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France Gall en 1975

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France Gall en 1975, portrait en tenue rayée, visuel de présentation des galeries photos – francegallcollection.fr
France Gall en 1975, une année marquée par de nombreuses séances photo – francegallcollection.fr

1975 marque un tournant : France Gall entre en studio pour concevoir un véritable album de A à Z avec Michel Berger. Enregistré au studio Gang (Paris) avec Claude Engel et Gérard Kawczynski aux guitares, André Sitbon et Christian Padovan à la basse, l’album France Gall installe une signature sonore centrée sur le piano de Berger.

Paru en décembre 1975 chez Atlantic, il sort d’abord en cassette puis en 33 tours (réf. 50 210), avec éditions au Japon (LP P-10171A) et au Canada (cartouche 8-pistes). On y retrouve notamment Comment lui dire, La Déclaration d’amour (version remixée pour l’album), Samba mambo et Big Fat Mamma. Cette année-là, les deux artistes croisent aussi leurs voix au générique du film Sérieux comme le plaisir, sorti en janvier 1975. Enfin, France Gall apparaît aux chœurs sur L’amour est là dans l’album de Michel Berger Que l’amour est bizarre (Warner – 56144, 1975), signe supplémentaire d’un partenariat artistique qui se structure. 

Droits d’utilisation des photographies // Les photographies diffusées sur cette page sont présentées dans un objectif exclusivement informatif, culturel et documentaire. Elles visent à rendre hommage à l’œuvre et au parcours de France Gall, sans aucune vocation commerciale. France Gall Collection ne détient aucun droit de propriété sur ces visuels. Tous les droits (droits d’auteur, droits à l’image, etc.) sont la propriété de leurs ayants droit respectifs, notamment les photographes, agences ou maisons de production concernées. Conformément à l’article L122-5 du Code de la propriété intellectuelle, ces images sont mises en ligne dans le cadre du droit de citation, du droit à l’information et de la diffusion à but non lucratif. Il est strictement interdit de reproduire, copier, diffuser ou republier ces photographies sans mention de leur origine, sans lien vers la source ou sans indication des auteurs. Toute réutilisation à des fins personnelles, éditoriales ou commerciales sans autorisation explicite des ayants droit peut constituer une atteinte au droit d’auteur ou au droit à l’image, et engager la responsabilité civile ou pénale de l’utilisateur concerné. Toute personne ou entité estimant qu’un contenu porte atteinte à ses droits peut adresser une demande de retrait motivée à l’adresse suivante : contact@francegallcollection.fr. L’équipe s’engage à retirer dans les meilleurs délais tout contenu faisant l’objet d’un signalement fondé.

Textes librement inspirés du livre : France Gall l’intégrale / L’histoire de tous ses disques par Norman Barreau-Gély aux Editions EPA avec les pochettes de France Gall Collection

Les vendanges de France Gall

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France Gall a goûté les meilleures cuvées de la prestigieuse maison Moët et Chandon. Dans quelques jours, dans la plupart des familles de France, le champagne pétillera sur les tables.
France Gall a goûté les meilleures cuvées de la prestigieuse maison Moët et Chandon. Dans quelques jours, dans la plupart des familles de France, le champagne pétillera sur les tables.

France a goûté les meilleures cuvées de la prestigieuse Maison Moët et Chandon. Dans quelques jours, dans la plupart des familles de France, le champagne pétillera sur les tables. Mais France Gall, elle, a pris de l’avance.

De passage à Epernay, elle a surpris les vendangeurs en plein travail et s’est fait expliquer la patiente alchimie qui préside à la fabrication de ce vin merveilleux.

Ainsi, France a-t-elle appris que, malgré sa couleur, le champagne est fait avec des rai­sins rouges (sauf le blanc de blancs), qu’il est courant d’assembler quinze ou vingt crus différents pour obtenir la qualité parfaite, que c’est l’adjonction du sucre de canne qui “fait” la mousse, que chaque bouteille est “remuée” chaque jour en cave pendant de nombreux mois et qu’après le dégor­gement (élimination du dépôt dû à la fermentation), on y ajoute une petite quantité de liqueur. Etonnantes opéra­tions, faites par des vignerons experts et amoureux de leur travail, qui per­pétuent ainsi des traditions séculai­res. France, bien sûr, a pris le verre de l’amitié avec les vendangeurs d’Epernay.

Désor­mais« initiée», elle ne boira plus jamais un verre de champagne de la même façon qu’auparavant …

Magazine : Salut les copains
Date : Décembre 1974
Numéro : 148

France Gall, l’étoile du Berger

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Michel Berger et France Gall ne se quittent pratiquement plus. Ensemble, ils ont filé à l'anglaise... à Londres. .
Michel Berger et France Gall ne se quittent pratiquement plus. Ensemble, ils ont filé à l'anglaise... à Londres. .

Michel Berger et France Gall ne se quittent pratiquement plus. Ensemble, ils ont filé à l’anglaise… à Londres. Est-ce la naissance d’une idylle ? C’est surtout la naissance d’un disque …

Londres sous la pluie, c’est normal. Un studio anglais plein de musiciens anglais de qualité, c’est normal aussi.

Mais le même studio pris d’assaut par trois Français aux idées bien arrêtées, c’est plus inha­bituel. Les personnages ? Michel Berger, France Gall, Michel Bernholc.

Le premier dirigeant les deux autres et leur insufflant son talent d’auteur-compositeur à la fois riche, écorché et profondément roman­tique, Michel, dont le dernier 30 cm était un petit chef-d’œuvre, ne se contente pas d’interpréter ce qu’il a au fond du cœur. Il crée pour les autres, et depuis qu’il a rencontré France Gall, est née entre eux une belle idylle musicale.

La voix de France, longtemps inemployée (ou mal employée), a trouvé à s’exprimer avec « La déclaration». Aujour­d’hui, cela va beaucoup plus loin. A quelle alchimie se livrent-ils dans ce studio perdu de la banlieue de Londres où l’on risque à chaque instant de croiser Rod Stewart, Cat Stevens ou Paul McCartney ? Ce serait simplifier à l’excès de dire qu’ils font un disque. Michel Berger, en effet, a écrit une véritable histoire à partir d’un fait divers qui a boule­versé, voici quelques mois, toute l’Amérique : l’enlèvement de Patricia Hearst, la fille du milliardaire William Randolph Hearst, magnat de la presse américaine. Inspiré par cette tragédie « de notre temps », Michel a créé – textes et musiques – une série de chan­sons reliées les unes aux autres, où son héroïne (qui s’appellera Ange­lina Dumas), pour lutter contre le système bourgeois dont elle est le fruit, acceptera d’assumer des sentiments amoureux vis-à-vis de l’un de ses ravisseurs. Dans ce disque-choc, Michel et France se don­neront la réplique, et la richesse musicale (et vocale) de l’ensemble devrait être tout à fait originale.

France, dont la voix très typée et la large tessiture sont indiscutables, semble enthou­siasmée par cet album, dont il sera extrait un 45 t interprété par elle et un autre interprété par Michel. Alors, voilà pourquoi France et Michel ont filé à l’anglaise. Ici, à Londres, où tout est possible grâce à un preneur de son génialement fou (Mike Bobak) et des musiciens aussi précis que talentueux, est en train de naître une œuvre au sens le plus classique du mot. Troi­sième larron : Michel Bernholc. C’est l’arrangeur de Michel. Et aussi son confident (musical), son ombre, son ami, son double. Ils ont toujours tra­vaillé ensemble. Ils se comprennent sans parler. Ils parlent le même lan­gage, celui de la musique. Bernholc est allé travailler à Los Angeles. N’ayant pas de piano dans sa chambre d’hôtel, il écrivait ses arrangements en pianotant sur une table ! Michel, lui, ne crée que dans l’angoisse. Dans le taxi qui l’emmène au studio, il écrit, rature, écrit de nouveau. Il fignole les mots et les phrases. Il ne supporte rien, excepté la perfection. France vocalise doucement, en regar­dant les rues mouillées. Il y a identité parfaite entre la fraîcheur de son visage et celle de sa voix. Aujourd’hui, deux nouveaux compères sont arrivés de Paris pour faire les chœurs : Ber­nard llous et Gregory Ken. Tous deux sont très connus dans le show biz français. Vingt instrumentistes à cordes – anglais – sont prêts, devant leurs pupitres. Michel (Bernholc) a écrit pour eux une partition violente en forme de rifts. Ces cordes sonne­ront comme des cuivres. C’est ce qu’a voulu Michel (Berger). Derrière la vitre, Mike Bobàk, bien défoncé, se bagarre en toute sérénité avec vingt-quatre pistes, quarante-huit vu­-mètres, quatre magnétos géants et trois cent quatre-vingt-douze cur­seurs. Dehors, il ne pleut plus. La nuit tombe. La lumière rouge est mise. La chanson, en rythme médium, que va interpréter France, commence ainsi : « Le bonheur est là qui vient et qui s’en va … »

Magazine : Salut les copains
Date : Novembre 1974
Numéro : 147

Un drôle de loup de mer France Gall

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Depuis sa plus tendre enfance, France Gall passe les mois d'été à Noirmoutier, dans la grande maison familiale.
Depuis sa plus tendre enfance, France Gall passe les mois d'été à Noirmoutier, dans la grande maison familiale.
Depuis sa plus tendre enfance, France Gall passe les mois d'été à Noirmoutier, dans la grande maison familiale.

C’est un rite immuable : depuis sa plus tendre enfance, France Gall passe les mois d’été à Noirmoutier, dans la grande maison familiale qui donne sur un ravissant port de pêche, doublé depuis peu d’un mini-port de plaisance.

C’est l’occasion pour France de retrouver à cette époque sa famille, ordinairement dispersée aux quatre coins du pays.

France, on le devine, adore Noirmoutier, d’abord à cause de cette ambiance familiale qui lui rappelle son enfance, ensuite, pour la mer et la pêche. Elle peut passer des heures à regarder les bateaux aller et venir dans le port, les marins décharger leur poisson et réparer leurs filets.

Le père de France, qui possède un voilier de dix mètres, n’est pas pêcheur, mais un fanatique de la voile. Il fait des régates avec ses amis et France y participe quelquefois, bien que la vie à bord d’un voilier soit assez fatigante pour qui n’est pas aguerri aux techniques de la voile. France, c’est, pour tous les gens du village de la Linière, Babou. Et malgré sa célébrité de vedette du disque et de la télévision, pour ses amis, elle restera Babou. A Noirmoutier, beaucoup de filles de son âge, que France a connues il y a plusieurs années, sont aujourd’hui mariées. Elles sont très étonnées de la vie que peut mener une artiste, à Paris, alors que leur vie à elle est réglée une fois pour toutes, sereine, au rythme des marées. France, ce mois-ci, a innové. Pour se faire une idée plus précise de la vie en mer, elle a demandé au commandant du port, M. Donart, de partir sur un bateau avec des marins. C’est ainsi qu’elle a passé une journée entière sur un chalutier, avec de jeunes marins… et son ami Leloup, notre photographe. Ils sont allés au large, à environ dix kilomètres de la côte, relever les casiers et en poser de nouveaux. La pêche aux casiers consiste à jeter dans la mer des nasse pourvues d’appâts et retenues à des sortes de bouées par des filins. Le chalutier revient chaque jour sur les lieux pour remonter les casiers, trier les captifs (crabes, homards, langoustes, etc.) et les mettre dans des cageots conservés dans un vivier du bateau. Ensuite, c’est le retour au port, tout en faisant de la pêche à la traîne, avec des filets, ce qui permet d’attraper quelques congres. La vie à bord d’un bateau est dure. En effet, les marins ne perdent pas un seul instant pour le triage des poissons, ce qui est la meilleure garantie de fraîcheur pour le consommateur des grandes villes. France, qui n’a pas trop le pied marin, a trouvé que ça bougeait beaucoup ! Mais quel plaisir, une fois de retour à terre, de déguster une langouste mayonnaise ! Les crustacés sont d’ailleurs la grande passion de Babou… avec les crêpes.

Détail sympathique

France se laisse aller à sa gourmandise sans trop se soucier de sa ligne … et le résultat est des plus heu¬reux. Il est vrai qu’elle se maintient en forme par la pratique intense du tennis, du ping-pong et du volley-ball. Notre très fraîche interprète de « La déclaration » est un bout de jeune femme dont on reparlera beaucoup dès la rentrée. France prépare en effet un 30 cm sous la direction de Michel Berger et elle nous a confié … qu’elle aimerait bien remonter sur scène. Depuis quatre ans, époque à laquelle elle faisait beaucoup de succès en Allemagne, France a déserté les planches. Mais c’est l’heure du renou¬veau et ce renouveau s’appelle peut-être – qui sait – comédie musicale. France a des cheveux d’or et une voix d’or. Devenons le public qu’elle mérite : un public en or …

Magazine : Salut les copains
Date : Septembre 1974
Numéro : 145

Une nouvelle France Gall est née

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« La déclaration», c'est le nouveau titre de France Gall, ou plutôt, c'est le titre de la nouvelle France Gall.
« La déclaration», c'est le nouveau titre de France Gall, ou plutôt, c'est le titre de la nouvelle France Gall.

« La déclaration», c’est le nouveau titre de France Gall, ou plutôt, c’est le titre de la nouvelle France Gall.

Car il faut se rendre à l’évidence : la poupée de son qui chantait les sucettes n’est plus une petite fille.

D’un long silence est née sa maturité toute neuve, qui s’exprime avec éclat aujourd’hui dans une chanson signée Michel Berger.

France était étiquetée depuis des années comme « l’éternelle gamine» à la voix de cristal et aux chansonnettes ingénues. Après avoir engendré de francs succès, ce style adolescent a fini par devenir la propre prison de France.

Franchir le cap

« Babou », comme l’appellent tous ses amis, était condamnée à ne pas évoluer. Ses auteurs, conditionnés par le physique et la voix de leur interprète, ne parvenaient pas à lui donner la dimension d’une chanteuse au sens large du mot. France, mal dans sa peau et dans sa voix, vouée aux succès faciles ou à l’insuccès, n’arrivait pas à franchir le cap. Elle s’est alors accordé deux années de réflexion, à peine entrecoupées par un disque-accident aux textes signés RodaGil. Le renversement de vapeur était trop brutal et le public n’accrocha pas. Et puis, fin 1973, Babou a fait la connaissance d’un garçon qui avait un piano dans la tête : Michel Berger. Ce musicien de talent, à l’inspiration fertile et très caractéristique, allait être enthousiasmé par les merveilleuses possibilités de France Gall. Une chanteuse vierge de vraies chansons, voilà ce qu’il fallait à l’auteur de « Ecoute la musique ». Michel, amoureux de la femme avec un F majuscule, avait déjà entièrement modelé Véronique Sanson et remis sur les rails Françoise Hardy. France allait devenir sa grande passion … musicale. Rencontre fructueuse : France a commencé par donner la réplique à Michel dans « Mon fils rira du rock’n roll» (une des jolies chansons de son album intitulé « Chanson pour une fan»). Elle s’est aperçue que ce style collait bien à sa voix, que les musiciens de Michel l’enthousiasmaient, que la couleur, les vibratos et le son du piano représentaient cette « nouvelle dimension» à laquelle elle aspirait depuis des années.

La déclaration

Séduit par la sensibilité de Babou, Michel l’a fait travailler en « professionnelle » et devint ainsi son manager au sens le plus complet. Premier résultat tangible : l’enregistrement et le succès immédiat, cet été, d’un disque qui ne doit plus rien aux anciens critères du personnage France Gall. « La déclaration » nous révèle une France musicienne, fraîche et assurée à la fois, porteuse d’exigences vis-à-vis du public. Pour elle, le cycle de la facilité est révolu. Michel a imprimé sa griffe sur les partitions qui jonchent le sol de la chambre de Babou. Des chansons pour la rentrée.

Le pari de Michel

Auparavant, des télés, des répétitions, des opérations de promotion. Mais Michel ne veut pas que le personnage physique de France prenne le dessus sur la musique. Il veut que le public se mette à aimer France pour ses chansons et pas seulement pour un joli minois aux cheveux dorés. Il a promis de faire d’elle une grande chanteuse. Ce pari avait réussi avec Véronique Sanson qui, aujourd’hui, fait carrière en Amérique. Souhaitons que la réussite de France ne l’engage pas à élargir ses horizons ! En fait, il y a trop peu de chanteuses chez nous, pour que nous puissions nous réjouir de les voir partir. Surtout quand elles sont jolies. En tout cas, si vous aimez le nouveau style de France, « déclarez-le lui » en écrivant : France Gall, WEA, 70, Champs-Elysées, 75008-Paris.

Magazine : Salut les copains
Date : Août 1974
Numéro : 144

France Gall répond au magazine Podium

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Podium : France Gall, comment restes-tu en forme ? Est-ce que tu as un régime spécial ?

France Gall : Non, je ne suis pas de régime particulier. Mais je me couche tôt. Et je dors beaucoup. Environ neuf à dix heures par nuit, tu vois ? Ah, tout de même, je ne fais qu’un repas par jour. Le soir. Le matin, je ne mange pas. Au petit déjeuner, un jus de fruit, en général, un jus d’orange. À part ça, je marche beaucoup, je fais de la bicyclette et, en été, je joue au tennis, durant les vacances. Tu vois que c’est simple.

Podium : Pas très compliqué, en effet. Quels sont les défauts de ton visage qui te déplaisent le plus ?

France Gall : Je regrette d’avoir les yeux marron. Je les aurais voulus bleus. Je trouve que j’ai le nez un peu long. Et aussi, je ne suis pas très contente de mes deux canines du haut. Mais il n’est pas question que je me fasse opérer. La chirurgie esthétique, je m’en servirai peut-être, mais quand le moment sera venu.

Podium : Ton maquillage, dans la journée ?

France Gall : Mes maquillages sont toujours très différents. Au minimum, je mets une base hydratante. Aujourd’hui, je n’ai rien. Le soir, ou alors quand j’ai une télévision, je me maquille avec un fond de teint très pâle d’Estée Lauder. Pour les yeux, je mets du khôl noir. Ma bouche est ce que je maquille le plus dans mon visage. Je mets un brillant Lipglass. Et je me fais les cils avec du mascara noir. Je me coiffe seule et ne vais chez le coiffeur que pour le shampooing. Ah, aussi, je mets de la moelle de bœuf sur les pointes.

Je conseillerais à mes fans de s’occuper très jeune de leur visage et d’être très soigneuses dans leur démaquillage. Je mets toujours une crème de nuit. À part ça, je n’ai aucun « truc » particulier pour me maquiller.

Magazine Podium
Date : Mars 1974
Numéro : 25

Merci à Jean-Michel Blondin

France Gall en 1974

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France Gall en 1974, portraits et moments en studio avec Michel Berger, galerie de photos – francegallcollection.fr
France Gall en 1974, entre portraits et instants de studio, avec des clichés rares aux côtés de Michel Berger – francegallcollection.fr

1974 est une année-charnière : France Gall change de cap et trouve sa nouvelle voix. En mai, elle sort La Déclaration d’amour, un 45 tours qui installe le piano de Michel Berger au cœur de sa musique et marque le début d’une histoire artistique (et personnelle) évidente. Le disque paraît chez Atlantic sous la référence 10478, avec Si l’on pouvait vraiment parler en face B. 

L’été, le duo imagine à Los Angeles un projet de comédie musicale, Angelica Dumas : le spectacle ne verra pas le jour, mais leur complicité se soude et quelques titres sont enregistrés à Londres. La rentrée la montre très présente à la télévision : le 14 septembre, elle apparaît dans « Top à Claude François » (ORTF). Et le 22 septembre, première apparition télé “à deux” : dans Sports en fête, Michel Berger joue “Mon fils rira du rock ’n’ roll” pendant qu’elle s’installe sur son piano – image simple et forte d’un nouveau départ. En octobre, Atlantic publie un second 45 tours, Mais, aime-la / À votre avis (réf. 10549), issu des sessions londoniennes ; on y entend notamment la basse d’Herbie Flowers, et Gall y conseille, confie, module – le style Berger/Gall est en place. 

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Textes librement inspirés du livre : France Gall l’intégrale / L’histoire de tous ses disques par Norman Barreau-Gély aux Editions EPA avec les pochettes de France Gall Collection

France Gall en 1973

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Galerie photo complète de France Gall en 1973 avec une sélection d’images inédites de la collection – francegallcollection.fr
Galerie complète des photos de France Gall en 1973, issues de la collection et regroupées par thématiques – francegallcollection.fr

En 1973, France Gall poursuit sa carrière en Allemagne dans un climat de moindre exposition médiatique. Les titres qu’elle interprète alors sont majoritairement en allemand, dans un style pop léger, à destination d’un public fidèle. Elle continue à apparaître dans les émissions de télévision locales, mais reste absente de la scène musicale française.

Son image, telle qu’elle apparaît dans la presse germanophone, est plus adulte, plus posée. Les photos publiées cette année-là la montrent souvent en extérieur, souriante mais plus discrète, dans des décors naturels ou en tenues sobres. Cette période marque la continuité de son parcours international, sans éclats particuliers, mais avec une présence régulière dans les médias allemands. France Gall avance avec retenue, à l’écart des projecteurs français, dans une période plus calme de sa carrière.

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France Gall en 1972

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En 1972, France Gall poursuit sa carrière allemande. Un style plus libre, une image détendue et une pop légère portée par de nouveaux repères.
En 1972, France Gall poursuit sa carrière allemande. Un style plus libre, une image détendue et une pop légère portée par de nouveaux repères.

En 1972, France Gall confirme sa parenthèse allemande, loin de la scène française. Elle continue d’enregistrer pour le public germanophone, avec des titres comme Mein Herz kann man nicht kaufen ou Der Computer Nr. 3, qui reflètent l’esprit pop et léger de l’époque.

Loin des contraintes de l’industrie musicale française, elle évolue dans un univers plus libre, moins exposé, qui lui permet de se réinventer en douceur. Son style visuel change encore : coupes plus naturelles, tenues plus détendues, et un regard plus affirmé. Les photos de cette année la montrent épanouie, parfois en extérieur, dans une ambiance plus décontractée. Si elle reste discrète en France, France Gall continue de tracer sa route avec constance et indépendance. 1972 témoigne d’un équilibre entre carrière internationale et quête personnelle de sens.

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France Gall, une poupée de choc

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La jolie petite France Gall a maintenant 24 ans mais et possède une pondération, un sens du raisonnable digne d'un P.D.G. d'âge mûr.
La jolie petite France Gall a maintenant 24 ans mais et possède une pondération, un sens du raisonnable digne d'un P.D.G. d'âge mûr.

La pochette du dernier 45 tours de France Gall traduit peut-être un léger désir de mutation : le petit jouet blond y est photographié avec casquette style Castro et lunettes rondes à monture légère genre intellectuelle trotskyste.

La jolie petite a maintenant 24 ans mais, comme tous ceux de sa génération, possède une pondération, un sens du raisonnable digne d’un P.D.G. d’âge mûr.

Elle vit, à Paris, dans un vaste appartement de l’avenue Victor Hugo. Vieux meubles familiaux, fumet bourgeois, standing, confort. Deux chiens vous accueillent – terme impropre, s’il en est – en aboyant fermement. Un épagneul caramel nommé Problème, un petit chien frisé noir baptisé Nougat. Elle leur parle avec tendre componction, comme pour se faire pardonner ses innombrables absences.

C’est que, si elle a toujours l’air d’une fragile petite poupée, France Gall · n’en mène pas moins l’existence ambulante d’un gros industriel en ferrugineux.

Elle sort d’un voyage de promotion au Canada, en a profité pour faire un saut de puce à New York, voir de près ce qui s’y passait. Elle est émerveillée :

– Je suis allée au Madison Square Garden. Gigantesque salle de spectacles (artistiques ou sportifs) de 20.000 places. C’était plein, comble, bondé. Sur scène, pendant des heures, des chanteurs, des groupes, des orchestres, de tout. Et dans la salle, tous ces jeunes Américains, moi, je les trouve formidables. Ils sont calmes, cools. Quel que soit l’artiste qui se produit sur scène, qu’il soit grandiose ou médiocre, ces jeunes se taisent, écoutent. Ils ont le respect du travail. Ils sont très « peace and love ». Il est vrai que ça fume beaucoup d’herbe là-dedans. C’est peut-être une des raisons de leur extraordinaire sérénité. ,.

Vedette n° 1 … Au Japon.

France Gall est une sorte de cas dans son métier. Si on n’entend pas beaucoup parler d’elle pendant un temps, ne pas en déduire qu’elle est terminée, ou qu’elle s’est mise à la tapisserie, exclusivement.

C’est qu’elle fait un « malheur », ailleurs. Au Japon, par exemple, où on l’appelle « the little french doll », elle a été, pendant deux années consécutives, première au Hit-parade. Numéro 1, vraiment, avant tout le monde, même les Beatles. « Poupée de cire, poupée de son », en japonais, s’il vous plait, faisait vibrer la population entière il y a de ça cinq ans environ. Depuis, elle y est toujours une sorte d’institution para-nationale.

Son aspect attendrissant, sa petite voix friable comme celle d’un adolescent en mue perpétuelle, ne sont pas tout. La besogne la plus incessante ne lui fait pas peur :

– Quand je suis à l’étranger, je reste dans le pays en question suffisamment longtemps pour faire des shows de télévision. Je travaille la langue du pays, phonétiquement, pendant des mois. Ça ne m’intéresse que très peu d’être numéro 1 dans mon pays. Ce qu’il me faut, c’est conquérir.

Au Japon, on a fondu devant ce bébé à la blondeur émouvante :

– Les Japonaises ne peuvent pas se décolorer. Leurs cheveux, trop noirs et trop râblés, ne prennent pas la couleur. De plus, quand je suis arrivée chez eux, la première fois, je portais la mini-jupe, audace qu’ils n’avaient encore jamais vue.

Soudain, le coup de pompe.

Parmi ses prises de guerre, la plus assujettie : l’Allemagne :

– J’y suis allée tant de fois, j’ai chanté tant de chansons en allemand (toujours en fraudant, puisque c’était en allemand phonétique) qu’ils finissent par me croire des leurs. Un jour, à Berlin, un grand show télévisé se divisait en deux parties. En première, les artistes allemands, en seconde les étrangers, parmi lesquels Myriam Makéba, Sylvie Vartan et Mireille Mathieu. Moi, d’emblée, ils m’ont mise parmi les nationaux.

Et puis, à force de bourlinguer, d’aller et venir, de ne plus exister que sous le signe de la valise, elle a eu ce qu’elle appelle chastement un petit problème. C’était l’année dernière. A 23 ans, elle s’offrait une belle dépression de vieux routier parce que :

– Ras le bol … J’ai eu brusquement envie de vivre pour mon compte personnel. De dormir tard. Traîner. J’ai arrêté les tournées en France. Je n’ai plus fait grand-chose.

Elle a voulu, un temps, cesser de regarder des avions dans le blanc de leurs réacteurs. Le Boeing était devenu, à force, sa vision la plus familière, et pourtant…

– J’ai une peur bleue de voler, mais il n’y a pas d’autre solution. D’ailleurs, j’ai le sentiment que ma frousse me protège. Pour aller à Montréal, l’autre jour, j’ai pris un « 747 ». C’est monstrueux, fantastique. Pour revenir, je n’ai eu droit qu’à un « 707 ». Ça m’a semblé vétuste, décevant, minable. Comme un vieil autocar de province.

Il existe aussi l’aspect positif de cette vie de dément … Née dans une famille bourgeoise (André Gall, son père, est auteur de chansons depuis fort longtemps) France Gall s’est, elle-même, gagné une petite fortune. Et s’il lui fallait s’en passer ?

– L’argent m’est indispensable. Je ne pourrais plus vivre sans lui. On n’envie pas ce qu’on ne connaît pas. Mais moi, je connais … ou alors, il me faudrait changer radicalement de vie. M’installer à la campagne. M’offrir, gratuitement, ce luxe extrême : l’air pur. Mais, être pauvre à Paris …

Elle en frissonne d’horreur.

De France Gall, sur le plan sentimentalo-émotif, pas grand-chose à murmurer. Elle fut, un temps, liée à Claude François. Depuis quelque temps, elle pratique Julien Clerc. Au zénith de leur liaison, il y a près de deux ans, ils avaient solennellement déclaré :

« Nous ne nous marions pas, parce que nous croyons à l’union libre »

– C’est qu’il fallait bien se résoudre à donner une version quelconque. Julien démarrait comme une fusée, il n’aurait pas été bienséant de ruiner son image de marque de jeune homme dégagé, souverainement indépendant, de novateur de la chanson. Car, à notre époque paradoxale, se marier, alors qu’on est l’illustration même du libertaire, ce n’est pas convenable …

– Il faudra bien tout de même que je me marie un jour, ne serait-ce que pour avoir des enfants. J’ai une passion quasi malsaine pour les bambins.

États-Unis, à nous deux !

France et Julien sont tantôt amants, tantôt amis. La preuve : Clerc a participé au dernier disque de France et lui a écrit « Chasse-neige ». Pour elle, en dehors même de toute considération de penchant personnel, Julien Clerc est le « numéro 1 », expression élue de cette génération. A chaque tour de phrase, France emploie aussi le mot « colossal », peu usité en français courant, mais séquelle directe du « Kolossal », familier en allemand. Même si ce n’est que d’une manière phonétique, la fréquentation d’une langue ne se fait pas impunément.

– C’est étrange, ce tic que j’ai. D’autant que le son guttural de ce langage me le rend plutôt astreignant. Je préfère de loin chanter en japonais, c’est si doux, ou en italien, c’est tellement plus accessible pour les latins.

Aujourd’hui, France Gall prémédite une nouvelle destination : le marché anglosaxon. Avec sa frimousse à sucer : des « sucettes à l’anis », (un de ses tubes, composé par Serge Gainsbourg) elle a étudié ses probabilités sur ce nouveau terrain. Elle a, d’abord, changé de maison de disques (pour la énième fois) et appartient maintenant à la Kiney, maison américaine trustant plusieurs compagnies de disques et dirigée, à Paris, par Daniel Filipacchi. Elle part, le mois prochain, pour Londres, se fait confectionner quelques chansons en anglais, les travaillera à fond et cherchera à amadouer l’Angleterre, puis les Etats-Unis.

– Avec un style un peu copié sur le leur, tout en conservant ma facture de française type, ça plaît. Je ne songe pas à y devenir une star, parce que je suis lucide. Je veux simplement essayer de faire mieux que les autres Français, là-bas.

Hallyday ? Connais pas !

A son avis, seul Maurice Chevalier a atteint la gloire américaine. Les autres, tous les autres, n’ont la célébrité américaine qu’en Europe. Soyons plus clairs : si, par exemple, Mireille Mathieu fait une tournée et une télé en Amérique, on en parle surtout en France. Là-bas, elle demeure une obscure parmi tant d’autres …

C’est assez vrai : demandez à un Américain ce qu’il pense de Johnny Hallyday. Son impuissance à vous répondre est révélatrice : il n’en a probablement jamais entendu parler.

Et pourtant, ce n’est pas faute, de la part des chanteurs, de s’y être évertués. France, elle a le temps, les moyens et· une patience séraphique. Elle y mettra le temps qu’il faudra et en cas d’échec, elle n’aura personne à récriminer, pas même elle-même, et se fera rapidement une raison.

Des projets immédiats de scènes de music-hall, sans retransmission télévisée à la clé, il n’y en a pas des masses :

– Je n’ai jamais vraiment eu de répertoire qui me comble. L’Olympia, peut-être, pour l’année prochaine, ou celle d’après. Mais pas en vedette, même si on me le propose.

Vieillards avant l’âge.

Une clause supplémentaire est spécifiée dans tous ses contrats : ne jamais travailler un Noël ou un jour de l’an.

– Et pourtant, ce sont des occasions où on vous double le cachet. Mais c’est trop triste. Je ne veux pas chanter avec le cœur gros, ce serait truquer. Jamais je ne fais ce qui m’ennuie.

C’est à Bruxelles qu’elle avait étrenné « Sacré Charlemagne » à ses débuts. Elle ne voulait pas le chanter, son ton de gaminerie l’embarrassait. Elle s’y est tout de même résignée. Six mois plus tard, 800.000 Charlemagne étaient vendus.

France Gall, comme tous les jeunes gens de son âge et de sa profession, montre en tout une auto-détermination, une maturité spectaculaires. Pour le moment, c’est impressionnant. Mais, le vrai âge mûr venu, ça donnera quoi ?

Des « préservés », ou des vieillards avant la lettre ? Ou alors, leur adolescence, la vivront-ils plus tard, puisqu’il faut bien, un jour ou l’autre, que « jeunesse se passe » ?

S’ils attendent trop longtemps, ils risquent cette affection un peu particulière qu’on appelle « retomber en enfance ».


NDLR : on peut noter que la photo de couverture a été inversée car le grain de beauté de France Gall se trouve à droite.

Magazine : Le Soir Illustré
Par Odile Grand
Date : 23 décembre 1971
Numéro : 2061