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France Gall : l’année ou j’ai eu 15 ans

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France Gall : J'ai vécu ma quinzième année dans la plus parfaite insouciance. Bien sûr, c'est l'âge ingrat, les heurts avec les parents.
France Gall : J'ai vécu ma quinzième année dans la plus parfaite insouciance. Bien sûr, c'est l'âge ingrat, les heurts avec les parents.

France Gall : « Vive l’école buissonnière ! »

J’ai vécu ma quinzième année dans la plus parfaite insouciance. Bien sûr, c’est l’âge ingrat, les heurts avec les parents, le lycée tous les jours avec des professeurs quelquefois ennuyeux. Mais tout de même, c’est le meilleur âge. Le lycée, je m’en moquais un peu, j’étais en troisième et je ne faisais pas grand-chose car ce que je voulais à tout prix, je le savais déjà : c’était chanter. Aussi j’étais très décontractée en franchissant les grilles du lycée Paul-Valéry, le teint blafard (c’était la mode), très court vêtue (ça ne l’était pas encore), un collier de chien au cou (ça l’est maintenant).

Ce dont je me souviens le mieux, c’est de toutes les surprises-parties que nous organisions, mes frères et moi, quand mes parents partaient en week-end. A nous l’appartement ! Mes frères jouaient de la guitare et moi je chantais, tant pis pour les voisins ! Je m’entendais parfaitement avec mes frères et c’est surtout à eux que je dois de m’être tant amusée, d’avoir fait le « mur » les soirs où l’on m’interdisait de sortir quand nous étions en vacances à Noirmoutier. C’est cette année-là aussi que j’ai fait un essai de voix concluant, puisque j’ai enregistré tout de suite mon premier disque chez Philips, « Ne sois pas si bête ». Mais de ça, vous vous en souvenez sûrement …

Magazine : Mademoiselle Age Tendre
Date : Mai 1970
Numéro : 66

France Gall : partitions de Zozoï (en Italien)

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Partition en Italien, au format 2 volets, de la chanson Zozoï en Italien.

Le titre Zozoï, interprété en italien par France Gall, est disponible sur le 45 tours N°9797. Les arrangements sont signés Jean-Claude Petit. Ce disque propose également un titre inédit qui n’est pas sur le 45 tours français : Bugie da elefanti, la version italienne de Les éléphants.

La chanson originale française Zozoï est signée Nelso Angelo (alias Nelson Cavalcanti Martins), un auteur compositeur, arrangeur, chanteur et guitariste Brésilien. Nelson Angelo commence sa carrière musicale en 1966, en faisant la tournée des bars et des boîtes de Belo Horizonte, sa ville de naissance. C’est là qu’il fait la connaissance de Milton Nascimento avec lequel, plus tard et à Rio, il participera au Clube da Esquina.

La rythmique de Zozoï a été enregistrée à Sao-Paulo le 28 mars 1970 à 2h du matin par César, Camargo et Mariano. Les coeurs ont été enregistrés à Paris le 7 avril 1970 à minuit, par le groupe des Elephants de Jean-Claude Petit, groupe composé par Jean-Claude Petit, José Bartel, Norbert Saada, Raymond Vastano et Jean Géral.

Merci à Bernard Lesage.


France Gall (disco C.G.D. N. 9797) | Dal Brasile con allegria: un nuovo ballo | Zozoï. Testo italiano di A. Mauro | Testo originale e musica di Nelson Angelo | Edizioni Musicali | La Voce del Padrone 20121 Milano Piazza Cavour 1 | Tip.-Lit. “La Musica Moderna, S.p.A. – Milano – Viale Ortles, 39 – 1970 | Stampato in Italia – Printed in Italy – Imprimé en Italie | Proprietà per l’Italia delle Edizioni Musicali “La Voce del Padrone”, s.r.l. – Milano, Piazza Cavour, 1. | © Copyright 1970 by Bahia Music 10, Rue de Hesse – Ginevra. | Tutti i diritti sono riservati. | Stampato in Italia nel 1970. | V. 0365 P.
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Traduction en Français
France Gall (disque C.G.D. N. 9797) | Du Brésil avec gaieté : une nouvelle danse | Zozoï. Paroles italiennes de A. Mauro | Musique originale et paroles de Nelson Angelo | Éditions Musicales | La Voce del Padrone, 20121 Milan, Piazza Cavour 1 | Tip.-Lit. “La Musica Moderna, S.p.A. – Milan – Viale Ortles, 39 – 1970 | Imprimé en Italie – Printed in Italy – Imprimé en Italie | Propriété pour l’Italie des Éditions Musicales “La Voce del Padrone”, s.r.l. – Milan, Piazza Cavour, 1. | © Copyright 1970 par Bahia Music, 10, Rue de Hesse – Genève. | Tous droits réservés. | Imprimé en Italie en 1970. | V. 0365 P.

Testo della canzone Zozoï: | Coro: Che cos’è, che cos’è, che cos’è, che cos’è, che cos’è… | Zozoï si ballerà, | Zozoï sulla vita mani così, ondeggio e poi dopo un po’ giro intorno a te. | Coro: Che cos’è, che cos’è, che cos’è, che cos’è, che cos’è… | Zozoï mi chino un po’ | Zozoï muoverò le mani così, | la testa qua e là, mentre tu giri intorno a me. | Arrivò dal Brasile per noi questo ballo che | Zozoï si chiamerà, | Zozoï balleremo tutti così, imparalo su, anche tu balla insieme a me. | Coro: Che cos’è, che cos’è, che cos’è, che cos’è, che cos’è… | Zozoï si ballerà, | Zozoï le tue gambe muovi così, ondeggia e poi, dopo un po’ gira intorno a me. | Coro: Che cos’è…

Die beliebteste Pariser Boutique von France Gall (Presse) 🇩🇪

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Aus meiner Pariser Liebling boutique, Bob Shop' stammt dieses schicke Fransen-Lederkostüm. Es wiegt nur ein Pfund und paßt einem Mädchen mit Größe 34.
Aus meiner Pariser Liebling boutique, Bob Shop' stammt dieses schicke Fransen-Lederkostüm. Es wiegt nur ein Pfund und paßt einem Mädchen mit Größe 34.

France Gall (Silber, Schlager) :

Aus meiner Pariser Liebling boutique, Bob Shop’ stammt dieses schicke Fransen-Lederkostüm.

Es wiegt nur ein Pfund und paßt einem Mädchen mit Größe 34.

Traduction :

France Gall :

Ce costume en cuir à franges chic vient de ma boutique parisienne préférée, le Bob Shop.

Il ne coûte qu’une livre et convient à une fille de taille 34.

Magazine : Bravo
Pays : Allemagne
Date : 3 novembre 1969
Numéro : 45

France Gall : j’ai vu Rio en plein délire

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France Gall : « A Rio, pendant huit jours, la ville entière danse dans la rue. Quand les gens sont trop épuisés, ils s’allongent, dorment quelques heures, sur un banc, puis repartent en dansant au rythme implacable des sambas »
France Gall : « A Rio, pendant huit jours, la ville entière danse dans la rue. Quand les gens sont trop épuisés, ils s’allongent, dorment quelques heures, sur un banc, puis repartent en dansant au rythme implacable des sambas »

« A Rio, pendant huit jours, la ville entière danse dans la rue. Quand les gens sont trop épuisés, ils s’allongent, dorment quelques heures, sur un banc, puis repartent en dansant au rythme implacable des sambas »

France Gall : Notre DC8 s’est posé comme une plume, après quatorze heures de vol. Je découvre Rio sous 35°. Panique à l’aéroport. Nos bagages sont égarés : seul Jean-Marie (NDLR : Périer) avait conservé ses appareils avec lui.  Il nous faut une heure pour récupérer nos petites valises. Les employés de l’aéroport me semblent ivres. En réalité, ils sont, depuis déjà quelques heures, « dans » la samba. C’est vrai, le carnaval est commencé. Et le carnaval, c’est, pour tout Brésilien, de tout âge et de toute condition, la folie collective pendant huit jours, Quelle drôle de ville que Rio !

Les immeubles les plus modernes, en verre et en acier, voisinent avec des masures sordides. Mais l’architecture est bien la dernière chose à laquelle je songe, tandis que notre taxi (piloté par un fou) nous conduit à plus de 100 km/h, jusqu’au Copacabana Palace. La foule est dense, chamarrée, colorée, exaltée, en pleine hystérie. C’est un spectacle fabuleux. Quelle chaleur ! Moi qui ai quitté Paris sous la grisaille ! Notre première réaction, en arrivant à l’hôtel, est de nous précipiter dans Ia piscine. Mais l’eau est encore plus chaude que l’air ! Seule la mer est rafraîchissante. Les gros rouleaux qui cinglent le corps nous redonnent un peu de tonus.

Le carnaval ? C’est une suite de bals qui se déroulent en différents endroits de la ville. Les plus importants sont le bal des Mille et Une Nuits (qui a lieu aujourd’hui), celui du Copacabana et le bal municipal. Nous voici dans la foule, parmi les costumes les plus délirants que j’aie jamais vus. Chaque Brésilien économise pendant toute l’année pour se confectionner un costume somptueux. Le bruit est assourdissant. Des centaines de haut-parleurs diffusent dans toutes les rues des sambas à puissance quasi insoutenable. Et voici le défilé des écoles de samba. Il durera trois jours, chaque école comptant trois mille danseurs, vêtus de costumes folkloriques aux couleurs les plus folles. Des enfants, des adultes, tout est mélangé, tout se confond dans la couleur et dans la musique des percussions. Les bals sont gratuits pour les femmes pendant tout le carnaval de Rio. Alors, les hommes se déguisent en femmes pour entrer à l’œil. Cela donne des séances de travestis étonnantes ! A l’intérieur des salles de bals, des milliers de personnes sont entassées, de tous âges, de toutes couleurs, de toutes conditions. Il est difficile de reconnaître des humains sous ces costumes extravagants : grosses dames habillées en papillons multicolores, enfants vêtus en pierrots, jeunes éphèbes fringants comme des princes orientaux, vieux messieurs affublés de paillettes, de cornes de cerf, de masques de sorciers …

L’imagination est comme la foule : piétinée. Je n’avais jamais pensé que le sens de la fête pouvait encore exister à ce point dans une partie du monde. J’en ai pour des mois à ressasser ces souvenirs fous. Pour venir au carnaval de Rio avec Jean-Marie, j’ai dû annuler plusieurs émissions de télévision à Paris. Mais je ne regrette rien ! Ou plutôt si … je regrette que les photos ne puissent être sonores. Car la samba, c’est beaucoup plus que la bossa-nova que nous connaissons. C’est le rythme à fleur de peau, c’est la vie même du carnaval qui demeure, je crois, le plus grand cirque du monde …

Magazine : Salut les copains
Merci à Fanbabou47
Avril 1970
Numéro : 92

Op! Op! Opla! | Partition

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France Gall partition Op! Op! Oplà!, générique TV italien de 1970 édité par Suvini Zerboni à Milan – francegallcollection.fr
Partition italienne Op! Op! Oplà! de France Gall éditée par Suvini Zerboni à Milan en 1970 – francegallcollection.fr

Cette partition illustre l’un des titres les plus singuliers enregistrés par France Gall en Italie au début des années 1970 : Op! Op! Oplà!. Publié sur un 45 tours aujourd’hui difficile à trouver, le disque est édité par la CGD et propose en face A ce morceau chanté en italien par France Gall. La face B contient une autre curiosité, Come Fantomas, adaptation italienne du titre Homme tout petit.

Op! Op! Oplà! servait alors de générique à une émission de télévision pour enfants très populaire en Italie : Chissà chi lo sa? (traduction : Qui sait, qui sait ?). Diffusée sur le Programme National entre 1961 et 1972 (avec une interruption de 1963 à 1965), l’émission était présentée par Febo Conti et produite sous la direction de Cino Tortorella, qui en était aussi l’auteur et le créateur. L’émission, enregistrée dans les studios Rai du Corso Sempione à Milan ainsi qu’à la Fiera di Milano, était diffusée le samedi après-midi à partir de 17h45, un rendez-vous incontournable pour la jeunesse italienne de l’époque.

Ce document, édité par Edizioni Suvini Zerboni à Milan en 1970, conserve non seulement les paroles et la musique signées Tuminelli et Tortorella, mais il rappelle aussi l’importance des adaptations locales et des collaborations transfrontalières dans la carrière de France Gall.

Mentions légales | 1970 | IT | Partition | Op! Op! Oplà! | Texte : Tuminelli – Tortorella | Musique : Cesandro Tuminelli | Éditeur musical : Edizioni Suvini Zerboni S.p.A., Milano | Co-édition : Éditions Sugarmusic, Paris / Sugarmusic Verlag, Mainz | Tous droits réservés | © 1970 Edizioni Suvini Zerboni / Éditions Sugarmusic / Sugarmusic Verlag | Fabrication : Italie

France Gall et Julien Clerc : oui, l’amour est très amusant !

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France Gall et Julien Clerc amoureux l'un de l'autre ? Ils éludent avec empressement cette question, se contentant de dire : "Nous sommes heureux de nous être rencontrés."
France Gall et Julien Clerc amoureux l'un de l'autre ? Ils éludent avec empressement cette question, se contentant de dire : "Nous sommes heureux de nous être rencontrés."

France Gall et Julien Clerc amoureux l’un de l’autre ?

Ils éludent avec empressement cette question, se contentant de dire : “Nous sommes heureux de nous être rencontrés.”

France

Je crois que ce qui me plaît en ce garçon, voyez-vous, c’est qu’il soit si blond, si timide, si maladroit, si ponctuel aussi, et surtout (cela compte) qu’il ne soit pas d’une taille trop grande, fait à ma mesure, en somme … Voilà sans doute ce qu’il m’aurait plu de pouvoir vous dire un jour, du garçon qui m’eût intéressée ; voilà comment, il y a trois mois encore, j’imaginais à peu près le jeune homme mythique dont j’aurais peut-être eu le loisir de dire, d’un ton de voix négligent et modéré : “C’est Untel Machin, mon fiancé.”

Eh bien, la vie a choisi d’être pour moi beaucoup plus inattendue et excitante : le garçon dont j’ai aujourd’hui envie de vous parler est immense (il mesure un mètre quatre-vingt-huit !), il est brun, habile, agile, ne sait absolument pas regarder une montre et n’est, en aucune façon, mon fiancé. Il est bien plus, bien mieux : ce doit être, à y bien songer, quelqu’un que j’aime. On m’eût sans doute fait hurler de rire, il y a quelques semaines seulement, si l’on m’avait annoncé cette rencontre avec Julien, et les rapports extraordinairement gais, chaleureux, qui s’en sont suivis. Cela s’est passé ainsi : le 2 octobre, à dix-huit heures, je m’ennuie soudain, et l’envie me vient d’aller, en compagnie d’une de mes si nombreuses et adorables cousines, revoir “Hair” au théâtre de la Porte-Saint-Martin.

Le même 2 octobre à vingt et une heures quinze, la salle de spectacle se trouve dans l’ombre, un géant brun qui depuis quelques minutes se tenait accroupi, immobile, au milieu de la scène, se dresse avec vivacité et fait un pas en avant. Le 2 octobre à vingt et une heures vingt, je trouve Julien Clerc admirable et, à la fin du spectacle, je vais le lui dire – sans insister trop, non plus : “Bonsoir, ça vous a plu ? – Oui, c’est bien. Vous êtes très bien.”

Le 3 octobre à vingt et une heures, me voici de nouveau dans la salle. Et, à la fin du spectacle, de nouveau clans sa loge : “Tu es revenue ?” dit-il. Nous rions. Je connais “Hair”, qui est une charmante pièce, presque par cœur à présent ; et je commence de connaître Julien. Ce qui me séduit dans nos rapports, c’est la merveilleuse disponibilité en laquelle nous nous tenons l’un vis-à-vis de l’autre : Julien peut me dire, un soir, qu’il n’a plus envie de me voir pendant une semaine, cela ne me bouleversera pas ; de même accepterait-il que je ne sois pas toujours disposée à le rencontrer. Cet accord de base nous convient si bien, correspond d’une manière si évidente à nos deux natures, que nous ne l’éprouvons jamais comme une contrainte. Nous sommes si libres de ne pas nous voir, qu’en fin de compte, nous ne songeons jamais à nous séparer … Le mois dernier, nous avons passé huit jours dans cet extraordinaire pays, lumineux, déconcertant, multiple, qu’est le Maroc ; Julien, dont l’énergie est souvent accablante, voulait tout voir, tout acheter … A notre retour à Paris, j’étais étourdie encore de tant de chaleur, de tant d’agitation, de tant de rires. C’est ennuyeux, d’une certaine façon d’aussi délicieux voyages : cela vous laisse des souvenirs – déjà, des souvenirs. Ce qui me plaît en ce garçon, voyez-vous, c’est qu’il est si maladroit, si ponctuel, si timide … »

Julien

“C’est curieux, les choses importantes m’arrivent toujours au moment où je m’y attends le moins – ainsi ma rencontre avec France, par exemple. C’était justement un jour où j’étais de mauvaise humeur parce que j’avais rendez-vous avec des gens ennuyeux qui voulaient me faire parler de moi et de la “formidable” expérience humaine que je vivais avec “Hair”.

Je n’aime pas les gens qui se prennent au sérieux et encore moins ceux qui me prennent au sérieux. France est venue ce soir-là dans ma loge accompagnée d’une de ses cousines, qui – lui ressemblait trait pour trait : elles étaient toutes deux blondes, roses, ravissantes, et tellement enthousiasmées l’une et l’autre par “Hair” qu’elles s’exclamaient en même temps, sans me laisser le temps de dire un seul mot !

J’adore les situations drôles et je souriais encore en y pensant le lendemain, dans mon bain (il me faut dire que j’adore rester des heures dans mon bain en pensant à des choses amusantes … ). Le soir, j’ai eu la surprise de revoir France, seule cette fois-ci. Comme je suis un peu taquin, je lui ai parlé du charmant tableau qu’elle avait formé, la veille, avec sa blonde cousine. France a éclaté de rire, et – ce premier contact avec le rire de France a été la deuxième surprise jolie de la journée. J’adore les gens drôles. Nous avons tant et tant parlé et ri ensemble que j’ai eu, assez vite, l’impression de connaître France depuis cent ans au moins. Quand j’étais au lycée Lakanal à Sceaux, j’étais malheureux, car je n’aimais que les jolies filles, et les jolies filles sont souvent très ennuyeuses : vraiment un cercle infernal ; avec France, je me trouve en perpétuelles vacances.

France est devenue une habituée de “Hair”. Je suis devenu un peu fou de France. Rien ne l’étonne : par exemple, elle sait que j’ai deux points faibles, les cerises et Buster Keaton. Je ne puis voir des cerises sans en acheter un kilo, et je ne supporte pas l’idée d’un monde ou Buster Keaton n’eût pas existé. France m’a offert une tonne de livres consacrés à Buster Keaton et elle a voulu planter un cerisier dans mon jardin ! France est très intuitive : elle sait exactement quand je plaisante et quand je suis sérieux ; cela paraît facile au premier abord, mais jusqu’ici, nul n’y était parvenu. En fait, ce que j’aime surtout chez elle, c’est qu’elle soit un peu exhibitionniste (quand, par exemple, elle me fait sa cuisine à la chinoise), mais qu’elle soit pudique et secrète dès qu’il s’agit de l’essentiel, c’est-à- dire de ce qu’il y a d’un peu « dingue » dans nos relations … Je hais les militantes féministes ; France déteste les gens qui arrivent à l’heure à un rendez-vous : quel rapport, direz-vous ? Cherchez bien ! … Ce qui me semble extraordinaire, c’est qu’elle soit si « présente », tout en me laissant une parfaite disponibilité. France a un tel sens de l’humour, qu’elle passe son temps à se moquer de nous ; vous imaginez la somme de fous rires que cela peut donner en vingt-quatre heures : j’ai d’ailleurs essayé de les compter (et ai dû y renoncer). Lorsque nous nous quittons quelque temps (France appelle cela nos « fugues », nous ne nous écrivons jamais. Comme nous ne savons jamais dans quelle humeur nous allons nous retrouver, ce mois-ci nous avons décidé de « faciliter les choses », en en partant ensemble pour une fugue au Maroc. Après tout, il suffisait d’y avoir un peu rêvé, non ? … »

Magazine : Mademoiselle Age Tendre
Date : Mensuel Janvier 1970
Numéro : 62

France Gall en 1970

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En 1970, France Gall se retire de la scène française. Une année d’introspection, de douceur retrouvée et de maturité, loin du tumulte médiatique.
En 1970, France Gall se retire de la scène française. Une année d’introspection, de douceur retrouvée et de maturité, loin du tumulte médiatique.

1970 marque un moment de retrait pour France Gall, à la fois discret et décisif. Après une décennie sous les projecteurs, elle se met en retrait de la scène française, lassée par les étiquettes qu’on lui colle.

Elle continue pourtant à enregistrer, notamment pour le marché allemand, où elle reste très populaire. Ses chansons de l’époque, comme Ich liebe Dich – so wie du bist, s’éloignent de la veine ironique des années précédentes pour revenir à une forme de tendresse plus directe. C’est aussi une période d’introspection, loin des studios parisiens et des attentes du public français. Les photos de 1970 la montrent plus posée, plus mature, souvent à l’étranger, dans des cadres plus intimistes. L’image d’adolescente laisse définitivement place à celle d’une femme qui observe, cherche, attend autre chose. Une année de transition silencieuse, mais déterminante.


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Textes librement inspirés du livre : France Gall l’intégrale / L’histoire de tous ses disques par Norman Barreau-Gély aux Editions EPA avec les pochettes de France Gall Collection

Ich liebe dich – so wie du bist (Presse) 🇩🇪

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France Gall: ich liebe dich so wie du bist (Decca 29 019). Nach Maß geschneidert für Mademoiselle - eine rundum muntere Scheibe.
France Gall: ich liebe dich so wie du bist (Decca 29 019). Nach Maß geschneidert für Mademoiselle - eine rundum muntere Scheibe.
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France Gall : ich liebe dich – so wie du bist (Decca 29 019).

Nach Maß geschneidert für Mademoiselle – eine rundum muntere Scheibe.

Traduction :

France Gall : Je t’aime – tel que tu es (Decca 29 019)

Taillé sur mesure pour Mademoiselle – un disque joyeux de bout en bout.

Magazine : Bravo
Pays : Allemagne
Date : 3 novembre 1969
Numéro : 45

France Gall, poupée de chant

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France Gall est deux fois présente dans ce numéro de « M.A.T. ». Elle évoque ses débuts dans la chanson, et vous donne dans le cahier beauté, quelques trucs pour être toujours jolie. Photo : Jean-Marie Périer.
France Gall est deux fois présente dans ce numéro de « M.A.T. ». Elle évoque ses débuts dans la chanson, et vous donne dans le cahier beauté, quelques trucs pour être toujours jolie. Photo : Jean-Marie Périer.

France Gall est deux fois présente dans ce numéro de « M.A.T. ».

Elle évoque ses débuts dans la chanson, et vous donne dans le cahier beauté, quelques trucs pour être toujours jolie. Photo : Jean-Marie Périer.

Mai : « Teint parfait », dit France Gall

Pour avoir le teint frais de France, il vous suffit de suivre son exemple : deux fois par semaine, le soir avant de vous coucher, appliquez sur votre visage (sans oublier le cou) un masque aux fruits. Ces fruits seront utilisés la plupart du temps crus, râpés ou écrasés à la fourchette, puis étalés sur de petites bandes de gaze. Si vous avez le teint un peu terne au sortir de l’hiver, les premières fraises l’éclairciront à merveille. Abricots, pêches, prunes et ananas auront le même effet désincrustant. La pulpe du raisin vert est idéale pour les peaux à tendance acnéique. Cuite et écrasée dans du lait, la pomme a une action purifiante.

France Gall : « Ma vie de vedette » (deuxième partie)

Le mois dernier, en vacances à Noirmoutier, France avait déjà évoqué pour nous ses souvenirs d’enfance. Elle nous parle aujourd’hui de ses débuts dans la chanson, qui, dit-elle avec beaucoup de gaieté, « ne furent pas particulièrement difficiles ».

Mon père avait donc décidé de faire « tester ma voix » et il me conduisit chez un professeur de chant de ses amis. Maman n’était pas d’accord du tout : elle m’imaginait déjà courant de cabaret en cabaret … Mais papa a tenu bon, et comme mon essai chez son ami lui avait plu, il me conseilla de persévérer dans cette voie. Quelques mois après, le 9 octobre 1963, le jour de mes seize ans, mon premier disque sortait : je n’étais pas un peu fière ! Le titre : « Ne sois pas si bête ». Tout de suite, il eut du succès … Papa était aussi heureux que moi. La seule ombre au tableau : maman ! Elle ne voulait rien savoir, tout au moins apparemment car, au fond, elle était très fière de moi ! Mais cela, je l’ai appris plus tard. A l’époque, cela créait une atmosphère assez tendue à la maison, et je dois dire que j’en ai souffert. Finalement, tout s’est arrangé le jour où j’ai décidé de lui parler franchement. Nous sommes restées des heures entières dans ma chambre et cela a été merveilleux : j’ai découvert en elle mon alliée la plus sûre ! C’est à peu près à ce moment que les événements se sont précipités : les rendez-vous se multipliaient, et les séances de photographies absorbaient tout mon temps, cela me faisait tout drôle de m’entendre de plus en plus souvent à la radio. Il m’a fallu choisir entre la chanson et les études : c’est à regret que j’ai abandonné celles-ci à la fin de ma classe de 3e. Mes camarades du lycée Paul-Valéry ont tous été formidables : ils avaient tellement l’air convaincus de mon succès futur que j’ai eu moins de peine à quitter le lycée ! J’ai enregistré successivement deux titres qui ont marché très fort : « N’écoute pas les idoles ». Une chanson que Serge Gainsbourg avait écrite pour moi, et « Les rubans et la fleur » composée par mon père. Aussitôt sorties, ces chansons ont grimpé les échelons du Hit-parade : c’était le succès, mon rêve enfin réalisé ! Mes deux frères, Philippe et Patrice, m’ont beaucoup aidée à ce moment-là. Ils trouvaient que le registre assez aigu de ma voix se prêtait bien à l’interprétation de morceaux influencés par le jazz. J’aimais beaucoup le style des « Swingle Swingers », et j’ai essayé, dans mon quatrième disque « Jazz à gogo », de réaliser quelque chose de semblable… tout au moins du point de vue technique ! Mes premiers contacts avec la célébrité ont été assez difficiles : dans le grand appartement où j’habitais avec mes parents, le téléphone sonnait continuellement et les visites d’admirateurs et d’amis duraient toute la journée ! J’ai été obligée d’engager une secrétaire, tant je recevais de lettres. Bien sûr, maman était encore parfois de mauvaise humeur, mais elle était si heureuse du succès de sa fille qu’elle retrouvait vite le sourire ! Je savais d’ailleurs comment la rassurer. Quand le tourbillon de mes rendez-vous dans les studios l’affolait trop : le soir, je l’appelais dans ma chambre, et je lui contais, un par un, tous les événements de ma journée. Ces longues conversations nocturnes me donnaient du courage pour le travail du lendemain, et je n’ai d’ailleurs pas perdu cette habitude. Bien sûr, maintenant cela nous est plus difficile, car j’ai souvent des galas ou des tournées en province et à l’étranger, mais c’est une sorte de code tacite entre nous : dès que maman sent que quelque chose ne va pas, elle vient me voir dans ma chambre et soudain il me semble que tout va mieux. Je crois d’ailleurs que j’ai été beaucoup aidée à mes débuts par l’affection et la compréhension des miens. Je vous ai parlé de Serge Gainsbourg : il a joué un rôle très important dans ma carrière. Il écrivait beaucoup de chansons exactement adaptées à mon style, à ma personnalité. Un soir, j’étais chez moi à jouer avec mon chat et mes deux chiens quand le téléphone sonna : c’était Serge. « J’ai une chanson formidable pour toi », me dit-il. C’était, bien sûr, vous l’aviez deviné : « Poupée de cire, poupée de son » …

Cette chanson m’a plu tout de suite bien sûr ! Je suis allée voir Serge dès le lendemain et j’ai décidé de faire le disque. Philippe et papa ont tellement aimé « Poupée de cire, poupée de son » qu’ils m’ont alors conseillée de présenter la chanson au « Grand Prix de l’Eurovision ». J’ai d’abord refusé : je ne me voyais pas du tout représenter la France lors d’un concours si difficile ! Mais Maurice Tézé, mon imprésario et ami, était aussi de l’avis de papa. Je suis donc allée voir « tonton ». Tonton, c’est mon éditeur et directeur artistique, celui qui s’occupe de tout pour moi, et qui m’aide à choisir mes chansons : il a été enthousiasmé par l’idée de présenter « Poupée de cire, poupée de son » à l’Eurovision. Le sort en était jeté ! Pendant toute la durée qui a précédé le Grand Prix, je n’ai pas eu une seconde à moi ! Brigitte, mon attachée de presse, s’est chargée des relations avec les journaux, la radio et la télévision.

C’est elle aussi qui m’a conseillée sur le choix de la robe et de ma coiffure pour ce soir-là ! Plus la date du concours approchait, plus j’étais émue, et moins je croyais en moi !. .. Papa me calmait en m’expliquant que j’étais trop impressionnable et qu’il n’y avait vraiment aucune raison de m’énerver à ce point. Enfin, le jour tant attendu arriva et vous savez la suite : le 5 mars 1965, j’ai eu la joie immense de remporter le Grand Prix Eurovision de la chanson, devant un jury international ! Tous mes amis étaient là, et je dois dire que ce fut l’un des plus beaux jours de ma vie ! Tonton, qui d’habitude est intraitable, et ne me fait jamais de compliments, m’a embrassée en me disant : « Tu as été sensationnelle ! »

J’étais tellement émue que j’ai pleuré ! Le lendemain, malgré les coups de téléphone, les télégrammes de félicitations qui pleuvaient et les visites d’amis, j’ai décidé de prendre quelques jours de vacances car je savais qu’ensuite, j’allais avoir de plus en plus de travail à Paris.

Magazine : Mademoiselle Age Tendre
Date : Novembre 1969
Numéro : 60

France Gall, la petite fille de la chanson

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Tranquillement, gentiment, elle poursuit son heureuse carrière, France Gall.
Tranquillement, gentiment, elle poursuit son heureuse carrière, France Gall.

Tranquillement, gentiment, elle poursuit son heureuse carrière, France Gall.

Cela a commencé le jour où elle annonça à ses parents qu’elle en avait assez de faire des gammes et voulait apprendre à chanter.

On eut raison, ce jour-là, de ne pas s’opposer à ce que France sentait déjà être sa vocation. Depuis la célébrité est venue, ses disques se sont vendus par milliers, elle est aussi demandée en France qu’au Canada où elle part prochainement, et en Allemagne où on l’attend avec impatience.

Et ainsi, sans en avoir l’air, celle que les siens continuent d’appeler « Babou », est devenue, tout en restant la petite fille de la chanson, une bien grande vedette.

Magazine : Jours de France
Date : 16 octobre 1969
Numéro : 775