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France Gall : Résiste !

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En 2015, France Gall signe le spectacle « Résiste », basé sur ses chansons et celles de Michel Berger, présenté au Palais des Sports par une troupe de jeunes talents du 4 au 29 novembre. L’occasion de revenir sur la double carrière de la courageuse France Gall.
En 2015, France Gall signe le spectacle « Résiste », basé sur ses chansons et celles de Michel Berger, présenté au Palais des Sports par une troupe de jeunes talents du 4 au 29 novembre. L’occasion de revenir sur la double carrière de la courageuse France Gall.
En 2015, France Gall signe le spectacle « Résiste », basé sur ses chansons et celles de Michel Berger, présenté au Palais des Sports par une troupe de jeunes talents du 4 au 29 novembre. L’occasion de revenir sur la double carrière de la courageuse France Gall.

En 2015, France Gall signe le spectacle « Résiste », basé sur ses chansons et celles de Michel Berger, présenté au Palais des Sports par une troupe de jeunes talents du 4 au 29 novembre.

L’occasion de revenir sur la double carrière de la courageuse France Gall.

Au printemps 1965, elle triomphe à l’Eurovision avec « Poupée de cire, poupée de son », de Serge Gainsbourg qui en 1966, signe l’ambigu “Les sucettes”.

Tout cela alors qu’elle quitte Claude François. A la fin des sixties, sa carrière décline tandis qu’elle vis avec Julien Clerc.

Au milieu des années 1970, elle retrouve Michel Berger (qui a débuté en même temps qu’elle en 1963) qui replace France Gall au sommet. Née le 7 octobre 1947 à Paris, Isabelle Gall est la fille de l’auteur Robert Gall (Cf. « La Mamma » avec Charles Aznavour).

Mais c’est sous le prénom France qu’elle va faire carrière. Il symbolise son pays et on peut y voir, d’une façon détournée, un clin d’œil au tournoi des Cinq Nations de rugby, France-Galles, sans que cela lui porte ombrage ! Une chance. En novembre 1963, dans la lignée de Sylvie Vartan, Françoise Hardy et Sheila, voici France Gall qui, avec son premier succès chez Philips, « Ne sois pas si bête » (« Stand a little closer » de Jack Wolf et Bugs Bower), qui joue les trouble-fête dans ce trio de tête, couplé à « Ça va je t’aime » (« Hip Huggers » de Russ Daman), deux de ses rares adaptations, respectivement dues à Pierre Delanoë et à André Salvet & Claude Carrère. Jacques Datin et Robert Gall signent les deux autres morceaux, « J’entends cette musique » (sur un thème d’Albinoni) et « Pense à moi », inspiré de « Take Five » de Dave Brubeck. Le tout est orchestré par Alain Goraguer et produit par Denis Bourgeois pour les éditions Bagatelle.

Laisse tomber les filles

Laisse tomber les filles la seconde chanson écrite et composée par Serge Gainsbourg pour France Gall

Le 10 février 1964 elle chante « Ne sois pas si bête » dans Les Raisins verts de Jean-Christophe Averty. Le 14 mars, France présente « N’écoute pas les idoles », tube que lui écrit Serge Gainsbourg, dans Top à Jean-Pierre Cassel, sur son deuxième disque, qui inclut « Les rubans et la fleur » d’André Popp et Robert Gall, « Ne dis pas aux copains » de Guy Magenta et Maurice Tézé et « Si j’étais garçon » de Jean Claudric et Pierre Cour. Le 13 avril elle reprend « Ne sois pas si bête » dans Les Raisins verts. France Gall passe à l’Ancienne Belgique à Bruxelles avec Sacha Distel, et interprète encore son premier succès, « Ne sois pas si bête », le 17 mai, à Discorama. Le 15 juin elle propose « Les rubans et la fleur » à La Grande Farandole. Le 25 cm « N’écoute pas les idoles » regroupe ses deux premiers super 45 tours. Le 4 juillet, France est à l’affiche du gala de la CGT à Montreuil avec Lucky Blondo, Léo Ferré, Danyel Gérard, Eddy Mitchell et les Fantômes. Le 21 juillet elle présente dans Boîtes à musique « La cloche », de nouveau de Jack Wolf et Bugs Bower, adapté par André Salvet, associé à « Jazz à gogo » et « Soyons sages », deux morceaux de son papa Robert Gall sur des musiques d’Alain Goraguer et Guy Magenta, plus « Mes premières vraies vacances » de Maurice Vidalin et Jacques Datin.

Ces quatre titres sont au menu de son premier 33 tours 30 cm avec « Les rubans et la fleur », « Pense à moi », « Ca va je t’aime », « N’écoute pas les idoles », « Si j’étais garçon », « J’entends cette musique », « Ne dis pas aux copains » et « Ne sois pas si bête ».

France Gall ne part pas en tournée et passe l’été à Noirmoutier avec ses parents et ses deux frères, Patrice et Philippe. Le 27 septembre elle se produit à Discorama pour la sortie du hit « Laisse tomber les filles » de Serge Gainsbourg, complété de « Christiansen » de Maurice Vidalin et Jacques Datin, plus de Robert Gall « Le premier chagrin d’amour » avec Claude-Henri Vic, et « On t’avait prévenue » avec Guy Magenta et Vline Buggy. Le 24 octobre elle interprète « Christiansen » et « Laisse tomber les filles » aux Copains du samedi. Le 6 novembre elle reprend « Mes premières vraies vacances » et « Ne dis pas aux copains » à Chansons pour la vie avec Hugues Aufray, Monty, Le Petit Prince. Le 7, elle propose « Le premier chagrin d’amour » à Sacha Show. Accompagné par les Français, France Gall fait partie de la tournée Gala des étoiles de Richard Anthony, et devient, en grand secret, la compagne de Claude François.

Poupée de cire …

Ce CD single contient 4 titres de France Gall, dont le titre Poupée de cire, poupée de son, 3e titre composé par Serge Gainsbourg.

En décembre, elle chante pour les enfants le tube « Sacré Charlemagne » signé par son père avec Georges Liferman. Robert Gall parole aussi « Au clair de la lune » et « Bonne nuit » Alain Goraguer, et Guy Magenta et Maurice Tézé composent « Nounours ». Ce disque génère un 25 cm avec les quatre titres du précédent super 45 tours. Le 12 janvier 1965, France Gall, qui interprète « Sacré Charlemagne » aux Jeux du jeudi et à Paris Club, est accompagnée par les Français lors du Musicorama d’Adamo à l’Olympia. « Sacré Charlemagne » se vend à deux millions dans le monde, du Japon à l’Amérique en passant par l’Afrique. Bien plus tard, ce tube donnera la rue du Sacré Charlemagne où se situe l’école d’Auvillers-les-Forges, dans les Ardennes. Pour représenter le Luxembourg, elle est sélectionnée à l’Eurovision avec un titre de Serge Gainsbourg, « Poupée de cire, poupée de son ». Le 19 mars, elle est à Douce France avec Hugues Aufray, Guy Mardel, Sheila et Sylvie Vartan. Le EP « Poupée de cire, poupée de son » est complété de « Le cœur qui jazze » (dans l’esprit de « Jazz à gogo ») de Robert Gall et Alain Goraguer qui orchestre ce disque, « Un prince charmant » de Jacques Datin et Maurice Vidalin, et « Dis à ton capitaine » de Guy Magenta et Maurice Tézé. Il existe avec deux variantes de pochette. Ces quatre morceaux figurent sur le LP « Poupée de cire, poupée de son » avec « Christiansen », « Laisse tomber les filles », « Le premier chagrin d’amour », « On t’avait prévenue », « Au clair de la lune », « Bonne nuit », « Nounours » et « Sacré Charlemagne ». Le 20 mars, les « 3G », Gainsbourg-Gall-Goraguer, sont à Naples pour l’Eurovision. Les répétitions sont interrompues par des incidents entre la délégation luxembourgeoise et l’orchestre italien qui n’apprécie pas l’attitude de Serge qui, furieux, menace de retirer sa chanson. Déstabilisée, France Gall triomphe néanmoins avec « Poupée de cire, poupée de son » devant 150 millions de téléspectateurs et remporte le Grand Prix, face à Guy Mardel, Bobby Solo, etc. En avril, lors de son gala à Dijon, France Gall, toujours en idylle avec Claude François, finit son tour de chant pieds nus, ses talons aiguilles s’étant coincés entre les lames du plancher.

… Poupée de son

Le 31 mai elle chante « Poupée de cire, poupée de son » à La Grande lucarne et, le 7 juin, à Douce France avec Akim, Patricia Carli, Christine Lebail, Guy Mardel, Ricardo, etc. Le triomphe de ce titre lui ouvre les portes de la gloire, tant en Europe, l’enregistrant en italien, « Io si tu no », en allemand, « Das War Eine Schône Party », qu’au Japon où, dans la langue du pays, il est couplé à « Donna, Donna » par Claude François. Tandis que Twinkle l’adapte en anglais. « A Lonely Singing Doll ». « Poupée de cire, poupée de son » existe en seize langues. Avec deux millions de disques vendus, Serge Gainsbourg est un auteur-compositeur comblé artistiquement et… financièrement. Une société de gadgets fabrique 15 000 exemplaires par jour d’une poupée à son effigie sous la forme d’un porte-clés. En juillet, Serge Gainsbourg offre « Attends ou va-t’en », plus « Mon bateau de nuit » d’Alain Goraguer et Pierre Delanoë, « Deux oiseaux » d’André Popp et Robert Gall qui écrit « Et des baisers » avec Alain Goraguer.

Un répertoire que France interprète avec succès lors de sa tournée d’été avec Michel Paje, sous le chapiteau du Cirque de France. Son frère Philippe Gall tient la basse dans l’orchestre. Le 16 juillet elle reprend « Mes premières vraies vacances » et « Ne dis pas aux copains » à Chansons de la vie et, le 28, « Poupée de cire, poupée de son » à Rendez-vous sur le Rhin avec Johnny Hallyday. Le 19 août, on revoit France Gall dans « Sacré Charlemagne » à Douce France. Le 7 octobre elle chante « Poupée de cire, poupée de son » et « Deux oiseaux » aux Jeux du jeudi. Le 12, pour les dix ans d’Europe N°1 à Bordeaux, avec Alain Barrière, Sacha Distel et Pierre Perret, elle chante ses nouveaux succès, « L’Amérique » d’Eddy Marnay et Guy Magenta, et « Le temps de la rentrée » de son père Robert et son frère Patrice Gall, associés à « On se ressemble toi et moi » de Claude-Henri Vic et « Nous ne sommes pas des anges » de Serge Gainsbourg. Le simple « L’Amérique » / « On se ressemble toi et moi » servira en 1966 à une campagne publicitaire pour PolyColor ; et « Nous ne sommes pas des anges » / « Le temps de la rentrée » en 1967 à la promotion de la marque Schappe. Du 28 octobre à début décembre 1965, on entend le rire de France Gall sur des musiques de Serge Gainsbourg qui chante des textes d’André Ruellan, dans six séquences d’animation de cinq minutes de Jean-Claude Forest et Jacques Ansan, intitulés Marie-Mathématique, pour Dim Dam Dom.

Baby pop

France Gall : Résiste !

Du 31 octobre au 14 novembre, elle dédicace ses disques au stand SLC-MAT au Salon de l’Enfance à la Porte de Versailles. Le 4 novembre, elle revient aux Jeux du jeudi et, le 8, à La Grande lucarne où elle interprète « L’Amérique ». Après son passage sur scène à Lyon, les 6 et 7 novembre, elle s’envole pour le Japon, le 8, pour dix jours, où « Poupée de cire, poupée de son » en japonais s’est déjà vendu à 300 000 exemplaires. De retour à Paris, le 5 décembre elle est à la une de Télé dimanche avec Christophe et, le 12, France est l’invitée de Discorama. Du 12 au 26 janvier 1966, elle partage avec Hugues Aufray la vedette de l’Ancienne Belgique à Bruxelles. Le dernier jour elle est également à Tête de bois & Tendres années et, le 29, à Douce France Inter. En ce début 1966, Serge Gainsbourg frappe fort en composant « Baby pop ». Ce super 45 tours est complété de « C’est pas facile d’être une fille » de Guy Magenta, Jean-Pierre Bourtayre et Pierre Delanoë, « Faut-il que je t’aime » de Jacques Datin et Maurice Vidalin, et « Cet air-là » de Robert Gall et Alain Goraguer qui arrange ce disque, réalisé par Denis Bourgeois. Ces quatre morceaux sont réunis sur l’album « Baby bop » avec « Le temps de la rentrée », « Attends ou va-t’en », « Mon bateau de nuit », « L’Amérique », « Nous ne sommes pas des anges », « On se ressemble toi et moi », « Deux oiseaux » et « Et des baisers ». Le 5 février, France interprète « Cet air-là » à Bonsoir Paris, Bonsoir Prague et, le 23, « Faut-il que je t’aime » dans Direct. Le 13 juin, à Douches écossaises, elle chante « Baby pop », alors que sort l’équivoque « Les sucettes » de Serge Gainsbourg, qui déclenche un vent de scandale. Ce tube détonne face à « Quand on est ensemble » de Frank Pourcel, Raymond Lefèvre, Robert Gall et Roger Berthier, « Ca me fait rire » de Jacques Datin et Maurice Vidalin, et « Je me marie en blanc » de Jean Wiener et Jean Dréjac. Dans le numéro d’août de SLC, France Gall expédie ses Bons baisers de Tokyo. Le 14 août, elle se produit à Quillan (près de Béziers) où elle chante « Laisse tomber les filles », « Attends ou va-t’en », « Le temps de la rentrée », « Faut-il que je t’aime », « Jazz à gogo », « La cloche », « « Poupée de cire, poupée de son », « Sacré Charlemagne », « Baby pop » et « Ô ô Sheriff », aussi de Serge Gainsbourg pour Petula Clark.

Bonsoir john-john

Ce super 45 tours de France Gall, paru en octobre 1966, contient les titres Bonsoir John-John, La rose des vents, La guerre des chansons et Boom boom.

Le 8 septembre, dans Viva Morandi, dans la mouvance psychanalytique du film de Federico Fellini Juliette des esprits, elle incarne l’une des deux jeunes filles qui troublent le chanteur italien Gianni Morandi. France Gall est la Grâce qui chante « Les sucettes » et « Quand on est ensemble » face à Christine Lebail qui est la Pureté. Le 17, à Douce France, elle propose « Ca me fait rire ». Le 25 septembre, elle passe à Discorama pour la sortie de « Bonsoir John-John » de Claude-Henri Vic et Gilles Thibaut, dédié au fils du président américain assassiné John Kennedy, avec « La rose des vents » de Jacques Datin et Maurice Vidalin, « La guerre des chansons » (en réaction au conflit Antoine-Johnny Hallyday) de Robert et Patrice Gall, et « Boum Boum » de Pierre Delanoë, Roger Candy et Claude Lemesle. Le 5 octobre elle se produit à Tilt Magazine animé par Michel Drucker. Le 29 octobre, France Gall interprète « Bonsoir John-John » à La Grande polka. Le 9 novembre, elle est de retour à Tilt. Le 12 novembre elle chante « La rose des vents » à Douce France. Au cinéma, sa seule incursion a lieu dans Objectif 500 millions de Pierre Schoendoerffer avec « Dis à ton capitaine ». Le 15 décembre, France Gall est au Grand Club et, le 31, à Réveillon 66 alors que sort l’album « Les sucettes » avec « Quand on est ensemble », « Bonsoir John-John », « La rose des vents », « La guerre des chansons », plus les « Les leçons particulières » de Jacques Datin, Maurice Vidalin et Alain Goraguer, « Celui que j’aime » de Patrice et Robert Gall qui écrit « L’écho » avec Alain Goraguer, « Oh ! Quelle famille » de Georges Liferman et Robert Gall, « J’ai retrouvé mon chien » de Maurice Tézé, Pierre Delanoë et Alain Goraguer, « Tu n’as pas le droit » et « Il neige », tous deux de Gérard Bourgeois et Jean-Max Rivière. Le 11 janvier 1967, France Gall, marraine de l’équipe de France de hockey sur glace, est à Dents de lait, Dents de loup, présenté par le Président Rosko, avec Jean-Jacques Debout, Marianne Faithfull, Claude François, Françoise Hardy, Eddy Mitchell, Tony Renis, Sylvie Vartan, Walker Brothers, Dominique Walter et Zombies. Elle reprend « Les sucettes » et chante avec Serge Gainsbourg l’inédit « Dents de lait, dents de loup ». Au premier Midem, à Cannes, le Ruban d’or est remis à France Gall pour « Poupée de cire, poupée de son », Grand Prix Eurovision 1965.

Bébé requin

Ce super 45 tours édité en juillet 1967 contient le titre Teenie - Weenie - Boppie composé par Serge Gainsbourg, ainsi que Chanson pour que tu m'aimes un peu, Bébé requin et Made in France.

Le 1er mars 1967 elle anime Dim Dam Dom et, le 11, chante « Tu n’as pas le droit » à Douce France. Le 12 mars, elle passe à la Soirée du second tour des législatives. Pour la télé américaine, Jean-Christophe Averty réalise une émission consacrée aux succès de France Gall. Et, dans Les Raisins verts, pour illustrer le morceau enfantin « J’ai retrouvé mon chien », il la met en scène dans une attitude ambiguë la faisant commander un troupeau d’hommes à quatre pattes ! En mars, France Gall interprète en duo avec le comédien et animateur d’Europe N°1 Maurice Biraud « La petite » de Guy Magenta, Robert Gall et Mya Simille, associé à « Polichinelle » de Jean Bernard et Pierre Saka « Néfertiti » de Serge Gainsbourg, et « Les yeux bleus » de Claude-Henri Vic et Robert Gall, arrangés par Alain Goraguer. Avant de se produire en gala à Lisbonne, le 2 avril, avec Régine, elle est à l’affiche de « Au-delà de l’écran » et, le 16, avec Serge Gainsbourg, à Bouton Rouge lors de 16 Millions de jeunes. Le 27 mai, France passe à Au risque de vous plaire avec Jacques Dutronc et Eddy Mitchell, et, le 31, à Sacha Show, elle chante en duo avec Mireille Darc « Ne cherche pas à plaire » de Roland Valade et Jean-Claude Oliver. Les trois autres titres de cet EP sont de Mireille Darc. La compilation « Le disque d’or » de France Gall aligne « Poupée de cire, poupée de son », « Ne sois pas si bête », « N’écoute pas les idoles », « Les rubans et la fleur », « Attends ou va-t’en », « Sacré Charlemagne », « Les sucettes », « Baby bop », « Christiansen », « Jazz à gogo », « Laisse tomber les filles » et « L’Amérique ». Le 8 juillet, à Douce France, elle chante « Polichinelle » tandis que sort le super 45 tours « Bébé requin » au succès imparable, écrit par Joe Dassin, Jean-Michel Rivat et Frank Thomas, qui convient à merveille à la voix sucrée de France Gall. « Teenie Weenie Boppie » est un autre hit, signé Serge Gainsbourg qui raconte les effets du LSD, orchestré à Londres par David Whitaker. Dans le même esprit, « Made in France » de Jacques Datin et Maurice Vidalin, évoque les différences entre Paris et Londres. Enfin, « Chanson pour que tu m’aimes un peu » est de son père Robert Gall et de son frère Patrice. Au fil des microsillons, Serge Gainsbourg a fait de France Gall la nouvelle lolita. Désirant diversifier ses compositions, il écrit « Qui se souvient de Caryl Chessman ? », un duo avec France sur la peine de mort, non publié.

Bloody Jack

Sur cet opus figure le titre Bloody Jack, un inédit paru initialement en 2000 sur la compilation Pop À Paris Volume 5 : S.O.S. Mesdemoiselles. A découvrir en vidéo.

Du 24 juillet au 19 août, elle est reçue au micro du Président Rosko dans Mini-Max avec les disques Philips, sur RTL, en direct de Cannes sur le bateau La Jeanne. Le 27 août elle chante « Bébé requin » à Voilà voilà avec Serge Gainsbourg, qu’elle reprend, le 10 septembre, à Dim dam dom, toujours avec Serge, puis le 14 octobre, à Douce France, et, le 22, au Petit dimanche illustré. Le 16 octobre, au Magazine féminin elle essaie des postiches, tandis qu’elle présente la mode dans Elle et Mademoiselle Age Tendre. Ces deux magazines proposent des publicités pour les mini-robes tricotées de la marque Schappe, stimulées par le 45 tours promo « Baby Pop » / « C’est pas facile d’être une fille », illustré d’une double pochette où France Gall pose en tenues multicolores et collants assortis. Elle se rend en Autriche pour envoyer ses Bons baisers de Vienne dans Salut Les Copains. Elle décline l’offre du réalisateur Jean Herman de jouer dans le film Adieu l’ami à cause d’une scène de baiser avec Alain Delon, suite à la jalousie de Claude François avec qui elle vit de depuis ses 17 ans en 1964. A l’automne 1967, France Gall quitte Claude François qui, suite à cette rupture, enregistre « Comme d’habitude ». Ils ne se reverront pas avant 1973 et chanteront en duo, le 14 septembre 1974, dans Top à Claude François. Le 12 novembre 1967 elle interprète « Teenie Weenie Boppie », « Bébé requin » et, avec Maurice Biraud, « La petite » à Télé dimanche. Le 10 décembre, France Gall passe au Petit dimanche illustré avec « Toi que je veux » et joue dans le conte de Roland Topor Le lapin de Noël à Dim Dam Dom. Le 14, elle reprend « Bébé requin » au Super palmarès des chansons et, le 31, avec Jean Franval, « Quand allons-nous nous marier » à Réveillons-nous. Sa version de « Bloody Jack » de Serge Gainsbourg ne paraît pas. En 2003 elle figure sur la compilation « SOS Mesdemoiselles » où, sur la même musique que « Teenie Weenie Boppie », France Gall chante « Bloody Jack » dont les paroles sont identiques au morceau du même titre que Serge grave en 1968 sur une autre musique, aussi au répertoire de Zizi Jeanmaire avec un texte légèrement modifié. France Gall entreprend une carrière en Allemagne où elle enregistre jusqu’en 1972 chez Decca et à partir de 1971 sur BASF.

Dady da da

C'est à l'origine l'indicatif The Big Team composé par Michel Colombier pour le générique de l'émission télévisée des années 1960-1970, Dim, Dam, Dom.

Entre-temps, le 1er janvier 1968, à La Chanson imaginaire, elle triomphe avec « Bébé requin » et « Christiansen », alors que paraît le super 45 tours « Chanson indienne », composé et orchestré par David Whitaker, avec « La fille d’un garçon » de Jacques Datin et Maurice Vidalin, « Toi que je veux » de Joe Dassin, Jean-Michel Rivat et Frank Thomas, et « Gare à toi … Gargantua » de Frédéric Botton. Il est suivi de l’album « 1968 » avec ces quatre titres plus « Chanson pour que tu m’aimes un peu », « Néfertiti », « Bébé requin », « Teenie Weenie Boppie », « Les yeux bleus », « Made in France », « La petite » et l’inédit « Avant la bagarre » de Guy Magenta et Ralph Bernet. Le 13 janvier, à La Couleur du temps, France interprète « Le Directeur artistique » avec Philippe Clay et, le 14, à Dim dam dom, « Avant la bagarre » et « Toi que je veux ». En février, France Gall apparaît en mini-jupe au salon de la Navigation de plaisance à la Défense. Le 16 mars, elle propose ” Toi Que Je Veux » à Qui marions-nous ? Le 13 avril, elle reprend « Les sucettes » et « Pauvre Lola » avec Serge Gainsbourg à Entrez dans la confidence. Le 14, à Dim, dam, dom, elle présente « Dady da Da » de Pierre Delanoë et Michel Colombier, indicatif de cette émission, et « La vieille fille » de Joe Dassin et Jean-Michel Rivat, et, le 20 avril, à Sur la pointe des pieds show Jacques Chazot, « Allo monsieur là-haut « de Gérard Gustin et Philippe Nicaud. Ces trois titres sont au menu de son nouveau disque avec « Le temps du tempo » où elle retrouve Alain Goraguer qui compose ce morceau sur des paroles de son père Robert Gall. Le 27 avril, France anime Le Temps des loisirs. Puis elle quitte Paris suite aux événements de Mai 68. En juillet elle poursuit sa carrière avec le simple « Y’a du soleil à vendre » de Hubert Giraud et Robert Gall qui signe « Mon p’tit soldat » avec Jacques Bulostin alias Monty, qu’elle chante, le 24 août, à Deauville cavalcade. En novembre, sur son dernier super 45 tours chez Philips, France Gall fait un clin d’œil aux photographes « 24/36 », et « Souffler les bougies » de Joe Dassin, Jean-Michel Rivat et Frank Thomas, associés à « Rue de l’abricot » de Vline Buggy, Robert Gall et Jean-Pierre Bourtayre, et « Don’t make war, captain, make love » de Maurice Vidalin et Jerry Mengo, dirigés par David Whitaker. En décembre elle illustre la collection de patrons Mademoiselle Age Tendre avec Françoise Hardy, Sheila et Sylvie Vartan.

Homme tout petit

France Gall (aussi connu sous les titres Ses grands succès et Les Années folles / Homme tout petit) est le huitième album studio sur vinyle de France Gall, sorti en 1973.

Le 10 janvier 1969, France Gall chante « 24/36 » à Au risque de vous plaire, le 18, elle passe dans A l’affiche du monde et, le 29, elle offre « Rue de l’abricot » à Quatre temps. Le 12 février elle reprend « 24/36 » à Sur la pointe des pieds. France Gall profite de sa majorité, alors à 21 ans, et de la fin de son contrat Philips pour se séparer de son producteur Denis Bourgeois. Elle signe avec La Compagnie, label fondé par Hugues Aufray et Norbert Saada. Le super 45 tours « Homme tout petit » de Jean-Michel Rivat, Frank Thomas et Jean-Pierre Bourtayre, orchestré par Michel Colombier, réunit « Les gens bien élevés » de Frank Gérald et Hubert Giraud, « L’hiver est mort » de Robert et Patrice Gall, et « L’orage », adapté par Frank Thomas et Jean-Michel Rivat de « La Pioggia » de Gigliola Cinquetti. Face à cette dernière, elle défend ce titre et « Les années folles » (« Gentlemen Please » de Barbara Ruskin, transcrit par Boris Bergman) au festival de San Remo, avec à la même affiche Stevie Wonder. Sa version de « La Pioggia » sort en Italie chez CDG avec en face B « Matrimonio d’amore ». Ce simple est suivi de « Il mio amore e una ruota » / « Il Topolino blu » (« La Torpédo bleue ») et « Come Fantomas » (« Homme tout petit » / « Chi ride di piu » (« Les gens bien élevés »). Le 28 mars, France Gall est à Tous en scène. Le 17 avril elle chante « Les gens bien élevés » et « Homme tout petit » dans Les tigres en papier. En juin elle propose le EP « Les années folles » avec « Soleil au cœur » de Robert Gall et Jean-Pierre Bourtayre, « La Manille et la révolution » de Boris Bergman et Hubert Giraud, et « Les quatre éléments » de Patrice Gall, arrangés par José Bartel. Elle grave en espagnol « La Lluvia » (« La Pioggia ») / « Hombre chiquitin » (« Homme Tout Petit ») et « Los anos locos » (« Les Années Folles »), couplé à « La manille et la révolution ». Le 5 juillet elle reprend « Les gens bien élevés » et « Homme tout petit » à Charmantes connaissances. Un 45 tours publicitaire d’informations & Publicité, agence de RTL, offre le jingle de « Saint-Mamet » / « Granji » par France Gall. A cette époque elle découvre l’île de N’Gor, au large de Dakar au Sénégal, où elle se rend souvent ensuite (elle y fait construire une résidence en 1990). Le 9 août 1969 elle interprète « Baci, Baci, Baci » de Sergio Bardotti, adapté par Eddy Marnay, à Chansons & Champions. A partir de septembre, France Gall et Julien Clerc sont inséparables. Le 18 octobre elle chante « Baci, Baci, Baci » à Musicolor. Ce simple offre en face B « La Torpédo bleue » (« Il Topolino blu » de Daniele Pace traduit Robert Gall), supervisé par José Bartel.

Zozoï

Ce 45 tours contient 2 titres, dont le titre Zozoï, dont les arrangements sont signés Jean-Claude Petit.

En novembre, Norbert Saada et La Compagnie, Hugues Aufray, Nicole Croisille, Gilles Dreu, Aldo Frank, France Gall, Tina effectuent une tournée au Québec. Ils se produisent en concert le 14 novembre à Trois-Rivières, les 15 et 16 à Montréal, le 17 à Chicoutimi, les 18 et 19 à Québec, le 20 à Sherbrooke, le 21 à Joliette, le 22 à Val-David et le 23 à Drummondville. A cette occasion, ils enregistrent « Donne-moi ma chance, je ne boirai plus » d’après « Give peace a chance » de John Lennon, avec « Cet homme est fou » en face B. Le 20 décembre, France Gall est à Samedi & Cie et, le 26, à Dim dam dom 70 avec Antoine, Julien Clerc, Dani, Lény Escudero, Serge Gainsbourg, Martin Circus, Michèle Mercier, Gérard Palaprat, etc. Le 28 décembre, elle clôture la décennie à Télé dimanche. En 1970 elle poursuit avec son seul album sur La Compagnie / Musidisc, « Les années folles – Homme tout petit », qui contient « L’orage », « Les gens biens élevés », « L’hiver est mort », « La manille et la révolution », « Les quatre éléments », « La Torpédo bleue », « Baci, Baci, Baci », « Soleil au cœur », plus « Shakespeare et pire encore » de Boris Bergman et Maurice Dulac, et « Merry Merry O ! » de Frank Gerald et Raymond Vastano, arrangés par Jean-Claude Petit, et « Les éléphants » de Jean Schmitt et Jean Gérai, dirigé par José Bartel. Elle sort « Zozoï » adapté par Robert Gall sur une musique brésilienne de Nelson Angelo enregistrée le 28 mars à Sao Polo, avec en face B « Merry Merry O ! ». « Zozoï » paraît en Italie, associé à « Bugie da elefanti » (« Les éléphants »), de même que le simple juke-box Op ! Op ! Opla couplé avec « Goin’ out of my head » de Frank Sinatra. Le 45 tours « Les éléphants » / « Shakespeare et pire encore » est extrait de son 33 tours, mais son succès décline de plus en plus. En 1971 elle continue avec « Mon aéroplane » d’Yves Dessca et Jean Gérai qui siqne « L’amour boiteux » avec Willy Schmitt et Danielle Lemery. Pour tout arranger, La Compagnie fait faillite. Durant ce temps, de fin 1969 à début 1974, France Gall vit avec Julien Clerc. Après leur séparation, tout comme Claude François, il lui dédie, en 1975, « Souffrir par toi n’est pas souffrir » ! En 1971, elle est la première artiste à obtenir un contrat en France avec le label américain Atlantic. Jacques Lanzmann et Paul-Jean Borowsky (ex-Martin Circus) lui composent « C’est cela l’amour » et « L’été », supervisés par Christian Gaubert, réalisés par Jean-Pierre Orfino.

Michel Berger

44 ans. C’est le nombre d’années que séparent la première version sur scène de Starmania dont la première a eu lieu le 10 avril 1979, et cette nouvelle version de l’Opéra Rock de Luc Plamondon et Michel Berger, le 8 novembre 2022.

Elle enchaîne avec « Chasse neige » d’Etienne Roda-Gil qui traduit « Caméléon Caméléon » de Dino Rosi et Richard Gachner. Sans succès. En 1972, chez Pathé, France Gall retrouve Serge Gainsbourg qui lui écrit « Frankenstein » et, avec Jean-Claude Vannier, « Les petits ballons », qui n’accrochent pas. Avec son frère Patrice, elle joue dans un roman-photo en huit épisodes pour Télé Poche. Jean-Michel Rivat devient son directeur artistique. Il signe « 5 minutes d’amour » et « La quatrième chose » avec Frank Thomas et Roland Vincent qui se charge des orchestrations. En 1973 elle sort « Par Plaisir » de Roland Vincent, Yves Dessca et Jean-Michel Rivat, ces deux derniers adaptant « Plus haut que moi » (« Maria vai com as outras » de Vinicius de Moraes et Filho Antonio Pecci), sans plus de succès. Enfin le simple « C’est curieux de vieillir » de Jean-Michel Rivat et Bernard Liamis, couplé à « Le lâche » de Michel Delpech, Roland Vincent et Jean-Michel Rivat n’est pas publié, à la demande de France Gall. Elle rencontre Michel Berger (évincé par Stephen Stills dans le cœur de Véronique Sanson) et, avec lui, elle rebondit. Le 10 mars 1974 elle joue une secrétaire dans Notre correspondant à Madras, un téléfilm pour la 3e chaîne. France chante « Mon fils rira du rock’n’roll » sur l’album de Michel qui, en mai, lui cisèle « La déclaration d’amour » / « Si l’on pouvait vraiment parler », de retour chez Atlantic. Le succès est au rendez-vous. Après une carrière en retrait, France Gall revient au premier plan et enchaîne, en octobre, avec « Mais aime-là » / « À votre avis ». En janvier 1976, Michel Berger concocte son premier album depuis longtemps, simplement titré « France Gall », dont est extrait « Comment lui dire ? » / « Samba mambo » et, en avril, « Ce soir je ne dors pas » / « Big fat mamma ». Il est complété de « Comment t’en apercevoir », « La chanson d’une terrienne (partout je suis chez moi », « La déclaration d’amour », « Je saurai être ton amie », « Chanson pour consoler » et « Je l’aimais ». Le 22 mai, lors du Numéro 1 Michel Berger sur TF1, pour la comédie musicale Émilie ou La Petite sirène 76, inspirée du conte d’Andersen, Michel et France créent en duo « Ca balance pas mal à paris » et « Monologue d’Émilie ».

Musique

Ce 45 tours édité en mai 1977 contient le titre Musique de France Gall extrait du deuxième album de France Gall, Dancing Disco, paru le 27 avril 1977.

Un mois plus tard, le 22 juin, ils se marient à la mairie du 16e arrondissement. France Gall devient la belle-fille du professeur de médecine et auteur Jean Hamburger de l’Académie Française, et de sa femme la pianiste Annette Haas. Michel Berger a dorénavant pour beau-père Robert Gall, ancien élève du conservatoire, ex-chanteur et parolier, entre autres de « La mamma » pour Charles Aznavour, et de son épouse Cécile Berthier, fille du cofondateur des Petits Chanteurs à la Croix de Bois. De cette union naissent Pauline Isabelle, le 14 novembre 1978 (décédée le 15 décembre 1997) et Raphaël Michel, le 2 avril 1981. Entre-temps, en avril 1977 sort le LP « Dancing disco » incluant « Chanson de Maggie », « Quand on est enfant » et, édités en simples, en mai « Musique » / « Dancing disco », en octobre « Si, maman, si » / « Ce garçon qui danse », en janvier 1978 « Le meilleur de soi-même » / « La nuit à Paris ». En mars, elle propose « Viens je t’emmène » / « La tendresse des mots ». Le 11 mars, jour de la mort de Claude François, TF1 diffuse le Numéro 1 France Gall qui interprète Cristal dans l’opéra-rock Starmania de Michel Berger et du Canadien Luc Plamondon. France et Michel partagent leur travail dans une complicité parfaite, tout en privilégiant une vie familiale. Cela ne l’empêche pas de triompher, du 14 au 20 avril, dans le spectacle « Made in France » au Théâtre des Champs-Élysées où un double album, « Live », est capté, édité en novembre avec « Musique », « Samba mambo », « Si, maman si », « Comment lui dire », « Ce soir je ne dors pas », « La déclaration d’amour », « ce garçon qui danse », « Je l’aimais », « Chanson d’une terrienne », « Chanson pour consoler », « La chanson de Maggie », « Ca balance pas mal à Paris », « Le meilleur de soi-même », « Mais aime là », « Viens je t’emmène » et « Quand on est enfant ». En janvier 1979, le 45 tours « Besoin d’amour » / « Monopolis » est tiré de Starmania. En mai 1980 paraît l’album « Paris, France » avec « trop grand pour moi », « les moments où j’aime tout le monde », « La mort douce », « Parler, parler », « Plus haut », « Ma vieille Europe » qui, en juin, génère le simple « Il jouait du piano debout » / « La chanteuse qui a tout donné » et, en octobre, « Bébé, comme la vie » / « Plus d’été ».

Ella, elle l’a

Ce 45 tours maxi édité en Allemagne, paru en septembre 1987, est le 2ème extrait de Babacar, le 6ème album studio que Michel Berger a produit pour France Gall, avec les titres Ella, elle l'a et Dancing brave.

Toujours en octobre sort « Donner pour donner » en duo avec Elton John, paroles de Bernie Taupin et Michel Berger qui signe la musique, couplé à « Les aveux ». En décembre 1981, France cartonne avec le 33 tours « Tout pour la musique », publié en simple avec au verso « Résiste », plus « Les accidents d’amour », « La prière des petits humains », « Vahiné », « Diego libre dans sa tête » (repris par Michel Berger en 1983, Johnny Hallyday en 1990, Véronique Sanson en 1999), « Ceux qui aiment », et, en 45 tours, en mai 1982, « Amor también (tout le monde chante) » / « La Fille de Shannon ». Du 7 janvier au 14 février 1982, France Gall fait un malheur au Palais des Sports, enfantant le 3 octobre, sur A2 le show Tout pour la musique et un double album en public dans cette salle avec 21 titres dont « Musique », « Donner pour donner », « Besoin d’amour », « Diego libre dans sa tête », « Il jouait du piano debout », « Résiste ». Le 6 avril 1984, TF1 propose Formule 1 France Gall des Carpentier alors que paraît le 33 tours « Débranche ! », aussi édité en simple avec « J’Ai besoin de vous », « Annie donne », plus, extraits en 45 tours, en septembre « Hong-Kong Star » / « Tu comprendras quand tu seras plus jeune », en février 1985 « Calypso » / « Si superficielle » et en mai « Cézanne peint » / « Savoir vivre ». France Gall se joint aux Chanteurs sans Frontières dans « SOS Éthiopie » sous l’égide de Renaud. Du 11 septembre au 7 octobre 1984, elle est l’affiche du Zénith, marqué par un autre double album en public en février 1985. Elle interprète les chansons de Michel Berger dont « Plus haut », « Diego libre dans sa tête », « Cézanne peint », « Hong-Kong Star », « Débranche ! ». France Gall, Michel Berger et Daniel Balavoine œuvrent également pour le Mali avec l’association Action Écoles. Mais, le 14 janvier 1986, lors d’un voyage en Afrique, Daniel Balavoine trouve la mort dans un accident d’hélicoptère avec Thierry Sabine, organisateur du Paris-Dakar. En 1987, aux Victoires de la Musique, elle est élue Artiste féminine de l’année. Le 10 avril, Patrick Sabatier présente Grand Public avec France Gall sur TF1 pour la publication du 33 tours « Babacar », extrait en simple avec « C’Est bon que tu sois là », puis, en août « Ella, elle l’a » en hommage à Ella Fitzgerald, et au verso « Dancing brave », en mars 1988 l’émouvant « Évidemment » à la mémoire de Daniel Balavoine, couplé à « La chanson d’Azima », en septembre « Papillon de nuit » / « J’irai où tu iras ». Il contient encore « Urgent d’attendre ».

Double jeu

Double Jeu est le septième album studio de France Gall en duo avec Michel Berger, produit en 1992.

Auparavant, du 12 novembre au 6 décembre 1987, France Gall est de retour au Zénith générant un double album en novembre 1988, précédé du périple Le Tour de France 88. Cette même année, aux Victoires de la Musique, elle obtient la récompense de l’Artiste qui s’exporte le mieux avec 500 000 exemplaires vendus de « Ella, elle l’a », N°1 en Allemagne où elle est élue Artiste de l’année. En mars 1989, « La chanson d’Azima » fait l’objet d’un autre 45 tours. En mai 1992, France Gall et Michel Berger sortent en duo « Laissez passer les rêves » / « Jamais partir » et, le 22 juin, au New Morning, ils annoncent une série de concerts en commun à Paris pour la parution de l’album « Double jeu ». Il offre les duos de France et Michel dans « Bats-toi », « Superficiel et léger », « La petite Calmette », « Toi sinon personne », « La lettre » (dédiée à Corinne Balavoine), « La Chanson de la Négresse blonde », « Les couloirs des Halles », « Les élans du cœur ». Mais, le 2 août, le projet avorte quand Michel Berger décède d’une crise cardiaque. En octobre sort le simple « Superficiel et léger », un titre bien éloigné des tourments que subit France Gall. En janvier 1993 paraît le simple « Les élans du cœur ». Elle devient la Marraine de l’association Droit de Cité. Le 10 avril, Nagui lui consacre Taratata sur France 2. Le 25 avril, Laurent Boyer en fait de même à Fréquenstar sur M6. Très affectée par la mort de Michel, France refait néanmoins de la scène, et du 10 au 12 et du 22 au 25 septembre, à Bercy, est capté l’album « Simple je, débranchée à Bercy », paru fin octobre, dont sont tirés les simples « Mademoiselle Chang » en mai, « Si, maman si » en novembre, « Il jouait du piano debout » en décembre. Fin janvier 1994, « Simple je, rebranchée à Bercy » propose la suite. Cela donne les simples « La chanson de la Négresse blonde » en février, « Le paradis blanc » en mars et « Les princes des villes » en novembre, plus le double album « Simple je, l’intégrale Bercy ». Elle reçoit le trophée Femmes en or pour son spectacle à Pleyel, du 27 septembre au 1er octobre, qui, en décembre 2005, fera l’objet d’un album.

Message personnel

Ce CD est le 3ème extrait de l'album France, single paru le 25 octobre 1996 et qui contient 2 titres de France Gall.

Entre-temps, le 12 février 1994 elle est de retour à Taratata puis le 5 novembre 1996 tandis que sort l’album « France », enregistré au Record Plant de Los Angles, avec les simples « Plus haut » en mars, « Message Personnel » de Françoise Hardy en octobre, et « Privée d’amour » en novembre. Il comprend encore « A quoi il sert ? », « Laissez passer les rêves », « Que l’amour est bizarre », « Débranche ! », « Lumière du jour », « Résiste », « La minute de silence », « Évidemment », « Ella, elle l’a », « Les princes des villes » … Du 5 novembre au 17 novembre 1996, elle se produit à l’Olympia où elle reprend « La groupie du pianiste » et « Les uns contre les autres ». Le 22 mars 1997 à la TV-Cité de la Plaine Saint-Denis elle offre un concert acoustique sur M6 où elle chante « La mamma » avec Charles Aznavour, « Attends ou va-t’en » de Serge Gainsbourg, édité en simple en mai. Cela enfante un double CD en avril, après le remix, en février, de « Résiste ». Puis de sérieux problèmes de santé et le décès de sa fille, fin 1997 de la mucoviscidose, font que France Gall met fin à sa carrière. Le 9 octobre 2001, France 3 diffuse France Gall par France Gall, un autoportrait conduit par Didier Varrod. Le 30 décembre 2002, TF1 programme Michel Berger par France Gall. En août 2004 paraît le simple « La Seule chose qui compte ». En 2006 elle est nommée marraine de l’association Cœur de Femmes. Le 21 novembre 2007 elle anime Tous … pour la musique qui rend hommage à Michel Berger sur France 2. Le 14 mars 2008 elle est au générique de Cœur de femmes, de la rue à la vie, un documentaire de Véronique Bonnet-Nora sur France 3. Le 13 décembre on la voit dans Johnny Hallyday : ça n’finira jamais … sur France 2. Le 24 avril 2009, Starmania, une histoire pas comme les autres célèbre les 30 ans de sa création sur France 2. Le 12 juillet 2010, Quatre idoles dans le vent de Mireille Dumas, avec Jean-Marie Périer, est consacré à Sylvie Vartan, Françoise Hardy, Sheila et France Gall sur France 3. Le 8 septembre, cette chaîne propose Vu du ciel de Yann Arthus-Bertrand sur le Sénégal en présence de France Gall. En 2013 elle est faite Chevalier de la Légion d’Honneur. En 2015, avec une volonté indéfectible, France Gall conçoit Résiste avec Buck Dawit, comédie musicale puisant dans son répertoire et celui de Michel Berger, avec une troupe de jeunes talents, Corentine Blanckeart, Léa Deleau, Victor Le Douarec, Gwendal Marimoutou et Elodie Martelet, au Palais des Sports, du 4 au 29 novembre.

Respect.

Magazine : Jukebox Magazine
Par Jacques Leblanc
Date : Janvier 2019
Numéro hors-série : 44
Note : cet article est paru une seconde fois dans le numéro hors-série N°44 de Jukebox Magazine, en janvier 2019.

France Gall, son amour secret

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En réalité, ces deux-là se connaissent de longue date, collaborent à merveille, s'apprécient infiniment et plus encore : depuis deux décennies, France et Bruck s'aiment.
En réalité, ces deux-là se connaissent de longue date, collaborent à merveille, s'apprécient infiniment et plus encore : depuis deux décennies, France et Bruck s'aiment.
En réalité, ces deux-là se connaissent de longue date, collaborent à merveille, s'apprécient infiniment et plus encore : depuis deux décennies, France et Bruck s'aiment.

A la rentrée, France Gall rendra hommage à l’œuvre de Michel Berger, son époux disparu en 1992.

Mais ce spectacle tant attendu, c’est grâce à la complicité et à l’amour de Bruck, l’homme qui partage sa vie depuis deux décennies, qu’elle l’a construit …

On aurait pu croire que c’était la comédie musicale Résiste, coécrite en hommage à Michel Berger, qui les avait rendus si proches, si complices. En effet, depuis de nombreuses semaines, ils semblent inséparables : que ce soit pour l’enregistrement de l’album de ce spectacle – qui démarrera le 4 novembre au Palais des Sports, à Paris, avant une grande tournée – ou pour les interviews de promotion, comme pour l’émission « C à vous », le 25 mars dernier, où Bruck accompagnait France en coulisses …

Elle l’a rencontré à l’été 1995 chez des amis en Californie

En réalité, ces deux-là se connaissent de longue date, collaborent à merveille, s’apprécient infiniment et plus encore : depuis deux décennies, France et Bruck s’aiment et cheminent ensemble, presque invisibles aux yeux du monde, mais passionnément soudés. Les deux artistes ont réussi ce tour de force de composer leur route de vie commune loin de la foule, des spotlights, leur préférant le huis clos des studios, la pénombre des coulisses de spectacles, mais surtout la quiétude de cocons rien qu’à eux, que ce soit dans l’appartement parisien de la chanteuse ou dans sa maison de l’île de N’Gor, à la pointe nord-ouest de Dakar. La chanteuse elle-même le confiait à Paris Match, en février : « Je suis entre Dakar et la France, maintenant … Je m’organise une existence où je sors très peu. »

Trois ans plus tôt, elle évoquait déjà son mode de vie décalé : « La journée, je suis dans l’action. La nuit, je vis. Je revis. Je profite de la vie. Je ne suis pas dans le paraître … Je vis à mon rythme, dans mon cocon, normalement. Je n’y fais entrer que des personnes que j’aime et qui me font du bien … »

Et d’abord, bien sûr, Bruck, l’homme de sa vie d’aujourd’hui, rencontré à l’été 1995 chez des amis en Californie, où elle s’était établie depuis quelques mois avec ses enfants, Pauline et Raphaël. La chanteuse craque alors pour l’incroyable talent de Bruck, ingénieur du son, arrangeur, compositeur et producteur indépendant. Il est né en Éthiopie, a grandi dans le sud des Etats-Unis, s’est établi à New York, et les plus grandes pointures se l’arrachent, de Sting aux Stones en passant par Prince ou Michael Jackson. Cet été-là, dans la foulée de cette rencontre, s’instaure entre France et Bruck une première collaboration, suivie de bien d’autres jusqu’à aujourd’hui.

« Je n’ai pas envie de me cacher. Si je peux avoir du bonheur avec quelqu’un »

Car la chanteuse est la plus grande fan de son compagnon, comme elle l’explique sur le site Web de sa comédie musicale Résiste: « J’ai aussitôt parlé [de mon idée] à Bruck Dawit, avec qui je travaille depuis mon album France, en 1995. Chaque fois qu’il est question de musique, il est là avec son perfectionnisme, son énergie typiquement new-yorkaise et une conviction que « tout est possible ». J’adore ! »

En avril 1996, interrogée par Ciné Télé Revue qui lui demandait si elle était amoureuse, France avait répondu avec sagesse: « Seul le temps répondra à cette question … Je n’ai pas envie de me cacher si je peux avoir du bonheur avec quelqu’un, mais il faut de la patience pour savoir si cette personne est devenue essentielle. »

Vingt ans plus tard, à l’évidence, Bruck lui est devenu cet essentiel …

Magazine : Closer
Par Nathalie Ravenna
Date : du 10 au 16 avril 2015
Numéro : 513

France Gall : J’ai été déçue que personne ne m’ait écrit une consolation | Le Soir | Mars 2015

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Interview France Gall Le Soir 2015, Royal Monceau, Thierry Coljon
Interview de France Gall au Royal Monceau publiée dans le journal Le Soir le 20 mars 2015. Entretien mené par Thierry Coljon autour de la comédie musicale et de l'héritage musical de Michel Berger.
France Gall : J’ai été déçue que personne ne m’ait écrit une consolation | Le Soir | Mars 2015
France Gall : J’ai été déçue que personne ne m’ait écrit une consolation | Le Soir | Mars 2015

France Gall nous a donné rendez-vous au Royal Monceau, le palace récemment rénové et redécoré par Philippe Starck. La chanteuse de 67 ans n’a pas beaucoup changé. Même coiffure, même sourire enfantin. Cela fait longtemps qu’on ne l’avait plus vue si en forme. Elle l’avoue elle-même : elle n’a jamais été si heureuse.

C’est la première fois que vous écrivez ?

Je suis une débutante, oui. J’aime écrire pour moi. Après la mort de Michel, j’ai monté quatre shows pour lesquels j’ai tout écrit. J’ai vu que j’avais du goût pour l’écriture. Après avoir écumé tous les supports possibles, rééditions, émissions spéciales, etc., il y avait la place pour penser à créer quelque chose. L’envie de se remettre en danger, c’est aussi ce qui m’a poussée à le faire. Mamma Mia y a été pour beaucoup. J’ai vu qu’on pouvait monter différemment une comédie musicale. L’histoire, dans Mamma Mia, est simple mais très importante. C’était un formidable challenge. On n’a gardé que des chansons que Michel ou moi avons créées. Pas les chansons de Johnny, ni Message personnel, créée par Françoise Hardy.

Il existe plusieurs façons de faire vivre un patrimoine musical. Il y a eu de nombreux hommages comme La bande à Renaud ou Génération Goldman. Concernant Michel Berger, ce n’est jusqu’ici pas le cas.

Moi j’ai dit non quand on me l’a proposé. Je ne voulais pas du tout ça. On va entrer en studio pour réaliser un album de 17 chansons du spectacle, qui sortira fin août. Et un deuxième deux mois plus tard, et le live l’année prochaine. On n’a pas voulu refaire les orchestrations avec les mêmes arrangements. Je veux que le public qui a aimé ces chansons les retrouve telles qu’il les a aimées.

En tant que dépositaire et gestionnaire de cet héritage musical, vous préférez rester dans l’ombre. Jusqu’ici, vous êtes restée très discrète.

J’adore l’ombre. Dans tous les sens du terme. Vous ne me verrez jamais me mettre au soleil. Là, je vous vois parce qu’il le faut et ça ne me dérange pas du tout. Au contraire, ça me fait plaisir. Mais sinon, non. Je ne sors que s’il le faut. Je n’aime pas trop faire des télés, même si après, je suis contente d’avoir toutes ces images. C’est un effort pour moi de paraître.

On vous sent épanouie.

Depuis quelques mois, je dis que je n’ai jamais été aussi heureuse. Je me sens délestée de tout ce qu’une vie vous demande de faire. La famille, la carrière, je l’ai fait. Tout est à inventer maintenant. Chanter ne me manque pas, parce que j’ai le sentiment d’avoir été au plus fort et au mieux de ce que je pouvais donner. Sur scène, je dégageais beaucoup d’énergie, je sautais dans tous les coins. Ça, je ne pourrais plus le faire. Je n’aime pas faire les mêmes choses. Là, c’est un nouveau challenge pour moi. C’est ce qui me rend si heureuse.

Quand Michel écrivait et composait, étiez-vous là ?

Oui. J’étais une présence, dans son dos. Le piano était au milieu du salon. Il me faisait tout de suite écouter pour savoir si ça me plaisait. Puis il la finissait. Une fois, je me suis permis de lui dire que je n’aimais pas une chanson et que je n’avais pas envie de la chanter, j’en ai entendu parler. Il a pris la feuille, l’a froissée et l’a jetée. Il était furieux. Il s’est vexé. C’est la seule fois.

Étiez-vous une muse passive ?

Non, il me demandait si je voulais parler de quelque chose en particulier, mais ça ne servait à rien du tout. Je lui ai dit un jour que les enfants malheureux étaient un sujet qui me touchait, et c’est devenu Diego libre dans sa tête, sur les prisonniers politiques. Une très belle chanson, bien sûr. Je suis tombée amoureuse de sa musique avant de tomber amoureuse de lui. J’avais une confiance absolue et une admiration sans bornes pour la manière d’écrire de Michel.

Avant de rencontrer Michel Berger, vous avez été, en tant qu’interprète exclusivement, tributaire de nombreux auteurs et compositeurs.

Les dix premières années, j’ai chanté Gainsbourg, j’ai chanté en sept langues, j’ai fait l’Eurovision, j’ai fait le tour du monde. Tout ça avant d’avoir 20 ans. En commençant par les Ancienne Belgique. Mais pendant ces dix premières années, je n’ai jamais été heureuse dans la musique. Je n’ai jamais compris le plaisir dans la manière de faire. J’aimais bien les chansons de Serge, j’étais contente. Mais je n’aimais pas tout ce qu’il y avait autour : les galas, la presse. Dans les années 60, c’était un peu galère. Puis avec Michel, je suis entrée dans une manière de travailler qui était vraiment la création à l’état pur. Là, j’ai découvert le plaisir de la scène.

La spiritualité a-t-elle joué un grand rôle pour surmonter toutes ces épreuves dans les années 90 : la mort de Michel, votre cancer, la mort de votre fille Pauline ?

Capital. Mais pas au travers d’une religion. Je crois en une force pensante et créatrice. On a chacun un chemin à faire sur terre pour évoluer, grandir, apprendre, s’améliorer. C’est ça le but de la vie. Moi, je ne pensais pas que je pourrais survivre, en fait. Seule sur mon île, je me suis consolée pendant des années, ailleurs, dans les éléments, la mer, les oiseaux, la nature. C’est très important pour moi. Ça prend du temps. Victor Hugo, après la mort de sa fille, a écrit de superbes choses. J’ai lu Sénèque aussi, Consolation à Marcia, où il consolait une femme qui venait de perdre son fils. J’ai d’ailleurs été déçue que personne ne m’ait écrit une consolation. Il demande : que veux-tu mettre à la place du chagrin, de la tristesse, de la détresse ? Tu crois que c’est ça qu’il aurait voulu ? Ça fait réfléchir. Ce n’est pas que des lectures, c’est un chemin personnel qui prend beaucoup de temps. Ce qui m’a aidée, c’est la recherche de la foi. J’ai découvert que tout cela voulait dire quelque chose. Je pense qu’on vit plusieurs vies. Si on ne vit qu’une vie, ça n’a aucun sens.

Journal : Le Soir (Belgique)
Propos recueillis par Thierry Coljon

Édition du 20 mars 2015.


France Gall résiste et signe

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La chanteuse a co-écrit « Résiste », une comédie musicale autour des tubes composés par Michel Berger qui se jouera au Palais des Sports à Paris, en novembre prochain.
La chanteuse a co-écrit « Résiste », une comédie musicale autour des tubes composés par Michel Berger qui se jouera au Palais des Sports à Paris, en novembre prochain.
France Gall résiste et signe

France Gall a co-écrit « Résiste », une comédie musicale autour des tubes composés par Michel Berger qui se jouera au Palais des Sports à Paris, en novembre prochain.

Elle nous raconte en avant-première la genèse de ce projet qu’elle porte avec passion.

Elle nous reçoit chez elle, dans un appartement parisien spacieux et chaleureux où des peintures aux motifs colorés côtoient des meubles en provenance du Sénégal. Sur le piano à queue sont alignées les unes post-attentats de « Libération », « Charlie Hebdo » et du « Parisien ». « J’accroche dans une pièce les unes encadrées des moments qui ont bouleversé le monde. Je suis rentrée de Dakar pour la marche ». La chanteuse est décontractée, heureuse d’évoquer « Résiste », ce vieux projet qui prend forme cette année : une comédie musicale rythmée par les tubes de Michel Berger. Elle a écrit le scénario, surveillé de près le casting, les costumes, la chorégraphie de ce « Mamma Mia » made in France. Enthousiaste, elle montre la petite mallette où elle a consigné depuis quatre ans des notes, des coupures de presse, des images qui l’ont inspirée … Elle fume quelques cigarettes, confesse préférer la nuit au jour ; veut vous faire découvrir sa chaîne préférée, MyZen TV. Marrante, vive, France Gall parle avec émotion mais sans pathos de Michel Berger de Dakar; de son futur: « J’ai des projets pour quinze ans ».

Paris Match. L’idée de cette comédie musicale est née après que vous avez vu « Mamma Mia ! » à Londres. Mais quel fut le déclic pour que vous vous lanciez ?

France Gall. La réaction de la salle ! J’ai deviné une autre manière de faire vivre le répertoire. On avait sorti tous les best of, intégrales, livres possibles sur la musique de Michel… Il était temps de créer de la nouveauté. Mais il fallait un bon auteur. J’ai pensé à Jean-Pierre Bacri. Nathalie Baye m’a donné son numéro de téléphone. Elle est souvent à l’origine des événements puisque c’est grâce à elle que Johnny et Michel se sont rencontrés … Mais Jean-Pierre était trop immergé dans l’écriture de son film avec Jamel Debbouze. Il fallait que ce soit moi l’auteur de la trame …

PM. Vous n’avez jamais écrit de chansons. De l’appréhension ?

FG. Je m’en croyais incapable. Je déteste raconter des histoires. Je n’ai jamais été actrice à cause de cela, je ne peux pas incarner une autre personne que moi. Dans « Starmania », je n’étais pas heureuse de jouer Cristal, car ce n’était pas moi.

PM. C’est la chanson « Appelez-moi Maggie » qui a tout déclenché.

FG. Je l’avais enregistrée en 1976, pour le disque « Dancing Disco ». D’un seul coup, pendant la remastérisation, Bruck Dawit, mon ingénieur du son, a compris. On va la créer nous-mêmes, cette comédie ! Maggie serait le lien entre le public, la musique de Michel et moi. Maggie ne croise que des gens déglingués, danse, s’éclate. Elle est fragile, rêve d’autre chose, on s’est mis à imaginer sa vie. Toute l’action se déroule dans une boîte de nuit. On insérait au fur et à mesure les morceaux de Michel qui correspondaient à l’histoire de notre héroïne. « Musique », « Quelques mots d’amour », « La groupie du pianiste », « Débranche », « Résiste » et d’autres chansons moins connues …

PM. Vous souvenez-vous de l’écriture du tube « Résiste » ?

FG. C’était en 1981, on avait terminé notre album. On rentrait à Rueil-Malmaison, on habitait alors une maison que l’on louait à Adamo. On réécoute le disque. Michel me dit : « Il manque deux titres ! ». Son piano était dans un garage, à côté, il est parti plusieurs heures et est revenu avec « Tout pour la musique » et « Résiste ». On a filé les enregistrer deux jours après.

PM. Comment faisait-il ?

FG. Je ne sais pas ! Après notre premier album, je lui ai demandé : « On va aller où avec ce disque ? » Je ne savais rien. Lui m’a répondu : « Je le sais très bien ! » Il m’a construit une carrière. Chaque album apporte une facette de moi. Je m’en rends compte maintenant. Les années 1980 ont été des années de folie absolue, mais je n’avais aucun plan de carrière. Je l’attendais !

PM. Il a tout de suite su que vous étiez son interprète idéale …

FG. Non. Après le départ de Véronique [Sanson], il cherchait tout sauf une interprète. Il souhaitait chanter ses textes. Il avait donné « Message personnel » à Françoise Hardy, mais c’était Françoise ! Il n’a jamais pu refuser, comme pour Johnny, ou Michel Sardou, avec qui il était question d’un disque ensemble avant sa mort. Quand j’ai débarqué, ce n’était pas son truc ! C’est mon producteur Bertrand de Labbey qui lui a suggéré l’idée au bout de six mois. Il constatait une telle alchimie entre nous … Et Michel m’a offert « La déclaration d’amour », qu’il s’était écrite pour lui. On était amoureux, donc on pouvait la chanter l’un et l’autre. Ce qui nous a portés pendant ces dix-huit années, c’est notre complicité extraordinaire.

PM. Ce qui explique que vous ne chantez pas les mots des autres depuis lui … Si Benjamin Biolay vient vous proposer un disque ?

FG. Non, je n’ai plus envie de chanter. Ce n’est pas d’actualité. Et plus le temps passe, moins il y a de chances que cela se produise.

PM. Mais vous monterez tout de même sur scène avec la troupe ?

FG. J’apparaîtrai, oui, vous verrez !

PM. Êtes-vous directive avec vos interprètes ?

FG. Je ne suis pas dure, j’enseigne ou je rectifie, je leur apprends à chanter la musique de Michel. Ce n’est pas évident. A la télévision, quand je vois des jeunes reprendre “Musique” sans trop d’efforts, ça me fait rire. Lorsque je chantais “Musique” au Palais des Sports, j’avançais vers les gens, j’y allais, je menais une sorte de guerre.

PM. Qu’est-ce que vous écoutez aujourd’hui ?

FG. J’adore Rihanna ! « Nobody’s Business » avec Chris Brown est une chanson extraordinaire. Elle incarne la femme forte par excellence, puissante. J’ai regardé le match du Super Bowl, Katy Perry aussi est formidable, c’est l’américaine dans toute sa splendeur. Beyoncé ? Je ne suis pas fana, elle est trop bling bling. J’aime beaucoup Nach aussi. Je l’ai vue cet été à Noirmoutier en allant passer huit jours chez ma mère. Elle était sur scène avec ses frères Matthieu et Joseph Chedid, sa voix vous transporte. Et j’ai tellement écouté Stromae … Le dernier disque de Christophe Willem contient une belle chanson de Carla Bruni, un futur tube aussi, écrit par Goldman. Et, en ce moment, je redécouvre les chansons de mon père.

PM. Avez-vous envisagé de chanter en anglais pour conquérir l’Amérique et faire découvrir vos chansons là-bas?

FG. J’ai détesté chanter en anglais. Dans les années 1990, j’ai imaginé sortir un disque pour le marché anglo-saxon, puis je me suis souvenue que j’avais des enfants, et ce n’est pas l’idéal de parcourir le monde en étant le seul parent. J’ai beaucoup voyagé, je bouge de moins en moins. Je suis entre Dakar et la France maintenant. Je n’ai pas mis les pieds aux Etats-Unis depuis les attentats du 11 septembre, alors qu’avant je m’y rendais deux fois par an. Je m’organise une existence où je sors très peu. Depuis toujours, je vis mieux la nuit ! Vous me verriez à 5 heures du matin, je suis au top !

PM. Y a-t-il des périodes où vous vous laissez vivre ?

FG. Lorsque je suis au Sénégal, je déconnecte. Sinon je ne peux pas m’arrêter. Je suis toujours chez moi et, chez moi, j’ai sans cesse quelque chose à faire. A Dakar j’ai monté un restaurant de plage, le Noflaye Beach, ce qui signifie « se la couler douce » en wolof. J’ai engagé 14 personnes de mon village. Et ça marche, on va l’agrandir.

PM. Votre fils, Raphaël, ne participe jamais à vos projets ?

FG. Non. Il vient d’acheter un studio d’enregistrement, il a créé une radio, un label de disques, et supervise des musiques de films … Il ne montera pas sur scène avec un micro, il ne recherche pas la célébrité. C’est important qu’il fasse des choses par lui-même.

Magazine : Paris Match
Entretien avec Aurélie Raya
Photos de Marianne Rosensthiel
Du 26 février au 4 mars 2015
Numéro : 3432

France Gall : je n’ai jamais été aussi heureuse !

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France Gall reçoit le magazine Gala dans son appartement parisien, où elle a vécu avec Michel Berger et écrit Résiste.
France Gall reçoit le magazine Gala dans son appartement parisien, où elle a vécu avec Michel Berger et écrit Résiste.
France Gall reçoit le magazine Gala dans son appartement parisien, où elle a vécu avec Michel Berger et écrit Résiste.

La chanteuse nous reçois dans son appartement parisien, là où elle a vécu avec Michel Berger et où elle a écrit Résiste, une comédie musicale, florilège des plus belles chansons de l’artiste. Une leçon de vie.

Sur l’écran géant du salon défilent des images de paysages sublimes. C’est une habitude, France Gall est branchée sur la chaîne myZen.tv. C’est le début de l’après-midi, elle prépare ses œufs brouillés. Son appartement parisien est un cocon, une parenthèse slow dans un monde speed où seul le chat, Addis, semble vivre à cent à l’heure. C’est là que depuis un an déjà, elle écrit Résiste, une comédie musicale uniquement composée des tubes de Michel Berger. Ce spectacle événement ne se jouera qu’en novembre 2015, mais pour elle le compte à rebours a déjà débuté. Ce retour sur scène ne l’effraie plus. Au contraire, il l’excite et l’épanouit. Voilà pourquoi.

GALA : Résiste, est-ce une manière de faire revivre Michel ?

FRANCE GALL: Forcément, faire vivre sa musique, c’est le faire vivre aussi. On pense à lui. L’oubli, c’est une seconde mort. Ce n’est vraiment pas son cas. C’est fou comme on y pense, comme il est incroyablement présent.

GALA : Depuis toutes ces années, vous n’avez jamais eu envie de chanter d’autres compositions que celles de votre mari ?

FRANCE GALL : J’ai reçu beaucoup de propositions … Mais moi, la musique de Michel, c’est la musique que j’aime le plus au monde.

GALA : Pourquoi ?

FRANCE GALL : Demandez à mon cœur, demandez à mon corps qui bouge à la simple écoute d’un de ses morceaux. Franchement, je ne pourrais pas trouver mieux. Bien sûr, j’aime beaucoup d’autres compositeurs, mais la musique de Michel est à moi maintenant. J’ai donc un devoir, mais aussi l’envie et le goût qu’elle vive, et c’est ce que je fais depuis une quinzaine d’années. Cette comédie musicale est une vraie création, c’est une fiction. Je passe par la case auteur, et c’est un bonheur. Je n’ai jamais été aussi heureuse, en fait.

GALA : Pourquoi êtes-vous si épanouie aujourd’hui ?

FRANCE GALL : Dans la vie, j’ai eu des bonheurs absolus, mais ce bonheur-là, à l’âge que j’ai, est particulier. Désormais, je n’ai plus à convaincre, je n’ai plus à construire. Mais mon âge me permet de laisser encore place au défi, au challenge. C’est une excitation formidable.

GALA : Vous verra-t-on dans ce spectacle ?

FRANCE GALL : ( Après une longue hésitation.) Oui !

GALA : Mais est-ce que vous allez chanter ?

FRANCE GALL : Non ! En revanche, je serai sur scène pour conserver ce lien avec le public, avec Michel. Je vais raconter une histoire. Je serai une narratrice filmée. Dans Résiste, je vais faire ce que j’ai refusé toute ma vie : l’actrice. Je ne jouerai pas le rôle de France Gall mais celui de Moon !

GALA : Vous a-t-on souvent proposé de faire du cinéma ?

FRANCE GALL : Oui. Chabrol, par exemple. Mais aussi Robert Hossein … A mes débuts, on m’avait même offert de tourner avec Johnny.

GALA : Et pourquoi aviez-vous refusé ?

FRANCE GALL : Je ne savais pas être quelqu’un d’autre.

GALA : Avez-vous conscience du halo de mystère qui vous entoure. Votre silence médiatique est-il une stratégie marketing?

FRANCE GALL : Je n’en ai absolument pas conscience. Je ne sais pas ce que je représente. Tout comme une jolie fille ne sait pas qu’elle est jolie. (Rires.)

GALA : Chantez-vous toujours à la maison ?

FRANCE GALL : Je chantonne comme tout le monde. Mais je ne fais pas de disques. Je n’enregistre pas. J’ai toujours dit que je ne chanterai plus à cinquante ans. Et moi, la vie a fait que je me suis arrêtée à quarante-neuf ans et demi. Les cinq années qui ont précédé mon retrait, j’ai chanté des centaines de fois dans quatre spectacles différents. J’ai été complètement noyée dans la scène, dans la musique. C’était un rythme assez illogique à mes yeux. Mais la vie m’a fait stopper. Ma fille était malade, ma fille a disparu, et donc plus rien n’avait de sens. Plus rien n’était comme avant. Il fallait être heureux pour chanter.

GALA : Aujourd’hui, vous l’êtes à nouveau. Pourriez-vous remonter sur scène ?

F.G.: Aujourd’hui, je n’ai plus la même énergie. Je n’ai pas peur que les gens ne viennent pas, j’ai peur de ce que je pourrais leur proposer. Cela me demanderait un travail infini de remettre la machine en route. Mais évidemment tout est possible. C’est bien pour ça que je ne dis pas que je ne chanterai plus.

GALA : Mais vous n’êtes pas obligée de chanter comme quand vous aviez vingt ou trente ans ?

FRANCE GALL : Si les gens viennent, c’est pour me retrouver. En vieillissant, il paraît qu’on perd la grâce, ce n’est pas moi qui l’ai dit mais Benoîte Groult.

GALA : Vous avez peur de vieillir ?

FRANCE GALL : Seuls les sots se lamentent de vieillir, donc je ne vais pas pleurer. (Rires.) J’ai tendance, depuis toujours, à ne pas vouloir fêter mon anniversaire, mais c’est idiot. Il faut faire honneur à la vie. C’est un sacré truc qu’on nous demande, de vieillir. C’est un truc de fou.

GALA : Nous sommes dans l’appartement où vous viviez avec Michel Berger. Est-ce sur ce piano, là dans le salon, qu’il composait?

FRANCE GALL : Non, le piano n’était pas là. Il travaillait beaucoup dans notre studio d’enregistrement tout près d’ici. Quand le piano était dans la chambre, il composait devant moi, parce que je n’étais pas quelqu’un qui le gênait. Il pouvait même m’oublier. Généralement, il venait me chercher quand il avait écrit un couplet, pour être sûr que ça me plaise.

GALA : Y a-t-il un titre que vous fredonnez davantage que les autres ?

FRANCE GALL : C’est une chanson inédite que Michel a chantée et que je trouve merveilleuse.

GALA : Mais pourquoi n’est-elle jamais sortie ?

FRANCE GALL : Parce que sur les vinyles, il n’y avait jamais assez de place. Moi je crois que cette chanson attendait Résiste. (Rires.) C’est un cadeau.

GALA : Vous avez choisi de planter le décor de cette comédie musicale dans une boîte de nuit. D’ailleurs, vous vivez la nuit. Pourquoi ?

FRANCE GALL : Je ne sais pas … Ce silence qui nous enveloppe, tout le monde dort, tout est possible, tout le monde est au repos.

GALA : Ça toujours été le cas ?

FRANCE GALL : Sauf quand les enfants étaient petits. Mais j’aime la nuit. Je décore l’appartement. Je lis beaucoup. Je joue aux cartes, je range, je regarde la télé. Autour de moi, j’ai des amis qui ont le même rythme. On sait que l’on peut s’appeler à 2 heures du matin.

GALA : Le spectacle s’appelle Résiste en référence à l’un de vos tubes. Vous sentez-vous l’âme d’une résistante?

FRANCE GALL : Ce n’est pas physiquement que j’ai résisté, c’est mentalement. Résister en fait, c’est essayer de comprendre, c’est analyser. Il sous-entend beaucoup de choses, ce mot.

GALA : Le renoncement, votre parcours en atteste, n’est-il pas également une vertu, une preuve de sagesse ?

FRANCE GALL : C’était un besoin fondamental à ce moment-là.

GALA : Outre la médiatisation, de quoi vous êtes-vous libérée ?

FRANCE GALL : En dehors de la musique et des médias, rien n’a changé. Je vis ma vie comme avant.

GALA : Vous avez incarné l’insolence de la jeunesse. Vous respirez aujourd’hui la sagesse. Quelle part d’insolence reste-t-il en vous?

FRANCE GALL : Je n’ai pas conservé mes minijupes. (Rires.) Mais j’ai toujours gardé mon envie d’oser. Je n’ai pas peur de l’inconnu et monter une comédie musicale en est la preuve.

GALA : Votre fils, Raphaël, travaille dans la musique. Il n’est pas du tout impliqué dans ce spectacle, pourquoi ?

FRANCE GALL : Il mène sa propre vie. Il a besoin de faire les choses par lui-même.

GALA : Il cherche à se démarquer de votre travail et de celui de son père ?

FRANCE GALL : Peut-être … Il a surtout cherché un métier qu’il aime. Il a toujours été passionné par le cinéma et il a une oreille musicale unique. Il est devenu un excellent music superviser de films. Il a fondé une radio sur le Web aussi.

GALA : Aimeriez-vous être grand-mère ?

FRANCE GALL : J’en serais très heureuse. J’espère simplement que mes petits-enfants m’appelleront Babou ou Babouchka. (Rires.)

GALA : Avec ces chansons de Michel que vous allez faire revivre sur scène, vous sentez-vous nostalgique ?

FRANCE GALL : Non, pas du tout. Avec ces chansons qui m’ont toujours accompagnée j’avance dans la vie.

GALA : Avez-vous travaillé sur vous avec des psychanalystes ?

FRANCE GALL : Non, essentiellement toute seule. La lecture m’a beaucoup aidée également. Et puis, j’avais des amis merveilleux. Je vois des gens spirituels.

GALA : La spiritualité, c’est quelque chose qui vous a beaucoup aidée ?

FRANCE GALL : Oh, oui …

GALA : Vous recherchiez quoi ?

FRANCE GALL : Je cherchais à comprendre pourquoi Michel et ma fille sont partis. Il m’a fallu toutes ces épreuves pour comprendre … Ce n’est pas avec le bonheur qu’on avance, ou alors c’est très rare. Il faut être secouée violemment pour percevoir ce type de choses, pour nous donner une chance de changer, d’évoluer, de grandir.

GALA : Avez-vous pardonné à Dieu pour ses offenses ?

FRANCE GALL : Il n’y a rien à pardonner. Le départ de Michel et de Pauline n’était pas contre moi. Ça arrive à tout le monde et c’est encore pire pour certains.

GALA : De manière générale, pardonnez-vous facilement ?

FRANCE GALL : C’est très important de savoir pardonner parce que ça libère.

GALA : Vous apparaissez comme un destin français. Vous-même, croyez-vous au destin ?

FRANCE GALL : Parfois, ça me trouble, mais je pense que c’est avec nos choix que nous construisons nos vies. C’est à cela que chacun des personnages de Résiste va être confronté, c’est le fond de notre histoire. Le choix.

GALA : Si la vie est une course d’endurance, la « ligne d’arrivée », vous voudriez la franchir dans quel état d’esprit ?

FRANCE GALL : Je ne sais pas pour la ligne d’arrivée ! (Rires.) Mais aujourd’hui, je me dis que j’ai toute la vie devant moi.

A partir du 4 novembre 2015 au Palais des Sports de Paris, puis en tournée dans toute la France.


Résiste, un feu d’artifice de tubes

Coécrite par France Gall et Bruck Dawit, cette comédie musicale reprend une vingtaine de chansons composées par Michel Berger. Que des bits joués en live dans leur orchestration originale (Débranche, Si maman si, la groupie du pianiste, Ella, Elle l’a, Il jouait du piano debout …).

L’histoire n’est pas du tout autobiographique. L’héroïne s’appelle Maggie, elle travaille dans la boîte de nuit de son père et rêve de prendre son envol. La mise en scène a été confiée à Ladislas Chollat (Molière 2014 du meilleur spectacle pour Le père de Florian Zeller) et la chorégraphie à Marion Molin (qui a dansé et collaboré avec Madonna ou dernièrement Stromae). Dans le casting, les téléspectateurs de The Voice reconnaîtront deux anciens talents (Gwendal Marimoutou et Elodie Martelet) mais aussi le comédien Jean-Michel Tinivelli qui jouera le père de Maggie. Inspiré du musical Hamma Hia construit autour des tubes d’Abba, Résiste devrait connaître le même triomphe.

Magazine : Gala
Propos recueillis par Matthias Gurtler
Photos Marianne Rosenstiehl
Stylisme : Zazou Gruss. Coiffure : Fred Kebbabi chez B-Agency. Maquillage : Carole Lasnier chez B-Agency Pull Issey Miyake, pantalon The Kooples
Date : 7 janvier 2015
Numéro : 1126

Merci à Elisabeth

France Gall en 2015

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2015, c'est l'année du spectacle Résiste de France Gall et Bruck Dawit.
2015, c'est l'année du spectacle Résiste de France Gall et Bruck Dawit.

2015, c’est l’année du spectacle Résiste de France Gall et Bruck Dawit.

La première représentation a lieu le 4 novembre 2015 au Palais des sports de Paris. S’ensuit une tournée en France, en Belgique et en Suisse en 2016. La dernière représentation a eu lieu le 23 décembre 2016 au Zénith de Lille.

Note sur les crédits : Il arrive fréquemment que des œuvres soient diffusées sans que le nom de l’auteur soit mentionné. Ces pratiques sont illégales au sens de l’art. L.121-1 du CPI. Lorsque nous connaissons le nom de l’auteur de la photo, il est toujours mentionné. Si vous constatez une erreur, un manque, ou que vous souhaitez le retrait d’une photo dont vous êtes l’auteur : contactez-nous.

France Gall en 2014

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Le coffret cartonné "5 albums originaux" de France Gall est paru dans la série “5 albums originaux”, dont une version existe également avec Michel Berger, contient 5 disques CD au format pochette ultra slim.
Le coffret cartonné "5 albums originaux" de France Gall est paru dans la série “5 albums originaux”, dont une version existe également avec Michel Berger, contient 5 disques CD au format pochette ultra slim.

Le coffret cartonné “5 albums originaux” de France Gall est paru dans la série “5 albums originaux”, dont une version existe également avec Michel Berger, contient 5 disques CD au format pochette ultra slim.

Les 5 albums proposés sont France Gall (1976) & Dancing Disco (1977) & Paris, France (1980) & Débranche ! (1984) & France (1996).

Note sur les crédits : Il arrive fréquemment que des œuvres soient diffusées sans que le nom de l’auteur soit mentionné. Ces pratiques sont illégales au sens de l’art. L.121-1 du CPI. Lorsque nous connaissons le nom de l’auteur de la photo, il est toujours mentionné. Si vous constatez une erreur, un manque, ou que vous souhaitez le retrait d’une photo dont vous êtes l’auteur : contactez-nous.

France Gall, un retour tant attendu !

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Après le décès de Michel Berger il y a vingt ans tout juste (ndlr : article de Septembre 2012) et celui de sa fille Pauline en 1997, France Gall avait choisi le silence. Le temps a passé, et c'est envers et contre tout le goût du bonheur qui coule dans ses veines. France nous réserve de jolies surprises ...
Après le décès de Michel Berger il y a vingt ans tout juste (ndlr : article de Septembre 2012) et celui de sa fille Pauline en 1997, France Gall avait choisi le silence. Le temps a passé, et c'est envers et contre tout le goût du bonheur qui coule dans ses veines. France nous réserve de jolies surprises ...
Après le décès de Michel Berger il y a vingt ans tout juste (ndlr : article de Septembre 2012) et celui de sa fille Pauline en 1997, France Gall avait choisi le silence. Le temps a passé, et c'est envers et contre tout le goût du bonheur qui coule dans ses veines. France nous réserve de jolies surprises ...Après le décès de Michel Berger il y a vingt ans tout juste (ndlr : article de Septembre 2012) et celui de sa fille Pauline en 1997, France Gall avait choisi le silence. Le temps a passé, et c'est envers et contre tout le goût du bonheur qui coule dans ses veines. France nous réserve de jolies surprises ...

Après le décès de Michel Berger il y a vingt ans tout juste (ndlr : article de Septembre 2012) et celui de sa fille Pauline en 1997, France Gall avait choisi le silence. Le temps a passé, et c’est envers et contre tout le goût du bonheur qui coule dans ses veines. France nous réserve de jolies surprises …

Entre la sortie de Michel Berger : haute-fidélité, un livre de photos, pour la plupart inédites, signé Thierry Boccon-Gibod, le photographe attitré du couple durant de nombreuses années, et la vente sur Internet des 250 chansons du couple, Michel Berger se conjugue plus que jamais au présent. L’album Double jeu, enregistré par France et Michel il y a vingt ans, est également réédité. Et ce n’est que le début des bonnes nouvelles pour les fans …

Aujourd’hui, je ne veux plus parler à la télé !

On la disait partie vivre sur l’île de N’Gor, au large de Dakar au Sénégal, dans sa maison sans électricité ni eau courante à laquelle on n’accède qu’en pirogue. En réalité, elle ne s’y rend que trois mois par an ! En toute discrétion, elle vit le plus souvent à Paris, dans l’appartement des jours heureux, qu’elle n’a jamais voulu quitter, parfois à Honfleur dans la chaumière où résonnaient hier les rires des enfants, ou encore à Ramatuelle, dans cette propriété des derniers instants de Michel, bien loin du port et des plages où le champagne coule à flots.

Le goût des voyages, France l’a perdu, préférant se réfugier en elle, en quête d’un indispensable apaisement. « La lecture a été tellement capitale, tout est écrit dans les livres », confie-t-elle cet été à son amie Béatrice Schoenberg dans le magazine Gala. « Victor Hugo, dans les années qui ont suivi la mort de sa fille, a écrit un poème des Contemplations qui m’a aidée. » Depuis vingt ans, le silence lui est d’un grand secours. « Aujourd’hui, je ne veux plus parler. Je ne supporte plus les gens qui parlent à la télévision. Je trouve que l’on parle trop de choses inintéressantes, c’est un tourbillon de vacarme », explique-t-elle,

Elle s’est donc retirée de ce monde qui fut le sien durant tant d’années, se préférant casanière et avouant se coucher chaque jour au moment où le soleil se lève. « J’ai tellement couru ! Quand je suis chez moi, je suis parfaitement heureuse. J’ai hâte de rentrer, j’ai du mal à sortir … » Et pourtant, aujourd’hui, voici enfin qu’elle annonce de grands projets et son retour dans la vie publique …

Michel appréciait mon amour de la vie

Depuis ses débuts à l’âge de 16 ans, elle s’est toujours trouvée dans la lumière. Certains se souviennent encore de la liesse provoquée par sa victoire, en 1965, au grand concours Eurovision de la chanson avec Poupée de cire, poupée de son, signé Serge Gainsbourg. Mais la gloire, la vraie, celle qui fera d’elle une artiste épanouie et reconnue, France Gall la vivra par et avec Michel Berger. Des années de bonheur intense où leurs vies familiale et professionnelle semblaient placées sous le signe du bonheur absolu.

Et puis, ce 2 août 1992, au retour d’une partie de tennis sous le soleil de Ramatuelle, Michel, 44 ans, est terrassé par une crise cardiaque. La vie de France bascule ; la voici seule pour élever leurs enfants et faire face à la maladie incurable de leur fille, Pauline, la mucoviscidose. Seule encore pour faire perdurer l’œuvre de son mari.

« France est incroyablement douée pour le bonheur », souligne l’ancien directeur de sa maison de disques, Bernard de Bosson. « Michel appréciait mon amour de la vie », ajoute-t-elle. Et comme ils ont raison ! Alors, ce bonheur, elle n’a de cesse au quotidien de le reconquérir. Néanmoins, à plusieurs reprises, le mauvais sort s’acharne … Elle doit affronter un cancer et bientôt la perte de sa fille, seulement âgée de 19 ans. L’épreuve de trop ! « A la disparition de Michel, j’ai eu envie de continuer de chanter. A la disparition de Pauline, j’ai eu envie de me taire », a-t-elle confié il y a peu à Paris Match. Depuis, elle laisse derrière elle une traînée de silence …

Je peux me placer du côté des gens heureux

Faire de son chemin semé d’embûches la source de forces nouvelles, tel est le credo de France. Positiver, trouver la lumière dans l’obscurité sont ses défis. Au micro d’Europe 1, France Gall confiait récemment : « C’est un cadeau merveilleux que d’avoir été mariée à Michel Berger. C’est un bonheur perdu, mais c’est un bonheur que j’ai eu, cela change tout. » Et d’ajouter dans Paris Match : « Nous avons eu une vie absolument magnifique, follement agréable, dans la fête, la réussite, le bonheur de la famille… C’était la perfection. »

Riche de tant de souvenirs, la chanteuse a décidé de regarder à jamais l’existence depuis son meilleur versant. Et d’honorer à nouveau la mémoire de Michel Berger, celui qu’elle a tant aimé ! « Plutôt que de commémorer sa disparition, je préfère fêter sa vie et son œuvre. » Voici pourquoi elle annonce travailler depuis plusieurs mois à l’écriture d’un spectacle basé sur leurs plus grands tubes. Une création qui verra le jour en 2014. Elle s’implique à cent pour cent dans cette aventure, ce qui la réjouit comme une gamine !

Même si elle a déjà prévenu qu’elle n’y chanterait pas, France produira, supervisera, suivra la troupe en tournée. « Je revivrai ce que je vivais avant », s’émeut-elle. Mais pas question d’apparaître, hormis peut-être au moment des saluts. Elle a choisi de rester dans l’ombre, dans cette ombre qui désormais lui sied mieux que les sunlights. « J’ai vécu de très grandes épreuves, mais j’ai connu des bonheurs absolus. Je me sens riche de tout cela, ce sont ces épreuves qui m’ont construite. Voilà la raison pour laquelle, maintenant, je peux me placer du côté des gens heureux. »

Magazine : Nous-Deux
Date : du 25 septembre au 1er octobre 2012
Numéro : 3404

France Gall rédactrice en chef de Gala

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France Gall, la groupie du pianiste, a pris ma place, et c’est avec un immense plaisir que j’ai assisté à la construction de ce numéro exceptionnel.

Cela fait un mois que nous vivons en rythme. La groupie du pianiste a pris ma place, et c’est avec un immense plaisir que j’ai assisté à la construction de ce numéro exceptionnel. Mon bureau de Gennevilliers s’est ainsi transformé en scène du Zénith de Paris.

Mon ordinateur de rédacteur en chef, en micro de France Gall ! Les pages que vous allez découvrir sont ainsi le parfait reflet de ses goûts, de ses envies et de son irrésistible curiosité, à son image : sereines et pleines de vie.

C’est également la moralité d’une formidable interview donnée par France à son amie, la journaliste Béatrice Schönberg. Une leçon de vie, plus qu’une énième interview !

Figure incontournable de la chanson française, France Gall, c’est aussi un destin dont l’écho résonne en chacun d’entre nous. Et pour l’avoir rencontrée plusieurs fois ces dernières années, je savais cette artiste rare, douée pour le bonheur.

Il me semblait alors intéressant de lui donner carte blanche pour bien débuter l’été. Pari tenu ! France s’est investie pleinement dans le projet. Chacune de ses venues à la rédaction fut ponctuée d’éclats de rire, mais aussi de beaucoup d’émotion. Nous nous sommes ainsi replongés dans les souvenirs pour mieux parler d’avenir et rendre le plus beau des hommages à Michel Berger. C’était en plein été… il y a déjà vingt ans !

France Gall. La chanteuse se confie à son amie Béatrice Schönberg, en exclusivité pour Gala, dans un entretien bouleversant de sincérité. Un moment rare.

Pour Gala, France Gall a accepté de se prêter au jeu d’un séance photo. Un exercice qu’elle déteste et qu’elle n’avait plus pratiqué depuis bien longtemps. Elle a choisi “La Colombe d’Or”, lieu qui, pour elle, veut dire beaucoup …

Quelques mots d’amour … édito de France Gall rédactrice en chef invitée de Gala / Gala est un magazine ludique ! Tout fait envie dans Gala : les recettes, les voyages, les produits du moment, la mode ! Une règle : on ne parle pas de sujets qui fâchent, et c’est tant mieux ! Pas de photos violentes, mais des plages et des filles sublimes, avec toutes les nouveautés que le monde esthétique nous propose. De temps en temps, un peu de douceur dans ce monde pas toujours facile est le bienvenu.

Ici, on aime le travail bien fait. Mon équipe de femmes s’est surpassée pour être au plus proche de mes demandes, avec un enthousiasme qui m’a honorée. Bref, je me suis beaucoup amusée et, pour la première fois de ma vie, j’ai même pris du plaisir à poser pour des photos, c’est vous dire ! La raison s’appelle Gilles Bensimon et La Colombe d’Or : le photographe et le lieu.

C’est donc un numéro qui me ressemble. Alors, merci à Matthias Gurtler de m’avoir invitée à partager avec toute la rédaction le travail et la vie d’un magazine de rêve. Ce numéro de Gala… on l’aime déjà !

Interview de France Gall / Propos recueillis par Béatrice Schönberg

Béatrice Schönberg : Même si pendant des années, tu t’es mise en dehors de la lumière, on a l’impression que tu n’es jamais loin. Tu as ce sentiment d’être perçue presque comme une amie pour beaucoup d’entre nous ?

France Gall : Je m’en rends compte quand je sors. Où que j’aille, il y a des gens qui viennent me dire qu’ils m’aiment beaucoup, que je leur manque, qu’ils me souhaitent de bonnes choses. J’ai ce contact-là.

B.S. : Ton parcours de vie, ta façon de rejaillir, tout cela fait que tu es proche du public…

F.G. : François Mitterrand était venu un soir dîner avec sa femme, Danielle, chez Michel et moi. On parlait évidemment de politique, puisque c’était juste avant son second septennat. On lui demandait s’il avait des peurs, des inquiétudes. Il a dit quelque chose de très important : « Il faut que les Français aient une histoire. Il faut que la personne qui se présente ait une histoire. » S’il n’y a pas d’histoire avec le peuple français, ça ne peut pas marcher. Il avait trouvé le mot juste. Bien sûr, il faut une histoire, parce que nous sommes des êtres humains. On a besoin d’avoir des sentiments, de vivre des émotions. Je crois que je finis par avoir une histoire, une histoire avec mon pays.

B.S. : Tu avais une magnifique carrière et aujourd’hui tu as un destin installé dans le cœur des Français.

F.G. : Dans l’esprit des gens, je ne suis pas la même personne depuis la mort de Michel. Au départ, c’étaient les chansons, la manière dont je les chantais, que les gens aimaient. Pour eux, la mort de Michel a été le début des souffrances. Mais bien avant, nous souffrions déjà avec la maladie de notre fille, Pauline, qui prenait toute la place dans nos pensées, dans notre existence.

B.S. : Ce qui est extraordinaire, c’est que tu n’étais pas du tout préparée aux épreuves. Je me souviens qu’un jour, dans les années 1980, tu m’as dit : « Tu te rends compte, j’ai déjà passé tous ces moments de ma vie sans connaître la maladie, la mort d’un proche. » Tu as été très protégée… Puis la vie s’est rattrapée.

F.G. : On fait comme on peut. On est vivant, il faut vivre ce que l’on nous donne à vivre. Les gens me disent souvent : « Ce que vous avez vécu est inhumain. » Bien sûr que non, ce n’est pas inhumain, puisqu’on me le donne à vivre. Alors effectivement, la vie s’est « rattrapée », comme tu dis. À la fin des années 1970, notre vie était parfaite de bonheur et d’accomplissement, et Michel n’arrêtait pas de répéter : « Qu’est-ce qui va nous tomber dessus ? » Moi, je n’ai jamais raisonné comme cela.

B.S. : Tu penses qu’on n’a pas à payer le bonheur ?

F.G. : Ce n’est pas parce qu’on est heureux qu’on va forcément payer. On est sur cette terre pour apprendre et, dans le bonheur, on n’apprend pas. C’est en général à travers nos épreuves, qui ne sont pas que négatives, qu’on est censé évoluer. C’est dans les moments difficiles que l’on va faire plus attention à l’autre, mieux le comprendre.

B.S. : Tu as beaucoup appris ?

F.G. : Forcément, il faut. Quand on est deux et que l’on se retrouve seule à faire les choses, on apprend. Quand je me suis retrouvée toute seule en studio avec des musiciens, il fallait bien que je les dirige. C’est pareil dans la vie, on apprend… Quand on vous enlève vos piliers, cela vous oblige à grandir… vite !

B.S. : Tu as un amour de la vie exceptionnel ?

F.G. : Oui, mais dans le calme. Je ne voyage pratiquement plus, sauf pour aller en Afrique. J’aime la vie du quotidien, j’aime les choses normales.

B.S. : Tu crois que tu es douée pour le bonheur ?

F.G. : Oui, c’est une phrase qui m’a toujours accompagnée. Parce que j’ai appris à avoir confiance dans la vie, elle ne me fait plus peur. J’ai vécu des choses très difficiles à traverser, mais cela vous amène ailleurs et c’est beau aussi.

B.S. : Aujourd’hui, tu dirais que tu as de la chance ?

F.G. : J’ai de la chance parce que je ne suis pas à terre. C’est même une chance folle. J’ai réussi à me sortir du passé, pas de manière radicale : Michel et Pauline feront toujours partie de ma vie. En ce moment, avec les vingt ans de la disparition de Michel, c’est une période un peu particulière, j’ai hâte que ça passe, on va faire les choses au mieux. Mais c’est un moment de vie très intéressant que je traverse. C’est comme si on avait déposé les valises, les poids qu’on traîne toute sa vie. On se sent libre.

B.S. : Tu n’as jamais été aussi libre, aussi apaisée ?

F.G. : Oui, je suis vraiment apaisée. C’est doux, même s’il n’y a plus les grands éclats de rire.

B.S. : Il y a des rires, pourtant…

F.G. : Je n’ai pas le sentiment d’avoir ri de nouveau. Tu vois, là, je rigole, mais ce n’est plus comme avant. À la mort de ma fille, j’ai vraiment pensé que tout allait devenir moins bien, moins beau… Aujourd’hui, je ne pense plus comme cela. Je ne suis pas la seule à avoir vécu les choses ainsi. Victor Hugo, dans les années qui ont suivi la mort de sa fille, a écrit un poème des Contemplations qui m’a aidée. La lecture a été tellement capitale, tout est écrit dans les livres.

B.S. : On a l’impression qu’aujourd’hui tu prends enfin le temps, tu ne fais les choses qu’à ton rythme…

F.G. : J’ai tellement couru ! Quand je suis chez moi, je suis parfaitement heureuse. J’ai hâte de rentrer, j’ai du mal à sortir. Ce qui ne m’empêche pas d’être tout à fait normale, d’être tout à fait à l’aise dehors, de faire ce que j’ai à faire avec ma petite voiture dans Paris. Aujourd’hui, je sais vivre.

B.S. : Ta maison, c’est ton univers ?

F.G. : Parce que c’est doux, je veux que ce soit de la douceur.

B.S. : Dans la décoration de ton appartement parisien, on retrouve tes voyages : il y a l’Afrique, les objets que tu as chinés avec Michel, cela raconte beaucoup de choses de toi.

F.G. : C’est comme cela que devraient être les appartements, à l’image de ce que vous êtes.

B.S. : L’Afrique a été un refuge, c’est autre chose aujourd’hui ?

F.G. : Maintenant, j’y vais trois mois par an minimum, je me retiens pour ne pas y aller plus souvent. Jamais je ne prendrais une minute pour aller sur la plage ou me mettre au soleil, je déteste ça. Là-bas, je ne fais que faire, il y a tout à faire !

B.S. : Pour toi ou pour les autres ?

F.G. : Je fais pour moi en faisant pour les autres. (Rires.) Par exemple, j’ouvre une crêperie, quatre personnes y travaillent, ce qui va faire vivre leurs familles. Je fais du concret, de petites choses. Je vais ouvrir une plage, où je vais pouvoir engager cinq ou six personnes du village et aussi améliorer l’éducation des enfants sur place. Mon bonheur passe par le bonheur des autres, qu’ils soient proches ou éloignés.

B.S. : C’est ta façon de rendre un peu la chance que tu as ?

F.G. : Je ne me sens obligée de rien, mais je ne peux m’empêcher de partager. Ça fait partie de ma vie.

B.S. : Comment vis-tu avec tes souvenirs ?

F.G. : Je pense beaucoup à ceux qui seront là quand je disparaîtrai et donc, je trie. (Rire.) Pour l’instant, c’est un immense désordre parce que je manque de temps. Il faudrait que je sois quinze jours à Paris sans rien faire. J’adore les photos, j’ai des milliers de photos que j’ai prises, que Michel a prises, qu’on continue à faire, des films. Je vais essayer de classer tout cela pour simplifier la tâche des autres.

B.S. : Tu as des collectors ? Des témoignages, des lettres, des chansons, des choses auxquelles tu tiens particulièrement ?

F.G. : J’ai décidé de ne plus jamais m’attacher aux objets. Même si j’aime ceux qui ont une histoire. Je garde les lettres échangées, bien sûr, des objets liés au travail de Michel, ses carnets noirs. Je crois que je garde mes vêtements de toutes les époques, j’ai des malles et des malles de vêtements que je gardais pour mes petites-filles plus tard.

B.S. : Je me souviens que Michel adorait les conversations et refaire le monde des soirées entières. Tu as ce goût-là, ce goût de la nuit aussi ?

F.G. : L’art de la conversation, c’était surtout Michel. Je n’ai jamais rencontré quelqu’un qui avait le goût de la conversation comme lui, mais je n’avais pas encore rencontré Gilles Bensimon, le photographe qui m’a photographiée pour ce numéro. (Rire.) Moi, je n’en peux plus de parler, je ne veux plus parler. Je ne supporte plus les gens qui parlent à la télévision. Je trouve qu’on parle trop de choses inintéressantes, c’est un tourbillon de vacarme. C’est terrible !

B.S. : Tu es quelqu’un de la nuit ?

F.G. : J’aime la nuit et dans mon métier, on chante souvent la nuit. Je vois le soleil se lever tous les jours. Je ne souffre pas d’insomnie. Tous les jours, je me dis : « Je me couche plus tôt », mais il n’y a rien à faire. Je rêve de me réveiller à 8 heures du matin, de prendre mon petit déjeuner normalement, d’avoir faim à midi et demi pour le déjeuner, d’avoir fait mille choses, mais je vis en décalé.

B.S. : Tu as fermé ta porte à plus de gens ?

F.G. : Je n’ai pas fermé la porte, je ne l’ai pas ouverte à tout le monde.

B.S. : On t’a vue incarnée dans deux films : celui sur Serge Gainsbourg (Gainsbourg, Vie héroïque, ndlr) et le film sur Claude François (Cloclo, ndlr), qu’est-ce que tu as ressenti ?

F.G. : Il faut juste essayer de vous mettre à ma place. Je suis là, je suis vivante et il y a une fille qui va jouer mon rôle au cinéma, qui va jouer des choses que moi seule ai vécues, qui vont être montrées de manière différente, car il n’y a que moi qui sais. C’est très, très bizarre comme impression.

B.S. : France, ce n’est pas ton prénom. Quelle signification a la France pour toi ?

F.G. : Denis Bourgeois, mon producteur de l’époque, était allé me chercher un sacré prénom ! Isabelle Gall, c’est moins bien que France Gall pour le métier. Ça ne dit pas la même chose. Aujourd’hui, Isabelle Gall n’irait pas du tout avec moi. France, c’est très fort. Je l’adore maintenant. Avant je ne l’aimais pas parce que je ne savais pas si les gens l’appréciaient. Aujourd’hui, je l’aime parce qu’il représente quelque chose. C’est sérieux comme prénom !

B.S. : Tu as choisi de faire des photos pour Gala à La Colombe d’Or, c’est un lieu familier ?

F.G. : C’est là que Michel m’a emmenée la première fois quand on s’est rencontrés, c’était en plein hiver. Son père passait ses vacances là tous les étés, on lui amenait les enfants. Michel aimait énormément l’endroit, son histoire. Madame Titine, la fondatrice, m’a offert des couverts roses pour ma fille et bleus pour mon fils, ils avaient leur table, c’était vraiment la famille, et aujourd’hui c’est François qui dirige cet endroit unique de beauté et d’histoire. J’y reviens régulièrement avec la même émotion à chaque fois.

B.S. : À la fin du journal, il y a une photo de toi avec la reine Elisabeth d’Angleterre…

F.G. : J’avais été invitée lors d’un dîner privé à l’ambassade d’Angleterre à Paris avec les cancérologues de nos deux pays. L’ambassadeur, sir Holmes, m’a expliqué que c’était parce que j’avais montré l’exemple (France Gall a souffert d’un cancer du sein, ndlr), que je m’étais formidablement sortie de cette épreuve et j’avais donné une image positive de la lutte contre cette maladie.

B.S. : Ce cancer du sein, tu l’as vécu de façon positive ? Tu pensais que ce n’était qu’un passage ?

F.G. : Non. C’était un cauchemar quand je l’ai appris, comme pour tout le monde. J’étais allée faire une mammographie, sans qu’on me le demande, pour être prête pour Bercy, que je devais faire deux mois plus tard. Et là, ils ont tout de suite vu qu’il y avait quelque chose d’anormal. En très peu de temps, on passe dans le monde de la maladie, des malades, c’est une autre planète. J’ai eu très peur. Je n’avais rien eu avant. On ne sait pas si on va rester entière, on se dit que les gens vont s’éloigner. Mais la solitude absolue, on la ressent sous les rayons. On est seule dans ce monde de rayons. Tant qu’on n’est pas guérie, c’est un cauchemar.

B.S. : À l’époque, j’ai eu l’impression que ce n’était pas une surprise pour toi.

F.G. : Ce n’était pas une surprise. À l’annonce de la mort de Michel, j’étais à l’extérieur de la maison, j’ai ressenti une douleur dans le ventre, dans le corps, tellement forte, je ne pouvais plus tenir debout. Ce sont les mots qui ont déclenché cette douleur incroyable, je me suis dit qu’elle devait ressortir d’une manière ou d’une autre. Comme le disait Fritz Zorn, l’auteur de l’extraordinaire livre Mars, mon cancer était la concrétisation de mon mal intérieur.

B.S. : Tu as caché ta maladie ?

F.G. : J’ai décidé de le dire après l’opération, avant les rayons.

B.S. : C’est quand même un tournant dans ta vie ?

F.G. : C’est parti aussi vite que c’est venu. Une fois que c’était terminé, je n’y ai plus jamais pensé. En plus, ce n’est pas bon de s’inquiéter.

B.S. : Tu es vigilante quand même ?

F.G. : Je suis surveillée comme le lait sur le feu ! Je fais tout ce qu’il faut.

B.S. : As-tu des projets musicaux ?

F.G. : Voilà la question que je déteste. Mais c’est le bon moment pour me la poser car j’ai quelque chose à répondre. J’ai commencé à préparer il y a quelques mois avec mon équipe un spectacle musical avec les chansons que Michel et moi avons créées.

B.S. : Et c’est prévu pour quand ?

F.G. : J’ai mis du temps à trouver l’idée. Il y a un tel travail d’écriture que ce projet ne verra pas le jour avant 2014. C’est le travail qui me réjouit le plus depuis très, très longtemps parce qu’il s’agit de création.

B.S. : Aujourd’hui, je sens que tu es bien, que tu es heureuse et entourée d’amour.

F.G. : J’ai tendance à penser, puisque je me sens heureuse, que j’ai pris le bon chemin pour en arriver là.

Une admiratrice a côtoyé le couple star pendant trente ans et sort un album de photos inédites. Pudique et touchant.*

Murielle est timide. Pourtant, elle a longtemps suivi avec assiduité France Gall et Michel Berger, collectionnant photos, tickets de concerts, autographes, disques, cassettes… Aujourd’hui, elle raconte en textes et en photos sa relation d’amitié avec France.

Gala : Votre livre se présente sous la forme d’un carnet de bord. Comment vous est venue l’idée de le rédiger ?

Murielle Bisson : Même si j’ai une très bonne mémoire, j’ai ressenti le besoin d’écrire pour me souvenir de tout ce que je pouvais vivre au quotidien auprès de France et Michel.

Gala : Pensiez-vous le voir publié un jour ?

M. B. : Pas du tout. Si on m’avait dit en 1982, date de ma première rencontre avec France, que j’allais sortir un livre sur ma passion pour le couple, je n’y aurais pas cru. Avoir gagné le concours RTL (place pour le concert de France Gall, rencontre dans les loges et dîner au Fouquet’s, ndlr), les suivre, pouvoir les photographier, et que mes idoles apprécient mes photos, c’était déjà un immense cadeau. En y pensant, tout s’est enchaîné naturellement.

Gala : Les médias vous présentent comme une fan « autorisée ». Ce qui signifie ?

M. B. : Je pense que c’est parce que, contrairement aux autres fans, j’étais la seule autorisée à les photographier.

Gala : Comment vous êtes-vous fait accepter ?

M. B. : J’aimerais le savoir… Tout s’est passé naturellement. Je partageais ma passion pour la photo avec Michel, et nous ne parlions que de cela. De musique aussi, forcément, mais il aimait mes photos, comme France, ce qui m’a donné un statut « privilégié » parmi les fans.

Gala : On vous sent intimidée…

M. B. : Oui, j’ai beaucoup de mal à parler d’eux, je suis très vite débordée par l’émotion. Je les aime beaucoup, je les respecte énormément, cet exercice d’interview n’est pas du tout évident pour moi…

Gala : Arrive-t-on à construire sa vie en aimant à ce point deux artistes que l’on suit pas à pas ?

M. B. : Oui, on la vit très bien et pleinement, si ça peut vous rassurer !

Gala : Êtes-vous mariée ? Avez-vous des enfants ?

M. B. : Non, mais je suis amoureuse.

Gala : France dit qu’elle vous a vue évoluer et vous professionnaliser comme photographe.

M. B. : Oui, c’est vrai. J’irais même plus loin, ils m’ont permis de trouver ma vocation. Même si je n’en vis pas, je travaille toujours à la Fnac Val d’Europe, mais au rayon photo… Ce qui me permet de transmettre ma passion.

Gala : Comment définiriez-vous l’amitié qui vous lie à France ?

M. B. : C’est difficile… Si « amie » signifie faire confiance à une personne et pouvoir compter entièrement sur elle, alors oui, France peut me considérer comme telle.

Gala : Et pouvez-vous compter sur elle ?

M. B. : Ça peut sembler idiot, mais oui. Le jour de mes quarante ans, j’étais entourée des gens que j’aime, excepté France. Mais coup de théâtre, elle m’a téléphoné pour me souhaiter un bon anniversaire. Ça m’a beaucoup touchée…

Propos recueillis par Nora Sahli

Sur les pas de France Gall et Michel Berger ; Road book d’une groupie, de Murielle Bisson & Patricia Martoglio, Ed. Descartes & Cie.

Sur le chemin de l’enfance ou du succès, ils l’ont croisé, aimé et ont partagé avec lui des souvenirs, qu’ils gardent comme de précieux trésors. À l’approche des vingt ans de sa disparition, le 2 août, les proches de l’artiste lui rendent hommage.

Alain Souchon

J’ai rencontré Michel à Télé Monte-Carlo, en 1974. Il venait de sortir un album qui s’appelait Cœur brisé et moi, je chantais J’ai dix ans, mais c’était avant que la chanson ait du succès. Il est venu me voir et m’a dit : « J’adore ta chanson, c’est vachement bien. » J’ai trouvé qu’il avait une grâce, une vraie gentillesse, une simplicité de venir me dire ça, alors qu’on ne s’était jamais vus auparavant. Nous avons discuté facilement, amicalement, de la musique, de la vie … J’avais bien aimé cette rencontre rapide mais vraiment sympa. Ensuite, nous nous croisions dans des émissions de télévision. Comme on doit souvent attendre, nous étions comme deux rigolards assis dans un coin. On s’est revus dans l’appartement de France, où il y avait tout le monde, on était tout serrés, écrabouillés. Et puis, voilà. On entend ça à la radio … Comme Balavoine, Coluche, ces morts, ça vous cisaille d’un coup. On est un peu proches, on a le même âge, on fait tous les deux de la chanson … Je suis très sensible à ceux qui font le même métier que moi, j’ai tendance à les aimer beaucoup. J’avais énormément d’admiration pour Michel, il a fait la jonction entre la pop anglaise qu’on aimait tous et la tradition de la chanson française qui traite de sujets plus graves et poétiques. Quand il a écrit l’album Rock’n’roll attitude pour Johnny, toute la gauche bienpensante a commencé à trouver que Johnny Hallyday, c’était quand même Johnny Hallyday! Composer des chansons raffinées et populaires, c’est le plus difficile. Lui, il savait le faire.

Bertrand Delanoë

Michel Berger n’a pas eu le temps de subir l’épreuve du temps. Pour moi, comme pour tant d’autres, il continue d’être aujourd’hui ce qu’il était hier : une voix qui touche sans faire violence, un visage qui respire la bonté et l’intelligence. L’homme, que j’ai eu la chance de rencontrer après 1981, tenait toutes les promesses de l’artiste. J’ai le souvenir de discussions pleines d’espérance et d’exigence après l’élection de François Mitterrand. Il savait écouter, ce qui donnait beaucoup de prix à sa parole, toujours juste et sincère, comme sa musique. La magie de Michel Berger tient pour moi à cette grâce qu’il dégageait et qui rassemblait la diversité de la société française. Il était à la fois engagé et libre, mystérieux et accessible, élégant et simple, intense et respectueux – toujours en mouvement et toujours en équilibre, comme ses paroles et comme ses mélodies. En plein accord avec France Gall, qui a partagé sa vie d’homme et d’artiste, je suis fier de l’hommage que Paris s’apprête à lui rendre en donnant son nom à une allée du parc Monceau, prolongeant sa présence en un endroit qu’il a vu enfant, jeune homme et père, et qu’il aimait, comme Paris, profondément.

Jean Brousse

Michel, c’était mon meilleur ami dans la vie, clairement. En octobre 1957, nous nous sommes assis l’un et l’autre sur un banc d’école, nous avions dix ans, et nous ne nous sommes plus jamais quittés. Nous avons fait des tas de trucs ensemble, y compris ses débuts chez Pathé Marconi. A l’époque, j’écrivais les paroles de ses chansons. Puis, je me suis tourné vers les mathématiques et suis devenu ingénieur, mais on s’appelait deux à trois fois par semaine, quelles que soient nos vies. Il était un artiste d’une sensibilité extraordinaire, bien sûr, mais la musique était aussi son langage pour exprimer sa manière de comprendre l’univers. J’ai toujours senti en lui cette appétence, cette curiosité pour le progrès, les technologies… Il avait une sorte d’intelligence du monde pour saisir ce qui allait le changer. Vingt ans après, l’ami me manque toujours autant. Celui que je pouvais appeler dans les moments de doute en disant « je ne comprends pas ce qu’il se passe, dis-moi ce que tu en penses… »

Nathalie Baye

Notre première rencontre, c’est tout simplement avec Johnny et France. Parce que cette idée de disque (Rock’n’roll attitude, écrit et réalisé par Michel Berger pour Johnny Hallyday, ndlr), j’en suis un peu à l’origine, nous en avions parlé avec Johnny. Un premier rendez-vous a été organisé dans un restaurant, Le Pré Carré, à Paris. Au début, Michel se posait beaucoup de questions, comme s’il était effarouché, un peu inquiet, avec une espèce d’appréhension car les deux hommes étaient très différents. Je partais en tournage à Montréal et Michel a eu l’idée d’enregistrer là-bas. Il y avait un côté vacances, nous étions loin, déconnectés de notre univers habituel. France était également là. Par la suite, je suis allée très souvent en vacances chez eux. L’été où cet affreux accident est arrivé, j’étais venue dîner une semaine avant – j’ai encore cette photo pleine de vie, prise ce soir-là. C’était toujours très familial, avec quelques amis triés sur le volet. Ils n’étaient vraiment pas mondains. L’ambiance était chaleureuse et gaie. Je me souviens d’une anecdote… Ils revenaient tous les deux de Moscou et avaient rapporté une énorme boîte de caviar qu’ils voulaient partager avec leurs amis. Nous étions une dizaine autour de la table. On avait fait chauffer des pommes de terre, des blinis, c’était la fête, on se réjouissait. Quand ils ont ouvert la boîte, il n’y avait que du sel à l’intérieur, il s’était fait rouler. Ça s’est terminé par une omelette improvisée et nous avons beaucoup ri. Plus j’ai connu Michel, plus je l’ai apprécié. Il était certes très réservé, mais très curieux, aimant rire, très attentif aux gens qu’il aimait. Il travaillait énormément, il était habité par la musique, un peu la tête dans les nuages. Nous parlions beaucoup de littérature car il était comme moi un grand lecteur, on se conseillait des livres. Il y avait une vraie tendresse entre nous, quelque chose de pudique et de très solide. Ce sont des disparitions, des manques qui sont insoutenables.

Laurent Fabius

Dans Michel Berger, il y avait tout : la poésie, l’humour, l’amour, l’humanité, le talent. Son répertoire a toujours été à l’écoute des bruissements du monde. Il privilégiait le verbe, qu’il a chanté toute sa vie avec cette voix prenante, au vibrato discret. En pensant à lui, je pense à ses interprètes, Françoise Hardy, Johnny Hallyday, pour lesquels il a composé et écrit des mélodies limpides, des textes ciselés. Je pense naturellement surtout à France Gall, avec laquelle il a écrit un chapitre de l’histoire musicale française qui est toujours ouvert. Michel et France, je les revois tous deux, à Matignon, pleins de tendresse et de fougue. Les boucles brunes de Michel, l’ovale blond de France, et leurs sourires : c’était leur jeunesse, ma jeunesse et celle de beaucoup d’autres, mais aussi celle d’aujourd’hui, car le talent défie le temps.

Jacques Attali

Nous nous sommes rencontrés lors d’une émission de télévision et nous avons été amis très vite. En 1989, je lui ai fait une demande folle : présenter un extrait de Starmania dans la grande salle des fêtes de l’Elysée. Le président de la République recevait ce soir-là le prince de Galles et son épouse, Lady Diana. Michel, comme toujours, était très soucieux, très exigeant et angoissé, mais il a été très heureux de ce moment-là.

Tout Michel Berger / Pour la première fois est rééditée l’intégrale des albums studio du chanteur (ainsi qu’un concert au Zénith, en 1986), dans un coffret qui contient la reproduction exacte des pochettes des 33 tours de l’époque. 11 CD pour se replonger dans une œuvre qui mêle tubes et pépites à (re)découvrir.

Ses chansons reconnaissables entre mille ont bercé pour certains l’enfance, l’adolescence, ou pour d’autres, toute la vie ! Et pénétrer dans l’intimité de France Gall – que l’on a l’impression de connaître depuis toujours – a tout d’un coup quelque chose de presque déroutant, voire d’impressionnant. Et pourtant. C’est avec une simplicité désarmante qu’elle nous reçoit chez elle, à Paris, et nous ouvre grand les portes de sa salle de bains. Parfums, soins, coiffure, maquillage, elle nous dit tout !

Gala : Le blond, c’est votre couleur de votre vie ?

France Gall : Oui ! Je ne m’aime que comme ça. Petite, j’ai toujours rêvé d’être blonde aux yeux bleus alors que je suis châtain naturellement. Quand j’ai commencé ma carrière, j’ai tout de suite eu envie de changer de couleur et, pendant plusieurs mois, je l’ai éclaircie petit à petit jusqu’à devenir presque platine. J’ai aussi essayé de porter des lentilles bleues, mais en fait, je préfère mes yeux marron, je trouve que mon regard a plus de force au naturel. Aujourd’hui, c’est Christophe Robin qui s’occupe de ma coloration. Je l’ai connu par mon amie Nathalie Baye. C’est un véritable artiste. Il a sauvé mes cheveux qui, dans les années quatre-vingt-dix, avaient été complètement brûlés par les décolorations successives. Il me présente toutes ses amies actrices, on fait connaissance, on discute. Je suis évidemment fan de ses shampooings, notamment celui à la rose.

Gala : Votre coupe semble indissociable de votre look.

France Gall : Et pourtant, elle a évolué au fil des années. Il y a toute une histoire autour d’elle. C’est Jacques Dessange qui a fait ma première coupe quand j’étais brune. À mes débuts, dans son salon, j’avais rencontré un coiffeur, José Eber, que j’ai retrouvé plus tard quand je suis partie vivre à Los Angeles en 1995. Il était devenu le plus grand hair artist des États-Unis. Il avait même régulièrement une émission à la télé où il donnait des conseils aux Américaines. C’est d’ailleurs lui qui a inventé les extensions de cheveux qu’il a appelées Secret Hair. Il aura coiffé Elizabeth Taylor jusqu’à son dernier souffle. Et c’est lui qui m’a fait à ce moment-là ma coupe courte aux épaules, qui encore aujourd’hui, est la base de mon style. Quelques années plus tard, j’ai rencontré Fred Kebbabi, un ex-formateur de chez Dessange. C’est non seulement un très bon styliste, mais en plus il sait faire des brushings qui durent. Ma coupe est très complexe, réalisée au millimètre près. Elle est courte et longue à la fois. Fred est tellement doué. C’est à chaque fois très beau de le voir travailler.

Gala : Êtes-vous la femme d’un seul parfum ?

France Gall : Définitivement non ! Je suis très sensible aux odeurs, surtout celles de l’enfance qui reviennent toujours à un moment ou à un autre… J’adore celle du jasmin, elle me rappelle les vacances que je passais, petite, à Vallauris, le village des potiers au milieu des champs de jasmin, où Picasso venait peindre tous les après-midi une jolie femme à la queue-de-cheval très haute. J’avais six ans… J’adore aussi celle du savon à l’œillet de Roger & Gallet qu’utilisait ma grand-mère, c’est un peu ma madeleine de Proust. Dans les années soixante, j’étais dingue de Aqua Di Colonia Fresca. C’est aussi à cette époque que j’ai découvert tous les parfums de Guerlain qui restent à ce jour le top pour moi, même si je n’en mets plus. Dans les années soixante-dix, arrive Jungle Gardenia de Tuvache que Sylvie Vartan portait. Hum ! C’est l’odeur de la Californie que je découvrais avec Michel. Et petit à petit, je me suis tournée vers des parfums masculins, parce que finalement je n’aime pas les senteurs trop fifilles. J’ai commencé par l’Eau du Navigateur de l’Artisan Parfumeur achetée à Saint-Barthélemy dans les années quatre-vingt. Ensuite, tous les « Messieurs » y sont passés, Chanel, Guerlain, Saint Laurent, Armani, Dolce & Gabbana. En fait, chez moi, j’ai tout un tas de parfums que je choisis en fonction de la tenue, du temps, de l’humeur. Mais il m’arrive aussi de porter N° 5 de Chanel. Quand je suis en Afrique, c’est différent. Là-bas, un flacon coûte un mois de salaire alors on parfume les maisons avec du tchourai, une pâte de fleurs et d’essences de fleurs que l’on fait brûler dans toutes les pièces. C’est désinfectant, asséchant et délicieusement parfumé. J’en ai même ici à Paris, car je ne peux pas m’en passer.

Gala : Le make-up, est-ce pour vous un plaisir ou une obligation ?

France Gall : Un peu les deux. J’ai toujours aimé ça, tout en me maquillant peu dans la vie. Quand j’ai un cadeau à faire à une amie, je vais à la boutique Shu Uemura et je lui compose une trousse complète : crayon, rouge à lèvres, fond de teint, pinceau, ombres à paupières, et je lui offre en la maquillant, car j’adore maquiller les autres. C’est original non, comme cadeau ! J’apprécie cet homme, Shu Uemura, qui a passé sa vie à embellir les femmes avec ses matières tellement novatrices, ses textures uniques, ses parfums et ses couleurs. Pour le make-up, je faisais appel à la douce Clémentine Jaraud qui maquillait également Michel [Berger] sur les plateaux télé. Il y a quelques années, j’ai rencontré Carole Lasnier. C’est d’ailleurs elle qui s’est chargée de mon visage pour les photos de ce numéro de Gala. Je ne voulais pas lui mettre la pression, mais elle s’est surpassée. Au quotidien, j’ai arrêté depuis longtemps de me dessiner une mouche sur le visage comme je le faisais quand j’étais plus jeune. J’essaie plutôt de simplifier au maximum les choses. Je ne mets jamais de fond de teint, mais j’utilise un produit magique de Shu Uemura, Instant Glow, une base qui illumine le visage de façon incroyable. Ce que je recherche avant tout dans le maquillage, c’est la lumière. Et si je ne devais faire qu’une chose avant de sortir, ce serait colorer mes lèvres. Je les dessine au crayon après avoir appliqué une crème qui les repulpe, puis je pose mon rouge à lèvres avec un pinceau et c’est parfait. Je fais aussi régulièrement des extensions de cils avec Elodie de chez My Cils. C’est une technique géniale et très agréable comme sensation. La pose dure deux heures et après, plus besoin de mettre de mascara, on est toujours impeccable. C’est pareil pour le liner, j’ai décidé il y a quelques années de me faire tatouer un léger trait noir et ça arrange tout le monde, surtout ma maquilleuse. Je vais régulièrement à l’Espace Victor Hugo, un endroit génial que je vous recommande.

Gala : Vous parlez du temps qui passe sans détour. Vieillir ne vous fait pas peur ?

France Gall : Comme l’affirmait Cicéron : « Seuls les sots se lamentent de vieillir. » C’est ce que je me dis lorsque le besoin s’en fait sentir. Je n’ai pas envie de laisser faire la nature, mais on ne peut pas se permettre de faire n’importe quoi, surtout si on a un visage connu, ce qui est mon cas. Je ne suis pas contre la chirurgie esthétique faite dans les règles car c’est la méthode la plus efficace pour être tranquille pendant dix ans et ne pas avoir à pratiquer des injections de toutes sortes. Elle rend les femmes et les hommes tellement heureux d’être rajeunis. Mais il faut du courage pour le faire car toute intervention comporte des risques. Je fais aussi très attention aux mains car elles sont hyperexposées. C’est fou ce que les ongles reflètent le caractère d’une personne ! Moi, je porte tout le temps du vernis, quoi qu’il arrive, une bonne solution pour avoir des mains impeccables et c’est Christine qui s’en charge. Elle vient chez moi depuis vingt ans. Je choisis les couleurs en fonction des saisons, des sorties, etc. Quand je vivais à Los Angeles, j’adorais me faire les ongles d’une main blancs, et mettre du vernis noir sur l’autre. Aujourd’hui, il m’arrive de faire la même chose avec de l’orange vif et du rose fuchsia, mais en règle générale, j’aime les roses poudrés, opalins, ou les teintes très foncées, comme le Rouge Noir de Chanel, ou les bleus et vert bouteille de Shu Uemura… Aujourd’hui, mes ongles sont turquoise ! Ce sera ma couleur de l’été !

Gala : Quel est votre dernier coup de cœur cosméto ?

France Gall : J’ai découvert récemment la marque SkinCeuticals. C’est un endermologue, Alain Bibard, qui me l’a fait connaître. Il officie à Saint-Tropez à l’Hôtel Byblos où il propose des programmes très astucieux pour les habitués et les clients de l’extérieur dont je fais partie. C’est un passionné d’esthétique et un vrai méridional. Je le connais depuis vingt-cinq ans. Cette marque, c’est exactement ce que je recherchais, des textures fluides non grasses, une gamme courte, simple. J’utilise depuis deux mois la Crème Ultra Facial Defense SPF 50 et le Sérum Phloretin Cf aux vertus antioxydantes et je vois déjà des résultats ! Et j’ai oublié de vous parler du Bain Douche Musk de Kiehl’s, que j’emmène partout en voyage. J’aime retrouver son odeur quand je suis loin de chez moi…

Gala : Et votre meilleure recette détox ?

France Gall : Quand j’en ressens le besoin, je vais faire une cure à l’Espace Henri Chenot en Italie. J’aime ce lieu et on en ressort vraiment régénéré. Sinon, je crois aux principes de la chrono-nutrition, une façon intelligente de s’alimenter…

Gala : Quel rapport entretenez-vous avec le soleil ?

France Gall : J’adore être tannée, bien bronzée, mais je ne tiens pas plus de 10 minutes sur un transat, parce que la chaleur et la luminosité m’agressent rapidement. En Afrique, j’ai toujours un chapeau pour me protéger et je suis sans cesse à la recherche de l’ombre. C’est à l’image de ma vie, je n’aime pas les agressions et ce que je cherche avant tout, c’est le calme.

Propos recueillis par Béatrice Thivend-Grignon.

La célébrité ne vous apporte rien. Au contraire, elle vous prive de liberté, affirme France Gall. Voyager hors des sentiers battus est peut-être une façon de la retrouver. C’est sur les conseils de la journaliste Anne-Marie Périer que France a découvert le Grand Canyon et la région du lac Powell.

« Je rêvais de faire un grand voyage avec mon fils Raphaël, qui devait passer quelque temps aux États-Unis, et ma seule exigence c’était la nécessité de la présence de l’eau… Nous avons atterri à Las Vegas et dormi au Bellagio. Ici, en plein été, c’est la fournaise, la température frisait les 45 °C. Je n’avais qu’une envie : retrouver les grands espaces, la nature et la fraîcheur du lac. Nous avons loué une voiture.

C’était l’époque de la sortie de l’album Hors-saison de Francis Cabrel, que nous écoutions à fond en traversant des paysages insensés. J’avais l’impression d’être sur une autre planète. Au lac Powell, l’hôtel où nous devions loger était isolé au milieu des pins. Une oasis après le désert et la chaleur étouffante de Las Vegas. Mais, situation comique, nous avions réservé de l’autre côté du parc et là, nous étions à l’opposé, à douze heures de route de l’autre hôtel ! Heureusement, il leur restait deux chambres. »

« Au réveil, ç’a été le choc, car nous étions arrivés de nuit. On apercevait le Grand Canyon à l’horizon, qui se dessinait derrière un rideau de branchages. Ce paysage minéral de vallées encaissées et de gorges étroites est époustouflant. Il a été creusé par le fleuve Colorado, et le parc national qui l’entoure est classé au patrimoine mondial de l’humanité depuis 1979. En observant les différentes strates géologiques, on peut lire l’histoire du monde. »

« Pour arriver au lac Powell, les routes sont très belles. Ce plan d’eau artificiel de 300 kilomètres de long a été créé après la construction du barrage de Glen Canyon, au début des années soixante. C’est un peu comme si, en France, on avait inondé une partie des Alpes et immergé des vallées entières. Hallucinant ! Tout est conçu pour permettre aux visiteurs de découvrir le lac. On peut louer de petites embarcations à la journée ou un house-boat très confortable et naviguer pendant plusieurs jours. Les amarres larguées, j’ai eu la sensation d’être seule au monde. Nous ne croisions personne. De temps en temps, on accostait pour explorer les rives, ou bien nous piquions une tête dans des eaux transparentes. Le lac est parfois très profond, jusqu’à 150 mètres. Nous étions avec un ami qui ne voulait pas se baigner, il éprouvait une sensation de vertige. Après quelques jours merveilleux, nous sommes rentrés en traversant le Zion, un autre parc national. Je me souviens des petites routes en lacets qui serpentaient dans la montagne. La diversité des paysages était extraordinaire, j’ai fait des milliers de photos. »

« Pendant ce voyage, j’ai aussi acheté beaucoup d’artisanat amérindien. Des pierres polies, turquoises, améthystes, des boîtes et des ceintures. Egalement un petit mobile qui fait un joli son avec le vent et aussi des couvertures. À Paris, il y en a une grande sur mon lit et une petite pour Addis, mon chat, un abyssin américain… »

Pendant des années, les États-Unis ont été ma destination favorite. Aujourd’hui, je voyage beaucoup moins. Je vis entre le Sénégal et la France, mais je rêve de remonter le Nil. Encore un voyage au fil de l’eau en perspective… et l’occasion de ressortir le petit coussin fait de ses blanches mains dont France ne se sépare jamais quand elle voyage !

Une rencontre inoubliable pour France Gall

Elle se souvient d’une petite silhouette drapée de bleu à l’extrémité d’un interminable tapis rouge, d’un contact franc et chaleureux. D’une présence impressionnante. « J’ai serré sa main entre les miennes, raconte-t-elle. J’ai toujours eu beaucoup d’admiration pour elle, le geste m’est venu spontanément. » En ce mois d’avril, la souveraine la plus célèbre du monde est à Paris pour commémorer le centenaire de l’Entente cordiale entre la France et la Grande-Bretagne.

France Gall, qui n’avait pas caché son mal, a été conviée à une réception à l’ambassade du Royaume-Uni, où sont réunis les médecins et les chercheurs impliqués dans la lutte contre le cancer. « Elisabeth II m’a demandé ce que je faisais, je lui ai répondu que j’étais chanteuse. “A singer!”, s’est-elle exclamée en souriant. Nous avons ensuite échangé quelques mots. Mais il m’est impossible de me remémorer ce que je lui ai dit ce soir-là. J’étais beaucoup trop intimidée, je crois… » Coraline Lussac

Magazine Gala
Date : du 11 au 18 juillet 2012
Photo : Gilles Bensimon
Stylisme : Florence Beaufre
Réalisation visuelle : Nathalie Baumgartner
Mise en beauté : YSL par Carole Lasnier
Tenue : chemise Limifeu, gilet Marithé + François Girbaud, veste Diega, collier perso
Numéro : 996

France Gall en 2012

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2012, c'est l'année de la sortie de Michel Berger : haute-fidélité, un livre de photos, pour la plupart inédites, signé Thierry Boccon-Gibod, le photographe attitré du couple durant de nombreuses années
2012, c'est l'année de la sortie de Michel Berger : haute-fidélité, un livre de photos, pour la plupart inédites, signé Thierry Boccon-Gibod, le photographe attitré du couple durant de nombreuses années

2012 pour France Gall, c’est l’année de la sortie de Michel Berger : haute-fidélité, un livre de photos, pour la plupart inédites, signé Thierry Boccon-Gibod, le photographe attitré du couple durant de nombreuses années

C’est aussi l’année de la réédition de l’album Double jeu, enregistré par France et Michel il y a vingt ans, dans un coffret CD et DVD.

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