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France Gall ambassadrice

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France Gall lisait « Moins 20 ». Soudain, elle vit dans le numéro d'octobre le reportage sur Sophie Agacinski, l'héroïne du feuilleton « Seule à Paris »
France Gall lisait « Moins 20 ». Soudain, elle vit dans le numéro d'octobre le reportage sur Sophie Agacinski, l'héroïne du feuilleton « Seule à Paris »
France Gall ambassadrice

Grace à France Gall, Sophie n’est plus seule à Paris

France Gall lisait « Moins 20 ». Soudain, elle vit dans le numéro d’octobre le reportage sur Sophie Agacinski, l’héroïne du feuilleton « Seule à Paris », que « Moins 20 » vous avait présentée bien avant qu’elle fût célèbre.

France sembla intéressée par l’article et les photos, d’autant plus qu’elle est une téléspectatrice passionnée : « Oh, justement, j’adore ce feuilleton ! Si un des journalistes de « Moins 20 » pouvait me faire connaitre Sophie, je serais ravie. Je la trouve très sympathique et je brûle de la rencontrer ! » Ainsi parla France ; ainsi fut fait. Ce ne fut pas si facile. France Gall est toujours très occupée, quant à Sophie, elle jouait dans un film que nous pourrons voir bientôt sur les grands écrans, « Les Malabards sont là » (titre provisoire), avec Roger Pierre, Jean-Marc Thibault, Francis Blanche, Darry Cowl et Henri Salvador – sûrement une sombre histoire l

On trouva quand même un après-midi où ces deux jeunes vedettes étaient libres, et on leur demanda où elles voulaient se rencontrer.

On cherchait une idée originale, lorsque ce fut France qui trouve dans un grand éclat de rire l’endroit idéal : « Et si on allait chez le coiffeur. Peut-on rêver d’un meilleur endroit pour papoter à l’aise. Et chez Dessange, mon coiffeur, il y a des tas de perruques. On pourrait se les essayer, ça serait marrant !

L’idée fut adoptée. La rencontre historique eut donc lieu dans les salons de ce grand coiffeur parisien, avenue Franklin-Roosevelt, à deux pas du rond-point des Champs-Élysées.

Ce n’est un secret pour personne, la famille de France tient une part énorme dans sa vie et sa carrière. Le pigeonnier de cette famille indissoluble se tient au seizième étage d’un immeuble parisien : autant dire que les Gall ont un poste d’observation de choix, et que de leur terrasse, ils peuvent voir sans risquer d’être espionnés par des yeux indiscrets.

Il y a toujours beaucoup de va-et-vient dans cet appartement clair et très agréablement décoré où évoluent les amis, les membres de la famille, des musiciens ou des journalistes.

Après avoir repéré les authentiques représentants de la famille de France, je me suis efforcé de les connaitre un peu pour vous les présenter.

Robert Gall, le père de France et le chef de la famille, le regard dissimulé derrière des lunettes sombres, drapé dans son peignoir comme dans une toge, c’est le personnage-clé de la troupe, l’homme qui s’occupe de tout, qui voit tout, qui mène tout. Il est, depuis toujours, auteur de chansons, et offrit à Edith Piaf plusieurs succès, avant de recevoir une extraordinaire consécration avec la « Mamma ». Personne n’y croyait beaucoup, ni Aznavour, ni les Compagnons de la Chanson. Seul, Robert Gall a pressenti le prodigieux succès que serait cette chanson, chantée dans toutes les langues et déjà considérée comme un classique immortel.

Robert Gall continue d’écrire des chansons pour sa fille (il est l’auteur d’environ 50 % de son répertoire actuel). Mme Gall. Discrète, effacée même, elle gâte beaucoup sa fille, lui fait souvent de bons petits plats. Elle s’occupe de la maison, de ses enfants, du courrier de France. Elle est très fière de sa fille, mais continue d’être extrêmement simple et attachée à la bonne marche de « l’intendance ». Elle n’aime pas se faire photographier ; elle a pourtant le plus charmant sourire qu’on puisse rêver …

Patrice, 19 ans, frère aîné de France, bachelier et compositeur du « Temps de la rentrée ». Il vient de montrer qu’il est un des jeunes talents les plus sûrs de la chanson, et il continue de travailler, de chercher des mélodies sur sa guitare, sous l’œil – et l’oreille – inquisiteur de son père.

Philippe. Frère jumeau de Patrice, souvent absent en ce moment pour une raison majeure : il fait son service militaire. En dehors de cette saine occupation, il est aussi bassiste dans l’orchestre de France. Michèle, secrétaire personnelle de France, est toujours là avec son immense cahier de rendez-vous ventru, et répond à tous les coups de téléphone. Michèle Petrowski est des plus efficaces : c’est la « femme de confiance » de France ; tout passe par elle, qui filtre les demandes d’audience et rend la vie de France plus facile. Elle est aussi grande que son amie – et patronne. Nougat, le caniche de France, le chien le plus gâté qui puisse exister, adoré par sa maîtresse, et qui lui rend toute l’affection qu’elle mérite. Nougat a pourtant un problème : Sacha, qui – scandale dans la famille ! – s’est récemment imposé et prend de plus en plus de place dans la maisonnée, trop, au gré de Nougat. Sacha est chat, tout à fait de gouttière, mais très beau, en pleine santé, et joueur à plaisir. Son nom est un hommage rendu au grand ami des Gall qu’est Sacha Distel.

Ajoutez-y les musiciens (quatre) et vous comprendrez que quand la famille se déplace, on n’a pas trop de trois voitures.

Le nom de la France est sûrement prestigieux à travers le monde entier, mais le prénom de France est en train de devenir presque aussi célèbre autour de la planète. Ne croyez pas que j’exagère : j’ai vu des lettres venues- de tous les coins de la terre qui témoignaient à France Gall de l’admiration, de l’affection, sinon de l’adoration qu’on lui porte dans les cinq continents.

Notre « Poupée de son » a déjà l’Europe occidentale à son palmarès grâce au Grand Prix de l’Eurovision. L’Allemagne, l’Italie, le Bénélux fredonnent « Poupée de Cire, Poupée de Son » depuis bientôt un an, et France Gall a eu souvent l’occasion d’aller sur place chanter son « tube » dans les différentes langues européennes. Mais l’Europe de l’Est a aussi retransmis le Grand Prix de l’Eurovision et a adopté la jeune ambassadrice de la chanson française. Le père de France Gall m’apporte un énorme paquet de lettres qu’il étale sur la table. Quelle extraordinaire collection de timbres ! De Roumanie, de Pologne, de Yougoslavie, de Russie, des filles écrivent à France Gall, ou des garçons, plus exubérants, souvent amoureux, la complimentent et attendent d’elle une photo, un petit mot ou une réponse aux conseils qu’ils lui demandent… France lit toutes ces lettres. Elle est ravie ; elle est émue : « C’est extraordinaire à quel point tous ces amis que je ne connais pas et qui m’écrivent, sont gentils. Je voudrais faire des tas de choses pour les remercier, pour leur montrer combien Je suis sensible aux témoignages d’affection qu’ils m’apportent. Hélas, je reçois plusieurs centaines de lettres par jour. Si je répondais à chacun aussi longuement que j’aimerais le faire, je ne passerais plus mes journées qu’à cela ! Mais je réponds toujours, ne serait-ce que par une photo dédicacée, et je regrette vraiment de ne pouvoir faire plus … »

Je continue de brasser ces piles d’enveloppes multicolores. Je vais de surprises en surprises ; un tas de lettres d’Afrique Noire : Congo, Guinée, Côte-d’Ivoire. Là, ce sont plutôt des garçons qui écrivent. Leur cœur ne bat que pour France ; ils attendent sa visite ; ils sont disposés à faire le voyage exprès pour voir leur « poupée idole » ! J’apprends que France Gall est numéro deux au « Hit-Parade » australien. Et bien sûr, des lettres d’Océanie s’amoncellent chaque jour.

« J’ai même reçu une lettre venant d’Iran qui m’a beaucoup amusée et qui m’a fait beaucoup plaisir, raconte France ; c’était un officier de la garde du Shah d’Iran qui me demandait en mariage. Il me parlait avec enthousiasme de son pays des mille et une nuits, mais s’annonçait prêt à tout quitter pour me rejoindre s’il le fallait… C’est bien tentant l’Iran, mais enfin, j’ai demandé à réfléchir … ,.

Je lui parle de son prochain voyage au Japon, je lui demande si réellement elle est très populaire là-bas, « Je n’y croyais pas moi-même, mais c’est vrai, m’a-t-elle répondu, j’ai vendu 300 000 disques en quelques mois au Japon ! J’ai eu beaucoup de mal à apprendra mes chansons, j’ai dû les chanter en ne comprenant rien de ce que tout cela pouvait signifier, mais j’ai été largement récompensée de mes peines par le succès de vente du disque ! Tiens, voilà une affiche de moi en japonais (Je regarde, l’air perplexe devant ces caractères incompréhensibles …) Ça veut dire « Poupée de Cire, Poupée de Son » sur la première ligne, le reste je ne sais pas !

Je suis ravie d’aller au Japon. Mon voyage a été reporté, mais j’espère y aller cette année quand même ; alors, j’apprends des tas de chansons en Japonais, et j’espère ne pas décevoir ces lointains admirateurs de la chanson française !

Je continue mon voyage dans le monde des « fans » de France. Ceylan ! Une lettre extraordinaire avec des petits signes très curieux et très jolis qui donnent envie d’apprendre le Cingalais.

Voilà maintenant une enveloppe avec l’adresse suivante : « France Gall – France » ·

Les P et T ont transmis !  Ils ont aussi fait parvenir des lettres avec des adresses aussi insolites que : « France Gall, la poupée de cire française – France », ou « France Gall, Luxembourg – Allemagne » ·

Du coup, France chantonne « L’Amérique » ; j’en profite pour lui demander si elle envisage d’y aller. « Bien sûr, répond-elle. C’est même déjà prévu pour le mois de mai prochain. Je pars au Canada ou j’ai été N°1 au Hit-Parade et où j’ai, paraît-il, beaucoup d’amis. Je compte y rester assez longtemps, puis, j’espère aller en Amérique latine, où mes disques se sont aussi vendus. Je compte m’arrêter au passage aux Antilles Françaises d’où l’on m’envoie beaucoup de lettres. Regarde celle-là, si elle est gentille, c’est un Martiniquais qui me présente tous les membres de sa famille un par un (ils sont huit), et qui a écrit au dos de l’enveloppe en très gros : « Facteur, faites vite, les copains sont pressés » ·

Il y a même un professeur de Français Canadien qui a demandé à France qu’elle lui écrive des lettres qui serviraient de dictées que ses élèves apprendraient. Il parait, en effet, que les écoliers apprendraient mieux ce qu’écrit France Gall que les textes de nos grande auteurs. Ainsi, « Sacré Charlemagne » a servi de récitation à ces élèves canadiens.

Je demande quand même à France si toutes ces merveilleuses lettres des quatre coins du monde ne lui font pas oublier ses admirateurs « bien de chez nous » ·

Il n’en est pas question : « Je suis très attachée à tous les amis que j’ai en France, parce que c’est à eux que je dois ma carrière internationale, et ceux qui m’ont fait confiance les premiers sont les privilégiés dans mon cœur. Je reçois des lettres de jeunes compatriotes qui sont d’ailleurs aussi touchantes que celles qui viennent du bout du monde. Ainsi, cette chambrée de militaires qui m’écrivaient récemment qu’ils préféraient comme hymne, « Poupée de Cire » à la « Marseillaise » ·

Je fais cependant remarquer à France que les Parisiens n’ont pas été gâtés et qu’ils attendent toujours de pouvoir l’applaudir sur scène. « C’est vrai, dit-elle, je suis sans arrêt sur les routes, chantant presque chaque soir dans une ville de province différente pour des soirées et des galas, mais je ne suis jamais passée dans un music-hall parisien. On m’a souvent tentée. J’aurais- pu être vedette américaine avec un « grand » comme Johnny ou Claude François. A la rigueur, je pourrais tenter le « gros coup » : passer en vedette à !’Olympia. Mais je ne suis pas assez sûre de moi I Ce serait prendre un risque énorme pour peu de profit.

Les Parisiens peuvent me voir l’été dans mes tournées des plages ; et puis je passe très souvent à la Télévision ou la Radio.

Mais enfin, c’est vrai, il faudra que je me décide à affronter un jour le public de la capitale. En attendant, je fais mes classes, je me mets au point. Et j’ai suffisamment de travail (et de satisfaction) avec mes disques pour remettre à plus tard mes projets de scène … France est sage et prudente. Elle a sûrement raison. Encore que lors de l’enregistrement de l’émission radio d’Albert Raisner au « Marcadet-Palace » à Paris, le 2 novembre dernier, j’ai vu France Gall sur scène. Et malgré son trac, malgré l’absence du formidable orchestre d’Alain Goraguer, qui fait les arrangements de tous les disques de France, et malgré aussi l’audace de notre idole de poche qui n’a pas hésité à chanter une chanson aussi difficile que ce « Jazz à Gogo », ce fut un triomphe, de la part d’un public d’habitués très exigeants et tout à fait connaisseurs. Peut-être que cette soirée rassurera France quant à l’accueil que lui réserveront les Parisiens le jour où elle voudra bien leur faire l’aubade …

Le tour du monde avec la chaîne des admirateurs de France s’achève donc. Nous avons fait un beau voyage… et pris un bon cours de géographie.

Une dernière lettre tombe sous la main de France. Une admiratrice belge. Voici à peu près ce qu’elle dit : « Chère France, il faut à tout prix que tu viennes passer quelques jours chez moi. Tu te reposeras, t’amuseras comme tu voudras … Je ferai tout ce que tu me demanderas. Je te préparerai tes plats préférés (les bananes flambées) à chaque repas ; personne ne t’ennuiera ; je serai toujours près de toi pour te servir. je te supplie de venir, etc …

France Gall sourit. Elle est très heureuse, très émue aussi …

Magazine : Moins 20
Par Jean-Michel Castel
Date : Décembre 1965
Numéro : 7

France Gall, de Madrid al Japon (Presse) 🇪🇸

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1965 - Ama n° 141 - Presse France Gall - France Gall, de Madrid al Japon (Espagne)
1965 - Ama n° 141 - Presse France Gall - France Gall, de Madrid al Japon (Espagne)

France Gall, de Madrid au Japon

Elle est petite et blonde. Elle a les yeux bruns et mâche du chewing-gum sans cesse. La chanteuse yéyé et gagnante du dernier Festival de l’Eurovision est arrivée en Espagne, elle s’est produite trois jours dans une salle de fêtes, et puis elle est partie vers le Japon.

France avait invité les journalistes dans une conférence de presse ; qui finalement n’eut pas lieu car la « poupée » disposait que d’un quart d’heure et les journalistes s’étaient fatigué d’attendre la « diva » et de supporter les arrangements des haut-parleurs pour entendre sa douce voix.

Papa Gall, son manager, s’en est sorti des infondés affronts de la fillette. “Sa place en tant que chanteuse est la quatrième parmi les grandes figures… Elle a vendu trois millions de disques… Elle est une fille courante et normale.”

Et vu que France n’avait plus rien à dire, on l’a laissé en lui souhaitant – si un jour elle devient une grande star de la chanson – qu’elle sache apprécier véritablement la presse et les journalistes, qui s’épuisent en quête de nouvelles.

Merci à @fanbabou47 pour la retranscription et traduction

P.C.

Magazine : AMA
Date : Décembre 1965
Numéro : 141

France Gall, la “ye-ye” mas activa del mondo (Presse) Espagne 🇪🇸

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Article en langue espagnole paru dans le magazine Ama en novembre 1965. : France Gall, la "ye-ye" mas activa del mondo (Presse) Espagne 🇪🇸
Article en langue espagnole paru dans le magazine Ama en novembre 1965. : France Gall, la "ye-ye" mas activa del mondo (Presse) Espagne 🇪🇸
Article en langue espagnole paru dans le magazine Ama en novembre 1965. : France Gall, la "ye-ye" mas activa del mondo (Presse) Espagne 🇪🇸

La sympathique chanteuse France Gall, qui a rendu célèbre la chanson “Poupée de cire” et qui a gagné le Festival de l’Eurovision, est aujourd’hui à la une de notre magazine.

France est admiratrice de notre pays, où l’on a toujours applaudi ses meilleures créations.

Malgré ses goûts modestes, France aime bien aller faire les magasins du Faubourg Saint-Honoré. Dans l’image ci-dessous, elle choisit un costume dans une boutique.

Des lettres, des appels, des contrats… France Gall est une yéyé très active. Le nom de France Gall avait dernièrement été associé à une très connue salle de concerts madrilène. France Gall, la yéyé du moment, va bientôt chanter à Madrid, bien que des imprévus de dernière minute aient retardé son arrivée.

“La poupée de cire” – telle qu’on connaît la chanteuse à l’heure actuelle – a passé un été plein d’activités et d’agitation. Son unique saison de repos fut le mois d’août, qu’elle laissa libre de contrats pour aller avec sa famille à Sardague et pratiquer son sport préféré : la pêche sous-marine.

Les journaux de type sensationnaliste ont souvent publié des nouvelles portant sur les supposés amours de la petite chanteuse. Son père a même tenu un procès contre un journal français qui a comploté une histoire d’amour entre France et le chanteur français Claude François. Il a aussi été dit qu’elle était amoureuse d’un jeune chanteur catalan ; mais jusqu’à présent on a juste pu vérifier que le seul grand amour de France Gall est son métier, ses chansons.

– Je chante parce que ça me plaît – dit-elle – et parce que je n’avais presque pas d’autre choix. Chez moi on est tous musiciens : mes frères, mon père. Même moi j’ai appris la guitare avant les mathématiques, que l’on m’a enseigné au Lycée Paul Valéry de Paris.

– Ta famille est-elle satisfaite du métier que tu as choisi ?

– Oui ; bien sûr. Quant à moi, je suis plus satisfaite de moi-même que quand j’étais à l’école.

– Quelle était la carrière que tes parents comptaient te donner ?

– Ma mère était plus incline à ce que finisse ma scolarité. Par contre, mon père voulait que je chante. Il m’encourageait constamment, en me montrant des chansons et en éduquant ma voix. J’adore aussi la danse et j’ai pris des leçons pendant quelques mois à l’académie de ballet de Mouriel, la sœur de Jean-Paul Belmondo.

Les lettres sont de plus en plus nombreuses, Les yéyés du monde entier lui envoient des tonnes de lettres. La nage est un de ses grands loisirs. Même en plein automne, elle aime prendre un bain à la piscine.

Nous savons que France a reçu une offre de contrat avec Columbia pour sept ans, avec des chiffres plus que respectables. Quand on lui a demandé à propos de cela :

– Je n’ai pas de temps pour jouer au cinéma. Il ne me reste même pas du temps pour y aller en tant que spectatrice.

– Et tu aimes le théâtre ?

– Je n’y vais jamais. Jean Meyer m’a proposé de me révéler comme actrice, mais j’ai refusé l’offre. Ça m’ennuie de penser que je dois toujours jouer le même rôle. Moi j’aime la variété, l’improvisation, le mouvement.

– Quels rythmes préfères-tu chanter ?

– J’aime tous les rythmes qui vont avec la jeunesse d’aujourd’hui.

– Que penses-tu de la jeunesse ?

– Ils sont très agréables, en tout cas avec moi. Depuis que j’ai gagné le festival, je reçois beaucoup de lettres. J’ai dû chercher une secrétaire pour qu’elle s’en occupe.

– Quel est ton genre de garçon ?

– Je n’ai pas un type concret ; mais j’aimerai qu’il ait les yeux clairs.

– Quels sont les habits que tu préfères ?

– Les pièces simples. Je porte habituellement des jupes plissées, des pantalons et des tricots en cachemire.

– As-tu beaucoup d’amis ?

– Oui ; j’ai en plus deux amis inséparables : un petit caniche noir, nommé « Nougat» ; et le téléphone, j’aime passer des heures au téléphone avec mes amis.

– Quels sont tes chanteurs préférés ?

– Bécaud, Claude François, Françoise Hardy et Michel Legrand.

On a souvent parlé de la timidité de France Gall, de son trac avant de se présenter face au public.

– Est-il vrai que tu as beaucoup le trac avant de sortir sur scène ?

– À vrai dire, je n’ai pas peur, sauf quelques minutes avant et pendant les premières phrases de la première chanson ; après, plus rien, comme si je chantais chez moi.

Et France continue à nous parler de ses projets. Une vie de travail intense où elle présente ses chansons au monde entier ; accompagnée par “les Français”, un jeune quatuor joyeux et dynamique qui sait être le meilleur fond pour ses mélodies.

France Gall est, à ses dix-neuf ans, une bosseuse infatigable, amoureuse de son métier, qui continuera à chanter partout dans le monde jusqu’à ce que… un jeune garçon aux yeux clairs conquière son cœur.

*Traduction : Fanbabou47

Magazine : Ama (Espagne)
Article en espagnol
Date : Novembre 1965
Numéro : 139

Natuurlik is het France Gall, gecoiffeerd door Jacques Desanges

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Il s'agit bien sûr de FRANCE GALL, coiffée par Jacques Dessange (Paris). Voir plus de nouvelles coupes de cheveux pour adolescents à la page 43
Il s'agit bien sûr de FRANCE GALL, coiffée par Jacques Dessange (Paris). Voir plus de nouvelles coupes de cheveux pour adolescents à la page 43

Herken je ze?

Natuurlik is het FRANCE GALL, gecoiffeerd door Jacques Desanges (Paris). Meer nieuwe tiener-en twenkapsels ziet u op blz. 43

Reconnaissez-vous qui c’est ?

Bien sûr, c’est FRANCE GALL, coiffée par Jacques Desanges (Paris).

Vous découvrirez d’autres nouvelles coiffures pour adolescents et jeunes adultes à la page 43.

Magazine : Strip
Journal TV Allemand.
Taille 28×21 cm
Date : 30 Octobre 1965
Numéro : 44

France Gall, la joven cantante francesa que ha hecho famosa « Poupée de cire »

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France Gall, la joven cantante francesa que ha hecho famosa « Poupée de cire » : Article en langue espagnole paru dans le magazine Diez Minutos du 16 octobre 1965 (Presse) Espagne 🇪🇸
France Gall, la joven cantante francesa que ha hecho famosa « Poupée de cire » : Article en langue espagnole paru dans le magazine Diez Minutos du 16 octobre 1965 (Presse) Espagne 🇪🇸

France Gall, la jeune chanteuse française qui a rendu célèbre « Poupée de cire »

Il n’y a pas d’article sur France Gall, uniquement une photo en couverture.

Magazine : Diez Minutos (Espagne)
16 octobre 1965
N° 738

France Gall, de la tête aux pieds

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Eventrant des cartons pleins de charlottes et de casques, tournoyant dans des robes fleuries de bouquets, habillant les garçons a son goût, dénichant des gadgets inédits, elle a choisi les plus jolies tenues de rentrée, celles qui séduiront les garçons et les filles.
Eventrant des cartons pleins de charlottes et de casques, tournoyant dans des robes fleuries de bouquets, habillant les garçons a son goût, dénichant des gadgets inédits, elle a choisi les plus jolies tenues de rentrée, celles qui séduiront les garçons et les filles.

Elle a chanté tout l’été. Mais n’a pas joué la cigale. Des la venue de l’automne, France Gall a couru vers les magasins.

Eventrant des cartons pleins de charlottes et de casques, tournoyant dans des robes fleuries de bouquets, habillant les garçons a son goût, dénichant des gadgets inédits, elle a choisi les plus jolies tenues de rentrée, celles qui séduiront les garçons et les filles.

Magazine : Formidable
Date : Octobre 1965
Numéro : 01

Le grand cirque de France Gall

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France Gall : C’est le nomadisme rigoureux des gens du voyage, avec une obéissance absolue à l'impératif horaire.
France Gall : C’est le nomadisme rigoureux des gens du voyage, avec une obéissance absolue à l'impératif horaire.
Le grand cirque de France Gall

C’est le nomadisme rigoureux des gens du voyage, avec une obéissance absolue à l’impératif horaire.

Huit gros camions transportent le cirque d’un bout à l’autre de la France, vingt-cinq employés le montent et le démontent.

Si on leur dit que ce cirque abrite un public évalué à deux fois celui de l’Olympia, les Parisiens se feront une juste idée de ses dimensions. Sous son chapiteau, en effet, 4 000 personnes peuvent tenir, les gradins circulaires comportant 2500 places assises, 1500 autres spectateurs – quelquefois 2 000 ou davantage, des jeunes le – plus souvent- se tenant debout.

D’ailleurs, ce cirque – qu’on prendrait volontiers d’assaut, si une organisation minutieuse ne s’opposait au moindre désordre – est le cirque de la jeunesse : car il est le cirque de France Gall.

La nouvelle idole de l’adolescence française ne l’utilise pas dans chaque ville qui jalonne l’itinéraire de son tour de France d’été, mais il accompagne France Gall fidèlement, d’étape en étape : en prévision du mauvais temps. France et lui sont inséparables. Ce cirque – qui porte son nom : au-dessus de l’entrée, on lit France Gall, comme on lirait Bouglione ou Pinder, est davantage qu’un jouet : un ami précieux, un allié indispensable, qui- en dépit des orages ou des humeurs de la météo – lui permet de réussir tous ses galas.

De la cité des ducs de Savoie aux mines du Nord.

Le 12 août, France et son cirque étalent à Chambéry, la cité des ducs de Savoie. Le 14, ils frôlaient la cité de Carcassonne : pour se rendre à Quillan, dans l’Aude. Le 16, nous les retrouvions à Gardanne, en Provence ; le lendemain, à Sanary-sur-Mer. Aujourd’hui, c’est la Bretagne qui les accueille ; demain, ce sera le pays minier du Nord, puis la Guyenne.

On s’étonnera que France Gall, parmi trente-cinq idoles toutes catégories qui « tournent » à travers nos provinces, soit la seule à posséder ses tréteaux personnels. On s’étonnera aussi, et surtout, de l’organisation scientifique – véritable petit chef-d’œuvre de méthode, inspiré des exemples américains – dont bénéficie la tournée France Gall, une tournée qui concerne non seulement la benjamine mais la dernière-née de nos idoles de série A. Pourquoi ces tréteaux de France ?

Comme s’il s’agissait d’un chef d’État.

A cette première question, voici la réponse : la météo, cet été, faisant des siennes et les assurances contre les intempéries atteignant des taux très élevés (environ 30% de la recette), une vedette populaire capable d’attirer chaque soir les gens par milliers, a tout intérêt à produire un spectacle couvert, à mettre de son côté toutes les chances de succès possibles ; le prix de revient quotidien du cirque étant, en définitive, inférieur au coût de l’assurance.

C’est simple, mais il fallait y penser. Et, justement, on y a pensé pour France Gall, à l’avance, dès le mois d’avril. Car, autour de cette enfant prodigue, un brain-trust, un aréopage de conseillers s’agite et travaille sans cesse, ne laissant rien au hasard, minutant ses voyages comme s’il s’agissait d’un chef d’État, lui facilitant autant qu’il se peut la tâche, de telle sorte que France Gall n’est responsable en tout et pour tout que deux heures trente par jour : le temps qu’elle passe sur la scène à interpréter les chansons de son répertoire. Cette équipe d’organisateurs scrupuleux, ces psychotechniciens de la réussite qui appliquent au music-hall ambulant les principes et les lois qui régissent une science, ne suscitent pas que des sympathies sur leur passage ; ils rencontrent partout des complicités.

Un exemple. France Gall étant désignée pour être la marraine de la course cycliste Paris-Luxembourg, dont la phase première conduira, le 27 août, les concurrents de Paris à Arras, il lui aurait été matériellement impossible de se trouver dans le chef-lieu du Pas-de-Calais à l’arrivée de l’étape (samedi, en début d’après-midi), compte tenu du fait que, la veille au soir, un gala la mobiliserait à Saint-Jean-de-Monts, ville du département des Charentes, située entre Nantes et les Sables d’Olonne. Offrant spontanément ses services pour que France soit au rendez-vous en temps opportun, une compagnie d’aviation a mis à sa disposition trois appareils légers qui l’amèneront, elle, ses musiciens et son braintrust, de Saint-Jean à Arras, puis la reconduiront à Nantes, le lendemain dimanche, où elle donnera son récital journalier.

Une telle preuve d’efficace complaisance témoigne, certes, de la popularité de France Gall ; mais elle est, avant tout, révélatrice de son importance. Dernière idole en date, France Gall est en train de devenir – à pas de géant – un nouveau phénomène social. Ici, laissons les chiffres prendre la parole.

Un chiffre d’affaires de 2 milliards.

Lycéenne complètement inconnue il y a dix-huit mois, France Gall – qui aura dix-huit ans le 9 octobre – est aujourd’hui la vedette adolescente la mieux payée sur le marché européen : elle gagne un million d’anciens francs par gala (NDLR : 10 000 francs ou 1 500 €)

Marchant sur les traces de l’Américaine Brenda Lee – détentrice d’un record mondial établi en fonction de sa jeunesse et de la rapidité foudroyante de sa carrière France Gall a vendu, en l’espace de ces dix-huit mois, 2 millions de microsillons 45 tours; record d’Europe indiscutable – catégorie femmes – que, seuls, les Beatles ont battu, que ni Sylvie Vartan, ni Françoise Hardy, ni Sheila n’ont égalé, et qui représente (au prix de détail) le colossal chiffre d’affaires annuel de plus de 2 milliards de francs, chiffre que certaines usines employant 250 ouvriers sont loin de réaliser.

Si, pour parler le langage de la profession, certaines idoles connaissent (domaine disques) d’avantageuses « périodes de pointe », suivies de moins fastes « périodes de stagnation, de recul ou d’éclipse », France Gall constitue un phénomène de régularité sans précédent ; dans les 14 pays européens soumis aux statistiques du hitparade (baromètre international de la vente) elle arrive invariablement dans les 5 premières ou premiers : numéro 1 en Espagne, numéro 2 en Allemagne, numéro 3 en Norvège, etc.

Qu’elle ait construit sa précoce notoriété sur 7 microsillons comportant chacun un titre étoile (« Ne sois pas si bête », « N’écoute pas les idoles », « Mes premières vraies vacances », « Christiansen », « Sacré Charlemagne », « Poupée de cire, poupée de son », et « Attends ou va-t’en », voilà qui ne procède pas d’une exception, encore qu’aucune idole (hormis Johnny Hallyday) ne soit allée si vite dans son rythme de production. Par contre, ce qui surprend, chez France Gall, c’est la progression dans le succès, Alors que « N’écoute pas les idoles » – chanson fétiche qui l’a vraiment lancée – avait crevé le plafond avec 225 000 exemplaires vendus quatre mois après la parution du disque, « Poupée de cire, poupée de son » (lauréat du Prix de l’Eurovision, cet hiver à Naples) dépasse en ce moment les 365 000 exemplaires, mais son tube le plus récent – « Attends ou va-t’en », sorti le 7 juillet – parait voué à une carrière encore plus florissante, puisque 185 000 exemplaires se sont arrachés, en six semaines, comme des tee-shirts.

Contentons-nous de ces chiffres, en ajoutant que France Gall reçoit de 600 à 900 lettres par jour, et ouvrons le chapitre des sollicitations.

YVES SALGUES : Le théâtre a fait appel à vous, France Gall ?

FRANCE GALL : Oui. M. Jean Meyer m’a proposé de jouer, à la rentrée, une pièce qu’il voudrait mettre en scène. J’ai répondu « non », avec mille regrets. Car je ne suis pas prête pour entrer, chaque soir, dans un personnage tellement différent du mien. Se préparer à tenir un rôle ne suffit pas, il faut s’habituer au personnage que l’on incarne : s’habituer à vivre dans sa peau, à respirer par sa bouche, à parler par sa voix. Devenir comédienne, fût-ce la comédienne d’un seul rôle, cela doit exiger des mois de répétitions.

YVES SALGUES : Davantage que le théâtre, le cinéma ne vous tente-t-il pas ?

FRANCE GALL : C’est· moi, plutôt, qui tente le cinéma. Je l’avoue au risque de paraître prétentieuse, mais c’est la vérité. De ma propre initiative, je n’aurais jamais pensé à tourner un film. Mais, le 12 août, un télégramme parti de Hollywood et signé Walt Disney est parvenu à mon impresario. Le père de Mickey et de Blanche neige m’offrait le principal rôle féminin d’une comédie pour la jeunesse. Mon impresario a refusé pour moi, en accord avec mon père. Dans mon carnet de travail, je vous mets au défi de trouver un seul jour qui soit disponible : cela jusqu’au 3 juin 1966.

YVES SALGUES : Et la télévision U.S ?

FRANCE GALL : Les grands showmen américains – Perry Como, Harry Belafonte, Ed Sullivan … – reviennent périodiquement à la charge : pour me proposer un numéro dans leur programme. Mes responsables – papa, mon impresario – répondent que j’ai tout mon temps pour y penser. J’ai beau être une enfant de la balle, j’ai été néanmoins élevée à l’école de la modestie. On ne se relève pas d’un échec à New York, et un pâle demi-succès vous ferme pour cinq ans les portes de l’Amérique. Alors, mieux vaut savoir bien choisir son heure. Dans notre profession deux graves délits guettent les jeunes ; l’excès de vitesse et l’excès d’ambition. C’est bien d’avoir les dents longues, certes, mais il faut qu’elles soient suffisamment dures et expérimentées pour venir à bout de l’os dore qu’on vous tend. Dans notre métier, tout est là : ne savoir dire « oui » qu’au moment propice.

YVES SALGUES : Jusqu’ici, vous n’avez pourtant pas commis d’erreur ?

FRANCE GALL : Et pour cause : je suis surveillée comme une infante.

YVES SALGUES : Pour l’instant, de quoi avez-vous le plus envie ?

FRANCE GALL : Physiquement, de vacances. Elles sont fixées au 6 septembre.

YVES SALGUES : Quand reprendra l’année scolaire, pour vous, France Gall ?

FRANCE GALL : Le 1er octobre. Séances pour la télévision française, enregistrements destinés â l’étranger : « Poupée de cire, poupée de son » en polonais, notamment. Du 20 octobre au 4 novembre, j’effectue un tour d’Espagne en 14 étapes. A mon retour, 3 récitals à Lyon : au palais d’hiver. Puis, du 10 novembre au 21 décembre, un tour de France d’automne. En janvier et février, un gala dans chaque capitale européenne : de Londres à Varsovie.

YVES SALGUES : La conquête de l’Amérique n’entre toujours pas dans votre programme 66 ?

FRANCE GALL : Il se peut que j’aille à New York : à la faveur d’un voyage de dix jours au Canada, qui, lui, fait partie de mes certitudes.

YVES SALGUES : Et l’Olympia ? Vous y songez pour l’année prochaine ? ·

FRANCE GALL : On y songe pour moi, mais seulement pour 67. Il faut se méfier de Paris. Paris est à la fois la piste d’envol d’où partent les plus brillantes destinées et l’étouffoir dans lequel s’asphyxient à tout jamais les gloires fragiles ou insuffisamment consolidées. Quant à moi, j’attendrai patiemment qu’on veuille bien me donner le feu vert.


« Mes responsables », « On y songe pour moi », « Là-dessus, quelqu’un me conseille », ces expressions, qui reviennent si souvent dans la conversation de France Gall, expliquent sa réussite. Non pas que nous soyons, avec elle, en présence d’une idole totalement « déresponsabilisée », obéissant inconditionnellement à la dictature de ses managers. Non, France est lucide, consciente ; et c’est en toute sérénité, comme en toute connaissance de cause, qu’elle se repose entièrement sur son « comité directeur ». A cet âge d’or de la jeune chanson où tant d’idoles – garçons ou filles – sont abandonnées à la fascination de l’argent et au vertige du luxe que suppose le succès, sans avoir d’autre « tuteur » qu’un impresario avide et exclusivement préoccupé d’exploiter tout ensemble leur talent et leurs faiblesses, France Gall, elle, constitue un cas d’exception : celui d’une adolescente guidée, dirigée, perpétuellement prise en charge par des gens exclusivement préoccupés de son destin.

Autour de l’idole, la tribu Gall est rassemblée.

Si son brain-trust n’est ni le plus dispendieux ni le plus pléthorique du music-hall contemporain, il en est assurément le plus zélé, le plus sensible, le plus affectueux en un mot. Car la réussite de France est celle d’une famille : la tribu Gall rassemblée autour de son enfant chérie.

Dans le quartette instrumental qui accompagne France, on trouve, aux côtés de Mat (l’organiste), de Guy (la guitare électrique) et de Rachid (le batteur), son frère ainé, Philippe Gall, qui tient la contrebasse. C’est également Philippe (il a eu 19 ans ce mois de juillet) qui conduit l’Austin Cooper bleu turquoise et blanche (achetée en avril) que France utilise pour ses déplacements. La mère, Mme Robert Gall, supplée la secrétaire privée de France (Mme Pétrowski) quand il s’agit de répondre à l’envahissant courrier que reçoit sa fille. C’est elle qui a choisi la robe de scène de France (décolleté rond, taille princesse, légèrement évasée, avec des plis partant de la poitrine) et qui, pour apporter une note de variété, en a fait exécuter des copies dans tous les tons de l’arc-en-ciel : orange, vert pâle, rose, indigo …

Cependant, le vrai ton, le ton quotidien, le ton de chaque jour, est donné par Robert Gall, heureux parolier de plusieurs chansons d’Edith Piaf et de la fameuse « Mamma » d’Aznavour. Affirmer qu’il est un père prenant son rôle très au sérieux serait trop peu : c’est un moderne patriarche, installé à la tête de la tribu comme un roi sur son trône. Personnage omnipotent, ses fonctions sont multiples, qui vont de celles de poète (il écrit les textes des chansons de sa fille) à celles de cerbère (chargé de protéger France de l’enthousiasme de ses « fans » ou de la dégager (au volant de sa Mercedes 220 SL) de leur étreinte étouffante. En Maurice Tézé – le directeur artistique de Sacha Distel – Robert Gall a su trouver, pour sa fille, l’impresario idéal aussi compétent qu’honnête et dévoué.

Il y a des gens qui sont dotés d’un fluide et d’autres qui ne le sont pas, commente Tézé. Des gens qui se transmettent aisément, et des gens qui sont résolument imperméables à autrui. Ce fluide peut s’exercer à distance, comme il en va de certaines standardistes anonymes dont la voix est agréable. Que ce soit à distance, par l’intermédiaire du disque, ou en direct, depuis la scène, France Gall se transmet avec une facilité déconcertante. Le rideau s’ouvre. France prend place devant le micro. Un silence d’église règne aussitôt dans la salle. On l’écoute avec ferveur. C’est là son miracle.

Ce sage, ce paisible miracle de France Gall a – sous la poussée croissante du succès – des prolongements insoupçonnables. Ne supplie-t-on pas France de vendre son nom (au terme de quels fabuleux contrats ?) pour des marques de produits de beauté, de chocolat fin, de lingerie enfantine, de matériel d’écolier …

« Je veux bien chanter sous un chapiteau, être la vedette d’un cirque – c’est de mon âge et de mon époque – mais de là à devenir un clown publicitaire, jamais. »

Une telle réponse éclaire le personnage de France Gall autant qu’elle le résume :

France, dont la réussite est essentiellement morale et française. Si morale que sa grand-mère, apprenant par voie de presse qu’un flirt secret liait sa petite-fille à Claude François, s’alita pour huit jours et en conçut un désespoir si coriace que seul le démenti de France put la guérir. Si française qu’à l’encontre de la plupart de nos idoles dont le répertoire est fait de plus de 60 % de thèmes adaptés de l’américain, France Gall n’interprète que des chansons originales écrites dans la langue qu’on lui a enseignée au lycée Paul-Valéry.

Magazine : JOURS DE FRANCE
Par Yves Salgues
Numéro du 28 août 1965
Numéro : 563

Le père de France Gall suit sa fille partout

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France Gall : une enfant gâtée. Son père, lui met le pied à l'étrier en écrivant pour elle « Sacre Charlemagne ».
France Gall : une enfant gâtée. Son père, lui met le pied à l'étrier en écrivant pour elle « Sacre Charlemagne ».
Le père de France Gall suit sa fille partout

France Gall : une enfant gâtée. Son père, auteur avec Charles Aznavour de « La Mamma » lui met le pied à l’étrier en écrivant pour elle « Sacré Charlemagne ».

Un peu plus tard, à Naples, Serge Gainsbourg lui apporta sur un plateau – d’Eurovision – un Grand Prix de la Chanson. A dix-sept ans, France a déjà un joli passé et un avenir plein de projets.

Les Américains l’appellent « Little French doll » : un joli qualificatif qui lui a porté bonheur, « Poupée de cire, poupée de son », Grand Prix Eurovision de la Chanson, où France Gall représentait le Luxembourg, a été pour elle le point de départ d’une carrière européenne.
Très « populaire » en Allemagne, on la voit le 28 juillet dans l’émission Franco-allemande « Rendez-vous sur le Rhin ». Mais pour être vedette on n’en est pas moins, a 18 ans, encore un peu enfant …

Et les poupées (poupées-symboles, poupées fétiches, poupées qui parlent ou qui enregistrent) se sont entassées dans sa chambre au milieu des animaux de peluche, sous l’œil un peu jaloux du chien « Nougat », le – vrai – caniche noir que le succès de sa maitresse rend forcément un peu cabot.

ELLE aura 18 ans le 9 octobre et elle a déjà vécu ce que d’autres n’obtiennent guère avant la quarantaine. A l’ère du yé-yé, de l’ « Idole », des « Copains », il n’y a d’ailleurs pas de quoi s’étonner !

Un visage d’ange malicieux, des cheveux nets, une silhouette tout droit venue de Paris, une voix douce-amère d’écolière, une chanson signée Gainsbourg, c’est ce qui a séduit en mars dernier le jury du Grand Prix Eurovision 1965. Depuis « Poupée de cire, poupée de son » a été enregistrée par France Gall en allemand, en italien et, tout récemment … en japonais. Elle a fait d’elle une vedette internationale, No 1 du Hit-Parade en Espagne, No 2 en Allemagne, idolâtrée en Scandinavie.

Pour le moment, elle est promise aux soirées des estivants français. Depuis le 11 juillet, en effet, France Gall fait la tournée des plages, ou plutôt des casinos. Public d’adultes, sur lequel son charme de fruit vert a autant de pouvoir que sur les adolescents. Commencé en Normandie, son voyage continuera, via les Pyrénées, par la Côte d’Azur jusqu’à la fin du mois d’août. C’est une tournée familiale, organisée par papa, Robert Gall, devenu pour la circonstance a la fois chauffeur, régisseur et mentor. Suivent ses quatre musiciens habituels, « Les Français » – tout simplement – moins un, appelé au service militaire, et remplacé à la guitare basse par Philippe, dix-neuf ans et demi, l’un des deux frères (jumeaux) de France.

Ce ne sont pas des vacances ! A peine aura-t-on le temps, entre deux tours de chant, de lézarder sur le sable pour « la bronzette », comme dit France. Peut-être, la tournée terminée, s’ accordera-t-elle quelques jours de vrai repos en rejoignant à Noirmoutier sa mère et sonb frère, Patrice.

Mais il y a peu de loisirs dans sa vie de vedette, soigneusement orchestrée, il ne semble pas actuellement qu’elle s’intéresse aux propositions de films qu’on lui a faites. Elle a l’intuition raisonnable et ne se sent pas « prête » pour aborder le cinéma.

La chanson d’abord. En octobre, France enregistrera un nouveau disque en espagnol. Puis elle ira chanter dans un cabaret de Madrid, avant de participer, a la télévision allemande, a une émission a grand spectacle.

Magazine : Télé Magazine
Photo couverture : Patrick Bertrand Parimage
Date : 31 juillet au 6 août 1965
Numéro : 510

France Gall, une chanteuse célèbre qui n’a pas encore appris à vivre

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Découvrez France Gall dans le magazine espagnol Garbo : sa carrière, sa victoire à l’Eurovision, et son portrait intime, entre talent, timidité et charme naturel.
Découvrez France Gall dans le magazine espagnol Garbo : sa carrière, sa victoire à l’Eurovision, et son portrait intime, entre talent, timidité et charme naturel.
France Gall, une chanteuse célèbre qui n’a pas encore appris à vivre

Dans notre pays, pour quelqu’un qui ne suit pas de très près l’actualité musicale, France Gall était encore totalement inconnue il y a à peine quatre mois, lorsqu’elle a été déclarée gagnante du Concours Eurovision, organisé à Naples.

Pourtant, cette jeune chanteuse – jeune par l’âge et par la taille (1,55 m pour 42 kg) – n’en était pas à ses débuts lorsqu’elle a triomphé en Italie devant plusieurs millions de téléspectateurs. En octobre 1963, son premier disque a été diffusé à la radio à Paris, marquant le début d’une carrière en pleine ascension.

Un an avant sa participation au concours de Naples, une revue française spécialisée dans la musique contemporaine écrivait déjà à son sujet : « France Gall semble désormais solidement installée parmi les premières places de la chanson. »

Il n’est d’ailleurs pas étonnant qu’elle se soit lancée aussi tôt dans la chanson (elle avait 16 ans quand son premier disque a été diffusé), si l’on considère son entourage familial : son grand-père, Paul Berthier, a fondé le chœur « Les Petits Chanteurs à la Croix de Bois », reconnu dans toute l’Europe ; son père, Robert Gall, est l’auteur de nombreuses chansons à succès, dont « La Mamma » ; ses deux frères jumeaux, Patrick et Philippe, plus âgés de deux ans, forment un duo de guitaristes très apprécié. Tout cela a, sans aucun doute, influencé la vocation de la jeune France Gall.

Bien qu’elle ait remporté le concours de Naples en tant que représentante du Luxembourg, France Gall est née à Paris, le 9 octobre 1947. Le Luxembourg, en réalité, l’avait “empruntée” à la France pour l’occasion.

Le succès fulgurant de Poupée de cire, poupée de son a fait d’elle une célébrité du jour au lendemain, sans pour autant effacer son caractère d’adolescente naïve, une jeune fille qui vit et pense comme n’importe quelle autre de son âge. Lorsque Roger Vadim a voulu l’engager pour un film, ses proches ont réagi :

— Elle est trop simple et innocente. Ce serait dommage que Vadim tente de la transformer en créature perverse.

Il est vrai que l’ex-mari de Brigitte Bardot n’a pas la meilleure réputation sur certains points.

De retour à Paris après sa victoire à Naples, les journalistes lui ont demandé si elle gardait un mauvais souvenir de son séjour.

— Oui, a-t-elle répondu, j’ai été déçue par l’attitude des autres candidats. Une fois le verdict des jurés annoncé, ils ont tout fait pour me montrer qu’ils jugeaient le résultat injuste.

Ce commentaire a conduit un journal à écrire : “La douce et inexpérimentée France Gall ne sait pas encore dans quel monde elle vient de tomber.

France Gall a un petit caniche noir et poilu, nommé Nougat, dont elle ne se sépare pratiquement jamais, même pour dormir. Elle adore les peluches, qu’elle collectionne avec passion. Certains la trouvent froide ou distante, mais en réalité, elle est simplement timide avec ceux qu’elle ne connaît pas bien.

Comme tout le monde, elle a ses petites manies : par exemple, avant de monter sur scène, elle veut toujours connaître la couleur du rideau et des tentures, pour éviter de porter une robe qui jure avec le décor. Autre habitude : elle ne laisse jamais passer une journée sans s’acheter quelque chose. Elle dit aussi qu’elle aimerait toujours porter des robes longues, s’appeler Isabelle et être née en 1900.

Voici, pour l’instant, France Gall : une chanteuse célèbre sur scène, mais dans la vie, à peine plus qu’une enfant, une fille de bonne famille qui n’a encore fait que commencer à vivre.

Magazine : Garbo (Espagne)
Par Enrique L. Tomhe
Cet article a été rédigé à l’origine en espagnol puis traduit en français. Certaines imprécisions de traduction ou altérations de sens peuvent subsister.
Date : 17 juillet 1965
Numéro : 645

France Gall : mes cheveux pour l’été | Mademoiselle âge tendre | Juillet 1965

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Article Mademoiselle âge tendre 1965, France Gall coiffures été
Pages du magazine Mademoiselle âge tendre, juillet 1965, dans lesquelles France Gall présente cinq coiffures d'été avec Anne-Marie Périer et le coiffeur Jacques Dessange. Photos André Berg.
France Gall : mes cheveux pour l’été | Mademoiselle âge tendre | Juillet 1965
France Gall : mes cheveux pour l’été | Mademoiselle âge tendre | Juillet 1965

Ça y est, voici l’été ! Partez en vacances avec France Gall. Avec elle, coiffez-vous pour les beaux jours, les beaux soirs de juillet.

Anne-Marie Périer et le coiffeur Jacques Dessange vous proposent pour les principales occasions des semaines qui viennent une mode-cheveux toute ronde, bouclée, légère, et très nouvelle. Essayez-la. Allez-vous sortir le soir, danser ? Bouclez-vous un peu. Devez-vous travailler, faire du camping, voyager, faire du sport ? Voici d’autre part quelques coiffures très simples. Elles ont été photographiées pour vous par André Berg.

Pour la surprise-partie : une coiffure élégante

Matériel nécessaire : 19 rouleaux dont deux gros, quatorze moyens et trois petits. Une vingtaine d’épingles-neige, six pinces plates et une voilette ou un foulard.

La mise en plis : Faites une raie sur le côté droit et, ensuite, placez les rouleaux : deux moyens au-dessus de l’oreille droite, deux gros puis un moyen du côté gauche en partant de la raie. Ajoutez-en cinq en arrière au milieu de la tête (quatre moyens et un petit au bas de la nuque), cinq du côté droit entre les deux rangées déjà posées (quatre moyens et un petit au bas de la nuque), et enfin, quatre du côté gauche (trois moyens et un petit). Enroulez les cheveux qui restent en larges boucles du côté gauche de la nuque et au-dessus de l’oreille. Posez votre voilette.

Le coup de peigne : Faites une petite raie à droite, balayez les cheveux sur le front et bouclez-les du côté gauche. Cela fait tout le charme de cette coiffure. Comme France, vous pouvez maintenir la mèche par une boucle d’oreille en fleur qui tienne lieu de pince.

Pour les révisions : frange et petit chignon

Pour cette coiffure, aucune mise en plis n’est nécessaire. Seul le coup de peigne est important.

Brossez d’abord vos cheveux vers l’arrière afin de les démêler. Peignez la frange soigneusement sur le front. Derrière chaque oreille, faites passer une mèche qui formera une petite boucle. Brossez encore une fois vos cheveux, mais en remontant vers le sommet de la tête ; vous les ferez tenir à l’aide d’un élastique. Les cheveux de la nuque seront fixés par des pinces. L’extrémité de chaque mèche forme une boucle.

Pour sortir avec un copain : le style bouclé

Matériel nécessaire : 27 rouleaux de taille moyenne, une trentaine d’épingles-neige, une voilette ou un foulard.

La mise en plis : Faites-vous une raie au milieu puis placez les rouleaux : quatre de chaque côté de la raie, sept en arrière, au milieu de la tête et, enfin, six à droite et à gauche, entre les rangées déjà posées. Sur les rouleaux, posez un foulard, puis laissez sécher vos cheveux.

Le coup de peigne : C’est une coiffure toute bouclée. Pour obtenir ces boucles, brossez les mèches qui entourent les rouleaux, une par une. Peignez-les très doucement afin de ne pas aplatir celles qui doivent rester apparentes. Les cheveux cachent presque tout le front ; la raie les sépare légèrement au milieu. Vos oreilles seront recouvertes.

Pour le voyage : une coiffure en mouvement…

Matériel nécessaire : 14 gros rouleaux, une vingtaine d’épingles-neige, trente pinces plates, du papier collant et une voilette.

La mise en plis : Faites une petite raie au milieu, avant de placer les rouleaux : trois à droite et à gauche de la raie, quatre en arrière, au milieu de la tête, et deux de chaque côté, entre les rangées déjà posées. Avec le reste des cheveux, vous ferez des boucles, sur les oreilles et la nuque. Pour les enrouler, respectez le sens des flèches sur les dessins. Enfin, vous poserez une bande de papier collant sur la frange, puis la voilette.

Le coup de peigne : Vous devrez faire disparaître la raie en vous brossant. Avec un peigne, retournez vos cheveux vers l’extérieur, derrière et sur les côtés.

Pour le sport : une tête ronde, des cheveux droits

Matériel nécessaire : 15 rouleaux (14 gros et 1 moyen), une vingtaine d’épingles-neige, une bande de papier collant et une voilette.

La mise en plis : Commencez par une petite raie au milieu puis placez deux gros rouleaux de chaque côté, cinq (quatre gros et un petit) en arrière, au milieu de la tête et trois gros entre les rangées déjà posées. Ensuite, sur chaque pommette, vous enroulerez une mèche vers l’intérieur et quatre autres au bas de la nuque. Vous terminerez en appliquant sur votre frange une bande de papier collant. Placez la voilette et laissez sécher.

Le coup de peigne : Lissez votre frange. Vos cheveux doivent former un rouleau vers l’intérieur. Enfin, faites passer les deux mèches qui bordent votre visage sous la masse des cheveux, juste au-dessus des oreilles.

Magazine : Mademoiselle Âge Tendre
Sous-titre : pour les filles dans le vent
Numéro : n° 9
Date : juillet 1965
Prix : 1,50 F
Titre de couverture pour ce sujet : France Gall : 5 coiffures bouclées pour les vacances
En couverture : Elsa Leroy (Miss M.A.T. 65)