, où elle vécut avec Michel Berger.
Une première : France Gall, qui sera du 5 au 17 novembre à l'Olympia, ouvre les portes de son appartement parisien, où elle vécut avec Michel Berger.
France Gall : je suis dans une période faste, tout me réussit !

Une première : France Gall, qui sera du 5 au 17 novembre à l’Olympia, ouvre les portes de son appartement parisien, où elle vécut avec Michel Berger.

Un geste lourd de signification : pour elle, c’est une page de sa vie qui se tourne.

En chemise et caleçon, pieds nus, sans autre sophistication qu’un collier et des bracelets d’argent, elle éclaire de son sourire un appartement déjà lumineux. Un décor qui lui ressemble, comme une chanson de Michel Berger …

France Gall : Une maison, c’est le reflet intime de soi-même. Et pour avoir envie d’en ouvrir les portes à tous les regards, il faut n’avoir que de bonnes nouvelles à annoncer. Aujourd’hui, c’est le cas. Je suis dans une période faste. Tout me réussit dans trois domaines essentiels: mes enfants, ma vie et la musique.

Gala: Dans cet ordre-là?

F. G : Absolument. Même si la musique a pris une place ahurissante à laquelle je ne m’attendais pas.

Gala : Est-ce une des raisons pour lesquelles vous faites l’Olympia ?

F. G : Oui. Je voulais être sur scène dès cette rentrée et y refaire – entre autres – mon dernier album. Pas question d’attendre. Vous n’imaginez pas le plaisir que je vais prendre. Les gens doivent sortir du spectacle en se disant : « C’est son meilleur ! » Ne vous offusquez pas : on ne peut pas avoir d’humilité quand on prépare une scène.

Gala : Comment acquérir cette confiance en soi ?

F. G : En osant le face-à-face avec soi-même. Quand on se retrouve seule avec tout à assumer, mais avec un héritage aussi exceptionnel que celui laissé par Michel, il faut s’y mettre, trouver ses solutions, avoir sa propre vision des choses. Humainement comme artistiquement. Quelques semaines avant sa mort, Michel m’a légué, par testament toute son œuvre. Je n’aurais jamais pu m’imaginer que cet honneur me reviendrait et, en même temps, c’est une grande tristesse pour moi.

Gala : Vous ne pouvez pas vous en tenir au répertoire de Michel Berger, il n’est pas inépuisable !

F. G : Le trésor est immense. Mais j’ai envie d’écouter ceux qui me poussent à écrire moi-même. Je suis suffisamment lucide et sévère sur mon travail pour faire cet essai sans me fourvoyer. L’idée de m’installer un jour, seule, dans un endroit comme ma maison de Dakar et, pour ne pas m’y ennuyer, de m’y mettre à écrire, est un rêve fou.

Gala : Cette maison est votre oasis de paix …

F. G : Elle me permet de respirer. La première fois que je suis allée à Dakar, je devais avoir vingt ans, j’habitais un hôtel face à une petite île qui me faisait rêver. Par la suite, j’y suis revenue très souvent, notamment avec Michel et Daniel Balavoine et, chaque fois, je fantasmais sur cet îlot qu’on ne peut atteindre qu’en pirogue. Un jour, j’ai traversé et j’ai vu une pancarte « à vendre » sur une maison. C’était une ferme normande ! Mais je m’en fichais, car je savais que je changerais tout. Ça me fait rire d’avoir une maison là. Ce n’est quand même pas ce qu’il y a de plus pratique !

Gala : Vous travaillez beaucoup et vous avez de nombreux projets de départs lointains. Comment vos enfants vivent-ils cela?

F. G : Après la tournée française et les vacances de fin d’année, il est possible que je parte au Japon, au Brésil ou au Canada, afin d’y exporter la musique de Michel. Avec Pauline et Raphaël, nous nous préparons psychologiquement à ces séparations. Nous alternons les absences avec de longues périodes quasi fusionnelles. Cet été, par exemple, on a passé deux mois à Ramatuelle en osmose totale. J’ai même passé une semaine à Venise avec Pauline.

Gala : Vos enfants vont bien ?

F. G : Merveilleusement. Il y a peu de temps encore, c’était quasiment inespéré. Ils m’émerveillent.

Gala : Il paraît que Pauline a des dons en dessin et que Raphaël chante …

F. G : C’est vrai. Mais Raphaël est comme moi, dur avec lui-même. Il faisait aussi beaucoup de piano et il vient de renoncer à tout cela pour ne pas souffrir de la comparaison avec son père.

Gala : Comment vivez-vous à Paris ?

F. G : Après m’être bien étourdie et avoir fait la fofolle pendant quelque temps, je n’ai plus du tout envie de sortir. Finie la danse jusqu’à 5 heures du matin. Je ne vais plus au théâtre ni au ciné. Je suis hyper heureuse de rentrer chez moi avec mes enfants et leurs copains. Avec mes objets et la musique. Et puis, je travaille énormément.

Gala : Après la mort de Michel, avez-vous beaucoup modifié votre appartement ?

F. G: Pas plus que d’habitude. J’ai toujours tout changé tous les six mois. Un décor, il faut que ça bouge. En ce moment, j’ai tendance à vider, mais je reste fidèle aux objets qui comptent. On en a acheté pas mal avec Michel. Ils sont chargés de souvenirs mais, avant tout, ils sont beaux. Et puis, je suis en pleine période d’accrochage ! Dans ma chambre, j’ai accroché trente-six photos d’Indiens signées Curtis. Des merveilles. Mes amis me demandent comment je peux dormir avec ces vieilles têtes d’indiens ridés. Eux, ça leur fait peur. Moi, ça me calme.

Gala : Il y a quelques mois, à la question « Êtes-vous amoureuse ? », vous répondiez que seul le temps donnerait son verdict.

F. G: C’est vrai. Mais notre histoire n’a qu’un an et je ne suis pas encore en veine de confidences. Un an, c’est un peu court pour énoncer des certitudes. Et quoi qu’il en soit, mon actualité, mon urgence, c’est mon spectacle. C’est pour cela qu’on se voit.

Gala : Est-il vraiment difficile de concilier sa vie privée avec un amour passionné pour son métier ?

F. G: Plus ça va, plus je pense qu’un homme dans ma vie ne peut pas être quelqu’un d’étranger au métier. J’ai eu une petite histoire avec un type qui n’avait rien à voir avec la musique. Je savais qu’à la longue, ça ne pouvait pas durer. Très vite, on ne sait plus de quoi parler.

Gala : Par amour, pourriez-vous renoncer à la musique ?

F. G: Non. Je ne crois pas qu’un mec pourrait me faire quitter ce métier. Et puis, comment m’enticher de quelqu’un qui se soucierait aussi peu de mes passions ? De toute façon … je ne cherche personne.

Gala: Comment envisagez-vous l’avenir?

F. G : Le temps qui passe, la solitude me font moins peur. J’ai de plus en plus soif de vie, de connaissance, de rire. Mais ça va quand même être vraiment difficile, car j’ai le sentiment d’avoir perdu mon vrai rire. Cela m’embête beaucoup. Autour de moi, en tout cas, on me trouve sereine.

Gala : Que vous inspire cette phrase de Michel : « On garde cette blessure en nous … qui ne change rien, qui change tout » ?

F. G : J’ai juste envie de répondre par le titre de la chanson dont elle est extraite: Évidemment.

Gala : Dans Résiste, il écrivait : « Prouve que tu existes. Cherche ton bonheur partout. »

F. G : Il a aussi écrit « Bats-toi». Cela fait partie des petits conseils qu’il envoyait à travers ses chansons.

Magazine : Gala
Par Alain Morel
Photos :Marianne Rosenstiehl
Date : 17 octobre 1996
Numéro : 175

France Gall : elle nous reçoit chez elle, au Sénégal

0
Quatre ans après la mort de Michel Berger et un an après la guérison de son cancer, France Gall a enfin trouvé une harmonie.
Quatre ans après la mort de Michel Berger et un an après la guérison de son cancer, France Gall a enfin trouvé une harmonie.
France Gall : elle nous reçoit chez elle, au Sénégal

L’année 1996-1997 sera celle de ma renaissance.

Quatre ans après la mort de Michel Berger et un an après la guérison de son cancer, elle a enfin trouvé une harmonie.

Entre Paris, Los Angeles et Dakar, France a réappris à rire. Du 5 au 17 novembre, elle se produira pour la première fois à l’Olympia. A 49 ans, la « Poupée de son » avoue avoir réussi à balayer ses peurs.

Dehors, il pleut à seaux et à cordes. Un temps de chien, ça s’appelle. France, de retour à Paris, jette un œil à la fenêtre de son appartement, puis, féline et frileuse, se pelotonne sur son canapé. Il faudrait donc dire qu’il fait un temps de chat. Un temps à ne rien faire d’autre que de parler, parler de ce qu’on aime, les enfants, les maisons, et la musique, évidemment, cette musique de Michel Berger que France Gall s’apprête à mettre en scène à l’Olympia, avant de partir en tournée dans toute la France, puis en Allemagne, au Brésil, au Japon.

L’averse s’est obstinée. Alors parler, nous non plus, on n’a plus arrêté. Parler de tout et de rien, c’est-à-dire de l’essentiel, les enfants, les maisons ; la musique, la mort de Michel Berger – harmoniques renouvelés d’une mélodie ancienne. Et pourtant, aussi têtue que la pluie de cet après-midi-là, France Gall ne cessait de le répéter, elle se voit maintenant partie pour sa « seconde vie » …

Comment sait-on qu’on a pris un nouveau départ ?

– Presque la même année, en 1992, j’ai perdu les trois piliers de l’univers qui était alors le mien, mon père, mon mari, le père de mon mari. J’ai dû apprendre à vivre sans homme, sans protection, sans toit donc. Impensable pour moi. Jusque-là, j’avais tout fait pour être entourée. Il y avait d’abord eu mon père. Et puis Michel est arrivé. Travailler avec Michel, c’était la première chose que j’aie vraiment décidée dans ma vie. Quand j’ai entendu sa musique, je me suis dit : « Je veux travailler avec ce type-là. »

Et ça s’est fait, il m’a emmenée avec lui pour mon plus grand bonheur. A sa disparition, il a fallu que j ‘apprenne à m’occuper de moi toute seule. Pendant deux à trois ans, j’ai cafouillé, mais l’année 1996-1997 sera celle de ma renaissance. Je vais en profiter pour balayer toutes mes peurs. Peur de l’avenir. Peur de vieillir. Peur de la solitude. Pour laisser la place à la connaissance. Au rire, à nouveau. A une certaine paix. Al’ amour encore et à la musique toujours, Autour, les gens courent. Je les regarde s’étourdir. On ne peut pas penser au milieu d’un tourbillon.

Penser à quoi ? Au passé ?

– Mais non, à l’avenir, je suis entièrement tournée vers l’avenir ! La vie avec Michel a été unique et magnifique. J’ai eu la chance de le connaître pendant dix-huit ans. Mais si j’ai perdu l’amour, il me reste la musique. En dehors de l’amour, le bonheur le plus fort que je connaisse, c’est la musique. Alors allons-y, fonçons dans la musique ! Cette réaction quasi immédiate a agi comme une conjuration magique. Au lieu de m’effondrer, je me suis découvert de la force. Celle d’aller vers l’avenir. D’ailleurs, j’ai fait trois spectacles en quatre ans, ce qui ne m’était jamais arrivé.

Mais les chansons que vous chantez, ce sont toujours celles de Michel Berger. Ça n’est pas de la nostalgie, au contraire ?

– Non ! Justement non ! Michel est naturellement présent par sa musique. Quand je chante les chansons de Michel, je suis entièrement envahie par l’amour qu’elles provoquent en moi ; et tout mon effort, c’est de faire passer au public, dans la minute, dans la seconde, cet extraordinaire courant d’amour qui ne cesse pas, jamais …

A quoi l’attribuez-vous ?

– Parce que c’était lui, parce que c’était moi … Michel était la personne qui me connaissait le mieux, et j’étais la personne qui le connaissait le mieux. Trois mois avant sa mort, il a écrit un testament où il m’a légué toute son œuvre. C’est un geste d’une pureté bouleversante, quand on sait ce que représente l’écriture pour un artiste. J’essaie de ne pas faire n’importe quoi et d’être digne de mon héritage.

Pourtant vous dites aussi que vous avez changé ?

– Mais ça n’empêche pas, au contraire ! La vie m’a forcée à me placer enfin face à moi-même. Elle m’a contrainte à comprendre qui je suis. Du coup, je ne serai plus jamais la même.

Il y a eu votre maladie, aussi. Votre cancer du sein, pour appeler les choses par leur nom.

– La maladie s’est déclarée huit mois après la mort de Michel. Une fois passé le moment où j’ai dû assimiler le fait que j’étais très gravement malade, je n’ai pas été étonnée de ce qui m’arrivait. J’ai immédiatement compris que cette petite boule, c’était la concrétisation de la souffrance que j’avais ressentie à la mort de Michel. Au sens propre du terme, cette souffrance avait pris corps. On m’a guérie de ma maladie physique et donc, parallèlement, j’ai pu me reconstruire psychologiquement. C’est pourquoi je n’ai pas peur d’une récidive de cette maladie. J’ai compris aussi que je n’avais pas eu d’adolescence. Alors, cette adolescence, je l’ai vécue après la mort de Michel. Je me suis étourdie, comme on le fait entre 15 et 20 ans. Étourdie sagement, entendons-nous bien, dignement, même si je me grisais de musique et de danse dans des boîtes jusqu’à 5 heures du matin ! Simplement, il me fallait nécessairement en passer par là. Et puis, il y avait mes enfants. Quand on a des enfants, on s’oublie soi-même. Alors, peu à peu, les choses se sont faites, la musique de Michel est devenue ma musique à moi.

Le showbiz n’est pas précisément le lieu du nirvana ! Il exige, entre autres talents, un solide sens des affaires. Vous arrivez aussi à vous débrouiller seule dans ce domaine ?

– Je n’aime pas les affaires, mais j’ai dû m’y faire. Tiens, voilà une chose qui me rend ronchon, avoir à parler affaires …

Comment vos enfants ont-ils vécu toute cette période ?

– Le mieux qu’il est possible quand on vient de perdre un père encore jeune. Mais nous avons des rapports exceptionnels. Entre nous, c’est l’amour fou. Pour la première fois, j’ai envie de parler d’eux tellement ils m’éblouissent. Quand je les vois évoluer, je me dis que ça n’est pas possible d’avoir fait deux merveilles pareilles. Vous voyez, c’est grave ! Je suis absolument seule pour les élever et ils n’ont aucun dialogue avec un homme. Alors, ils vivent à fond l’amitié qu’ils découvrent.

Avec l’Olympia début novembre, les heures en studio pour préparer votre CD, votre tournée au début de l’année prochaine, ils ne vont plus vous voir beaucoup.

– J’ai passé les deux mois d’été avec mes enfants et je les ai prévenus : « Il va falloir que vous vous organisiez pour les mois à venir … Etc. » est ce qu’ils font.

Vous parlez souvent de maisons …

– La maison, c’est l’espace offert à l’homme pour donner une forme concrète à son univers imaginaire. C’est aussi une force pour affronter le monde extérieur. Une maison n’a de sens pour moi qu’habitée, peuplée d’êtres que j’aime. Ma maison est ouverte. C’est un lieu de liberté. Une maison pensée pour les enfants, et la famille aussi que représentent les amis. Une maison, c’est une image de ce qu’on est et de l’avenir qu’on se propose.

Les enfants partent un jour.

– Alors la maison changera. La maison bougera avec la vie. De toute façon, je n’ai pas de racines. Quand il m’a rencontrée, Michel m’a écrit une chanson qui s’appelait : « Partout je suis chez moi ».

Votre maison en Afrique, vous l’avez aussi voulue pour la musique ? Vous avez besoin des rythmes de là-bas ?

– Un moment, oui, du temps de l’album “Babacar”. Mais, actuellement, je suis beaucoup plus intéressée par le rhythm’n’blues américain que par les percussions africaines. En fait, ma maison près de Dakar, je ne sais pas ce qu’elle me raconte au juste. Elle me parle, en tout cas. Elle se trouve dans une île, il y a les couleurs, les odeurs, la beauté des êtres qui vivent là, la prestance des hommes et des femmes qui parviennent à être d’une sublime élégance avec trois fois rien … La fraîcheur des fêtes de village. La simplicité est la garante de la vérité. –

Pour fuir l’illusion du showbiz ?

– Le showbiz, j’en vis, je ne vais pas cracher dans la soupe. Mais ce métier extraordinaire, qui m’a ouvert tant de portes, il faut bien dire aussi qu’il m’a arraché un bien très précieux : la liberté. Ce n’est pas spécialement agréable de se faire demander des autographes quand on est en train de remplir son chariot au supermarché ! Ni de se faire attribuer un énième boy-friend parce qu’on est allé dîner dans un restaurant un soir en tête à tête avec un copain ! Il existe actuellement dans une certaine presse une dérive hyper-voyeuriste qui fait des ravages incroyables : on vient de le voir avec la manière dont elle a détruit d’une façon monstrueusement sordide et foudroyante le couple de Stéphanie de Monaco.

Si on s’intéresse tellement à votre vie privée, c’est parce que vous avez une histoire, qu’il se dessine à travers votre vie un destin, que vous avez traversé des épreuves …

L’essentiel, pour moi, ne se trouve pas dans mon histoire, mais dans ce que je fais au quotidien, le spectacle que je prépare, les difficultés que je rencontre au jour le jour pour le rendre formidable, le décor que j’ai voulu sur scène, et ça n’est pas rien. L’architecte Jean-Louis Berthet m’a fait la surprise de reconstituer sur scène une partie du studio de Michel ! Ma vie au jour le jour, c’est tout ça ! Mes répétitions, mes choix, celui par exemple des musiciens qui vont m’entourer sur scène, j’ai voulu les meilleurs du monde, ceux de Sting, de Stevie Wonder et de Prince. Je veux que mon spectacle soit formidable.

La scène, c’est dur physiquement … Vous vous voyez faire ça encore longtemps ?

– Vous savez, un spectacle, c’est de l’émotion mélangée à de l’énergie, plus une certaine construction. C’est ainsi qu’on crée cette force d’amour qui va de la scène au public, du public à la scène, et qui circule, et qui ne s’arrête plus … Mes spectacles ressemblent à chaque fois à ce que j’ai envie d’appeler « comment je suis dans la tête à ce moment-là précis ». Il est un reflet exact de mon état d’âme et de mon évolution. Pour prendre de mes nouvelles, il suffit de venir me voir sur scène !

Et chanter Michel Berger, vous allez faire ça toute votre vie ?

– Pour l’instant, je ne me vois pas interpréter les créations de quelqu’un d’autre, sinon des textes que j’écrirais moi-même. Mais c’est un état provisoire de ma réflexion. J’ai pris un nouveau chemin. Où il mène, je ne sais pas encore. Simplement, dans cette seconde vie, je sais très fort que quelque chose de formidable va m’arriver … Comme toujours pour les choses importantes. Une certitude aussi violente qu’inexplicable …

Magazine : Paris Match
Entretien : Irène Frain
Photos : Frederic Meylan
Date : 10 octobre 1996
Numéro : 2472

France Gall : “La musique m’a aidée à renaître”

0
La musique m'a aidée à renaître
La musique m'a aidée à renaître

Du 5 au 17 novembre, France Gall passe à l’Olympia. Ravie de faire découvrir son album “France”, mais surtout les chansons de Michel Berger, qu’elle n’a jamais interprétées.

Elle nous reçoit dans le studio d’enregistrement de Michel où elle a désormais installé ses bureaux.

Votre visage en noir et blanc sur les colonnes Morris de la capitale. Cela vous impressionne encore ?

Je préfère être sur les colonnes Morris que sur les « culs de bus » ! (rires). Mais je ne suis pas une fana. Au fond, je suis quelqu’un de très discret. Je n’aime pas qu’on parle de moi. Je sais, c’est plutôt paradoxal quand on fait ce métier. J’aime chanter mais je n’aime pas être dans la lumière.

L’Olympia manquait à votre carrière. Pourquoi n’y avoir jamais fait escale?

La vérité, c’est que je n’ai jamais eu envie de chanter à l’Olympia. Mais je voulais faire ma rentrée en novembre, et c’était le seul endroit disponible à Paris. C’est aussi la salle préférée des Parisiens. Enfin, tous les artistes le disent : c’est un endroit magique.

À l’approche d’une telle échéance, comment vous sentez-vous ?

J’ai hâte ! L’angoisse disparaît lorsqu’on maîtrise le sujet. C’est l’inconnu qui donne la peur. Depuis cette soirée de 1981, où, tremblante, dans les coulisses du Palais des Sports, j’attendais de faire mon entrée sur scène, je n’ai plus peur. Ce soir-là, Daniel Balavoine m’a enlevé le trac pour toute la vie. Il m’a dit: « Pourquoi t’as peur ? Personne n’a forcé à venir les gens qui sont là. Ils ont envie de te voir et ils t’aiment. ». Aujourd’hui, je sais qu’ils m’aiment. Tout est mélangé : les gens viennent pour Michel, sa musique et la femme que je suis.

Michel Berger parti depuis trois ans, quels sont ceux que vous solliciterez pour vos prochains albums ?

Je n’ai pas envie de travailler sur autre chose que la musique de Michel ! Croyez-moi, il y a matière. Il est installé pour bien plus longtemps que nous. Ce n’est pas un petit auteur-compositeur dont on ne parlera plus dans cinq ans. Voyez le succès de “Starmania”, sa comédie musicale !

Vous dites que l’album “France” vous a aidée à renaître …

La musique m’a aidée à renaître parce que je sens un vrai changement intérieur. Je ne suis pas d’accord avec Yves Montand qui déclarait, à l’occasion de son mariage avec Carole Amiel : « On ne refait pas sa vie, on la continue. » Moi, j’ai au contraire le sentiment de recommencer une autre existence.

Si Pauline, votre fille, vous annonçait qu’elle désire suivre vos traces, comment réagiriez-vous?

Très bien. Je la laisserais apprendre et voir. Les enfants de chanteur ont un avantage sur les autres : ils sont beaucoup plus lucides sur la réalité, la dureté et les difficultés de cette profession. S’ils veulent être ça, c’est qu’ils aiment vraiment ça. Pour l’heure, ma fille s’apprête à suivre une préparation aux grandes écoles d’art.

Et Raphaël ?

J’ai un fils qui abandonne plein de choses parce qu’il refuse de subir la comparaison. Au bout de sept ans, il a arrêté le piano pour faire de la batterie. Aujourd’hui, c’est la guitare. À la maison, on n’écoute plus que Metallica (rires).

Si c’était à recommencer, vous referiez France Gall ?

Pendant la moitié de ma vie de chanteuse, je vous aurais répondu : non. Il y a toute une époque que je veux oublier, celle de mes débuts. Quand vous commencez, les gens n’ont aucun respect pour vous. C’est très dur pour une fille de 16 ans. Il aurait fallu prendre des gants avec moi. J’ai mis vingt ans à m’en remettre. Quand j’ai rencontré Michel, je n’étais pas encore rassurée. C’est lui qui m’a donné confiance. Alors, aujourd’hui, je vous réponds : oui !

Magazine : Télé Poche Magazine
Entretien: Daniel BEAUCOURT
Date : Octobre 1996
Numéro : 1600

France Gall : “Mes chansons sont le baromètre de mon humeur !”

0
France Gall : Mes chansons sont le baromètre de mon humeur !
France Gall : Mes chansons sont le baromètre de mon humeur !

Après avoir surmonté la disparition de son mari et un cancer du sein, la chanteuse revit.

Elle l’avoue : la  période qu’elle  vit actuellement est l’une des plus  belles de son existence.

“J’en profite, et j’espère que cela va continuer”, ajoute la chanteuse qui a regagné Paris avec ses deux enfants, Raphaël et Pauline, après un exil américain. Il est vrai que France, ces dernières années, n’a pas été épar­gnée par le sort. En août 1992, elle perdait son mari, Michel Berger, terrassé par une crise cardiaque. Quel­ques mois plus tard, elle luttait cou­rageusement contre un cancer du sein, aujourd’hui guéri.

De toutes ces épreuves, elle ne veut plus parler qu’en chansons. “Mon répertoire est un baromètre pour ceux qui me connaissent. En fait, en chantant, je leur donne de mes nouvelles !”

Plus en forme que jamais, l’artiste revient en force sur le de­vant de la scène. Et cet automne risque bien d’être le sien. Quelques mois après la sortie de son album « France », un disque hommage à Michel, elle donne rendez-vous à ses fans à l’Olympia, à Paris, du 5 au 17 novembre, pour une série de concerts exceptionnels de quatre heures chacun! Une sacrée perfor­mance en perspective.« Je vais m’en donner à cœur joie », promet-elle.

Magazine : Télé Loisirs
Nicolas Pigasse
Date : Octobre 1996
Numéro : 554

France Gall à l’Olympia du 5 au 17 novembre

0
Publicité pour les concerts de France Gall à l'Olympia parue dans le magazine Télé 7 Jours du 5 au 11 octobre 1996.
Publicité pour les concerts de France Gall à l'Olympia parue dans le magazine Télé 7 Jours du 5 au 11 octobre 1996.

Publicité pour les concerts de France Gall à l’Olympia parue dans le magazine Télé 7 Jours du 5 au 11 octobre 1996.

Magazine : Télé 7 Jours
Date : du 5 au 11 Octobre 1996
Numéro : 1897

3e partie de la discographie de France Gall 1963 – 1996

0
Troisième partie de la disco de France Gall avec les années Apache distribuées par WEA.
Troisième partie de la disco de France Gall avec les années Apache distribuées par WEA.

Troisième partie de la disco de France Gall avec les années Apache distribuées par WEA.

Désormais, France et Michel sont leurs propres producteurs. France sera sur la scène de l’Olympia du 5 au 17 novembre 1996.

Partie 1 / Partie 2 / Partie 3 de la discographie de France Gall par Platine magazine.

Magazine : Platine
Date : Octobre 1996
Numéro : 34

2e partie de la discographie de France Gall 1963 – 1996

0
Deuxième partie de la discographie de France Gall avec les années La Compagnie, Atlantic, Pathé et à nouveau Atlantic.
Deuxième partie de la discographie de France Gall avec les années La Compagnie, Atlantic, Pathé et à nouveau Atlantic.Deuxième partie de la discographie de France Gall avec les années La Compagnie, Atlantic, Pathé et à nouveau Atlantic.

Deuxième partie de la discographie de France Gall avec les années La Compagnie, Atlantic, Pathé et à nouveau Atlantic.

Durant ces années, France Gall et Michel Berger ne sont pas encore producteurs.

Son nouvel extrait Privée d’amour sorti cet été, annonce l’Olympia de novembre.

Partie 1 / Partie 2 / Partie 3 de la discographie de France Gall par Platine magazine.

Magazine : Platine
Date : Septembre 1996
Numéro : 33

Le thème d’amour astral de France Gall par Brigitte Lahaie

0
Le thème d'amour astral des stars par Brigitte Lahaie
Le thème d'amour astral des stars par Brigitte Lahaie
Le thème d'amour astral des stars par Brigitte Lahaie
Le thème d’amour astral des stars par Brigitte Lahaie

France Gall est Balance ascendant Balance. Elle est d’autant plus marquée par ce signe que Vénus, planète maîtresse de la Balance, et déesse de l’amour et de la beauté, se trouve proche de l’ascendant.

Sa personnalité raffinée déborde de charme et de sensibilité. Elle privilégie l’harmonie, déployant des trésors de diplomatie pour éviter les conflits.

Les Balance sont des êtres sociables, qui s’adaptent mieux que tous les autres signes du zodiaque, leur sens de la justice étant omniprésent. Elles vous disent : « com­me tu veux mon chéri », non parce qu’elles manquent de personnalité mais parce qu’elles ont envie de vous faire plaisir.

Le jeu de la séduction est égale­ment permanent. Plaire est une né­cessité absolue. La Balance ne peut s’épanouir que dans le regard de l’autre, véritable miroir où elle se ressource. L’indifférence d’autrui est un véritable handicap.

Vénusienne jusqu’au bout des ongles, France a le geste raffiné, la voix suave et les goûts délicats. Offrez-lui des fleurs, un parfum approprié et emmenez-la dans des endroits digne de ses préférences esthétiques. N’hésitez pas à la féli­citer sur le choix de sa tenue. Sa­chez que la moindre attention la fe­ra fondre!

Quand elle a choisi l’élu de son cœur, elle peut investir beaucoup de temps et d’énergie, privilégiant alors la tendresse. Elle est plus ro­mantique que passionnée. Les échanges sont essentiels et elle ai­me à se sentir indispensable.

La Lune et Mars en Lion appor­tent une force considérable. Lionne, elle défend son homme toutes griffes dehors. Bien qu’elle ne soit pas d’une jalousie maladive, si une rivale s’approche de son mâle, elle devient une véritable guerrière. El­le ne cessera le combat que lorsque l’ennemie sera au tapis.

Elle aspire à une réalisation so­ciale. Le succès est indispensable et elle se donne les moyens de réussir. D’une ténacité certaine, el­le n’abandonne jamais. Elle cherche toujours à se dépasser et ses qualités souveraines lui per­mettent de régner sur son entoura­ge.

Femme ambitieuse, elle est atti­rée par les hommes brillants. Elle a besoin d’un compagnon qui soit à la hauteur, mais qui accepte son tempérament car elle n’est sûre­ment pas une femme docile. Inutile de compter sur elle pour les tâches ménagères, son destin est ailleurs. Mais quelle maîtresse, toujours ai­mante, toujours resplendissante !

Pourtant, une partie souterraine de sa personnalité lui fait parfois aimer les canards boiteux. La posi­tion du Soleil fait penser qu ‘elle a eu du mal à trouver son modèle masculin. Il reste toujours une par­tie d’ombre qui la rend secrète.

Comme il n’y a pratiquement pas d’éléments “Terre” dans son thème, elle a souvent du mal à se relier aux réalités concrètes de la vie. Un malaise intérieur perma­nent subsiste. Elle court après des racines qui n’existent pas. Elle doit alors, plus qu’une autre, affirmer ses vérités puisqu’elles reposent sur une intuition forte. De plus, étant perfectionniste, elle n’est jamais vraiment satisfai­te. Qu’importe, elle repart toujours au combat, rien ne lui faisant peur. Elle peut braver les tabous et dé­fendre une cause perdue. La petite poupée de cire est devenue une femme puissante. Mais cette force est nuancée, car la Balance veille. Il y a une recherche permanente d’équilibre : équilibre du cœur et de l’esprit ; équilibre entre l’extérieur et l’intérieur ; équilibre sur­tout entre les valeurs féminines et masculines de l’être.

Magazine : Ici Paris Magazine
Date : Juillet 1996
Numéro : 2665

France Gall : Minijupes, twist, yéyé et Scopitone

0
Minijupes, twist, yéyé et Scopitone
Minijupes, twist, yéyé et Scopitone
Minijupes, twist, yéyé et Scopitone

La France en noir et blanc du général de Gaulle et les mères de famille qui se pâmaient pour Luis Mariano et Tino Rossi ignoraient que ces derniers seraient bientôt relégués au rang de dinosaures …

Eh oui, des millions d’adolescents, issus du baby-boom, allaient rapidement régner sur le pays. Ils s’appellent alors entre eux « les copains », rebaptisent leurs parents du terme peu flatteur de « croulants », vénèrent les « idoles » et fréquentent pieusement un temple voué au dieu rock’n roll : le Golf Drouot …

Là, des garçons à la banane provocante et aux allures de cow-boys chantent leur rage de vivre à la manière d’Elvis, tandis que des filles aux voix acidulées et aux jupes de plus en plus courtes s’intègrent peu à peu à la bande. La célèbre « mini » est dans l’air … Elle fera son apparition en 1965, lors d’un défilé d’André Courrèges, avant d’être vraiment lancée un an plus tard par Mary Quant.

Premier signe avant-coureur de mai 68 et de la libération de la femme, la minijupe, qui fait scandale – même si ces messieurs obser­vent, ravis, cette floraison de jambes nues -, sera très vite adoptée par toutes les copines. Les yé-yé vont tout balayer. Ensemble, ils vont faire vibrer l’Olympia à en casser les fauteuils.

« Ils », c’est Johnny Hallyday, Richard Anthony, les Chaussettes Noires, les Chats Sauvages, Sylvie Vartan, Jacques Dutronc, Françoise Hardy, Frank Alamo, Lucky Bion­do, les Surfs, Michèle Torr, France Gall, Claude François, et tous les autres … Tous ces copains, avec leur musique et leur nou­velle manière de vivre, vont définitivement changer la face de l’Hexagone.

Aujourd’hui, la nostalgie étant ce qu’elle est, les idoles ont pris comme un coup de jeune. Et cet été, SLC Salut les copains -, va réunir sur les petits écrans la génération du clip et celle du Scopitone. Oh, yeah …

Magazine : Ici Paris Magazine
Emmanuelle BACH
Date : Juillet 1996
Numéro : 2661