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El clan familiar de France Gall (Espagne 🇪🇸)

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Article en langue espagnole paru dans le magazine Garbo. : El clan familiar de France Gall (Presse) Espagne 🇪🇸
Article en langue espagnole paru dans le magazine Garbo. : El clan familiar de France Gall (Presse) Espagne 🇪🇸
Article en langue espagnole paru dans le magazine Garbo. : El clan familiar de France Gall (Presse) Espagne 🇪🇸

Le clan familial de France Gall

En voyant la minuscule France Gall, 1’53m de taille et 42 kilos, personne n’aurait dit qu’elle était destinée à devenir une idole de la chanson, cependant, même si sa carrière n’est peut-être pas si spectaculaire que celle d’une certaine Sylvie Vartan ou d’une certaine Françoise Hardy, il est certain que France avance d’un pas sûr et ferme.

À 18 ans et demi, car elle ne fêtera pas ses 19 ans le 9 octobre, France reste souvent parmi les dix premières places du « hit-parade » français. Sa chanson « Sacré Charlemagne » est devenue l’hymne national de la jeunesse dans plusieurs pays ; aux États-Unis on ne cesse de la chanter, les « boy-scouts » de Nebraska et du Vermont fredonnent la chanson pendant ses longues courses ; elle a été même traduite en seize langues.

 Au Japon, France Gall est la reine ; son disque « Poupée de cire » a devancé les Beatles dans le « hit-parade » pendant plusieurs mois d’affilé ; c’est pour cela qu’elle décida de faire une tournée passant par les principales villes japonaises ; de cette manière ses admirateurs pourraient l’écouter. France s’est armée de courage et a préparé un tour de chant qui dure deux heures et demie ; un spectacle qu’elle a présenté à Tokyo, Sendai, Osaka et Nagoya ; des grandes salles, des énormes scènes et au centre une petite figure à travers laquelle sorte une voix enfantine qui enthousiasme des milliers de spectateurs. Quand elle aura fini sa tournée nippone, court retour en France pour partir immédiatement vers la Belgique, où elle participera aux “Fêtes de la Bière et du Folklore”, aux côtés de Jacques Brel, Adamo et les Rolling Stones. En juillet elle revient en France pour chanter dans plusieurs villes et ensuite elle part à Londres pour enregistrer un disque et faire une télé ; puis elle ira en Tunisie. L’emploi du temps de France Gall est interminable, même elle ne le sait pas ; la seule chose qu’elle sait c’est qu’elle passe sa vie allant d’un côté à un autre, infatigable, heureuse parce qu’elle fait ce qu’elle aime, parce que le public l’accueille avec sympathie. La petite France, n’a jamais reçu de tomates comme Sylvie, ni des sifflets ; sa carrière n’as pas connu d’incident désagréable ; elle a toujours été aimée, gâtée, adorée : en résumé, une fille avec de la chance.

Mais la chance a besoin d’un coup de main, et en cela son petit clan familial a contribué. Parce que les réussites de France sont celles de toute la famille Gall. Son père, comme vous tous le savez, est auteur de chansons à succès telles que “La mamma”, “À bientôt nous deux”, connue grâce à Hugues Aufray, “Les rubans et la fleur” et « Sacré Charlemagne » ; et a contribué de façon définitive à la carrière de sa fille. Philippe et Patrice, les frères jumeaux qui ont un an et demi de plus que France, jouent de la batterie et de la guitare. Philippe intervient de manière décisive aux activités professionnelles de sa sœur ; il s’occupe des sons, des micros, de ses rendez-vous avec les journalistes, il prépare avec elle toutes les émissions de radio et de télévision ; ses tours de chant, ses programmes, son répertoire. Patrice étudie les mathématiques, et même si son rapport à la vie professionnelle de France n’est pas si direct, il a toujours son choix ; son opinion est toujours réclamée, on lui demande des conseils, on répète en sa présence. C’est précisément maintenant qu’il a fait sa parution dans le monde de la chanson en écrivant “Le temps de la rentrée” pour elle.

Celui qui tient le tempo est Robert Gall, le père de France, qui l’accompagne partout, veille pour ses intérêts artistiques et économiques, et investit les bénéfices de sa fille de la façon la plus convenable. C’est lui qui l’avait encouragée à chanter en 1963. Au début, la mère n’était pas très enthousiaste pour la carrière artistique de France, mais elle n’a pas mis beaucoup de temps pour comprendre que c’était ce que France pouvait faire de mieux car cela lui plaisait. Elle est aussi une passionnée de musique.

Au contraire que les coutumes instaurées par les divas et les idoles ; France n’a jamais abandonné sa maison ; elle continue à vivre avec les siens dans un joli et grand appartement.  Aussi bien elle que ses frères ont un salon-chambre et une salle de bain propre ; en réalité un petit appartement où ils peuvent accueillir leurs amis et mener une vie indépendante, cependant restant unis.

La famille est à l’origine de la force de France ; tous veillent pour sa carrière, pour la cadette, et c’est peut-être pour cela que derrière son apparence fragile elle est une des chanteuses les plus fermes et sûres. Elle se sent épaulée par les siens et tient en compte ses observations. Une de ses plus grandes illusions est de débuter au cinéma ; les producteurs lui en ont demandé avec insistance, mais la tribu Gall a considéré que c’est encore trop tôt, qu’elle devait surtout faire plusieurs tournées au Japon, en Amérique du Sud, aux États-Unis, au Canada, tous ces pays où elle connaît une grande popularité ; pour cimenter son prestige, son succès. France a obéi parce qu’elle sait que quand les décisions sont prises en commun, le clan rare fois se trompe. La réussite atteinte grâce à sa tournée actuelle au Japon leur a donné raison. Ainsi donc, France attendra le moment convenu pour commencer au cinéma ; elle a beaucoup de temps devant soi.

France Gall – qui a fait une tournée artistique à travers le Japon, où sa chansons “Poupée de cire” a eu un succès sensationnel – partage la joie de la réussite avec sa famille. Elle a d’ailleurs trouvé et trouve dans le foyer le ressort qui l’a propulsée vers la célébrité. Son père est auteur de l’inoubliable chanson “La mamma”, et ses frères Philippe et Patrice, jumeaux, s’occupent de ses intérêts commerciaux et artistiques. Philippe est celui qui exerce le plus d’influence sur les activités professionnelles de France. La chanteuse n’a pas abandonné la maison parentale, où on la voit avec sa mère et ses frères.”

Magazine : Garbo (Espagne)
Article en espagnol
Traduction : Fanbabou47
Date : 2 juillet 1966
Numéro : 695

Le Japon accueille France Gall les bras ouverts

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France Gall est au Japon pour deux semaines. Elle y donne 12 récitals (dont un devant 4000 étudiants) et triomphe des Beatles au hit-parade.
France Gall est au Japon pour deux semaines. Elle y donne 12 récitals (dont un devant 4000 étudiants) et triomphe des Beatles au hit-parade.

France Gall est au Japon pour deux semaines. Elle y donne 12 récitals (dont un devant 4000 étudiants) et triomphe des Beatles au hit-parade. A dix-huit ans, le “poids plume” de la chanson française se maintient régulièrement dans les dix premières places.

Sacré Charlemagne (deux millions d’exemplaires vendus) est un hymne officiel pour la jeunesse de plusieurs pays.

Sa réussite est celle d’une famille groupée autour de sa petite idole. France a trois maisons, le matériel le plus perfectionné et le caravaning le plus imposant de la jeune vague.

Yves Salgues vous explique ce succès et vous révèle comment fonctionne le « cirque Gall ».


« Tu dois être une copine formidable, et j’aimerais faire ma vie avec toi … », « Ah ! si je pouvais te rencontrer à la faveur des prochaines vacances., « Tiens, à titre documentaire, voici ma photo ! »

Ce genre de lettres que, naguère encore, les « fans » d’une Sylvie Vartan ou d’une Françoise Hardy adressaient à leur idole, on ne les écrit jamais à France Gall.

Par contre, décembre venu, les explorateurs de l’expédition polaire dessinent à son intention, depuis le lointain rivage antarctique, une carte de vœux (représentant un coucher de soleil sur la banquise) et lui avouent : « En cette veillée de Noël, nous pensons à toi. Nous écoutons tes couplets. Tu es notre vrai lien avec la France. Aux antipodes, dans la brûlante Afrique Noire, les soldats d’une garnison s’endorment – c’est rituel – sur deux des chansons (« Nounours » et « Bonne nuit les petits ») que France a enregistrées pour les enfants. Un soir – et- dans le seul but de tenter une expérience – le lieutenant-colonel a supprimé France Gall à ses hommes.  J’ai cru que la caserne allait exploser », raconte-t-il.

Quand, plus récemment, France a quitté l’Algérie – où « Sacré Charlemagne » est un hymne national adopté par tous les mouvements de jeunesse – un groupe d’étudiants musulmans lui a remis un somptueux étendard, avec ces mots brodés à la main et daté : « A toi, France Gall, qui symbolise la véritable adolescence. »

Poids plume de notre nouveau music-hall, France Gall (1m53 de taille pour 42 kg de poids et 18 ans et demi d’âge) n’est pas populaire à la façon des autres idoles. Ses chansons forment une sorte de chaine de solidarité, étendue à tous les pays de la planète. Elles sont, pour des centaines de milliers de jeunes, une manière d’espéranto, un signe de ralliement qui exclue la notion de frontière. Quant aux adultes ils éprouvent – d’instinct – le besoin de protéger cette petite fée remuante et menue, ce « bout de chou » aussi blond que frêle.

Des scouts marchent en chantant « Charlemagne ».

Pourtant, ce « bout de chou » est une « Grande ». Après trente mois d’une carrière commencée à seize ans (record de précocité), France – se maintient régulièrement dans les dix premières ventes françaises : avec une moyenne globale de 120 000 disques vendus sur un super 45 tours publié. Or, elle en est à son dixième microsillon de poche. Lancé par le puissant tremplin de l’Eurovision, « Poupée de cire, poupée de son » – son tube numéro 1 – dépasse à présent les 2 millions d’exemplaires. S’il conduit, en Allemagne, le peloton de tête des best-sellers étrangers, il coiffe – au Japon – les Beatles sur te poteau : avec un tirage de 350 000 unités.

Autre refrain-talisman, le fameux « Charlemagne », traduit en 16 langues, a envahi les cours de récréation américaines ; les scouts du Vermont et du Nebraska I’ entonnent pour se mettre en marche dimanches et jeudis.

Gamine archimillionnaire, France ne se contente pas de bien réciter ses leçons de chant, elle innove. Grâce à Serge Gainsbourg, son compositeur fétiche (à qui elle procure la dimension publique, faisant de lui une des fortunes de la S.A.C.E.M.), la petite Gall est la première, en France, à parler du Pop à une époque où le Pop’art bouscule les normes artistiques officielles.

« Baby Pop » est non seulement un candidat sérieux au hit-parade international, mais aussi une locomotive.

La réussite ne se limite pas au studio ; sans cesse, elle se confirme sur scène. Au Majestic, l’Olympia d’Alger : 2 800 places – France fait un triomphe ; dans des conditions d’autant plus difficiles que la première partie du spectacle comporte un programme exclusivement « oriental ». Avec elle, après l’entracte, on accueille l’Occident : l’Occident qui plait.

Il y a un miracle Gall, dit Gainsbourg. En 1966, les miracles s’expliquent. « La petite France » est aussi facile d’accès que le sont ses chansons. Les gens trouvent exactement devant eux le personnage qu’ils s’attendent à voir. On ne découvre pas « la môme Gall », on la connait d’avance. Hommes et femmes, papas et mamans ont envie de la serrer dans leurs bras. Car elle est le contraire d’une star orgueilleuse. Sa modestie physique est un atout considérable. Si Aznavour, mesurant 2 mètres de haut avait été capable de mettre K.O. Cassius Clay, pensez-vous qu’il aurait fait cette immense carrière mondiale ? Non. Eh bien, avec l’abattage d’une Bardot, « la petite France » n’eût duré que le temps d’un feu de paille … »

Chez les Gall, chacun a son appartement.

Elle est là, devant moi, « la petite France » : sur une terrasse de 400 m2, en plein ciel de Paris. Comme des sapins grandissent alentour, des plantes vertes poussent, des massifs d’hortensias fleurissent la balustrade… on se croirait dans un jardin suspendu, avec vue sur le pont de Billancourt. La famille Gall – une moderne tribu plutôt – se singularise dans tous les domaines de l’existence ; et, tout d’abord, l’habitation. A Boulogne, sur le toit d’un immeuble de seize étages (compris dans le « complexe Pouillon », l’architecte de toutes les audaces), les Gall résident dans une maison indépendante, où chaque membre de la tribu dispose personnellement de 250 mètres d’espace pour vivre à sa guise. « La liberté, c’est cela : une attribution d’espace vital non rationné », affirme « le patriarche, Robert Gall, parolier de « La Mamma » et de quinze autres best-sellers. France possède son living-room, sa chambre, sa salle de bain, son bureau de travail… installés selon ses goûts et vœux.

En ce lundi de Pentecôte (« J’ai quartier libre pour le week-end, déclare-t-elle), France parait particulièrement heureuse. La tribu Gall – la plus unie du show business français – est au complet pour ces jours de fête. Philippe et Patrice – les frères jumeaux et ainés : ils ont dix-huit mois de plus que France – grattent la guitare à l’ombre d’un fusain en pot. Militaire à Thionville, l’artilleur lourd Philippe Gall est arrivé en auto-stop. « J’ai eu de la chance, clame-t-il, j’ai fait 300 km d’une traite, sans changer de chauffeur.

Ici, chacun a de la chance. Patrice, qui – en signant « Le Temps de la Rentrée » pour sa sœur bien sûr – a fait ses débuts de compositeur, cherche un thème de mélodie.

– Tu le trouveras, ton thème ! lance l’idole, en souriant.

– Comme tu as trouvé ta voie ! réplique Philippe, avec une gentille ironie.

– Oh ! vous m’avez tellement aidée, vous, les éclaireurs ! poursuit France. Vous êtes de merveilleux défricheurs de savane.

– Silence ! hurle Patrice.

YVES SALGUES : En quoi consiste, France Gall, cette tournée au Japon, où vous n’êtes jamais allée jusqu’ici. Est-elle si importante à vos yeux ?

FRANCE GALL : C’est la plus importante de ma carrière, parce que pour la première fois, je vais tenir la scène pendant plus de deux heures trente. Un one-woman show quoi ! Je ferai le spectacle toute seule en intercalant – entre deux chansons – une courte confidence : pour éviter la monotonie.

YVES SALGUES : Vous ne redoutez pas une réaction de lassitude de la part des Japonais qui ne comprennent pas notre langue ?

FRANCE GALL : Nous avons prévu cela. C’est pourquoi les vingt-quatre chansons de mon répertoire seront traduites sur le programme, gratuitement distribué. A la fin de chaque petit intermède, après un titre, j’annoncerai le suivant, ainsi que la page où figurent son texte français et sa traduction japonaise.

YVES SALGUES : Votre itinéraire nippon ?

FRANCE GALL : Mardi 7 juin, départ d’Orly, avec 500 kg de bagages et ma troupe : les musiciens, les régisseurs et papa, neuf personnes au total. Mercredi 8, arrivée à Tokyo ; le lendemain, conférence de presse ; le 10, récital au Sankei Hall, l’équivalent de notre salle Pleyel, mais en plus vaste ; le 11, nous reprenons l’avion pour Sendaï, la capitale du Japon du nord ; le 12, Osaka ; le 13, Nagoya, la métropole du sud, où je chanterai devant 4000 étudiants groupés au Centre Culturel ; le 14, deuxième gala à Osaka … Ce qu’il y a de surprenant, dans cette tournée en Extrême-Orient, c’est la dispersion géographique à laquelle nous serons soumis. Chaque jour, ou presque, nous traversons l’Empire du Soleil Levant de part en part.

YVES SALGUES : Quelle surprise réservez-vous à vos spectateurs ?

FRANCE GALL : Demain, mardi, je grave un disque en japonais : mon second dans cette langue, que je puis apprendre par cœur mais non parler couramment. Il aura « Le Prince Charmant », pour titre-étoile. On adore, là-bas, légendes, contes et féeries.

YVES SALGUES : Et cette bonne vieille Europe ?

FRANCE GALL : Je rentre à Paris le 23, pour repartir pour la Belgique. A Huy, près de Namur, je participe aux « Fêtes de la Bière et du Folklore » : avec Jacques Brel, Adamo, les Rolling Stones… Le 7 juillet, je suis à Colmar ; le 8, à Istres, où je chante en matinée. De Marseille, je m’envole pour Londres : 45 tours simple et émission de TV. Le 16, j’atterris à Tunis. Ma mémoire se perd dans ce calendrier trop rempli. Certaines semaines, je passe plus d’heures dans le ciel que sur terre. Tenez, sans voir si loin, je fais un gala, samedi 4 juin, à Saint-Hilaire-du-Harcouët près d’Avranches. A peine aurons-nous le temps de remballer les instruments, la sono … et d’atteindre Paris par la route qu’il nous faudra, dès 8 heures du matin, mettre le cap sur Marseille à bord d’une Caravelle : car je passe dimanche après-midi, au théâtre municipal de Fabregoulles, près d’Aix-en-Provence.

YVES SALGUES : Votre père, Robert Gall, assume votre organisation professionnelle ? Racontez-nous.

FRANCE GALL : J’ai quatre musiciens, tous des jeunes, dont le benjamin, Mimi, seize ans, remplace mon frère Philippe à la guitare. Nous n’avons de problème qu’avec l’orgue : un orgue Hammond à deux claviers, qui a les dimensions d’un orgue d’église, et que nous transportons dans un car aménagé tout exprès. Comme il n’est pas question de l’emmener au Japon, nous avons dû nous rabattre sur un instrument de format plus modeste : ce qui désespère Henri Garella, l’organiste, un garçon de vingt-deux ans, musicien en diable.

YVES SALGUES : Parlez-nous de votre caravaning. On le dit imposant. Depuis que vous avez obtenu votre permis, vous pilotez, France Gall, une Hillmann blanche à intérieur écarlate.

FRANCE GALL : Taisez-vous ! Par excès de précipitation – un démarrage trop spontané, cinq secondes avant le passage du feu rouge au feu vert – j’ai défoncé une superbe Lancia. L’homme, au volant, était furieux …

YVES SALGUES : Vous avez pourtant dans votre famille, le culte des voitures de sport ?

FRANCE GALL : Il y a quatre machines au garage. Papa, qui dirige tous mes déplacements, a une Jaguar couleur terre cuite, du type 3 litres 8S, rapide comme un météore. Moi, j’ai – outre mon Hillmann – un petit engin complémentaire (ou de secours, si vous préférez) pour assurer la liaison avec la secrétaire qui m’accompagne. Nous possédons, en plus, un car à couchettes : pour l’orchestre, le matériel et les costumes de scène. Enfin, un break ID, pour les régisseurs et la sonorisation.

YVES SALGUES : Votre port d’attache, votre piste d’envol est ici, à Boulogne ?

FRANCE GALL : Oui, mais pas pour longtemps. A partir du 1er juillet, ce sera l’ile de Noirmoutier. Nous y avons une vieille maison vendéenne, avec un toit en forme de demi-cercle et qui tombe en pente douce. La cuisine est dans le four à pain et ma chambre dans une petite tour exquise. Dans le jardin, nous disposons de deux caravanes, que je réserve à mes amies. C’est à côté de Lherbaudière, le port de pêche de l’ile. La plage est à un jet de fronde. -Nous avons un bateau à voile et moteur. Comme le club d’équitation est tout proche, l’on peut faire du cheval sur la grève, à marée basse. Cette maison, que nous baptiserons probablement « La Galère », est l’œuvre de mes parents, surtout de ma mère, Cécile Gall. Sainte-Cécile, vous le savez, est la patronne des musiciens.

YVES SALGUES : Vous avez la passion de la pierre ?

FRANCE GALL : Mon père l’a pour moi. Bientôt, nous pourrons vivre en Bourgogne une partie de l’année. Robert Gall fait retaper une magnifique ocrerie – située à 15 km de Chablis, dans l’Yonne – que nous avons héritée de mes arrière-grands-parents maternels, les Parquin, lesquels découvrirent l’ocre dans la région de la Puisaye, non loin d’Auxerre. La demeure n’a rien de seigneurial, elle est même primitive et rustre ; mais la salle commune mesure 160 m2, et, dans la cheminée de la cuisine – faite avec d’antiques auges à vache – douze personnes peuvent contenir debout. Nous mettrons partout des peaux de bêtes. Pas de fauteuil en cuir, évidemment ! La vue est splendide sur les anciennes carrières d’ocre, aujourd’hui recouvertes de chênes. Je suis amoureuse d’un buis deux fois séculaire.

YVES SALGUES : Jamais deux sans trois, affirme le proverbe. Existe-il, hors de Paris, une troisième maison de France ?

FRANCE GALL : Pour l’instant, non. Mais, ça viendra. Je m’étais éprise d’un relais de templiers dans la campagne d’Aix, avec 80 hectares de terres alentour. C’était beaucoup trop. Et puis, mon père craignait les incendies. Nous cherchons autre chose dans le coin. Nous avons pignon sur l’Atlantique, droit de cité en Bourgogne. Il ne nous manque plus qu’un domicile dans le bassin méditerranéen …

La force de France, c’est sa famille.

Soulignons-le : en Robert Gall, ce solide paysan passé à la poésie de chanson, la « petite France » possède un argentier qui sait convertir les cachets de sa fille en « valeurs éternelles ». La force de France, c’est sa famille, cette tribu dont tous les membres ne font qu’un. Dans cette tribu, chacun fait confiance à l’autre : L’erreur individuelle est quasiment impossible : à celui qui se tromperait, tous les autres crieraient gare ! Très sollicitée par les producteurs, France brûle du désir de faire ses débuts au cinéma cette année : n’a-t-elle pas pour meilleure amie Béatrice Rappeneau, sœur cadette de Jean-Pierre, le metteur en scène de « La Vie de Château » ?

« Non, se sont insurgés Robert, Philippe et Patrice Gall. Avant de mettre les pieds dans un studio, tu dois aller partout où tu es la première. Au Japon, en Amérique du Sud, au Canada ! La « petite France » a obéi, la petite France ne pouvait qu’obéir.

Magazine : JOURS DE FRANCE
Par Yves Salgues
Numéro du 11 juin 1966
Numéro : 604

France Gall : mon alphabet secret

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Découvrez ici l’alphabet très secret que France Gall a accepté de dévoiler pour les lectrices de Mademoiselle Age Tendre.
Découvrez ici l’alphabet très secret que France Gall a accepté de dévoiler pour les lectrices de Mademoiselle Age Tendre.

Nous avons toutes notre alphabet intime ; certaines lettres évoquent pour nous certains mots qui, à leur tour, évoquent des images, des événements ou des êtres qui comptent ou ont compté dans notre vie.

Découvrez ici l’alphabet très secret que France Gall a accepté de dévoiler à votre intention.

A comme Astérix

C’est le personnage de bandes dessinées qui m’amuse le plus. Ce petit Gaulois moustachu n’est pas beau, dit n’importe quoi, mais je le trouve adorable. J’ai lu toutes ses aventures.

A comme Antiquaire

Dès que j’ai un moment libre, je passe mon temps à courir les boutiques d’antiquaires. J’aime y dénicher de petites boîtes d’argent, des curiosités, des objets rares. Bruxelles est l’endroit rêvé pour trouver ce genre de choses.

B comme Bananes

Mon dessert favori ! A la fin de chaque repas, j’en mange deux, écrasées en purée et saupoudrées de sucre. C’est délicieux, mais beaucoup de gens me disent que ça a l’air dégoûtant !

C comme Catherine

C’est le prénom d’une de mes amies d’enfance, ma meilleur camarade depuis l’école primaire… Elle a les cheveux courts, bruns et de très beaux yeux verts. J’écoute ses conseils et nous nous entendons à merveille.

D comme Daphné

J’ai la collection complète des œuvres de Daphné du Maurier chez moi. J’ai relu déjà quatre fois « Rebecca ».

E comme Enfants

Les petites filles m’attendrissent. J’ai du mal à supporter leur regard interrogateur ou étonné et j’éclate de rire sur-le-champ.

F comme Fleurs

Les pâquerettes, j’adore les pâquerettes. J’en cueille des monceaux lorsque je me repose dans notre propriété de l’Yonne. Mes amis m’offrent très souvent de petites fleurs des champs. Je les préfère aux gerbes de roses.

G comme Grimace

André Berg m’a surprise en train d’en faire une lors de la dernière séance de photo que j’ai faite avec lui (Si je pouvais lui « piquer » cette pellicule !)

G comme Gainsbourg

C’est le compositeur de mes plus grands succès. J’ai une profonde admiration pour tout ce qu’il écrit.

H comme Humour

Voilà une chose que je ne trouve au cinéma qu’avec Jerry Lewis. Je cherche la compagnie des personnes qui savent faire rire. Celles qui m’amusent le plus ? Vous ne les connaissez pas et leur nom ne vous dirait rien.

I comme Ile

Parmi les îles qui ont pour moi quelque importance, il y a d’abord celle de Noirmoutier où j’ai passé tant de vacances. Souvent, aussi, je rêve à celles du Pacifique, Hawaii ou Tahiti.

J comme Jazz

Barbara Streisand, Nat King Cole, les Jazz Messengers, voilà ce que j’aime.

J comme Jazy

Un champion sportif très sympathique que j’ai rencontré chez des amis communs. Je ne lui ai pas adressé la parole mais je comprends qu’on puisse se passionner pour ses exploits.

K comme Kilos

Je pèse 42 kilos. Ce poids n’a pas varié d’un gramme depuis trois ans.

L comme Lit

Le mien est le meuble que je préfère. Je suis d’un naturel un peu paresseux et j’aime rester tard entre mes draps, tout en faisant semblant de dormir.

L comme Livre

« Anna Karénine », de Tolstoï.

M comme Moustache

Je déteste les garçons qui portent une moustache. Ma première contravention m’a d’ailleurs été, infligée par un contractuel… moustachu. Je n’aime pas davantage la barbe. Tous ces poils sur le visage, c’est plutôt sale, non ?

N comme Nougat

C’est le nom de mon caniche nain. Il est de couleur noire et a deux ans et demi. Sa douceur m’étonne toujours.

O comme Opaline

Je sais bien que l’opaline n’est qu’une variété de silice hydraté, mais j’adore les reflets changeants de cette pierre. Je n’en ai que cinq, mais je vais sous peu augmenter cette collection.

P comme Patrice et Philippe

Ce sont les prénoms de mes frères.

Q comme Quotidien

J’achète « Le Figaro » mais je n’ai jamais le temps de bien le lire.

R comme Rêve

Je rêve, avec régularité, la même chose : je me trouve dans la nacelle d’un ballon dirigeable quand, soudain … c’est la chute. Je me sens descendre, je crie et me réveille, tremblante. Je n’ai jamais atteint le sol. Ça veut peut-être dire quelque chose … Mais quoi ?

S comme Soleil

Bronzer, nager, la Côte d’Azur, l’eau de mer, le ski nautique, le sable …

T comme Toréador

Je n’ai jamais assisté à une corrida, mais le courage de ceux qui pénètrent dans l’arène m’impressionne. Je voudrais voir combattre El Cordobès. Il est, paraît-il, extraordinaire.

U comme U.S.A.

Je meurs d’envie d’aller dans ce pays pour y rencontrer Jackie Kennedy et visiter Harlem (si cela est possible). J’aimerais bien faire un très, très long voyage aux Etats-Unis.

V comme Virginie

Le prénom que j’aimerais donner à ma fille, si j’en ai une un jour …

W comme Whisky

C’est le seul alcool qu’il m’arrive de boire. Et encore : un soupçon de scotch pour neuf dixièmes de Coca …

X comme X

Cette lettre me fait penser aux mathématiques que j’ai tellement détestées lorsque je poursuivais mes études.

Y comme Yo-yo

En pension, j’étais très forte à ce jeu.

Z comme Zodiaque

En pension, j’étais très forte à ce jeu.

Magazine : Mademoiselle Age Tendre
Juin 1966
Numéro : 20

France Gall : Partition de Quand on est ensemble

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Cette partition contient le titre Quand on est ensemble dont la musique est de Franck Pourcel et Raymond Lefèvre.
Cette partition contient le titre Quand on est ensemble dont la musique est de Franck Pourcel et Raymond Lefèvre.

Cette partition contient la transcription musicale du titre Quand on est ensemble.

La musique est de Franck Pourcel et Raymond Lefèvre et les paroles sont de Robert Gall et Roger Berthier.

Le titre Quand on est ensemble est initialement paru en 1966 sur l’EP Les sucettes, le SP Les sucettes et sur l’album FG (communément appelé Les Sucettes).

Cette édition Belge est parue sous les éditions Bagatelle Editions Musicales et publiée par S.A. Ardmore & Beechwood Belgium en 1966.

Consultez aussi cette partition dans le détail sur le site La Boîte à Chansons.

France Gall est aussi l’idole de Charles Trenet

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Découvrez France Gall, jeune star de l’Eurovision 1965, dans une interview exclusive pour Télé Poche, où elle parle de sa carrière montante et de sa vie quotidienne en famille.
Découvrez France Gall, jeune star de l’Eurovision 1965, dans une interview exclusive pour Télé Poche, où elle parle de sa carrière montante et de sa vie quotidienne en famille.

France Gall joue à la poupée pour la gloire. Elle vient de remporter son premier succès international, le Grand Prix de l’Eurovision avec “Poupée de cire, poupée de son”, et elle sourit à l’avenir, accompagnée de Serge Gainsbourg, auteur de la chanson.

France Gall chantera en duo avec Charles Trenet à “Têtes de bois et tendres années” le 26 janvier, parce qu’elle est l’idole du fou chantant, qui voulait enfin la rencontrer et qui dit des autres idoles : “Ce n’est pas France Gall !”. Ce qui n’est pas un mince compliment.

Le 20 mars 1965, France Gall remportait le Grand Prix Eurovision à Naples avec “Poupée de cire, poupée de son”. Le même jour, elle devenait une vedette internationale et enregistrait ses disques en italien, allemand, espagnol, anglais et japonais…

Un an et demi plus tôt, les téléspectateurs découvraient son joli minois grâce aux “Raisins Verts”. Elle chantait “Ne sois pas si bête”, et il semble qu’elle a prouvé depuis qu’elle ne l’était pas du tout.

Elle avait, au départ, plusieurs atouts : son père, parolier de “La Mamma” ; son nom, qui prêtait à des jeux de mots ; et un physique de petite jeune fille bien sage… Tout cela, savamment utilisé, joint à du talent, des galas judicieusement choisis, devait la placer au premier plan de nos idoles de la chanson française.

À dix-huit ans, elle représente deux millions et demi de disques. Elle reçoit, par jour, quatre cents lettres en moyenne. Elle crée une mode. Dans les rues, on rencontre autant de France Gall que de Sylvie Vartan ou de Françoise Hardy.

Elle a un programme fort chargé : après avoir refusé tous contrats pour passer les fêtes de Noël et du 1er janvier à Paris, en famille, elle va sortir un nouveau disque à la fin du mois et prépare ses valises pour de nombreuses tournées en France et à l’étranger.

France Gall vient d’acheter un bel appartement Quai du Point du Jour, où elle vit avec ses parents.

France Gall, c’est une affaire de famille.

Une affaire de famille qui, sans publicité tapageuse, sans remous sentimentaux, sans aucun scandale, marche fort bien.

Magazine : Télé Poche
Il faut noter que c’est le second numéro de Télé Poche
Date : 19 janvier 1966
Numéro : 2

France Gall en 1966

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En 1966, France Gall enchaîne les succès mais découvre les limites de son image. Les photos révèlent une artiste plus lucide, entre énergie et doute.
En 1966, France Gall enchaîne les succès mais découvre les limites de son image. Les photos révèlent une artiste plus lucide, entre énergie et doute.

En 1966, France Gall cherche à se renouveler sans rompre avec son public. Toujours entourée de Serge Gainsbourg, elle enregistre des titres plus audacieux comme Les Sucettes, dont le double sens provoque un scandale qu’elle découvre trop tard.

Cette affaire marque un tournant : elle réalise qu’on ne lui dit pas tout, et que son image peut être manipulée. Malgré cela, l’année reste intense en succès avec Baby Pop. France enchaîne concerts, télévisions et voyages, notamment au Japon, où elle rencontre un public enthousiaste. Les photos de 1966 révèlent un mélange de fraîcheur intacte et de premiers signes de distance, comme si elle commençait à se protéger. C’est une période de transition, entre confiance et remise en question, captée par l’objectif dans toute sa complexité.


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Textes librement inspirés du livre : France Gall l’intégrale / L’histoire de tous ses disques par Norman Barreau-Gély aux Editions EPA avec les pochettes de France Gall Collection

France Gall ambassadrice

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France Gall lisait « Moins 20 ». Soudain, elle vit dans le numéro d'octobre le reportage sur Sophie Agacinski, l'héroïne du feuilleton « Seule à Paris »
France Gall lisait « Moins 20 ». Soudain, elle vit dans le numéro d'octobre le reportage sur Sophie Agacinski, l'héroïne du feuilleton « Seule à Paris »

Grace à France Gall, Sophie n’est plus seule à Paris

France Gall lisait « Moins 20 ». Soudain, elle vit dans le numéro d’octobre le reportage sur Sophie Agacinski, l’héroïne du feuilleton « Seule à Paris », que « Moins 20 » vous avait présentée bien avant qu’elle fût célèbre.

France sembla intéressée par l’article et les photos, d’autant plus qu’elle est une téléspectatrice passionnée : « Oh, justement, j’adore ce feuilleton ! Si un des journalistes de « Moins 20 » pouvait me faire connaitre Sophie, je serais ravie. Je la trouve très sympathique et je brûle de la rencontrer ! » Ainsi parla France ; ainsi fut fait. Ce ne fut pas si facile. France Gall est toujours très occupée, quant à Sophie, elle jouait dans un film que nous pourrons voir bientôt sur les grands écrans, « Les Malabards sont là » (titre provisoire), avec Roger Pierre, Jean-Marc Thibault, Francis Blanche, Darry Cowl et Henri Salvador – sûrement une sombre histoire l

On trouva quand même un après-midi où ces deux jeunes vedettes étaient libres, et on leur demanda où elles voulaient se rencontrer.

On cherchait une idée originale, lorsque ce fut France qui trouve dans un grand éclat de rire l’endroit idéal : « Et si on allait chez le coiffeur. Peut-on rêver d’un meilleur endroit pour papoter à l’aise. Et chez Dessange, mon coiffeur, il y a des tas de perruques. On pourrait se les essayer, ça serait marrant !

L’idée fut adoptée. La rencontre historique eut donc lieu dans les salons de ce grand coiffeur parisien, avenue Franklin-Roosevelt, à deux pas du rond-point des Champs-Élysées.

Ce n’est un secret pour personne, la famille de France tient une part énorme dans sa vie et sa carrière. Le pigeonnier de cette famille indissoluble se tient au seizième étage d’un immeuble parisien : autant dire que les Gall ont un poste d’observation de choix, et que de leur terrasse, ils peuvent voir sans risquer d’être espionnés par des yeux indiscrets.

Il y a toujours beaucoup de va-et-vient dans cet appartement clair et très agréablement décoré où évoluent les amis, les membres de la famille, des musiciens ou des journalistes.

Après avoir repéré les authentiques représentants de la famille de France, je me suis efforcé de les connaitre un peu pour vous les présenter.

Robert Gall, le père de France et le chef de la famille, le regard dissimulé derrière des lunettes sombres, drapé dans son peignoir comme dans une toge, c’est le personnage-clé de la troupe, l’homme qui s’occupe de tout, qui voit tout, qui mène tout. Il est, depuis toujours, auteur de chansons, et offrit à Edith Piaf plusieurs succès, avant de recevoir une extraordinaire consécration avec la « Mamma ». Personne n’y croyait beaucoup, ni Aznavour, ni les Compagnons de la Chanson. Seul, Robert Gall a pressenti le prodigieux succès que serait cette chanson, chantée dans toutes les langues et déjà considérée comme un classique immortel.

Robert Gall continue d’écrire des chansons pour sa fille (il est l’auteur d’environ 50 % de son répertoire actuel). Mme Gall. Discrète, effacée même, elle gâte beaucoup sa fille, lui fait souvent de bons petits plats. Elle s’occupe de la maison, de ses enfants, du courrier de France. Elle est très fière de sa fille, mais continue d’être extrêmement simple et attachée à la bonne marche de « l’intendance ». Elle n’aime pas se faire photographier ; elle a pourtant le plus charmant sourire qu’on puisse rêver …

Patrice, 19 ans, frère aîné de France, bachelier et compositeur du « Temps de la rentrée ». Il vient de montrer qu’il est un des jeunes talents les plus sûrs de la chanson, et il continue de travailler, de chercher des mélodies sur sa guitare, sous l’œil – et l’oreille – inquisiteur de son père.

Philippe. Frère jumeau de Patrice, souvent absent en ce moment pour une raison majeure : il fait son service militaire. En dehors de cette saine occupation, il est aussi bassiste dans l’orchestre de France. Michèle, secrétaire personnelle de France, est toujours là avec son immense cahier de rendez-vous ventru, et répond à tous les coups de téléphone. Michèle Petrowski est des plus efficaces : c’est la « femme de confiance » de France ; tout passe par elle, qui filtre les demandes d’audience et rend la vie de France plus facile. Elle est aussi grande que son amie – et patronne. Nougat, le caniche de France, le chien le plus gâté qui puisse exister, adoré par sa maîtresse, et qui lui rend toute l’affection qu’elle mérite. Nougat a pourtant un problème : Sacha, qui – scandale dans la famille ! – s’est récemment imposé et prend de plus en plus de place dans la maisonnée, trop, au gré de Nougat. Sacha est chat, tout à fait de gouttière, mais très beau, en pleine santé, et joueur à plaisir. Son nom est un hommage rendu au grand ami des Gall qu’est Sacha Distel.

Ajoutez-y les musiciens (quatre) et vous comprendrez que quand la famille se déplace, on n’a pas trop de trois voitures.

Le nom de la France est sûrement prestigieux à travers le monde entier, mais le prénom de France est en train de devenir presque aussi célèbre autour de la planète. Ne croyez pas que j’exagère : j’ai vu des lettres venues- de tous les coins de la terre qui témoignaient à France Gall de l’admiration, de l’affection, sinon de l’adoration qu’on lui porte dans les cinq continents.

Notre « Poupée de son » a déjà l’Europe occidentale à son palmarès grâce au Grand Prix de l’Eurovision. L’Allemagne, l’Italie, le Bénélux fredonnent « Poupée de Cire, Poupée de Son » depuis bientôt un an, et France Gall a eu souvent l’occasion d’aller sur place chanter son « tube » dans les différentes langues européennes. Mais l’Europe de l’Est a aussi retransmis le Grand Prix de l’Eurovision et a adopté la jeune ambassadrice de la chanson française. Le père de France Gall m’apporte un énorme paquet de lettres qu’il étale sur la table. Quelle extraordinaire collection de timbres ! De Roumanie, de Pologne, de Yougoslavie, de Russie, des filles écrivent à France Gall, ou des garçons, plus exubérants, souvent amoureux, la complimentent et attendent d’elle une photo, un petit mot ou une réponse aux conseils qu’ils lui demandent… France lit toutes ces lettres. Elle est ravie ; elle est émue : « C’est extraordinaire à quel point tous ces amis que je ne connais pas et qui m’écrivent, sont gentils. Je voudrais faire des tas de choses pour les remercier, pour leur montrer combien Je suis sensible aux témoignages d’affection qu’ils m’apportent. Hélas, je reçois plusieurs centaines de lettres par jour. Si je répondais à chacun aussi longuement que j’aimerais le faire, je ne passerais plus mes journées qu’à cela ! Mais je réponds toujours, ne serait-ce que par une photo dédicacée, et je regrette vraiment de ne pouvoir faire plus … »

Je continue de brasser ces piles d’enveloppes multicolores. Je vais de surprises en surprises ; un tas de lettres d’Afrique Noire : Congo, Guinée, Côte-d’Ivoire. Là, ce sont plutôt des garçons qui écrivent. Leur cœur ne bat que pour France ; ils attendent sa visite ; ils sont disposés à faire le voyage exprès pour voir leur « poupée idole » ! J’apprends que France Gall est numéro deux au « Hit-Parade » australien. Et bien sûr, des lettres d’Océanie s’amoncellent chaque jour.

« J’ai même reçu une lettre venant d’Iran qui m’a beaucoup amusée et qui m’a fait beaucoup plaisir, raconte France ; c’était un officier de la garde du Shah d’Iran qui me demandait en mariage. Il me parlait avec enthousiasme de son pays des mille et une nuits, mais s’annonçait prêt à tout quitter pour me rejoindre s’il le fallait… C’est bien tentant l’Iran, mais enfin, j’ai demandé à réfléchir … ,.

Je lui parle de son prochain voyage au Japon, je lui demande si réellement elle est très populaire là-bas, « Je n’y croyais pas moi-même, mais c’est vrai, m’a-t-elle répondu, j’ai vendu 300 000 disques en quelques mois au Japon ! J’ai eu beaucoup de mal à apprendra mes chansons, j’ai dû les chanter en ne comprenant rien de ce que tout cela pouvait signifier, mais j’ai été largement récompensée de mes peines par le succès de vente du disque ! Tiens, voilà une affiche de moi en japonais (Je regarde, l’air perplexe devant ces caractères incompréhensibles …) Ça veut dire « Poupée de Cire, Poupée de Son » sur la première ligne, le reste je ne sais pas !

Je suis ravie d’aller au Japon. Mon voyage a été reporté, mais j’espère y aller cette année quand même ; alors, j’apprends des tas de chansons en Japonais, et j’espère ne pas décevoir ces lointains admirateurs de la chanson française !

Je continue mon voyage dans le monde des « fans » de France. Ceylan ! Une lettre extraordinaire avec des petits signes très curieux et très jolis qui donnent envie d’apprendre le Cingalais.

Voilà maintenant une enveloppe avec l’adresse suivante : « France Gall – France » ·

Les P et T ont transmis !  Ils ont aussi fait parvenir des lettres avec des adresses aussi insolites que : « France Gall, la poupée de cire française – France », ou « France Gall, Luxembourg – Allemagne » ·

Du coup, France chantonne « L’Amérique » ; j’en profite pour lui demander si elle envisage d’y aller. « Bien sûr, répond-elle. C’est même déjà prévu pour le mois de mai prochain. Je pars au Canada ou j’ai été N°1 au Hit-Parade et où j’ai, paraît-il, beaucoup d’amis. Je compte y rester assez longtemps, puis, j’espère aller en Amérique latine, où mes disques se sont aussi vendus. Je compte m’arrêter au passage aux Antilles Françaises d’où l’on m’envoie beaucoup de lettres. Regarde celle-là, si elle est gentille, c’est un Martiniquais qui me présente tous les membres de sa famille un par un (ils sont huit), et qui a écrit au dos de l’enveloppe en très gros : « Facteur, faites vite, les copains sont pressés » ·

Il y a même un professeur de Français Canadien qui a demandé à France qu’elle lui écrive des lettres qui serviraient de dictées que ses élèves apprendraient. Il parait, en effet, que les écoliers apprendraient mieux ce qu’écrit France Gall que les textes de nos grande auteurs. Ainsi, « Sacré Charlemagne » a servi de récitation à ces élèves canadiens.

Je demande quand même à France si toutes ces merveilleuses lettres des quatre coins du monde ne lui font pas oublier ses admirateurs « bien de chez nous » ·

Il n’en est pas question : « Je suis très attachée à tous les amis que j’ai en France, parce que c’est à eux que je dois ma carrière internationale, et ceux qui m’ont fait confiance les premiers sont les privilégiés dans mon cœur. Je reçois des lettres de jeunes compatriotes qui sont d’ailleurs aussi touchantes que celles qui viennent du bout du monde. Ainsi, cette chambrée de militaires qui m’écrivaient récemment qu’ils préféraient comme hymne, « Poupée de Cire » à la « Marseillaise » ·

Je fais cependant remarquer à France que les Parisiens n’ont pas été gâtés et qu’ils attendent toujours de pouvoir l’applaudir sur scène. « C’est vrai, dit-elle, je suis sans arrêt sur les routes, chantant presque chaque soir dans une ville de province différente pour des soirées et des galas, mais je ne suis jamais passée dans un music-hall parisien. On m’a souvent tentée. J’aurais- pu être vedette américaine avec un « grand » comme Johnny ou Claude François. A la rigueur, je pourrais tenter le « gros coup » : passer en vedette à !’Olympia. Mais je ne suis pas assez sûre de moi I Ce serait prendre un risque énorme pour peu de profit.

Les Parisiens peuvent me voir l’été dans mes tournées des plages ; et puis je passe très souvent à la Télévision ou la Radio.

Mais enfin, c’est vrai, il faudra que je me décide à affronter un jour le public de la capitale. En attendant, je fais mes classes, je me mets au point. Et j’ai suffisamment de travail (et de satisfaction) avec mes disques pour remettre à plus tard mes projets de scène … France est sage et prudente. Elle a sûrement raison. Encore que lors de l’enregistrement de l’émission radio d’Albert Raisner au « Marcadet-Palace » à Paris, le 2 novembre dernier, j’ai vu France Gall sur scène. Et malgré son trac, malgré l’absence du formidable orchestre d’Alain Goraguer, qui fait les arrangements de tous les disques de France, et malgré aussi l’audace de notre idole de poche qui n’a pas hésité à chanter une chanson aussi difficile que ce « Jazz à Gogo », ce fut un triomphe, de la part d’un public d’habitués très exigeants et tout à fait connaisseurs. Peut-être que cette soirée rassurera France quant à l’accueil que lui réserveront les Parisiens le jour où elle voudra bien leur faire l’aubade …

Le tour du monde avec la chaîne des admirateurs de France s’achève donc. Nous avons fait un beau voyage… et pris un bon cours de géographie.

Une dernière lettre tombe sous la main de France. Une admiratrice belge. Voici à peu près ce qu’elle dit : « Chère France, il faut à tout prix que tu viennes passer quelques jours chez moi. Tu te reposeras, t’amuseras comme tu voudras … Je ferai tout ce que tu me demanderas. Je te préparerai tes plats préférés (les bananes flambées) à chaque repas ; personne ne t’ennuiera ; je serai toujours près de toi pour te servir. je te supplie de venir, etc …

France Gall sourit. Elle est très heureuse, très émue aussi …

Magazine : Moins 20
Par Jean-Michel Castel
Date : Décembre 1965
Numéro : 7

France Gall, de Madrid al Japon (Presse) 🇪🇸

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1965 - Ama n° 141 - Presse France Gall - France Gall, de Madrid al Japon (Espagne)
1965 - Ama n° 141 - Presse France Gall - France Gall, de Madrid al Japon (Espagne)

France Gall, de Madrid au Japon

Elle est petite et blonde. Elle a les yeux bruns et mâche du chewing-gum sans cesse. La chanteuse yéyé et gagnante du dernier Festival de l’Eurovision est arrivée en Espagne, elle s’est produite trois jours dans une salle de fêtes, et puis elle est partie vers le Japon.

France avait invité les journalistes dans une conférence de presse ; qui finalement n’eut pas lieu car la « poupée » disposait que d’un quart d’heure et les journalistes s’étaient fatigué d’attendre la « diva » et de supporter les arrangements des haut-parleurs pour entendre sa douce voix.

Papa Gall, son manager, s’en est sorti des infondés affronts de la fillette. “Sa place en tant que chanteuse est la quatrième parmi les grandes figures… Elle a vendu trois millions de disques… Elle est une fille courante et normale.”

Et vu que France n’avait plus rien à dire, on l’a laissé en lui souhaitant – si un jour elle devient une grande star de la chanson – qu’elle sache apprécier véritablement la presse et les journalistes, qui s’épuisent en quête de nouvelles.

Merci à @fanbabou47 pour la retranscription et traduction

P.C.

Magazine : AMA
Date : Décembre 1965
Numéro : 141

France Gall, la “ye-ye” mas activa del mondo (Presse) Espagne 🇪🇸

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Article en langue espagnole paru dans le magazine Ama en novembre 1965. : France Gall, la "ye-ye" mas activa del mondo (Presse) Espagne 🇪🇸
Article en langue espagnole paru dans le magazine Ama en novembre 1965. : France Gall, la "ye-ye" mas activa del mondo (Presse) Espagne 🇪🇸
Article en langue espagnole paru dans le magazine Ama en novembre 1965. : France Gall, la "ye-ye" mas activa del mondo (Presse) Espagne 🇪🇸

La sympathique chanteuse France Gall, qui a rendu célèbre la chanson “Poupée de cire” et qui a gagné le Festival de l’Eurovision, est aujourd’hui à la une de notre magazine.

France est admiratrice de notre pays, où l’on a toujours applaudi ses meilleures créations.

Malgré ses goûts modestes, France aime bien aller faire les magasins du Faubourg Saint-Honoré. Dans l’image ci-dessous, elle choisit un costume dans une boutique.

Des lettres, des appels, des contrats… France Gall est une yéyé très active. Le nom de France Gall avait dernièrement été associé à une très connue salle de concerts madrilène. France Gall, la yéyé du moment, va bientôt chanter à Madrid, bien que des imprévus de dernière minute aient retardé son arrivée.

“La poupée de cire” – telle qu’on connaît la chanteuse à l’heure actuelle – a passé un été plein d’activités et d’agitation. Son unique saison de repos fut le mois d’août, qu’elle laissa libre de contrats pour aller avec sa famille à Sardague et pratiquer son sport préféré : la pêche sous-marine.

Les journaux de type sensationnaliste ont souvent publié des nouvelles portant sur les supposés amours de la petite chanteuse. Son père a même tenu un procès contre un journal français qui a comploté une histoire d’amour entre France et le chanteur français Claude François. Il a aussi été dit qu’elle était amoureuse d’un jeune chanteur catalan ; mais jusqu’à présent on a juste pu vérifier que le seul grand amour de France Gall est son métier, ses chansons.

– Je chante parce que ça me plaît – dit-elle – et parce que je n’avais presque pas d’autre choix. Chez moi on est tous musiciens : mes frères, mon père. Même moi j’ai appris la guitare avant les mathématiques, que l’on m’a enseigné au Lycée Paul Valéry de Paris.

– Ta famille est-elle satisfaite du métier que tu as choisi ?

– Oui ; bien sûr. Quant à moi, je suis plus satisfaite de moi-même que quand j’étais à l’école.

– Quelle était la carrière que tes parents comptaient te donner ?

– Ma mère était plus incline à ce que finisse ma scolarité. Par contre, mon père voulait que je chante. Il m’encourageait constamment, en me montrant des chansons et en éduquant ma voix. J’adore aussi la danse et j’ai pris des leçons pendant quelques mois à l’académie de ballet de Mouriel, la sœur de Jean-Paul Belmondo.

Les lettres sont de plus en plus nombreuses, Les yéyés du monde entier lui envoient des tonnes de lettres. La nage est un de ses grands loisirs. Même en plein automne, elle aime prendre un bain à la piscine.

Nous savons que France a reçu une offre de contrat avec Columbia pour sept ans, avec des chiffres plus que respectables. Quand on lui a demandé à propos de cela :

– Je n’ai pas de temps pour jouer au cinéma. Il ne me reste même pas du temps pour y aller en tant que spectatrice.

– Et tu aimes le théâtre ?

– Je n’y vais jamais. Jean Meyer m’a proposé de me révéler comme actrice, mais j’ai refusé l’offre. Ça m’ennuie de penser que je dois toujours jouer le même rôle. Moi j’aime la variété, l’improvisation, le mouvement.

– Quels rythmes préfères-tu chanter ?

– J’aime tous les rythmes qui vont avec la jeunesse d’aujourd’hui.

– Que penses-tu de la jeunesse ?

– Ils sont très agréables, en tout cas avec moi. Depuis que j’ai gagné le festival, je reçois beaucoup de lettres. J’ai dû chercher une secrétaire pour qu’elle s’en occupe.

– Quel est ton genre de garçon ?

– Je n’ai pas un type concret ; mais j’aimerai qu’il ait les yeux clairs.

– Quels sont les habits que tu préfères ?

– Les pièces simples. Je porte habituellement des jupes plissées, des pantalons et des tricots en cachemire.

– As-tu beaucoup d’amis ?

– Oui ; j’ai en plus deux amis inséparables : un petit caniche noir, nommé « Nougat» ; et le téléphone, j’aime passer des heures au téléphone avec mes amis.

– Quels sont tes chanteurs préférés ?

– Bécaud, Claude François, Françoise Hardy et Michel Legrand.

On a souvent parlé de la timidité de France Gall, de son trac avant de se présenter face au public.

– Est-il vrai que tu as beaucoup le trac avant de sortir sur scène ?

– À vrai dire, je n’ai pas peur, sauf quelques minutes avant et pendant les premières phrases de la première chanson ; après, plus rien, comme si je chantais chez moi.

Et France continue à nous parler de ses projets. Une vie de travail intense où elle présente ses chansons au monde entier ; accompagnée par “les Français”, un jeune quatuor joyeux et dynamique qui sait être le meilleur fond pour ses mélodies.

France Gall est, à ses dix-neuf ans, une bosseuse infatigable, amoureuse de son métier, qui continuera à chanter partout dans le monde jusqu’à ce que… un jeune garçon aux yeux clairs conquière son cœur.

*Traduction : Fanbabou47

Magazine : Ama (Espagne)
Article en espagnol
Date : Novembre 1965
Numéro : 139

Natuurlik is het France Gall, gecoiffeerd door Jacques Desanges

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Il s'agit bien sûr de FRANCE GALL, coiffée par Jacques Dessange (Paris). Voir plus de nouvelles coupes de cheveux pour adolescents à la page 43
Il s'agit bien sûr de FRANCE GALL, coiffée par Jacques Dessange (Paris). Voir plus de nouvelles coupes de cheveux pour adolescents à la page 43

Herken je ze?

Natuurlik is het FRANCE GALL, gecoiffeerd door Jacques Desanges (Paris). Meer nieuwe tiener-en twenkapsels ziet u op blz. 43

Reconnaissez-vous qui c’est ?

Bien sûr, c’est FRANCE GALL, coiffée par Jacques Desanges (Paris).

Vous découvrirez d’autres nouvelles coiffures pour adolescents et jeunes adultes à la page 43.

Magazine : Strip
Journal TV Allemand.
Taille 28×21 cm
Date : 30 Octobre 1965
Numéro : 44