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France Gall : Voix nouvelle pour une nouvelle voie

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Michel Berger et France Gall ne se quittent pratiquement plus. Ensemble, ils ont filé à l'anglaise... à Londres. .
Michel Berger et France Gall ne se quittent pratiquement plus. Ensemble, ils ont filé à l'anglaise... à Londres. .
France Gall : Voix nouvelle pour une nouvelle voie

Numéro Un : Michel Berger avec France Gall.

Émission de Maritie et Gilbert Carpentier avec la collaboration de Monique Salmon, Catherine Clément, Stéphanie de Grombrugghe, Pierre Fournier-Bidoz. Costumes : Michel Fresnay. Décors : François Pontet. Musiques originales de Michel Berger. Textes de Michel Berger et Frank Lipsik. Réalisation : Marion Sarraut.

Emily ou la petite sirène 1976

Michel Berger a voulu que son « numéro un » se présente sous forme de comédie musicale et spécialement pour l’émission il a composé des musiques et écrit avec son ami Frank Lipsik des chansons originales. Un décor futuriste a également été imaginé.

Ne cachant pas son admiration pour Hans Andersen, l’auteur des célèbres contes, Michel Berger a imaginé une version 1976 de « La petite sirène », une petite sirène qui va avoir le joli minois de France Gall. En accompagnant son père (Christophe), directeur de la photographie, sur un plateau de télévision, la jeune Emily (France Gall) tombe amoureuse d’un caméraman (Patrick Bouchitey). Cet amour va-t-il être partagé ?

DISTRIBUTION

Emily : France Gall ; le professeur de rock : Eddy Mitchell ; les élèves danseuses , Vannick Le Poulain, Marie-Hélène Breillat ; le père d’Emily : Christophe ; le producteur : Michel Berger; la productrice : Martine Kelly; un chanteur américain : Rod Stewart; le cameraman : Patrick Bouchitey; la marraine : Nicole Croisille ; la star : Françoise Hardy ; la récitante : Marie-France Pisier ; le livreur de piano : Jacques Dutronc.

*Jacques Dutronc devait figurer amicalement en « livreur de piano », ce qui ne s’est finalement pas concrétisé.
C’est l’actrice Marie-Hélène Breillat qui devait incarner, avec Vannick Le Poulain, l’une des deux sœurs d’Émilie. Pour une raison indéterminée, c’est Rima Vetter qui la remplaça in extremis.

*Michel Berger et France Gall auraient souhaité que les chansons de ce conte musical fassent l’objet de l’édition d’un album. Malheureusement, à cause de la multiplicité des labels auxquels appartenaient les différents artistes, ce fut irréalisable et c’est pour cela que ne parut qu’un single sous le seul label WEA : Ca balance pas mal à Paris.


Elle était blonde, portait des minijupes, des rubans dans les cheveux, et égrenait des airs rose-bonbon d’une voix acidulée. Elle est blonde, porte des jeans, une casquette sur la tête, et interprète des chansons de toutes les couleurs, d’une voix chaude et posée. Elle s’appelait France Gall. Elle s’appelle France Gall. Question d’identité. Depuis qu’elle ne déguste plus de sucettes à l’anis, France s’est découvert un berger, prénommé Michel. Prétexte à faire une fois pour toutes une déclaration. Sa déclaration. Celle d’une jeune chanteuse bien décidée à faire désormais ce qui lui plaît. Pour le prouver, les Carpentier lui confient samedi, pour la « toute toute première fois, leur « Numéro Un ». Son « Numéro Un », Mais la nouvelle France Gall n’a déjà plus beaucoup d’essais à marquer.

Un univers de coussins. Des grands, des gros, des petits, des ronds, des rectangulaires, imprimés ou brodés. C’est le nid de France Gall, au bout d’une allée de marronniers, en plein cœur de Paris. Un nid douillet, certes, mais qui abrite désormais quelqu’un bien décidé à voler de ses propres ailes.

« Sacré Charlemagne » ou « Bébé requin » c’est fini, affirme-t-elle. A l’époque, j’avais seize ans, je chantais des chansons de mon âge. J’étais plus ou moins « manipulée », c’est vrai. Qui, dans ma situation, ne l’aurait pas été ? Je ne regrette pas cette période, mais je ne pouvais pas éternellement jouer les petites filles perverses.

Qui a eu cette idée folle, un Jour, d’inventer les « tubes » ? Pas Charlemagne en tout cas !

J’ai enregistré beaucoup de choses que je n’aimais pas. Les « faces B » de quarante-cinq tours par exemple. Les gens avec qui je travaillais étalent obnubilés par la politique du « tube et moi je m’en remettais souvent à eux.

Un entourage de talent, pourtant. Un père qui n’a fait rien moins que d’écrire la célèbre « Mamma » de Charles Aznavour, par exemple, entre autres succès signés Robert Gall. Et puis l’ombre de Serge Gainsbourg, « le plus mal rasé de la chanson » dont le moins qu’on puisse dire est que s’il s’exprime souvent par monosyllabe, il ne compose pas avec son rasoir.

Avec mon père, ça été un peu un déchirement. Depuis quelques années il n’écrivait plus, mais je crois qu’il va s’y remettre. Quant à Serge Gainsbourg, on a souvent dit qu’il s’amusait à travers moi et mon personnage. C’est vrai que je ne comprenais pas toutes les chansons qu’il m’écrivait. « Les sucettes à l’anis », par exemple. Récemment, j’ai redécouvert les paroles de « Poupée de cire, poupée de son », ma chanson de l’Eurovision 1965. J’ai été étonnée par leur richesse et leur qualité. Je pense que les meilleures chansons qu’a faites Serge sont celles qu’il m’a données.

Et puis, un jour, le « bébé requin » s’est tu.

Il vient un moment où l’on se lasse de jouer à la poupée, fut-elle de cire ou de son. Un silence réparateur.

Je me suis arrêtée de chanter pendant deux ou trois ans, parce que je ne trouvais pas de chansons qui me plaisaient. Je voulais qu’on oublie l’image de marque que j’avais et dont j’ai eu du mal à me débarrasser. Et puis j’ai rencontré Michel Berger. Celui dont on parle, le jeune auteur qui a le vent du show-business à la poupe de son piano, c’est Michel Berger. Avec les chansons qu’il lui a ciselées sur mesure, France Gall a pu enregistrer le 33 tours dont elle rêvait, son premier en douze ans de métier. Nul besoin d’additionner sournoisement, France a vingt-huit ans. Un âge qu’elle revendiqua avec la fougue d’une carrière retrouvée. Une voix nouvelle pour une nouvelle voie. France a franchi ses frontières avec allégresse. Comme dans ce « Numéro Un » où elle se métamorphose en sirène. Inutile de vous attacher à vos fauteuils, comme le fit jadis un dénommé Ulysse, pour résister à son charme. Et ne vous bouchez surtout pas les oreilles. Car c’est de la « petite sirène » des contes d’Andersen qu’il s’agit ici. Mais une petite sirène revue et corrigée par Michel Berger.

Une version plutôt délirante, explique l’auteur avec un sourire ravi. L’histoire d’Andersen m’a juste servi de point de départ. Ce n’est pas une comédie musicale, mais plutôt un conte en musique baptisé « Emily ou la petite sirène 76 » avec des décors fous, et une réalisation signée Marion Sarraut.

La sirène à l’heure du berger. Il ne tient qu’à vous qu’elle ne se termine pas en queue de poisson. Car France Gall et Michel Berger espèrent bien récidiver, sur grand écran cette fois. Ils ont déjà le scénario ; ce sera un film musical bien sûr. Reste à trouver cette sorte de prince charmant à la bourse déliée, qu’on désigne de nos jours sous le nom de producteur. Mais ces comptes-là, ce ne sont plus ceux d’Andersen.

Magazine : Télé Poche
Date : 19 mai 1976
Numéro : 536
*source de certains textes : Wikipédia

La grande métamorphose de France Gall

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En apparence, France Gall n'a pas changé. Elle a gardé ce même visage d'en­fant qui incite les gens à lui de­mander son âge au bout de trois minutes de conversation.
En apparence, France Gall n'a pas changé. Elle a gardé ce même visage d'en­fant qui incite les gens à lui de­mander son âge au bout de trois minutes de conversation.
La grande métamorphose de France Gall

En apparence, elle n’a pas changé. Elle a gardé ce même visage d’en­fant qui incite les gens à lui de­mander son âge au bout de trois minutes de conversation.

Sa voix juvénile, sa frange blonde et ses blue-jeans contribuent à en faire ce personnage à part, à l’abri du temps. Oui, c’est bien France Gall qui chantait, voici douze ans (déjà), « Sacré Charlemagne».

Pourtant, à y regarder de plus près, le regard est plus direct, les éclats de rire plus chaleureux. Et surtout, France ne chante plus des comp­tines puériles ou des textes au second degré qui en faisaient une nymphette perverse. Son dernier disque, un 30 cm, le premier véri­table album de sa carrière, met en lumière une France Gall totalement nouvelle. Le changement est frap­pant. Pendant longtemps, nous avions connu une chanteuse de variétés qui interprétait, avec un talent certain (et plus ou moins de bonheur), les chansons qu’on lui proposait. Cette fois, il s’agit d’une véritable musicienne, concernée de toute évidence par la musique qu’elle sert, jouant de sa voix comme d’un instrument. Pour s’en convaincre, il suffit d’écouter, at­tentivement et à pleine puissance, « Comment lui dire » “Chanson d’une terrienne” ou l’un des dix autres titres inédits de cet album. La grande classe ! Evidemment, cette transformation n’a pas eu lieu du jour au lende­main, sur un simple coup de ba­guette magique. Il aura fallu un fameux concours de circonstances, une prise de conscience et une série de découvertes passionnantes pour en arriver là.

« Dans le temps, je faisais n’importe quoi ; ce qu’on me proposait, en fait. A chaque disque, on me donnait un nouveau directeur artistique. On ne me demandait pratiquement pas mon avis. Il faut avouer que je ne savais pas du tout ce que j’avais envie de faire. La seule chanson que j’ai choisie, c’était « Poupée de cire, poupée de son », pour le grand prix de l’Eurovision en 1965. Et encore, je n’avais pas fait attention aux paroles …»

Etonnante franchise de la part d’une artiste ! Quand on vous disait que France n’était plus tout à fait la même … C’est peut-être l’ambiance “paysanne” de la cuisine où nous nous trouvons qui favorise ainsi la confession. Ici, c’est le dépaysement total. Cette isba en bois au cœur du XVI arrondissement, ce silence étonnant, le cadre baroque de cette maison, nous sommes à dix mille lieues du show business. Tout en mettant de l’ordre dans sa collection de vieux pots de faïence, France poursuit son monologue:
Après ma période «petite vedette», je me suis retirée à la campagne. Je vivais avec mes animaux, portais de grandes robes romantiques et j’habitais une cage dorée. De temps en temps, j’enregistrais un disque. Je participais à quelques émissions de radio et de télé, puis je retournais à ma basse-cour.

Et puis, un jour … à Europe 1, un garçon m’a abordée dans les couloirs. Il m’a dit : « Ce que je vous ai entendu déclarer à la radio était stupide. Je tenais à vous le dire. » C’était Michel Berger. J’étais à la fois vexée et heureuse de rencontrer quelqu’un qui semblait s’intéresser à moi. J’ai tenu à prolonger cette conversation. Il ne m’a pas ménagée. Il m’a déclaré que je ne chantais que des chansons futiles, et bien d’autres gentillesses du même genre. Je lui ai demandé s’il voulait m’écrire des chansons. Il a refusé. A son avis, j’avais un passé trop lourd. Et puis, devant mon insistance, il s’est mis au travail. Résultat : deux titres merveilleux : “La Déclaration” et “Si je pouvais vraiment parler”. Pour les enregistrer, il a fallu que j’investisse personnellement mes derniers 10 000 francs. Heureusement que le disque s’est bien vendu ! Ce premier succès m’a redonné confiance. J’ai abandonné veaux, vaches, cochons, couvées et je me suis consacrée pleinement à la musique et à cet album. C’est tellement merveilleux de faire le bœuf avec des amis jusqu’au petit matin et d’enregistrer directement avec l’orchestre. J’ai eu l’impression de chanter pour la première fois. Quelque chose en moi s’est décoincé, d’un seul coup. Ce disque, c’était le mien ; totalement. Je me suis donc intéressée aux textes, aux mélodies, aux arrangements, au mixage. Tout en faisant confiance à Michel, bien sûr. Car, lui, il ne se trompe jamais. C’est incroyable, mais c’est vrai. Bref, j’ai fait mon premier disque heureux. »

C’est vrai qu’elle a l’air heureuse, France. Plus confiante, plus volontaire aussi. Elle a perdu son sourire mécanique de petite fille bien élevée et regarde droit dans les yeux, avec une assurance toute fraîche.
« Oui, j’ai changé, répond-elle à ma question muette. J’ai vingt-huit ans et je suis enfin devenue une femme. J’ai vécu des épreuves, des expériences. Cela m’a mûrie. J’ai appris la valeur des choses et des gens. Je ne m’agite plus comme une gamine. Je prends mon temps. Professionnellement, je refuse de faire n’importe quoi, comme par le passé. Finis les reportages de mode et les émissions de télévision débiles. J’ai appris à dire non. Cela m’a attiré certaines inimitiés, qui ne m’ennuient pas du tout. En contrepartie, je ne fais que ce qui me plaît.
Ma vie privée a suivi la même évolution. Je mène une vie rangée. Je partage une grande maison avec trois autres filles. Je fais des confitures, je vais au cinéma et je pille les boutiques des brocanteurs. J’ai des copains fantastiques avec qui je joue au starbille à longueur de soirées. J’ai un tas de projets en tête. Et je me sens bien dans ma peau. Pas toi ? »

Magazine : Salut les copains
Date : Mars 1976
Numéro : 163

France Gall en 1976

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France Gall en 1976, sélection de photographies des archives France Gall Collection
France Gall en 1976, clichés issus des archives France Gall Collection – francegallcollection.fr

1976, année très active pour France Gall entre studios, plateaux TV et une comédie musicale télé. En janvier paraît le 45 tours Atlantic 10 740 Comment lui dire / Samba mambo (versions Canada F 10740 et Japon P-4A, avec Chanson pour consoler). Elle en fait de nombreuses télés de janvier à juin pour les deux faces.

Au printemps, deuxième simple : Ce soir je ne dors pas / Big Fat Mamma (Atlantic 10789). La première, portée par les guitares de Claude Engel et Gérard Kawczynski, installe un climat plus nocturne ; la seconde assume un groove bluesy avec chœur gospel. Le 22 mai, l’émission Numéro 1 devient Émilie ou la Petite Sirène 76 : France Gall y tient le rôle d’Émilie aux côtés de Michel Berger, Eddy Mitchell, Françoise Hardy ou Rod Stewart. Deux titres en sortent en 45 tours en juin : Ça balance pas mal à Paris / Monologue d’Émilie (Warner Bros 16785). Le duo devient un grand succès et l’expression “ça balance…” entre dans le langage courant. France Gall apparaît aussi comme “Babou” aux chœurs sur l’album de Berger Mon piano danse (Warner 56316, 1976).

1976 voit également la compilation France Gall chez Music For Pleasure (MFP 2M 046-13.293), qui regroupe des enregistrements Pathé du début des années 1970.

Droits d’utilisation des photographies // Les photographies diffusées sur cette page sont présentées dans un objectif exclusivement informatif, culturel et documentaire. Elles visent à rendre hommage à l’œuvre et au parcours de France Gall, sans aucune vocation commerciale. France Gall Collection ne détient aucun droit de propriété sur ces visuels. Tous les droits (droits d’auteur, droits à l’image, etc.) sont la propriété de leurs ayants droit respectifs, notamment les photographes, agences ou maisons de production concernées. Conformément à l’article L122-5 du Code de la propriété intellectuelle, ces images sont mises en ligne dans le cadre du droit de citation, du droit à l’information et de la diffusion à but non lucratif. Il est strictement interdit de reproduire, copier, diffuser ou republier ces photographies sans mention de leur origine, sans lien vers la source ou sans indication des auteurs. Toute réutilisation à des fins personnelles, éditoriales ou commerciales sans autorisation explicite des ayants droit peut constituer une atteinte au droit d’auteur ou au droit à l’image, et engager la responsabilité civile ou pénale de l’utilisateur concerné. Toute personne ou entité estimant qu’un contenu porte atteinte à ses droits peut adresser une demande de retrait motivée à l’adresse suivante : contact@francegallcollection.fr. L’équipe s’engage à retirer dans les meilleurs délais tout contenu faisant l’objet d’un signalement fondé.

Textes librement inspirés du livre : France Gall l’intégrale / L’histoire de tous ses disques par Norman Barreau-Gély aux Editions EPA avec les pochettes de France Gall Collection

France Gall : l’avenir des idoles dans les cartes

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Découvrez un article de presse de Salut les copains, publié en juin 1975. Une plongée dans la vie de France Gall, entre carrière, amour et famille.
Découvrez un article de presse de Salut les copains, publié en juin 1975. Une plongée dans la vie de France Gall, entre carrière, amour et famille.
France Gall : l’avenir des idoles dans les cartes

Belle, gracieuse, délicate, harmonieuse, apparentée au monde de l’enfance et de l’adolescence, dotée d’une sensibilité à fleur de peau, pétillante, fugitive, profondément attachée à la vie, à la fois innocente et féline, France Gall oscille toujours entre deux mondes.

Les mois qui viennent ne bouleverseront pas son existence, mais lui apporteront les fruits de ce qu’elle aura semé.

Sa conscience professionnelle sera récompensée par une réussite enviable, mais ce ne sera pas encore le sommet de sa gloire. Pour atteindre le grand vedettariat, France devra s’imposer plus vivement. Le domaine du disque sera favorisé, mais ce n’est pas par lui qu’elle connaîtra la plus grande satisfaction. En plus de son talent, elle devra faire appel à son charme pour s’exprimer dans un domaine totalement nouveau pour elle. Beaucoup de publicité et d’articles de presse attireront l’attention sur elle à ce sujet. On parlera d’elle partout. Une idée venant d’elle (et indépendante de la chanson) lui donnera une grande joie. Un projet retardé la contrariera, mais elle ne devra pas s’inquiéter, car il sera mené à bien par un proche. Bien qu’elle soit de la race des sensuelles qui se construisent une vie confortable, agréable, raffinée, France sera contrainte, cette fois, de laisser sa vie professionnelle prendre le pas sur sa vie privée.

Les sentiments orienteront la vie de France et tendront parfois à la dominer. Pleinement féminine, elle s’identifiera à son compagnon (attention à l’esclavage affectif !), mais dans les mois futurs, son équilibre sentimental ne sera pas encore atteint. Un seul être ne pourra pas lui apporter tout ce qui est indispensable à son bon épanouissement. Un bébé s’annoncera tout de même, et sera merveilleusement accueilli. (Dois-je avouer mon trouble quant à l’identité de l’heureux papa ? …) Sa sensibilité, son intelligence particulièrement ouverte ne seront pas toujours en accord parfait avec elle-même. Par jeu et par plaisir de plaire, elle acceptera une autre rencontre d’origine étrangère, ce qui perturbera à nouveau l’harmonie souhaitée et recherchée dans sa vie privée. Mais il apparaît nettement que cet épisode n’effacera pas un souvenir bien vivant… celui d’un garçon, un chanteur, qui a pris une place importante dans sa vie. Mais ne lancez pas de nom à la légère…

Quelques problèmes financiers, ainsi que la vente d’une maison contrarieront la famille de France. La perte d’un animal l’attristera. Une femme âgée l’inquiétera pour des raisons de santé et France craindra le pire, mais à tort. Après un retard, le mariage d’un proche se déroulera dans la joie.

France essaiera de construire un équilibre sur deux tendances de tempérament opposées : l’une nerveuse, délicate, raffinée, l’autre à peine saisissable. Elle aura de grosses difficultés à trouver une harmonie sentimentale ; heureusement, sa vie professionnelle sera une réussite. Très positive, également, est l’arrivée du bébé qui contribuera en grande partie à son épanouissement.

Magazine : Salut les copains
Juin 1975
Numéro : 154

Le match Sheila France Gall

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Opposées en un combat loyal, Sheila et France Gall ont accepté de confronter leurs opinions et leurs connaissances.
Opposées en un combat loyal, Sheila et France Gall ont accepté de confronter leurs opinions et leurs connaissances.
Le match Sheila France Gall

Opposées en un combat loyal, Sheila et France Gall ont accepté de confronter leurs opinions et leurs connaissances.

A leur place, qu’auriez-vous répondu aux questions de S.L.C. ?

Avec quel artiste connu aimerais-tu chanter en duo ?

France : Michel Berger.

Sheila : Oh ! il y en a beau­coup. Disons Elvis Presley, Dean Martin, Sammy Da­vis junior et Ringo … Starr.

France paraît très reconnaissante envers son directeur artistique ! Quant à Sheila, son choix est prestigieux. A vous de juger. Quelle est la taille, le signe astrologique et la couleur des yeux de ta partenaire ?

France. 1, 70 m debout, 1,40 m assise, 60 cm en boule. Ses yeux sont cou­leur jean délavé et son signe astrologique est Lion.

Sheila. Elle doit mesurer 1,60 m. Ses yeux sont marron. Elle est Balance, je crois.

Bravo Sheila pour ce premier sans faute ! Mais France n’est pas loin de la vérité si ce n’est que les yeux de Sheila sont gris-vert et que ses mensurations assise et en boule sont le fruit d’une pure imagination. Quelles sont les trois qualités principales que tu deman­des à un homme ?

France. Le charme, la so­lidité et le goût de la musique.

Sheila. La volonté, la bonté, parce que c’est synonyme d’intelligence, et l’opiniâtreté.

Les réponses de France et de Sheila vous font-elles penser à quelqu’un ? Quel est le premier disque enregistré par ta partenaire ?

France. Jolie petite Sheila

Sheila. Je ne sais pas. Peut-être Sacré Charlemagne ou Poupée de cire, poupée de son. A moins que ce soit « Na na na na na … » Je me sou­viens de l’air, mais plus des paroles.

France a une excellente mémoire. Sheila a une mémoire exclusivement musicale puisqu’elle ne se souvient que de l’air de « Ne sois pas si bête». Quels sont les prénoms des enfants de Valéry Giscard d’Estaing?

France. Je ne sais pas du tout.

Sheila. Sa femme s’appelle Anne-Aymone. Quant à ses enfants, je pense qu’ils doivent se prénommer Jacyn­the et Henri.

Très net avantage à Sheila qui a cependant oublié de citer Valérie-Anne et Louis-Joachim. Quelle est la lettre la plus inattendue que tu aies reçue dernièrement ?

France. Elle disait ceci : “Pour votre récente venue dans notre quartier, la pa­roisse Saint-Philippe-du­ Roule vous souhaite la bienvenue”.

Sheila. Actuellement, les lettres que je reçois ne concernent que le bébé que j’attends … Je ne crois pas que ce soit très inattendu.

Dans le domaine artistique, quel est ton rêve le plus cher ?

France. Je rêve de faire un pas de deux avec Fred Astaire.

Sheila. Ma vie est faite de rêves. Il faut rêver sans cesse, sans quoi la vie est impossible… J’aimerais faire le tour du monde en chantant.

Quelle chanson de ta partenaire aurais-tu aimé chanter ?

France. Nous n’avons pas la même tessiture vocale et je crois qu’il me serait difficile de puiser dans le répertoire de Sheila.

Sheila. J’aime surtout les deux dernières, « Aime-la » et « La déclaration ».

Sheila marque encore un point. France Gall est bien modeste de dire qu’elle ne se sent pas capable d’inter­préter une chanson de Sheila. Nous l’imaginons pourtant très bien en train de chanter « Laisse les gondoles à Venise » avec Michel Berger, son partenaire favori. Comment dors-tu ?

France. Avec un pyjama d’homme.

Sheila. En t-shirt, dans un grand lit, sur le ventre et jamais seule.

Quel est le prénom masculin le plus répandu dans le monde de la chanson actuelle ?

France. Ce doit être Claude ou Michel.

Sheila. Voyons, Michel Sardou, Michel Jonasz, Mi­­chel Delpech, Michel Pol­nareff, Michel Chevalier, Michel Mallory, Michèle Torr, Michel Fugain … C’est sûrement Michel.

Un bon point de plus pour Sheila. Quel est l’écrivain qui a eu le prix Goncourt en 1974 ?

France. Je n’en ai aucune idée mais je suis en train d’écrire le prix Goncourt 1975.

Sheila. Je ne sais pas du tout. Je m’intéresse plutôt d’écrire aux disques d’or.

Il s’agit de Pascal Lainé avec son roman « La dentellière». paru chez Gallimard. Bonne chance à France Gall pour son roman ! Quand tu as bu un petit verre de trop, as-tu un comporte­ment bien particulier ?

France. Je m’installe au piano, bien que je ne sache pas en jouer, et je chante très fort toutes les chansons qui me passent par la tête.

Sheila. Je me mets à danser comme une folle.

Même légèrement gaies, nos deux chanteuses conser­vent un tempérament d’artiste ! Quelles personnalités aimerais-tu avoir à ta table ?

France. John Lennon pour les vivants, Boris Vian, Marilyn Monroe et Einstein pour les illustres regrettés.

Sheila. Charlie Chaplin, le président Mao Tsé-toung et Simone Veil.

Quel est le nom du musicien qui figure sur les nouveaux billets de dix francs ?

France. Je crois qu’il s’agit de Claude Carrère.

Sheila. Je n’ai encore pas vu ces nouveaux billets, mais il paraît que Michel Berger sera en effigie sur les nouvelles pièces de un centime.

Zéro à toutes les deux en dépit d’un certain humour. Il s’agit de Berlioz. Quel métier exercerais-tu volontiers en dehors de la chanson ?

France. J’aimerais être co­médienne.

Sheila. Je n’envisage abso­lument pas d’arrêter de chanter. Si je devais le faire, je resterais quand même dans le monde du show-business.

Magazine : Salut les copains
Date : Mars 1975
Numéro : 151

France Gall en 1975

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France Gall en 1975, portrait en tenue rayée, visuel de présentation des galeries photos – francegallcollection.fr
France Gall en 1975, une année marquée par de nombreuses séances photo – francegallcollection.fr

1975 marque un tournant : France Gall entre en studio pour concevoir un véritable album de A à Z avec Michel Berger. Enregistré au studio Gang (Paris) avec Claude Engel et Gérard Kawczynski aux guitares, André Sitbon et Christian Padovan à la basse, l’album France Gall installe une signature sonore centrée sur le piano de Berger.

Paru en décembre 1975 chez Atlantic, il sort d’abord en cassette puis en 33 tours (réf. 50 210), avec éditions au Japon (LP P-10171A) et au Canada (cartouche 8-pistes). On y retrouve notamment Comment lui dire, La Déclaration d’amour (version remixée pour l’album), Samba mambo et Big Fat Mamma. Cette année-là, les deux artistes croisent aussi leurs voix au générique du film Sérieux comme le plaisir, sorti en janvier 1975. Enfin, France Gall apparaît aux chœurs sur L’amour est là dans l’album de Michel Berger Que l’amour est bizarre (Warner – 56144, 1975), signe supplémentaire d’un partenariat artistique qui se structure. 

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Textes librement inspirés du livre : France Gall l’intégrale / L’histoire de tous ses disques par Norman Barreau-Gély aux Editions EPA avec les pochettes de France Gall Collection

Les vendanges de France Gall

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France Gall a goûté les meilleures cuvées de la prestigieuse maison Moët et Chandon. Dans quelques jours, dans la plupart des familles de France, le champagne pétillera sur les tables.
France Gall a goûté les meilleures cuvées de la prestigieuse maison Moët et Chandon. Dans quelques jours, dans la plupart des familles de France, le champagne pétillera sur les tables.
Les vendanges de France Gall

France a goûté les meilleures cuvées de la prestigieuse Maison Moët et Chandon. Dans quelques jours, dans la plupart des familles de France, le champagne pétillera sur les tables. Mais France Gall, elle, a pris de l’avance.

De passage à Epernay, elle a surpris les vendangeurs en plein travail et s’est fait expliquer la patiente alchimie qui préside à la fabrication de ce vin merveilleux.

Ainsi, France a-t-elle appris que, malgré sa couleur, le champagne est fait avec des rai­sins rouges (sauf le blanc de blancs), qu’il est courant d’assembler quinze ou vingt crus différents pour obtenir la qualité parfaite, que c’est l’adjonction du sucre de canne qui “fait” la mousse, que chaque bouteille est “remuée” chaque jour en cave pendant de nombreux mois et qu’après le dégor­gement (élimination du dépôt dû à la fermentation), on y ajoute une petite quantité de liqueur. Etonnantes opéra­tions, faites par des vignerons experts et amoureux de leur travail, qui per­pétuent ainsi des traditions séculai­res. France, bien sûr, a pris le verre de l’amitié avec les vendangeurs d’Epernay.

Désor­mais« initiée», elle ne boira plus jamais un verre de champagne de la même façon qu’auparavant …

Magazine : Salut les copains
Date : Décembre 1974
Numéro : 148

France Gall, l’étoile du Berger

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Michel Berger et France Gall ne se quittent pratiquement plus. Ensemble, ils ont filé à l'anglaise... à Londres. .
Michel Berger et France Gall ne se quittent pratiquement plus. Ensemble, ils ont filé à l'anglaise... à Londres. .
France Gall, l'étoile du Berger

Michel Berger et France Gall ne se quittent pratiquement plus. Ensemble, ils ont filé à l’anglaise… à Londres. Est-ce la naissance d’une idylle ? C’est surtout la naissance d’un disque …

Londres sous la pluie, c’est normal. Un studio anglais plein de musiciens anglais de qualité, c’est normal aussi.

Mais le même studio pris d’assaut par trois Français aux idées bien arrêtées, c’est plus inha­bituel. Les personnages ? Michel Berger, France Gall, Michel Bernholc.

Le premier dirigeant les deux autres et leur insufflant son talent d’auteur-compositeur à la fois riche, écorché et profondément roman­tique, Michel, dont le dernier 30 cm était un petit chef-d’œuvre, ne se contente pas d’interpréter ce qu’il a au fond du cœur. Il crée pour les autres, et depuis qu’il a rencontré France Gall, est née entre eux une belle idylle musicale.

La voix de France, longtemps inemployée (ou mal employée), a trouvé à s’exprimer avec « La déclaration». Aujour­d’hui, cela va beaucoup plus loin. A quelle alchimie se livrent-ils dans ce studio perdu de la banlieue de Londres où l’on risque à chaque instant de croiser Rod Stewart, Cat Stevens ou Paul McCartney ? Ce serait simplifier à l’excès de dire qu’ils font un disque. Michel Berger, en effet, a écrit une véritable histoire à partir d’un fait divers qui a boule­versé, voici quelques mois, toute l’Amérique : l’enlèvement de Patricia Hearst, la fille du milliardaire William Randolph Hearst, magnat de la presse américaine. Inspiré par cette tragédie « de notre temps », Michel a créé – textes et musiques – une série de chan­sons reliées les unes aux autres, où son héroïne (qui s’appellera Ange­lina Dumas), pour lutter contre le système bourgeois dont elle est le fruit, acceptera d’assumer des sentiments amoureux vis-à-vis de l’un de ses ravisseurs. Dans ce disque-choc, Michel et France se don­neront la réplique, et la richesse musicale (et vocale) de l’ensemble devrait être tout à fait originale.

France, dont la voix très typée et la large tessiture sont indiscutables, semble enthou­siasmée par cet album, dont il sera extrait un 45 t interprété par elle et un autre interprété par Michel. Alors, voilà pourquoi France et Michel ont filé à l’anglaise. Ici, à Londres, où tout est possible grâce à un preneur de son génialement fou (Mike Bobak) et des musiciens aussi précis que talentueux, est en train de naître une œuvre au sens le plus classique du mot. Troi­sième larron : Michel Bernholc. C’est l’arrangeur de Michel. Et aussi son confident (musical), son ombre, son ami, son double. Ils ont toujours tra­vaillé ensemble. Ils se comprennent sans parler. Ils parlent le même lan­gage, celui de la musique. Bernholc est allé travailler à Los Angeles. N’ayant pas de piano dans sa chambre d’hôtel, il écrivait ses arrangements en pianotant sur une table ! Michel, lui, ne crée que dans l’angoisse. Dans le taxi qui l’emmène au studio, il écrit, rature, écrit de nouveau. Il fignole les mots et les phrases. Il ne supporte rien, excepté la perfection. France vocalise doucement, en regar­dant les rues mouillées. Il y a identité parfaite entre la fraîcheur de son visage et celle de sa voix. Aujourd’hui, deux nouveaux compères sont arrivés de Paris pour faire les chœurs : Ber­nard llous et Gregory Ken. Tous deux sont très connus dans le show biz français. Vingt instrumentistes à cordes – anglais – sont prêts, devant leurs pupitres. Michel (Bernholc) a écrit pour eux une partition violente en forme de rifts. Ces cordes sonne­ront comme des cuivres. C’est ce qu’a voulu Michel (Berger). Derrière la vitre, Mike Bobàk, bien défoncé, se bagarre en toute sérénité avec vingt-quatre pistes, quarante-huit vu­-mètres, quatre magnétos géants et trois cent quatre-vingt-douze cur­seurs. Dehors, il ne pleut plus. La nuit tombe. La lumière rouge est mise. La chanson, en rythme médium, que va interpréter France, commence ainsi : « Le bonheur est là qui vient et qui s’en va … »

Magazine : Salut les copains
Date : Novembre 1974
Numéro : 147

Un drôle de loup de mer France Gall

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Depuis sa plus tendre enfance, France Gall passe les mois d'été à Noirmoutier, dans la grande maison familiale.
Depuis sa plus tendre enfance, France Gall passe les mois d'été à Noirmoutier, dans la grande maison familiale.
Depuis sa plus tendre enfance, France Gall passe les mois d'été à Noirmoutier, dans la grande maison familiale.

C’est un rite immuable : depuis sa plus tendre enfance, France Gall passe les mois d’été à Noirmoutier, dans la grande maison familiale qui donne sur un ravissant port de pêche, doublé depuis peu d’un mini-port de plaisance.

C’est l’occasion pour France de retrouver à cette époque sa famille, ordinairement dispersée aux quatre coins du pays.

France, on le devine, adore Noirmoutier, d’abord à cause de cette ambiance familiale qui lui rappelle son enfance, ensuite, pour la mer et la pêche. Elle peut passer des heures à regarder les bateaux aller et venir dans le port, les marins décharger leur poisson et réparer leurs filets.

Le père de France, qui possède un voilier de dix mètres, n’est pas pêcheur, mais un fanatique de la voile. Il fait des régates avec ses amis et France y participe quelquefois, bien que la vie à bord d’un voilier soit assez fatigante pour qui n’est pas aguerri aux techniques de la voile. France, c’est, pour tous les gens du village de la Linière, Babou. Et malgré sa célébrité de vedette du disque et de la télévision, pour ses amis, elle restera Babou. A Noirmoutier, beaucoup de filles de son âge, que France a connues il y a plusieurs années, sont aujourd’hui mariées. Elles sont très étonnées de la vie que peut mener une artiste, à Paris, alors que leur vie à elle est réglée une fois pour toutes, sereine, au rythme des marées. France, ce mois-ci, a innové. Pour se faire une idée plus précise de la vie en mer, elle a demandé au commandant du port, M. Donart, de partir sur un bateau avec des marins. C’est ainsi qu’elle a passé une journée entière sur un chalutier, avec de jeunes marins… et son ami Leloup, notre photographe. Ils sont allés au large, à environ dix kilomètres de la côte, relever les casiers et en poser de nouveaux. La pêche aux casiers consiste à jeter dans la mer des nasse pourvues d’appâts et retenues à des sortes de bouées par des filins. Le chalutier revient chaque jour sur les lieux pour remonter les casiers, trier les captifs (crabes, homards, langoustes, etc.) et les mettre dans des cageots conservés dans un vivier du bateau. Ensuite, c’est le retour au port, tout en faisant de la pêche à la traîne, avec des filets, ce qui permet d’attraper quelques congres. La vie à bord d’un bateau est dure. En effet, les marins ne perdent pas un seul instant pour le triage des poissons, ce qui est la meilleure garantie de fraîcheur pour le consommateur des grandes villes. France, qui n’a pas trop le pied marin, a trouvé que ça bougeait beaucoup ! Mais quel plaisir, une fois de retour à terre, de déguster une langouste mayonnaise ! Les crustacés sont d’ailleurs la grande passion de Babou… avec les crêpes.

Détail sympathique

France se laisse aller à sa gourmandise sans trop se soucier de sa ligne … et le résultat est des plus heu¬reux. Il est vrai qu’elle se maintient en forme par la pratique intense du tennis, du ping-pong et du volley-ball. Notre très fraîche interprète de « La déclaration » est un bout de jeune femme dont on reparlera beaucoup dès la rentrée. France prépare en effet un 30 cm sous la direction de Michel Berger et elle nous a confié … qu’elle aimerait bien remonter sur scène. Depuis quatre ans, époque à laquelle elle faisait beaucoup de succès en Allemagne, France a déserté les planches. Mais c’est l’heure du renou¬veau et ce renouveau s’appelle peut-être – qui sait – comédie musicale. France a des cheveux d’or et une voix d’or. Devenons le public qu’elle mérite : un public en or …

Magazine : Salut les copains
Date : Septembre 1974
Numéro : 145

Une nouvelle France Gall est née

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« La déclaration», c'est le nouveau titre de France Gall, ou plutôt, c'est le titre de la nouvelle France Gall.
« La déclaration», c'est le nouveau titre de France Gall, ou plutôt, c'est le titre de la nouvelle France Gall.
Une nouvelle France Gall est née

« La déclaration», c’est le nouveau titre de France Gall, ou plutôt, c’est le titre de la nouvelle France Gall.

Car il faut se rendre à l’évidence : la poupée de son qui chantait les sucettes n’est plus une petite fille.

D’un long silence est née sa maturité toute neuve, qui s’exprime avec éclat aujourd’hui dans une chanson signée Michel Berger.

France était étiquetée depuis des années comme « l’éternelle gamine» à la voix de cristal et aux chansonnettes ingénues. Après avoir engendré de francs succès, ce style adolescent a fini par devenir la propre prison de France.

Franchir le cap

« Babou », comme l’appellent tous ses amis, était condamnée à ne pas évoluer. Ses auteurs, conditionnés par le physique et la voix de leur interprète, ne parvenaient pas à lui donner la dimension d’une chanteuse au sens large du mot. France, mal dans sa peau et dans sa voix, vouée aux succès faciles ou à l’insuccès, n’arrivait pas à franchir le cap. Elle s’est alors accordé deux années de réflexion, à peine entrecoupées par un disque-accident aux textes signés RodaGil. Le renversement de vapeur était trop brutal et le public n’accrocha pas. Et puis, fin 1973, Babou a fait la connaissance d’un garçon qui avait un piano dans la tête : Michel Berger. Ce musicien de talent, à l’inspiration fertile et très caractéristique, allait être enthousiasmé par les merveilleuses possibilités de France Gall. Une chanteuse vierge de vraies chansons, voilà ce qu’il fallait à l’auteur de « Ecoute la musique ». Michel, amoureux de la femme avec un F majuscule, avait déjà entièrement modelé Véronique Sanson et remis sur les rails Françoise Hardy. France allait devenir sa grande passion … musicale. Rencontre fructueuse : France a commencé par donner la réplique à Michel dans « Mon fils rira du rock’n roll» (une des jolies chansons de son album intitulé « Chanson pour une fan»). Elle s’est aperçue que ce style collait bien à sa voix, que les musiciens de Michel l’enthousiasmaient, que la couleur, les vibratos et le son du piano représentaient cette « nouvelle dimension» à laquelle elle aspirait depuis des années.

La déclaration

Séduit par la sensibilité de Babou, Michel l’a fait travailler en « professionnelle » et devint ainsi son manager au sens le plus complet. Premier résultat tangible : l’enregistrement et le succès immédiat, cet été, d’un disque qui ne doit plus rien aux anciens critères du personnage France Gall. « La déclaration » nous révèle une France musicienne, fraîche et assurée à la fois, porteuse d’exigences vis-à-vis du public. Pour elle, le cycle de la facilité est révolu. Michel a imprimé sa griffe sur les partitions qui jonchent le sol de la chambre de Babou. Des chansons pour la rentrée.

Le pari de Michel

Auparavant, des télés, des répétitions, des opérations de promotion. Mais Michel ne veut pas que le personnage physique de France prenne le dessus sur la musique. Il veut que le public se mette à aimer France pour ses chansons et pas seulement pour un joli minois aux cheveux dorés. Il a promis de faire d’elle une grande chanteuse. Ce pari avait réussi avec Véronique Sanson qui, aujourd’hui, fait carrière en Amérique. Souhaitons que la réussite de France ne l’engage pas à élargir ses horizons ! En fait, il y a trop peu de chanteuses chez nous, pour que nous puissions nous réjouir de les voir partir. Surtout quand elles sont jolies. En tout cas, si vous aimez le nouveau style de France, « déclarez-le lui » en écrivant : France Gall, WEA, 70, Champs-Elysées, 75008-Paris.

Magazine : Salut les copains
Date : Août 1974
Numéro : 144