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France Gall et Léa Deleau : les groupies du pianiste

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La chanteuse France Gall nous présente la jeune Léa Deleau, premier rôle de Résiste, conçue autour de l'oeuvre de Michel Berger.
La chanteuse France Gall nous présente la jeune Léa Deleau, premier rôle de Résiste, conçue autour de l'oeuvre de Michel Berger.

La chanteuse nous présente la jeune Léa Deleau, premier rôle de Résiste.

Cette comédie musicale conçue autour de l’oeuvre de Michel Berger débarque à Paris. Avant-première.

Gala : France Gall, comment vous est venue l’idée de monter le spectacle Résiste?

France Gall : Michel et moi nous n’aimions pas les comédies musicales. Starmania était un opéra rock, ce n’est pas la même chose. Les temps changent, les gens aussi, et la comédie musicale a percé en France. Mamma Mia ! avec toutes ces chansons d’ABBA, m’a fait envisager le genre différemment. Et nous avons, nous aussi, à la fois des tubes et une grande histoire.

Gala : Léa, comment avez-vous été choisie pour ce show ?

Léa Deleau : J’ai chanté une fois sur scène à Lille avec Louis Delort, qui était au casting de 1789, les amants de la Bastille. Une personne de la production de Résiste était dans la salle et m’a contactée. Je suis tombée des nues lorsque j’ai su que France Gall était derrière cette proposition, et que je pouvais éventuellement correspondre au rôle.

France Gall : Lorsqu’elle est entrée dans la pièce pour le casting, j’ai tout de suite su que c’était elle. Elle était comme je l’imaginais. Quand j’ai créé le personnage principal de Résiste, Maggie, elle devait être blonde et se laisser embarquer et déborder par la vie. Et aussi quelqu’un de très gentil avec tout le monde.

Gala : Quels points communs avez-vous ?

France Gall: Je dirais que ce sont plutôt nos différences qui nous unissent. Moi, j’ai des dizaines d’années d’expérience. Léa, elle, commence sa carrière de chanteuse. Vous savez, c’est difficile une vie de chanteuse. Il faut avoir un sacré tempérament, du caractère, il faut oser monter sur scène, c’est quelque chose que tout le monde redoute. Finalement, c’est rare les chanteuses. Léa en est une.

Gala : Léa, vous étiez familière de l’univers de France Gall et de Michel Berger ?

Léa Deleau : J’ai le souvenir de ces chansons entendues à la maison, dans la voiture … Je remercie d’ailleurs mes parents de m’avoir transmis ce répertoire. J’ai l’impression d’être née avec, et de les avoir toujours connues. En apprenant la guitare, je reprenais même Le paradis blanc.

France Gall: Parce qu’elle joue aussi de la guitare et du piano ! Léa est très musicienne.

Gala : Comment expliquez-vous que la musique de Michel Berger soit toujours aussi populaire ?

France Gall : C’est le côté intemporel de Michel. Il est arrivé dans les années soixante-dix avec Alain Souchon, Francis Cabrel ou Michel Jonasz. Ils se sont imposés, ont balayé toute une autre génération d’artistes. Mais attention : il leur a fallu attendre au moins quatre albums avant de devenir des vedettes. Aujourd’hui, on n’a plus le temps, j’ai même envie de dire qu’il n’y a plus d’artistes.

Léa Deleau: Il y a quand même une nouvelle génération de chanteurs. Mais celle de Michel Berger avait un côté avant-gardiste. Avec des mélodies et des textes très forts surtout, qui parlent à tout le monde, à toutes les générations.

France Gall: On évoque souvent les musiques de Michel, mais sa force est aussi dans l’écriture. Toute sa vie, il a su parler à l’oreille de son public. Je savais que son œuvre resterait, il a d’ailleurs tout fait pour ça.

Gala : A votre avis, France, est-il plus complexe de commencer une carrière de chanteuse aujourd’hui qu’à votre époque?

France Gall: Tout a changé, il est très difficile de se faire connaître aujourd’hui, d’arriver à percer. Le choix est tellement immense … C’est un autre monde.

Léa Deleau: Les réseaux sociaux sont aussi une bonne façon de se forger une culture et de se faire connaitre, mais il faut savoir se démarquer. Moi, j’adore acheter des disques, des vinyles, posséder ces objets. Mais Je suis peut-être une exception de ma génération.

Gala : France, quels conseils avez-vous donnés à Léa pour endosser le costume de Maggie ?

France Gall : Léa est une personne très sérieuse professionnellement. Elle a d’ailleurs beaucoup de travail, parce qu’elle tient le rôle principal. C’est très agréable de bosser avec elle. Elle est très à l’écoute. Elle est soutenue par des coachs pour le chant, la danse, le théâtre … Léa est très jeune. Le plus difficile pour elle est de faire passer les sentiments et les émotions des chansons. C’est là où j’interviens et où je l’aide.

Léa Deleau : Recevoir un conseil de l’interprète original d’un texte n’a pas de prix !

France Gall: Chanter n’est pas anodin. Il faut que cela sorte du plus profond de soi, et Léa s’en sort vachement bien.


Des tubes, encore des tubes !

1977, France Gall interprète La chanson de Maggie, l’histoire d’une fille qui travaille dans une boîte de nuit. Dans Résiste, la jeune Maggie prend vie. Entourée de sa famille et de ses amis, elle mène une existence nocturne rythmée par une foule de succès signés Michel Berger. Si France Gall n’est pas présente physiquement sur scène, elle habite ce spectacle en prêtant sa voix au récit. Une création qui lui ressemble à 100 %.

A partir du 4 novembre 2015 au Palais des Sports de Paris, puis en tournée.

Magazine : Gala
Par Sébastien Catroux
Date : 28 octobre 2015
Numéro : 1168

Histoires de France Gall

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Résiste, comédie musicale coécrite par France Gall à partir des succès de Michel Berger, investit le palais des sports de Paris le 4 novembre.
Résiste, comédie musicale coécrite par France Gall à partir des succès de Michel Berger, investit le palais des sports de Paris le 4 novembre.

Résiste, comédie musicale coécrite par France Gall à partir des succès de Michel Berger, investit le palais des sports de Paris le 4 novembre.

Pendant dix mois, L’Express l’a suivie dans cette aventure qui, pour elle, veut dire beaucoup.

Son silence artistique a duré près de vingt ans. Mais quand on la rencontre au fil des mois, alors qu’elle veille sur Résiste, cette comédie musicale made in France dans laquelle elle ne chante pas, France Gall est toujours aussi tendue vers la musique. Elle parle en rythme, chantonne à l’occasion, vêtue de couleurs gaies, comme si elle allait monter sur scène, avec cette même énergie roborative qui a marqué les années Berger.

16 décembre 2014, chez France Gall à Paris

Elle ouvre la porte de son appartement, situé sur la plaine Monceau, et tous les grands tubes de Michel Berger semblent danser près du piano noir à l’âme pourtant si gaie. Depuis quelques jours, l’affiche de Résiste envahit le métro parisien. Résiste, comme « résilience », peut-être. Elle disait : « Je n’écrirai jamais d’autobiographie. »

Si Résiste n’est pas un autoportrait, ce sont bien tous les refrains d’une vie – France triomphale, souffrance abyssale – qui encerclent aujourd’hui l’histoire de Maggie, une poupée de son, et de ses amis de la boîte de nuit le Lola’s. Car cette comédie musicale, écrite par France Gall et Bruck Dawit et chantée par cinq artistes – moyenne d’âge : 20-25 ans – ,est tissée à partir des classiques du couple Gall/Berger : « Musique », « Débranche ! », « Ella elle l’a », « La Groupie du pianiste », « Viens je t’emmène », etc.

A la façon de Mamma Mia ! « C’est d’ailleurs le musical d’Abba, découvert à Londres avec Claude-Michel Schönberg, qui a tout déclenché », raconte France Gall. Son dernier album remonte à 1996. Elle n’a plus chanté depuis la mort de sa fille, Pauline, emportée par la mucoviscidose, à 19 ans, en 1997.

« Pourquoi me lancer dans une telle aventure ? s’interroge-t-elle, devançant la question. Alors que je pourrais rester tranquille. Sans doute pour passer un relais. Une belle chanson ne doit pas s’éteindre. »

Les locations sont désormais ouvertes, les réseaux sociaux s’agitent, un clip va être réalisé. Sur la table du salon sont posés les dessins des décors, des listes de chansons, un dossier, où est inscrit « Honfleur novembre 2012 »,date du début du projet, soutenu par le producteur Thierry Suc. France Gall va, vient, s’assied, se lève, ouvre un grand agenda, des classeurs, d’où s’échappent des silhouettes de mannequins collectées dans des magazines et qui vont inspirer les looks des personnages : des filles en costume d’homme, en marinière. Le premier extrait de la comédie musicale, le tube « Résiste », interprété par la troupe, sera dévoilé en mars 2015. La chanson monte de la chaîne stéréo : « Refuse ce monde égoïste / Résiste / Suis ton cœur qui insiste … » France écoute, concentrée, ses mains cachent son visage. Lorsque le morceau s’achève, elle a les larmes aux yeux. « J’ai gardé les mêmes orchestrations qu’à l’époque en 1981. » Elle allume une cigarette. « C’est fantastique de retrouver une légèreté »

Dans quelques jours, elle sera pour Noël sur l’île de Gnor, au Sénégal, son refuge.

16 avril 2015, le studio de Michel Berger

L’ancienne imprimerie parisienne reconvertie en studio par le décorateur Jean-Louis Berthet est une fourmilière. Léa Deleau, Victor Le Douarec, Corentine Collier, Gwendal Marimoutou et Elodie Martelet, les cinq chanteurs de Résiste, sélectionnés après un casting de huit mois, enregistrent l’album de la comédie musicale. France Gall est assise sur les marches de ce fameux escalier blanc qui trônait en couverture de Double Jeu, disque de duos avec Michel Berger. L’ingénieur du son Bruck Dawit, son complice depuis 1995, supervise avec elle la réalisation. « Nous avons dû retrouver la colonne vertébrale des compositions, batterie, basse, guitare, et tout déchiffrer », précise-t-il. France Gall assure le coaching vocal. Debout, elle donne le rythme de Samba Mambo, levant les bras vers la cabine du studio. « Un peu plus de voix, pas que de l’air. Plus rond, plus rebondi, plus gai. Il faut hacher les mots, ça doit groover ! La chanson est gaie, même si le texte est triste, comme toujours chez Michel. »

Elle tape du pied. « On est dans un petit moment de blocage … »

France Gall tourne sur elle-même. « Je pensais être une fille tempérée, mais mon enthousiasme est un peu brutal. Mon père m’appelait « le petit caporal ». J’aime enseigner. Si je n’avais pas été chanteuse, j’aurais choisi un métier dans l’éducation. »

Le disque compte 14 chansons, que des succès. Entre 1976 et 1992, chacun des sept albums de France Gall s’est écoulé à 1 million d’exemplaires, elle a été la première à donner des concerts avec un groupe exclusivement féminin (18 sur scène, en 1978), la première à remplir le Zénith ( quatre semaines, à Paris, en 1984). C’est France en chansons. « Cette époque était incroyable. Il fallait une réussite insolente pour supporter les épreuves. Et puis la vie n’a plus été aussi jolie. J’ai tout arrêté pendant quatre ans. Au moment de Double Jeu [1992], j’ai voulu chanter d’une façon plus dure, probablement poussée par la douleur que j’éprouvais avec la maladie de ma fille. »

Sur les nouvelles affiches de Résiste, une jeune femme blonde rappelle la France Gall d’avant.

16 juillet 2015, répétitions à Roissy-en-France

Au fond du hangar nu, la scène est construite à l’identique de celle du palais des sports de Paris, où se donnera Résiste. Plusieurs tables, certaines occupées par le metteur en scène Ladislas Chollat et la chorégraphe Marion Motin, font face au décor esquissé d’une boîte de nuit, avec bar, escalier, chaises en forme de chaussure estampillées seventies. Ladislas Chollat travaille avec trois assistants.

Depuis avril, il assure en alternance les répétitions de Momo, une pièce de Sébastien Thiéry, avec Muriel Robin et François Berléand. « La troupe de jeunes est compétente en chant, pas encore dans le jeu … »

Des danseurs s’étirent ou sautent à la corde. Ils sont une quinzaine, issus de l’électro, du hiphop, de la danse contemporaine. Et jouent un personnage du Lola’s, parfois deux ou trois.

« L’âme ne doit pas être à côté du corps ! tonne Marion Motin. Sans corps, il n’y a pas de vie. » Son style, qui a séduit Stromae et Christine and the Queens, appuie sur « les lenteurs, le lâcher-prise, les grandes accélérations ». Ladislas est calme et déterminé : « Merci, les amis. Ce n’est encore tout à fait précis … Prenez le temps de penser les choses. » A côté de lui, France Gall note, observe, danse sur sa chaise, regarde sur un iPad ses chorégraphies dans des émissions d’hier. « On verra plus tard comment défendre les chansons sur scène, commente-t-elle. Pour intéresser les spectateurs, il faut les regarder en face. Mais, en même temps, il faut jouer des scènes. »

Résiste convoquera des dessins animés, des photographies, de petits films avec France Gall dans le rôle de la narratrice qui raconte l’histoire à sa petite-fille Lola.

C’est sa première expérience de comédienne, elle qui a refusé de tourner avec Chabrol et Pialat, mais a tout de même été dirigée par Godard dans le clip de sa chanson Plus haut. Godard lui disait : « Les histoires de création sont aussi des histoires d’amour. »

France Gall s’apprête à poser sa voix sur les chœurs de « Un dimanche au bord de l’eau », une chanson « retrouvée » de Michel Berger, enregistrée en 1978, et qui sera insérée dans Résiste, chantée par lui. « Il reste encore quelques inédits de Michel. Peu, mais il en reste. »

8 octobre 2015, Résiste prend corps

Ladislas Chollat avait prévenu les artistes : « Je reprendrai au moment où l’on était resté fin juillet. Rien ne doit me freiner. » Comme chaque jour depuis le début du mois, le filage a lieu à 16 heures dans le hangar de Roissy-en-France. Des semi-remorques ont livré le décor, qui devra être monté en une journée pour la tournée des Zénith, prévue en 2016. Les artisans s’agitent : rabots, perceuses, peinture. Quelques costumes patientent sur des portants : Jean-Daniel Vuillermoz, récompensé par un Molière et un César, a créé une « mode Résiste » aux couleurs fortes – France Gall a fait tisser spécialement des tissus au Sénégal. Un code secret permet de regarder les répétitions sur Internet. Les chanteurs deviennent peu à peu leurs personnages : Maggie, Mathis, Tennessee, Mandoline, Angelina … – d’après des noms de chansons de Michel Berger. « Les regarder s’incarner, c’est voir une pensée qui prend vie », se réjouit France Gall, assise à sa place fétiche, face à la scène. Ladislas Chollat est un metteur en scène hyperactif qui a l’œil sur tout, et d’abord sur la trentaine d’artistes présents sur le plateau. Il se retrouve dans le perfectionnisme de France Gall. « C’est l’école Michel Berger, lance-t-elle. Ne rien survoler. Ce qui peut être un détail pour vous … »

Éclats de rire.

Chaque soir, jusqu’à 23 h30, l’équipe réduite débriefe la journée. « Il faut toujours chercher à améliorer », appuie Ladislas Chollat, qui a demandé à l’humoriste Vincent Dedienne d’insuffler des vannes dans les dialogues. L’enjeu est de taille. C’est le budget d’un long-métrage. Le producteur Thierry Suc espère 500 000 spectateurs. France Gall est montée au créneau pour la promotion, à la radio, à la télévision. « France vit Résiste comme si c’était un spectacle dans lequel elle jouerait », analyse-t-il. Sa toute première chanson, en 1963, quand elle était la baby star des yéyés, s’appelait « j’entends cette musique ». Et la musique ne lui a pas résisté. « Ce que j’aime, c’est partager. Je ne veux plus monter sur scène, chanter, être applaudie. Je suis heureuse dans l’ombre. »

La vie n’en finit pas de transformer les paroles de ses chansons. France optimiste, France en avant, France profonde.

Résiste. Palais des sports, Paris (XV). A partir du 4 novembre. Puis en tournée, à partir du 8 janvier 2016. L’album Résiste (Parlophone Warner Music).

Magazine : L’Express
Photos : Bruck Dawit et Thierry Boccon-Gibod
Par Gilles Médioni
Date : du 28 octobre au 3 novembre 2015
Numéro : 3356

Photos Résiste

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2015 - Dossier de presse - Photos Officielles de Résiste La Comédie Musicale – © Tous droits réservés (merci à Romain Decosne)
2015 - Dossier de presse - Photos Officielles de Résiste La Comédie Musicale – © Tous droits réservés (merci à Romain Decosne)2015 - Dossier de presse - Photos Officielles de Résiste La Comédie Musicale – © Tous droits réservés (merci à Romain Decosne)

Photos © DR – Résiste la Comédie Musicale

Photos officielles Boby

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Crédit photos Live © Boby

Résiste (Badge)

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2015 - Badge de Résiste - Résiste, la comédie musicale de France Gall et Bruck Dawit (merci à Thomas)
2015 - Badge de Résiste - Résiste, la comédie musicale de France Gall et Bruck Dawit (merci à Thomas)

Le badge

2015 – Badge de Résiste – Résiste, la comédie musicale de France Gall et Bruck Dawit (merci à Thomas)
2015 – Badge de Résiste – Résiste, la comédie musicale de France Gall et Bruck Dawit (merci à Thomas)

Les photos officielles

France Gall, tout pour la musique

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Depuis des mois, France Gall prépare sans relâche « Résiste », la comédie musicale tirée des chansons de Michel Berger qui commence le 4 novembre.

Le 16 octobre chez elle, France sourit à cette portée de quatre chatons qui s’appellent … ré, mi, fa, sol.

Regarder les souvenirs en face. Et en être heureuse. France Gall met fin à vingt ans de silence. C’est le temps qu’il lui fallait pour accepter l’inacceptable. La disparition de Michel

Berger, cette tragédie qui en annonçait une autre : la mort de leur fille, Pauline, à 19 ans. Depuis, elle a appris à vivre avec ceux qu’elle aimait, disparus ou non. Sans cesser d’être la gamine de 16 ans, enfant prodige de la chanson, mais enfant têtue capable de décider en parlant du jeune compositeur : « Ce sera lui ou personne. » Aujourd’hui, elle poursuit leur histoire en revisitant vingt ans de création. Depuis leur premier duo, en 1974, à ce « Dimanche au bord de l’eau » qu’ils chantent ensemble. Un inédit qu’il avait enregistré seul et sur lequel elle a ajouté sa voix, pour mieux entendre la sienne. Ainsi le dialogue continue. Évidemment.

Michel Berger écrivait pour elle : « Viens, je t’emmène derrière le miroir, de l’autre côté. » Le temps s’est écoulé sans que France ne s’attarde sur son image. Elle préfère chercher son reflet dans l’un de ses grands refrains, « Résiste ». Le symbole d’un parcours où l’amour et la musique l’ont toujours emporté sur les drames. La chanteuse confie avoir « des projets pour les quinze ans à venir ». Agrandir son restaurant au Sénégal ou collaborer avec son fils, Raphaël, musicien. Et elle reprend cette phrase de Woody Allen : « Je m’intéresse à l’avenir car c’est là que j’ai décidé de passer le restant de mes jours.»

« Quand je pense que j’ai 68 ans, j’ai du mal à le croire. J’éclate de rire »

Paris Match : Ladislas Chollat, le metteur en scène de “Résiste”, m’a confié que ce qui l’épatait le plus chez vous, en dehors de votre force de vie, c’est votre courage.

France Gall. Mon père m’appelait “le Petit Caporal”. Michel, à qui on demandait un jour pourquoi il m’avait épousée, avait répondu : “Pour sa force.”

PM : “France a un courage fou de monter ce spectacle”, ajoutait Ladislas. Pour vous, était-ce une nécessité ou une évidence ?

FG : Une fois que je n’ai plus eu à faire de documentaires, de livres, d’intégrales sur Michel et moi, j’ai pu réfléchir à la meilleure façon de faire vivre sa musique. Ce spectacle, ce sont des retrouvailles avec le désir : le mien et celui du public de réécouter une fois de plus les chansons de Michel.

PM : Comment est né ce désir ? Vous me juriez, il n’y a pas si longtemps encore, que vous n’en aviez plus!

FG : A Londres, il y a dix ans, devant la comédie musicale “Mamma Mia ! “, un grand show avec seulement des tubes, j’ai compris ce qu’on pouvait accomplir. On ne peut malheureusement pas faire écrire Michel, mais je me suis servie de ce qui existait déjà pour créer quelque chose de tout à fait nouveau.

PM : Je vous observais l’autre jour, pendant les répétitions. Vous n’avez jamais envie, en écoutant ces chansons que vous avez tant de fois interprétées, de vous précipiter sur la scène et de vous mettre à chanter ?

FG : Je ne chante pas mais je suis omniprésente tout en étant absente. Tout se fait autour de moi. Les personnages que vous voyez sur la scène sortent de ma tête, ce sont mes bébés mais nous les élevons ensemble … “Résiste” n’est pas un hommage à Michel. De toute façon, Michel aurait détesté les hommages. C’est une création musicale.

PM : Comment expliquez-vous qu’après tant d’années on ne se soit pas lassé d’écouter sa musique ?

FG : Michel avait une approche à la fois populaire et cérébrale. Il voulait que ses chansons soient fortes et profondes, et elles l’étaient ! Dans chacune, il y avait un message. Il a accompagné toute une jeunesse avec ses mots. Sa musique fait partie de notre vie. Même si on voulait l’oublier, ce serait impossible.

PM : Votre fils, Raphaël, à qui Michel, comme à vous, a laissé toute sa musique, a-t-il travaillé à vos côtés sur ce projet ?

FG : Il est extrêmement concerné, mais il a décidé, très intelligemment, de faire d’abord sa propre vie. J’espère que la prochaine fois que je ferai quelque chose, ce sera avec lui. Car j’ai plein d’autres projets, moi qui détestais tellement en avoir !

PM : Quand vous pensez à Michel et à Pauline, qu’éprouvez-vous ?

FG : Ça me fait chaud. C’est ma famille invisible, lovée au plus profond de mon cœur. Je sens la présence de Michel dans sa musique. Il est complètement intégré à ma vie sans que ce soit lourd et triste. Quand j’entends une de ses chansons, je souris. Je suis sa plus grande fan !

PM : Ce qui m’a toujours frappée chez vous, c’est cette façon très particulière de parler des choses graves avec légèreté …

FG : Je suis quelqu’un de très pudique. Je suis fascinée par ce monde de la technologie dans lequel nous vivons, mais il m’effraie. Les gens parlent trop. Il y a trop de vacarme, pas assez de mystère, de moins en moins de rêves. Je ne me retrouve plus dans ce monde, qui pourtant m’a forgée. Même si ces cinquante dernières années ont été très créatives, je reste spectatrice de moi-même. J’imagine très bien une bande dessinée : « Babou, en 2015, fait une comédie musicale. »

PM : Babou, c’est votre surnom d’enfant … Vous l’êtes encore, d’une certaine façon. Qu’est-ce que toutes ces épreuves vous ont appris sur vous ?

FG : Que, lorsqu’on le veut vraiment, on peut se relever de l’impensable. On est sur cette terre pour apprendre. Je suis la preuve vivante que tout est possible. La lecture de Sénèque, entre autres, m’a appris que tout vient de nous. Je vis l’instant présent à fond, sans me poser de questions.

PM : C’est de là que vous tirez votre force ?

FG : Je l’ai toujours eue en moi. Elle vient aussi de mon éducation à l’ancienne. J’ai eu, comme Michel, une instruction stricte. J’ai appris à bien parler français, à m’occuper d’une maison … Je me dis parfois que, si je n’avais pas été chanteuse, j’aurais adoré être architecte ou décoratrice. La maison, c’est l’enveloppe de notre vie. Les miennes me ressemblent, elles sont pleines de souvenirs, d’objets chargés d’histoire. Pourtant, je n’y suis plus très attachée. Que ce soit en France ou à Dakar, je me suis fait de jolies chambres dans lesquelles je pourrais très bien mourir.

PM : Vous pensez souvent à la mort ?

FG : Je pense qu’on part quand on doit partir, que les départs sont programmés. Pourquoi tous les deux sont-ils partis si vite ? J’ai longtemps essayé de comprendre ce grand mystère.

PM : Vous avez trouvé la réponse ?

FG : Pas vraiment. Ce que je sais, en revanche, c’est qu’il faut avoir confiance dans la vie, lui faire honneur. Et lui faire honneur, c’est être heureux. Depuis que je suis toute petite, je veux être heureuse. Tous les matins, je me réveille avec le sourire.

PM : C’est vrai que vous souriez tout le temps …

FG : Parce que je me sens légère et habitée.

PM : Je peux donc écrire sans mentir que, aujourd’hui, France Gall est une femme heureuse ?

FG : Oui. Je le suis. Je me sens super-bien dans cette vie. Michel disait de moi que j’étais l’opposé de lui, que j’étais une réaliste optimiste.

PM : Et une artiste ?

FG : Je n’oserais jamais dire de moi que je suis une artiste. Pour moi, les artistes sont les récepteurs de la douleur du monde. C’est pour ça qu’ils ont tellement de mal à vivre. Moi, j’ai la chance d’être douée pour le bonheur. Michel était un pur artiste, il recherchait la perfection et il avait l’impression de ne jamais l’atteindre. C’était un écorché vif, avec des colères d’adolescent. C’est quand même incroyable de se dire qu’il est mort à 44 ans !

PM : Vous n’avez jamais eu la tentation de tout envoyer balader ?

FG : Cent fois ! Mais ma vie n’est faite que de défis. Je ne connais ni la peur ni le doute. J’ose ! En ce moment, je ne me demande pas si le spectacle va marcher ou pas. J’espère simplement que ce que j’apporte au public le comblera. Ma priorité, aujourd’hui, est de bien vieillir. Quand je me dis que j’ai 68 ans, j’ai envie d’éclater de rire. J’ai du mal à le croire. Mais 68 ans, c’est un bel âge quand on est dans la vie. Mon bonheur est toujours passé par celui des autres. J’ai besoin que les gens autour de moi soient heureux. Et je reste curieuse. Même de découvrir ces territoires nouveaux qui m’attendent. Je suis plus inquiète de l’avenir du monde que du mien.

PM : Vous faites dire à une de vos interprètes : “On ne vit qu’une fois une grande histoire d’amour, le reste ce sont des anecdotes !” Vous le pensez vraiment ?

FG : Je pense qu’on a plusieurs vies. Si l’on ne fait pas ce qu’il faut dans cette vie, on reproduit sans cesse les mêmes choses. Si j’ai traversé tout ça, ce n’est pas pour rien. J’ai demandé au cosmos que ma prochaine vie soit douce, très douce. Mais comme je serai la même âme, est-ce que cela me suffira ?

PM : A la veille de la première représentation, comment vous sentez-vous ?

FG : Soulagée !

Magazine : Paris Match
Photos : Elsa Trillat
Date : 22 au 28 octobre 2015
Numéro : 3466

France Gall : Résiste !

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En 2015, France Gall signe le spectacle « Résiste », basé sur ses chansons et celles de Michel Berger, présenté au Palais des Sports par une troupe de jeunes talents du 4 au 29 novembre. L’occasion de revenir sur la double carrière de la courageuse France Gall.
En 2015, France Gall signe le spectacle « Résiste », basé sur ses chansons et celles de Michel Berger, présenté au Palais des Sports par une troupe de jeunes talents du 4 au 29 novembre. L’occasion de revenir sur la double carrière de la courageuse France Gall.
En 2015, France Gall signe le spectacle « Résiste », basé sur ses chansons et celles de Michel Berger, présenté au Palais des Sports par une troupe de jeunes talents du 4 au 29 novembre. L’occasion de revenir sur la double carrière de la courageuse France Gall.

En 2015, France Gall signe le spectacle « Résiste », basé sur ses chansons et celles de Michel Berger, présenté au Palais des Sports par une troupe de jeunes talents du 4 au 29 novembre.

L’occasion de revenir sur la double carrière de la courageuse France Gall.

Au printemps 1965, elle triomphe à l’Eurovision avec « Poupée de cire, poupée de son », de Serge Gainsbourg qui en 1966, signe l’ambigu “Les sucettes”.

Tout cela alors qu’elle quitte Claude François. A la fin des sixties, sa carrière décline tandis qu’elle vis avec Julien Clerc.

Au milieu des années 1970, elle retrouve Michel Berger (qui a débuté en même temps qu’elle en 1963) qui replace France Gall au sommet. Née le 7 octobre 1947 à Paris, Isabelle Gall est la fille de l’auteur Robert Gall (Cf. « La Mamma » avec Charles Aznavour).

Mais c’est sous le prénom France qu’elle va faire carrière. Il symbolise son pays et on peut y voir, d’une façon détournée, un clin d’œil au tournoi des Cinq Nations de rugby, France-Galles, sans que cela lui porte ombrage ! Une chance. En novembre 1963, dans la lignée de Sylvie Vartan, Françoise Hardy et Sheila, voici France Gall qui, avec son premier succès chez Philips, « Ne sois pas si bête » (« Stand a little closer » de Jack Wolf et Bugs Bower), qui joue les trouble-fête dans ce trio de tête, couplé à « Ça va je t’aime » (« Hip Huggers » de Russ Daman), deux de ses rares adaptations, respectivement dues à Pierre Delanoë et à André Salvet & Claude Carrère. Jacques Datin et Robert Gall signent les deux autres morceaux, « J’entends cette musique » (sur un thème d’Albinoni) et « Pense à moi », inspiré de « Take Five » de Dave Brubeck. Le tout est orchestré par Alain Goraguer et produit par Denis Bourgeois pour les éditions Bagatelle.

Laisse tomber les filles

Laisse tomber les filles la seconde chanson écrite et composée par Serge Gainsbourg pour France Gall

Le 10 février 1964 elle chante « Ne sois pas si bête » dans Les Raisins verts de Jean-Christophe Averty. Le 14 mars, France présente « N’écoute pas les idoles », tube que lui écrit Serge Gainsbourg, dans Top à Jean-Pierre Cassel, sur son deuxième disque, qui inclut « Les rubans et la fleur » d’André Popp et Robert Gall, « Ne dis pas aux copains » de Guy Magenta et Maurice Tézé et « Si j’étais garçon » de Jean Claudric et Pierre Cour. Le 13 avril elle reprend « Ne sois pas si bête » dans Les Raisins verts. France Gall passe à l’Ancienne Belgique à Bruxelles avec Sacha Distel, et interprète encore son premier succès, « Ne sois pas si bête », le 17 mai, à Discorama. Le 15 juin elle propose « Les rubans et la fleur » à La Grande Farandole. Le 25 cm « N’écoute pas les idoles » regroupe ses deux premiers super 45 tours. Le 4 juillet, France est à l’affiche du gala de la CGT à Montreuil avec Lucky Blondo, Léo Ferré, Danyel Gérard, Eddy Mitchell et les Fantômes. Le 21 juillet elle présente dans Boîtes à musique « La cloche », de nouveau de Jack Wolf et Bugs Bower, adapté par André Salvet, associé à « Jazz à gogo » et « Soyons sages », deux morceaux de son papa Robert Gall sur des musiques d’Alain Goraguer et Guy Magenta, plus « Mes premières vraies vacances » de Maurice Vidalin et Jacques Datin.

Ces quatre titres sont au menu de son premier 33 tours 30 cm avec « Les rubans et la fleur », « Pense à moi », « Ca va je t’aime », « N’écoute pas les idoles », « Si j’étais garçon », « J’entends cette musique », « Ne dis pas aux copains » et « Ne sois pas si bête ».

France Gall ne part pas en tournée et passe l’été à Noirmoutier avec ses parents et ses deux frères, Patrice et Philippe. Le 27 septembre elle se produit à Discorama pour la sortie du hit « Laisse tomber les filles » de Serge Gainsbourg, complété de « Christiansen » de Maurice Vidalin et Jacques Datin, plus de Robert Gall « Le premier chagrin d’amour » avec Claude-Henri Vic, et « On t’avait prévenue » avec Guy Magenta et Vline Buggy. Le 24 octobre elle interprète « Christiansen » et « Laisse tomber les filles » aux Copains du samedi. Le 6 novembre elle reprend « Mes premières vraies vacances » et « Ne dis pas aux copains » à Chansons pour la vie avec Hugues Aufray, Monty, Le Petit Prince. Le 7, elle propose « Le premier chagrin d’amour » à Sacha Show. Accompagné par les Français, France Gall fait partie de la tournée Gala des étoiles de Richard Anthony, et devient, en grand secret, la compagne de Claude François.

Poupée de cire …

Ce CD single contient 4 titres de France Gall, dont le titre Poupée de cire, poupée de son, 3e titre composé par Serge Gainsbourg.

En décembre, elle chante pour les enfants le tube « Sacré Charlemagne » signé par son père avec Georges Liferman. Robert Gall parole aussi « Au clair de la lune » et « Bonne nuit » Alain Goraguer, et Guy Magenta et Maurice Tézé composent « Nounours ». Ce disque génère un 25 cm avec les quatre titres du précédent super 45 tours. Le 12 janvier 1965, France Gall, qui interprète « Sacré Charlemagne » aux Jeux du jeudi et à Paris Club, est accompagnée par les Français lors du Musicorama d’Adamo à l’Olympia. « Sacré Charlemagne » se vend à deux millions dans le monde, du Japon à l’Amérique en passant par l’Afrique. Bien plus tard, ce tube donnera la rue du Sacré Charlemagne où se situe l’école d’Auvillers-les-Forges, dans les Ardennes. Pour représenter le Luxembourg, elle est sélectionnée à l’Eurovision avec un titre de Serge Gainsbourg, « Poupée de cire, poupée de son ». Le 19 mars, elle est à Douce France avec Hugues Aufray, Guy Mardel, Sheila et Sylvie Vartan. Le EP « Poupée de cire, poupée de son » est complété de « Le cœur qui jazze » (dans l’esprit de « Jazz à gogo ») de Robert Gall et Alain Goraguer qui orchestre ce disque, « Un prince charmant » de Jacques Datin et Maurice Vidalin, et « Dis à ton capitaine » de Guy Magenta et Maurice Tézé. Il existe avec deux variantes de pochette. Ces quatre morceaux figurent sur le LP « Poupée de cire, poupée de son » avec « Christiansen », « Laisse tomber les filles », « Le premier chagrin d’amour », « On t’avait prévenue », « Au clair de la lune », « Bonne nuit », « Nounours » et « Sacré Charlemagne ». Le 20 mars, les « 3G », Gainsbourg-Gall-Goraguer, sont à Naples pour l’Eurovision. Les répétitions sont interrompues par des incidents entre la délégation luxembourgeoise et l’orchestre italien qui n’apprécie pas l’attitude de Serge qui, furieux, menace de retirer sa chanson. Déstabilisée, France Gall triomphe néanmoins avec « Poupée de cire, poupée de son » devant 150 millions de téléspectateurs et remporte le Grand Prix, face à Guy Mardel, Bobby Solo, etc. En avril, lors de son gala à Dijon, France Gall, toujours en idylle avec Claude François, finit son tour de chant pieds nus, ses talons aiguilles s’étant coincés entre les lames du plancher.

… Poupée de son

Le 31 mai elle chante « Poupée de cire, poupée de son » à La Grande lucarne et, le 7 juin, à Douce France avec Akim, Patricia Carli, Christine Lebail, Guy Mardel, Ricardo, etc. Le triomphe de ce titre lui ouvre les portes de la gloire, tant en Europe, l’enregistrant en italien, « Io si tu no », en allemand, « Das War Eine Schône Party », qu’au Japon où, dans la langue du pays, il est couplé à « Donna, Donna » par Claude François. Tandis que Twinkle l’adapte en anglais. « A Lonely Singing Doll ». « Poupée de cire, poupée de son » existe en seize langues. Avec deux millions de disques vendus, Serge Gainsbourg est un auteur-compositeur comblé artistiquement et… financièrement. Une société de gadgets fabrique 15 000 exemplaires par jour d’une poupée à son effigie sous la forme d’un porte-clés. En juillet, Serge Gainsbourg offre « Attends ou va-t’en », plus « Mon bateau de nuit » d’Alain Goraguer et Pierre Delanoë, « Deux oiseaux » d’André Popp et Robert Gall qui écrit « Et des baisers » avec Alain Goraguer.

Un répertoire que France interprète avec succès lors de sa tournée d’été avec Michel Paje, sous le chapiteau du Cirque de France. Son frère Philippe Gall tient la basse dans l’orchestre. Le 16 juillet elle reprend « Mes premières vraies vacances » et « Ne dis pas aux copains » à Chansons de la vie et, le 28, « Poupée de cire, poupée de son » à Rendez-vous sur le Rhin avec Johnny Hallyday. Le 19 août, on revoit France Gall dans « Sacré Charlemagne » à Douce France. Le 7 octobre elle chante « Poupée de cire, poupée de son » et « Deux oiseaux » aux Jeux du jeudi. Le 12, pour les dix ans d’Europe N°1 à Bordeaux, avec Alain Barrière, Sacha Distel et Pierre Perret, elle chante ses nouveaux succès, « L’Amérique » d’Eddy Marnay et Guy Magenta, et « Le temps de la rentrée » de son père Robert et son frère Patrice Gall, associés à « On se ressemble toi et moi » de Claude-Henri Vic et « Nous ne sommes pas des anges » de Serge Gainsbourg. Le simple « L’Amérique » / « On se ressemble toi et moi » servira en 1966 à une campagne publicitaire pour PolyColor ; et « Nous ne sommes pas des anges » / « Le temps de la rentrée » en 1967 à la promotion de la marque Schappe. Du 28 octobre à début décembre 1965, on entend le rire de France Gall sur des musiques de Serge Gainsbourg qui chante des textes d’André Ruellan, dans six séquences d’animation de cinq minutes de Jean-Claude Forest et Jacques Ansan, intitulés Marie-Mathématique, pour Dim Dam Dom.

Baby pop

Du 31 octobre au 14 novembre, elle dédicace ses disques au stand SLC-MAT au Salon de l’Enfance à la Porte de Versailles. Le 4 novembre, elle revient aux Jeux du jeudi et, le 8, à La Grande lucarne où elle interprète « L’Amérique ». Après son passage sur scène à Lyon, les 6 et 7 novembre, elle s’envole pour le Japon, le 8, pour dix jours, où « Poupée de cire, poupée de son » en japonais s’est déjà vendu à 300 000 exemplaires. De retour à Paris, le 5 décembre elle est à la une de Télé dimanche avec Christophe et, le 12, France est l’invitée de Discorama. Du 12 au 26 janvier 1966, elle partage avec Hugues Aufray la vedette de l’Ancienne Belgique à Bruxelles. Le dernier jour elle est également à Tête de bois & Tendres années et, le 29, à Douce France Inter. En ce début 1966, Serge Gainsbourg frappe fort en composant « Baby pop ». Ce super 45 tours est complété de « C’est pas facile d’être une fille » de Guy Magenta, Jean-Pierre Bourtayre et Pierre Delanoë, « Faut-il que je t’aime » de Jacques Datin et Maurice Vidalin, et « Cet air-là » de Robert Gall et Alain Goraguer qui arrange ce disque, réalisé par Denis Bourgeois. Ces quatre morceaux sont réunis sur l’album « Baby bop » avec « Le temps de la rentrée », « Attends ou va-t’en », « Mon bateau de nuit », « L’Amérique », « Nous ne sommes pas des anges », « On se ressemble toi et moi », « Deux oiseaux » et « Et des baisers ». Le 5 février, France interprète « Cet air-là » à Bonsoir Paris, Bonsoir Prague et, le 23, « Faut-il que je t’aime » dans Direct. Le 13 juin, à Douches écossaises, elle chante « Baby pop », alors que sort l’équivoque « Les sucettes » de Serge Gainsbourg, qui déclenche un vent de scandale. Ce tube détonne face à « Quand on est ensemble » de Frank Pourcel, Raymond Lefèvre, Robert Gall et Roger Berthier, « Ca me fait rire » de Jacques Datin et Maurice Vidalin, et « Je me marie en blanc » de Jean Wiener et Jean Dréjac. Dans le numéro d’août de SLC, France Gall expédie ses Bons baisers de Tokyo. Le 14 août, elle se produit à Quillan (près de Béziers) où elle chante « Laisse tomber les filles », « Attends ou va-t’en », « Le temps de la rentrée », « Faut-il que je t’aime », « Jazz à gogo », « La cloche », « « Poupée de cire, poupée de son », « Sacré Charlemagne », « Baby pop » et « Ô ô Sheriff », aussi de Serge Gainsbourg pour Petula Clark.

Bonsoir john-john

Ce super 45 tours de France Gall, paru en octobre 1966, contient les titres Bonsoir John-John, La rose des vents, La guerre des chansons et Boom boom.

Le 8 septembre, dans Viva Morandi, dans la mouvance psychanalytique du film de Federico Fellini Juliette des esprits, elle incarne l’une des deux jeunes filles qui troublent le chanteur italien Gianni Morandi. France Gall est la Grâce qui chante « Les sucettes » et « Quand on est ensemble » face à Christine Lebail qui est la Pureté. Le 17, à Douce France, elle propose « Ca me fait rire ». Le 25 septembre, elle passe à Discorama pour la sortie de « Bonsoir John-John » de Claude-Henri Vic et Gilles Thibaut, dédié au fils du président américain assassiné John Kennedy, avec « La rose des vents » de Jacques Datin et Maurice Vidalin, « La guerre des chansons » (en réaction au conflit Antoine-Johnny Hallyday) de Robert et Patrice Gall, et « Boum Boum » de Pierre Delanoë, Roger Candy et Claude Lemesle. Le 5 octobre elle se produit à Tilt Magazine animé par Michel Drucker. Le 29 octobre, France Gall interprète « Bonsoir John-John » à La Grande polka. Le 9 novembre, elle est de retour à Tilt. Le 12 novembre elle chante « La rose des vents » à Douce France. Au cinéma, sa seule incursion a lieu dans Objectif 500 millions de Pierre Schoendoerffer avec « Dis à ton capitaine ». Le 15 décembre, France Gall est au Grand Club et, le 31, à Réveillon 66 alors que sort l’album « Les sucettes » avec « Quand on est ensemble », « Bonsoir John-John », « La rose des vents », « La guerre des chansons », plus les « Les leçons particulières » de Jacques Datin, Maurice Vidalin et Alain Goraguer, « Celui que j’aime » de Patrice et Robert Gall qui écrit « L’écho » avec Alain Goraguer, « Oh ! Quelle famille » de Georges Liferman et Robert Gall, « J’ai retrouvé mon chien » de Maurice Tézé, Pierre Delanoë et Alain Goraguer, « Tu n’as pas le droit » et « Il neige », tous deux de Gérard Bourgeois et Jean-Max Rivière. Le 11 janvier 1967, France Gall, marraine de l’équipe de France de hockey sur glace, est à Dents de lait, Dents de loup, présenté par le Président Rosko, avec Jean-Jacques Debout, Marianne Faithfull, Claude François, Françoise Hardy, Eddy Mitchell, Tony Renis, Sylvie Vartan, Walker Brothers, Dominique Walter et Zombies. Elle reprend « Les sucettes » et chante avec Serge Gainsbourg l’inédit « Dents de lait, dents de loup ». Au premier Midem, à Cannes, le Ruban d’or est remis à France Gall pour « Poupée de cire, poupée de son », Grand Prix Eurovision 1965.

Bébé requin

Ce super 45 tours édité en juillet 1967 contient le titre Teenie - Weenie - Boppie composé par Serge Gainsbourg, ainsi que Chanson pour que tu m'aimes un peu, Bébé requin et Made in France.

Le 1er mars 1967 elle anime Dim Dam Dom et, le 11, chante « Tu n’as pas le droit » à Douce France. Le 12 mars, elle passe à la Soirée du second tour des législatives. Pour la télé américaine, Jean-Christophe Averty réalise une émission consacrée aux succès de France Gall. Et, dans Les Raisins verts, pour illustrer le morceau enfantin « J’ai retrouvé mon chien », il la met en scène dans une attitude ambiguë la faisant commander un troupeau d’hommes à quatre pattes ! En mars, France Gall interprète en duo avec le comédien et animateur d’Europe N°1 Maurice Biraud « La petite » de Guy Magenta, Robert Gall et Mya Simille, associé à « Polichinelle » de Jean Bernard et Pierre Saka « Néfertiti » de Serge Gainsbourg, et « Les yeux bleus » de Claude-Henri Vic et Robert Gall, arrangés par Alain Goraguer. Avant de se produire en gala à Lisbonne, le 2 avril, avec Régine, elle est à l’affiche de « Au-delà de l’écran » et, le 16, avec Serge Gainsbourg, à Bouton Rouge lors de 16 Millions de jeunes. Le 27 mai, France passe à Au risque de vous plaire avec Jacques Dutronc et Eddy Mitchell, et, le 31, à Sacha Show, elle chante en duo avec Mireille Darc « Ne cherche pas à plaire » de Roland Valade et Jean-Claude Oliver. Les trois autres titres de cet EP sont de Mireille Darc. La compilation « Le disque d’or » de France Gall aligne « Poupée de cire, poupée de son », « Ne sois pas si bête », « N’écoute pas les idoles », « Les rubans et la fleur », « Attends ou va-t’en », « Sacré Charlemagne », « Les sucettes », « Baby bop », « Christiansen », « Jazz à gogo », « Laisse tomber les filles » et « L’Amérique ». Le 8 juillet, à Douce France, elle chante « Polichinelle » tandis que sort le super 45 tours « Bébé requin » au succès imparable, écrit par Joe Dassin, Jean-Michel Rivat et Frank Thomas, qui convient à merveille à la voix sucrée de France Gall. « Teenie Weenie Boppie » est un autre hit, signé Serge Gainsbourg qui raconte les effets du LSD, orchestré à Londres par David Whitaker. Dans le même esprit, « Made in France » de Jacques Datin et Maurice Vidalin, évoque les différences entre Paris et Londres. Enfin, « Chanson pour que tu m’aimes un peu » est de son père Robert Gall et de son frère Patrice. Au fil des microsillons, Serge Gainsbourg a fait de France Gall la nouvelle lolita. Désirant diversifier ses compositions, il écrit « Qui se souvient de Caryl Chessman ? », un duo avec France sur la peine de mort, non publié.

Bloody Jack

Sur cet opus figure le titre Bloody Jack, un inédit paru initialement en 2000 sur la compilation Pop À Paris Volume 5 : S.O.S. Mesdemoiselles. A découvrir en vidéo.

Du 24 juillet au 19 août, elle est reçue au micro du Président Rosko dans Mini-Max avec les disques Philips, sur RTL, en direct de Cannes sur le bateau La Jeanne. Le 27 août elle chante « Bébé requin » à Voilà voilà avec Serge Gainsbourg, qu’elle reprend, le 10 septembre, à Dim dam dom, toujours avec Serge, puis le 14 octobre, à Douce France, et, le 22, au Petit dimanche illustré. Le 16 octobre, au Magazine féminin elle essaie des postiches, tandis qu’elle présente la mode dans Elle et Mademoiselle Age Tendre. Ces deux magazines proposent des publicités pour les mini-robes tricotées de la marque Schappe, stimulées par le 45 tours promo « Baby Pop » / « C’est pas facile d’être une fille », illustré d’une double pochette où France Gall pose en tenues multicolores et collants assortis. Elle se rend en Autriche pour envoyer ses Bons baisers de Vienne dans Salut Les Copains. Elle décline l’offre du réalisateur Jean Herman de jouer dans le film Adieu l’ami à cause d’une scène de baiser avec Alain Delon, suite à la jalousie de Claude François avec qui elle vit de depuis ses 17 ans en 1964. A l’automne 1967, France Gall quitte Claude François qui, suite à cette rupture, enregistre « Comme d’habitude ». Ils ne se reverront pas avant 1973 et chanteront en duo, le 14 septembre 1974, dans Top à Claude François. Le 12 novembre 1967 elle interprète « Teenie Weenie Boppie », « Bébé requin » et, avec Maurice Biraud, « La petite » à Télé dimanche. Le 10 décembre, France Gall passe au Petit dimanche illustré avec « Toi que je veux » et joue dans le conte de Roland Topor Le lapin de Noël à Dim Dam Dom. Le 14, elle reprend « Bébé requin » au Super palmarès des chansons et, le 31, avec Jean Franval, « Quand allons-nous nous marier » à Réveillons-nous. Sa version de « Bloody Jack » de Serge Gainsbourg ne paraît pas. En 2003 elle figure sur la compilation « SOS Mesdemoiselles » où, sur la même musique que « Teenie Weenie Boppie », France Gall chante « Bloody Jack » dont les paroles sont identiques au morceau du même titre que Serge grave en 1968 sur une autre musique, aussi au répertoire de Zizi Jeanmaire avec un texte légèrement modifié. France Gall entreprend une carrière en Allemagne où elle enregistre jusqu’en 1972 chez Decca et à partir de 1971 sur BASF.

Dady da da

C'est à l'origine l'indicatif The Big Team composé par Michel Colombier pour le générique de l'émission télévisée des années 1960-1970, Dim, Dam, Dom.

Entre-temps, le 1er janvier 1968, à La Chanson imaginaire, elle triomphe avec « Bébé requin » et « Christiansen », alors que paraît le super 45 tours « Chanson indienne », composé et orchestré par David Whitaker, avec « La fille d’un garçon » de Jacques Datin et Maurice Vidalin, « Toi que je veux » de Joe Dassin, Jean-Michel Rivat et Frank Thomas, et « Gare à toi … Gargantua » de Frédéric Botton. Il est suivi de l’album « 1968 » avec ces quatre titres plus « Chanson pour que tu m’aimes un peu », « Néfertiti », « Bébé requin », « Teenie Weenie Boppie », « Les yeux bleus », « Made in France », « La petite » et l’inédit « Avant la bagarre » de Guy Magenta et Ralph Bernet. Le 13 janvier, à La Couleur du temps, France interprète « Le Directeur artistique » avec Philippe Clay et, le 14, à Dim dam dom, « Avant la bagarre » et « Toi que je veux ». En février, France Gall apparaît en mini-jupe au salon de la Navigation de plaisance à la Défense. Le 16 mars, elle propose ” Toi Que Je Veux » à Qui marions-nous ? Le 13 avril, elle reprend « Les sucettes » et « Pauvre Lola » avec Serge Gainsbourg à Entrez dans la confidence. Le 14, à Dim, dam, dom, elle présente « Dady da Da » de Pierre Delanoë et Michel Colombier, indicatif de cette émission, et « La vieille fille » de Joe Dassin et Jean-Michel Rivat, et, le 20 avril, à Sur la pointe des pieds show Jacques Chazot, « Allo monsieur là-haut « de Gérard Gustin et Philippe Nicaud. Ces trois titres sont au menu de son nouveau disque avec « Le temps du tempo » où elle retrouve Alain Goraguer qui compose ce morceau sur des paroles de son père Robert Gall. Le 27 avril, France anime Le Temps des loisirs. Puis elle quitte Paris suite aux événements de Mai 68. En juillet elle poursuit sa carrière avec le simple « Y’a du soleil à vendre » de Hubert Giraud et Robert Gall qui signe « Mon p’tit soldat » avec Jacques Bulostin alias Monty, qu’elle chante, le 24 août, à Deauville cavalcade. En novembre, sur son dernier super 45 tours chez Philips, France Gall fait un clin d’œil aux photographes « 24/36 », et « Souffler les bougies » de Joe Dassin, Jean-Michel Rivat et Frank Thomas, associés à « Rue de l’abricot » de Vline Buggy, Robert Gall et Jean-Pierre Bourtayre, et « Don’t make war, captain, make love » de Maurice Vidalin et Jerry Mengo, dirigés par David Whitaker. En décembre elle illustre la collection de patrons Mademoiselle Age Tendre avec Françoise Hardy, Sheila et Sylvie Vartan.

Homme tout petit

France Gall (aussi connu sous les titres Ses grands succès et Les Années folles / Homme tout petit) est le huitième album studio sur vinyle de France Gall, sorti en 1973.

Le 10 janvier 1969, France Gall chante « 24/36 » à Au risque de vous plaire, le 18, elle passe dans A l’affiche du monde et, le 29, elle offre « Rue de l’abricot » à Quatre temps. Le 12 février elle reprend « 24/36 » à Sur la pointe des pieds. France Gall profite de sa majorité, alors à 21 ans, et de la fin de son contrat Philips pour se séparer de son producteur Denis Bourgeois. Elle signe avec La Compagnie, label fondé par Hugues Aufray et Norbert Saada. Le super 45 tours « Homme tout petit » de Jean-Michel Rivat, Frank Thomas et Jean-Pierre Bourtayre, orchestré par Michel Colombier, réunit « Les gens bien élevés » de Frank Gérald et Hubert Giraud, « L’hiver est mort » de Robert et Patrice Gall, et « L’orage », adapté par Frank Thomas et Jean-Michel Rivat de « La Pioggia » de Gigliola Cinquetti. Face à cette dernière, elle défend ce titre et « Les années folles » (« Gentlemen Please » de Barbara Ruskin, transcrit par Boris Bergman) au festival de San Remo, avec à la même affiche Stevie Wonder. Sa version de « La Pioggia » sort en Italie chez CDG avec en face B « Matrimonio d’amore ». Ce simple est suivi de « Il mio amore e una ruota » / « Il Topolino blu » (« La Torpédo bleue ») et « Come Fantomas » (« Homme tout petit » / « Chi ride di piu » (« Les gens bien élevés »). Le 28 mars, France Gall est à Tous en scène. Le 17 avril elle chante « Les gens bien élevés » et « Homme tout petit » dans Les tigres en papier. En juin elle propose le EP « Les années folles » avec « Soleil au cœur » de Robert Gall et Jean-Pierre Bourtayre, « La Manille et la révolution » de Boris Bergman et Hubert Giraud, et « Les quatre éléments » de Patrice Gall, arrangés par José Bartel. Elle grave en espagnol « La Lluvia » (« La Pioggia ») / « Hombre chiquitin » (« Homme Tout Petit ») et « Los anos locos » (« Les Années Folles »), couplé à « La manille et la révolution ». Le 5 juillet elle reprend « Les gens bien élevés » et « Homme tout petit » à Charmantes connaissances. Un 45 tours publicitaire d’informations & Publicité, agence de RTL, offre le jingle de « Saint-Mamet » / « Granji » par France Gall. A cette époque elle découvre l’île de N’Gor, au large de Dakar au Sénégal, où elle se rend souvent ensuite (elle y fait construire une résidence en 1990). Le 9 août 1969 elle interprète « Baci, Baci, Baci » de Sergio Bardotti, adapté par Eddy Marnay, à Chansons & Champions. A partir de septembre, France Gall et Julien Clerc sont inséparables. Le 18 octobre elle chante « Baci, Baci, Baci » à Musicolor. Ce simple offre en face B « La Torpédo bleue » (« Il Topolino blu » de Daniele Pace traduit Robert Gall), supervisé par José Bartel.

Zozoï

Ce 45 tours contient 2 titres, dont le titre Zozoï, dont les arrangements sont signés Jean-Claude Petit.

En novembre, Norbert Saada et La Compagnie, Hugues Aufray, Nicole Croisille, Gilles Dreu, Aldo Frank, France Gall, Tina effectuent une tournée au Québec. Ils se produisent en concert le 14 novembre à Trois-Rivières, les 15 et 16 à Montréal, le 17 à Chicoutimi, les 18 et 19 à Québec, le 20 à Sherbrooke, le 21 à Joliette, le 22 à Val-David et le 23 à Drummondville. A cette occasion, ils enregistrent « Donne-moi ma chance, je ne boirai plus » d’après « Give peace a chance » de John Lennon, avec « Cet homme est fou » en face B. Le 20 décembre, France Gall est à Samedi & Cie et, le 26, à Dim dam dom 70 avec Antoine, Julien Clerc, Dani, Lény Escudero, Serge Gainsbourg, Martin Circus, Michèle Mercier, Gérard Palaprat, etc. Le 28 décembre, elle clôture la décennie à Télé dimanche. En 1970 elle poursuit avec son seul album sur La Compagnie / Musidisc, « Les années folles – Homme tout petit », qui contient « L’orage », « Les gens biens élevés », « L’hiver est mort », « La manille et la révolution », « Les quatre éléments », « La Torpédo bleue », « Baci, Baci, Baci », « Soleil au cœur », plus « Shakespeare et pire encore » de Boris Bergman et Maurice Dulac, et « Merry Merry O ! » de Frank Gerald et Raymond Vastano, arrangés par Jean-Claude Petit, et « Les éléphants » de Jean Schmitt et Jean Gérai, dirigé par José Bartel. Elle sort « Zozoï » adapté par Robert Gall sur une musique brésilienne de Nelson Angelo enregistrée le 28 mars à Sao Polo, avec en face B « Merry Merry O ! ». « Zozoï » paraît en Italie, associé à « Bugie da elefanti » (« Les éléphants »), de même que le simple juke-box Op ! Op ! Opla couplé avec « Goin’ out of my head » de Frank Sinatra. Le 45 tours « Les éléphants » / « Shakespeare et pire encore » est extrait de son 33 tours, mais son succès décline de plus en plus. En 1971 elle continue avec « Mon aéroplane » d’Yves Dessca et Jean Gérai qui siqne « L’amour boiteux » avec Willy Schmitt et Danielle Lemery. Pour tout arranger, La Compagnie fait faillite. Durant ce temps, de fin 1969 à début 1974, France Gall vit avec Julien Clerc. Après leur séparation, tout comme Claude François, il lui dédie, en 1975, « Souffrir par toi n’est pas souffrir » ! En 1971, elle est la première artiste à obtenir un contrat en France avec le label américain Atlantic. Jacques Lanzmann et Paul-Jean Borowsky (ex-Martin Circus) lui composent « C’est cela l’amour » et « L’été », supervisés par Christian Gaubert, réalisés par Jean-Pierre Orfino.

Michel Berger

44 ans. C’est le nombre d’années que séparent la première version sur scène de Starmania dont la première a eu lieu le 10 avril 1979, et cette nouvelle version de l’Opéra Rock de Luc Plamondon et Michel Berger, le 8 novembre 2022.

Elle enchaîne avec « Chasse neige » d’Etienne Roda-Gil qui traduit « Caméléon Caméléon » de Dino Rosi et Richard Gachner. Sans succès. En 1972, chez Pathé, France Gall retrouve Serge Gainsbourg qui lui écrit « Frankenstein » et, avec Jean-Claude Vannier, « Les petits ballons », qui n’accrochent pas. Avec son frère Patrice, elle joue dans un roman-photo en huit épisodes pour Télé Poche. Jean-Michel Rivat devient son directeur artistique. Il signe « 5 minutes d’amour » et « La quatrième chose » avec Frank Thomas et Roland Vincent qui se charge des orchestrations. En 1973 elle sort « Par Plaisir » de Roland Vincent, Yves Dessca et Jean-Michel Rivat, ces deux derniers adaptant « Plus haut que moi » (« Maria vai com as outras » de Vinicius de Moraes et Filho Antonio Pecci), sans plus de succès. Enfin le simple « C’est curieux de vieillir » de Jean-Michel Rivat et Bernard Liamis, couplé à « Le lâche » de Michel Delpech, Roland Vincent et Jean-Michel Rivat n’est pas publié, à la demande de France Gall. Elle rencontre Michel Berger (évincé par Stephen Stills dans le cœur de Véronique Sanson) et, avec lui, elle rebondit. Le 10 mars 1974 elle joue une secrétaire dans Notre correspondant à Madras, un téléfilm pour la 3e chaîne. France chante « Mon fils rira du rock’n’roll » sur l’album de Michel qui, en mai, lui cisèle « La déclaration d’amour » / « Si l’on pouvait vraiment parler », de retour chez Atlantic. Le succès est au rendez-vous. Après une carrière en retrait, France Gall revient au premier plan et enchaîne, en octobre, avec « Mais aime-là » / « À votre avis ». En janvier 1976, Michel Berger concocte son premier album depuis longtemps, simplement titré « France Gall », dont est extrait « Comment lui dire ? » / « Samba mambo » et, en avril, « Ce soir je ne dors pas » / « Big fat mamma ». Il est complété de « Comment t’en apercevoir », « La chanson d’une terrienne (partout je suis chez moi », « La déclaration d’amour », « Je saurai être ton amie », « Chanson pour consoler » et « Je l’aimais ». Le 22 mai, lors du Numéro 1 Michel Berger sur TF1, pour la comédie musicale Émilie ou La Petite sirène 76, inspirée du conte d’Andersen, Michel et France créent en duo « Ca balance pas mal à paris » et « Monologue d’Émilie ».

Musique

Ce 45 tours édité en mai 1977 contient le titre Musique de France Gall extrait du deuxième album de France Gall, Dancing Disco, paru le 27 avril 1977.

Un mois plus tard, le 22 juin, ils se marient à la mairie du 16e arrondissement. France Gall devient la belle-fille du professeur de médecine et auteur Jean Hamburger de l’Académie Française, et de sa femme la pianiste Annette Haas. Michel Berger a dorénavant pour beau-père Robert Gall, ancien élève du conservatoire, ex-chanteur et parolier, entre autres de « La mamma » pour Charles Aznavour, et de son épouse Cécile Berthier, fille du cofondateur des Petits Chanteurs à la Croix de Bois. De cette union naissent Pauline Isabelle, le 14 novembre 1978 (décédée le 15 décembre 1997) et Raphaël Michel, le 2 avril 1981. Entre-temps, en avril 1977 sort le LP « Dancing disco » incluant « Chanson de Maggie », « Quand on est enfant » et, édités en simples, en mai « Musique » / « Dancing disco », en octobre « Si, maman, si » / « Ce garçon qui danse », en janvier 1978 « Le meilleur de soi-même » / « La nuit à Paris ». En mars, elle propose « Viens je t’emmène » / « La tendresse des mots ». Le 11 mars, jour de la mort de Claude François, TF1 diffuse le Numéro 1 France Gall qui interprète Cristal dans l’opéra-rock Starmania de Michel Berger et du Canadien Luc Plamondon. France et Michel partagent leur travail dans une complicité parfaite, tout en privilégiant une vie familiale. Cela ne l’empêche pas de triompher, du 14 au 20 avril, dans le spectacle « Made in France » au Théâtre des Champs-Élysées où un double album, « Live », est capté, édité en novembre avec « Musique », « Samba mambo », « Si, maman si », « Comment lui dire », « Ce soir je ne dors pas », « La déclaration d’amour », « ce garçon qui danse », « Je l’aimais », « Chanson d’une terrienne », « Chanson pour consoler », « La chanson de Maggie », « Ca balance pas mal à Paris », « Le meilleur de soi-même », « Mais aime là », « Viens je t’emmène » et « Quand on est enfant ». En janvier 1979, le 45 tours « Besoin d’amour » / « Monopolis » est tiré de Starmania. En mai 1980 paraît l’album « Paris, France » avec « trop grand pour moi », « les moments où j’aime tout le monde », « La mort douce », « Parler, parler », « Plus haut », « Ma vieille Europe » qui, en juin, génère le simple « Il jouait du piano debout » / « La chanteuse qui a tout donné » et, en octobre, « Bébé, comme la vie » / « Plus d’été ».

Ella, elle l’a

Ce 45 tours maxi édité en Allemagne, paru en septembre 1987, est le 2ème extrait de Babacar, le 6ème album studio que Michel Berger a produit pour France Gall, avec les titres Ella, elle l'a et Dancing brave.

Toujours en octobre sort « Donner pour donner » en duo avec Elton John, paroles de Bernie Taupin et Michel Berger qui signe la musique, couplé à « Les aveux ». En décembre 1981, France cartonne avec le 33 tours « Tout pour la musique », publié en simple avec au verso « Résiste », plus « Les accidents d’amour », « La prière des petits humains », « Vahiné », « Diego libre dans sa tête » (repris par Michel Berger en 1983, Johnny Hallyday en 1990, Véronique Sanson en 1999), « Ceux qui aiment », et, en 45 tours, en mai 1982, « Amor también (tout le monde chante) » / « La Fille de Shannon ». Du 7 janvier au 14 février 1982, France Gall fait un malheur au Palais des Sports, enfantant le 3 octobre, sur A2 le show Tout pour la musique et un double album en public dans cette salle avec 21 titres dont « Musique », « Donner pour donner », « Besoin d’amour », « Diego libre dans sa tête », « Il jouait du piano debout », « Résiste ». Le 6 avril 1984, TF1 propose Formule 1 France Gall des Carpentier alors que paraît le 33 tours « Débranche ! », aussi édité en simple avec « J’Ai besoin de vous », « Annie donne », plus, extraits en 45 tours, en septembre « Hong-Kong Star » / « Tu comprendras quand tu seras plus jeune », en février 1985 « Calypso » / « Si superficielle » et en mai « Cézanne peint » / « Savoir vivre ». France Gall se joint aux Chanteurs sans Frontières dans « SOS Éthiopie » sous l’égide de Renaud. Du 11 septembre au 7 octobre 1984, elle est l’affiche du Zénith, marqué par un autre double album en public en février 1985. Elle interprète les chansons de Michel Berger dont « Plus haut », « Diego libre dans sa tête », « Cézanne peint », « Hong-Kong Star », « Débranche ! ». France Gall, Michel Berger et Daniel Balavoine œuvrent également pour le Mali avec l’association Action Écoles. Mais, le 14 janvier 1986, lors d’un voyage en Afrique, Daniel Balavoine trouve la mort dans un accident d’hélicoptère avec Thierry Sabine, organisateur du Paris-Dakar. En 1987, aux Victoires de la Musique, elle est élue Artiste féminine de l’année. Le 10 avril, Patrick Sabatier présente Grand Public avec France Gall sur TF1 pour la publication du 33 tours « Babacar », extrait en simple avec « C’Est bon que tu sois là », puis, en août « Ella, elle l’a » en hommage à Ella Fitzgerald, et au verso « Dancing brave », en mars 1988 l’émouvant « Évidemment » à la mémoire de Daniel Balavoine, couplé à « La chanson d’Azima », en septembre « Papillon de nuit » / « J’irai où tu iras ». Il contient encore « Urgent d’attendre ».

Double jeu

Double Jeu est le septième album studio de France Gall en duo avec Michel Berger, produit en 1992.

Auparavant, du 12 novembre au 6 décembre 1987, France Gall est de retour au Zénith générant un double album en novembre 1988, précédé du périple Le Tour de France 88. Cette même année, aux Victoires de la Musique, elle obtient la récompense de l’Artiste qui s’exporte le mieux avec 500 000 exemplaires vendus de « Ella, elle l’a », N°1 en Allemagne où elle est élue Artiste de l’année. En mars 1989, « La chanson d’Azima » fait l’objet d’un autre 45 tours. En mai 1992, France Gall et Michel Berger sortent en duo « Laissez passer les rêves » / « Jamais partir » et, le 22 juin, au New Morning, ils annoncent une série de concerts en commun à Paris pour la parution de l’album « Double jeu ». Il offre les duos de France et Michel dans « Bats-toi », « Superficiel et léger », « La petite Calmette », « Toi sinon personne », « La lettre » (dédiée à Corinne Balavoine), « La Chanson de la Négresse blonde », « Les couloirs des Halles », « Les élans du cœur ». Mais, le 2 août, le projet avorte quand Michel Berger décède d’une crise cardiaque. En octobre sort le simple « Superficiel et léger », un titre bien éloigné des tourments que subit France Gall. En janvier 1993 paraît le simple « Les élans du cœur ». Elle devient la Marraine de l’association Droit de Cité. Le 10 avril, Nagui lui consacre Taratata sur France 2. Le 25 avril, Laurent Boyer en fait de même à Fréquenstar sur M6. Très affectée par la mort de Michel, France refait néanmoins de la scène, et du 10 au 12 et du 22 au 25 septembre, à Bercy, est capté l’album « Simple je, débranchée à Bercy », paru fin octobre, dont sont tirés les simples « Mademoiselle Chang » en mai, « Si, maman si » en novembre, « Il jouait du piano debout » en décembre. Fin janvier 1994, « Simple je, rebranchée à Bercy » propose la suite. Cela donne les simples « La chanson de la Négresse blonde » en février, « Le paradis blanc » en mars et « Les princes des villes » en novembre, plus le double album « Simple je, l’intégrale Bercy ». Elle reçoit le trophée Femmes en or pour son spectacle à Pleyel, du 27 septembre au 1er octobre, qui, en décembre 2005, fera l’objet d’un album.

Message personnel

Ce CD est le 3ème extrait de l'album France, single paru le 25 octobre 1996 et qui contient 2 titres de France Gall.

Entre-temps, le 12 février 1994 elle est de retour à Taratata puis le 5 novembre 1996 tandis que sort l’album « France », enregistré au Record Plant de Los Angles, avec les simples « Plus haut » en mars, « Message Personnel » de Françoise Hardy en octobre, et « Privée d’amour » en novembre. Il comprend encore « A quoi il sert ? », « Laissez passer les rêves », « Que l’amour est bizarre », « Débranche ! », « Lumière du jour », « Résiste », « La minute de silence », « Évidemment », « Ella, elle l’a », « Les princes des villes » … Du 5 novembre au 17 novembre 1996, elle se produit à l’Olympia où elle reprend « La groupie du pianiste » et « Les uns contre les autres ». Le 22 mars 1997 à la TV-Cité de la Plaine Saint-Denis elle offre un concert acoustique sur M6 où elle chante « La mamma » avec Charles Aznavour, « Attends ou va-t’en » de Serge Gainsbourg, édité en simple en mai. Cela enfante un double CD en avril, après le remix, en février, de « Résiste ». Puis de sérieux problèmes de santé et le décès de sa fille, fin 1997 de la mucoviscidose, font que France Gall met fin à sa carrière. Le 9 octobre 2001, France 3 diffuse France Gall par France Gall, un autoportrait conduit par Didier Varrod. Le 30 décembre 2002, TF1 programme Michel Berger par France Gall. En août 2004 paraît le simple « La Seule chose qui compte ». En 2006 elle est nommée marraine de l’association Cœur de Femmes. Le 21 novembre 2007 elle anime Tous … pour la musique qui rend hommage à Michel Berger sur France 2. Le 14 mars 2008 elle est au générique de Cœur de femmes, de la rue à la vie, un documentaire de Véronique Bonnet-Nora sur France 3. Le 13 décembre on la voit dans Johnny Hallyday : ça n’finira jamais … sur France 2. Le 24 avril 2009, Starmania, une histoire pas comme les autres célèbre les 30 ans de sa création sur France 2. Le 12 juillet 2010, Quatre idoles dans le vent de Mireille Dumas, avec Jean-Marie Périer, est consacré à Sylvie Vartan, Françoise Hardy, Sheila et France Gall sur France 3. Le 8 septembre, cette chaîne propose Vu du ciel de Yann Arthus-Bertrand sur le Sénégal en présence de France Gall. En 2013 elle est faite Chevalier de la Légion d’Honneur. En 2015, avec une volonté indéfectible, France Gall conçoit Résiste avec Buck Dawit, comédie musicale puisant dans son répertoire et celui de Michel Berger, avec une troupe de jeunes talents, Corentine Blanckeart, Léa Deleau, Victor Le Douarec, Gwendal Marimoutou et Elodie Martelet, au Palais des Sports, du 4 au 29 novembre.

Respect.

Magazine : Jukebox Magazine
Par Jacques Leblanc
Date : Janvier 2019
Numéro hors-série : 44
Note : cet article est paru une seconde fois dans le numéro hors-série N°44 de Jukebox Magazine, en janvier 2019.

France Gall, son amour secret

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En réalité, ces deux-là se connaissent de longue date, collaborent à merveille, s'apprécient infiniment et plus encore : depuis deux décennies, France et Bruck s'aiment.
En réalité, ces deux-là se connaissent de longue date, collaborent à merveille, s'apprécient infiniment et plus encore : depuis deux décennies, France et Bruck s'aiment.
En réalité, ces deux-là se connaissent de longue date, collaborent à merveille, s'apprécient infiniment et plus encore : depuis deux décennies, France et Bruck s'aiment.

A la rentrée, France Gall rendra hommage à l’œuvre de Michel Berger, son époux disparu en 1992.

Mais ce spectacle tant attendu, c’est grâce à la complicité et à l’amour de Bruck, l’homme qui partage sa vie depuis deux décennies, qu’elle l’a construit …

On aurait pu croire que c’était la comédie musicale Résiste, coécrite en hommage à Michel Berger, qui les avait rendus si proches, si complices. En effet, depuis de nombreuses semaines, ils semblent inséparables : que ce soit pour l’enregistrement de l’album de ce spectacle – qui démarrera le 4 novembre au Palais des Sports, à Paris, avant une grande tournée – ou pour les interviews de promotion, comme pour l’émission « C à vous », le 25 mars dernier, où Bruck accompagnait France en coulisses …

Elle l’a rencontré à l’été 1995 chez des amis en Californie

En réalité, ces deux-là se connaissent de longue date, collaborent à merveille, s’apprécient infiniment et plus encore : depuis deux décennies, France et Bruck s’aiment et cheminent ensemble, presque invisibles aux yeux du monde, mais passionnément soudés. Les deux artistes ont réussi ce tour de force de composer leur route de vie commune loin de la foule, des spotlights, leur préférant le huis clos des studios, la pénombre des coulisses de spectacles, mais surtout la quiétude de cocons rien qu’à eux, que ce soit dans l’appartement parisien de la chanteuse ou dans sa maison de l’île de N’Gor, à la pointe nord-ouest de Dakar. La chanteuse elle-même le confiait à Paris Match, en février : « Je suis entre Dakar et la France, maintenant … Je m’organise une existence où je sors très peu. »

Trois ans plus tôt, elle évoquait déjà son mode de vie décalé : « La journée, je suis dans l’action. La nuit, je vis. Je revis. Je profite de la vie. Je ne suis pas dans le paraître … Je vis à mon rythme, dans mon cocon, normalement. Je n’y fais entrer que des personnes que j’aime et qui me font du bien … »

Et d’abord, bien sûr, Bruck, l’homme de sa vie d’aujourd’hui, rencontré à l’été 1995 chez des amis en Californie, où elle s’était établie depuis quelques mois avec ses enfants, Pauline et Raphaël. La chanteuse craque alors pour l’incroyable talent de Bruck, ingénieur du son, arrangeur, compositeur et producteur indépendant. Il est né en Éthiopie, a grandi dans le sud des Etats-Unis, s’est établi à New York, et les plus grandes pointures se l’arrachent, de Sting aux Stones en passant par Prince ou Michael Jackson. Cet été-là, dans la foulée de cette rencontre, s’instaure entre France et Bruck une première collaboration, suivie de bien d’autres jusqu’à aujourd’hui.

« Je n’ai pas envie de me cacher. Si je peux avoir du bonheur avec quelqu’un »

Car la chanteuse est la plus grande fan de son compagnon, comme elle l’explique sur le site Web de sa comédie musicale Résiste: « J’ai aussitôt parlé [de mon idée] à Bruck Dawit, avec qui je travaille depuis mon album France, en 1995. Chaque fois qu’il est question de musique, il est là avec son perfectionnisme, son énergie typiquement new-yorkaise et une conviction que « tout est possible ». J’adore ! »

En avril 1996, interrogée par Ciné Télé Revue qui lui demandait si elle était amoureuse, France avait répondu avec sagesse: « Seul le temps répondra à cette question … Je n’ai pas envie de me cacher si je peux avoir du bonheur avec quelqu’un, mais il faut de la patience pour savoir si cette personne est devenue essentielle. »

Vingt ans plus tard, à l’évidence, Bruck lui est devenu cet essentiel …

Magazine : Closer
Par Nathalie Ravenna
Date : du 10 au 16 avril 2015
Numéro : 513

France Gall résiste et signe

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La chanteuse a co-écrit « Résiste », une comédie musicale autour des tubes composés par Michel Berger qui se jouera au Palais des Sports à Paris, en novembre prochain.
La chanteuse a co-écrit « Résiste », une comédie musicale autour des tubes composés par Michel Berger qui se jouera au Palais des Sports à Paris, en novembre prochain.

France Gall a co-écrit « Résiste », une comédie musicale autour des tubes composés par Michel Berger qui se jouera au Palais des Sports à Paris, en novembre prochain.

Elle nous raconte en avant-première la genèse de ce projet qu’elle porte avec passion.

Elle nous reçoit chez elle, dans un appartement parisien spacieux et chaleureux où des peintures aux motifs colorés côtoient des meubles en provenance du Sénégal. Sur le piano à queue sont alignées les unes post-attentats de « Libération », « Charlie Hebdo » et du « Parisien ». « J’accroche dans une pièce les unes encadrées des moments qui ont bouleversé le monde. Je suis rentrée de Dakar pour la marche ». La chanteuse est décontractée, heureuse d’évoquer « Résiste », ce vieux projet qui prend forme cette année : une comédie musicale rythmée par les tubes de Michel Berger. Elle a écrit le scénario, surveillé de près le casting, les costumes, la chorégraphie de ce « Mamma Mia » made in France. Enthousiaste, elle montre la petite mallette où elle a consigné depuis quatre ans des notes, des coupures de presse, des images qui l’ont inspirée … Elle fume quelques cigarettes, confesse préférer la nuit au jour ; veut vous faire découvrir sa chaîne préférée, MyZen TV. Marrante, vive, France Gall parle avec émotion mais sans pathos de Michel Berger de Dakar; de son futur: « J’ai des projets pour quinze ans ».

Paris Match. L’idée de cette comédie musicale est née après que vous avez vu « Mamma Mia ! » à Londres. Mais quel fut le déclic pour que vous vous lanciez ?

France Gall. La réaction de la salle ! J’ai deviné une autre manière de faire vivre le répertoire. On avait sorti tous les best of, intégrales, livres possibles sur la musique de Michel… Il était temps de créer de la nouveauté. Mais il fallait un bon auteur. J’ai pensé à Jean-Pierre Bacri. Nathalie Baye m’a donné son numéro de téléphone. Elle est souvent à l’origine des événements puisque c’est grâce à elle que Johnny et Michel se sont rencontrés … Mais Jean-Pierre était trop immergé dans l’écriture de son film avec Jamel Debbouze. Il fallait que ce soit moi l’auteur de la trame …

PM. Vous n’avez jamais écrit de chansons. De l’appréhension ?

FG. Je m’en croyais incapable. Je déteste raconter des histoires. Je n’ai jamais été actrice à cause de cela, je ne peux pas incarner une autre personne que moi. Dans « Starmania », je n’étais pas heureuse de jouer Cristal, car ce n’était pas moi.

PM. C’est la chanson « Appelez-moi Maggie » qui a tout déclenché.

FG. Je l’avais enregistrée en 1976, pour le disque « Dancing Disco ». D’un seul coup, pendant la remastérisation, Bruck Dawit, mon ingénieur du son, a compris. On va la créer nous-mêmes, cette comédie ! Maggie serait le lien entre le public, la musique de Michel et moi. Maggie ne croise que des gens déglingués, danse, s’éclate. Elle est fragile, rêve d’autre chose, on s’est mis à imaginer sa vie. Toute l’action se déroule dans une boîte de nuit. On insérait au fur et à mesure les morceaux de Michel qui correspondaient à l’histoire de notre héroïne. « Musique », « Quelques mots d’amour », « La groupie du pianiste », « Débranche », « Résiste » et d’autres chansons moins connues …

PM. Vous souvenez-vous de l’écriture du tube « Résiste » ?

FG. C’était en 1981, on avait terminé notre album. On rentrait à Rueil-Malmaison, on habitait alors une maison que l’on louait à Adamo. On réécoute le disque. Michel me dit : « Il manque deux titres ! ». Son piano était dans un garage, à côté, il est parti plusieurs heures et est revenu avec « Tout pour la musique » et « Résiste ». On a filé les enregistrer deux jours après.

PM. Comment faisait-il ?

FG. Je ne sais pas ! Après notre premier album, je lui ai demandé : « On va aller où avec ce disque ? » Je ne savais rien. Lui m’a répondu : « Je le sais très bien ! » Il m’a construit une carrière. Chaque album apporte une facette de moi. Je m’en rends compte maintenant. Les années 1980 ont été des années de folie absolue, mais je n’avais aucun plan de carrière. Je l’attendais !

PM. Il a tout de suite su que vous étiez son interprète idéale …

FG. Non. Après le départ de Véronique [Sanson], il cherchait tout sauf une interprète. Il souhaitait chanter ses textes. Il avait donné « Message personnel » à Françoise Hardy, mais c’était Françoise ! Il n’a jamais pu refuser, comme pour Johnny, ou Michel Sardou, avec qui il était question d’un disque ensemble avant sa mort. Quand j’ai débarqué, ce n’était pas son truc ! C’est mon producteur Bertrand de Labbey qui lui a suggéré l’idée au bout de six mois. Il constatait une telle alchimie entre nous … Et Michel m’a offert « La déclaration d’amour », qu’il s’était écrite pour lui. On était amoureux, donc on pouvait la chanter l’un et l’autre. Ce qui nous a portés pendant ces dix-huit années, c’est notre complicité extraordinaire.

PM. Ce qui explique que vous ne chantez pas les mots des autres depuis lui … Si Benjamin Biolay vient vous proposer un disque ?

FG. Non, je n’ai plus envie de chanter. Ce n’est pas d’actualité. Et plus le temps passe, moins il y a de chances que cela se produise.

PM. Mais vous monterez tout de même sur scène avec la troupe ?

FG. J’apparaîtrai, oui, vous verrez !

PM. Êtes-vous directive avec vos interprètes ?

FG. Je ne suis pas dure, j’enseigne ou je rectifie, je leur apprends à chanter la musique de Michel. Ce n’est pas évident. A la télévision, quand je vois des jeunes reprendre “Musique” sans trop d’efforts, ça me fait rire. Lorsque je chantais “Musique” au Palais des Sports, j’avançais vers les gens, j’y allais, je menais une sorte de guerre.

PM. Qu’est-ce que vous écoutez aujourd’hui ?

FG. J’adore Rihanna ! « Nobody’s Business » avec Chris Brown est une chanson extraordinaire. Elle incarne la femme forte par excellence, puissante. J’ai regardé le match du Super Bowl, Katy Perry aussi est formidable, c’est l’américaine dans toute sa splendeur. Beyoncé ? Je ne suis pas fana, elle est trop bling bling. J’aime beaucoup Nach aussi. Je l’ai vue cet été à Noirmoutier en allant passer huit jours chez ma mère. Elle était sur scène avec ses frères Matthieu et Joseph Chedid, sa voix vous transporte. Et j’ai tellement écouté Stromae … Le dernier disque de Christophe Willem contient une belle chanson de Carla Bruni, un futur tube aussi, écrit par Goldman. Et, en ce moment, je redécouvre les chansons de mon père.

PM. Avez-vous envisagé de chanter en anglais pour conquérir l’Amérique et faire découvrir vos chansons là-bas?

FG. J’ai détesté chanter en anglais. Dans les années 1990, j’ai imaginé sortir un disque pour le marché anglo-saxon, puis je me suis souvenue que j’avais des enfants, et ce n’est pas l’idéal de parcourir le monde en étant le seul parent. J’ai beaucoup voyagé, je bouge de moins en moins. Je suis entre Dakar et la France maintenant. Je n’ai pas mis les pieds aux Etats-Unis depuis les attentats du 11 septembre, alors qu’avant je m’y rendais deux fois par an. Je m’organise une existence où je sors très peu. Depuis toujours, je vis mieux la nuit ! Vous me verriez à 5 heures du matin, je suis au top !

PM. Y a-t-il des périodes où vous vous laissez vivre ?

FG. Lorsque je suis au Sénégal, je déconnecte. Sinon je ne peux pas m’arrêter. Je suis toujours chez moi et, chez moi, j’ai sans cesse quelque chose à faire. A Dakar j’ai monté un restaurant de plage, le Noflaye Beach, ce qui signifie « se la couler douce » en wolof. J’ai engagé 14 personnes de mon village. Et ça marche, on va l’agrandir.

PM. Votre fils, Raphaël, ne participe jamais à vos projets ?

FG. Non. Il vient d’acheter un studio d’enregistrement, il a créé une radio, un label de disques, et supervise des musiques de films … Il ne montera pas sur scène avec un micro, il ne recherche pas la célébrité. C’est important qu’il fasse des choses par lui-même.

Magazine : Paris Match
Entretien avec Aurélie Raya
Photos de Marianne Rosensthiel
Du 26 février au 4 mars 2015
Numéro : 3432

France Gall : je n’ai jamais été aussi heureuse !

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France Gall reçoit le magazine Gala dans son appartement parisien, où elle a vécu avec Michel Berger et écrit Résiste.
France Gall reçoit le magazine Gala dans son appartement parisien, où elle a vécu avec Michel Berger et écrit Résiste.
France Gall reçoit le magazine Gala dans son appartement parisien, où elle a vécu avec Michel Berger et écrit Résiste.

La chanteuse nous reçois dans son appartement parisien, là où elle a vécu avec Michel Berger et où elle a écrit Résiste, une comédie musicale, florilège des plus belles chansons de l’artiste. Une leçon de vie.

Sur l’écran géant du salon défilent des images de paysages sublimes. C’est une habitude, France Gall est branchée sur la chaîne myZen.tv. C’est le début de l’après-midi, elle prépare ses œufs brouillés. Son appartement parisien est un cocon, une parenthèse slow dans un monde speed où seul le chat, Addis, semble vivre à cent à l’heure. C’est là que depuis un an déjà, elle écrit Résiste, une comédie musicale uniquement composée des tubes de Michel Berger. Ce spectacle événement ne se jouera qu’en novembre 2015, mais pour elle le compte à rebours a déjà débuté. Ce retour sur scène ne l’effraie plus. Au contraire, il l’excite et l’épanouit. Voilà pourquoi.

GALA : Résiste, est-ce une manière de faire revivre Michel ?

FRANCE GALL: Forcément, faire vivre sa musique, c’est le faire vivre aussi. On pense à lui. L’oubli, c’est une seconde mort. Ce n’est vraiment pas son cas. C’est fou comme on y pense, comme il est incroyablement présent.

GALA : Depuis toutes ces années, vous n’avez jamais eu envie de chanter d’autres compositions que celles de votre mari ?

FRANCE GALL : J’ai reçu beaucoup de propositions … Mais moi, la musique de Michel, c’est la musique que j’aime le plus au monde.

GALA : Pourquoi ?

FRANCE GALL : Demandez à mon cœur, demandez à mon corps qui bouge à la simple écoute d’un de ses morceaux. Franchement, je ne pourrais pas trouver mieux. Bien sûr, j’aime beaucoup d’autres compositeurs, mais la musique de Michel est à moi maintenant. J’ai donc un devoir, mais aussi l’envie et le goût qu’elle vive, et c’est ce que je fais depuis une quinzaine d’années. Cette comédie musicale est une vraie création, c’est une fiction. Je passe par la case auteur, et c’est un bonheur. Je n’ai jamais été aussi heureuse, en fait.

GALA : Pourquoi êtes-vous si épanouie aujourd’hui ?

FRANCE GALL : Dans la vie, j’ai eu des bonheurs absolus, mais ce bonheur-là, à l’âge que j’ai, est particulier. Désormais, je n’ai plus à convaincre, je n’ai plus à construire. Mais mon âge me permet de laisser encore place au défi, au challenge. C’est une excitation formidable.

GALA : Vous verra-t-on dans ce spectacle ?

FRANCE GALL : ( Après une longue hésitation.) Oui !

GALA : Mais est-ce que vous allez chanter ?

FRANCE GALL : Non ! En revanche, je serai sur scène pour conserver ce lien avec le public, avec Michel. Je vais raconter une histoire. Je serai une narratrice filmée. Dans Résiste, je vais faire ce que j’ai refusé toute ma vie : l’actrice. Je ne jouerai pas le rôle de France Gall mais celui de Moon !

GALA : Vous a-t-on souvent proposé de faire du cinéma ?

FRANCE GALL : Oui. Chabrol, par exemple. Mais aussi Robert Hossein … A mes débuts, on m’avait même offert de tourner avec Johnny.

GALA : Et pourquoi aviez-vous refusé ?

FRANCE GALL : Je ne savais pas être quelqu’un d’autre.

GALA : Avez-vous conscience du halo de mystère qui vous entoure. Votre silence médiatique est-il une stratégie marketing?

FRANCE GALL : Je n’en ai absolument pas conscience. Je ne sais pas ce que je représente. Tout comme une jolie fille ne sait pas qu’elle est jolie. (Rires.)

GALA : Chantez-vous toujours à la maison ?

FRANCE GALL : Je chantonne comme tout le monde. Mais je ne fais pas de disques. Je n’enregistre pas. J’ai toujours dit que je ne chanterai plus à cinquante ans. Et moi, la vie a fait que je me suis arrêtée à quarante-neuf ans et demi. Les cinq années qui ont précédé mon retrait, j’ai chanté des centaines de fois dans quatre spectacles différents. J’ai été complètement noyée dans la scène, dans la musique. C’était un rythme assez illogique à mes yeux. Mais la vie m’a fait stopper. Ma fille était malade, ma fille a disparu, et donc plus rien n’avait de sens. Plus rien n’était comme avant. Il fallait être heureux pour chanter.

GALA : Aujourd’hui, vous l’êtes à nouveau. Pourriez-vous remonter sur scène ?

F.G.: Aujourd’hui, je n’ai plus la même énergie. Je n’ai pas peur que les gens ne viennent pas, j’ai peur de ce que je pourrais leur proposer. Cela me demanderait un travail infini de remettre la machine en route. Mais évidemment tout est possible. C’est bien pour ça que je ne dis pas que je ne chanterai plus.

GALA : Mais vous n’êtes pas obligée de chanter comme quand vous aviez vingt ou trente ans ?

FRANCE GALL : Si les gens viennent, c’est pour me retrouver. En vieillissant, il paraît qu’on perd la grâce, ce n’est pas moi qui l’ai dit mais Benoîte Groult.

GALA : Vous avez peur de vieillir ?

FRANCE GALL : Seuls les sots se lamentent de vieillir, donc je ne vais pas pleurer. (Rires.) J’ai tendance, depuis toujours, à ne pas vouloir fêter mon anniversaire, mais c’est idiot. Il faut faire honneur à la vie. C’est un sacré truc qu’on nous demande, de vieillir. C’est un truc de fou.

GALA : Nous sommes dans l’appartement où vous viviez avec Michel Berger. Est-ce sur ce piano, là dans le salon, qu’il composait?

FRANCE GALL : Non, le piano n’était pas là. Il travaillait beaucoup dans notre studio d’enregistrement tout près d’ici. Quand le piano était dans la chambre, il composait devant moi, parce que je n’étais pas quelqu’un qui le gênait. Il pouvait même m’oublier. Généralement, il venait me chercher quand il avait écrit un couplet, pour être sûr que ça me plaise.

GALA : Y a-t-il un titre que vous fredonnez davantage que les autres ?

FRANCE GALL : C’est une chanson inédite que Michel a chantée et que je trouve merveilleuse.

GALA : Mais pourquoi n’est-elle jamais sortie ?

FRANCE GALL : Parce que sur les vinyles, il n’y avait jamais assez de place. Moi je crois que cette chanson attendait Résiste. (Rires.) C’est un cadeau.

GALA : Vous avez choisi de planter le décor de cette comédie musicale dans une boîte de nuit. D’ailleurs, vous vivez la nuit. Pourquoi ?

FRANCE GALL : Je ne sais pas … Ce silence qui nous enveloppe, tout le monde dort, tout est possible, tout le monde est au repos.

GALA : Ça toujours été le cas ?

FRANCE GALL : Sauf quand les enfants étaient petits. Mais j’aime la nuit. Je décore l’appartement. Je lis beaucoup. Je joue aux cartes, je range, je regarde la télé. Autour de moi, j’ai des amis qui ont le même rythme. On sait que l’on peut s’appeler à 2 heures du matin.

GALA : Le spectacle s’appelle Résiste en référence à l’un de vos tubes. Vous sentez-vous l’âme d’une résistante?

FRANCE GALL : Ce n’est pas physiquement que j’ai résisté, c’est mentalement. Résister en fait, c’est essayer de comprendre, c’est analyser. Il sous-entend beaucoup de choses, ce mot.

GALA : Le renoncement, votre parcours en atteste, n’est-il pas également une vertu, une preuve de sagesse ?

FRANCE GALL : C’était un besoin fondamental à ce moment-là.

GALA : Outre la médiatisation, de quoi vous êtes-vous libérée ?

FRANCE GALL : En dehors de la musique et des médias, rien n’a changé. Je vis ma vie comme avant.

GALA : Vous avez incarné l’insolence de la jeunesse. Vous respirez aujourd’hui la sagesse. Quelle part d’insolence reste-t-il en vous?

FRANCE GALL : Je n’ai pas conservé mes minijupes. (Rires.) Mais j’ai toujours gardé mon envie d’oser. Je n’ai pas peur de l’inconnu et monter une comédie musicale en est la preuve.

GALA : Votre fils, Raphaël, travaille dans la musique. Il n’est pas du tout impliqué dans ce spectacle, pourquoi ?

FRANCE GALL : Il mène sa propre vie. Il a besoin de faire les choses par lui-même.

GALA : Il cherche à se démarquer de votre travail et de celui de son père ?

FRANCE GALL : Peut-être … Il a surtout cherché un métier qu’il aime. Il a toujours été passionné par le cinéma et il a une oreille musicale unique. Il est devenu un excellent music superviser de films. Il a fondé une radio sur le Web aussi.

GALA : Aimeriez-vous être grand-mère ?

FRANCE GALL : J’en serais très heureuse. J’espère simplement que mes petits-enfants m’appelleront Babou ou Babouchka. (Rires.)

GALA : Avec ces chansons de Michel que vous allez faire revivre sur scène, vous sentez-vous nostalgique ?

FRANCE GALL : Non, pas du tout. Avec ces chansons qui m’ont toujours accompagnée j’avance dans la vie.

GALA : Avez-vous travaillé sur vous avec des psychanalystes ?

FRANCE GALL : Non, essentiellement toute seule. La lecture m’a beaucoup aidée également. Et puis, j’avais des amis merveilleux. Je vois des gens spirituels.

GALA : La spiritualité, c’est quelque chose qui vous a beaucoup aidée ?

FRANCE GALL : Oh, oui …

GALA : Vous recherchiez quoi ?

FRANCE GALL : Je cherchais à comprendre pourquoi Michel et ma fille sont partis. Il m’a fallu toutes ces épreuves pour comprendre … Ce n’est pas avec le bonheur qu’on avance, ou alors c’est très rare. Il faut être secouée violemment pour percevoir ce type de choses, pour nous donner une chance de changer, d’évoluer, de grandir.

GALA : Avez-vous pardonné à Dieu pour ses offenses ?

FRANCE GALL : Il n’y a rien à pardonner. Le départ de Michel et de Pauline n’était pas contre moi. Ça arrive à tout le monde et c’est encore pire pour certains.

GALA : De manière générale, pardonnez-vous facilement ?

FRANCE GALL : C’est très important de savoir pardonner parce que ça libère.

GALA : Vous apparaissez comme un destin français. Vous-même, croyez-vous au destin ?

FRANCE GALL : Parfois, ça me trouble, mais je pense que c’est avec nos choix que nous construisons nos vies. C’est à cela que chacun des personnages de Résiste va être confronté, c’est le fond de notre histoire. Le choix.

GALA : Si la vie est une course d’endurance, la « ligne d’arrivée », vous voudriez la franchir dans quel état d’esprit ?

FRANCE GALL : Je ne sais pas pour la ligne d’arrivée ! (Rires.) Mais aujourd’hui, je me dis que j’ai toute la vie devant moi.

A partir du 4 novembre 2015 au Palais des Sports de Paris, puis en tournée dans toute la France.


Résiste, un feu d’artifice de tubes

Coécrite par France Gall et Bruck Dawit, cette comédie musicale reprend une vingtaine de chansons composées par Michel Berger. Que des bits joués en live dans leur orchestration originale (Débranche, Si maman si, la groupie du pianiste, Ella, Elle l’a, Il jouait du piano debout …).

L’histoire n’est pas du tout autobiographique. L’héroïne s’appelle Maggie, elle travaille dans la boîte de nuit de son père et rêve de prendre son envol. La mise en scène a été confiée à Ladislas Chollat (Molière 2014 du meilleur spectacle pour Le père de Florian Zeller) et la chorégraphie à Marion Molin (qui a dansé et collaboré avec Madonna ou dernièrement Stromae). Dans le casting, les téléspectateurs de The Voice reconnaîtront deux anciens talents (Gwendal Marimoutou et Elodie Martelet) mais aussi le comédien Jean-Michel Tinivelli qui jouera le père de Maggie. Inspiré du musical Hamma Hia construit autour des tubes d’Abba, Résiste devrait connaître le même triomphe.

Magazine : Gala
Propos recueillis par Matthias Gurtler
Photos Marianne Rosenstiehl
Stylisme : Zazou Gruss. Coiffure : Fred Kebbabi chez B-Agency. Maquillage : Carole Lasnier chez B-Agency Pull Issey Miyake, pantalon The Kooples
Date : 7 janvier 2015
Numéro : 1126

Merci à Elisabeth