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France Gall, son courage face à la maladie

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France Gall, son courage face à la maladie
France Gall, son courage face à la maladie
France Gall, son courage face à la maladie

Elle a reporté ses concerts à Bercy, prévus en juin.

Opérée d’une tumeur au sein, la voilà contrainte au repos. France passera sa convalescence chez elle.

Après la brutale disparition de Michel Berger, il y a neuf mois, après le deuil et le chagrin, puis le réapprentissage progressif du bonheur, entourée de ses proches et surtout de ses deux enfants, Pauline, quatorze ans, et Raphaël, douze ans, France Gall pensait avoir fait le plus dur. Son enthousiasme retrouvé, elle avait décidé de remonter sur scène, au Palais omnisports de Paris-Bercy, du 1er au 6 juin. Hélas ! le rendez-vous sera une nouvelle fois décalé. Fatiguée depuis quelques semaines, la chanteuse a appris, lors d’une visite chez son médecin, qu’elle présentait une tumeur maligne au sein nécessitant une opération urgente. Cruelle épreuve après des mois douloureux.

Elle devra subir une radiothérapie

Le 22 avril, la chanteuse a donc été opérée dans un établissement parisien. Entourant, comme à son habitude, sa vie privée d’un voile de discrétion, la nouvelle n’a pas manqué de surprendre quelques-uns de ses proches et notamment ceux qui avaient assisté, le mercredi 5 mai au Théâtre de Paris, à l’enregistrement du CD deux titres de “Mademoiselle Chang”, reprise d’un des plus célèbres tubes de son mari Michel Berger. Ce soir-là, France Gall affichait un visage serein et un entrain qui ne laissaient rien paraître de son nouveau drame.

En dépit de son état de santé, elle avait tenu à sortir de l’hôpital pendant une journée pour honorer son engagement d’enregistrer cette nouvelle version de “Mademoiselle Chang”. Le disque compact devait en effet être mixé, gravé et fabriqué dans la nuit pour être commercialisé dès l’ouverture des magasins le lendemain. Une prouesse technique et artistique que, malgré la maladie, elle avait désiré effectuer.

Si elle a pu enfreindre une journée la règle de repos qui lui est désormais imposée, la chanteuse ne sera pas, en revanche, en mesure d’assurer la série des six concerts exceptionnels qu’elle devait donner en juin. Le traitement par radiothérapie qu’elle devra subir pendant deux mois ne lui permettra pas d’être rétablie à temps. Son retour sur scène est donc remis à la rentrée prochaine, les 10, 11, 12, 21, 22 et 23 septembre. En attendant, France s’est mise au vert et, entourée des siens, elle s’impose le repos nécessaire à sa guérison.

Pas de quoi dramatiser, préviennent néanmoins ses proches, rappelant que les opérations de tumeur au sein sont aujourd’hui fréquentes et permettent, lorsqu’elles sont réalisées rapidement, d’enrayer des développements cancéreux. France, elle-même, ne souhaite pas qu’il soit fait trop de publicité autour de son problème de santé. Après avoir négocié difficilement, de son propre aveu, le virage de la quarantaine, France s’était éloignée du showbiz pendant plusieurs années, entre 1988 et 1992.

Un calendrier de rentrée chargé

Durant plusieurs mois, elle s’était isolée dans une maison qu’elle possède sur une petite île au Sénégal, “Double jeu”, enregistré en duo avec Michel Berger et sorti l’année dernière, consacrait son retour à la chanson.

“II y a deux périodes terribles dans la vie d’une femme : son adolescence et la quarantaine. La première, je l’avais mal digérée sans m’en apercevoir. Le seconde, je ne veux pas le cacher, j’ai sérieusement “”dégusté”.”

Entourée de ses enfants et de quelques intimes, la chanteuse devra se reposer tout l’été avant de remonter sur scène. Il est vrai qu’elle a du pain sur la planche et que son calendrier de rentrée est chargé. Elle doit en effet s’occuper de la reprise de “Starmania”, prévue en septembre au Théâtre Mogador, à Paris, de “Tycoon” aux Etats-Unis et de “La Légende de Jimmy” au Canada. Rendez-vous est donc pris en septembre, à Bercy toujours.

“Ce sera le spectacle le plus fort que j’aurai jamais fait dans toute ma vie.” On l’y attend de pied ferme.

Magazine : Télé Loisirs
Catherine Rambert
Date : 22 au 28 mai 1993
Numéro : 377

France Gall, rendez-vous en septembre

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France Gall, rendez-vous en septembre
France Gall, rendez-vous en septembre

France Gall vient de révéler son opération d’un cancer du sein pour essayer de dédramatiser ce mal qui concerne de plus en plus de femmes.

Les médecins lui ont conseillé de se reposer tout l’été. Elle a donc annulé ses concerts en juin à Bercy, dont il a été si souvent question à la télé, notamment dans Taratata.

“France Gall, opérée d’une tumeur maligne du sein, de bon pronostic, le 22 avril dernier, est obligée de reporter les dates de son spectacle à Bercy qui devait avoir lieu du 1er au 6 juin prochain.” On a du mal à croire ce communiqué quand on a vu la chanteuse récemment, lors de “Stars 90”, de “Taratata”, ou même du concert des Enfoirés à La Villette, dans un “Starmania” new look. Elle, si débordante d’énergie, d’enthousiasme, préparant ses concerts avec un rare perfectionnisme, et disant à “Télé 7 Jours” : “Je ne fais pas ce spectacle pour Michel. La scène, on ne s’y lance pas pour quelqu’un, mais parce qu’on a envie. C’est un rendez-vous d’amour. On vient prendre et donner.” Ce don, ils étaient des dizaines de milliers à l’attendre et eux aussi étaient prêts à donner la chaleur de leurs bravos. Et puis, il y a eu l’opération. France Gall le savait. Après un classique check-up, les médecins se sont aperçus de la tumeur. France ne pouvait, ne devait pas reculer. Tout s’est très bien déroulé mais c’était compter sans la fatigue. Le communiqué explique encore : “En cours de traitement par irradiation, l’état de France Gall est considéré par ses médecins suffisamment satisfaisant pour permettre de fixer de nouvelles dates en septembre.”

Un rendez-vous que nous attendons en admirant la force de caractère de France. Elle a révélé, en effet, son opération d’un cancer du sein pour dédramatiser ce mal qui concerne de plus en plus de femmes : 30 000 environ, chaque année, en France. D’autres femmes célèbres ont eu la même attitude : Régine Crespin, la diva, Patricia Coquatrix, la patronne de l’Olympia, Dany Carrel, l’actrice, Annie Fratellini, la femme-clown. A l’étranger aussi, Olivia Newton-John, l’héroïne de “Grease” notamment. Face à ce coup du sort, après avoir eu la douleur de perdre, l’été dernier, son mari, Michel Berger, France Gall a su se montrer digne. Comme toujours.

DERNIÈRE MINUTE – Ne vous étonnez pas de lire en page 5 (ci-dessous) de ce numéro de « Télé 7 Jours » un « écho des chaînes » racontant l’enregistrement de « Mademoiselle Chang » par France Gall. Cette page était imprimée au moment où nous avons appris, en dernière minute, que France annulait ses concerts.

France Gall : un disque en un jour !

France Gall sur la scène du Théâtre de Paris avec Renaud Hantson et Marc Lavoine. Elle a enregistré en “live” la célèbre chanson de Michel Berger, “Mademoiselle Chang”, et a décidé que le disque serait prêt le lendemain matin – le jeudi 6 mai – pour annoncer son spectacle de Bercy sur les ondes de radio. Raphaël, 12 ans, le fils de France, était dans les coulisses de cet exploit : dans la nuit, on a mixé, gravé, pressé le CD que la chanteuse considère comme “un coup de cœur spontané” et qui est une vraie réussite.

Magazine : Télé 7 Jours
C.B.
Date : 22 au 28 mai 1993
Numéro : 1721

France Gall, le rendez-vous d’amour manqué !

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France Gall, le rendez-vous d'amour manqué !
France Gall, le rendez-vous d'amour manqué !
France Gall, le rendez-vous d'amour manqué !

France Gall la battante a soudain été vaincue par la maladie. Malgré toute son énergie et sa vitalité elle s’est vue obligée de différer ses concerts à Bercy.

Ce n’est que partie remise et nous lui disons à bientôt, au mois de septembre …

Elle était si heureuse ! Si heureuse de remonter sur scène et de retrouver son public ! France Gall le disait d’ailleurs elle-même au début du mois d’avril : “Chanter devant les gens, c’est un véritable rendez-vous d’amour.”

Hélas, ce rendez-vous qui était fixé au 1er juin, sur la scène du Palais Omnisports de Bercy, n’aura pas lieu. Pas tout de suite. Il nous faudra patienter, probablement tout l’été, le temps que France se remette de la grave opération qu’elle vient de subir.

Lorsque la dépêche est tombée, nous n’avons pas voulu le croire. Nous nous faisions une joie d’aller bientôt l’applaudir et soudain, nous avons lu ces mots, froids et lourds : “France Gall, opérée d’une tumeur maligne du sein le 22 avril dernier, est obligée de reporter les dates de son spectacle à Bercy qui devait avoir lieu du 1er a au 6 juin prochains. En cours de traitement complémentaire par irradiation, l’état de France Gall est considéré par ses médecins suffisamment satisfaisant pour permettre de fixer de nouvelles dates : les 10, 11, 12, 22, 23, 24 septembre 1993.”

Un communiqué lapidaire, comme ils le sont la plupart du temps. Des expressions comme “tumeur maligne” qui font froid dans le dos. Et aussitôt, on ne peut s’empêcher de penser qu’il y a décidément une loi des séries.

1992-1993 : quelles années tragiques pour France ! Neuf mois après la mort de son mari, Michel Berger, le 2 août dernier, c’est elle qui est frappée par la maladie.

Que s’est-il passé pour qu’elle en arrive là ? A-t-elle été négligente ? Son instinct de vie l’a-t-il poussée, comme on dit, à ne pas vouloir s’écouter? Ne voulait-elle pas inquiéter ses enfants ni ses amis ?

Ce qui est certain, c’est que France n’aurait jamais annoncé qu’elle remontait sur scène si elle avait eu le moindre soupçon quant à la gravité de sa maladie. Opérée le 22 avril, elle a dû l’être d’urgence et les médecins n’ont certainement pas accepté d’attendre “après Bercy”.

Et dire que le 6 mai, les journaux annonçaient qu’elle venait d’accomplir une double performance : le mercredi 5 mai, elle avait enregistré. en “live”, Mlle Chang, de Michel Berger, et le lendemain matin, le disque était prêt. Incroyable ! France Gall n’a jamais autant mérité son surnom de “petite fée blonde”.

En CD, elle réalisait une première mondiale. Malgré la fatigue, malgré l’angoisse. Mais à ce moment-là encore, elle croyait qu’elle pourrait vaincre sa fatigue, se rendre à ce rendez-vous qu’elle avait fixé au public et négliger l’indispensable convalescence que, finalement, les médecins ont réussi à lui imposer.

Et puis, elle a compris qu’elle ne pouvait aller au-delà de ses forces, au risque de craquer sur scène et de décevoir tous ceux qui l’aiment.

En enregistrant, malgré tout, ce disque, France Gall a, une fois de plus, fait preuve d’une extraordinaire énergie, d’un courage invraisemblable. Une fois de plus aussi, elle donne un merveilleux exemple de détermination et d’amour.

Maintenant, elle doit supporter son traitement, se reposer, penser à elle, afin qu’à l’automne, ce spectacle soit vraiment, comme elle le décrivait : “Le plus fort que j’aurais jamais fait dans ma vie.” C’est ce que nous lui souhaitons tous, car nous avons envie de la retrouver très vite et en pleine forme.

Magazine : Ici Paris Magazine
Claude BENJAMIN
Date : 19 au 25 mai 1993
Numéro : 2498

France Gall, elle réapprend le bonheur sans Michel

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France Gall, elle réapprend le bonheur sans Michel
France Gall, elle réapprend le bonheur sans Michel
France Gall, elle réapprend le bonheur sans Michel

Ils devaient chanter ensemble pour la première fois de leur carrière.

Quand Michel Berger est mort en août dernier, France Gall s’est réfugiée dans le silence avant de prendre une décision : elle interprétera seule les chansons de Michel sur la scène de Bercy, du 1er au 6 juin.

Elle ne voulait plus chanter. Depuis Babacar, voilà cinq ans, France Gall se consacrait au bonheur paisible de la vie de famille : Pauline et Raphaël, ses deux enfants, et Michel Berger, celui à qui elle vouait une admiration sans bornes. C’est lui qui l’a convaincue de reprendre sa carrière l’année dernière en lui composant Double jeu, un album à deux voix, le premier qu’ils ont enregistré ensemble.

“J’ai détesté ce métier pendant des années, affirmait-elle volontiers. Je n’ai commencé à l’aimer que lorsque j’ai travaillé avec Michel. J’avais enfin des textes qui parlaient de ce que j’avais envie de dire et qui me ressemblaient, ce qui n’était pas le cas avant.”

Le compositeur avait donné carte blanche à sa muse : il avait longuement écouté tout ce qu’elle voulait chanter sur ce disque avant de s’envoler pour Los Angeles où France l’a envoyé travailler pendant quinze jours. “Quand il est revenu, j’ai voulu écouter ce qu’il avait composé, se souvient-elle. Il a dit : “Non, parce que je sais, je suis sûr.” Et le lendemain, au studio, il a joué Laissez passer les rêves. Pour moi, c’est une des plus belles chansons, peut-être même la préférée de toutes celles que j’ai chantées.”

Ce disque, ils devaient l’interpréter sur la scène de la Cigale en octobre dernier.

Le destin en a décidé autrement. Quand France Gall s’est retrouvée seule, le choc a été terrible. “Je ne pourrai jamais me remettre d’une chose pareille, confie-t-elle. Jamais. Ça a beau se passer dans le plus grand calme, dans le plus grand silence, c’est une idée tellement inacceptable qu’on se demande comment on est vivant après. »

Continuer l’œuvre de Michel

Après la mort de Michel Berger, la jeune femme est d’abord partie se reposer chez des amis à Genève, puis dans sa petite maison près de Honfleur. Et puis, la vie a repris ses droits : elle est rentrée à Paris en septembre afin d’être auprès de ses enfants pour la rentrée des classes. Ensuite, il lui a fallu remplacer Michel pour continuer son œuvre : l’adaptation canadienne de La légende de Jimmy, à Montréal, les préparatifs à Londres de Tycoon, la version anglo-saxonne de Starmania et le tournage du clip Superficiel et léger, réalisé par Jean-Marie Périer en Afrique du Sud. France Gall a assumé tout ça avec beaucoup de courage, songeant sans cesse à cette scène qu’ils devaient faire ensemble. “Je suis pratiquement sûre que j’ai décidé de faire Bercy très vite après la mort de Michel, explique-t-elle. Même si je ne l’ai formulée que trois mois plus tard, l’idée m’est venue très vite. Ne pas enterrer cet album, ne pas enterrer ces chansons, les faire vivre.”

Courageusement, elle a repris le flambeau. Dans un flou total au début : quelles chansons choisir, quels musiciens, quelle mise en scène ? Elle est venue à Bercy chaque semaine et, peu à peu, le spectacle s’est imposé. France a finalement choisi quatre musiciens.

“Ça sera fort, assure-t-elle. Ça sera le spectacle le plus fort que j’aurai jamais fait dans toute ma vie. Je ne le fais pas pour Michel. La scène, on ne la fait pas pour quelqu’un. Je n’ai jamais été autant moi et, ça, c’est extraordinaire. »

La gaieté avant tout

Nul ne sait si la chanteuse a l’intention de poursuivre sa carrière après Bercy et la tournée qui suivra. Michel Berger lui-même envisageait de changer de voie. “Lentement, mais sûrement, il allait passer derrière la caméra, affirme France Gall. Le dernier album que nous avons fait ensemble marquait un très grand changement. C’était le tout début d’autre chose et c’est un grand dommage pour moi de ne pas être témoin de ce que serait devenue cette seconde carrière. J’aurais voulu la voir s’épanouir.”

La seule chose dont France soit sûre, c’est qu’elle veut retrouver le goût de vivre, parce qu’à quarante-six ans on ne peut pas renoncer au bonheur. “J’ai été quelqu’un d’extraordinairement heureux et je vais l’être encore, affirme-t-elle. J’aime énormément la vie et je veux une vie gaie. Pour moi et pour mes enfants. »

Leur combat pour l’Afrique

Depuis 1985, France Gall et Michel Berger s’étaient mobilisés pour défendre l’Afrique. Avec Richard Berry, Daniel Balavoine et le producteur Lionel Rotcage, ils avaient fondé Action Ecole, une association qui avait permis de récolter trois mille tonnes de céréales pour le Soudan. En juin dernier, Michel s’était rendu au Cambodge et s’ apprêtait à créer Now (« maintenant »), une fondation qui devait financer des lits pour les malades d’Asie les plus démunis.

Magazine : Nous Deux
I.B.
Date : 18 au 24 mai 1993
Numéro : 2394

Le nouveau drame de France Gall

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Le destin semble s'acharner sur elle. Le 1er février 1992, disparaissait son beau-père. Le 2 août, le décès de son mari Michel Berger.
Le destin semble s'acharner sur elle. Le 1er février 1992, disparaissait son beau-père. Le 2 août, le décès de son mari Michel Berger.
Le destin semble s'acharner sur elle. Le 1er février 1992, disparaissait son beau-père. Le 2 août, le décès de son mari Michel Berger.

Le destin semble s’acharner sur elle.

Le 1er février 1992, disparaissait le beau-père de France Gall, le professeur Hamburger. Le 2 août, le décès de son mari Michel Berger laissait un grand vide dans sa vie.

Neuf mois après, c’est France Gall elle-même qui est opérée pour un cancer du sein et hospitalisée en raison de l’aggravation de son état de santé. Contrainte par la maladie à annuler ses concerts à Bercy auxquels elle tenait tant. Courage, France !

« Une tumeur maligne du sein de bon pronostic. »

Tel est le diagnostic cinglant des médecins. Des termes sibyllins qui signifient que France a dû être opérée d’un cancer. C’était le 22 avril dernier dans un hôpital parisien. Dans le plus grand secret. L’intervention s’est bien passée. France a supporté le choc. Tellement bien, qu’elle a pu quitter l’établissement quelques jours plus tard. Avec un seul mot d’ordre : le repos. Quinze jours de convalescence prescrits par les médecins. Le temps de reprendre des forces.

De l’énergie, elle en avait à revendre au début du mois. L’enjeu qui l’attendait était de taille : une semaine de concert à Bercy début juin. Son grand retour en solo. « C’était prévu à deux. J’y vais seule. Mais je crois que je n’avais pas le choix. Cela aurait été trop triste d’arrêter comme ça. La musique, c’est la vie. » France y mettait tout son cœur. Sûre de retrouver son public, venu l’épauler, lui exprimer sa confiance et sa joie de la voir faire face dans l’épreuve.

C’est donc avec confiance qu’elle avait commencé ses répétitions. Tout en s’autorisant quelques prestations à la télévision, dans « Stars 90 » avec Drucker ou même au « 20 heures » de France 2, où elle fit l’effort de se rendre se relevant à peine de l’opération.

En guise de cadeau, juste pour faire patienter ses fans, elle avait même trouvé la force d’enregistrer un disque en une nuit : une nouvelle version du tube de Michel, « Melle Chang ». Une prise de son réalisée au Théâtre de Paris, sans public, Renaud Hantson et Marc Lavoine dans les chœurs. Le lendemain à l’aube, le disque était gravé. 30 000 exemplaires avaient été ainsi immédiatement distribués chez les disquaires. Interviewée par un journaliste de France 2 sur cette création dans l’urgence, France avouait : « Oui, je pense que cela aurait plu à Michel. Bien que perfectionniste, c’était quelqu’un qui n’était pas patient, qui aimait que les choses aillent vite. » Ce geste est un signe : celui du bonheur retrouvé. « Depuis que Michel est parti, je me rends compte comme jamais à quel point j’aime chanter. Ce n’est plus seulement du plaisir, c’est une véritable passion. »

Surmenage, fatigue ou angoisse, France se sentait physiquement faible. Sûrement le contre-coup de l’opération. Ses médecins n’ont donc pas tardé à réagir : il faut arrêter toute activité et se reposer complètement. Jusqu’à la mi-juillet au moins.

Une terrible décision qui tombe comme un couperet. Plus d’activité, donc plus de répétitions, donc plus de concerts. Elle qui pourtant s’était battue pour éviter l’annulation d’un concert qui était comme un rendez-vous avec elle-même et avec son public. Rendez-vous est pris pour les 10-11-12 et 22-23-24 septembre prochains à Bercy.

La maladie exigeant un suivi régulier, la voilà aujourd’hui obligée de se rendre quotidiennement à l’hôpital pour y subir des séances d’irradiation. Un repos forcé d’une grande pénibilité. Le traitement est éprouvant et la souffrance psychologique énorme. Ses enfants, Pauline, 13 ans, Raphaël, 11 ans, la soutiennent moralement. Grâce à eux et grâce à Michel, son courage n’a pas d’égal : « En partant, dit-elle, Michel m’a légué sa force. » Les spécialistes gardent confiance. Leur diagnostic semble optimiste : France a de grandes chances de guérir totalement. Une lueur d’espoir qui vient éclairer le tableau bien sombre de la vie de cette famille que le destin depuis neuf mois semble vouloir impitoyablement frapper.

Magazine : Télé Poche
Par pascal Hernandez
Date : 17 mai 1993
Numéro : 1423

Chère France

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Opérée le 22 avril d'un cancer du sein, France Gall a reporté ses concerts de Bercy au mois de septembre.
Opérée le 22 avril d'un cancer du sein, France Gall a reporté ses concerts de Bercy au mois de septembre.
Chère France

Opérée le 22 avril d’un cancer du sein, France Gall a reporté ses concerts de Bercy au mois de septembre.

En attendant ses retrouvailles avec son public, nous voulions juste lui écrire pour dire à quel point nous pensons à elle.

On est ainsi fait qu’on a envie d’écrire « Douce France », juste pour faire genre, mais c’est idiot ; vous êtes d’une autre trempe. La mièvrerie, ce n’est vraiment pas votre truc. Passons. En matière de jeux de mots, vous êtes imbattable ces jours-ci ; on a reçu la dépêche officielle qui signale que vous avez été opérée, le 22 avril, d’une « tumeur maligne, de bon pronostic ». Merci de nous rassurer.

« De bon pronostic », comme on dirait « de bon augure », « de bonne compagnie » … Ça en deviendrait presque enviable, ma parole !

Bref, traduction du message : encore une tuile, mais pas de quoi en faire un fromage. Il y a trois mois, vous m’avez dit : « En ce moment, je me sens bousculée par la vie. Pas ballottée, non, c’est beaucoup plus fort que ça … »

La tempête n’est pas finie. Mais si l’on vous souhaite du courage, vous allez risquer l’overdose, tant vous en avez déjà. Vous portez à l’oreille l’anneau invisible de ceux qui ont passé le cap Horn du malheur, et le bateau où vous avez embarqué vos enfants n’est pas près de perdre le nord.

Enfin, je vous parle de vous comme une exégète, alors que nous ne nous sommes vues qu’une fois … Vous aviez choisi ELLE, pour parler en premier de votre rentrée après le départ de Michel. C’était un lundi, fin janvier, chez vous, à Honfleur. Votre maison avait ce côté un peu grognon qu’ont les maisons d’été quand on les ouvre en hiver. Vous parliez boutures en mélangeant des œufs mollets et des tomates pelées, les mains plongées avec jubilation jusqu’au coude dans un saladier, parce que sinon « ça serait moins bon » … Indéracinable, comme une mère de famille. On est un peu sur la pointe des mots avec les gens en deuil, par peur de réveiller le chagrin au détour d’une phrase maladroite. Mais vous parliez avec une absence totale de comédie. Franche comme une poignée de main. Vous racontiez la construction de votre vie comme celle d’une maison, à force de travail, de volonté, de détermination. Certes, la maison avait été sinistrée, et les dégâts se verraient toujours, mais vous étiez en plein chantier de restauration.

Vous disiez : « J’ai été quelqu’un d’extraordinairement heureux. Et je vais l’être encore. J’aime énormément la vie. Et je veux une vie gaie. Pour moi et pour mes enfants. »

Le rendez-vous de juin est remis à septembre. Bercy, ce mot-là vous faisait briller les yeux. On allait voir ce qu’on allait voir. C’était un pari inouï et « un grand rendez-vous d’amour » … Je suis sûre que les 55 000 billets, déjà vendus pour cette partie remise, vous sont autant de billets doux sous les rayons hospitaliers. On va vous écrire de vraies lettres aussi, pour vous dire combien nous sommes persuadées que vous avez un don aussi grand pour la musique que pour le bonheur, et qu’il vous attend là, tout près. Et nous aussi, à Bercy.

Toutes avec France Gall !

Si vous êtes une admiratrice de France, ou plus simplement si vous êtes émue par la façon dont elle fait face aux coups du destin, vous avez déjà sûrement appris avec soulagement qu’elle nous donnait rendez-vous au mois de septembre, à Bercy, pour une série de concerts de remplacement qui promettent d’être exceptionnels.

En attendant, nous vous proposons de lui écrire, dès maintenant, par notre intermédiaire, pour lui dire avec vos mots le respect et l’amitié que vous lui portez. Envoyez vos lettres à France Gall, c/o ELLE, 61 rue Ancelle, 92525 Neuilly-sur-Seine Cedex.

Magazine : ELLE
Par Alix de Saint-André
Date : 17 mai 1993
Numéro : 2472

France Gall : l’autre drame de sa vie

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Le 22 avril 1993, la chanteuse subissait une opération chirurgicale dans un hôpital parisien. Excepté son très proche entourage, personne ne savait que France Gall souffrait d'un cancer du sein.
Le 22 avril 1993, la chanteuse subissait une opération chirurgicale dans un hôpital parisien. Excepté son très proche entourage, personne ne savait que France Gall souffrait d'un cancer du sein.
France Gall : l'autre drame de sa vie

Le 22 avril dernier, France Gall subissait une opération chirurgicale dans un hôpital parisien.

Excepté son très proche entourage, personne ne savait que France Gall souffrait d’un cancer du sein.

Malgré la fatigue, elle continuait à répéter son prochain spectacle à Bercy. Mais, la mort dans l’âme, France a dû reporter son retour sur scène. Après la mort de Michel Berger, France Gall livre un nouveau combat.

Tumeur maligne : tel est le pronostic des médecins de France Gall, opérée il y a trois semaines d’une tumeur cancéreuse au sein. On croyait l’interprète de “Si maman si” en vacances à Ramatuelle, elle se battait en réalité contre la maladie. Durant deux mois, elle devra suivre un traitement de radiothérapie qui devrait normalement assurer sa guérison. Mais les premiers médicaments auraient affaibli France. Pour elle, perfectionniste et professionnelle jusqu’au bout des ongles, il devenait impossible d’assurer ses concerts au Palais Omnisports de Bercy du 1er au 6 juin prochains. Repos forcé pour celle, symbole même de la joie de vivre, et dont le destin a basculé ces derniers mois dans la rubrique tristesse.

Il y a encore quelques jours, elle travaillait dans l’euphorie lors des répétitions de son prochain show. Ses fans devront patienter jusqu’en septembre pour revoir la chanteuse, temporairement sur la touche. Nul doute qu’elle retrouvera toutes ses forces pour donner alors le meilleur d’elle-même.

Elle voulait chanter en mémoire de Michel.

La semaine dernière, France Gall répétait, avec une fougue de débutante, au Théâtre de Paris ses six concerts de Bercy. Mieux : elle avait même enregistré une nouvelle version de « Mademoiselle Chang », un titre du répertoire de Michel Berger, sorti chez les disquaires. Comme elle le confia à nos confrères de « France-Soir » : « Ce disque est un petit évènement. Il représente bien ce que sera mon spectacle le mois prochain. » C’était avant l’ablation de sa tumeur du sein.

France Gall voulait, pour son come-back à Bercy, un show dépouillé et sobre. A peine cinq musiciens à ses côtés pour l’accompagner, pas d’effets spéciaux ou de grandioses jeux de lumières et une priorité essentielle à l’émotion.

Car la chanteuse souhaitait non seulement interpréter ses grands tubes, mais aussi ceux de Michel Berger.

Elle l’affirmait récemment au « Parisien » : Le vrai bonheur de Bercy va être de chanter les « Paradis blancs », « Mademoiselle Chang » puis « Quelques mots d’amour »  écrites par Michel. » Pour cet évènement artistique et émotionnel, 55 000 places avaient déjà été vendues. Le triomphe de France allait s’imposer.

Et cela, près d’un an après le départ de Michel Berger, qui choqua toute la France.

Un nouveau rendez-vous a déjà été fixé avec le large public de France. Les 10, 11, 12, 22, 23 et 24 septembre, France Gall sera à Bercy pour crier son espoir et son amour de la musique.

France Gall se bat de toutes ses forces. Pour elle, pour ses enfants Pauline et Raphaël, pour son immense public qui l’a propulsé au sommet et pour la mémoire de Michel Berger. Son époux ; son Pygmalion ; son compositeur, l’autre moitié de sa personne. Comme si une force mystérieuse avait jeté son dévolu sur la doute France, celle-ci encaisse les coups durs. Mais la chanteuse n’est pas du genre à baisser les bras. Elle affronte avec un courage exemplaire cette nouvelle dure épreuve. Pour mieux se relever et gagner son combat !

Un mal qui frappe une femme sur dix.

Selon les statistiques, une Française sur dix est atteinte (ou le sera) du cancer du sein. Cette forme de tumeur foudroie 10 000 femmes chaque année et 30 000 nouveaux cas sont répertoriées annuellement, soit une progression de 5% par an. Principal cancer chez le sexe faible, il concerne principalement les femmes ménopausées, mais aussi des patientes beaucoup plus jeunes. Pour lutter contre ce mal, le meilleur instrument de prévention demeure la mammographie. Les médecins la recommandent au rythme d’une tous les trois ans pour les plus de 50 ans, D’après les derniers résultats médicaux, de 30 à 50% des cancers du sein seraient héréditaires. Conclusion : une jeune personne, dont la mère, la sœur ou la tante, a été frappée d’une tumeur cancéreuse au sein, présente plus de risques de maladie. Au laboratoire du Généthon, dirigé par le professeur Cohen, on travaille déjà sur un test, capable de prédire les menaces d’hérédité. Et donc d’entraîner un dépistage précoce.

Spécial Dernière
15 mai 1993
Numéro : 3075

Le calvaire de France Gall

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Le calvaire de France Gall

Opérée en grand secret le 22 avril, elle vient d’être réhospitalisée.

Neuf mois. Neuf mois seulement que la mort implacable, fauchait Michel Berger par un beau soir de vacances. Le 2 août 1992, il tombait, foudroyé à 44 ans par une crise cardiaque, laissant France Gall, sa femme, son amour, seule avec leurs deux enfants, Pauline, 14 ans, et Raphaël, 12 ans.

Aux obsèques, mère-courage, France avait bouleversé chacun par sa dignité, fragile silhouette blonde, serrant sur son cœur ses deux petits éplorés. Puis, France avait disparu. Elle s’était entourée de silence et de mystère pour tenter d’engourdir sa terrible douleur.

Et voici que, aujourd’hui, le destin s’abat une seconde fois sur France. Tandis qu’elle tentait de surmonter le drame qui lui déchirait le cœur, un autre fléau rongeait sournoisement sa chair : le cancer. Cette terrible maladie dont de plus en plus de médecins disent qu’un choc psychologique profond, tel un deuil, peut déclencher le développement …

Ce cancer, France l’a caché dix-huit jours à tous ceux qu’elle aime, espérant de toutes ses forces qu’une intervention chirurgicale rapide suffirait à endiguer le mal. Mais, après avoir été opérée en secret le 22 avril, France a dû être réhospitalisée le 10 mai dernier. Les médecins ont jugé qu’elle devait suivre sans attendre un long traitement : deux mois de chimiothérapie. La mort dans l’âme, elle a dû annuler les concerts qu’elle devait donner en juin à Bercy … en souvenir de Michel.

Quel coup terrible pour cette jeune femme qui a déjà tellement souffert I Quel coup injuste et tragique. Voici qu’après avoir perdu leur père, Pauline et Raphaël devaient maintenant trembler pour la vie de leur mère.

Et dire qu’elle croyait avoir surmonté le plus douloureux. Que la vie recommençait, même -st depuis la mort de Michel, France savait qu’elle ne serait plus jamais la même.

Et puis, il y avait ce grand rendez-vous de Bercy. Depuis des mois, France ne vivait plus que dans l’idée de ce retour sur scène. Il était devenu sa raison de vivre. Grâce à lui, elle avait peu à peu réussi à surmonter son chagrin.

Michel et elle avaient projeté de monter ensemble pour la première fois sur scène au printemps 1993. La grande salle du Palais Omnisport de Paris-Bercy avait été retenue longtemps à l’avance. Eh bien, France relèverait le défi. En mémoire de Michel, elle chanterait seule les chansons qu’ils avait composées pour eux.

Dès lors, France n’a eu de cesse de préparer ce grand rendez-vous de l’amour. Elle est sortie de son silence, a retrouvé les musiciens, les répétitions, les studios.

De jour en jour, c’est à une véritable renaissance à laquelle on a assisté Pauline et Raphaël qui, au début, ne croyaient pas leur mère assez forte pour mener un tel combat ont été subjugués. France revivait sous leurs yeux.

“Je n’ai plus peur de rien”, confiait-elle le 15 avril dernier à notre confrère “Paris-Match”. Comme si, en partant, Michel m’avait légué sa force.

Hélas, quelques jours plus tard, c’était le drame. Les médecins décelaient une grosseur à la poitrine de France : il fallait l’opérer d’urgence.

Une fois encore, ce petit bout de femme, d’apparence si fragile, a fait preuve d’un courage extraordinaire. En grand secret, elle s’est rendue dans un hôpital parisien. Et là, le 22 avril dernier, l’intervention a eu lieu. Les chirurgiens ont retiré la tumeur. Une tumeur qu’ils ont qualifiée de « maligne mais de bon pronostic ».

Lutter, lutter, lutter, tel a alors été l’unique pensée de France. Et pendant dix-huit jours elle s’est battue pour cacher son cancer à ceux qu’elle aime. Quoi qu’il arrive, elle trouverait la force de retrouver son public à Bercy en juin. Elle triompherait de sa maladie.

Avec courage, elle s’est alors accrochée au travail comme pour oublier plus vite le reste … Le 5 mai dernier, encore fragile après son opération, France a réussi un véritable tour de force, une première dans l’histoire de la chanson française.

Sur la scène du Théâtre de Paris, elle retrouve les quatre fidèles musiciens de Michel Berger, Serge Perathoner, Jannick Top, Denis Lable et Claude Salmieri. Elle retrouve aussi deux fidèles amis : Renaud Hantson et Marc Lavoine. Et là, en un après-midi, ils enregistrent tous ensemble « Mademoiselle Chang », la célèbre chanson de Michel. La voix de France, fraîche et acidulée, est intacte, superbement posée, elle semble voler sur le rythme imposé par les musiciens. Renaud et Marc, eux, font les chœurs.

Dans la salle, tout le personnel de Ia maison de disques est là. Et parmi eux, au premier rang, un petit bonhomme incroyablement attentif, un gamin dont les grands yeux brillent d’émotion et d’admiration : Raphaël.

En un rien de temps, « Mademoiselle Chang » est enregistrée, parfaite. Et dans la nuit même, le disque est gravé. Dès le lendemain matin, on peut l’entendre sur toutes les radios : il annonce le grand lancement du prochain spectacle de Bercy.

Mais c’est dans sa chambre d’hôpital que France s’entend chanter. Car, sitôt l’enregistrement fini, elle a dû y retourner. Pour combien de temps ? Le moins possible.

Envers et contre tous, France s’accroche à l’espoir d’être rétablie pour le 1er juin. Elle va ainsi lutter en vain pendant cinq jours.

Hélas, le 10 mai, elle doit se rendre à l’évidence : il lui faut renoncer. Les médecins qui jusque-là l’avait laissée s’accrocher à son fol espoir, lui avouent que jamais elle n’aura la force de remonter si vite sur scène. Pire, ce serait mettre définitivement sa vie en péril.

Pourtant, France la courageuse ne s’avoue pas vaincue pour autant. Elle en est sûre : elle surmontera cette épreuve comme elle a surmonté les autres.

Plus lucide et plus combative que jamais, France s’est fixé un nouvel objectif : elle triomphera de sa terrible maladie et elle retrouvera comme promis son public à Bercy. D’ores et déjà des dates ont été retenues. Ce sera les 10, 11, 12, 21, 22, 23 et 24 septembre prochains.

D’ici là, France devra continuer de subir sa chimiothérapie. A l’heure qu’il est, elle est à nouveau hospitalisée et supporterait difficilement le pénible traitement. Les radiations pour détruire toutes cellules cancéreuses à son sein ont entraîné une douloureuse ankylose de son bras.

Mais France continue de lutter courageusement et, dès l’automne, elle retrouvera la scène. Elle se l’est promis, elle l’a promis à Pauline et Raphaël. Elle l’a promis, au fond de son cœur, à Michel. Michel qui de là-haut veille sur elle et continue de lui donner sa force face à la malédiction.

France Dimanche
Par Bruno Samson
15 mai 1993
Numéro : 2437

France Gall : Je me battrai jusqu’au bout

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C'est à l'issue d'un check-up, peu avant Pâques, que France Gall a appris qu'elle était atteinte d'un cancer du sein.
C'est à l'issue d'un check-up, peu avant Pâques, que France Gall a appris qu'elle était atteinte d'un cancer du sein.
France Gall : Je me battrai jusqu'au bout

Huit mois après la mort soudaine de Michel Berger, elle a le courage de dire la vérité sur le cancer qui l’oblige à annuler ses concerts à Bercy. Chez elle, elle se prépare à affronter un combat qu’elle sait long et difficile. Après un traitement de deux mois, elle reprendra le travail et promet : « Je reviendrai sur scène ».

Show chez Nagui : elle sait que dans douze jours elle entrera en clinique. C’est à l’issue d’un check-up, peu avant Pâques, que France Gall a appris qu’elle était atteinte d’un cancer du sein.

Mais, le 10 avril, sur France 2, elle respecte son engagement, malgré les conseils de son médecin, et oppose aux craintes de son entourage la volonté de faire son métier.

« J’ai expliqué à mes enfants qu’il y aura de nouveau, pour eux comme pour moi, plein de belles choses dans l’existence. J’ai envie d’être encore heureuse. »

France Gall

Quelques jours après la mort de Michel Berger, le 9 août dernier à Ramatuelle, France Gall trouvait les mots justes, les mots d’une maman courage pour apaiser la douleur de Raphaël et de Pauline. Eh oui ! la vie devait continuer comme avant, presque comme avant… Et c’est vrai que France est allée puiser au plus profond d’elle-même pour « faire comme si ». Pas question de stopper net. C’est avec les mots et les principes chers à Michel qu’elle a décidé de se relancer dare-dare dans la bagarre : « avancer », « foncer », « poursuivre ». D’où l’idée de ce grand show en solo prévu à Bercy du 1er au 6 juin.

Mais le sale destin est revenu à la charge. Un autre mot terrible est apparu, sous la forme d’un diagnostic médical : cancer ! Mardi dernier, au matin, une dépêche tombait, abrupte : « France Gall, opérée d’une tumeur maligne du sein, de bon pronostic, le 22 avril dernier, est obligée de reporter les dates de son spectacle à Bercy. En cours de traitement complémentaire par irradiation, l’état de France Gall est considéré par ses médecins suffisamment satisfaisant pour permettre de fixer de nouvelles dates en septembre. »

Sous ses allures volontairement rassurantes, le communiqué a provoqué une sérieuse onde de choc.

Car, mis à part le cercle restreint, sa garde rapprochée depuis la mort de Michel, une poignée d’amis de toujours, dont l’organisateur de spectacles Gilbert Coullier, son nouveau producteur Lionel Rotcage, personne ne semblait avoir été mis dans la confidence. La décision d’annulation des six jours à Bercy n’aurait été prise que lundi dernier, au cours d’une réunion au sommet, d’une sorte de conseil de famille. C’était décidé : France n’aurait ni la force, ni l’énergie, ni l’esprit de mener à bien ce spectacle.

Flash-back sur ces derniers jours où tout a basculé : le samedi 10 avril, France participe à l’émission de Nagui, « Taratata ». Elle s’y montre drôle, resplendissante. Ce soir-là, elle donne l’image d’une femme en paix, d’une femme forte qui est parvenue, en l’espace de quelque huit mois, à terrasser la peine, la douleur, l’injustice, la cruauté de l’existence. Son leitmotiv du moment : « Je chante pour retrouver le bonheur. » Et le bonheur, c’est vrai, à ce moment-là, il était parfaitement décelable sur sa frimousse d’éternelle blondinette de 45 ans.

C’est peu avant Pâques, en allant chez son médecin pour un check-up, que France Gall a appris qu’elle était atteinte d’un cancer du sein et que son état nécessitait une intervention. L’opération a eu lieu le 22 avril, dans un hôpital parisien. En toute discrétion. Personne n’en a rien su. A l’époque, les répétitions avaient déjà commencé. Des répétitions pour le son, au Théâtre de Paris, avant d’en débuter d’autres, quasiment en « live », en grandeur (presque) nature, sur la scène du Zénith. En cela, France adoptait la méthode chère à Michel. Répéter à outrance. Peaufiner sans cesse. Pas question d’arriver devant le public avec un spectacle qui bégaie, qui boite. La machine devait être huilée et France s’y employait de toutes ses forces, épaulée, cornaquée, soutenue à bout de bras et de cœur par tous les « ex » du clan Berger.

Au sortir de l’hôpital, ses médecins lui ont évidemment conseillé de se reposer. Mais France avait dans l’esprit cette date phare du 1er juin. On l’attendait ce jour-là. Elle avait rendez-vous avec elle-même, son orgueil, son public et surtout Michel. Rendez-vous qu’elle ne voulait pas différer.

Peut-être a-t-elle repris trop vite les répétitions ? Peut-être n’a-t-elle pas supporté les séances d’irradiation et de chimiothérapie qu’on lui a prescrites jusqu’à la fin du mois de juin (on dit qu’elle les supporte très mal et que son bras, à l’issue de chaque séance, se trouve paralysé) ? Peut-être la fatigue ? L’angoisse ? Le stress ?

Bref, les médecins ont tiré la sonnette d’alarme : « Pas question de continuer à travailler huit heures par jour ; hors de question de persévérer à ce rythme, de jouer les martyrs ! »

D’ordinaire, dans le monde du show-biz, on a plutôt tendance à cacher les choses, à les masquer. Annuler Bercy, ce n’était pas rien ! Près de cent mille spectateurs l’attendaient ! Alors, à quoi bon trouver une excuse ? France a décidé de tout dire, de tout avouer. Un cancer ? Et alors ? Le tabou est tombé depuis pas mal d’années. Cette maladie n’est plus « honteuse ».

De l’avis de l’un de ses amis, l’ayant rencontrée chez elle il y a tout juste une semaine (et qui n’était pas au courant de cette opération), France « était comme d’habitude ». Peut-être un soupçon de fatigue dans le regard. Comme de la lassitude. Ainsi qu’une légère pâleur. Mais bon … 

Pour mieux se prouver qu’elle n’avait rien perdu de son énergie, France a même relevé une sorte de défi, le jeudi 6 mai dernier, en enregistrant une version en direct de Mademoiselle Chang, en une seule soirée. Le disque, brut de four, était gravé dès le lendemain. Performance jamais réalisée en France et peut-être une ou deux fois seulement en Angleterre et aux Etats-Unis. Dernière prouesse avant la convalescence forcée. Comme pour laisser un signe, une trace à tous ceux qui l’attendaient à Bercy. Comme pour marquer sa présence. Pour leur dire : « Vous voyez, je ne débranche pas ! »

« Aujourd’hui, dit-elle, j’ai confiance, je me bats, je vais guérir et je serai sur scène en septembre. » Une phrase qui fait écho à cette déclaration lâchée au lendemain de la mort de son mari : « Je n’ai plus peur de rien, comme si, en partant, Michel m’avait légué sa force ! »

Magazine : VSD
Par Didier Valle
Date : 13 au 19 mai 1993
Numéro : 819

France Gall, le destin s’acharne !

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On l'a appris hier : atteinte d'un cancer du sein, France Gall a été opérée le 22 avril et reporte à septembre son Bercy prévu pour juin.
On l'a appris hier : atteinte d'un cancer du sein, France Gall a été opérée le 22 avril et reporte à septembre son Bercy prévu pour juin.
France Gall, le destin s'acharne !

On l’a appris hier : atteinte d’un cancer du sein, elle a été opérée le 22 avril et reporte à septembre son Bercy prévu pour juin.

La nouvelle a suscité une émotion inouïe et une tristesse rageuse. Le destin s’entête, mais France Gall, une fois de plus, fait preuve de ce courage qu’elle a déjà montré après la mort de Michel Berger.

Elle a, elle a ce je ne sais quoi … Ce petit truc en plus, cette incroyable grandeur d’âme … » Ce sont ces mots de Michel Berger, tirés d’une chanson-hommage à Ella Fitzgerald, qui se sont tout de suite imposés à notre esprit en apprenant la nouvelle.

Que France Gall, victime d’une tumeur maligne du sein – « de bon pronostic » précisent les médecins – se soit fait opérer le 22 avril d’un cancer, alors qu’on la croyait en vacances à Ramatuelle et qu’elle ait maintenant à subir – « sans inquiétude » affirment heureusement ses proches – un traitement complémentaire par irradiation dont, vraisemblablement, les effets secondaires des premières séances l’ont amenée à différer Bercy, cela, bien sûr, incite à une tristesse rageuse. Depuis sept mois et la tragique disparition de Michel, son combat a été suffisamment douloureux pour que le destin l’épargne de toute autre agression.

Mais que, se sachant malade, elle ait préféré tout cacher et tenter de relever l’incroyable défi de mener conjointement toutes ses convalescences – celle de la chanteuse qui, longtemps, avait renoncé à des bonheurs qu’elle croyait galvaudés, celle de l’épouse abandonnée en plein renouveau par son omniprésent « professeur Tournesol», celle, enfin, de la femme atteinte dans sa chair par la malignité _:_ voilà qui laisse pantois sur ses ressources intérieures, d’autant plus que, il y a tout juste une semaine, France avait enregistré « Live » », en une seule journée, sa version de « Mademoiselle Chang », de Michel Berger.

« Parfois je m’épate », nous confiait-elle, l’autre jour, en nous interdisant aussitôt de le répéter. Elle évoquait le trouble dans lequel, au-delà du chagrin, l’avait plongée la disparition de Michel. « Avant, j’avais toujours besoin de me sentir protégée, car je savais que la chose était possible. Depuis, tout a été brusqué. Je suis obligée de me prendre seule en main … et j’y arrive ! »

Pour ce faire, France avait d’abord pris « sa » grande décision, chanter quand même : « Je l’ai prise très vite mais, sans que je sache très bien pourquoi, il a fallu que j’attende Noël pour la rendre publique. Exactement, comme pour oser sortir de chez moi, à part pour les concerts de Johnny ou de Catherine Lara, où l’émotion m’a finalement submergée. » Ensuite, elle a fait, comme le chanterait Michel, sa « déclaration » : « C’est vrai ! Un jour, j’ai dit tout haut : je vais faire Bercy. Quatre mots qui mettent en route tellement d’argent, de risques, d’émotion. Je les ai prononcés pour ne plus avoir à reculer. » En nous confiant cela, elle avait ajouté : « Je sais que je vais y arriver », avec un ton d’une étonnante véhémence.

Peut-être pensait-elle alors à l’ultime et insidieux obstacle de sa maladie. Il ne fallait pas compter sur elle pour se livrer à ce sujet, puisqu’elle ajoutait aussitôt : « Ce qui m’importe, même dans la douleur, c’est la dignité. Je suis très choquée par tous ceux qui jouent sur l’émotion. Je ne suis pas du genre à tirer la larme aux gens ! »

Il lui restait encore à s’organiser pour se gérer elle-même tout en gérant l’énorme entreprise « Berger ». Sur le plan privé comme sur le plan professionnel, elle sut saisir les bonnes mains : « Au début, à titre personnel, mon amie Coco Balavoine m’a beaucoup aidée. C’était un réconfort inouï d’avoir à côté de soi quelqu’un qui avait connu un drame similaire. Et puis, il y a eu énormément d’amour et d’amitié, y compris anonyme, autour de moi. Mais, côté boulot, il a fallu que je m’entoure. J’ai évidemment gardé l’équipe de Michel, mais j’ai aussi créé la mienne car, pour le remplacer, il fallait au moins trois personnes. J’ai donc pris un avocat, je me suis chargée moi-même de l’artistique, et mon ami Lionel Rotcage est devenu mon manager. »

C’est ainsi paré que France a commencé à concevoir ce spectacle qui, avec déjà cinquante-cinq mille billets vendus, allait créer l’événement artistique autant qu’émotionnel. Au programme, on allait, bien sûr, entendre « Double jeu », l’album publié par le couple à la fin du printemps dernier, mais aussi, au-delà des « incontournables » de France, la plupart des titres chantés jusqu’ici exclusivement par Michel ; « Mes propres chansons, je m’en étais un peu lassée. Celles que je reprendrai pour faire plaisir aux gens et le faire avec plaisir, je les aurai sérieusement rockifiées (rire). Mais le vrai bonheur de ce Bercy va être de chanter les « Paradis blancs », « Quelques mots d’amour » et autre « Mademoiselle Chang » de Michel. Non que je fasse cette scène par amour ou par hommage – comme cela a été dit pour faire du sensationnel – mais si c’était pour chanter d’autres chansons que les siennes, je ne serais pas là. »

Les nouvelles dates sont déjà fixées, deux fois trois jours les 10, 11, 12 puis les 22, 23, 24 septembre. Avant, France, au repos forcé, continuera quand même à s’occuper de Michel. A la rentrée, Paris doit aussi accueillir le « Tycoon », version anglaise de « Starmania », dont le disque fait un carton dans le monde entier et dont Lewis Furey assurera la mise en scène.

Et puis, dans quelque tiroir secret du couple que jamais le temps ne scellera, il y a un scénario de film, signé Michel Berger, qui lui tenait terriblement à cœur. Plus qu’intéressés, certains producteurs l’avaient baptisé « Totem ». France aimerait remettre la machine à flot et redonner à l’œuvre son titre original : « le Bruit silencieux de la pagaie ». Pas étonnant, quand on sait comme elle peut ramer dur tout en gardant le silence.

Journal Le Parisien
Par Alain Morel
12 mai 1993
Numéro : 15 140