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France Gall dans l’arène de Bercy

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Dans quelques jours (du 1er au 6 juin), France Gall sera sur la scène du Palais Omnisports de Bercy.
Dans quelques jours (du 1er au 6 juin), France Gall sera sur la scène du Palais Omnisports de Bercy.

Dans quelques jours (du 1er au 6 juin), France Gall sera sur la scène du Palais Omnisports de Bercy.

Elle y interprètera ses plus belles chansons et les derniers titres de l’album Gall/Berger, “Double jeu”, enregistré peu de temps avant le décès de Michel Berger, son époux, le 2 août dernier.

« Je ne fais pas ce spectacle pour Michel, confie France Gall. La scène, on ne s’y lance pas pour quelqu’un, mais parce qu’on en a envie. C’est un rendez-vous d’amour. On vient prendre et donner. Je pourrais raconter que je le fais parce que c’était prévu « avant », à deux. Avec Michel, nous avions décidé de chanter à Bercy ensemble, de faire de nouveaux albums et des spectacles ensemble. De travailler sur des choses plus longues, plus durables. Bercy, j’y vais seule. Mais je crois que je n’avais pas d’autre choix. Il aurait été vraiment trop triste d’arrêter comme cela. La musique, c’est la vie. »

« Plus fort que tout … »

De la « Poupée de cire » qui chantait sans malice « Les sucettes à l’anis » à « Babacar », « Superficiel et léger » … que de chemin parcouru pour France Gall !

Alors que ses « copines » chanteuses de l’époque ne figurent plus dans les hit-parades depuis de longues années, la triomphatrice du Prix Eurovision 1965 (« Poupée de cire, poupée de son ») est toujours là. Et à la première place.

« J’ai connu pourtant une époque difficile, dit-elle. Les années 70 ont commencé sans moi. J’étais prisonnière du répertoire qu’on me proposait et dont je ne voulais plus. Je piétinais. J’ai tout arrêté et je me suis mise à vivre dans l’ombre d’un chanteur (Julien Clerc). »

Après une dépression nerveuse et six ans d’absence, un homme la remet en selle : Michel Berger. « Un jour, en 1973, j’ai entendu une chanson de lui à la radio. C’était « Attends-moi ». Comme dans un conte de fées, je me suis dit « ce sera lui ou personne d’autre ».

« De leur première rencontre, naîtra « La déclaration ». Un énorme succès. Bien d’autres suivront : « Il jouait du piano debout », « Tout pour la musique », « Ella, elle l’a », « Papillon de nuit », « Laissez passer les rêves » … Après le Palais des Sports (1982), le Zénith (1984 et 1987), France Gall affronte de nouveau une scène gigantesque avec Bercy.

Dernière minute : pour des raisons de santé, France Gall a reporté son concert à Bercy au 10, 11, 12 et 22, 23, 24 septembre. Nous lui souhaitons un prompt rétablissement.

Magazine : TV Continent (Gratuit)
Du 26 mai au 1er juin 1993

France Gall : “je reviendrai en septembre”

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France Gall, je reviendrai en septembre
France Gall, je reviendrai en septembre
France Gall, je reviendrai en septembre

Opérée d’une tumeur maligne du sein, France Gall : “Je me bats, je vais guérir”.

Après la disparition de son mari Michel Berger, le 9 août 1992, la chanteuse traverse une nouvelle épreuve, la maladie, sans baisser les bras.

Il n’y a que ça à faire. Chanter. Chanter à nouveau pour surmonter sa douleur. France Gall prépare minutieusement, comme Michel Berger en avait l’habitude, le spectacle qu’elle va donner au Zénith.

Le besoin est tel que, malgré son hospitalisation, elle s’échappe une journée pour enregistrer, le 5 mai, un 45 tours compact, Mademoiselle Chang. Le disque est fabriqué dans la nuit pour être disponible le lendemain matin chez les disquaires … Le tour de force n’est pas allé jusqu’aux représentations, prévues dès le 1er juin à Bercy. Le communiqué a gelé les répétitions. “France Gall, opérée d’une tumeur maligne du sein, de bon pronostic, le 22 avril dernier, est obligée de reporter les dates de son spectacle à Bercy. En cours de traitement complémentaire par irradiation, l’état de France Gall est considéré par ses médecins comme satisfaisant pour permettre de fixer de nouvelles dates en septembre.”

Le défi qu’elle s’était lancé était-il prématuré ? L’angoisse liée aux préparatifs de ce grand show et à l’inquiétude d’une hospitalisation n’était certes pas propice à sa convalescence. Et pourtant, le 10 avril dernier, avant son opération, invitée de Nagui sur le plateau de Taratata, France Gall ne laissait rien paraître et montrait sa ferveur au public enthousiaste. Personne ne se doutait de rien au cours de cette «rentrée» aux allures de retrouvailles. France Gall, populaire par son talent et son courage, est un petit bout de femme qui force l’admiration. “J’ai confiance, a-t-elle dit, je me bats, je vais guérir et je serai sur scène en septembre.”

Lettre à France, par Françoise Prévost

Actrice et auteur d’une autobiographie, L’amour nu (Soline), Françoise Prévost est aussi la co-scénariste du film du même nom de Yannick Bellon, adaptation de son récit, avec Marlène Jobert et Jean-Michel Folon. Françoise Prévost a été atteinte d’un cancer du sein, il y a près de vingt ans. L’amour nu est le témoignage sur sa lutte et sur sa guérison. Elle répète en ce moment une pièce, Opening night, adaptée du scénario de John Cassavetes, mise en scène par Philippe Pène, qui sera présentée au Lucernaire à la rentrée. Françoise Prévost a tenu à apporter son soutien à France Gall.

Chère France Gall

Lorsque j’ai entendu à la radio que l’on devait vous opérer d’un cancer du sein, j’ai eu envie de vous écrire pour vous dire merci. Parce que si nous avons appris cette information, c’est que vous aviez accepté qu’elle soit diffusée ou, peut-être, que vous aviez tenu à ce qu’on le dise.

Je connais bien cette petite musique-là. Je l’ai entendue il y a une vingtaine d’années. Dans la tête, ça va très vite. On apprend que le cancer du sein se guérit d’autant mieux qu’il est soigné dès les premiers symptômes. Que ces symptômes, il ne suffit pas de les attendre, mais qu’il faut se faire examiner régulièrement, chaque année, à partir d’un certain âge. Mais pourquoi tant de femmes ne le fontelles pas, qui viennent grossir le nombre de celles qui en meurent? Parce qu’elles ont peur!

Le meilleur moyen d’avoir moins peur, c’est d’entendre une voix qui dit bien haut : “J’ai un cancer du sein. Je vais, avec l’aide des médecins, arranger ça, et vous viendrez en septembre me voir chanter à Bercy. Désolée pour le retard A bientôt. .. »

Merci, France Gall, pour les centaines de femmes qui vont guérir et survivre grâce à vous.

Et merci de chanter aussi bien.

Je vous embrasse.

J’embrasse quelquefois les gens que je ne connais pas.

Françoise Prévost

Magazine : Télé K7 Vidéo Cinéma Télé
Date : 24 mai 1993
Numéro : 507

C’est à la veille de Pâques que France Gall a appris son cancer !

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Elle a bouleversé le pays entier, France Gall. Par son courage, sa volonté de lutter à tout prix contre le mal qui venait de la frapper. Le cancer. Et pas n'importe quel cancer : celui du sein.
Elle a bouleversé le pays entier, France Gall. Par son courage, sa volonté de lutter à tout prix contre le mal qui venait de la frapper. Le cancer. Et pas n'importe quel cancer : celui du sein.

Elle a bouleversé le pays entier, France Gall.

Par son courage, sa volonté de lutter à tout prix contre le mal qui venait de la frapper. Le cancer.

Et pas n’importe quel cancer : celui du sein. Un mal qui concerne toutes les femmes, qui est susceptible de les atteindre à leur tour, un jour où l’autre.

C’est pour cela que vous avez été des milliers à soutenir France dans son nouveau combat. Un combat qu’elle a mené jusqu’à maintenant avec encore bien plus de courage qu’on ne pouvait l’imaginer.

En effet, alors que l’on apprenait l’existence de son cancer, le 11 mai, France, elle, le savait depuis un mois déjà. C’est en effet à la veille de Pâques que les médecins ont rendu leur diagnostic : « Tumeur maligne, de bon pronostic. »

Pendant tout ce temps, ces trente jours qui ont dû lui sembler interminables, France s’est battue seule. Sans que personne ne puisse se douter du drame qu’elle affrontait.

Ainsi, lorsqu’elle est apparue à l’émission de Nagui, « Taratata », le samedi 10 avril, France savait déjà. Et pourtant, elle s’est montrée plus drôle, plus resplendissante, plus talentueuse que jamais. L’image d’une femme en paix …

C’est cette fantastique volonté de vivre, ce farouche désir de lutter, que vous êtes si nombreuses à admirer chez France Gall. Et vous avez envie de le lui dire. De lui dire que toutes les femmes sont derrière elle, qu’elle n’est pas seule.

Déjà, vos « lettres à France » affluent à la rédaction de « France Dimanche ». Soyez assurées que nous les lui ferons parvenir, toutes, sans exception. Et, pour toutes celles qui ont envie de dire à France qu’elle doit continuer à se battre, que l’amour de ses fans est plus fort que jamais dans l’épreuve, pour celles qui ne l’ont pas encore fait, il est encore temps. Vos paroles d’espoir lui feront chaud au cœur, et France aura à cœur de remercier toutes celles qui lui auront écrit.

Comment ? Tout simplement en tenant la promesse qu’elle a faite quand elle a été obligée d’annuler ses concerts à Bercy :

« Je reviendrai. Je vous jure que je reviendrai sur scène »

Magazine : France Dimanche
Date : du 22 au 28 mai 1993
Numéro : 2438

Le bouleversant courage de France Gall

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Atteinte d'un cancer du sein, France Gall a été opérée le 22 avril et reporte à septembre son Bercy prévu pour juin.
Atteinte d'un cancer du sein, France Gall a été opérée le 22 avril et reporte à septembre son Bercy prévu pour juin.

Atteinte d’un cancer du sein, France Gall a été opérée le 22 avril et reporte à septembre son Bercy prévu pour juin.

La nouvelle a suscité une émotion inouïe. Le destin s’entête, mais France Gall, une fois de plus, fait preuve de ce courage qu’elle a déjà montré après la mort de Michel Berger.

“Elle a, elle a ce je ne sais quoi … Ce petit truc en plus, cette incroyable grandeur d’âme …” Ce sont ces mots de Michel Berger, tirés d’une chanson-hommage à Ella Fitzgerald, qui se sont tout de suite imposés à notre esprit en apprenant la nouvelle.

Que France Gall, victime d’une tumeur maligne au sein – “de bon pronostic” précisent les médecins – se soit fait opérer le 22 avril d’un cancer, alors qu’on la croyait en vacances à Ramatuelle et qu’elle ait maintenant à subir – “sans inquiétude” affirment heureusement ses proches – un traitement complémentaire par irradiation dont, vraisemblablement, les effets secondaires des premières séances l’ont amenée à différer Bercy, cela, bien sûr, incite à une tristesse rageuse. Depuis huit mois et la tragique disparition de Michel, son combat a été suffisamment douloureux pour que le destin l’épargne de toute autre agression.

Mais que, se sachant malade, elle ait préféré tout cacher et tenter de relever l’incroyable défi que mener conjointement toutes ses convalescences- celle de la chanteuse qui, longtemps, avait renoncé à des bonheurs qu’elle croyait galvaudés, celle de l’épouse abandonnée en plein renouveau par son omniprésent « professeur Tournesol », celle, enfin, de la femme atteinte dans sa chair par la malignité – voilà qui laisse pantois sur ses ressources intérieures d’autant plus que, il y a tout juste une semaine, France avait enregistré “live”, en une seule journée, sa version de “Mademoiselle Chang”, de Michel Berger.

“Parfois je m’épate”, nous confiait-elle, l’autre jour, en nous interdisant aussitôt de le répéter. Elle évoquait le trouble dans lequel, au-delà du chagrin, l’avait plongée la disparition de Michel. “Avant, j’avais toujours besoin de me sentir protégée, car je savais que la chose était possible. Depuis, tout a été brusqué. Je suis obligée de me prendre seule en main … et j’y arrive!”

Pour ce faire, France avait d’abord pris “sa” grande décision, chanter quand même : “Je l’ai prise très vite mais, sans que je sache très bien pourquoi, il a fallu que j’attende Noël pour la rendre publique. Exactement comme pour oser sortir de chez moi, à part pour les concerts de Johnny ou de Catherine Lara, où l’émotion m’a finalement submergée.”

Ensuite, elle a fait, comme le chanterait Michel, sa “déclaration” : “C’est vrai ! Un jour, j’ai dit tout haut : je vais faire Bercy. Quatre mots qui mettent en route tellement d’argent, de risques, d’émotion. Je les ai prononcés pour ne plus avoir à reculer.”

En nous confiant cela, elle avait ajouté : “Je sais que je vais y arriver”, avec un ton d’une étonnante véhémence. Peut-être pensait-elle alors à l’ultime et insidieux obstacle de sa maladie. Il ne fallait pas compter sur elle pour se livrer à ce sujet, puisqu’elle ajoutait aussitôt : “Ce qui m’importe, même dans la douleur, c’est la dignité. Je suis très choquée par tous ceux qui jouent sur l’émotion. Je ne suis pas du genre à tirer la larme aux gens”.

Il lui restait encore à s’organiser pour se gérer elle-même tout en gérant l’énorme entreprise “Berger”. Sur le plan privé comme sur le plan professionnel, elle sut saisir les bonnes mains : “Au début, à titre personnel, mon amie Coco Balavoine m’a beaucoup aidée. C’était un réconfort inouï d’avoir à côté de soi quelqu’un qui avait connu un drame similaire. Et puis, il y a eu énormément d’amour et d’amitié, y compris anonyme, autour de moi.”

C’est ainsi parée que France a commencé à concevoir ce spectacle qui, avec déjà cinquante-cinq mille billets vendus, allait créer l’événement artistique autant qu’émotionne !

Au programme, on allait bien sûr entendre “Double jeu”, l’album publié par le couple à la fin du printemps dernier, mais aussi, au-delà des “incontournables” de France, la plupart des titres chantés jusqu’ici exclusivement par Michel : “Si c’était pour chanter d’autres chansons que les siennes, je ne serais pas là.”

Les nouvelles dates sont déjà fixées, deux fois trois jours les 10, 11, 12 puis les 22, 23, 24 septembre. Avant, France, au repos forcé, continuera quand même à s’occuper de Michel. A la rentrée, Paris doit aussi accueillir le “Tycoon”, version anglaise de “Starmania”, dont le disque fait un carton dans le monde entier et dont Lewis Furey assurera la mise en scène.

Et puis, dans quelque tiroir secret du couple que jamais le temps ne scellera, il y a un scénario de film, signé Michel Berger, qui lui tenait terriblement à coeur. Plus qu’intéressés, certains producteurs l’avaient baptisé “Totem”. France aimerait remettre la machine à flot et redonner à l’oeuvre son titre original : “Le bruit silencieux de la pagaie”. Pas étonnant, quand on sait comme elle peut ramer dur tout en gardant le silence.

Alain Houstraete-Morel

Quelques jours avant son opération, elle se confiait à Alain Houstraete-Morel : “Je n’ai pas pu accepter le départ de Michel”

Alain Houstraete-Morel a rencontré France Gall juste avant “Taratata” le samedi 10 avril, qui marquait son premier vrai retour à la scène et un peu à la vie. Moins de deux semaines plus tard, France entrait en clinique.

Après la mort de Michel, vous avez gardé le silence longtemps. Pourquoi?

Vous savez, s’il n’y avait pas Bercy de plus en plus proche, il n’y aurait toujours pas un mot ni une photo. Outre que je n’en avais pas la force, je déteste me faire voir ou entendre en dehors de mes activités professionnelles. Le déballage du malheur me gêne. Je crois qu’on a réussi à l’empêcher, que tout a été digne. Et puis, j’avais le droit au temps. Comme au poker, quand c’est à soi de distribuer les cartes.

Rechanter déjà, est-ce aussi, comme au poker, un coup de bluff avec le destin ?

Je ne sais pas. C’est peut-être une diversion. C’est en tout cas, actuellement, mon seul accès à la joie. Je chante pour retrouver le bonheur. J’ai déjà lu dans la presse des titres du genre: “Son défi, par amour”, bassement racoleurs et. .. inexacts. Depuis que Michel est parti, je me rends compte, comme jamais, à quel point j’aime chanter. Ce n’est plus du plaisir, ça devient une passion.

Depuis que Michel est parti … Beaucoup de choses ont changé?

Tout a changé. Dans ma tête, déjà. Etre veuve, pour commencer. Rien que le mot, difficile de l’admettre. Et puis, même si à 40 ans j’avais décidé de m’occuper un peu de moi, tout restait lié à ma tribu. C’était ma référence essentielle. Aujourd’hui, Michel me manque pour tout. Son intelligence et ses avis sur les choses ont laissé un vide incroyable.

Comme celui d’un père ?

Non! Mon père, je l’ai adoré mais, depuis sa mort, il y a trois ans, il ne me manque pas de la même façon. Michel, c’était un grand enfant génial avec moi, façon professeur Tournesol. Même quand il était sérieux, voire sinistre (rire), le regarder vivre nous comblait de joie. Avec les enfants, d’ailleurs, quand on parle de lui, on se rappelle toujours les moments drôles.

Pauline et Raphaël, comment avez-vous fait face à leur chagrin ?

La souffrance des enfants, ça dépasse tout ce qu’on se croit capable d’assumer. Leur refus d’admettre les choses aussi. C’est pour ça que j’ai tenu à ce qu’ils assistent à l’enterrement. Ils ne voulaient pas, mais il fallait qu’ils voient… qu’ils croient. Je les avais préparés comme j’ai pu à l’incontournable mur des appareils photos. Ce jour-là, ils sont devenus des personnages publics, ce qui leur avait toujours été interdit. Ensuite, on a réécouté tous les disques de leur père et on a lu ensemble tous les articles sur le drame. Maintenant, ils participent à tout. On a choisi mon répertoire ensemble et ils sont venus aux premières répétitions. Ils ne voulaient pas que je refasse de la scène. Ce métier, la vie aussi, pour eux, désormais, c’est dangereux.

Comment les avez-vous convaincus ?

En leur expliquant que je ne faisais cela pour personne d’autre que pour moi. En leur disant le bonheur que j’éprouvais à faire vivre cet album et revivre les chansons de leur père. En leur faisant comprendre qu’il était essentiel qu’ils me soutiennent et que j’avais besoin qu’ils m’approuvent. En fait, ils étaient inquiets pour moi. Maintenant, ils sont hyper-concernés par le spectacle. Eux et moi, on vit notre petite vie, on s’aime comme des fous, on se touche tout le temps pour se rassurer. Ça se passe plutôt bien.

Et l’école ?

On sait qu’il y a des cycles à respecter, des étapes qu’ont eues à franchir tous les enfants qui ont connu ce genre de drame.

Qui vous aide à les franchir ?

Moi, d’abord. Quand c’est arrivé, j’ai incroyablement assuré. J’arrivais quand même à tout faire. Prévenir les gens, régler tous les problèmes, accueillir les proches. Je me souviens par exemple que j’ai voulu faire visiter notre maison à Jean-Jacques Goldman ou que j’ai été la seule à regarder entièrement l’émission qu’avait improvisée Michel Drucker. Et puis, il y a eu l’amour que m’ont manifesté les gens – et pas seulement les proches. L’expression “serrer les rangs”, je sais vraiment désormais ce qu’elle veut dire. Mais la solitude, cela vous surprend quand même, qu’on soit entouré ou non.

Pour votre couple, l’album “Double jeu”, n’était-ce pas une sorte de second souffle ?

Que Michel ait réussi presque contre son gré à me faire cet album, c’était sa preuve d’amour. Vous savez, quand on vit ensemble dix-huit ans et vingt-quatre heures sur vingt-quatre, c’est qu’il y a des choses très fortes. On était un couple particulier rare dans ce métier, pas à l’eau de rose, parce que le bonheur n’est jamais simple, mais soudé pas les mêmes valeurs et par le même humour.

Ramatuelle, vous avez pu y retourner ?

Oui, très vite et avec les enfants. C’est là qu’ils avaient vécu avec leur père pour la dernière fois. Il ne fallait pas laisser le malheur imprégner l’endroit. Il fallait au contraire, y faire fleurir les bons souvenirs.

Le Sénégal, vous y allez encore ?

Bien sûr, ce n’était pas une passade, mais un port d’ancrage. On est allés tous les trois passer Noël dans mon cabanon, histoire de ne pas voir passer Noël. Mais les choses ne sont pas si simples.

Aujourd’hui, qu’est-ce que vous souhaitez ?

Etre heureuse le plus vite possible. Je sens qu’il se passe des choses nouvelles en moi. En fait, je voudrais surtout que le processus de cicatrisation s’accélère. Je guette les arcs-en-ciel.

Y en a-t-il déjà eu de beaux ?

Bien sûr. Le dernier, c’était il y a quelques jours, pour l’anniversaire de Raphaël. On fêtait ça et, soudain, quelqu’un a sonné à la porte. Quand elle s’est ouverte, il y avait devant Raphaël son idole absolue, David Ginola, le footballeur du P.S.-G. qu’il rêvait de rencontrer. C’était notre ami Gérard Holtz qui avait concocté ce cadeau. Pour Raphaël, cela aura été le plus bel anniversaire de sa vie et, pour moi, comme un sourire de l’avenir.


Le courage de France Gall (courrier des lecteurs)

Pourquoi le destin s’acharne-il donc toujours sur les mêmes personnes ? France Gall avait déjà fort souffert du décès de Michel Berger et la voilà maintenant en proie à la terrible maladie qu’est le cancer. Nous, les téléspectateurs et ses fidèles fans, nous nous réjouissions à l’avance de la retrouver prochainement à l’écran. Elle venait d’apparaître dans quelques émissions et tout laissait supposer qu’il y aurait des suites. J’espère que, dès qu’elle sera remise de son opération, elle pourra rapidement retrouver son public et concrétiser ses projets. Je suis de tout cœur avec elle. Patrick F., Lille.

C’est à ses enfants que je pense le plus maintenant. Ils ont dernièrement perdu leur père, Michel Berger, et il n’a pas dû être facile de faire face aux nombreux hommages qui lui ont été rendus. Revoir constamment son père à l’écran, c’est un peu retourner sans cesse le couteau dans la plaie. Le choc semblait passé lorsque France Gall avait courageusement décidé de reprendre le dessus et d’à nouveau se produire sur scène. Avec bonheur, nous retrouvions notre chanteuse préférée. Mais voilà que le cancer annule tous ces beaux projets … Ses enfants devront, une fois de plus, faire preuve de courage. T.V., Toulouse.

Que de répercussions dans les médias de la maladie de France Gall ! Le cancer du sein est une maladie particulièrement éprouvante moralement, surtout lorsqu’il y a eu ablation, mais je peux en témoigner, on recommence à vivre normalement une fois l’épreuve passée. A condition, bien entendu, que les premiers signes aient été décelés à temps. Mais telle que m’apparaît l’artiste, c’est une battante qui en sortira victorieuse. C’est un moment difficile à passer et sa famille devra beaucoup s’occuper d’elle, la réconforter, mais qu’elle ne perde pas espoir. J’ai 54 ans et, après une opération de chirurgie esthétique (on m’a totalement reconstruit le sein), j’ai repris goût en la vie. Bonne chance, France! Ginette F., Marseille.


Le Dr T.: Nous avons tous le cancer en nous, un brusque choc émotionnel peut le développer.

Le cancer est une maladie de l’adulte, plus fréquent entre 40 et 50 ans. Le cancer du sein, dont a été opérée France Gall (45 ans) est un des plus répandu chez les femmes : environ une sur cinq développera ce type de tumeur au cours de sa vie. La plupart en guérissent, car les traitements médicaux ont fait de grands progrès dans ce domaine. Cependant, la prévention (palpation des seins) joue un rôle essentiel. Pour en savoir plus, nous avons interrogé le Dr T., cancérologue.

GD : Le cancer du sein nécessite-t-i l une intervention très lourde?

Dr T. : L’opération dépend avant tout de la gravité de la tumeur décelée. Ce peut être une intervention bénigne en vue d’enlever un nodule, ou, quand le cancer est plus avancé, l’ablation complète du sein. En soi, il s’agit d’opérations assez minimes, que la chirurgie maîtrise bien aujourd’hui.

GD : Après la chirurgie, quels traitements doit suivre le malade?

Dr T. : Il est essentiel de poursuivre avec un contrôle médical, en surveillant le développement des ganglions au-dessous du bras. Les suites immédiates de l’opération sont des risques de modification anatomique, notamment le bras qui gonfle. Il existe aujourd’hui des traitements appropriés. On ne voit presque plus de femmes opérées avec un énorme bras qui a gonflé.

« Sur le pronostic et les chances de réussite, il est plus délicat de se prononcer. Cela varie selon chaque cas. Le bilan dépend de ce qui aura été découvert durant l’opération et des résultats de l’analyse de la tumeur retirée. Certains patients guérissent très vite, d’autres nécessitent des traitements plus lourds, comme la chimiothérapie ou la radiothérapie. Il y a des cas de récidive. Toutes les femmes doivent palper leurs seins à partir d’un certain âge. Elles peuvent le faire à l’approche de la quarantaine, qui est celle de la ménopause, mais elles peuvent le faire par prudence avant. Les mammographies (contrôle du sein par rayons X) sont recommandées au rythme annuel après 50 ans. »

La mort de Michel

GD : Est-il vrai que chacun porte le cancer en soi ?

Dr T. : Nous avons tous des gènes qui déterminent, au niveau de notre santé, notre présent et notre avenir. Certains gènes portent, dès notre naissance, un code qui peut déclencher un cancer, mais ils sont en permanence contrôlés et réprimés par l’organisme.

« Dans certaines circonstances, les gènes porteurs du cancer échappent au contrôle : le fumeur développera le cancer du poumon, un certain virus attrapé en Afrique favorisera un autre type de cancer, etc. »

GD : Connaît-on les facteurs déclenchants du cancer du sein?

Dr T. : Pour ces tumeurs, on sait qu’il y a des prédispositions héréditaires. Elles dépendent aussi du type d’alimentation. Par exemple, les femmes japonaises, qui se nourrissent autrement que nous, ne développent quasiment jamais de cancer du sein. On dit que certaines hormones féminines induisent ce type de tumeurs, mais c’est très controversé.

GD : Un choc émotionnel, par exemple le fait que France Gall ait perdu son mari Michel Berger en août dernier, peut-il induire le cancer?

Dr T. : C’est tout à fait possible, mais là aussi c’est controversé. Certains travaux cliniques ont été effectués, mais cela demeure au niveau des suppositions. Un état dépressif ou un choc émotionnel peut affaiblir, au niveau du cerveau, des défenses naturelles. Mais c’est très difficile à quantifier. On est dans le domaine des sentiments et de la psychologie, et la science se trouve alors plus démunie pour ce type d’analyse.

Propos recueillis par Guy DARRÉNOUGUÉ

Magazine : Ciné Télé Revue
Propos recueillis par Alain HOUSTRAETE-MOREL, Guy DARRÉNOUGUÉ
Date : 22 au 28 mai 1993
Numéro : 9320

France Gall, son courage face à la maladie

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France Gall, son courage face à la maladie
France Gall, son courage face à la maladie
France Gall, son courage face à la maladie

Elle a reporté ses concerts à Bercy, prévus en juin.

Opérée d’une tumeur au sein, la voilà contrainte au repos. France passera sa convalescence chez elle.

Après la brutale disparition de Michel Berger, il y a neuf mois, après le deuil et le chagrin, puis le réapprentissage progressif du bonheur, entourée de ses proches et surtout de ses deux enfants, Pauline, quatorze ans, et Raphaël, douze ans, France Gall pensait avoir fait le plus dur. Son enthousiasme retrouvé, elle avait décidé de remonter sur scène, au Palais omnisports de Paris-Bercy, du 1er au 6 juin. Hélas ! le rendez-vous sera une nouvelle fois décalé. Fatiguée depuis quelques semaines, la chanteuse a appris, lors d’une visite chez son médecin, qu’elle présentait une tumeur maligne au sein nécessitant une opération urgente. Cruelle épreuve après des mois douloureux.

Elle devra subir une radiothérapie

Le 22 avril, la chanteuse a donc été opérée dans un établissement parisien. Entourant, comme à son habitude, sa vie privée d’un voile de discrétion, la nouvelle n’a pas manqué de surprendre quelques-uns de ses proches et notamment ceux qui avaient assisté, le mercredi 5 mai au Théâtre de Paris, à l’enregistrement du CD deux titres de “Mademoiselle Chang”, reprise d’un des plus célèbres tubes de son mari Michel Berger. Ce soir-là, France Gall affichait un visage serein et un entrain qui ne laissaient rien paraître de son nouveau drame.

En dépit de son état de santé, elle avait tenu à sortir de l’hôpital pendant une journée pour honorer son engagement d’enregistrer cette nouvelle version de “Mademoiselle Chang”. Le disque compact devait en effet être mixé, gravé et fabriqué dans la nuit pour être commercialisé dès l’ouverture des magasins le lendemain. Une prouesse technique et artistique que, malgré la maladie, elle avait désiré effectuer.

Si elle a pu enfreindre une journée la règle de repos qui lui est désormais imposée, la chanteuse ne sera pas, en revanche, en mesure d’assurer la série des six concerts exceptionnels qu’elle devait donner en juin. Le traitement par radiothérapie qu’elle devra subir pendant deux mois ne lui permettra pas d’être rétablie à temps. Son retour sur scène est donc remis à la rentrée prochaine, les 10, 11, 12, 21, 22 et 23 septembre. En attendant, France s’est mise au vert et, entourée des siens, elle s’impose le repos nécessaire à sa guérison.

Pas de quoi dramatiser, préviennent néanmoins ses proches, rappelant que les opérations de tumeur au sein sont aujourd’hui fréquentes et permettent, lorsqu’elles sont réalisées rapidement, d’enrayer des développements cancéreux. France, elle-même, ne souhaite pas qu’il soit fait trop de publicité autour de son problème de santé. Après avoir négocié difficilement, de son propre aveu, le virage de la quarantaine, France s’était éloignée du showbiz pendant plusieurs années, entre 1988 et 1992.

Un calendrier de rentrée chargé

Durant plusieurs mois, elle s’était isolée dans une maison qu’elle possède sur une petite île au Sénégal, “Double jeu”, enregistré en duo avec Michel Berger et sorti l’année dernière, consacrait son retour à la chanson.

“II y a deux périodes terribles dans la vie d’une femme : son adolescence et la quarantaine. La première, je l’avais mal digérée sans m’en apercevoir. Le seconde, je ne veux pas le cacher, j’ai sérieusement “”dégusté”.”

Entourée de ses enfants et de quelques intimes, la chanteuse devra se reposer tout l’été avant de remonter sur scène. Il est vrai qu’elle a du pain sur la planche et que son calendrier de rentrée est chargé. Elle doit en effet s’occuper de la reprise de “Starmania”, prévue en septembre au Théâtre Mogador, à Paris, de “Tycoon” aux Etats-Unis et de “La Légende de Jimmy” au Canada. Rendez-vous est donc pris en septembre, à Bercy toujours.

“Ce sera le spectacle le plus fort que j’aurai jamais fait dans toute ma vie.” On l’y attend de pied ferme.

Magazine : Télé Loisirs
Catherine Rambert
Date : 22 au 28 mai 1993
Numéro : 377

France Gall, rendez-vous en septembre

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France Gall, rendez-vous en septembre
France Gall, rendez-vous en septembre

France Gall vient de révéler son opération d’un cancer du sein pour essayer de dédramatiser ce mal qui concerne de plus en plus de femmes.

Les médecins lui ont conseillé de se reposer tout l’été. Elle a donc annulé ses concerts en juin à Bercy, dont il a été si souvent question à la télé, notamment dans Taratata.

“France Gall, opérée d’une tumeur maligne du sein, de bon pronostic, le 22 avril dernier, est obligée de reporter les dates de son spectacle à Bercy qui devait avoir lieu du 1er au 6 juin prochain.” On a du mal à croire ce communiqué quand on a vu la chanteuse récemment, lors de “Stars 90”, de “Taratata”, ou même du concert des Enfoirés à La Villette, dans un “Starmania” new look. Elle, si débordante d’énergie, d’enthousiasme, préparant ses concerts avec un rare perfectionnisme, et disant à “Télé 7 Jours” : “Je ne fais pas ce spectacle pour Michel. La scène, on ne s’y lance pas pour quelqu’un, mais parce qu’on a envie. C’est un rendez-vous d’amour. On vient prendre et donner.” Ce don, ils étaient des dizaines de milliers à l’attendre et eux aussi étaient prêts à donner la chaleur de leurs bravos. Et puis, il y a eu l’opération. France Gall le savait. Après un classique check-up, les médecins se sont aperçus de la tumeur. France ne pouvait, ne devait pas reculer. Tout s’est très bien déroulé mais c’était compter sans la fatigue. Le communiqué explique encore : “En cours de traitement par irradiation, l’état de France Gall est considéré par ses médecins suffisamment satisfaisant pour permettre de fixer de nouvelles dates en septembre.”

Un rendez-vous que nous attendons en admirant la force de caractère de France. Elle a révélé, en effet, son opération d’un cancer du sein pour dédramatiser ce mal qui concerne de plus en plus de femmes : 30 000 environ, chaque année, en France. D’autres femmes célèbres ont eu la même attitude : Régine Crespin, la diva, Patricia Coquatrix, la patronne de l’Olympia, Dany Carrel, l’actrice, Annie Fratellini, la femme-clown. A l’étranger aussi, Olivia Newton-John, l’héroïne de “Grease” notamment. Face à ce coup du sort, après avoir eu la douleur de perdre, l’été dernier, son mari, Michel Berger, France Gall a su se montrer digne. Comme toujours.

DERNIÈRE MINUTE – Ne vous étonnez pas de lire en page 5 (ci-dessous) de ce numéro de « Télé 7 Jours » un « écho des chaînes » racontant l’enregistrement de « Mademoiselle Chang » par France Gall. Cette page était imprimée au moment où nous avons appris, en dernière minute, que France annulait ses concerts.

France Gall : un disque en un jour !

France Gall sur la scène du Théâtre de Paris avec Renaud Hantson et Marc Lavoine. Elle a enregistré en “live” la célèbre chanson de Michel Berger, “Mademoiselle Chang”, et a décidé que le disque serait prêt le lendemain matin – le jeudi 6 mai – pour annoncer son spectacle de Bercy sur les ondes de radio. Raphaël, 12 ans, le fils de France, était dans les coulisses de cet exploit : dans la nuit, on a mixé, gravé, pressé le CD que la chanteuse considère comme “un coup de cœur spontané” et qui est une vraie réussite.

Magazine : Télé 7 Jours
C.B.
Date : 22 au 28 mai 1993
Numéro : 1721

France Gall, le rendez-vous d’amour manqué !

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France Gall, le rendez-vous d'amour manqué !
France Gall, le rendez-vous d'amour manqué !
France Gall, le rendez-vous d'amour manqué !

France Gall la battante a soudain été vaincue par la maladie. Malgré toute son énergie et sa vitalité elle s’est vue obligée de différer ses concerts à Bercy.

Ce n’est que partie remise et nous lui disons à bientôt, au mois de septembre …

Elle était si heureuse ! Si heureuse de remonter sur scène et de retrouver son public ! France Gall le disait d’ailleurs elle-même au début du mois d’avril : “Chanter devant les gens, c’est un véritable rendez-vous d’amour.”

Hélas, ce rendez-vous qui était fixé au 1er juin, sur la scène du Palais Omnisports de Bercy, n’aura pas lieu. Pas tout de suite. Il nous faudra patienter, probablement tout l’été, le temps que France se remette de la grave opération qu’elle vient de subir.

Lorsque la dépêche est tombée, nous n’avons pas voulu le croire. Nous nous faisions une joie d’aller bientôt l’applaudir et soudain, nous avons lu ces mots, froids et lourds : “France Gall, opérée d’une tumeur maligne du sein le 22 avril dernier, est obligée de reporter les dates de son spectacle à Bercy qui devait avoir lieu du 1er a au 6 juin prochains. En cours de traitement complémentaire par irradiation, l’état de France Gall est considéré par ses médecins suffisamment satisfaisant pour permettre de fixer de nouvelles dates : les 10, 11, 12, 22, 23, 24 septembre 1993.”

Un communiqué lapidaire, comme ils le sont la plupart du temps. Des expressions comme “tumeur maligne” qui font froid dans le dos. Et aussitôt, on ne peut s’empêcher de penser qu’il y a décidément une loi des séries.

1992-1993 : quelles années tragiques pour France ! Neuf mois après la mort de son mari, Michel Berger, le 2 août dernier, c’est elle qui est frappée par la maladie.

Que s’est-il passé pour qu’elle en arrive là ? A-t-elle été négligente ? Son instinct de vie l’a-t-il poussée, comme on dit, à ne pas vouloir s’écouter? Ne voulait-elle pas inquiéter ses enfants ni ses amis ?

Ce qui est certain, c’est que France n’aurait jamais annoncé qu’elle remontait sur scène si elle avait eu le moindre soupçon quant à la gravité de sa maladie. Opérée le 22 avril, elle a dû l’être d’urgence et les médecins n’ont certainement pas accepté d’attendre “après Bercy”.

Et dire que le 6 mai, les journaux annonçaient qu’elle venait d’accomplir une double performance : le mercredi 5 mai, elle avait enregistré. en “live”, Mlle Chang, de Michel Berger, et le lendemain matin, le disque était prêt. Incroyable ! France Gall n’a jamais autant mérité son surnom de “petite fée blonde”.

En CD, elle réalisait une première mondiale. Malgré la fatigue, malgré l’angoisse. Mais à ce moment-là encore, elle croyait qu’elle pourrait vaincre sa fatigue, se rendre à ce rendez-vous qu’elle avait fixé au public et négliger l’indispensable convalescence que, finalement, les médecins ont réussi à lui imposer.

Et puis, elle a compris qu’elle ne pouvait aller au-delà de ses forces, au risque de craquer sur scène et de décevoir tous ceux qui l’aiment.

En enregistrant, malgré tout, ce disque, France Gall a, une fois de plus, fait preuve d’une extraordinaire énergie, d’un courage invraisemblable. Une fois de plus aussi, elle donne un merveilleux exemple de détermination et d’amour.

Maintenant, elle doit supporter son traitement, se reposer, penser à elle, afin qu’à l’automne, ce spectacle soit vraiment, comme elle le décrivait : “Le plus fort que j’aurais jamais fait dans ma vie.” C’est ce que nous lui souhaitons tous, car nous avons envie de la retrouver très vite et en pleine forme.

Magazine : Ici Paris Magazine
Claude BENJAMIN
Date : 19 au 25 mai 1993
Numéro : 2498

France Gall, elle réapprend le bonheur sans Michel

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France Gall, elle réapprend le bonheur sans Michel
France Gall, elle réapprend le bonheur sans Michel
France Gall, elle réapprend le bonheur sans Michel

Ils devaient chanter ensemble pour la première fois de leur carrière.

Quand Michel Berger est mort en août dernier, France Gall s’est réfugiée dans le silence avant de prendre une décision : elle interprétera seule les chansons de Michel sur la scène de Bercy, du 1er au 6 juin.

Elle ne voulait plus chanter. Depuis Babacar, voilà cinq ans, France Gall se consacrait au bonheur paisible de la vie de famille : Pauline et Raphaël, ses deux enfants, et Michel Berger, celui à qui elle vouait une admiration sans bornes. C’est lui qui l’a convaincue de reprendre sa carrière l’année dernière en lui composant Double jeu, un album à deux voix, le premier qu’ils ont enregistré ensemble.

“J’ai détesté ce métier pendant des années, affirmait-elle volontiers. Je n’ai commencé à l’aimer que lorsque j’ai travaillé avec Michel. J’avais enfin des textes qui parlaient de ce que j’avais envie de dire et qui me ressemblaient, ce qui n’était pas le cas avant.”

Le compositeur avait donné carte blanche à sa muse : il avait longuement écouté tout ce qu’elle voulait chanter sur ce disque avant de s’envoler pour Los Angeles où France l’a envoyé travailler pendant quinze jours. “Quand il est revenu, j’ai voulu écouter ce qu’il avait composé, se souvient-elle. Il a dit : “Non, parce que je sais, je suis sûr.” Et le lendemain, au studio, il a joué Laissez passer les rêves. Pour moi, c’est une des plus belles chansons, peut-être même la préférée de toutes celles que j’ai chantées.”

Ce disque, ils devaient l’interpréter sur la scène de la Cigale en octobre dernier.

Le destin en a décidé autrement. Quand France Gall s’est retrouvée seule, le choc a été terrible. “Je ne pourrai jamais me remettre d’une chose pareille, confie-t-elle. Jamais. Ça a beau se passer dans le plus grand calme, dans le plus grand silence, c’est une idée tellement inacceptable qu’on se demande comment on est vivant après. »

Continuer l’œuvre de Michel

Après la mort de Michel Berger, la jeune femme est d’abord partie se reposer chez des amis à Genève, puis dans sa petite maison près de Honfleur. Et puis, la vie a repris ses droits : elle est rentrée à Paris en septembre afin d’être auprès de ses enfants pour la rentrée des classes. Ensuite, il lui a fallu remplacer Michel pour continuer son œuvre : l’adaptation canadienne de La légende de Jimmy, à Montréal, les préparatifs à Londres de Tycoon, la version anglo-saxonne de Starmania et le tournage du clip Superficiel et léger, réalisé par Jean-Marie Périer en Afrique du Sud. France Gall a assumé tout ça avec beaucoup de courage, songeant sans cesse à cette scène qu’ils devaient faire ensemble. “Je suis pratiquement sûre que j’ai décidé de faire Bercy très vite après la mort de Michel, explique-t-elle. Même si je ne l’ai formulée que trois mois plus tard, l’idée m’est venue très vite. Ne pas enterrer cet album, ne pas enterrer ces chansons, les faire vivre.”

Courageusement, elle a repris le flambeau. Dans un flou total au début : quelles chansons choisir, quels musiciens, quelle mise en scène ? Elle est venue à Bercy chaque semaine et, peu à peu, le spectacle s’est imposé. France a finalement choisi quatre musiciens.

“Ça sera fort, assure-t-elle. Ça sera le spectacle le plus fort que j’aurai jamais fait dans toute ma vie. Je ne le fais pas pour Michel. La scène, on ne la fait pas pour quelqu’un. Je n’ai jamais été autant moi et, ça, c’est extraordinaire. »

La gaieté avant tout

Nul ne sait si la chanteuse a l’intention de poursuivre sa carrière après Bercy et la tournée qui suivra. Michel Berger lui-même envisageait de changer de voie. “Lentement, mais sûrement, il allait passer derrière la caméra, affirme France Gall. Le dernier album que nous avons fait ensemble marquait un très grand changement. C’était le tout début d’autre chose et c’est un grand dommage pour moi de ne pas être témoin de ce que serait devenue cette seconde carrière. J’aurais voulu la voir s’épanouir.”

La seule chose dont France soit sûre, c’est qu’elle veut retrouver le goût de vivre, parce qu’à quarante-six ans on ne peut pas renoncer au bonheur. “J’ai été quelqu’un d’extraordinairement heureux et je vais l’être encore, affirme-t-elle. J’aime énormément la vie et je veux une vie gaie. Pour moi et pour mes enfants. »

Leur combat pour l’Afrique

Depuis 1985, France Gall et Michel Berger s’étaient mobilisés pour défendre l’Afrique. Avec Richard Berry, Daniel Balavoine et le producteur Lionel Rotcage, ils avaient fondé Action Ecole, une association qui avait permis de récolter trois mille tonnes de céréales pour le Soudan. En juin dernier, Michel s’était rendu au Cambodge et s’ apprêtait à créer Now (« maintenant »), une fondation qui devait financer des lits pour les malades d’Asie les plus démunis.

Magazine : Nous Deux
I.B.
Date : 18 au 24 mai 1993
Numéro : 2394

Le nouveau drame de France Gall

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Le destin semble s'acharner sur elle. Le 1er février 1992, disparaissait son beau-père. Le 2 août, le décès de son mari Michel Berger.
Le destin semble s'acharner sur elle. Le 1er février 1992, disparaissait son beau-père. Le 2 août, le décès de son mari Michel Berger.
Le destin semble s'acharner sur elle. Le 1er février 1992, disparaissait son beau-père. Le 2 août, le décès de son mari Michel Berger.

Le destin semble s’acharner sur elle.

Le 1er février 1992, disparaissait le beau-père de France Gall, le professeur Hamburger. Le 2 août, le décès de son mari Michel Berger laissait un grand vide dans sa vie.

Neuf mois après, c’est France Gall elle-même qui est opérée pour un cancer du sein et hospitalisée en raison de l’aggravation de son état de santé. Contrainte par la maladie à annuler ses concerts à Bercy auxquels elle tenait tant. Courage, France !

« Une tumeur maligne du sein de bon pronostic. »

Tel est le diagnostic cinglant des médecins. Des termes sibyllins qui signifient que France a dû être opérée d’un cancer. C’était le 22 avril dernier dans un hôpital parisien. Dans le plus grand secret. L’intervention s’est bien passée. France a supporté le choc. Tellement bien, qu’elle a pu quitter l’établissement quelques jours plus tard. Avec un seul mot d’ordre : le repos. Quinze jours de convalescence prescrits par les médecins. Le temps de reprendre des forces.

De l’énergie, elle en avait à revendre au début du mois. L’enjeu qui l’attendait était de taille : une semaine de concert à Bercy début juin. Son grand retour en solo. « C’était prévu à deux. J’y vais seule. Mais je crois que je n’avais pas le choix. Cela aurait été trop triste d’arrêter comme ça. La musique, c’est la vie. » France y mettait tout son cœur. Sûre de retrouver son public, venu l’épauler, lui exprimer sa confiance et sa joie de la voir faire face dans l’épreuve.

C’est donc avec confiance qu’elle avait commencé ses répétitions. Tout en s’autorisant quelques prestations à la télévision, dans « Stars 90 » avec Drucker ou même au « 20 heures » de France 2, où elle fit l’effort de se rendre se relevant à peine de l’opération.

En guise de cadeau, juste pour faire patienter ses fans, elle avait même trouvé la force d’enregistrer un disque en une nuit : une nouvelle version du tube de Michel, « Melle Chang ». Une prise de son réalisée au Théâtre de Paris, sans public, Renaud Hantson et Marc Lavoine dans les chœurs. Le lendemain à l’aube, le disque était gravé. 30 000 exemplaires avaient été ainsi immédiatement distribués chez les disquaires. Interviewée par un journaliste de France 2 sur cette création dans l’urgence, France avouait : « Oui, je pense que cela aurait plu à Michel. Bien que perfectionniste, c’était quelqu’un qui n’était pas patient, qui aimait que les choses aillent vite. » Ce geste est un signe : celui du bonheur retrouvé. « Depuis que Michel est parti, je me rends compte comme jamais à quel point j’aime chanter. Ce n’est plus seulement du plaisir, c’est une véritable passion. »

Surmenage, fatigue ou angoisse, France se sentait physiquement faible. Sûrement le contre-coup de l’opération. Ses médecins n’ont donc pas tardé à réagir : il faut arrêter toute activité et se reposer complètement. Jusqu’à la mi-juillet au moins.

Une terrible décision qui tombe comme un couperet. Plus d’activité, donc plus de répétitions, donc plus de concerts. Elle qui pourtant s’était battue pour éviter l’annulation d’un concert qui était comme un rendez-vous avec elle-même et avec son public. Rendez-vous est pris pour les 10-11-12 et 22-23-24 septembre prochains à Bercy.

La maladie exigeant un suivi régulier, la voilà aujourd’hui obligée de se rendre quotidiennement à l’hôpital pour y subir des séances d’irradiation. Un repos forcé d’une grande pénibilité. Le traitement est éprouvant et la souffrance psychologique énorme. Ses enfants, Pauline, 13 ans, Raphaël, 11 ans, la soutiennent moralement. Grâce à eux et grâce à Michel, son courage n’a pas d’égal : « En partant, dit-elle, Michel m’a légué sa force. » Les spécialistes gardent confiance. Leur diagnostic semble optimiste : France a de grandes chances de guérir totalement. Une lueur d’espoir qui vient éclairer le tableau bien sombre de la vie de cette famille que le destin depuis neuf mois semble vouloir impitoyablement frapper.

Magazine : Télé Poche
Par pascal Hernandez
Date : 17 mai 1993
Numéro : 1423

Chère France

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Opérée le 22 avril d'un cancer du sein, France Gall a reporté ses concerts de Bercy au mois de septembre.
Opérée le 22 avril d'un cancer du sein, France Gall a reporté ses concerts de Bercy au mois de septembre.

Opérée le 22 avril d’un cancer du sein, France Gall a reporté ses concerts de Bercy au mois de septembre.

En attendant ses retrouvailles avec son public, nous voulions juste lui écrire pour dire à quel point nous pensons à elle.

On est ainsi fait qu’on a envie d’écrire « Douce France », juste pour faire genre, mais c’est idiot ; vous êtes d’une autre trempe. La mièvrerie, ce n’est vraiment pas votre truc. Passons. En matière de jeux de mots, vous êtes imbattable ces jours-ci ; on a reçu la dépêche officielle qui signale que vous avez été opérée, le 22 avril, d’une « tumeur maligne, de bon pronostic ». Merci de nous rassurer.

« De bon pronostic », comme on dirait « de bon augure », « de bonne compagnie » … Ça en deviendrait presque enviable, ma parole !

Bref, traduction du message : encore une tuile, mais pas de quoi en faire un fromage. Il y a trois mois, vous m’avez dit : « En ce moment, je me sens bousculée par la vie. Pas ballottée, non, c’est beaucoup plus fort que ça … »

La tempête n’est pas finie. Mais si l’on vous souhaite du courage, vous allez risquer l’overdose, tant vous en avez déjà. Vous portez à l’oreille l’anneau invisible de ceux qui ont passé le cap Horn du malheur, et le bateau où vous avez embarqué vos enfants n’est pas près de perdre le nord.

Enfin, je vous parle de vous comme une exégète, alors que nous ne nous sommes vues qu’une fois … Vous aviez choisi ELLE, pour parler en premier de votre rentrée après le départ de Michel. C’était un lundi, fin janvier, chez vous, à Honfleur. Votre maison avait ce côté un peu grognon qu’ont les maisons d’été quand on les ouvre en hiver. Vous parliez boutures en mélangeant des œufs mollets et des tomates pelées, les mains plongées avec jubilation jusqu’au coude dans un saladier, parce que sinon « ça serait moins bon » … Indéracinable, comme une mère de famille. On est un peu sur la pointe des mots avec les gens en deuil, par peur de réveiller le chagrin au détour d’une phrase maladroite. Mais vous parliez avec une absence totale de comédie. Franche comme une poignée de main. Vous racontiez la construction de votre vie comme celle d’une maison, à force de travail, de volonté, de détermination. Certes, la maison avait été sinistrée, et les dégâts se verraient toujours, mais vous étiez en plein chantier de restauration.

Vous disiez : « J’ai été quelqu’un d’extraordinairement heureux. Et je vais l’être encore. J’aime énormément la vie. Et je veux une vie gaie. Pour moi et pour mes enfants. »

Le rendez-vous de juin est remis à septembre. Bercy, ce mot-là vous faisait briller les yeux. On allait voir ce qu’on allait voir. C’était un pari inouï et « un grand rendez-vous d’amour » … Je suis sûre que les 55 000 billets, déjà vendus pour cette partie remise, vous sont autant de billets doux sous les rayons hospitaliers. On va vous écrire de vraies lettres aussi, pour vous dire combien nous sommes persuadées que vous avez un don aussi grand pour la musique que pour le bonheur, et qu’il vous attend là, tout près. Et nous aussi, à Bercy.

Toutes avec France Gall !

Si vous êtes une admiratrice de France, ou plus simplement si vous êtes émue par la façon dont elle fait face aux coups du destin, vous avez déjà sûrement appris avec soulagement qu’elle nous donnait rendez-vous au mois de septembre, à Bercy, pour une série de concerts de remplacement qui promettent d’être exceptionnels.

En attendant, nous vous proposons de lui écrire, dès maintenant, par notre intermédiaire, pour lui dire avec vos mots le respect et l’amitié que vous lui portez. Envoyez vos lettres à France Gall, c/o ELLE, 61 rue Ancelle, 92525 Neuilly-sur-Seine Cedex.

Magazine : ELLE
Par Alix de Saint-André
Date : 17 mai 1993
Numéro : 2472