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France Gall, l’héritage confié à son fils

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L'héritage confié à son fils
L'héritage confié à son fils
L'héritage confié à son fils

Où est France Gall ? Comment va-t-elle ? Autant de questions sans réponse depuis bientôt un an.

Et soudain, alors que beaucoup la croyaient disparue, un homme, un seul, vient de la sauver …

Ces dernières années, France Gall avait pourtant su rester debout, toujours plus droite malgré le poids des épreuves. Affrontant son destin avec force et détermination en dépit de toutes les tragédies de sa vie. Rebondissant là où on ne l’attendait pas. Bref, la chanteuse n’aura eu de cesse de vouloir donner l’image d’une femme volontaire, refusant catégoriquement de se poser en victime.

Mais depuis quelque temps, France semble avoir changé … Beaucoup changé. Comme si la petite battante avait finalement baissé les bras, trop épuisée à force de vouloir “vivre ou survivre”, comme disait Balavoine.

Hier encore si combative, clamant avec vigueur sa résurrection et sa renaissance, le destin aura-t-il finalement eu le dernier mot ?

Il est vrai qu’il y a peu, beaucoup affirmaient que la chanteuse ne sortait pratiquement plus jamais de son appartement parisien, fuyant toute compagnie, déclinant la moindre invitation. Cet été, elle aurait même boudé le soleil du Midi et le parfum des vacances, laissant à une amie sa magnifique villa de Ramatuelle.

D’autres encore de laisser supposer que France se serait tournée vers l’ésotérisme. Après tout, elle ne serait pas la première à trouver quelque réconfort de l’âme dans une activité mystique. D’autant qu’après toutes ces épreuves traversées avec courage et dignité, pourquoi n’aurait-elle pas le droit de combler son chagrin dans la prière et le recueillement ? Une manière comme une autre de se rapprocher de ses chers disparus …

Hélas, il y a plus inquiétant, plus troublant, quand sa maison de disques annonce froidement que la chanteuse n’a aucun projet professionnel : ni albums ni concerts dans les mois à venir. Bref, qu’un comeback n’est pas à l’ordre du jour. Un fait des plus étranges quand on sait qu’hier encore, “Poupée de cire” fourmillait de nouveaux projets, de nouvelles idées. Avec cette envie d’aller toujours plus loin, toujours plus haut!

Autant de mauvaises nouvelles conduisaient à la plus triste des conclusions : France a abandonné la partie, refusant désormais de se battre, de résister à la déprime et au désespoir. Recluse dans son univers avec pour seuls compagnons ses souvenirs nostalgiques … France ne sourira donc plus jamais à la vie ?

C’était compter sans la volonté et l’amour d’un sacré bonhomme de dix-huit ans. Et quel homme : Raphaël, son fils ! Raphaël, son enfant et, surtout, le seul lien la rattachant encore aux choses de la vie. Raphaël qui, malgré son jeune âge et les douloureuses épreuves passées, n’aura jamais cessé d’être au côté de sa mère. Raphaël, le seul à même de comprendre vraiment les angoisses profondes de France, ses craintes et ses malheurs. La consolant quand son cœur lui faisait trop mal. Lui redonnant le sourire quand elle ne voulait plus croire en rien.

Et aujourd’hui encore, le voilà prêt à tout pour le bonheur de sa maman.

Ainsi, alors qu’il a atteint sa majorité le 2 avril dernier, le jeune homme a décidé d’entamer de sérieuses études de gestion dès la rentrée prochaine. Pourquoi ce choix ? Dans l’unique but de reprendre en main les affaires de famille. D’autant que depuis la mort de Michel, plusieurs gestionnaires se sont succédé et que le patrimoine a besoin d’être repris en main.

Alors, cette fois, Raphaël est bien déterminé à jouer le plus sérieusement du monde les chefs de famille. Eh oui, à présent, à lui de reprendre le flambeau et de devenir le maître de l’univers Berger/Gall.

A lui d’alimenter le feu sacré, d’entretenir la mémoire du clan pour ne jamais oublier ce qui est arrivé. Surtout, à lui de devenir l’orchestrateur

d’un formidable passé tout en chansons.

Enfin, France n’est plus seule. Elle qui, pendant des années, a voulu se’ battre en solo, voilà l’épaule réconfortante et reposante tant attendue. Une main rassurante et protectrice sur laquelle elle peut désormais puiser tous ses espoirs, ses joies … Et ses sourires ?

Pour l’amour d’un papa trop tôt disparu. Pour la tendresse d’une sœur: évaporée dans un “Paradis blanc”. Pour une maman épuisée d’avoir trop pensé “Résiste” … A Raphaël maintenant de veiller, de surveiller, de protéger.

Magazine : Ici Paris
Sacha Brena
Date : 31 août au 6 septembre 1999
Numéro : 2826

Un grand amour fait basculer la vie de France Gall

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Un grand amour fait basculer sa vie
Un grand amour fait basculer sa vie

Dix-huit mois, voilà dix-huit mois que France Gall n’a pas donné signe de vie !

On ne l’a vue sur aucune scène, sur aucun plateau de télévision, on ne l’a surtout pas aperçue au détour d’une soirée mondaine.

Et encore moins dans un de ces endroits branchés dont Paris fourmille. Ni les émissions consacrées à Starmania, ni même les émissions à vocation humanitaire pour le sidaction ou les restos du cœur, auxquelles elle a toujours participé de grand cœur, n’ont pu la faire sortir de son silence. Un silence qui n’a pas été bien sûr sans inquiéter tout ceux, et ils sont nombreux, qui l’aiment. À France Dimanche, nous le savons bien. Il ne se passe pas de semaine sans que vous nous écriviez pour nous demander de ses nouvelles, nous faire part de votre inquiétude … Pourtant, la chanteuse a toujours su faire face à son destin. Réapparaissant chaque fois la tête haute, comme si les coups durs de la vie l’avaient renforcée.

Alors ? Est-ce à dire que mois après mois, France a fini par sombrer dans la solitude et l’isolement ? Est-ce à dire que brisée, elle a finalement cédé au renoncement ? Eh bien pas du tout. C’est même tout le contraire ! En effet, elle a tourné le dos à France Gall, la chanteuse, la star, idole de toute une génération.

Elle n’envisage absolument pas, dans l’immédiat, de reprendre sa carrière – sa maison de disques nous l’a confirmé, il n’y a aucun projet d’album en vue -. Pas question de demander à de nouveaux auteurs de lui écrire des chansons, pas question, comme vient de le faire Véronique Sanson, de rendre un nouvel hommage à Michel Berger. Aujourd’hui, France a décidé de commencer une nouvelle vie.

Après les terribles drames qui l’ont frappée, d’autres auraient sombré à tout jamais dans la douleur et le chagrin, préférant s’enfermer dans le passé et vivre avec des souvenirs, plutôt que d’affronter le présent.

France, elle, en a décidé autrement. Bien sûr, qu’elle n’oublie pas. Comment pourrait-elle oublier les cruelles épreuves qu’elle a traversées ? Bien sûr que les souvenirs sont encore là. Les plus douloureux, les plus beaux, les plus tendres aussi, mais elle sait qu’elle ne doit pas en être prisonnière. Par-delà la mort, France a choisi.

Et c’est un grand amour, un amour unique, plus fort que tout qui, en douceur, a fait basculer sa vie. Cet amour est de ceux qui vous portent, vous emportent, vous donnent des forces et le désir intraitable de lutter et de continuer à croire malgré tout au bonheur. Entre autres bienfaits, cet amour lui a aussi permis de comprendre que ce qui compte par-dessus tout, c’est la vie. Pas celle avec les paillettes et les flashes, mais l’autre, la vraie.

Cette vie-là s’appelle Raphaël, etc’ est à elle que France a décidé de se consacrer. Raphaël, son fils, qui a lui aussi été marqué dans son enfance puis dans son adolescence par les mêmes drames, qui a lui aussi traversé les mêmes épreuves. Ensemble, ils ont survécu au pire, c’est pourquoi, France veut aujourd’hui donner à Raphaël le meilleur et l’aider à devenir un homme heureux.

C’est à Paris, dans son appartement de la Plaine Monceau, loin des feux de la rampe et des strass du show-business, que désormais France passe le plus clair de son temps. Maman aimante et complice, qui sait aussi quand il le faut se faire discrète, France n’en est pas moins une mère attentive qui, à l’approche du baccalauréat, veille sur le travail de Raphaël.

Car, comme toutes les mamans, elle souhaite que son fils mette toutes les chances de son côté, pour qu’il puisse ensuite décider de son avenir, Pour lui, elle a retrouvé le sourire, le plaisir de partager des choses simples qui font chaud au cœur et surtout la sérénité de l’âme.

Laissant sans un regret toutes ses ambitions de côté pour profiter pleinement de cet amour, le plus beau qui soit, et recevant en retour la plus belle des récompenses : le bonheur de Raphaël.

La preuve en est que ces derniers temps, ils n’ont jamais été aussi proches l’un de l’autre, partageant l’un avec l’autre de merveilleux moments. Et comme tous les enfants du monde, ce dimanche 31 mai, jour de la fête des mères, son fils Raphaël a abandonné sa bande de copains pour rester auprès de France.

Un moment magique qui lui a certainement procuré la plus belle des joies et la plus grande des fiertés …

Magazine : France Dimanche
Maureen PASCUITO
Date : 4 au 10 juin 1999
Numéro : 2753

France Gall a failli y laisser son couple

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France Gall a failli y laisser son couple
France Gall a failli y laisser son couple

Quatre millions et demi d’albums vendus à ce jour ! Trois Victoires de la musique …

Depuis 1993, date de la version de « Starmania » dirigée par Lewis Furey, il ne s’est pas passé une saison sans que ce spectacle« rockmantique » n’ait été donné dans une salle de la capitale !

Et depuis sa création en 1979, « Starmania ou la passion de Johnny Rockfort selon les évangiles télévisés » demeure la comédie musicale de langue française de tous les records. La seule à tenir la comparaison avec ses rivales anglo-saxonnes.

À l’occasion du vingtième anniversaire de cette comédie musicale, TF1 propose une soirée spéciale, ce samedi 30 janvier. Seront réunis sur le plateau de Jean-Pierre Foucault une pléiade d’ artistes, dont Muriel Robin en duo avec Maurane, Ophélie Winter et Garou, le Chœur français d’opéra, la cantatrice Françoise Pollet, Liane Foly, Claude Dubois et la troupe de “Starmania 99”, qui se produit au Casino de Paris, jusqu’au 25 avril prochain.

La légende de ce chef d’œuvre reste indissociable d’une exceptionnelle histoire d’amitié. Celle qui a indestructiblement uni Michel Berger et Daniel Balavoine. Amitié née en même temps que “Starmania”, et que seule la mort est parvenue à briser.

“L’amitié entre mon mari et Daniel Balavoine était devenue si forte que j’avais l’impression d’être une pièce rapportée !” a-t-elle raconté avec humour

Tout commence en septembre 1978, un album de vingt-six titres paraît. Il est le fruit d’un rêve né de l’imagination de Michel Berger et du grand auteur Luc Plamondon. Les Québécois Claude Dubois, Diane Dufresne, Fabienne Thibeault sont de l’aventure, ainsi que France Gall. La seule vedette à être connue chez nous. Elle chante “Le besoin d’amour” de Cristal, une présentatrice télé qui plaque tout pour le loubard Johnny Rockfort, interprété par un presque débutant : Daniel Balavoine !

C’est en le repérant à la télévision que Michel Berger a contacté le jeune homme à la voix aiguë de haute-contre. La rencontre des deux hommes tient du coup de foudre, comme l’expliquait France, en 1995, à l’hebdomadaire Gala: “Michel m’a dit: Tu sais, c’est un drôle de personnage. Un type curieux, fou, mais sympa …

Très vite, une complicité visible unit les deux artistes. Une complicité que France explique par une certaine complémentarité : “Daniel était celui qui osait, continue t-elle. Michel possédait une audace artistique, mais dans la vie, il ne se mêlait pas du tout aux autres, il n’était pas sociable. Comme il était plus petit, il se sentait protégé par Daniel, qui était devenu une sorte de grand frère … »

Grand frère, certes, mais leur relation était si intense, portée par l’histoire merveilleuse qu’ils étaient en train de vivre avec « Starmania », qu’elle a débordé sur le couple que Michel formait avec France …

« L’amitié entre mon mari et Daniel était devenue tellement forte que j’avais l’impression d’être une pièce rapportée … », a-t-elle raconté avec humour.

En revanche, à d’autres moments, France ne plaisantait plus du tout. En particulier lorsque Daniel, « Baia » comme il l’appelait, entraînait Michel dans ses drôles d’aventures: “Daniel l’emmenait même draguer ! Ça m’amusait moyennement.”, a encore confié France dans le même magazine.

Et c’est ainsi, dans une ambiance pleine d’un enthousiasme fou, que « Starmania » se monte sur scène, le 10 avril 1979, au Palais des Congrès de Paris. La suite, on la connaît. Un triomphe, un véritable triomphe, et même à l’étranger!

Des effets de cette merveilleuse histoire d’amitié naîtra, en 1985, l’opération humanitaire« Action école», en faveur des petits Africains, dans laquelle se retrouvent Michel, Daniel et France.

Et, quand, l’année suivante, « Bala » meurt tragiquement dans un accident d’hélicoptère au Mali, alors qu’il supervisait une opération d’installation de pompes à eau, en marge du Paris-Dakar, Michel Berger est submergé de chagrin …

“Que dire quand vous perdez votre meilleur ami ?”, confie alors Michel au magazine Elle. Et à France Soir, il avoue aussi: « Il m’est insupportable d’en parler au passé. Car Daniel, c’était la vie, l’énergie et la tendresse en marche …

Sous les coups de gueule, c’était tout le contraire d’un dur. Je me souviens aussi de son premier passage à l’ Olympia avec notre premier duo qu’il avait composé tout spécialement à cette occasion.

France Gall est profondément meurtrie, elle aussi. Elle dira à Gala en novembre 1995: « Michel ne s’est jamais consolé de sa mort. C’était vraiment bouleversant de voir sa peine. Cette disparition a provoqué un manque, un vide immense dans sa vie. »

Fauché en pleine gloire dans sa trente-quatrième année, le chanteur de « Mon fils, ma bataille » laisse alors derrière lui Jérémy, son fiston, qui n’a pas encore 2 ans. Sa femme Corinne est enceinte de leur fille Joanna, qui naît quatre mois plus tard. Les Berger les réconfortent du mieux qu’ils peuvent. ..

C’est par conviction, mais aussi pour honorer la mémoire de Daniel, que France et Michel soutiennent la fondation Balavoine créée en mars 1986. Une association destinée à poursuivre son combat contre la sécheresse au Sahel. ..

Comme on le sait, le 2 août 1992, Michel est à son tour frappé par le destin. À 44 ans, il disparaît, terrassé par une crise cardiaque. Eddie Barclay a le mot le plus juste pour qualifier les talents irremplaçables de « Starmania », que sont Michel Berger et Daniel Balavoine : « Des révoltés remplis de générosité ».

Magazine : France Dimanche
Marc DALBAN
Date : 29 janvier au 4 février 1999
Numéro : 2735

France Gall, un cri d’amour vient déchirer son silence

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Ils espéraient en secret que, le 9 octobre dernier, France leur ferait un petit signe, par l'intermédiaire des radios ou des télés, pour leur dire qu'elle pensait toujours à eux …
Ils espéraient en secret que, le 9 octobre dernier, France leur ferait un petit signe, par l'intermédiaire des radios ou des télés, pour leur dire qu'elle pensait toujours à eux …

Tous ceux qui l’aiment espéraient.

Ils espéraient en secret que, le 9 octobre dernier, France Gall leur ferait un petit signe, par l’intermédiaire des radios ou des télés, pour leur dire qu’elle pensait toujours à eux …

Oui, en cette date importante pour la chanteuse, puisque c’est celle de son anniversaire, beaucoup l’attendaient … Mais ce jour-là, comme tous les autres jours de l’année, ses nombreux admirateurs ont dû se contenter d’écouter sa voix chanter sur les ondes. Comme d’habitude, ni plus, ni moins.

Avec qui France a-t-elle franchi le cap de cette nouvelle année, où était-elle ? Son silence continue d’interroger ses fidèles. France ne parle pas, ne se montre pas. Seules quelques photos d’elle prises à Los Angeles au mois d’août dernier témoignaient de sa nouvelle existence.

Pourtant, jusqu’à ces derniers mois, malgré les épreuves que France a traversées, sa voix nous avait accompagnés. Avec le courage qu’on lui connaît, France avait trouvé la force, un an et demi après la disparition de Michel Berger, de revenir sur scène, à Bercy. Là, elle avait chanté, comme un hommage, les chansons que cet homme qui la comprenait si bien avait écrites sur mesure. C’était il y a quatre ans …

France ne se sentait pas le droit d’abandonner tous ceux qui l’aiment et l’admirent depuis tant d’années. Elle s’était ensuite rendue spécialement à Los Angeles pour enregistrer un nouvel album, avant d’enchaîner une série de concerts dans notre pays. Hélas, France n’a pas eu le temps de savourer pleinement son triomphe. Le 15 décembre 1997, sa fille Pauline succombait à une terrible maladie …

Depuis, France avait préféré quitter Paris, ses souvenirs, pour trouver le calme dans sa propriété de Californie. Comme nous vous le racontions au mois de septembre, France a décidé, à la rentrée, de mettre un terme à son exil.

Elle a trouvé la force de revenir à Paris afin de s’occuper de la rentrée scolaire de son fils Raphaël. Pour lui, et grâce à lui aussi. On pensait donc – en tout cas on espérait – que ce retour à Paris coïnciderait avec un retour de la chanteuse.

Un disque, une scène, quelque chose d’elle …

Émotion

Mais tout ce qu’elle nous a donné, c’est du silence, un silence qui a commencé à faire violence à certains. Une violence qui est allée jusqu’au désespoir …

Oui, ici, à France Dimanche, alors que nous recevons régulièrement des lettres nous demandant des nouvelles de France, les dernières semaines ont été encore plus en proie à l’émotion : plus sa date d’anniversaire se rapprochait, plus les lettres arrivaient, nombreuses … et douloureuses ! C’est un véritable cri d’amour que nous avons reçu en plein cœur : une lettre parmi d’autres, si belle, si douce, que nous avons décidé de publier le poème qui l’accompagnait.

À lui seul, ce message est le reflet de tous les autres, comme si son auteur, par sa sensibilité, avait traduit ce que tous les admirateurs de France Gall ressentent.

Celui qui signe ce poème d’amour, “Ode à France“, s’appelle Mathieu Hénon.

Désespéré de ne pas voir France Gall réapparaître, ce dernier nous a suppliés de lui transmettre son message. Dans l’espoir qu’elle nous revienne très vite, mais aussi, comme il l’a écrit lui-même:

“Pour qu’elle ait un cadeau d’anniversaire de la part de son public qui l’aime et qui ne l’a pas oubliée” …

« Reviens ! », supplie Mathieu dès le début de sa missive.

Ce jeune homme âgé de 18 ans est fou d’amour pour celle qu’il a surnommée “sa déesse”. Originaire du nord de la France, c’est à Calais que Mathieu a construit le temple de France Gall. Les murs de sa chambre sont tapissés de photos et de posters de son idole. Dans un coin de sa chambre, il a entreposé les coupures de magazines qui évoquent “sa” chanteuse. Sa précieuse collection s’entasse depuis des années à côté d’une pile de C. D. tout aussi vaste : Mathieu possède tous les albums de France !

D’ailleurs, dès qu’il a le cafard, il écoute une de ses chansons et, comme par magie, ses idées noires s’envolent. .. Pour lui, France Gall est comme un ange gardien : elle veille sur son équilibre et son bien-être jour et nuit. Il ne se passe pas un soir sans qu’il ne s’endorme au son de sa voix!

Hélas, ces derniers temps, comme en témoigne son poème, la voix enregistrée de France ne lui a plus suffi. Même s’il comprend les raisons de son silence, même s’il sait très bien toutes les épreuves qu’elle a traversées, ce qu’il exprime avec une grande pudeur et beaucoup de délicatesse, il souhaite de tout son cœur qu’elle revienne.

France Gall sait-elle quel bonheur, quel réconfort, elle apporte à des milliers de gens ? De là où elle est, saura-t-elle entendre ce cri d’amour ? Comprendra-t-elle à quel point elle est aimée ? En lisant ces mots de Mathieu, qui retranscrivent si bien au nom de tous ses fans la force de leur attachement, peut-être France aura-t-elle envie de revenir vers sa« deuxième famille». Mathieu l’espère, comme tant d’autres, et le moins que l’on puisse dire, c’est qu’elle est magnifique … sa « déclaration » !

Ode à France

  • Par moments, j’ai envie de tout arrêter
  • De tout claquer là
  • Je tourne la tête et je te vois
  • Et tout de suite ces idées s’effacent
  • C’est toi qui me donnes cette force Mon courage vient de toi
  • Ça fait maintenant un an que je ne t’ai plus vue
  • Aussi souriante qu’avant
  • Bien sûr la vie joue de sales tours
  • Et je te comprends
  • Je ne peux pas te demander de tout oublier
  • Mais seulement de rechanter
  • Ma chambre est un vrai temple
  • C’est normal pour une déesse
  • Qui pendant longtemps a chanté
  • Pour ceux qui sont loin de chez eux
  • Chaque photo est une richesse
  • Tu es sur tous les murs de la pièce
  • Mon plus beau cadeau de ta part
  • Serait ton retour sur scène
  • Je sais, c’est peut-être dur
  • Mais tu me manques tellement
  • Et à d’autres aussi
  • Parfois je pleure sur mon lit
  • En écoutant ta belle voix
  • Bats-toi
  • Prouve que tu existes
  • Je ne te demande pas d’oublier
  • Je sais ce qui s’est passé
  • Mais en chantant
  • Tu retrouveras ta deuxième famille
  • Ton public qui t’aime profondément

Mathieu Henon

Magazine : France Dimanche
Par Maureen PASCUITO et Mathieu Henon (Ode à France)
Date : 16 au 22 octobre 1998
Numéro : 2720

France Gall : Paul lui redonne goût à la vie

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« Je suis sûre que je vais vivre une ou des histoires d'amour, je l'espère, je suis prête. Je ne vois pas pourquoi ma vie de femme devrait s'arrêter. »
« Je suis sûre que je vais vivre une ou des histoires d'amour, je l'espère, je suis prête. Je ne vois pas pourquoi ma vie de femme devrait s'arrêter. »

« Je suis sûre que je vais vivre une ou des histoires d’amour, je l’espère, je suis prête. Je ne vois pas pourquoi ma vie de femme devrait s’arrêter. »

Réaliste, optimiste aussi, France Gall veut aller de l’avant.

En 1992, la disparition de Michel Berger l’a laissée désemparée. Il lui faut alors apprendre à affronter le quotidien comme un homme, à ne jamais faiblir devant ses enfants. Elle s’applique à leur « faire une vie gaie », même si, le soir, confrontée à une forme de solitude très dure, elle se demande, à l’abri de leurs regards, ce que, finalement, on vient faire sur terre. France avait perdu ses repères : « Je n’étais alors qu’une petite fille. Il a fallu que je grandisse. »

Pendant deux ou trois ans, elle « cafouille », pour utiliser sa propre expression quand elle repense à ces années de détresse. Et puis, elle décide de balayer ses peurs. Peur de l’avenir. Peur de vieillir. Peur de la solitude. « J’ai voulu laisser la place à la connaissance. Au rire de nouveau, à une certaine paix. A l’amour encore et à la musique toujours. »

Alors, avec Pauline et Raphaël, elle décide de partir sans regarder en arrière.

Avec l’envie gargantuesque d’enregistrer un nouvel album, France Gall s’installe à Los Angeles, dans une villa qu’avait habitée Doris Day. La semaine, les enfants vont au lycée français et elle, elle travaille en studio avec des musiciens américains. « Je suis l’une des rares personnes à aimer cette ville », dit-elle à propos de la cité des Anges. « On voit le ciel partout. » Une bénédiction pour celle qui, avant tout, a besoin de respirer.

Aux Etats-Unis, France apprend à vivre au présent. Elle sèche ses larmes. Et reste attentive aux « propositions de la vie ». « J’ai un besoin viscéral d’être aimée », confie-elle à l’époque. « Mais, en même temps, c’est difficile pour moi de trouver l’homme idéal après Michel. »

La chanteuse avoue aussi qu’il lui serait impossible de vivre avec quelqu’un qui ne soit pas dans le métier et qui ne comprenne rien à la musique.

« Comment m’enticher d’un homme qui se soucierait aussi peu de mes passions ? J’ai eu une histoire avec un type qui n’avait rien à voir avec la musique. Je savais que ça ne pouvait pas durer. Très vite, on ne sait plus de quoi parler. »

En octobre 1995, elle rencontre Paul. L’homme ne rappelle en rien son « Tournesol » de mari. Elle aurait pu le croiser sur l’île de Ngor, au Sénégal, où elle possède une maison, mais c’est en Californie qu’il lui tape dans l’œil.

« L’amour est bizarre », dit-elle, reprenant le titre d’une chanson de Michel Berger.

« Ça vous tombe dessus même si cela ne vous arrange pas. C’est comme ça. On n’y peut rien. »

Paul, pour ce que l’on en sait, est un musicien new-yorkais … noir de 30 ans. Pour le reste, France n’est pas en veine de confidences. « Je n’ai pas envie de me cacher si je peux avoir du bonheur avec quelqu’un, mais il faut de la patience pour savoir si cette personne est devenue essentielle. »

C’est dans son oasis de paix, en face de Dakar, qu’ils passent leur premier Noël ensemble. Aux côtés de son compagnon, la « négresse blonde », comme on la surnomme au pays de « Babacar », refait surface. Ils passent de longues heures sur la plage et mangent sur un rythme de tam-tam. « Mes liens avec l’Afrique ont toujours été très forts », explique France. « Je me sens noire à l’intérieur, mais je suis plus intéressée par le rythme and blues américain que par les percussions africaines. »

Avec Paul, la voilà donc comblée.

Pour Pauline et Raphaël, l’essentiel est que leur maman soit la plus heureuse possible. « Un nouvel amour ne chasse pas le précédent », précise la chanteuse, et ses enfants en sont conscients. « Jusqu’à présent, je sentais que ce n’était pas possible. Ils ont vécu des épreuves, je ne voulais pas en rajouter, mais ils ont grandi. Ils comprennent que j’ai de nouveau une vie de femme. Un homme dans un foyer, c’est formidable. C’est de l’amour supplémentaire. »

Incapable de se déraciner longtemps, toute la petite famille est, entre-temps, rentrée en France. Paul, qui, au départ, refusait de quitter Los Angeles, s’installe, lui aussi, à Paris. Un très beau cadeau pour fêter le premier anniversaire de leur rencontre. Il loue un appartement dans sa rue « pour ne pas la brusquer », mais la « poupée de cire » de Gainsbourg souhaite l’avoir toujours à ses côtés. Il l’accompagne pour la promotion de son album, signe de nombreux arrangements de son spectacle et ils projettent de faire un disque ensemble. « J’ai pris un nouveau chemin », s’extasie, à l’époque, la chanteuse. « Où il me mène, je ne sais pas encore. Simplement, dans cette seconde vie, je sais que quelque chose de formidable va m’arriver. »

1997 se termine malheureusement dans la tragédie. Atteinte de mucoviscidose, Pauline, dont elle n’avait jamais évoqué la maladie, décède. Pour France, qui avait retrouvé pour ses enfants la sérénité qu’elle recherchait désespérément, ce coup du sort est un coup de poignard. « Entre nous, c’est l’amour fou », disait-elle.

« J’ai envie de parler d’eux parce qu’ils m’éblouissent. Quand je les vois évoluer, je me dis que ce n’est pas possible d’avoir fait deux merveilles pareilles. »

L’artiste, qui avait petit à petit repris goût à la vie, perd toute combativité et mène une existence recluse dans son appartement. Une fois de plus, elle doit apprivoiser le chagrin. Mais pour Raphaël, elle doit également faire face. A 17 ans, l’adolescent n’a connu que trop de drames. Il a besoin d’elle pour mener une existence normale. Maman courage, elle puise donc dans ses ressources infinies pour gérer leur quotidien.

Sans Pauline, elle n’a pas eu la force de revenir à Ramatuelle

Cet été, France et Raphaël, unis par un lien indestructible, ont pris le large. Contrairement à la « tradition », les volets de « La Grande Baie », leur propriété de Ramatuelle, sont restés clos. Cette villa, où Michel Berger a trouvé la mort sur le court de tennis, France l’aime pourtant. « Elle a une âme, une vraie », a-t-elle précédemment confié. « La plupart du temps, je n’ai aucun problème avec elle. Mais c’est vrai que je n’y ai pas encore passé un été réussi. C’est la saison bannie. Celle du pire souvenir. J’attends avec impatience le premier été où je m’y sentirai bien. » La partie est remise. Il lui a été impossible d’affronter le sixième anniversaire de la disparition du « prince des villes » sans la franche gaieté de sa fille. Aussi la mère et le fils ont-ils décidé -de sillonner les mers. Pour passer ce cap difficile, ils se sont offert une croisière de trois semaines en Méditerranée, mouillant tantôt l’ancre au large de la Corse, tantôt non loin des côtes de la Sardaigne.

Au retour, ils ont pris la direction des States, là où elle vit comme dans une bulle de protection. La chanteuse y a retrouvé Paul et goûté au plaisir de se déplacer dans l’anonymat. Ensemble, ils ont fait des courses sur Melrose Avenue, un quartier où elle a ses habitudes, ils se sont livrés aux caresses du soleil et des vagues du Pacifique … Aux côtés des Californiens, France Gall se ressource. « J’apprécie leur formidable énergie», a-t-elle autrefois confié. « Ce sont des gens sûrs d’eux, plutôt gais et en forme. Aucun laisser-aller. Les femmes sont coquettes et les hommes, impeccables. C’est agréable, même si pour nous, voir des types s’enduire de crème, se faire tirer la peau et prendre un soin inouï de leur corps, cela fait bizarre.»

Avec septembre ont sonné les cloches de la rentrée, et celles des choix. Allait-elle continuer à vivre en retrait ou regagner Paris, où, en décembre, l’attend une autre épreuve, celle du premier anniversaire de la mort de Pauline? Pour l’équilibre de Raphaël, elle a choisi le pays dont elle porte le nom. Même si son fils est parfaitement bilingue, c’est à Paris qu’il souhaite poursuivre ses études. Et c’est là aussi qu’elle doit, à 51 ans, affronter la réalité. Épaulée par la discrétion, la tendresse et l’amour de Paul, elle espère avoir dans les yeux l’éclat des gens heureux. Quand on a vécu le pire, ne peut-on pas espérer que le meilleur?

Magazine : Ciné Télé Revue
Ingrid Fallay
Date : 24 septembre 1998
Numéro : 39

France Gall sourit de nouveau à la vie !

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Elle sourit de nouveau à la vie
Elle sourit de nouveau à la vie
Elle sourit de nouveau à la vie

Chez France Gall, l’été dernier pour la première fois depuis des années, les volets de La Grande Baie, cette maison qu’elle avait fait construire à Ramatuelle avec Michel, et qui avait si longtemps abrité leur bonheur, étaient demeurés clos.

France, pourtant, même après la disparition de son mari en 1992, à Ramatuelle justement, n’avait jamais déserté cette demeure familiale.

Dès que les cigales recommençaient à chanter, la jeune femme revenait à La Grande Baie avec Pauline et Raphaël. Comme pour essayer d’apprivoiser ainsi leur souffrance …

Mais cette année, son cœur de mère était sans doute vraiment trop gros. « Le combat de la vie est beaucoup plus dur que celui de la scène, avait-elle confié au journal Le Parisien, peu avant la mort de Pauline. Il est composé de pages que l’on n’écrit pas soi-même … »

Alors, pour exorciser de manière radicale sa douleur, France a pris le large. Dans tous les sens du terme … Emmenant Raphaël avec elle, bien sûr, elle a embarqué avec quelques amis à Cassis pour une longue croisière de trois semaines en Méditerranée, en direction de la Sardaigne … Un périple au cours duquel elle a eu tout le loisir de se ressourcer. Et de commencer à retrouver, en contemplant les vagues et les paysages de toute beauté qui s’offraient à elle, une certaine paix intérieure.

Sans doute aussi, en regardant son fils âgé de dix-huit ans, a-t-elle songé qu’il fallait continuer, ne serait-ce que pour lui … « Continuer, c’est ne plus replonger dans le passé », disait-elle l’année dernière à FranceSoir. Et après tout, n’avait-elle pas toujours affirmé ne demander qu’à être heureuse, elle que Michel avait surnommée « sa petite réaliste optimiste » ?

Revenue de cette bénéfique escapade maritime, France s’est envolée vers la Californie. La chanteuse, pour qui les Etats-Unis sont devenus l’une de ses trois patries, avec la France et le Sénégal, a en effet une résidence outre-Atlantique, à Los Angeles, très précisément dans le quartier résidentiel de Westwood. Là, entre deux plongeons dans la piscine et une séance de massage sur la plage de Venice, elle s’est adonnée, en compagnie d’un ami, à de nombreuses séances de shopping … Faire des emplettes, n’est-ce pas un excellent signe, lorsqu’il s’agit du moral d’une belle femme ? En tout cas, sourire aux lèvres, France est apparemment très gaie et détendue …

Il est vrai que, même si cette native du signe de la Balance a désormais trouvé son équilibre en se partageant entre la France et Je pays de l’oncle Sam, c’est là-bas qu’elle parvient le mieux à reprendre goût à la vie. Ainsi, à l’occasion de ses dernières apparitions dans des soirées parisiennes, France, solitaire et taciturne, était aux antipodes de la femme radieuse qu’elle est en Californie. Comme si, là-bas uniquement, elle s’autorisait à réapprendre le bonheur, à esquisser de temps à autre l’un de ses merveilleux sourires, à respirer à pleins poumons … Est-ce parce qu’elle y est plus anonyme ? En France, craindrait-elle le regard de ceux qui ne comprendraient pas, qui pourraient penser qu’il est peut-être encore trop tôt ? Ou tout simplement n’a-t-elle pas de souvenirs douloureux à Los Angeles …

A moins que son cœur de femme ne soit en Californie, justement, et se remette à battre vraiment dès qu’elle se retrouve sur le sol américain …

« Je suis sûre que je vais vivre une histoire ou des histoires d’amour, je l’espère, je suis prête, avait-elle confié il y a deux ans déjà au magazine Elle. Je ne vois pas pourquoi ma vie de femme devrait s’arrêter. »

Ni la vie tout court, d’ailleurs … Même si France a déjà eu son lot de souffrances, n’est-elle pas prête, dans le fond, alors qu’elle soufflera, le 6 octobre prochain, ses cinquante et une bougies, à se lancer à corps perdu dans une nouvelle existence ? Très différente, certainement. Mais qu’importe, n’avait-elle pas avoué, en juin 1996, à TéléStar : “J’ai beaucoup changé. Aujourd’hui, je n’ai plus le poids écrasant du mariage et des enfants. C’était mon idéal comme celui de la plupart des femmes, je crois. Je l’ai fait, c’est une lourdeur en moins!”

France, qui possède, cela ne fait aucun doute, “ce petit supplément d’âme”, a en elle la capacité d’aimer à nouveau la vie. Evidemment. Même si ce n’est pas comme avant…

Magazine : Ici Paris
Emmanuelle BACH
Date : 23 au 29 septembre 1998
Numéro : 2777

France Gall, le coeur gros mais plein d’amour

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"Et pourtant, il faut vivre, survivre" ... C'est ce que chantait il y a quelques années Daniel Balavoine, ami cher du couple Berger-Gall.
"Et pourtant, il faut vivre, survivre" ... C'est ce que chantait il y a quelques années Daniel Balavoine, ami cher du couple Berger-Gall.

“Et pourtant, il faut vivre, survivre” … C’est ce que chantait il y a quelques années Daniel Balavoine, ami cher du couple Michel Berger et France Gall.

Pour vivre, justement, au nom de Raphaël, son fils, après tant de drames, France avait pris le large au début du mois de juillet.

Mère et fils ont sillonné les eaux de Corse et de Sardaigne. Et puis … Et puis, même quand on navigue, même loin de tout, le calendrier est là, qui s’impose: 2 août. li y a six ans, Michel Berger disparaissait tragiquement dans leur maison de Ramatuelle, victime d’un arrêt du cœur. Chaque été depuis, France et ses enfants se recueillaient à l’endroit même de sa mort, tentant d’apprivoiser leur peine.

Mais cette année, après la tragédie du décès de Pauline, France a décidé que pour vivre, pour survivre, c’est loin de cette maison trop emplie de souvenirs douloureux que Raphaël et elle se réfugieraient. Au mois d’août donc, c’est aux États-Unis, à Hollywood, dans une superbe demeure et entourée d’amis très proches, que France et son fils ont élu domicile.

Bien sûr, là-bas, il est. plus facile de vivre et de survivre. Ici, on parle une autre langue, on respire un Co m autre air. Pas celui du passé, même si la mémoire se fiche bien du pays dans lequel elle se trouve …

Ici, au bord de la piscine, France a vécu dans une véritable bulle de protection. Un peu de musique, beaucoup d’amitié, et toute la tendresse et l’amour qui peuvent exister entre une mère et son fils, surtout quand ceux-ci ont en commun la douleur que l’on sait.

Ici, France et Raphaël ont pu un peu se reposer de leur peine, se ressourcer, s’adonner au soleil et aux superbes plages qui bordent l’océan.

Mais avec les jours qui raccourcissent, le mois d’août commençait à parler de septembre. Septembre, qui marque une échéance douloureuse, celle du choix déchirant devant lequel France s’est soudain trouvée.

Fantômes

Car les premiers jours de ce mois rappellent inévitablement le recommencement des choses. La rentrée, la reprise des études pour Raphaël. Pour France, qui a pris le parti de la vie malgré tout, mais surtout au nom de son fils, la question du choix s’est soudain posée. Allait-elle continuer à demeurer en retrait, dans cette bulle? Allait-elle du même coup proposer à Raphaël de commencer son année scolaire à Los Angeles (il est bilingue), ce qui s’était d’ailleurs passé avec ses deux enfants lorsqu’elle enregistrait l’album hommage à Michel Berger, “France” ?

Ou alors, allait-elle retrouver Paris et l’appartement, Paris et ses fantômes ? Entre ces deux modes de vie, radicalement opposés, son choix était déchirant. Rester, se protéger, ou partir et affronter la réalité ?

Courageuse jusqu’au bout, France a très vite pris sa décision. Pas question pour elle de se dérober. D’ailleurs, elle ne l’a jamais fait. Elle a toujours abordé les épreuves avec une dignité incomparable, acceptant de s’exprimer avec une franchise bouleversante sur les terribles deuils qui ont traversé sa vie. Et cette fois encore, France a dit oui.

Elle a dit oui au ciel parisien même s’il n’est pas aussi bleu que celui de Los Angeles. Oui à cette ville dans laquelle elle a connu tant de bonheur, celui d’être mariée à un homme qui la comprenait et la soutenait, celui d’être la maman-tendresse qu’elle avait toujours rêvé d’être. Cette ville dans laquelle elle a aussi tant souffert. Le cœur gros, certes, mais plein d’amour, résolument tournée vers l’avenir, France a décidé de rejoindre Paris, prête à affronter tout ce qui l’attend.

Par amour pour Raphaël, pour son équilibre, elle a été fidèle à la ligne de conduite qu’elle s’est fixée depuis toujours : rendre à son fils la vie la plus normale possible. Cette philosophie, Michel et France, et puis France toute seule ensuite, l’avait déjà appliquée alors que Pauline était malade. Elle avait tout fait pour que sa fille ressemble à toutes les autres jeunes filles, et elle avait si bien réussi. Voilà pourquoi, France est rentrée. Parce qu’elle se doit de rester debout.

En milieu de semaine, un avion l’a fait passer d’un continent à l’autre, d’une vie à une autre. Bien sûr, comment ne pas penser à ce qui l’attend dès la fin de l’automne ? France sait qu’elle devra affronter une nouvelle épreuve, mais il est clair que pour son fils, en mémoire aussi de ces deux êtres chers qu’elle a perdus, elle fera face, encore une fois.

En France aussi, ce pays dont elle porte le nom, il y a tous ces gens qui l’aiment, qui l’admirent pour son travail, et qui l’attendent.

Revenir à Paris, c’est certes revenir à des lieux, des pièces d’un appartement pleines de souvenirs douloureux. Mais pour France, c’est aussi revenir à elle, et à cette priorité qu’elle a faite sienne : la vie …

Magazine : France Dimanche
Par Nathalie Bertaud
Date : 4 au 10 septembre 1998
Numéro : 2714

France Gall frappée par une terrible douleur !

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France Gall : Longtemps, elle a tenu bon. Longtemps, elle a puisé encore un peu de courage dans son cœur meurtri.
France Gall : Longtemps, elle a tenu bon. Longtemps, elle a puisé encore un peu de courage dans son cœur meurtri.
France Gall : Longtemps, elle a tenu bon. Longtemps, elle a puisé encore un peu de courage dans son cœur meurtri.

Longtemps, elle a tenu bon. Longtemps, elle a puisé encore un peu de courage dans son cœur meurtri. Des forces qu’elle ne soupçonnait même pas, mais qui lui ont permis de tenir le coup pendant huit mois.

Les plus sombres mois de son existence. Car, depuis la mort de sa fille Pauline, survenue le 16 décembre 1997, France Gall a dû mener une lutte sans merci contre elle-même, pour étouffer son chagrin.

Il n’y a pas de mots pour décrire la douleur de cette mère foudroyée par la disparition précoce de sa fille chérie, emportée par la mucoviscidose quatre semaines après avoir soufflé ses dix-neuf bougies …

Si, depuis, France s’est efforcée de relever la tête, c’est pour son fils Raphaël, 18 ans. Pouvait-elle se permettre de craquer devant lui, le survivant de la famille, le dernier amour de sa vie ? Non, ça, elle se l’est interdit. Parce que Raphaël a besoin de tout le soutien de sa mère pour surmonter sa propre peine. Orphelin à 12 ans quand Michel Berger a disparu, il est séparé cinq ans plus tard, à jamais, de sa grande sœur tant aimée, si complice … France a donc veillé à lui donner à chaque instant sa tendre affection. En retour, Raphaël a essayé, du mieux qu’il pouvait, de la réconforter. Pendant huit mois, mère et fils ont fait bloc pour s’en sortir, unis dans le deuil de leur Pauline, si fragile, si belle.

Hélas le temps, loin de cicatriser les blessures de France, n’a fait qu’augmenter sa souffrance intérieure. Et là, soudain, à la veille de la date fatidique du 2 août, elle a pris une déchirante décision. Les autres années, à la même époque, elle avait trouvé la force de retourner dans la demeure familiale de Ramatuelle, cette maison du bonheur qu’elle avait fait construire avec Michel. Ironie du destin; « La Grande Baie » est devenue la maison du malheur, ce fameux soir d’août 1992 quand Michel s’est effondré sur le court de tennis, terrassé par une crise cardiaque à l’âge de 44 ans.

Pour Pauline et Raphaël, France avait trouvé le courage de revenir avec eux là-bas. Michel l’aimaittantleur villa ! Que de moments heureux ils ont savourés là, tous les quatre ou juste en couple ! Aux yeux de France, les vacances à« La Grande Baie», ce sont les plus beaux souvenirs de la passion qui l’a unie à son mari pendant dixhuit ans.

Mais cette année, elle n’a pas eu la force d’aller à Ramatuelle.

Impossible pour elle, en effet, d’affronter le sixième anniversaire de la disparition de Michel, sans le sourire de Pauline. Car, pour la première fois, sa fille au visage d’ange ne serait pas là pour remplir la maison de sa franche gaieté.

France ne se voyait pas toute seule avec Raphaël dans la maison de leur bonheur détruit. C’était trop douloureux pour son cœur de femme et de mère par deux fois brisé.

Aussi, l’interprète de « Résiste ! » a préféré fuir. Elle qui, déjà juste après le décès de Pauline, s’était murée dans son appartement parisien, au point d’inquiéter sérieusement ses proches, a carrément quitté la France.

Le 1er août, emmenant bien sûr avec elle Raphaël, elle a embarqué à Cassis pour une longue croisière de trois semaines. Un équipage restreint, son fils et la mer. Voilà tout ce dont voulait France pour passer le cap de ce si sombre été.

Le bateau est passé par la Corse, où il a fait une brève escale, puis a rejoint la Sardaigne. France espère que ce périple va calmer le chagrin qui la harcèle.

Elle a soif de sérénité et de calme. Le bleu de la mer, la beauté des paysages, le léger bruit des vagues, n’est-ce pas le meilleur moyen de retrouver la paix intérieure ?

Et puis quand elle regarde Raphaël, cet adolescent sur lequel le sort s’est déjà bien acharné, sans doute lui donne-t-il l’envie de sourire à nouveau à l’existence, à l’avenir …

Après avoir croisé le long des côtes italiennes, le bateau ramènera France et son fils sur la côte d’Azur, aux environs du 25 août. À ce moment-là, pas question de faire un saut à Ramatuelle.

Ils regagneront directement Paris. La rentrée ne sera pas très loin. France sera probablement soulagée. Le pire sera enfin derrière eux, cette période terrible qui correspond à l’anniversaire de la mort de Michel.

Hélas, avec l’automne, c’est vers une autre douloureuse épreuve, tout aussi triste, que France et Raphaël se dirigeront : le premier anniversaire de la mort de Pauline …

Magazine : France Dimanche
Par Marc Dalban
Date : 7 au 13 aout 1998
Numéro : 2710

France Gall est partie pour tout oublier !

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Elle est partie pour tout oublier
Elle est partie pour tout oublier
Elle est partie pour tout oublier

On ne la voit plus, on ne l’entend plus. France Gall n’a plus donné de nouvelles depuis plusieurs mois.

Au point que ses fans s’inquiètent. Absente des plateaux de télévision, des émissions de radio, la chanteuse a également déserté tous les endroits qu’elle avait l’habitude de fréquenter avec ses amis : restaurants, cinémas, théâtres. Et pourtant, il était question d’un nouvel album …

Les années qu’elle vient de passer ont été particulièrement terribles. Tellement atroces que France est allée jusqu’au bout de la souffrance. Le destin lui a en effet arraché vraiment trop d’êtres chers … un mari, une fille, des amis … rien ne lui aura été épargné.

Certes, sous ses apparences fragiles, avec ses cheveux blonds et son regard candide, elle a surmonté toutes les épreuves les plus pénibles. Mais ce n’était qu’une illusion …

Déjà, l’an dernier, avant le décès de sa fille, Pauline, lorsque le Figaro Madame lui demande : « Avez-vous un rêve ? » elle répondait : « Oui, être sereine, mais à haut niveau ! Etre sereine, pour moi, c’est pouvoir passer des journées entières sans voir personne, sans parler, être heureuse. Les gens qui peuvent vivre comme ça ont un éclat dans les yeux. » Aujourd’hui, elle semble avoir concrétisé cette aspiration : non seulement elle ne voit personne, mais personne ne la voit.

On murmurait déjà que le concert qu’elle avait donné sur M6 en avril 1997 serait peut-être le dernier. France avouait à cette époque qu’elle ne savait pas si elle referait un jour de la scène. Que ce concert serait peut-être “la dernière chose d’elle”. Elle avait décidé de ne plus-chanter les œuvres de Michel. « J’ai mis plusieurs années à quitter sa musique et à lui rendre hommage, cela a été une thérapie », avouait-elle au Parisien.

On espérait que ce nouveau départ lui aurait permis de trouver sa voie musicale et on s’attendait à ce qu’elle sorte un album bien à elle. En vain … Son recueil de nouveaux titres n’est toujours pas d’actualité. Alors pourquoi ce silence ? se demandent ses nombreux admirateurs. Non seulement ses projets professionnels ont été reportés mais elle a aussi totalement déserté ses lieux de villégiature habituels. C’est tout juste si quelques voisins ont pu l’apercevoir sortant, il y a quelques semaines, de l’immeuble où elle habite avec Raphaël, son fils, dans le Vlll arrondissement de la capitale. Ce jour-là, dans la rue, elle était en compagnie de sa femme de confiance, qui est aussi son chauffeur. « Mais de toute façon, lorsqu’elle est à Paris, elle ne sort pratiquement jamais », commente-t-on dans le quartier.

Depuis, plus rien. Même ses amis, à qui elle rend régulièrement visite à Paris, ne l’ont pas vue. Et pour cause …. Un proche a bien voulu nous confier qu’elle séjourne actuellement à Los Angeles, avant de s’offrir quelques jours de repos dans sa villa près de Dakar, au Sénégal. Deux endroits où elle avait déjà choisi de se réfugier après la disparition de Michel Berger pour tenter d’adoucir sa peine.

On s’en souvient que, par un beau soir de l’été 1992, Michel était foudroyé par une crise cardiaque, laissant France seule pour affronter la vie. Très vite, la jeune femme avait senti qu’il lui fallait réagir. Pour ne pas sombrer et surtout pour atténuer un peu la souffrance de ses enfants, Raphaël et Pauline, elle avait décidé de ne pas se réfugier dans la solitude et de laisser la porte ouverte à tous les amis. Elle allait même retrouver la force de se remettre au travail. Trois mois après la disparition de Michel, elle sortait un nouveau clip en hommage à son amour trop tôt disparu.

Mais même si sa force de caractère suscitait l’admiration de tous, France ne s’était plus senti alors la force de continuer à vivre en France. Pour rompre avec ses souvenirs, elle s’était exilée à New York et à Los Angeles. La raison de cet exil ? Elle voulait rencontrer de nouveaux musiciens afin de créer sa propre musique et ne plus avoir « l’étiquette » Berger, mais sa propre identité.

Et, en effet, cette parenthèse lui avait été salutaire. Lors de ses derniers concerts, elle était à nouveau épanouie et resplendissante. Ses proches avaient alors espéré que son calvaire était bel et bien terminé. Malheureusement la fatalité l’a une fois de plus frappée en plein cœur. Le 15 décembre dernier, la mort lui prenait son enfant, sa fille tant aimée, emportée par la mucoviscidose.

Quelques mois avant le décès de Pauline, la chanteuse déclarait à France-Soir : « Je vais arrêter pour réfléchir. C’est un métier qu’il faut faire jeune. Je me pose la question : dois-je faire de la musique pour être heureuse ? Si oui, je continuerai. »

Peut-être a-t-elle décidé que, pour retrouver sa sérénité, elle devait définitivement rompre avec ce qui avait toujours fait battre son cœur : la musique. Espérons que non !

Magazine : Ici Paris
Alain SALMON
Date : 15 au 21 juillet 1998
Numéro : 2767

Trois mois après le drame, le cauchemar de France Gall continue …

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Trois mois après le drame, son cauchemar continue
Trois mois après le drame, son cauchemar continue
Trois mois après le drame, son cauchemar continue

En six ans, le monde s’est effondré autour d’elle.

Tout avait commencé au cœur de l’été 92, quand la mort a décidé de faucher son mari, Michel Berger. Brisée par le chagrin, France Gall a ensuite été harcelée par le cancer, qu’elle a affronté courageusement. Puis est venu ce jour tragique – le 15 décembre dernier – où Pauline, sa fille adorée, a fermé les yeux pour toujours. Depuis, France Gall a disparu …

RAMATUELLE, le 2 août 1992. Par un beau soir d’été, Michel Berger tombait, foudroyé par une crise cardiaque, laissant France Gall, son amour, sa femme, seule pour affronter la vie. Mais, très vite, la chanteuse a senti qu’elle devait réagir. Pour survivre et surtout pour atténuer un peu la souffrance de ses enfants, Raphaël et Pauline … « Dès le lendemain de la mort de Michel, confiait-elle à Madame Figaro, je leur ai fait une vie gaie. J’ai laissé la porte ouverte à tous les amis tout au long de l’année … »

Animée par une énergie peu commune, France allait même trouver la force de se remettre au travail. Et trois mois après la disparition de Michel, elle sortait un nouveau clip, un véritable hommage à son amour trop tôt disparu … Bien sûr, elle gardait son chagrin à fleur de peau, pourtant sa force de caractère ne pouvait que susciter l’admiration.

« Il faut continuer à vivre avec le souvenir des bons moments, en espérant bien sûr que la souffrance s ‘atténuera », déclarait-elle quelques mois après le drame, comme pour exorciser le mauvais sort.

Ses proches espéraient que son calvaire s’achèverait avec le dernier soupir de Pauline …

Et lorsque le destin s’est abattu sournoisement sur elle une nouvelle fois, France n’a pas baissé les bras. Victime d’une tumeur maligne au sein, elle était bien décidée à se sortir au plus vite de cette nouvelle épreuve. « Place au rire, à l’amour et à la musique toujours », ajoutait-elle encore. Et France a gagné son combat. Sereine, elle se sentait prête à embrasser de nouveau la vie.

Hélas, subitement, le 15 décembre 1997 et après des années de maladie, Pauline, l’enfant tant aimée, l’adolescente fragile, était emportée par la mucoviscidose. L’horreur.

Après avoir rendu, à travers un poignant discours, un ultime hommage à fille tant aimée, Pauline, France s’est réfugiée da les bras de celui qui incarne aujourd’hui sa seule raison son de vivre, son fil Raphaël.

Mais pour la mémoire de sa jolie Pauline, France a trouvé le courage de lui rendre un dernier hommage le jour de ses funérailles, à travers un déchirant texte d’adieu. « Ma chérie, Raphaël et moi sommes là pour te dire au revoir. Et respire maintenant ! »

Ces paroles ont été les dernières. Depuis, plus rien. La chanteuse a tout simplement disparu.

Murée dans son chagrin, France vit désormais en recluse dans son appartement parisien, tournant le dos à la chanson. La reverra-t-on un jour sur scène ? Lui reste-t-il assez de courage pour réagir? Depuis qu’elle est entrée dans la période la plus noire de sa vie, elle semble ne plus avoir de goût à rien. Pourquoi, après tant d’injustes souffrances, lui faudrait-il encore sourire chaque jour à la vie ?

« The show must go on. »

Le spectacle doit continuer. C’est peut-être facile à dire, mais tellement dur à vivre quand on souffre, le cœur baigné par le chagrin. Comment imaginer dans de tels moments qu’on puisse se retrouver dans un studio d’enregistrement avec, pour seul souci, la qualité du son, ou sur une scène illuminée pour chanter, danser ou rire parfois ?

Pourtant, une personne, une seule, mérite aujourd’hui, et plus que jamais, tout l’amour et la tendresse d’une mère : Raphaël. Son fils de dix-sept ans. Le seul être au

monde qui ait traversé tous ces drames à ses côtés. Ce jeune homme qui, pour être à plein temps auprès de sa sœur, n’avait pas hésité à quitter le lycée afin de suivre des cours par correspondance. Ce fils dévoué et ce frère attentionné qui a tant donné pour les deux femmes de sa vie.

Pour lui, France sait qu’elle va devoir relever la tête et se battre. Pour qu’il arrive un jour à mener une vie normale d’adolescent, pour qu’il ait à nouveau envie de s’amuser sur les bancs du lycée, pour qu’il savoure encore le plaisir des virées à scooter entre copains, France Gall va devoir être encore plus forte. Et se ressaisir.

En trois mois, les riverains de son appartement parisien n’ont fait que l’entrevoir: lorsqu’elle s’engouffre, vêtue de noir, dans une voiture, le visage protégé par de larges lunettes de soleil. Ses amis les plus proches, qui avaient partagé sa douleur avant le drame, imaginaient que son calvaire prendrait fin le jour où tout espoir serait définitivement perdu. Malheureusement, il n’en est rien. Et ceux qui pensaient qu’elle avait vécu le pire constatent aujourd’hui que son cauchemar continue.

Mais qui sait ? La chanson finira peut-être par lui manquer. On l’espère. France a déjà prouvé qu’elle cachait en elle des trésors de courage. A cinquante ans, elle sait mieux que personne que, sur le fil fragile de la vie, le bonheur est inséparable de la douleur … Hélas.

Magazine : Ici Paris
Karine LANGLOIS
Date : 18 au 24 mars 1998
Numéro : 2750