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France Gall Live (Invitation et programme)

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Invitation à l'avant-première (France-Soir) et programme du Spectacle Made in France qui s'est déroulé du 14 au 20 avril 1978 au Théâtre des Champs-Élysées à Paris.
Invitation à l'avant-première (France-Soir) et programme du Spectacle Made in France qui s'est déroulé du 14 au 20 avril 1978 au Théâtre des Champs-Élysées à Paris.
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Invitation à l’avant-première (France-Soir) et programme du Spectacle Made in France qui s’est déroulé du 14 au 20 avril 1978 au Théâtre des Champs-Élysées à Paris.

France-Soir vous invite à l’avant-première mondiale du SPECTACLE “FRANCE GALL “MADE IN FRANCE” Musique et chansons : Michel BERGER au THEATRE DES CHAMPS-ELYSEES 15, avenue Montaigne, 75008 PARIS le Vendredi 14 Avril 1978, à 21 heures précises. Carte exigée à l’entrée Valable pour 2 personnes

Claude Wild présente

Orchestre
Arrangements musicaux : Fiachra Trench
Guitare : Patti Quatro
Basse : Peggy Mitchell
Batterie : Bonnie Johnson
Percussions : M.-L Benoît
Piano : Colleen Stewart
Keyboard : Melissa Vardi
Saxophone : Gail Thompson
Choristes : Stella Vander / Lisa Deluxe / Florence Bertault
Chorégraphie : Amadéo
Danseuses : Pascale Geille / Marie Aufray / Alison Huttley

Technique
Mise en scène : Francis Morane
Décors : Gilles Nicolini
Création lumières : Claude Girard
Stage Manager : Tony Lennon
Tour Manager : Yannick Wild
Ingénieurs du son : Bill- Irving / Ian Kenny
Ingénieurs lumières : Paul Clénents / Robbert MacCloUd
Styliste : Brigitte d’Hauteville
Administration : Anne-Marie Sotton
Attachée de presse du spectacle : Nicolas Gonzalès
Attaché de presse de France Gall : Grégoire Collard
Secrétariat : Pascale Colin-Barrand

« Made in France » Spectacle France Gall
Artistes invités : « Les Étoiles »

Nous remercions Marcel Lassance qui habille F. Gall et Agnès B. qui habille les musiciennes de F. Gall

Production artistique : Michel BERGER

France Gall en 1978

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France Gall en 1978, galerie photos incluant concerts, pochettes et portraits – francegallcollection.fr
France Gall en 1978, entre concerts et portraits marquants de l’année – francegallcollection.fr

1978 s’ouvre en studio puis à la télévision : en janvier, le 45 tours Le Meilleur de soi-même / La Nuit à Paris lance l’année (Atlantic 11 056).  En mars, Viens, je t’emmène paraît avec La Tendresse des mots en face B, et Numéro 1 France Gall est diffusé le 11 mars 1978 ; l’émission est dédiée à Claude François, disparu ce jour-là.

Le retour sur scène est l’événement majeur : après trois dates de rodage, France Gall s’installe au Théâtre des Champs-Élysées du 14 au 20 avril 1978. Le plateau réunit quatorze musiciennes et trois danseuses ; France Gall assume un choix 100% féminin sans slogan, “parce que ça manque un peu, les idées”.  Le concert s’ouvre par un clin d’œil à Poupée de cire, poupée de son, puis enchaîne Musique et Samba mambo (en vidéo ici) dans un décor de kiosque lumineux ; près de 2 000 spectateurs applaudissent chaque soir. En novembre, Atlantic publie le double album live enregistré au Théâtre des Champs-Élysées (France Gall Live, réf. 60137), édité en 33 tours (France/Grèce/Turquie, Canada, Japon) et en cassette (France, Japon). La set-list assume pleinement la période Berger. Enfin, novembre 1978 marque aussi une étape personnelle : la naissance de Pauline, qui donnera bientôt une autre couleur à certaines chansons. 

Droits d’utilisation des photographies // Les photographies diffusées sur cette page sont présentées dans un objectif exclusivement informatif, culturel et documentaire. Elles visent à rendre hommage à l’œuvre et au parcours de France Gall, sans aucune vocation commerciale. France Gall Collection ne détient aucun droit de propriété sur ces visuels. Tous les droits (droits d’auteur, droits à l’image, etc.) sont la propriété de leurs ayants droit respectifs, notamment les photographes, agences ou maisons de production concernées. Conformément à l’article L122-5 du Code de la propriété intellectuelle, ces images sont mises en ligne dans le cadre du droit de citation, du droit à l’information et de la diffusion à but non lucratif. Il est strictement interdit de reproduire, copier, diffuser ou republier ces photographies sans mention de leur origine, sans lien vers la source ou sans indication des auteurs. Toute réutilisation à des fins personnelles, éditoriales ou commerciales sans autorisation explicite des ayants droit peut constituer une atteinte au droit d’auteur ou au droit à l’image, et engager la responsabilité civile ou pénale de l’utilisateur concerné. Toute personne ou entité estimant qu’un contenu porte atteinte à ses droits peut adresser une demande de retrait motivée à l’adresse suivante : contact@francegallcollection.fr. L’équipe s’engage à retirer dans les meilleurs délais tout contenu faisant l’objet d’un signalement fondé.

Textes librement inspirés du livre : France Gall l’intégrale / L’histoire de tous ses disques par Norman Barreau-Gély aux Editions EPA avec les pochettes de France Gall Collection

France Gall : La poupée française devient star à New-York

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A elle a bien changé, la petite France Gall qui avait séduit la France à 16 ans en mettant gentiment en boîte ce « Sacré Charlemagne ».
A elle a bien changé, la petite France Gall qui avait séduit la France à 16 ans en mettant gentiment en boîte ce « Sacré Charlemagne ».

A elle a bien changé, la petite France Gall qui avait séduit la France à 16 ans en mettant gentiment en boîte ce « Sacré Charlemagne », d’une petite voix pointue qui fleurait encore bon la cour de récréation.

A 29 ans, mariée à l’auteur-compositeur Michel Berger, elle vient de recevoir à New York un disque d’or pour fêter son 100 000e disque « Musique » en même temps que Michel recevait le sien.

Triomphe à l’américaine pour la « petite poupée française ». La firme de disques Atlantic avait mis trois limousines grandes comme des résidences secondaires à leur disposition. France a choisi une Lincoln marron, la même que celle du président Kennedy, sept mètres de long, bar et télévision couleur.

Déjeuner de 100 couverts au « 21 », le restaurant le plus chic de la ville. Match de gala de football pour les adieux du roi Pelé : France était installée entre Cassius Clay et Kissinger et elle n’a pas beaucoup regardé le ballon. Shopping dans la 52e rue, quelques dizaines de chapeaux et un imperméable à 7 francs, entre deux émissions de télévision. Puis France et Michel sont partis à Montréal pour une série d’émissions radio et télévision avant de regagner Paris où ils sont si bien. Pour vivre heureux, ils ont choisi de vivre cachés. France et Michel sont curieusement installés dans une isba tout à fait russe, dans un hameau « folklorique » édifié pour l’exposition universelle de 1889, boulevard Suchet. France l’a meublée elle-même en style 1930 en fouinant dans tous les marchés aux puces de Paris et de la région parisienne, sa passion. La petite fille trop gâtée qui avait atteint son premier million de disques à 18 ans, la baby star qui faisait un peu n’importe quoi est devenue une vraie professionnelle et une vraie femme. Elle s’est mariée discrètement, mais pas secrètement, avec Michel Berger qui est à l’origine de sa seconde carrière qui a redémarré avec « Aime la ».

Ils se sont aimés. C’est tout simple. France est même devenue une fine cuisinière, elle peut passer des journées entières à popoter, mais comme tous les grands cuisiniers, elle ne mange presque rien et elle est restée aussi menue qu’à 16 ans. Seule sa voix a changé et elle fera sa rentrée sur une scène à Paris en avril prochain après sept ans d’absence.

Il y a une bonne raison à ses absences : elle déteste se coiffer, se maquiller, s’habiller. Chez elle, France porte toujours des vêtements d’homme, flottants, confortables, et elle noue ses cheveux blonds en queue de cheval. Mais, pour reconquérir son public, elle retournera chez son coiffeur. Michel Berger y veillera.

Magazine : Paris Match
Article de François Pedron
Photo de Paul Slade
28 octobre 1977
Numéro : 1483

Merci à Elisabeth

France Gall a trouvé sa maison à l’exposition 1889

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Elle a toujours son sourire d'enfant mais elle est devenue une grande personne. Fini la France Gall style potache de « Sacré Charlemagne ».
Elle a toujours son sourire d'enfant mais elle est devenue une grande personne. Fini la France Gall style potache de « Sacré Charlemagne ».
Elle a toujours son sourire d'enfant mais elle est devenue une grande personne. Fini la France Gall style potache de « Sacré Charlemagne ».

Un joli mois de mai : c’est celui que France Gall se prépare à connaître.

A la télévision, d’abord, puisqu’elle est déjà programmée dans quatre émissions : « Les Rendez-vous du dimanche » du 8 sur TF1 ; « Les visiteurs du mercredi » du 11, sur TF1, également, « Midi Première » des 20 et 21, sur TF1, toujours ; puis sur l’A2 : « Un sur cinq » du 25. Sans parler du 2 mai qui verra sortir son premier disque 30 centimètres, intitulé « Dancing disco ». Et pour achever ce mois de rêve, le 30, elle part avec Michel en Italie. Passer le mois de juin !

Elle a toujours son sourire d’enfant mais elle est devenue une grande personne. Fini la France Gall style potache de « Sacré Charlemagne », ou genre ingénue perverse des « Sucettes à l’anis » de Gainsbourg.

Une chanson a marqué le virage de sa carrière, il y a un peu plus d’un an. Elle s’appelait « La déclaration » et révéla une chanteuse tout à l’opposé de la gamine un peu trop acidulée que France jouait depuis ses débuts : pleine d’un charme grave porté par des musiques beaucoup plus inspirées. Double virage et vraie déclaration, puisque France la devait à un jeune auteur compositeur, Michel Berger, qu’elle n’a plus quitté depuis : tous deux se sont mariés en juin dernier et ils ont déjà eu, ensemble, beaucoup de nouvelles chansons. Assez, en tout cas, pour composer le disque 30 cm que France vient de sortir et qui est, dit-elle, « le premier vrai disque de ma carrière ».

Comblés par leur vie à deux, Michel et France n’ont pas hésité à le manifester dans leurs refrains, puisqu’ils en chantent certains en duo. France, toutefois, chantera sans lui dans la demi-douzaine d’émissions où nous allons la voir dans les semaines à venir. (Premières apparitions dans le prochain « Bon dimanche » sur l’A2 ; puis, le 30, dans « Hebdo chansons, hebdo musique · », sur l’A 2 et « En piste » sur TF 1.) Tous deux se sont découvert au fond du seizième arrondissement, une maison aussi attendrissante que leur roman d’amour à la Peynet : c’est une des quatre isbas que les Russes édifièrent à Paris pour l’exposition de 1889. France qui adore cuisiner (spécialité : tarte aux poireaux) y cultive son thym elle-même.

Elle y cajole aussi une collection de pots anciens qu’elle doit à son père : après avoir écrit, naguère, des chansons pour sa fille, celui-ci a voulu devenir brocanteur. Mais il s’est tellement attaché à ses bibelots qu’il s’est refusé à les vendre. Et ces pots sont les seuls dont il ait accepté de se séparer : en les offrant à sa fille.

Magazine : Télé Journal
Par Bérangère Etcheverry
Photos de Alain Auboiroux
Date : 23 avril 1977
Numéro : 126

France Gall en 1977

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France Gall en 1977, souriante en chemise blanche et bretelles rouges, photo de Tony Kent – francegallcollection.fr
France Gall en 1977, période des albums et 45 tours produits par Michel Berger. – francegallcollection.fr

1977, France Gall plonge au cœur des nuits de Dancing Disco. L’album paraît en avril (Atlantic 50 364) : huit titres reliés par une petite histoire autour de “Maggie” et du tourbillon des clubs. Le 25 mai, Antenne 2 lui consacre Spécial variétés : France met en scène ce récit, ouvre sur Une nuit à Paris et mène au décor de la boîte où “Musique” prend place.

Au printemps, premier 45 t :Musique” / Dancing Disco (mai 1977, Atlantic 10 971). Musique est enregistrée en direct au studio Gang, et sa douceur battante s’impose immédiatement. À l’automne, second 45 t : Si, maman, si / Ce garçon qui danse (octobre 1977, Atlantic 11 016). Michel Berger dédie Si, maman, si à sa mère ; France en fait une chanson phare, lumineuse et pudique.

Le succès est net : dès octobre 1977, Warner remet à France Gall et Michel Berger un disque d’or pour 100 000 albums vendus de Dancing Disco. 1977, c’est l’année où leur son trouve sa piste de danse… sans perdre la mélancolie. 

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Textes librement inspirés du livre : France Gall l’intégrale / L’histoire de tous ses disques par Norman Barreau-Gély aux Editions EPA avec les pochettes de France Gall Collection

France Gall : Voix nouvelle pour une nouvelle voie

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Michel Berger et France Gall ne se quittent pratiquement plus. Ensemble, ils ont filé à l'anglaise... à Londres. .
Michel Berger et France Gall ne se quittent pratiquement plus. Ensemble, ils ont filé à l'anglaise... à Londres. .

Numéro Un : Michel Berger avec France Gall.

Émission de Maritie et Gilbert Carpentier avec la collaboration de Monique Salmon, Catherine Clément, Stéphanie de Grombrugghe, Pierre Fournier-Bidoz. Costumes : Michel Fresnay. Décors : François Pontet. Musiques originales de Michel Berger. Textes de Michel Berger et Frank Lipsik. Réalisation : Marion Sarraut.

Emily ou la petite sirène 1976

Michel Berger a voulu que son « numéro un » se présente sous forme de comédie musicale et spécialement pour l’émission il a composé des musiques et écrit avec son ami Frank Lipsik des chansons originales. Un décor futuriste a également été imaginé.

Ne cachant pas son admiration pour Hans Andersen, l’auteur des célèbres contes, Michel Berger a imaginé une version 1976 de « La petite sirène », une petite sirène qui va avoir le joli minois de France Gall. En accompagnant son père (Christophe), directeur de la photographie, sur un plateau de télévision, la jeune Emily (France Gall) tombe amoureuse d’un caméraman (Patrick Bouchitey). Cet amour va-t-il être partagé ?

DISTRIBUTION

Emily : France Gall ; le professeur de rock : Eddy Mitchell ; les élèves danseuses , Vannick Le Poulain, Marie-Hélène Breillat ; le père d’Emily : Christophe ; le producteur : Michel Berger; la productrice : Martine Kelly; un chanteur américain : Rod Stewart; le cameraman : Patrick Bouchitey; la marraine : Nicole Croisille ; la star : Françoise Hardy ; la récitante : Marie-France Pisier ; le livreur de piano : Jacques Dutronc.

*Jacques Dutronc devait figurer amicalement en « livreur de piano », ce qui ne s’est finalement pas concrétisé.
C’est l’actrice Marie-Hélène Breillat qui devait incarner, avec Vannick Le Poulain, l’une des deux sœurs d’Émilie. Pour une raison indéterminée, c’est Rima Vetter qui la remplaça in extremis.

*Michel Berger et France Gall auraient souhaité que les chansons de ce conte musical fassent l’objet de l’édition d’un album. Malheureusement, à cause de la multiplicité des labels auxquels appartenaient les différents artistes, ce fut irréalisable et c’est pour cela que ne parut qu’un single sous le seul label WEA : Ca balance pas mal à Paris.


Elle était blonde, portait des minijupes, des rubans dans les cheveux, et égrenait des airs rose-bonbon d’une voix acidulée. Elle est blonde, porte des jeans, une casquette sur la tête, et interprète des chansons de toutes les couleurs, d’une voix chaude et posée. Elle s’appelait France Gall. Elle s’appelle France Gall. Question d’identité. Depuis qu’elle ne déguste plus de sucettes à l’anis, France s’est découvert un berger, prénommé Michel. Prétexte à faire une fois pour toutes une déclaration. Sa déclaration. Celle d’une jeune chanteuse bien décidée à faire désormais ce qui lui plaît. Pour le prouver, les Carpentier lui confient samedi, pour la « toute toute première fois, leur « Numéro Un ». Son « Numéro Un », Mais la nouvelle France Gall n’a déjà plus beaucoup d’essais à marquer.

Un univers de coussins. Des grands, des gros, des petits, des ronds, des rectangulaires, imprimés ou brodés. C’est le nid de France Gall, au bout d’une allée de marronniers, en plein cœur de Paris. Un nid douillet, certes, mais qui abrite désormais quelqu’un bien décidé à voler de ses propres ailes.

« Sacré Charlemagne » ou « Bébé requin » c’est fini, affirme-t-elle. A l’époque, j’avais seize ans, je chantais des chansons de mon âge. J’étais plus ou moins « manipulée », c’est vrai. Qui, dans ma situation, ne l’aurait pas été ? Je ne regrette pas cette période, mais je ne pouvais pas éternellement jouer les petites filles perverses.

Qui a eu cette idée folle, un Jour, d’inventer les « tubes » ? Pas Charlemagne en tout cas !

J’ai enregistré beaucoup de choses que je n’aimais pas. Les « faces B » de quarante-cinq tours par exemple. Les gens avec qui je travaillais étalent obnubilés par la politique du « tube et moi je m’en remettais souvent à eux.

Un entourage de talent, pourtant. Un père qui n’a fait rien moins que d’écrire la célèbre « Mamma » de Charles Aznavour, par exemple, entre autres succès signés Robert Gall. Et puis l’ombre de Serge Gainsbourg, « le plus mal rasé de la chanson » dont le moins qu’on puisse dire est que s’il s’exprime souvent par monosyllabe, il ne compose pas avec son rasoir.

Avec mon père, ça été un peu un déchirement. Depuis quelques années il n’écrivait plus, mais je crois qu’il va s’y remettre. Quant à Serge Gainsbourg, on a souvent dit qu’il s’amusait à travers moi et mon personnage. C’est vrai que je ne comprenais pas toutes les chansons qu’il m’écrivait. « Les sucettes à l’anis », par exemple. Récemment, j’ai redécouvert les paroles de « Poupée de cire, poupée de son », ma chanson de l’Eurovision 1965. J’ai été étonnée par leur richesse et leur qualité. Je pense que les meilleures chansons qu’a faites Serge sont celles qu’il m’a données.

Et puis, un jour, le « bébé requin » s’est tu.

Il vient un moment où l’on se lasse de jouer à la poupée, fut-elle de cire ou de son. Un silence réparateur.

Je me suis arrêtée de chanter pendant deux ou trois ans, parce que je ne trouvais pas de chansons qui me plaisaient. Je voulais qu’on oublie l’image de marque que j’avais et dont j’ai eu du mal à me débarrasser. Et puis j’ai rencontré Michel Berger. Celui dont on parle, le jeune auteur qui a le vent du show-business à la poupe de son piano, c’est Michel Berger. Avec les chansons qu’il lui a ciselées sur mesure, France Gall a pu enregistrer le 33 tours dont elle rêvait, son premier en douze ans de métier. Nul besoin d’additionner sournoisement, France a vingt-huit ans. Un âge qu’elle revendiqua avec la fougue d’une carrière retrouvée. Une voix nouvelle pour une nouvelle voie. France a franchi ses frontières avec allégresse. Comme dans ce « Numéro Un » où elle se métamorphose en sirène. Inutile de vous attacher à vos fauteuils, comme le fit jadis un dénommé Ulysse, pour résister à son charme. Et ne vous bouchez surtout pas les oreilles. Car c’est de la « petite sirène » des contes d’Andersen qu’il s’agit ici. Mais une petite sirène revue et corrigée par Michel Berger.

Une version plutôt délirante, explique l’auteur avec un sourire ravi. L’histoire d’Andersen m’a juste servi de point de départ. Ce n’est pas une comédie musicale, mais plutôt un conte en musique baptisé « Emily ou la petite sirène 76 » avec des décors fous, et une réalisation signée Marion Sarraut.

La sirène à l’heure du berger. Il ne tient qu’à vous qu’elle ne se termine pas en queue de poisson. Car France Gall et Michel Berger espèrent bien récidiver, sur grand écran cette fois. Ils ont déjà le scénario ; ce sera un film musical bien sûr. Reste à trouver cette sorte de prince charmant à la bourse déliée, qu’on désigne de nos jours sous le nom de producteur. Mais ces comptes-là, ce ne sont plus ceux d’Andersen.

Magazine : Télé Poche
Date : 19 mai 1976
Numéro : 536
*source de certains textes : Wikipédia

La grande métamorphose de France Gall

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En apparence, France Gall n'a pas changé. Elle a gardé ce même visage d'en­fant qui incite les gens à lui de­mander son âge au bout de trois minutes de conversation.
En apparence, France Gall n'a pas changé. Elle a gardé ce même visage d'en­fant qui incite les gens à lui de­mander son âge au bout de trois minutes de conversation.

En apparence, elle n’a pas changé. Elle a gardé ce même visage d’en­fant qui incite les gens à lui de­mander son âge au bout de trois minutes de conversation.

Sa voix juvénile, sa frange blonde et ses blue-jeans contribuent à en faire ce personnage à part, à l’abri du temps. Oui, c’est bien France Gall qui chantait, voici douze ans (déjà), « Sacré Charlemagne».

Pourtant, à y regarder de plus près, le regard est plus direct, les éclats de rire plus chaleureux. Et surtout, France ne chante plus des comp­tines puériles ou des textes au second degré qui en faisaient une nymphette perverse. Son dernier disque, un 30 cm, le premier véri­table album de sa carrière, met en lumière une France Gall totalement nouvelle. Le changement est frap­pant. Pendant longtemps, nous avions connu une chanteuse de variétés qui interprétait, avec un talent certain (et plus ou moins de bonheur), les chansons qu’on lui proposait. Cette fois, il s’agit d’une véritable musicienne, concernée de toute évidence par la musique qu’elle sert, jouant de sa voix comme d’un instrument. Pour s’en convaincre, il suffit d’écouter, at­tentivement et à pleine puissance, « Comment lui dire » “Chanson d’une terrienne” ou l’un des dix autres titres inédits de cet album. La grande classe ! Evidemment, cette transformation n’a pas eu lieu du jour au lende­main, sur un simple coup de ba­guette magique. Il aura fallu un fameux concours de circonstances, une prise de conscience et une série de découvertes passionnantes pour en arriver là.

« Dans le temps, je faisais n’importe quoi ; ce qu’on me proposait, en fait. A chaque disque, on me donnait un nouveau directeur artistique. On ne me demandait pratiquement pas mon avis. Il faut avouer que je ne savais pas du tout ce que j’avais envie de faire. La seule chanson que j’ai choisie, c’était « Poupée de cire, poupée de son », pour le grand prix de l’Eurovision en 1965. Et encore, je n’avais pas fait attention aux paroles …»

Etonnante franchise de la part d’une artiste ! Quand on vous disait que France n’était plus tout à fait la même … C’est peut-être l’ambiance “paysanne” de la cuisine où nous nous trouvons qui favorise ainsi la confession. Ici, c’est le dépaysement total. Cette isba en bois au cœur du XVI arrondissement, ce silence étonnant, le cadre baroque de cette maison, nous sommes à dix mille lieues du show business. Tout en mettant de l’ordre dans sa collection de vieux pots de faïence, France poursuit son monologue:
Après ma période «petite vedette», je me suis retirée à la campagne. Je vivais avec mes animaux, portais de grandes robes romantiques et j’habitais une cage dorée. De temps en temps, j’enregistrais un disque. Je participais à quelques émissions de radio et de télé, puis je retournais à ma basse-cour.

Et puis, un jour … à Europe 1, un garçon m’a abordée dans les couloirs. Il m’a dit : « Ce que je vous ai entendu déclarer à la radio était stupide. Je tenais à vous le dire. » C’était Michel Berger. J’étais à la fois vexée et heureuse de rencontrer quelqu’un qui semblait s’intéresser à moi. J’ai tenu à prolonger cette conversation. Il ne m’a pas ménagée. Il m’a déclaré que je ne chantais que des chansons futiles, et bien d’autres gentillesses du même genre. Je lui ai demandé s’il voulait m’écrire des chansons. Il a refusé. A son avis, j’avais un passé trop lourd. Et puis, devant mon insistance, il s’est mis au travail. Résultat : deux titres merveilleux : “La Déclaration” et “Si je pouvais vraiment parler”. Pour les enregistrer, il a fallu que j’investisse personnellement mes derniers 10 000 francs. Heureusement que le disque s’est bien vendu ! Ce premier succès m’a redonné confiance. J’ai abandonné veaux, vaches, cochons, couvées et je me suis consacrée pleinement à la musique et à cet album. C’est tellement merveilleux de faire le bœuf avec des amis jusqu’au petit matin et d’enregistrer directement avec l’orchestre. J’ai eu l’impression de chanter pour la première fois. Quelque chose en moi s’est décoincé, d’un seul coup. Ce disque, c’était le mien ; totalement. Je me suis donc intéressée aux textes, aux mélodies, aux arrangements, au mixage. Tout en faisant confiance à Michel, bien sûr. Car, lui, il ne se trompe jamais. C’est incroyable, mais c’est vrai. Bref, j’ai fait mon premier disque heureux. »

C’est vrai qu’elle a l’air heureuse, France. Plus confiante, plus volontaire aussi. Elle a perdu son sourire mécanique de petite fille bien élevée et regarde droit dans les yeux, avec une assurance toute fraîche.
« Oui, j’ai changé, répond-elle à ma question muette. J’ai vingt-huit ans et je suis enfin devenue une femme. J’ai vécu des épreuves, des expériences. Cela m’a mûrie. J’ai appris la valeur des choses et des gens. Je ne m’agite plus comme une gamine. Je prends mon temps. Professionnellement, je refuse de faire n’importe quoi, comme par le passé. Finis les reportages de mode et les émissions de télévision débiles. J’ai appris à dire non. Cela m’a attiré certaines inimitiés, qui ne m’ennuient pas du tout. En contrepartie, je ne fais que ce qui me plaît.
Ma vie privée a suivi la même évolution. Je mène une vie rangée. Je partage une grande maison avec trois autres filles. Je fais des confitures, je vais au cinéma et je pille les boutiques des brocanteurs. J’ai des copains fantastiques avec qui je joue au starbille à longueur de soirées. J’ai un tas de projets en tête. Et je me sens bien dans ma peau. Pas toi ? »

Magazine : Salut les copains
Date : Mars 1976
Numéro : 163

France Gall en 1976

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France Gall en 1976, sélection de photographies des archives France Gall Collection
France Gall en 1976, clichés issus des archives France Gall Collection – francegallcollection.fr

1976, année très active pour France Gall entre studios, plateaux TV et une comédie musicale télé. En janvier paraît le 45 tours Atlantic 10 740 Comment lui dire / Samba mambo (versions Canada F 10740 et Japon P-4A, avec Chanson pour consoler). Elle en fait de nombreuses télés de janvier à juin pour les deux faces.

Au printemps, deuxième simple : Ce soir je ne dors pas / Big Fat Mamma (Atlantic 10789). La première, portée par les guitares de Claude Engel et Gérard Kawczynski, installe un climat plus nocturne ; la seconde assume un groove bluesy avec chœur gospel. Le 22 mai, l’émission Numéro 1 devient Émilie ou la Petite Sirène 76 : France Gall y tient le rôle d’Émilie aux côtés de Michel Berger, Eddy Mitchell, Françoise Hardy ou Rod Stewart. Deux titres en sortent en 45 tours en juin : Ça balance pas mal à Paris / Monologue d’Émilie (Warner Bros 16785). Le duo devient un grand succès et l’expression “ça balance…” entre dans le langage courant. France Gall apparaît aussi comme “Babou” aux chœurs sur l’album de Berger Mon piano danse (Warner 56316, 1976).

1976 voit également la compilation France Gall chez Music For Pleasure (MFP 2M 046-13.293), qui regroupe des enregistrements Pathé du début des années 1970.

Droits d’utilisation des photographies // Les photographies diffusées sur cette page sont présentées dans un objectif exclusivement informatif, culturel et documentaire. Elles visent à rendre hommage à l’œuvre et au parcours de France Gall, sans aucune vocation commerciale. France Gall Collection ne détient aucun droit de propriété sur ces visuels. Tous les droits (droits d’auteur, droits à l’image, etc.) sont la propriété de leurs ayants droit respectifs, notamment les photographes, agences ou maisons de production concernées. Conformément à l’article L122-5 du Code de la propriété intellectuelle, ces images sont mises en ligne dans le cadre du droit de citation, du droit à l’information et de la diffusion à but non lucratif. Il est strictement interdit de reproduire, copier, diffuser ou republier ces photographies sans mention de leur origine, sans lien vers la source ou sans indication des auteurs. Toute réutilisation à des fins personnelles, éditoriales ou commerciales sans autorisation explicite des ayants droit peut constituer une atteinte au droit d’auteur ou au droit à l’image, et engager la responsabilité civile ou pénale de l’utilisateur concerné. Toute personne ou entité estimant qu’un contenu porte atteinte à ses droits peut adresser une demande de retrait motivée à l’adresse suivante : contact@francegallcollection.fr. L’équipe s’engage à retirer dans les meilleurs délais tout contenu faisant l’objet d’un signalement fondé.

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France Gall : l’avenir des idoles dans les cartes

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Découvrez un article de presse de Salut les copains, publié en juin 1975. Une plongée dans la vie de France Gall, entre carrière, amour et famille.
Découvrez un article de presse de Salut les copains, publié en juin 1975. Une plongée dans la vie de France Gall, entre carrière, amour et famille.

Belle, gracieuse, délicate, harmonieuse, apparentée au monde de l’enfance et de l’adolescence, dotée d’une sensibilité à fleur de peau, pétillante, fugitive, profondément attachée à la vie, à la fois innocente et féline, France Gall oscille toujours entre deux mondes.

Les mois qui viennent ne bouleverseront pas son existence, mais lui apporteront les fruits de ce qu’elle aura semé.

Sa conscience professionnelle sera récompensée par une réussite enviable, mais ce ne sera pas encore le sommet de sa gloire. Pour atteindre le grand vedettariat, France devra s’imposer plus vivement. Le domaine du disque sera favorisé, mais ce n’est pas par lui qu’elle connaîtra la plus grande satisfaction. En plus de son talent, elle devra faire appel à son charme pour s’exprimer dans un domaine totalement nouveau pour elle. Beaucoup de publicité et d’articles de presse attireront l’attention sur elle à ce sujet. On parlera d’elle partout. Une idée venant d’elle (et indépendante de la chanson) lui donnera une grande joie. Un projet retardé la contrariera, mais elle ne devra pas s’inquiéter, car il sera mené à bien par un proche. Bien qu’elle soit de la race des sensuelles qui se construisent une vie confortable, agréable, raffinée, France sera contrainte, cette fois, de laisser sa vie professionnelle prendre le pas sur sa vie privée.

Les sentiments orienteront la vie de France et tendront parfois à la dominer. Pleinement féminine, elle s’identifiera à son compagnon (attention à l’esclavage affectif !), mais dans les mois futurs, son équilibre sentimental ne sera pas encore atteint. Un seul être ne pourra pas lui apporter tout ce qui est indispensable à son bon épanouissement. Un bébé s’annoncera tout de même, et sera merveilleusement accueilli. (Dois-je avouer mon trouble quant à l’identité de l’heureux papa ? …) Sa sensibilité, son intelligence particulièrement ouverte ne seront pas toujours en accord parfait avec elle-même. Par jeu et par plaisir de plaire, elle acceptera une autre rencontre d’origine étrangère, ce qui perturbera à nouveau l’harmonie souhaitée et recherchée dans sa vie privée. Mais il apparaît nettement que cet épisode n’effacera pas un souvenir bien vivant… celui d’un garçon, un chanteur, qui a pris une place importante dans sa vie. Mais ne lancez pas de nom à la légère…

Quelques problèmes financiers, ainsi que la vente d’une maison contrarieront la famille de France. La perte d’un animal l’attristera. Une femme âgée l’inquiétera pour des raisons de santé et France craindra le pire, mais à tort. Après un retard, le mariage d’un proche se déroulera dans la joie.

France essaiera de construire un équilibre sur deux tendances de tempérament opposées : l’une nerveuse, délicate, raffinée, l’autre à peine saisissable. Elle aura de grosses difficultés à trouver une harmonie sentimentale ; heureusement, sa vie professionnelle sera une réussite. Très positive, également, est l’arrivée du bébé qui contribuera en grande partie à son épanouissement.

Magazine : Salut les copains
Juin 1975
Numéro : 154

Le match Sheila France Gall

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Opposées en un combat loyal, Sheila et France Gall ont accepté de confronter leurs opinions et leurs connaissances.
Opposées en un combat loyal, Sheila et France Gall ont accepté de confronter leurs opinions et leurs connaissances.

Opposées en un combat loyal, Sheila et France Gall ont accepté de confronter leurs opinions et leurs connaissances.

A leur place, qu’auriez-vous répondu aux questions de S.L.C. ?

Avec quel artiste connu aimerais-tu chanter en duo ?

France : Michel Berger.

Sheila : Oh ! il y en a beau­coup. Disons Elvis Presley, Dean Martin, Sammy Da­vis junior et Ringo … Starr.

France paraît très reconnaissante envers son directeur artistique ! Quant à Sheila, son choix est prestigieux. A vous de juger. Quelle est la taille, le signe astrologique et la couleur des yeux de ta partenaire ?

France. 1, 70 m debout, 1,40 m assise, 60 cm en boule. Ses yeux sont cou­leur jean délavé et son signe astrologique est Lion.

Sheila. Elle doit mesurer 1,60 m. Ses yeux sont marron. Elle est Balance, je crois.

Bravo Sheila pour ce premier sans faute ! Mais France n’est pas loin de la vérité si ce n’est que les yeux de Sheila sont gris-vert et que ses mensurations assise et en boule sont le fruit d’une pure imagination. Quelles sont les trois qualités principales que tu deman­des à un homme ?

France. Le charme, la so­lidité et le goût de la musique.

Sheila. La volonté, la bonté, parce que c’est synonyme d’intelligence, et l’opiniâtreté.

Les réponses de France et de Sheila vous font-elles penser à quelqu’un ? Quel est le premier disque enregistré par ta partenaire ?

France. Jolie petite Sheila

Sheila. Je ne sais pas. Peut-être Sacré Charlemagne ou Poupée de cire, poupée de son. A moins que ce soit « Na na na na na … » Je me sou­viens de l’air, mais plus des paroles.

France a une excellente mémoire. Sheila a une mémoire exclusivement musicale puisqu’elle ne se souvient que de l’air de « Ne sois pas si bête». Quels sont les prénoms des enfants de Valéry Giscard d’Estaing?

France. Je ne sais pas du tout.

Sheila. Sa femme s’appelle Anne-Aymone. Quant à ses enfants, je pense qu’ils doivent se prénommer Jacyn­the et Henri.

Très net avantage à Sheila qui a cependant oublié de citer Valérie-Anne et Louis-Joachim. Quelle est la lettre la plus inattendue que tu aies reçue dernièrement ?

France. Elle disait ceci : “Pour votre récente venue dans notre quartier, la pa­roisse Saint-Philippe-du­ Roule vous souhaite la bienvenue”.

Sheila. Actuellement, les lettres que je reçois ne concernent que le bébé que j’attends … Je ne crois pas que ce soit très inattendu.

Dans le domaine artistique, quel est ton rêve le plus cher ?

France. Je rêve de faire un pas de deux avec Fred Astaire.

Sheila. Ma vie est faite de rêves. Il faut rêver sans cesse, sans quoi la vie est impossible… J’aimerais faire le tour du monde en chantant.

Quelle chanson de ta partenaire aurais-tu aimé chanter ?

France. Nous n’avons pas la même tessiture vocale et je crois qu’il me serait difficile de puiser dans le répertoire de Sheila.

Sheila. J’aime surtout les deux dernières, « Aime-la » et « La déclaration ».

Sheila marque encore un point. France Gall est bien modeste de dire qu’elle ne se sent pas capable d’inter­préter une chanson de Sheila. Nous l’imaginons pourtant très bien en train de chanter « Laisse les gondoles à Venise » avec Michel Berger, son partenaire favori. Comment dors-tu ?

France. Avec un pyjama d’homme.

Sheila. En t-shirt, dans un grand lit, sur le ventre et jamais seule.

Quel est le prénom masculin le plus répandu dans le monde de la chanson actuelle ?

France. Ce doit être Claude ou Michel.

Sheila. Voyons, Michel Sardou, Michel Jonasz, Mi­­chel Delpech, Michel Pol­nareff, Michel Chevalier, Michel Mallory, Michèle Torr, Michel Fugain … C’est sûrement Michel.

Un bon point de plus pour Sheila. Quel est l’écrivain qui a eu le prix Goncourt en 1974 ?

France. Je n’en ai aucune idée mais je suis en train d’écrire le prix Goncourt 1975.

Sheila. Je ne sais pas du tout. Je m’intéresse plutôt d’écrire aux disques d’or.

Il s’agit de Pascal Lainé avec son roman « La dentellière». paru chez Gallimard. Bonne chance à France Gall pour son roman ! Quand tu as bu un petit verre de trop, as-tu un comporte­ment bien particulier ?

France. Je m’installe au piano, bien que je ne sache pas en jouer, et je chante très fort toutes les chansons qui me passent par la tête.

Sheila. Je me mets à danser comme une folle.

Même légèrement gaies, nos deux chanteuses conser­vent un tempérament d’artiste ! Quelles personnalités aimerais-tu avoir à ta table ?

France. John Lennon pour les vivants, Boris Vian, Marilyn Monroe et Einstein pour les illustres regrettés.

Sheila. Charlie Chaplin, le président Mao Tsé-toung et Simone Veil.

Quel est le nom du musicien qui figure sur les nouveaux billets de dix francs ?

France. Je crois qu’il s’agit de Claude Carrère.

Sheila. Je n’ai encore pas vu ces nouveaux billets, mais il paraît que Michel Berger sera en effigie sur les nouvelles pièces de un centime.

Zéro à toutes les deux en dépit d’un certain humour. Il s’agit de Berlioz. Quel métier exercerais-tu volontiers en dehors de la chanson ?

France. J’aimerais être co­médienne.

Sheila. Je n’envisage abso­lument pas d’arrêter de chanter. Si je devais le faire, je resterais quand même dans le monde du show-business.

Magazine : Salut les copains
Date : Mars 1975
Numéro : 151